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Full text of "Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences"

COMPTES RENDUS 



HEBDOMADAIRES 



DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 




t tf\^.2. 



w-M*tfm*#e 



IMPRIMERIE DE BACHELIER , 

rue du Jardinet, ia. 



COMPTES RENDUS 

HEBDOMADAIRES 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES 



PUBLIES 



CONFORMMENT A UNE DCISION DE L'ACADMIE 

Cu Dle Du, *3 ulie*, <835 

PAR MM. LES SECRTAIRES PERPTUELS. 



TOME DEUXIME. 

PREMIER SEMESTRE 836. 




PARIS. 

BACHELIER, IMPRIMEUR-LIBRAIRE 

QUAI DES UGUSTINS, N 55. 

1836 



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1 fl / <1 









COMPTE RENDU 



DES SANCES 






DE L'ACADEMIE DES SCIENCES. 






SANCE DU LUNDI 4 JANVIER 1836. 
PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



CORRESPONDANCE. 



M. de Fincens appelle l'attention de l'Acadmie sur la direction singu- 
lire suivant laquelle le froid s'est propag en France cette anne. Tout 
le monde, en effet, a pu lire dans les journaux qu'il gelait fortement 
Marseille, Nmes , Toulouse, etc., une poque o Paris jouissait 
au contraire d'une temprature assez leve. 

M. Leroy d'tiolles adresse un paquet cachet qui sera conserv aux 
archives , sur les fistules vagino-vsicales. 

M. Henry dpose des papiers de sret qu'on remettra , suivant son 
dsir, la commission dj charge de faire un rapport sur cet objet. 

M. Scipion Pinel prsente, pour prendre date, les trente premires 
feuilles dj imprimes d'un ouvrage qui paratra bientt, intitul : 
Trait complet du rgime sanitaire des Alins , ou Manuel des tablisse- 
ments qui leur sont consacrs. 

M. Jules Rnaux, inventeur d'un procd particulier de filtrage pour les 
eaux de rivire , en envoie la description, afin que la commission qui est 

G. R. i836. l re Partie. I 






* 



( o 

charge d'examiner la mthode de M. Cordier puisse prononcer, sur leur 
identit ou sur leur dissemblance. M. Rnaux annonce que son appareil 
est dcrit dans la soumission qu'il a dpose , en juillet , la mairie de 
Bordeaux. 

M. Julia Fontenelle demande qu'un mmoire manuscrit qu'il avait pr- 
sent sur les tablissements mortuaires d'Allemagne , soit renvoy , comme 
son ouvrage imprim Sur l'incertitude des signes de la Mort, la com- 
mission de mdecine des prix Montyon. Il sera fait droit cette rclama- 
tion. 

M. Duchault transmet un supplment un ouvrage dj prsent par 
lui , intitul : Lettres d'un Mdecin un de ses Amis. 

bibliographie. Collection de livres tube tains et mongols , donne la 
Bibliothque de l'Institut , par M. le baron Schilling de Canstad. 

Nous accomplissons un devoir en insrant ici textuellement, la lettre 
par laquelle M. le baron Schilling annonce qu'il va enrichir la bibliothque 
de l'Institut , d'une collection trs rare et trs prcieuse d'ouvrages et de 
manuscrits recueillis grands frais sur les frontires de la Chine. 

Occup depuis longues annes de l'tude des langues et des doctrines 
des peuples de l'Asie orientale , tous mes efforts ont constamment tendu 
en faciliter et en rpandre la connaissance. C'est anim de ce dsir , 
que je vous prie d'offrir en mon nom l'Institut, pour tre dpose dans 
sa bibliothque, une collection d'ouvrages tbetains et mongols, que j'ai 
forme en i83o et 1 83 1 , pendant un voyage la frontire chinoise. Les 
cinq caisses qui la renferment sont en ce moment Bonn , et je vais 
donner des ordres pour qu'elles vous soient expdies dans le plus bref 
dlai. 

Vous trouverez ci-joint un catalogue dtaill , mais dont la traduction 
franaise se ressent de la prcipitation avec laquelle il a t rdig. Il 
contient cent treize numros , et plusieurs d'entre eux comprennent un 
assez grand nombre de traits spars et plus ou moins considrables. 
Parmi ces ouvrages , on doit remarquer surtout la grande compilation 
mtaphysique contenue dans les volumes numrots depuis i jusqu' 16 , 
plusieurs dictionnaires polyglottes; un trait en cinq langues, divers 
ouvrages d'astronomie, de mdecine, de cosmologie, sans parler d'un 
grand nombre de traits religieux et philosophiques , dont l'ensemble 



' * 



(3) 

renferme ce qu'il y a de plus intressant connatre pour le fond 
des doctrines bouddhiques; ouvrages enfin que, dans le pays mme, 
il est impossible de se procurer prix d'argent, et dont les Anglais , 
malgr leur puissance dans l'Inde , n'ont pu se procurer des copies. Ces 
ouvrages ne sont pas moins prcieux pour l'importance des matires dont 
ils traitent, que par l'intrt que doivent inspirer les productions de 
l'esprit, chez des peuples que l'on connat si peu et que l'on juge si mal. 

C'est dans votre bibliothque que j'ai pens que ces ouvrages pou- 
vaient tre le plus utilement placs, parce que c'est l qu'ils doivent tre 
le mieux apprcis et consults avec le plus de fruit. Cet tablissement , 
quoique non public, est ouvert par le fait, pendant le cours entier de 
l'anne, tous les hommes qui se livrent assidment l'tude des parties 
les plus srieuses et les plus leves des sciences et des lettres, et constitue 
ainsi une sorte de rendez-vous pour tous ceux qui se sont fait en Europe 
un nom par leurs travaux littraires. 

Je suis li depuis long-temps avec une des personnes qui sont attaches 
cette bibliothque ; elle se consacre particulirement conserver les doc- 
trines qu'elle a recueillies dans ses rapports intimes avec des hommes 
enlevs trop tt aux lettres orientales , en sorte que ses gots , la nature 
de ses tudes et ses travaux antrieurs la mettent tout--fait mme de 
donner ses soins une collection de ce genre et de s'en occuper utilement. 
Si le don que j'en fais pouvait ainsi profiter la fois un homme que 
j'estime et une tude qui m'intresse , j'aurais un double titre pour me 
fliciter de vous l'avoir offerte , et les relations que j'ai conserves dans le 
pays me permettraient , je l'espre , de l'augmenter encore. 

Veuillez , messieurs , communiquer le contenu de cette lettre aux 
diffrentes classes de l'Institut , et permettez-moi de vous offrir les assu- 
rances de la haute considration avec laquelle j'ai l'honneur d'tre , etc. 

gologie. Dtermination de plusieurs groupes d'poques diffrentes, dans 
ce qu'on nomme vulgairement terrains primitifs et terrains de transition 
infrieurs aux terrains houillers, par M. A. Rivire. 

Nous allons indiquer les huit groupes que M. Rivire considre comme 
des terrains trs distincts. L'auteur les donne pour prendre date seule- 
ment. La publication de ses travaux sur l'ouest de la France fera, dit-il, 
connatre les observations et la mthode qui l'ont conduit ces rsultats. 

i.. 






(4) 

Le premier terrain est form uniquement de granit non stratifi. 

Le second de granit sensiblement stratifi et passant au gneiss 
quarzeux , ou de granit intercal dans le gneiss et de gneiss se rappro- 
chant du granit par divers caractres. 

Le troisime de gneiss moins cristallin , plus schistode que le pr- 
cdent, souvent grenatifre et se rapprochant du mica-schiste, et de mica- 
schiste semi-compacte. 

Le quatrime de mica-schiste moins compacte, se rapprochant du 
talc -schiste ou du chlorito- schiste, de hyalomicte, de quarzite, etc. 

Le cinquime de protogines, sta- schistes passant la protogine, 
d'anagnite, de porphyre quarzifre, d'eurite, de diorite, d'amphibolite, 
de ptro-silex schistode et stratifi , etc. 

Le sixime de talc-schistes passant au phyllade, de phyllade , de schiste 
alumineux , de quarzite, de quarz graphitifre, de phtanite, etc. 

Le septime de talc -schistes, phyllades, ardoises fossilifres, etc. 

Le huitime de poudingues, quarzites, etc. 

Je n'ai trouv nulle part le calcaire saccharode contemporain des trojs 
premiers groupes. 

chirurgie Note sur les frres Siamois, par M. Coste. 

La question de savoir si les frres Siamois pourraient tre dsunis, a t 
examine en Amrique et en Angleterre par des chirurgiens trs habiles. 
Si nous sommes bien informs, on s'est presque unanimement prononc 
pour la ngative. M. Coste, au contraire, croit que l'opration prsente- 
rait les plus grandes chances de succs. Nous ne pouvons donc gure nous 
dispenser de donner cette opinion tous les dveloppements que l'auteur 
a jugs ncessaires. 

Est-il possible de dterminer l'poque de la vie intra-utrine laquelle 
les frres Siamois se sont runis et d'apprcier leur mode de runion ? 

Un pdicule troit, s'tendant depuis l'extrmit infrieure de l'ap- 
pendice xiphode du sternum jusqu'au point o, dans l'tat normal, se 
trouve l'ombilic, indique que l'abdomen tait encore ouvert lorsque les 
frres Siamois se sont runis. Or, si de l'paisseur actuelle de ce pdicule 
on pouvait dduire le degr d'vasement de l'ombilic au moment de l'adh- 
rence, et si par le degr d'vasement de l'ombilic il tait possible de d- 
terminer l'ge d'un embryon , les deux problmes seraient rsolus la fois; 



( 5) 
car le degr d'vasement de l'ombilic , en nous apprenant l'poque de la vie 
intra-utrine laquelle les deux frres ont d se confondre , nous ferait 
aussi connatre si les viscres sont rests libres dans la cavit abdominale 
de chaque individu, et si par consquent une opration peut tre prati- 
que avec succs. 

L'embryon humain, comme celui des mammifres, affecte dans les 
diverses phases de son dveloppement, des formes successives dont chacune 
est en rapport avec une poque dtermine de la grossesse. Ainsi, du dou- 
zime au treizime jour, il est peu prs droit, ou ne prsente qu'une l- 
gre courbure dorsale ; mais vers le vingtime ou vingt-cinquime jour, la 
courbure dorsale augmente sensiblement, de manire projeter la face 
ventrale en avant; la tte se courbe sur la poitrine, le bassin se replie en 
arrire, et il prend alors la forme d'un S italique. Enfin, du vingt-cinquime 
au trentime jour environ, sa courbure dorsale s'efface, la tte et le bassin 
s'inclinent en avant, et il tend prendre la forme de la lettre C, pour se 
redresser plus tard ; mais il me suffit de signaler ici les trois modifications 
dont je viens de parler, parce qu'elles concident avec le degr d'vase- 
ment de l'ouverture ombilicale. 

o Lorsque l'embryon est peu prs droit, c'est--dire vers le douzime 
ou quinzime jour, l'ouverture ombilicale s'tend depuis la symphise du 
pubis jusque au-dessous du col , et si l'adhrence avait lieu cette poque, 
le pdicule de runion serait norme, et les viscres en voie de forma- 
tion se confondraient. Mais ce ne peut tre le cas des frres Siamois, dont 
le pdicule de runion ne s'tend que de l'extrmit infrieure de l'appen- 
dice xiphode du sternum , jusqu'au point o se trouve l'ombilic dans l'tat 
normal. 

a Lorsque l'embryon affecte la forme de l'S italique, c'est--dire du ving- 
time au vingt-cinquime jour, l'ouverture ombilicale s'tend depuis l'ex- 
trmit infrieure du sternum jusque au-dessous du point qu'occupe la 
cicatrice ombilicale dans l'tat normal, et cette poque les intestins, le 
foie , la veine ombilicale sont encore assez dcouvert pour qu'une adh- 
rence entre ces parties soit invitable. Mais, par la raison que je viens d'in- 
diquer, ce n'est pas encore le cas des frres Siamois. 

Enfin, lorsque l'embryon tend perdre la forme de YS italique pour 
prendre celle de la lettre C, c'est--dire du vingt-cinquime au trentime 
jour environ, l'ouverture ombilicale excessivement rtrciese rduit une 
fente transversale dont le bord suprieur libre renferme dans son paisseur 
l'appendice xiphode , ou du moins ce qui le reprsente, et dont le bord 



(6) 

infrieur se continue avec le cordon ombilical. A cette poque, la 
veine ombilicale et tous les viscres sont protgs par la paroi du ventre 
qui est sur le point de se fermer compltement; le foie seul se prsente der- 
rire l'ouverture ombilicale. Mais si l'on rflchit , d'une part, l'extrme 
petitesse de cette ouverture, et de l'autre, l'paisseur assez considrable 
des parois abdominales , on concevra facilement que, dans un cas de cette 
espce, la fusion entre deux embryons ne saurait s'tendre au-del des 
limites de la couche musculaire , et que la partie commune ne pourrait 
former entre les deux pritoines libres, ou runis par une bride sans im- 
portance , qu'une espce de mdiastin dans la partie suprieure duquel les 
appendices xiphodes seraient placs bout bout, pendant qu' sa partie 
infrieure la cicatrice unique rsultant de la fusion des cordons ombilicaux, 
existerait la mme hauteur que l'ombilic normal, comme cela avait lieu 
chez les frres Siamois avant que leur pdicule de runion et subi des ti- 
raillements. 

Je conclus de ce qui prcde : i que les frres Siamois n'ont d 
se runir que dans les derniers jours du premier mois de la grossesse, 
et que par consquent ils n'avaient point encore tout--fait deux lignes de 
long; a que leurs viscres sont libres de toute adhrence, et qu'une 
opration pratique dans le but de les dsunir prsente les plus grandes 
chances de succs. 

mtorologie. Tableau des observations mtorologiques faites en 1 83 1 , 
Perth, sur la rivire des Cygnes, cte occidentale de la Nouvelle- 
Hollande ; par M. Milligan. 

En rduisant les observations en degrs du thermomtre centigrade, 
nous avons cru apercevoir de grandes irrgularits dans les chiffres. Avant 
de rien publier sur cet objet, il nous semble donc convenable d'attendre 
les claircissemens que nous avons le projet de demander M. Milligan, et 
qu'il aura, sans doute, la complaisance de nous donner. 

physique du globe. Puits artsien de la Ville - aux - Dames , prs de 

Tours. 

M. Arago fait part l'Acadmie des rsultats que M. Degouse vient de 
lui communiquer, concernant les produits d'un puits artsien que cet 
ingnieur a creus la Ville-aux-Dames. 



( 7) 

Le forage est descendu io5 m ,3 (355 p ). Le a janvier, le tuyau d'ascension 
dgorgeait la surface du sol plus de 5ooo litres ou plus de 5 m cubes d'eau 
par minute; ce qui correspond plus de 7200 m cubes ou plus de 36o 
pouces de fontainier en 24 heures. 

L'eau du puits artsien de la Ville-aux-Dames, est destine mettre en 
mouvement les trois tournants d'un moulin farine. 

physique. Effets prsums de l'Endosmose. 

M. Jobard, de Bruxelles, pense que l'endosmose est la cause qui, aprs 
la pluie , fait clater les cerises , les prunes et d'autres fruits. L'eau de la 
pluie, suivant lui, passe par endosmose au travers de la peau du fruit et 
va augmenter le volume du liquide sucr contenu dans la pulpe (1). 

M. Jobard croit aussi que c'est cause de l'eau introduite par endosmose 
que les bois secs se fendent (2). 

J'ai utilis, dit encore M. Jobard, la dcouverte de M. Dutrochet pour 
faire lever dans un tube , l'huile place sur de l'eau sucre. Elle est donc 
susceptible de faire une lampe conomique parfaitement rgulire , si l'on 
multiplie assez les surfaces endosmotiques. (3) 

MMOIRES PRSENTS. 

\stronomie. Mmoire sur la dtermination des longitudes , par M. Salva. 
(Commissaires, MM. Bouvard, Mathieu, Damoiseau.) 

chirurgie. Mmoire sur la gurison des pieds -bots , par M. Duval. 
(Commissaires, MM. Magendie, Serres, Roux.) 



M. Duval annonce, dans ce mmoire, qu'il vient d'obtenir la gurison 
de trois pieds-bots excessivement difformes, au moyen de la section du 



(1) M. Dutrochet adopte cette explication. 

(2) M. Dutrochet oppose la thorie de M. Jobard , ce fait connu de tout le inonde , 
que c'est pendant leur desschement que les bois se fendent. 

(3) M. Dutrochet fait remarquer que l'endosmose ne se manifeste qu'entre deux liqui- 
des miscibles. Ainsi la cause de l'ascension de l'huile , dans la lampe de M. Jobard , ne 
saurait tre l'endosmose. 



() 
tendon d Achille. Au bout de vingt ou de trente jours de traitement, dit 
l'auteur, les pieds prsentaient la conformation normale. 

RAPPORTS. 

mcanique. Rapport de M. Poncei.et sur un systme de ressorts de voitures 

invent par M. Fusz. 

L'Acadmie nous a chargs, M. Navier et moi , de lui rendre compte 
d'un systme de ressorts feuilles d'acier, invent par M. Fusz, et ayant 
pour objet la suspension des caisses de voitures. 

On sait que , depuis quelques annes , l'ancien mode de suspension a 
t remplac, du moins pour les voitures publiques , par une combinaison 
de ressorts en arcs de flche , interposs horizontalement entre les deux 
trains et le dessous de la caisse. Ces ressorts, dont nos artistes ont em- 
prunt l'ide aux Anglais, sont composs d'une srie de lames d'acier, 
ordinairement d'gale paisseur, superposes entre elles et allant progressi- 
vement en diminuant de longueur, des extrmits vers le centre, de ma- 
nire s'tayer rciproquement et reporter la plus grande partie de l'effort 
sur ce dernier point o leur systme se trouve appuy, l'aide de deux 
triers , tantt contre la caisse, tantt contre les essieux , selon le genre de 
combinaison adopt pour les ressorts. 

On sait aussi que les plus longues lames sont termines par des illets 
destins recevoir de petites mains ou menottes articules, et qui, l'in- 
verse, sont lies au systme des trains ou essieux quand le milieu du res- 
sort porte sur la caisse, ou au systme de cette caisse quand le ressort 
porte sur l'essieu. M. Fusz a eu l'ide de remplacer ce systme par un fais- 
ceau de lames d'acier gales, plus minces, moins nombreuses et dont l'- 
paisseur va constamment en diminuant partir du milieu de chaque 
branche jusqu'aux extrmits, o elle se trouve rduite une paisseur 
environ moiti de celle qui appartient la premire partie. Mais, afin 
de leur restituer, prs du centre, la force dont elles ont besoin lors 
des flexions graduellement croissantes du ressort, M. Fusz a substitu 
l'ancien appui, large de six douze centimtres au plus, un support so- 
lide d'une longueur gale la moiti de celle des lames, et qui est cintr 
quand le ressort est naturellement droit, ou plan quand le ressort est na- 
turellement courbe. On se formera .une ide trs claire de ce dispositif, si 



(9) 
nous disons que l'ensemble du ressort et de son appui peut tre reprsent 
par celui d'un arc de cercle et de la tangente au point milieu de cet arc. 
Or, il en rsulte que l'tendue de la surface commune de contact , qui est 
trs petite quand la charge est nulle , crot progressivement mesure que 
cette charge ou l'intensit du choc augmente. Ajoutons, pour complter 
cette description , que les illets destins recevoir, l'ordinaire, les me- 
nottes articules, sont pratiqus aux extrmits de la feuille qui est oppo- 
se au support, et que les extrmits des autres feuilles sont lgrement 
recourbes autour de ces illets, de manire laisser entre elles le jeu 
qui convient leur glissement rciproque lors des grandes inflexions du 
ressort. Les avantages de ce dispositif sont palpables. 

i. Les lames tant plus minces que celles de l'ancien systme, sont, 
parla mme, d'une trempe plus facile, plus gale, et offrent une plus 
grande force de tnacit absolue ou sur l'unit de section , ainsi que le 
constatent des faits d'exprience bien connus relatifs, soit aux fers, soit 
aux aciers de divers chantillons; a le support adapt au ressort du nou- 
veau systme, a non-seulement pour effet de diminuer d'autant plus effi- 
cacement le bras de levier de la charge , que les inflexions prouves par 
le ressort sont plus grandes, mais encore de permettre de limiter, pour 
ainsi dire volont, l'tendue de la courbure des lames prs du cen- 
tre, de manire viter que les dplacements des molcules y dpas- 
sent la limite d'cartement que comporte leur force lastique ; 3" les lames 
tant effiles vers leurs extrmits et offrant dans toute leur tendue 
une grande flexibilit , il y a lieu de supposer que les nouveaux res- 
sorts ne le cderont en rien , sous le rapport de l'lasticit et de la dou- 
ceur, ceux de l'ancien systme, qui olfrent gnralement de la duret 
sous les faibles charges ; 4 enfin il y a conomie vidente dans la dpense 
en acier du nouveau dispositif, d'aprs les motifs prcdemment exposs. 

Vos commissaires n'ont point t mme de faire, sur les ressorts in- 
vents par M. Fusz, la srie d'expriences qu'il serait ncessaire d'entre- 
prendre s'il s'agissait de constater d'une manire entirement positive les 
avantages qui viennent d'tre signals ; mais ayant eu sous leurs yeux l'une 
des voitures construites d'aprs le nouveau systme, et l'ayant fait charger 
d'un plus ou moins grand nombre de personnes, ils ont pu se convaincre 
que les ressorts de cette voiture, au nombre de deux seulement, et portant 
huit lames d'environ quatre lignes d'paisseur au centre, jouissaient en 
effet, sous le rapport de la douceur et de l'lasticit, de toutes les qualits 
qu'on peut esprer des moyens de suspension ordinaires. 

C. R. i836. j" Partie. * 



( 10) 

En outre, M. Fusz est porteur de tmoignages crits de plusieurs voi- 
turiers ou charrons qui, ayant fait usage de son invention depuis un cer- 
tain temps, se sont plu dclarer, qu'a solidit gale, elle offrait une co- 
nomie d'au moins moiti sur sa dpense en acier. 

Vos commissaires ont, en consquence, l'honneur de vous proposer 
d'accorder votre approbation au principe ingnieux du nouveau mode de 
construction des ressorts de voitures imagin par M. Fusz, tout en faisant 
remarquer, d'une part, que le succs d'une pareille invention dpend es- 
sentiellement des soins et de l'intelligence apports son excution ma- 
trielle; d'une autre, que c'est surtout l'usage et une longue exprience 
qu'il appartient de prononcer, d'une manire absolue, sur son mrite in- 
trinsque et comparatif. 

Ces conclusions sont adoptes par l'Acadmie. 

entomologie. Rapport de M. Dumril sur un travail manuscrit intitul : 
Monographie du genre Clytus ; par MM. de Laporte, Comte de Cas- 
telnau, et Gory. 

L'Acadmie a charg M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire et moi , de lui 
rendre compte de l'ouvrage dont nous venons d'indiquer le titre. Nous al- 
lons vous prsenter le rsultat de cet examen. 

Cette monographie d'un genre d'insectes coloptres, dont les espces 
sont fort nombreuses , est principalement destine faire connatre par de 
bonnes figures colories et par de courtes descriptions , un groupe de pe- 
tits insectes lytres dont les formes sont sveltes et gracieuses, le corps 
grle, les pattes longues, et dont les couleurs, ainsi que la distribution 
des taches, offrent les nuances les plus agrables , ce qui les avait fait 
d'abord dsigner par un nom qui indiquait la plus belle des formes 
( callidie). 

Fabricius, qui avait d'abord impos ce nom, en tablissant le genre , 
pour tre fidle son systme, fond sur la simple considration des parties 
de la bouche, crut devoir le subdiviser, non pas positivement comme il l'a- 
vanait, parla lgre modification qu'il avait trouve dans le bord libre de 
la mchoire infrieure, mais parce qu'il existe rellement une analogie 
marque entre quelques espces. En effet la forme du corselet et des pattes 
indiquait une coupe facile et utile, cause du grand nombre d'espces qui 
pouvaient tre runies. Il conserva donc le nom de callidie toutes celles 



( * ) 

qui avaient le corselet dprim, en mme temps qu'on pouvait observer 
chez toutes une sorte de renflement arrondi dans la partie moyenne des 
cuisses qui semblaient ainsi comme difformes. Tandis qu'il nomma clytes 
toutes les espces dont le thorax est arrondi , comme bossu , et dont les 
cuisses sont dprimes , mais rgulires. 

Linn, Deger et les premiers entomologistes systmatiques, avaient 
rapproch avec raison toutes ces espces dans le grand genre capricorne ou 
cerambyx , car toutes ont les plus grandes ressemblances dans les habi- 
tudes, les formes, la manire de vivre sous leurs deux tats de larves et 
d'insectes parfaits, et surtout par leurs mtamorphoses. Cependant ce genre 
devenant excessivement nombreux, en comparant la situation, la forme, la 
composition des antennes, la forme des lytres, leur longueur relative, la 
conformation du corselet et de plusieurs autres parties, on y a introduit 
une infinit de subdivisions plus ou moins arbitraires, et ce genre est de- 
venu une famille des plus naturelles que Latreille a nomme les longicornes 
ou crambycinz , et que l'un de nous a dsign d'aprs leurs murs, comme 
les lignivores ou xylophages. 

Tous ces insectes, en effet, proviennent de larves tioles, parce 
qu'elles vivent l'abri de la lumire, sous les corces des arbres ou dans 
l'intrieur des tiges qu'elles rongent. Alors leur forme est allonge, qua- 
drilatre, mais comprime sur deux faces principales. Il est un peu plus 
large du ct des, pattes cailleuses, d'une grande brivet, qui occupent la 
rgion antrieure o l'on distingue galement deux fortes mandibules avec 
lesquelles l'animal ronge et dtruit la substance vgtale. Cheminant dans 
les galeries qu'elles se creusent, ces larves remplissent du dtritus, qui pro- 
vient de leurs alimens, les canaux qu'elles laissent derrire elles, et qui 
augmentent de diamtre mesure qu'elles avancent. A l'poque o elles 
doivent prendre la forme de nymphes , elles se rapprochent de la surface 
de l'corce et s'y prparent une issue qu'il leur sera facile de forcer quand 
leurs membres auront pris assez de consistance. 

C'est vers le milieu de la deuxime anne de leur existence que les 
insectes parfaits apparaissent au-dehors pour quelques semaines pendant 
lesquelles ils travaillent au grand uvre de leur propagation ; ils viennent 
rparer leurs forces, en cherchant un peu de nourriture sur les fleurs dont 
ils dvorent le pollen et sucent l'humeur sucre des nectaires. La plupart 
de ces callidies ou de ces clytes sont alors trs remarquables par la diver- 
sit de leurs teintes, dont les nuances sont des plus varies, et par les op- 
positions de couleurs , principalement dues des faisceaux de poils courts , 

2.. 



( I) 

disposes par bandes flexueuses ou par taches arrondies des plus symtri- 
ques-, et dont les dessins varient l'infini. 

Tels sont les insectes qui font l'objet de la Monographie publie en 
commun par MM. deLaporte comte de Castelnau, et Gory, et qui com- 
prend la description et la figure colorie de cent vingt-neuf espces toutes 
dessines d'aprs nature, lesquelles seront reproduites sur 20 planches. Ce 
travail est complet et ne laisse rien dsirer, car chaque dessin est jointe 
une phrase latine caractristique des espces, et une description dtaille 
avec les indications relatives leur histoire et surtout la synonymie qui a 
t spcialement tudie. 

Nous pensons que l'Acadmie doit accueillir avec bienveillance un pa- 
reil travail , qui servira utilement la propagation de la science, et qui 
constate les grands progrs que fait l'entomologie. -, 

Ces conclusions sont adoptes. 

zoologie. Rapport de M. Ddmril sur une monographie du genre Olive , 
mollusques de l'ordre des gastropodes , par M. Duclos. 

Nous avons t chargs par l'Acadmie , M. Isidore Geoffroy-Saint- 

Hilaire et moi, de vous rendre compte d'un ouvrage imprim, mais non 

publi, qui a pour titre : Histoire naturelle } gnrale et particulire de 

tous les genres de coquilles univalves marines observes l'tat vivant et 

fossile, distribus par monographie , dont l'auteur est M. Duclos. 

Vous le savez, l'abondance des faits observs en histoire naturelle est 
devenue une des plus grandes difficults de la science; les dcouvertes nom- 
breuses et successives des espces inconnues, ou plutt les distinctions 
que l'on a t forc d'tablir entre elles , et par suite leur rpartition en 
genres, ont rendu cette branche des connaissances humaines beaucoup plus 
difficile tudier. Les travaux les plus utiles auxquels les naturalistes puis- 
sent se livrer aujourd'hui, ceux qui seront les plus durables et qui servi- 
ront le mieux l'avancement ultrieur de l'histoire naturelle des corps or- 
ganiss en particulier, ce sont certainement les monographies. 

C'est un ouvrage de ce genre que publie M. Duclos. Il s'y est prpar 
depuis plus de vingt-cinq ans, en runissant grands frais des matriaux 
sans nombre, afin de pouvoir suivre et comparer, sur une immense srie 
d'individus , les lgres modifications de formes et surtout les transitions 
successives dteintes, dtaches et de nuances dans les couleurs brillantes 
dont les coquilles sont ornes ; coloration qui servait uniquement, 



( 3 ) 
il y a peu d'annes, la distinction et la dnomination des espces. 

Comme la collection , forme par M. Duclos , est peut-tre la plus riche 
et la plus prcieuse en espces rares de toutes celles que nous connaissons, 
et que ce naturaliste a pu d'ailleurs trouver dans ses propres ressources 
tous les moyens d'excution de ce magnique ouvrage, il a employ les ta- 
lens des premiers artistes pour produire les dessins, les gravures en cou- 
leurs, et l'impression du texte. Il a ddi cette premire monographie aux 
mnes de Lamarck , dont il s'honore d'avoir t le disciple. Les planches 
in-folio qu'il a soumises notre examen, sont au nombre de trente-cinq, 
et sont relatives au genre olive uniquement. 

Les espces de ce genre sont toujours trs polies et trs brillantes , 
comme on lsait. Leurs couleurs sont admirablement rparties; mais leurs 
formes gnrales et apparentes sont tellement semblables, qu'au premier 
aperu , on les prendrait toutes pour de simples varits les unes des au- 
tres, dpendantes de leur ge divers, de leur volume ou d'autres circons- 
tances. En effet quelques naturalistes, mme les plus clairs, avaient 
adopt cette opinion. Cependant Lamarck en avait distingu 67 espces 
diffrentes, et parmi celles-l M. Duclos n'en admet que 44- Malgr cette 
rduction, il en a dcrit en tout i38, ce qui augmente le genre de 94 es- 
pces distinctes, qui comprennent souvent un trs grand nombre de va- 
rits, tellement que quelques-unes en ont offert jusqu' 4o. 

M. Duclos a subdivis le genre des Olives en quatre groupes. Le pre- 
mier, sous le nom d'ancillodes, c'est--dire voisine des ancillaires , com- 
prend toutes celles qui sont munies d'opercules, et qui portent, sur la par- 
tie postrieure de leur columelle, des plis en torsade; 42 espces s'y 
rapportent, dont i3 n'ont t observes qu' l'tat fossile. Le second 
groupe runit les olives cjlindrodes , nommes ainsi d'aprs la forme de 
leur coquille, dont la columelle porte en outre des plis horizontaux, au 
moins dans la partie suprieure. L'auteur y range 61 espces, dont 1 1 ont 
t reconnues parmi les fossiles. Le troisime groupe comprend les olives 
glandiformes qui sont courtes et ventrues , dont la spire est cache dans 
l'intrieur, au moins en trs grande partie. Dix-sept espces, toutes l'tat 
frais, sont rapportes cette section. Le quatrime et dernier groupe com- 
prend les volutelles, ou les olives qui sont semblables aux volutes, par la 
manire dont la spire est empte et semble former une espce de ma- 
melon, sauf le dernier tour qui conserve le canal spiral, et qui parat avoir 
t moul sur le prolongement mince et dli du manteau. 1 8 espces sont 
rapportes cette division, dont une seule n'a t observe qu' l'tat fossile. 



( '4) 

MM. Quoy, Gaymard , Rang et d'Orbigny, qui avaient examin les ani- 
maux qui construisent les coquilles de ces quatre groupes, ont pu confir- 
mer pleinement l'avantage de cette division ; car, d'aprs leurs dessins que 
M. Duclos a fait graver, on voit en effet qu'ils diffrent rellement les uns 
des autres par la structure et la longueur relatives des tentacules, du pied 
musculaire, les formes gnrales, et mme pour la distribution des taches 
et des marques colores diverses de toutes les parties molles extrieures. 
Les quatre dernires planches de cette monographie sont spcialement 
consacres ces animaux mme dessins comme vivants et en mouvement, 
et en outre elles offrent des dtails anatomiques fort intressants. 

Nous ne terminerons pas ce rapport sans faire connatre l'Acadmie 
que ce beau travail et ces recherches sur les espces du genre olive, ont 
t soumis dans le temps l'examen et au jugement de notre savant con- 
frre M. de Blain ville, trs comptent dans cette matire , et que dans son 
Trait de Malacologie, il en a prsent, avec les plus grands loges, une 
analyse dtaille. Nous ne citons ce fait que comme un nouveau tmoi- 
moignage en faveur du mrite de l'ouvrage qui a t soumis votre 
examen. 

Nous pensons que l'Acadmie doit accueillir cet ouvrage , et engager 
l'auteur continuer un travail excut dans une aussi bonne et aussi belle 
direction. 

Ces conclusions sont adoptes. 

LECTURES. 

physique. Noie sur un courant lectrique qui possde la facult de 
produire des dcompositions chimiques, et non celle d'chauffer les 
corps ; par M. Becquerel. 

Lorsqu'un courant lectrique, provenant d'un appareil voltaque , 
traverse une solution saline ou un fil mtallique suffisamment fin , il en 
rsulte des effets chimiques ou des effets calorifiques , dont l'nergie , dans 
l'un et l'autre cas , dpend du nombre de couples qui entrent dans l'appareil 
et de leurs dimensions. Les effets chimiques sont en rapport avec le 
nombre de ces couples et les effets calorifiques avec leur surface : les 
premiers exigeant de l'intensit, les seconds de la quantit. Il existe, en 
outre, une telle relation entre ces deux genres de phnomnes, que le 



( i5) 
mme courant peut les produire simultanment et sparment, quoiqu' 
des degrs trs diffrens. J'ai cherch attnuer la facult calorifique 
jusqu' ce que le courant lectrique ne possdt plus que la facult d- 
composante. 

L'appareil que j'ai eu l'honneur de prsenter l'Acadmie il y a un 
mois , runit les conditions voulues pour mettre le fait en vidence. 

J'ai commenc d'abord par m'assurer qu'en augmentant les dimen- 
sions de cet appareil et oprant avec des lames de platine, ayant de- 
puis un centimtre carr de surface jusqu' deux centimtres , la quan- 
tit de gaz oxigne recueillie croissait peu prs comme les surfaces. 
Je suis parvenu obtenir, en 24 heures , 10 centimtres cubes de gaz. 
Nul doute qu'il n'y ait eu augmentation dans la quantit d'lectricit 
dgage pendant la raction de l'acide nitrique sur la potasse , puisque 
les dimensions de l'appareil avaient t considrablement augmentes : le 
diamtre du cylindre de verre avait 8 centimtres. L'exprience ayant t 
dispose comme il a t dit dans ma dernire communication , si l'on in- 
terrompt le circuit mtallique en un point quelconque, et que l'on plonge 
les deux bouts libres du fil de platine clans deux petits godets remplis de 
mercure ; puis , que l'on tablisse la communication entre ces derniers 
au moyen d'un fil de platine de ~ de millimtre de diamtre, la dcom- 
position chimique continue dans l'appareil sans changement sensible. 
Introduisons maintenant dans le circuit un multiplicateur ordinaire pour 
mesurer l'intensit du courant; on trouve que cette intensit ne change 
pas, quel que soit le diamtre du fil interpos entre les deux godets. 
Ainsi donc le courant qui produit une si grande abondance de gaz, passe 
aussi bien dans un fil d'une tnuit extrme que dans un fil de plusieurs 
millimtres de diamtre. Ce n'est pas tout : si l'on place le fil microsco- 
pique dans lequel passe une grande quantit d'lectricit, vis--vis de 
l'ouverture de l'appareil thermo-lectrique (pile lectrique), destin 
accuser des centimes de degr de temprature , on trouve que celle du 
fil microscopique n'a pas chang l'instant o l'on a ferm le circuit. 

Si ce mme fil avait servi tablir la communication entre les deux 
lmens du plus petit appareil voltaque possible, tel que celui que Wol- 
laston a construit avec un petit d coudre, ce fil serait devenu incan- 
descent. Voil donc un courant produisant des dcompositions assez 
nergiques, qui est priv de la facult de changer sensiblement la tem- 
prature de fils de mtal excessivement fins faisant partie du circuit. 
Les proprits de ce courant sont d'autant plus remarquables , qu'on ne 



( i6) 
saurait disconvenir que plus on augmente d'une part les surfaces de 
contact de l'acide et de l'alcali, et de l'autre les dimensions des lames de 
platine, plus on doit accrotre en mme temps la quantit d'lectricit d- 
gage, qui est une des conditions exiges jusqu'ici pour la production des 
phnomnes calorifiques. 

Aprs la lecture de la note de M. Becquerel , M. Biot demande la parole 
et s'exprime en ces termes : 

M. Becquerel ayant bien voulu me communiquer ces rsultats impor- 
tants, quelques moments avant la sance, j'ai cherch m'en rendre 
compte , et c'est ce qui m'a donn lieu d'crire la note qui suit. 

Ces phnomnes curieux me semblent indiquer, non pas que l'lec- 
tricit dveloppe par les appareils de M. Becquerel soit doue d'une vi- 
tesse, ou de qualits diffrentes de celle que les autres appareils dgagent , 
mais seulement que cette lectricit se dcharge par des intermittences 
plus rapides. 

Soit T un temps fini, dcompos en un nombre n d'lments plus 
petits t, en sorte qu'on ait la relation 

nt = T. 

Je suppose que, pendant chaque lment t, il se dgage une quantit 
d'lectricit e qui , devenant libre la fin de cet instant , se dcharge 
travers le fil conducteur, et le parcourt dans un temps G, plus petit, et 
peut tre insensible comparativement t. Alors , pendant le temps T, il y 
aura un nombre n de dgagements et de propagations pareilles, contenant 
en somme la quantit totale d'lectricit ne. 

Concevons maintenant que deux autres substances mises en contact 
ensemble de la mme manire, ou les mmes d'une manire diffrente, 
dveloppent , dans le mme temps T, une gale somme n e d'lectricit ; 
mais que , dans ce second cas , les dcharges aient lieu avec des inter- 
mittences diffrentes, dont l'intervalle temporaire soit t'. Alors, si l'on 
nomme n' le nombre total de ces intermittences, et e' la quantit absolue 
d'lectricit que chacune d'elles rend libre, on aura les relations 





n't' 


= T, 


d'o l'on tire 




n 
n 


et par suite 




e' 



7 

n'e' = ne, 




t 




?' 




i 




e . 
t 





( ''7 ) 
On voit donc que cette identit de quantit totale et de temps est 
possible, pourvu que les quantits lmentaires d'lectricit qui composent 
chaque dcharge, soient directement proportionnelles aux longueurs des 
intermittences qui les sparent. Ainsi, avec des intermittences plus rares, 
les quantits d'lectricit dcharges seront plus considrables; et elles 
pourront l'tre assez pour produire, dans leur transmission travers le 
fil, des effets calorifiques que des quantits moindres , dcharges par des 
intermittences plus frquentes ne produiraient pas. En un mot, dans la 
disposition adopte par M. Becquerel, l'lectricit parat dcharge par in- 
crmens plus petits que dans tout autre appareil , et presqu'aussitt qu'elle 
se dgage. 

histoire naturelle. Etude microscopique compare de la Bargine de 
M. Longchamp, observe dans les eaux thermales sulfureuses de Barges 
et de la Bargine de M. Robiquet, recueillie dans les eaux thermales de 
Nris;par M. Turpin. 

( Nous avons l'avantage de pouvoir donner un extrait de ce travail , 
rdig par M. Turpin lui-mme.) 

La question de la bargine se complique de jour en jour davantage. 
La cause de cette complication vient de ce que l'on a nglig de s'en- 
tendre, de se communiquer les observations et d'tudier comparativement, 
sous le microscope , les divers produits auxquels on assignait ou un mme 
nom ou des noms diffrents. 

Dans un mmoire lu l'Acadmie le 1 2 aot 1 833, M. Longchamp fit 
connatre une matire glaireuse, azote, qu'il avait observe, pour la 
premire fois, dans les bassins qui contiennent les eaux sulfureuses de 
Barges et laquelle il donna le nom de bargine. Il en signala parfaite- 
ment les caractres physiques saisissables l'il nu, ainsi que les caractres 
chimiques; mais il ngligea de l'tudier sous le microscope, seul moyen 
de dcider si cette substance est simplement organique , non organise, 
c'est--dire un agglomrat de particules muqueuses n'offrant, sous le mi- 
croscope , aucune apparence d'organisation , ou si c'est un compos , 
tout-- la-fois, de cette mme substance organique, de vgtaux simples, 
globuleux ou filamenteux , ou bien encore d'animalcules ; toutes ces 
choses pouvant exister ensemble ou sparment et n'en pas moins former, 
pour l'il nu , des masses amorphes de consistance et d'aspect glatineux. 
L'habile chimiste que je viens de citer ayant eu la bont de me donner un 

C. R. i836. i re Partie. 3 



( ?8) 

chantillon de sa bargine , le mme que je mets en ce moment sous les 
yeux de l'Acadmie , j'ai pu , depuis six mois environ, m'clairer sur la 
nature et la composition organique de cette production. Conserve , 
comme elle l'est, dans de l'eau alcoolise, elle ressemble une gele ani- 
male ou vgtale, car on peut la comparer tout aussi bien de la colle 
forte presque dissoute qu' de la gele de pomme ou de coing. 

Analyse microscopique de la bargine mucilagineuse et inorganise de 

M. Longchamp. 

Lorsque sous le microscope arm du grossissement d'environ 3oo fois 
on met, entre deux lames de verre, de petites portions de cette bargine, 
on reconnat que ce n'est point une matire organique simple, homogne, 
mais bien un agglomrat compos des parties suivantes: i une sorte de 
gangue muqueuse, chaotique, forme d'une grande quantit de parti- 
cules organiques, transparentes, sans couleur et sans mouvements mona- 
daires; particules provenant sans doute des nombreux dbris ou dtriments 
d'organisations vgtales et animales qui ont prcd; 2 un nombre as- 
sez considrable de sporules globuleuses ou ovodes , excessivement petites, 
enveloppes dans le mucus inorganis de la gangue, qui leur sert, en 
mme temps , d'habitation et de nourriture , et dont quelques-unes sont 
dans un tat de germination plus ou moins avance. Ces filaments, d'une 
tnuit extrme, sont blancs, transparents, sans cloisons, non rameux : 
ils annoncent le dbut d'une vgtation confervode , sans doute bien con- 
nue , et sans doute aussi le commencement de ces longs filaments blancs 
que M. Longchamp, qui les a vus flottants dans l'eau des bains, compare 
de la filasse et qui, plus tard , dans certaines conditions favorables cette 
vgtation , verdissent et forment alors, suivant l'expression de l'auteur, 
de la bargine verte filamenteuse. Parmi ces deux composants, les parti- 
cules organiques et les sporules organises, se voient, en outre, quelques 
autres corps , tels que des grains de sable et des dbris mconnaissables 
dus probablement des vgtaux et des animaux infusoires dcomposs. 
Voil tout ce que peut apprendre l'examen microscopique de la bar- 
gine de M. Longchamp. 

L'auteur n'ayant observ qu' l'oeil nu les caractres physiques de la 
substance glatineuse recueillie par lui dans les eaux thermales de Barges, 
ne s'est point aperu que cette substance, non organise, que ce chaos 
du rgne organique n'tait point pur; qu'en lui il se trouvait, comme 



( 9) 
dans une sorte de territoire, des sporules et que c'tait la prsence et 
4P dveloppement de ces sporules qu'taient dues les vgtations filamen- 
teuses blanches, puis vertes, et non la substance glatineuse qui ne 
peut s'organiser d'elle-mme, qui seule peut, au plus, servir de nourri- 
ture cette conferve et qui, seule aussi, peut mriter, jusqu' un certain 
point, la dnomination particulire de bargine. 

Il est regretter que M. Longchamp n'ait pas en mme temps re- 
cueilli et conserv ce qu'il appelle de la bargine filamenteuse blanche et 
del bargine filamenteuse verte; car, alors, on aurait facilement rapport 
cette production confervode son genre et son espce, ce qui et vit 
trs probablement des discussions sans profit pour la science, pargn le 
temps de l'Acadmie et celui des personnes qui s'occupent de ces sortes 
de matires. 

Venons maintenant cette autre bargine recueillie dans les eaux 
thermales de Nris , rapporte Paris par M. Robiquet, et dont il a bien 
voulu me communiquer plusieurs chantillons desschs. 

Au premier aspect de ces chantillons on voit qu'ils n'ont aucune res- 
semblance avec la bargine glaireuse , incolore et inorganise de M. Long- 
champ; qu'ils sont, au contraire, composs de membranes ou pellicules , 
chiffonnes et replies les unes sur les autres , ce qui , pour un il exerc , 
dnote clairement un vgtal faisant partie du genre nostoch. 

analyse microscopique de la bargine organise de M. Robiquet. 

Vue sous le mme grossissement dont j'ai parl plus haut, la bargine 
de Nris offre, i des membranes minces, transparentes, incolores et 
comme tisses l'aide d'un grand nombre de filamens trs tnus , entre- 
lacs et agglutins les uns aux autres par le moyen de particules interpo- 
ses; a de nombreux individus filamenteux , libres entre eux, d'ges et 
de dimensions diffrentes; les plus tnus incolores et comme forms d'une 
suite de points; les plus gros moniliformes ou en chapelets, c'est--dire 
composs d'une suite de petits mrithalles courts, globuleux, creux l'in- 
trieur et contenant la matire verte , de laquelle seule dpend la couleur 
des masses vues l'il nu. 

Il rsulte de ces tudes microscopiques compares, que la bargine de 
M. Longchamp et la bargine de M. Robiquet sont deux choses trs diff- 
rentes. 

La premire, la bargine de M. Longchamp , la seule qui peut con- 

3.. 



( ao) 

server provisoirement la dnomination de bargine , consiste dans une 
substance glatineuse, transparente, presque incolore, sans trace d'orga- 
nisation apparente; c'est un amas mucilagineux, form, par dpt, d'un 
grand nombre de particules provenant, en grande partie, de la dcom- 
position de vgtaux et d'animaux , la plupart infusoires : c'est ce chaos 
du rgne organis, dans lequel tous les individus puisent directement ou 
indirectement leur nourriture et dans lequel ils viennent ensuite se con- 
fondre. C'est , par comparaison , les nombreux matriaux pars et en 
dsordre d'un difice qui s'est croul et qui n'existe plus. 

La seconde, la bargine de M. Robiquet , est un vgtal bien organis 
et bien connu sous le nom de nostoch thermalis. 

Il est ais de sentir, d'aprs ce qui vient d'tre dit sur ces deux bar- 
gines , qu'il n'y avait aucun rapprochement possible faire entre deux 
productions aussi distinctes que le seraient, par exemple, de la glatine 
d'une part et de l'autre les divers animaux qui auraient servi , par leur 
dissolution, produire cette glatine. 

Cette grande distinction bien tablie aurait empch M. Dutrochet, 
qui ne connaissait que le nostoch de Nris que lui avait procur M. Ro- 
biquet, de se prononcer contre la bargine glaireuse et inorganise de 
M. Longchamp, qu'il n'avait point encore tudie et dont, probablement, 
il ignorait l'existence en nature Paris. 

chimie. Recherches sur la teinture; par M. Chvre ri.. 

Avant de prsenter l'Acadmie les rsultats des nombreuses recher- 
ches qu'il a entreprises sur l'art de la teinture, M. Chevreul a jug con- 
venable de faire connatre l'Acadmie la marche gnrale qu'il s'est 
trace. 

Les difficults qu'on rencontre quand on veut donner des bases scienti- 
fiques l'art de la teinture sont rapportes par l'auteur quatre causes 
principales : 

i. A la petite quantit des matires qui se fixent aux toffes dans les 
procds de teinture; 

a*. A la faible affinit des toffes pour les matires auxquelles elles 
s'unissent; 

3. A ce que toutes les matires tinctoriales complexes, d'origine or- 
ganique, dont on fait usage dans les ateliers, ne sont pas encore complte- 
ment connues dans leur composition immdiate; 



(21 ) 

4- A ce que beaucoup de principes immdiats de ces matires sont 
altrables dans les oprations de teinture. 

Pour triompher de ces difficults, M. Chevreul a adopt pour ses re- 
cherches et pour l'exposition qu'il en fait dans les leons publiques dont il 
est charg, la classification suivante : 

Premire division. Prparation des toffes. 

Deuxime division. De l'action mutuelle des toffes et des corps sim- 
ples. 

Troisime division. De l'action mutuelle des toffes et des acides. 

Quatrime division. De l'action mutuelle des toffes et des bases sali- 
fiables. 

Cinquime division. De l'action mutuelle des toffes et des sels. 

Sixime division. De l'action mutuelle des toffes, des composs non sa- 
lins neutres aux ractifs colors, des acides, des bases salifiables et des sels. 

Septime division. De l'action mutuelle des toffes, des acides, des 
bases salifiables , des sels et des matires tinctoriales complexes d'origine 
organique. 

Huitime division. Stabilit de la couleur des toffes teintes relative- 
ment la chaleur, la lumire, l'eau, l'oxigne , l'air et les ractifs. 

Borns par le temps et par l'espace, il ne nous est pas possible d'enrichir 
cet extrait des rflexions importantes que M. Chevreul a lies toutes ces 
ttes de chapitre ; mais nous consignerons ici, en terminant cet extrait, 
l'expos de la mthode qui lui sert le guide pour dmontrer l'affinit 
d'un corps soluble pour une toffe, lorsque le compos qui se forme 
n'est pas indcomposable par l'eau, car on conoit alors qu'il n'y aurait 
aucune difficult. 

Voici cette mthode rduite la plus simple expression: 

On fait l'analyse d'un poids connu de la solution qu'on veut mettre 
en contact avec une toffe. 

Puis on fait l'analyse d'un poids gal de la mme solution qui a t 
un temps suffisant en contact avec l'toffe pour tre en quilibre chimique 
avec elle. 

Il est clair qu'il y aura affinit si la seconde solution contient plus 
d'eau et moins du corps soluble que la premire. 

Voici quelques rsultats. 

La laine, la soie, absorbent proportionnellement plus d'acide sulfu- 
rique que l'eau, lorsqu'elles sont en contact avec de l'eau contenant -^ 
d'acide. 



(22 ) 

Le coton prsente le rsultat inverse. 

Mais en les reproduisant ici, j'avoue que je n'ai pas en eux une con- 
fiance extrme, car je ne les ai pas contrls suffisamment sous le rapport 
d'une difficult que je vais faire connatre : c'est que les toffes ne sont 
point aussi insolubles qu'on le croit gnralement dans des ractifs mme 
faibles. Ds lors, si la mthode est d'une excution trs facile lorsque le 
corps solide mis en contact avec la dissolution est absolument insoluble, 
il n'en est plus de mme dans le cas contraire; il faut donc alors tenir 
compte de la matire que la liqueur a pu enlever au corps solide. 

Plusieurs observations m'ont conduit penser que la laine, la soie et 
mme le ligneux pourraient bien tre d'une nature plus complexe qu'on 
ne le croit gnralement. 

Quoi qu'il en soit, la mthode dont je viens de parler tant applicable 
des cas qui peuvent se prsenter dans des recherches de physiologie et 
de toxicologie, j'ai cru devoir lui donner plus de publicit qu'elle n'en a 
eu jusqu'ici, quoique cependant je l'aie fait connatre avant i83o plu- 
sieurs personnes, et qu'elle soit mentionne dans une thse soutenue 
l'cole de Mdecine par M. Blanc. 

NOMINATIONS. 

L'Acadmie , en excution de son rglement , procde la nomination 
d'un Vice-Prsident, qui doit tre choisi dans les sections des sciences 
naturelles. Le nombre des membres votans est de 48. Au premier tour de 
scrutin , 

M. Magendie runit 26 suffrages. 

M. Serres 8 

M. Double 5 

M. Cordier 4 

M. Chevreul 2 

M. Brongniart ... 1 

M. Silvestre 1 

M. Blainville .... 1. 

M. Magendie est proclam Vice-Prsident de l'Acadmie pour l'anne 
i836; il sera Prsident en 1837. 

I^a sance est leve cinq heures. 

A. 



(*3) 



BULLETIN RIBLIOGRVPHIQUE. 

L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des Sances de l'Acadmie des Sciences, 
n32, i835, in-4. 

Mmoires de l'Acadmie des Sciences de l'Institut royal de France; 
tome i3, in-4 . 

Memorie ed Instrumenti del Cav. Prof. Leopoldo Nobjli; 2 vol. in-8, 
Firenze, 1834. 

Mmoires lmentaires sur la Destination naturelle de la formation et 
de la rsistance ; par M. J.-G. Roeber; Dresde, in-folio. (En allemand.) 

Voyage dans V Amrique mridionale ; par M. d'Qrbigny; 9* livraison, 
in-4. 

Suites Bufforij \l\ livraison et une livraison de planches, in-8. 

Dictionnaire de Botanique mdicale et pharmaceutique ; 2 vol. in-8", et 
un atlas de planches: par M. Julia de Fontenelle; Paris, i836. 

Exposition complte du Systme mtrique ; par M. Michelot; brochure 
in-8. (Adopte par l'Universit.) 

Nouvelle Gographie mthodique; par MM. Meissas et Michelot; 16 e 
dition. (Ouvrage adopt par l'Universit.) 

Manuel des Aspirants au brevet de capacit de l'enseignement primaire 
lmentaire et de l'enseignement primaire suprieur, avec le programme des 
questions ; par MM. Lamotte, Meissas et Michelot; 2 vol. in-8. 

Magasin de Zoologie , sous la direction de M. Gurin ; 5 e livraison, iu-8. 

Iconographie du Rgne animal , de M. le baron Cjuvier; parM. Gurin; 
37 e livraison, in-8*. 

Deuxime Adresse l'Intelligence humaine , par M. Lebailly Grain- 
vile; Paris, in-4". 

Monographie du groupe des Rhipicrites - par M. de Laporte (Comte de 
Castelnau);in-8. 

Socit centrale d'Agriculture de Nancy. Rapport verbal sur l'Ex- 
position du Fashia de M. Rudeau ; in-8. 

Euphrasia officinalis et Espces voisines ; par M. Soyer Villemet; in-8. 

Hygine publique. Note sur de nouveaux Moyens employs pour la 
dsinfection des matires fcales dans les fosses ; par M. Chevallier ;in-8. 



( *4 ) 

Au Congrs convoqu Paris en 1 835, par l'Institut Historique. 
Mmoire de M. Courtet de i/Isle ; in-8. 

Leons de Chimie lmentaire , faites le dimanche, par M. J. Girardin; 
4 premires leons, Rouen, i855, in-8". 

Vacciner des deux cts du corps : prcepte rigoureux. Revacciner du 
ct o l'opration a manqu; par M. le docteur C. Bernard; Apt (Vau- 
cluse); in-8*. (Rserv, d'aprs la demande de l'auteur, pour le concours 
Mont y on.) 

Essai sur la Culture } la Chimie et le Commerce des garances Vau- 
cluse; par M. Bastet; Orange, i835, in-8", 2 e livraison. 

Mmoire thorique et pratique sur les Luxations dites spontanes et con- 
scutives; par M. le docteur Lesauvage; in-8, Caen. 
. Recherches sur les Annexes du ftus humain; par le mme; in- 8. 
Trait de Mdecine pratique ; 8 e livraison, in-8. 

Annales de la Socit Royale d'Horticulture de Paris; tome i~, 
ioo e livraison, in-8". 

Annales de Chimie et de Physique; par MM. Gay-I,ossac et Arago; 
septembre, i835; in-8*. 

Annales des Sciences naturelles; par MM. Audouin, Milnk Edwards, 
Brongniart et Guillejun; tome 4> septembre et octobre i835 , in-8*. 

Jourtuil de la Socit des Sciences physiques , chimiques , et Arts agri- 
coles; sous la direction de M. Julia de Fontenelle; in-8", octobre, i835. 

Bulletin gnral de Thrapeutique mdicale et chirurgicale; par 
M. Miquel ; tome 9, in-8*. 

Journal hebdomadaire des Progrs des sciences mdicales; n 5a, 
i835 et n i, i836, in-8. 

Gazette mdicale; tome 3, n 52 iSSSetn 1, i836, in-4 . 
Gazette des Hpitaux; n" i54 '56. 
Journal de Sant; 11' 122 et 12 3. 



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C. R. i836. I" Partie. 





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COMPTE RENDU 

DES SANCES 






DE L'ACADEMIE DES SCIENCES. 

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SEANCE DU LUNDI 11 JANVIER 1836, 

PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 

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CORRESPONDANCE. 

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La Socit royale de Londres rappelle qu'elle doit dcerner en i838 
deux mdailles royales , l'une l'auteur du mmoire le plus important et 
indit qu'elle aura reu sur la chimie, et l'autre au mmoire le plus im- 
portant et galement indit qu'elle aura reu sur la physique. Les m- 
moires destins ces deux concours devront tre parvenus la Socit 
avant le mois de juin i838. 

Le Secrtaire perptuel pour les sciences physiques avait t charg par 
l'Acadmie d'ouvrir le billet cachet joint au mmoire sur Y Origine de la 
bile, adress pour le concours de physiologie exprimentale (voyez sance 
du 3o novembre i835, page 43), et d'avertir l'auteur que la Commission 
dsirait s'entendre avec lui, soit pour lui demander la rptition de ses 
expriences, soit pour obtenir, relativement ces expriences, tous les 
dveloppements ncessaires. 

L'auteur, M. Benjamin Phillips, membre de la Socit royale de Lon- 
dres, s'est empress de rpondre qu'il sera toujours prt donner la 

C. R. i836. i Semestre. 5 



Commission tous les renseignements quelle pourra dsirer sur la manire 
dont ses expriences ont t faites. 

Il appelle, en mme temps, l'attention de l'Acadmie sur deux faits 
pathologiques {voyez ci-aprs l'article intitul Physiologie animale , Ori- 
gine de la bile), qui lui paraissent prsenter une confirmation des con- 
clusions contenues dans son mmoire.. 

L'Acadmie accepte le dpt d'un paquet cachet , adress par M. Ga- 
briel Despruneaux. 

M. Rivire crit pour rectifier quelques erreurs chappes, selon lui, 
plusieurs des journaux qui ont rendu compte de la lettre qu'il a prsente 
dans la sance dernire (voyez sance du 4 f ' e ce mois, page 3). 
Depuis que l'Acadmie a pris le parti de faire publier elle-mme des ana- 
lyses de ses sances, les auteurs n'ont plus lieu d'en appeler elle que 
pour les erreurs qui pourraient se glisser dans ces analyses. 

M. de Vincens transmet quelques nouveaux dtails sur la direction sin- 
gulire de la propagation du froid en France, pendant cette anne. 

M. Payen prie l'Acadmie de vouloir bien nommer une commission qui 
puisse examiner prochainement les procds mis en usage dans un ta- 
blissement situ Javelle , o s'oprent la dsinfection immdiate et di- 
verses applications utiles de tous les produits de l'abattage des animaux ; 
procds qui graduellement perfectionns se rattachent, dit M. Payen, 
plusieurs questions d'un haut intrt pour la salubrit publique et l'agri- 
culture. L'Acadmie nomme, en consquence, une Commission qui sera 
compose de MM. Silvestre, Thnard, Dulong, Magendie et Dumas. 

mtorologie. M. Moreau de Jonns communique la note suivante. 

Le froid a commenc aux Antilles, au mois d'octobre, et s'est accru 
progressivement, de manire devenir trs grand et extraordinaire la 
fin de novembre ; il tait accompagn de pluies , par raffales violentes. 

Le plus grand froid des Antilles ne suppose pas un abaissement du 
mercure, au-dessous de i8 raumuriens (22 1/2 cent.), au niveau de la 
mer. . 

histoire naturelle et mtorologie. Sur la migration des animaux et 

sur la grle. 

M. de Humboldt crit M. Arago, qu'en passante Francfort il a vu M. Rup- 
pel, et que ce clbre voyageur lui a dit qu'en Abyssinie, par 16 de latitude, 



(2 9 ) 

tes lphants et les singes traversent des plateaux de plus de i,5oo mtres 
(i,3oo) toises de hauteur. 

M. Ruppel assure qu'il grle souvent en Abyssinie, mais jamais pendant 
qu'il y a des orages. 

physiologie animale. Observations relatives l'origine et aux usages 
de la bile; par M. Benjamin Phillips. 

Premier cas. Pendant l't dernier, on a reu dans la clinique du 
professeur Thomson , l'Hpital de l'Universit de Londres , un ivrogne 
consomm. 

Il mourut au mois d'aot, et l'on fit un examen dtaill du cadavre, 
en prsence des professeurs EUeoltson et Carswll. 

Je ne dcrirai de cet examen que ce qui me parait porter sur le sujet 
de mon mmoire. 

Le foie tait le sige d'une maladie, dcrite par le docteur Baiilie sous 
le nom de foie d'ivrogne {drunkard 's liver), et par Laennec sous celui de 
cirrhose. 

Le systme de la veine-porte tait bouch par un coagulum assez 
dense, qui s'tendait depuis les radicules les plus minimes de la veine, 
jusqu'au point o les deux branches convergent pour former le tronc du 
vaisseau. 

Les canaux biliaires taient entirement libres ; mais ni eux ni la 
vsicule du fiel ne contenaient point de bile; il n'existait aucune trans- 
sudation de cette scrtion dans les tissus environnants. 

Une partie du coagulum fut soumise l'examen du docteur Prout , 
qui y reconnut distinctement les principes colorants et amers de la bile. 

Une portion du foie conserve dans l'alcool en a t retire, il y a 
quelques jours, en ma prsence, par le professeur Carswll; et nous 
avons trouv qu'une petite quantit du coagulum, exprime d'une grosse 
branche de la veine-porte , retenait encore son got amer, et l'alcool dans 
lequel le spcimen est conserv, prsente une couleur jaune vif. 

Deuxime cas. Le professeur Thomson d'Edimbourg a en sa posses- 
sion le dessin d'un cas prcisment semblable, qui lui arriva il y a plu- 
sieurs annes. 

L'impression conserve par les professeurs qui se sont occups de l'exa- 
men de ces cas, est que la matire dont le coagulum est imprgn, est 
indubitablement de la bile. 

5.. 



(3o) 

Supposant cette opinion exacte, d'o .pouvait provenir cette bile? 
Elle ne pouvait venir des canaux biliaires , quand mme une rgurgitation 
dans les radicules de la veine-porte et t possible , parce que la masse 
dense du coagulum prsentait une barrire impntrable ; ce ne pouvait 
non plus tre une consquence de l'exsudation, puisque les conduits 
biliaires taient vides , et qu'il n'y avait aucune apparence d'un tel effet 
sur les tissus environnants. 

D'o donc, dans les cas prcits, pouvait-elle provenir, si ce n'est du 
tube intestinal? 

Si c'est l le fait, il serait en harmonie avec les conclusions contenues 
dans mon mmoire; et si l'on admet que j'ai fait voir que la bile pro- 
vient, au moyen du systme de la veine-porte, du tube intestinal, on aura 
fait un pas dans cette recherche, et l'Acadmie n'exigera pas que j'tablisse 
une hypothse , pour rendre compte de cet tat de choses si singulier 
en apparence. 

MMOIRES PRSENTS. 

physiologie animale. Spcialit des nerfs des sens de l'odorat, du 
got et de la vue; par M. Gabriel Pelletan. 

(Commissaires, MM. Magendie, Serres, Flourens.) 

Une des questions les plus importantes de la physiologie est, sans 
aucun doute, celle relative la spcialit des nerfs des sens. 

L'analogie prsume entre les sensations dtermines par les odeurs 
et les saveurs a fait admettre que chez les poissons, le sens de l'odorat tait 
transform en sens du got ; l'admission de cette premire hypothse a fait 
penser quelques auteurs que chez les taupes et les musaraignes , le nerf 
optique, non trouv par eux, tait remplac dans ses fonctions par une 
branche de la cinquime paire. 

Le but de ce mmoire est principalement de prouver que ces hypo- 
thses, qui dmontreraient la non spcialit des fonctions des nerfs des 
sens, sont inadmissibles. 

i. Parce qu'il n'y a nulle analogie entre les sensations dtermines 
par les odeurs et celles fournies par les corps sapides, et par consquent 
entre le got et l'odorat. 



(3 ) 

a. Parce que, chez les poissons, les nerfs olfactifs par leur origine, et 
les cavits nasales par leur disposition ont toujours conserv les caractres 
qui, chez les animaux, les diffrencient des nerfs et des organes du got. 
3. Parce que les matires odorantes n'ayant pas , comme caractre es- 
sentiel, l'tat de vapeur, puisqu'en dernire analyse elles agissent l'tat 
de solution sur la membrane olfactive des animaux qui respirent dans l'air, 
rien ne s'oppose ce que , dissoutes dans l'eau , elles puissent tre odores 
par les poissons. 

f\. Parce qu'en gnral l'odeur des aliments les distinguant beaucoup 
mieux que leur saveur, le sens de l'odorat est plus utile aux poissons que 
celui du got pour les guider dans le choix de leur nourriture, surtout 
lorsque ces animaux vivent dans les eaux de la mer, si fortement sapides. 

5". Parce que les taupes et les musaraignes possdant des nerfs op- 
tiques que l'on peut suivre depuis leur origine, semblable celle des 
animaux del mme classe, jusqu' leur terminaison au globe de l'oeil, on 
ne peut pas dire qu'une branche de la cinquime paire les fasse voir. 

Ces conclusions, favorables la nvrognie, telle que l'a conue le 
savant M. Serres, ne s'appliquent nullement au sens du toucher, qui, 
commun toutes nos parties, sans faire d'exception pour les organes 
de la vue, de l'oue, de l'odorat et du got, est ncessairement exerc par 
des nerfs d'origines diffrentes. 



botanique. Deuxime mmoire sur les rsdaces; par M. Auguste 

de Saint-Hilaire. 

Ce travail fait suite au mmoire dans lequel l'auteur a fait connatre les 
cinq verticilles qui entourent l'ovaire. C'est ce dernier organe (gynce) 
qui fait le sujet de ce nouveau travail. 

Dans son mmoire sur les affinits du rsda , M. de Tristan a dvoil, 
dit l'auteur, la vritable structure de la capsule des plantes de ce genre. 
Son opinion a mrit l'assentiment de M. de Candolle , et M. Auguste de 
Saint- Hilaire s'est propos de la confirmer par de nouvelles preuves. 

L'ovaire uniloculaire du reseda phjrteuma est prismatique, sexangu- 
laire et termin par trois ttes coniques, dont chacune est couronne par 
un stigmate, et qui alternent avec un nombre gal de placentas paritaux. 
Les parties dcidment ouvertes dans le fruit, sans tre adhrentes 
dans l'ovaire, sont intimement rapproches; mais avant la maturit, on 
peut dj juger de quelle manire la dhiscence s'opre. Du point inter- 



(3a) 
mdiaire entre les trois ttes coniques s'lvent en rayonnant trois fentes 
qui, partageant en deux la face de chaque tte, s'tendent jusqu'aux stig- 
mates, et l'on a ainsi au sommet du pricarpe trois valves peu prs trian- 
gulaires, valves que M. Auguste de Saint-Hilaire ne saurait mieux comparer 
qu'aux bords relevs d'un chapeau trois cornes. A l'poque de la matu- 
rit, ces valves s'inflchissent sur les placentas, et la fente qui s'tendait 
au milieu des trois cornes va jusqu' partager les stigmates en deux. L 
elle s'arrte ; mais si , aprs avoir commenc dans la face ou le ct antrieur- 
des trois ttes coniques et divis les stigmates, elle pouvait se continuer, 
elle partagerait ncessairement le ct extrieur des mmes ttes; des- 
cendant jusqu' la base du fruit par les sutures qu'a signales M. de Tris- 
tan, elle formerait trois valves compltes, et celles-ci seraient sminifres 
dans leur milieu, puisque les ttes, sont alternes avec les placentas. Le 
reseda phytewna a t pris ici pour exemple, mais il est vident qu'une 
structure analogue doit exister dans les espces o la capsule galement 
simple prsente quatre, cinq ou six ttes. Ainsi donc on peut, peu prs 
comme M. de Tristan , dire , en gnral, que le fruit des rsdas uniovari, 
variable pour le nombre des ttes ou des stigmates, se compose d'autant de 
valves sminifres dans leur milieux qu'il y a de ttes ou de stigmates, mais 
que ces valves ne se sparent qu' leur sommet. 

L'auteur expose la thorie de l'ovaire uniloculaire, irrgulier, style 
latral et ovules attachs sur deux rangs l long d'une suture longitu- 
dinale qui regarde l'axe rationnel de la fleur. Il rappelle et discute les 
opinions mises cet gard; il donne la thorie du fruit multiloculaire , 
et fait voir de quelle manire on peut rattacher le fruit des plantes - 
placentas paritaux au type gnral. 

Aprs tre arriv ces conclusions : que le fruit uniloculaire trilob 
trois placentas paritaux, diffre du fruit trois loges, uniquement 
parce que les trois feuilles ovariennes sont dans le premier moins cour- 
bes que dans le second; que dans les ovaires ^ placentas paritaux, 
chaque placenta se compose de deux moitis de placentas appartenant 
deux feuilles ovariennes diffrentes; que la ligne moyenne de chaque 
placenta forme la limite de deux feuilles; il explique comment il se fait 
que, dans certains cas, la dhiscence ne s'opre point par le milieu des 
placentas, et comment, au contraire, le fruit de ces plantes s'ouvre en 
trois valves dont le milieu est sminifre. 

Il tablit ensuite que le placenta parital d'un ovaire pluriloculaire 
diffre du placenta parital d'un ovaire uniloculaire, en ce que le pre-r 



(33 ) 

mier est constamment form par les deux bords d'une mme feuille 
ovarienne, et le second, sauf des exceptions probablement fort rares, 
par deux bords appartenant deux feuilles diffrentes. 

M. de Saint-Hilaire distingue deux sortes de valves : celles qui pr- 
sentent exactement le dveloppement parfait de l'ovaire-type plus ou 
moins dpli , et celles qui se composent de deux portions de ce mme 
ovaire parvenu maturit. Ces deux sortes de valves ne lui paraissent pas, 
pour le moment, avoir besoin d'tre dsignes par des appellations par- 
ticulires, et il explique ce qu'il entend par les mots valve et feuille 
ovarienne. Le premier indique l'un des panneaux dont la runion forme 
la capsule, quelle que soit d'ailleurs la composition de ce mme panneau. 
Le second est rserv au pricarpe-type , quels que soit son ge, son d- 
ploiement ou les modifications qu'il peut subir par la maturation et la 
dhiscence. 

Une question s'tait prsente l'auteur, savoir, si le milieu des 
feuilles ovariennes ne pouvait pas tre sminifre aussi bien que leurs 
bords. Par une suite d'observations et de raisonnements , il est conduit 
penser que, dans les plantes placentas paritaux, les cordelettes 
sminifres , continuation de l'axe, comme celle des placentas axilles, 
ne font que s'carter pour aller passer dans les bords non rentrants 
des feuilles ovariennes, et que les nervules ne sont, dans toutes les po- 
sitions qu'elles affectent, qu'une continuation du systme axille plus 
ou moins dvi. Il s'attache dmontrer que le passage des corde- 
lettes ou nervules sminifres peut s'oprer dans plusieurs cas, et no- 
tamment dans quelques mesembryanthemum , par le milieu des feuilles 
ovariennes. Ce caractre se reproduit , dans les rsdaces , car diverses 
espces de rsdas l'offrent concurremment avec celui du passage des 
nervules au bord des feuilles ovariennes. Il explique ensuite comment 
l'extrmit des valves du rsda est vritablement trilobe. Non-seule- 
ment, dit-il, les raisonnements et les inductions tablissent la thorie 
du passage des cordelettes sminifres par le milieu des feuilles ova- 
riennes, mais encore les observations directes la confirment. 

Le reseda sesamodes prsente, dans son gynce, une structure qui 
claircit beaucoup la question. On y trouve cinq ou six ovaires fort petits, 
dont chacun reprsente une feuille ovarienne, telle que celle qui entre 
dans la constitution des rsdas fruit polycphale. 

L'existence de trois lobes dans les valves du rsda est un argument de 
plus en faveur de ceux qui ne voient dans les parties de la fleur que 



( 34) 
des modifications de la feuille. Celle de la tige des rsdas est trs 
souvent trilobe, mme dans le plus jeune ge, le ptale est trois divi- 
sions, et enfin il y a trois lobes dans la valve. 

En terminant ce paragraphe, l'auteur fait connatre quelques nuances 
d'organisation qui se manifestent dans les fruits de certaines espces de 
rsdaces. La nature semble s'tre plu, dit l'auteur, rassembler dans 
cette famille les genres de placentation les plus diffrents : le placenta cen- 
tral libre, les placentaires unis au milieu des feuilles ovariennes, et pro- 
bablement ceux unis au bord des mmes feuilles. 

et L'ouTerture de l'enveloppe pricarpique, qui se manifeste long-temps 
avant la maturit des graines, n'appartient pas la famille tout en- 
tire, ainsi qu'on l'a cru. Le genre ochradenus fait une exception ce 
caractre. 

Les diffrences que l'on observe dans les fruits des diverses espces de 
rsda, ne sont pourtant pas des raisons suffisantes pour hacher ce 
genre et en faire des groupes distincts. Cependant, M. A. de Saint-Hilaire 
propose de constituer un genre particulier sur le reseda canescens, au- 
quel il impose le nom de caylusea. 

Dans le second paragraphe, M. de Saint-Hilaire examine quel est le 
ct normal de la fleur des rsdas. 

Il pense que , comme celle des lgumineuses-papilionaces, cette fleur 
fait exception la loi proclame par M. Turpin, qui croit que la ten- 
dance un plus grand dveloppement se manifeste de l'intrieur 
l'extrieur. Ici , au contraire , le ct le plus dvelopp de la fleur est 
le plus voisin de l'axe, et, comme dans les papilionaces , le ct le 
plus dvelopp est le ct normal. 

Le troisime et dernier paragraphe, trs tendu, est consacr la com- 
paraison de la fleur des rsdaces avec la fleur- type des dicotyldones et 
des considrations sur les androces intrieur et extrieur. 

Note sur l'exactitude des documents statistiques du ministre de l'intrieur; 

par M. Demonferrawd. 


En attendant que la comparaison entre les rsultats du recrutement, 
classe de 1 834 , et les calculs bass sur les feuilles dpartementales , fasse 
connatre le degr d'approximation de ces dernires , M. Deraonferrand 
soumet l'Acadmie quelques observations tendant prouver que les do- 
cuments statistiques du ministre de l'intrieur sont l'expression d'un tra- 



(35) 

vail sans cloute imparfait, mais srieusement excut en prsence des faits. 
Si les feuilles ne contenaient que des nombres mis au hasard, dit l'au- 
teur, on n'y dcouvrirait aucune loi commune, ou du moins elles ne s'ac- 
corderaient que sur des faits conformes des opinions gnralement ad- 
mises. Or il rsulte de la comparaison des dpartements entre eux, qu'ils 
s'accordent donner plusieurs lois, peu connues, ou mme contraires 
des prjugs trs accrdits; ainsi : 

i. Les dcs masculins sont plus nombreux que les dcs fminins dans 
la premire anne : tous les dpartements sans exception. 

2*. Les dcs masculins prsentent un maximum de ao 25 ans. Le d- 
partement des Basses-Pyrnes fait seul exception. 

3*. Les dcs masculins ont un minimum entre 3o et4o ans. La Lozre, 
les Landes et les Basses-Pyrnes contredisent cette loi. 

4- L'ge de 45 55 ans n'est pas critique pour les femmes. Exceptions, 
Allier, Corse , Basses-Pyrnes. 

5. La longvit chez les femmes est plus grande que chez les hommes. 
Except dans les quatre dpartemens suivans : 
Corse , Pyrnes-Orientales , Var , Vienne. 

Le tableau et la note que j'ai l'honneur d'adresser l'Acadmie, renfer- 
ment les preuves de ce que j'avance , et l'apprciation dtaille des docu- 
ments qui ont paru suspects au premier aperu. 

On voit que les dpartements exceptionnels sont en gnral ceux que 
j'avais signals comme suspects dans mes prcdentes communications. Je 
crois pouvoir maintenant les classer avec une grande probabilit comme il 
suit. 

i . Les Basses-Pyrnes, dont les documents contredisent toutes les lois 
donnes par les autres, et prsentent des erreurs videntes sur l'tat civil 
des dcds de io i5 ans, et plus de dcs de 9 10 que de 10 i5 , 
n'ont jamais envoy de feuilles sur lesquelles on puisse compter. 

2. Il en est de mme des Landes , mais un degr moindre , ce qui 
donnerait lieu d'esprer que quelques annes de ce dpartement ont t 
bien faites: je chercherai les distinguer des autres, et j'espre y parvenir. 
3. Il en est encore de mme de la Corse, moins qu'on ne suppose 
que les lois de la mortalit y sont autres que sur la terre -ferme ; dans tous 
les cas on ne peut pas utiliser les documents de cette le dans un travail 
sur la population de la France. 

4 - Les erreurs relatives au dpartement de la Nivre ne paraissent se 
rapporter qu' la dsignation de l'tat civil, et la distribution par ge au- 

C.R. 1 836. I er Semestre. 6 



(36) 

dessous de ao ans; on peut esprer des rsultats satisfaisants en prenant le 
nombre total des dcs au-dessous de 20 ans, et le partageant parages et 
par sexes , proportionnellement aux dpartements de la mme srie. 

5. Les dpartements des Pyrnes- Orientales, du Yar, de la Vienne, 
de l'Allier, sans renfermer d'erreurs graves et videntes, laissent aperce- 
voir une ngligence habituelle dans leur rdaction. 

6. Le dpartement de l'Ain contient une erreur notoire dans les dcs 
fminins de 4o 5oans, de 1821 1828. 

7 . Le dpartement du Finistre a fourni une feuille fictive en 1 82 1 ; le 
nombre des dcs y est presque double des annes ordinaires , et distribu 
par ges d'une manire invraisemblable. 

8. Les autres dpartements qui ont fourni des documents suspects, ne 
contiennent que des erreurs peu importantes, et dont l'influence est forte- 
ment attnue par le grand nombre des observations. 

Description d'une machine plombeuse , ou timbre sec; par M. Legey. 
(Commissaires, MM. Navier, Sguier.) 

chirurgie. Sur les hernies (5* et 6' mmoire); par M. Thomson. 
(Commissaires, MM. Double, Roux, Breschet.) 

mcanique. Ponts en tle; par M. Rnaux. 

( Commissaires , MM. de Prony, Girard et Navier.) 

Ces ponts , dit l'auteur, sont de deux genres. Dans l'un , les fermes sont 
composes de lames de tles assembles en faisceaux , poses de champ, et 
dont les joints sont diviss de manire former les arceaux de la plus 
grande dimension , et solidement retenues par des bracelets ou bagues de 
fer. Dans l'autre elles sont formes d'une suite de cylindres en tle , rouls 
mcaniquement, sans cloure, et concentriques les uns aux autres. Ces cy. 
lindres sont galement maintenus par des colliers en fer , pour prvenir le 
billement des joints longitudinaux, et disposs sur deux, trois ou quatre 
rangs concentriques les uns aux autres , et dont les points de jonction sont 
placs de manire ne pas correspondre ceux qui leur sont infrieurs ou 
suprieurs. Des rondelles plates de fonte sont places sur tous les points 
de contact pour empcher que les cylindres se pntrent les uns les au- 
tres. Les fermes en tle , comme dans le systme des ponts en fer, reposent 



(3 7 ) 

sur des patins en fonte , et sont maintenues entre elles par des entretoises, 
des croisillons, des moises, etc. La tle qui entre dans la construction des 
nouveaux ponts est de la nature des tles, lamines et puddles, dontle prix 
est peu prs gal celui du fer en barre , et [celui de la fonte moule. 
Ces ponts, ajoute l'auteur, pourraient tre employs avec avantage dans la 
construction des chemins de fer. 

RAPPORTS. 

Rapport sur un mmoire prsent le 16 novembre i835 , par M. Jappeili, 
ingnieur vnitien, contenant la description d'une nouvelle machine 
destine lever les eaux. 

(Commissaires, MM. le baron de Prony, Girard et Navier rapporteur.) 

M. Jappelli ayant remarqu que la plupart des machines hydrauliques 
prsentaient l'inconvnient de porter l'eau un niveau plus lev que 
celui du rservoir suprieur ou missaire, circonstance qui diminuait nota- 
blement l'effet utile de ces machines , dans le cas surtout o la hauteur 
laquelle on voulait lever l'eau tait peu considrable , a cherch 
composer un nouvel appareil qui ft exempt de ce dfaut. Les circons- 
tances dans lesquelles se trouvait l'auteur, donnaient un intrt spcial 
cette recherche, parce qu'il s'agissait d'assainir des marais d'une grande 
tendue; opration qui pouvait tre effectue en levant les eaux une 
hauteur variable, mais qui se rduisait souvent un petit nombre de 
dcimtres. 

Jja machine de M. Jappelli , dont il est difficile de donner complte- 
ment l'ide sans l'aide d'une figure (1), se compose principalement d'une 
cuve verticale mobile , cylindrique ou prismatique, dont le fond infrieur 
est horizontal, et qui demeure ouverte par le haut. Cette cuve forme 
un flotteur qui peut tre alternativement abaiss et lev verticalement, 
dans une capacit galement cylindrique , et dont les dimensions horizon- 
tales surpassent trs peu celle du flotteur, en sorte qu'il ne reste qu'un 
fort petit intervalle entre la paroi extrieure et latrale du flotteur, et 
la paroi intrieure de cette capacit, qui est remplie d'eau. Le mouve- 

XO Voyez l'esquisse place la suite du rapport. 

6.. 



(38 ) 

ment vertical alternatif du flotteur dans la capacit pleine d'eau o il est 
plac, est opr par l'action du moteur. 

Nous ajouterons que l'intrieur du flotteur est maintenu constamment 
en communication avec l'missaire ou rservoir suprieur dans lequel il 
s'agit d'lever l'eau, au moyen d'un tuyau coud prenant naissance dans 
ce rservoir, et se terminant par une branche verticale qui traverse le 
fond du flotteur dans une ouverture garnie d'une bote grasse; d'o il 
rsulte que le flotteur, dans toutes les positions qu'il prend successive- 
ment lors de son mouvement alternatif d'ascension et d'abaissement, con- 
tient de l'eau dont la surface est toujours au niveau du rservoir 
suprieur. La bote grasse empche cette eau de se mler avec celle qui 
est contenue dans la capacit o le flotteur se meut. 

Enfin, nous remarquerons que cette capacit peut communiquer d'un 
ct avec le rservoir infrieur, o l'eau qu'il s'agit d'lever est puise, et 
de l'autre ct avec le rservoir suprieur ou missaire, au moyen de 
deux ouvertures garnies de soupapes ou clapets. Le premier clapet, qui 
tablit la communication avec le rservoir infrieur, s'ouvre en dedans, 
du ct de la capacit, et au contraire, le second clapet, qui tablit la 
communication avec le rservoir suprieur, s'ouvre en dehors, du ct de 
ce rservoir. 

D'aprs ces dispositions , admettons que le flotteur soit au bas de sa 
course. L'eau est alors dans la capacit au niveau du rservoir infrieur; 
le premier clapet est galement press sur ses deux faces, et le second 
clapet est tenu ferm par la pression plus grande de l'eau du rservoir 
suprieur. Le flotteur est rempli d'eau au niveau de ce rservoir sup- 
rieur, avec lequel il communique constamment. Si maintenant on soulve 
le flotteur, le premier clapet s'ouvrira, le second demeurant ferm, et le 
rservoir infrieur enverra dans la capacit l'eau ncessaire pour remplir 
l'espace que le soulvement du flotteur laisserait vide. D'ailleurs , comme 
l'eau contenue dans le flotteur retourne dans le rservoir suprieur 
mesure que ce soulvement s'opre , au moyen du tuyau vertical qui 
traverse le fond de ce flotteur, cette premire opration, abstraction faite 
du poids du flotteur, exige trs peu d'effort. 

Le flotteur tant parvenu au haut de sa course, le niveau de l'eau 
dans la capacit est encore le mme que dans le rservoir infrieur; le 
premier clapet est galement press sur ses deux faces , et le second 
clapet est maintenu ferm. Le flotteur est vide, ou ne contient plus qu'un 
peu d'eau , qui est toujours au niveau du rservoir suprieur. Si main- 



(3g) 

tenant on abaisse le flotteur, ce mouvement obligera l'eau contenue clans 
la capacit s'lever dans le petit intervalle qui existe entre la paroi in- 
trieure de cette capacit et la paroi extrieure du flotteur. Par suite de 
la pression plus grande qui s'tablit ainsi dans la capacit , d'une part le 
premier clapet sera maintenu ferm , en sorte que l'eau de cette capacit 
ne pourra retourner dans le rservoir infrieur, et d'autre part , le second 
clapet s'ouvrira, en sorte que l'eau que le flotteur dplace par son abais- 
sement, passera dans le rservoir suprieur. Comme, mesure que le 
flotteur s'abaisse , il se remplit par de l'eau qui est fournie par le rser- 
voir suprieur, l'abaissement de ce flotteur exige galement peu d'effort. 

On peut remarquer sur cet appareil qu'il n'y existe d'autres pices 
mobiles que le flotteur, qui en est la partie principale, et les deux Cla- 
pets. De plus, ces deux clapets s'ouvrent et se ferment d'eux-mmes, 
quand cela est ncessaire, par l'effet seul de l'ascension et de l'abaissement 
alternatifs du flotteur, que l'action du moteur doit oprer. Enfin , l'ap- 
pareil satisfait rigoureusement la condition que l'eau ne soit pas leve 
au-dessus du niveau du rservoir ou missaire suprieur. 

On pourrait croire, au premier coup d'il, que l'appareil dont il 
s'agit prsente quelque analogie avec ceux qui ont t proposs par M. de 
Thiville, sous le nom de flotteur siphon, et qui sont dcrits dans les 
traits de mcanique. Mais les deux machines ont un principe diffrent, 
et doivent tre distingues l'une de l'autre. En cherchant rapprocher 
l'appareil propos par M. Jappelli des machines connues, on reconnatra 
plutt qu'il prsente de l'analogie avec les pompes foulantes. On peut, 
en effet, comparer son flotteur au piston d'une telle pompe, auquel on 
aurait donn un trs grand diamtre, avec cette diffrence essentielle, 
que le frottement qui , dans la pompe , se produit la circonfrence du 
piston , se produit ici sur la circonfrence du tuyau vertical qui traverse 
le fond horizontal du flotteur, c'est--dire sur une surface bien moins 
grande. Par consquent, la rsistance rsultant de ce frottement, consom- 
mera ici une portion beaucoup moins grande de l'action transmise par le 
moteur. 

Si l'on veut d'ailleurs , comme M. Jappelli l'a fait dans son mmoire 
d'une manire fort exacte , chercher apprcier le rapport qui doit s'- 
tablir dans ce nouvel appareil entre l'action du moteur et l'effet utile 
rsultant de cette action , on reconnatra, en premier lieu, que la con- 
sidration du poids propre du flotteur peut tre entirement nglige , 
puisque ce poids monte et descend alternativement; et de plus que , soit 



(4o) 

dans l'ascension , soit dans la descente du flotteur, le moteur n'a aucun 
effort surmonter, en outre de celui qui opre l'ascension de l'eau leve 
dans le rservoir suprieur, si ce n'est ceux qui rsultent des charges ou 
diffrences de niveau, qui doivent s'tablir de part et d'autre des orifices 
traverss par l'eau, afin de procurer cette eau la vitesse ncessaire: 
d'o l'on conclut que le rapport de l'effet utile l'action dpense, tend 
devenir gal l'unit, mesure qu'en augmentant les dimensions des 
orifices , ou en diminuant la vitesse du mouvement du flotteur, on di- 
minue la vitesse du mouvement de l'eau au passage des orifices. Au reste, 
la proposition que l'on vient d'noncer, n'est rigoureusement exacte 
qu'en ngligeant la considration de l'paisseur de la paroi latrale du 
flotteur; paisseur qui peut tre effectivement fort petite, surtout si cette 
paroi est forme avec des feuilles de mtal. Il est vident, d'ailleurs, que 
l'on doit tenir compte du frottement qui s'tablit dans la bote grasse 
du fond du flotteur, traverse par le tuyau vertical fixe. 

Quelle que soit la machine que l'on emploie, il sera toujours nces- 
saire d'imprimer l'eau leve la vitesse avec laquelle elle franchira les 
orifices. Il parat donc, en considrant l'appareil dont il s'agit sous le point 
de vue thorique, qu'il n'existe ici aucune cause de perte de force inh- 
rente cet appareil, si ce n'est l'action qui est employe pour imprimer 
le mouvement ncessaire l'eau qui doit passer, alternativement, par le 
tuyau vertical fixe , du rservoir suprieur dans le flotteur, et du flotteur 
dans le rservoir suprieur. Cette perte de force parat devoir tre fort peu 
sensible. 

D'aprs ces observations, nous pensons que la nouvelle machine 
propose par M. Jappelli , et qui a dj t essaye en grand avec succs , 
mrite l'intrt et l'approbation de l'Acadmie, et que son mmoire doit 
tre imprim dans le Recueil des Savants trangers. 



(40 














D 



G 



A , flotteur mobile forme' d'une cuve ou- 
verte par le haut , vu dans son mouve- 
ment d'ascension. 

B, capacit remplie d'eau dans laquelle 
se meut le flotteur. 

G, re'servoir infrieur. 

D, rservoir suprieur, ou missaire. 

E, tuyau vertical fixe, tablissant une 
communication permanente entre l'in- 



trieur du flotteur et le rservoir sup- 
rieur. 
F, G, clapets faisant communiquer alter- 
nativement la capacit B avec le rservoir 
infrieur et le rservoir suprieur. Pen- 
dant l'ascension du flotteur, le clapet F 
est ouvert et le clapet G ferme. Pendant 
la descente du flotteur, le clapet F est 
ferm et le clapet G est ouvert. 



Rapport sur les expriences faites par M. Hamont, ingnieur civil, avec des 
modles de locomoteurs vapeur, l'chelle du sixime, en prsence de 
MM. le baron Ch. Dupin, Navier, Poncelet et Sguie*, commissaires; 

M. Sguier, rapporteur. 



Dj nous avons eu l'honneur d'appeler votre attention sur un compte 
rendu d'expriences de locomoteur vapeur, adress l'Acadmie par 
M. Brard, votre correspondant de l'Hrault. 

M. Hamont, ingnieur civil, inventeur de ce locomoteur, a dsir que 
vous pussiez juger par vous-mme des divers perfectionnements qu'il a 
apports ce genre de machines. 

C'est aujourd'hui du rsultat des expriences rptes sous les yeux de 
vos commissaires, que nous venons brivement vous entretenir. 



(42 ) 

> Nous ne nous proposons pas de retracer la description dtaille des 
machines de M. Hamont : nous en avons fait le sujet d'un prcdent rap- 
port; nous nous bornerons vous rappeler les points principaux vers les- 
quels cet ingnieur a dirig ses mditations, et nous vous ferons connatre 
comment il a rsolu les divers problmes qu'un locomoteur vapeur pr- 
sente dans sa construction. 

Selon M. Hamont , les difficults pratiques de construction les plus 
grandes sont les suivantes : 

i*. Imprimer aux roues des vitesses variables; 

a". Mnager, dans la disposition gnrale de l'appareil, un avant-train 
mobile, pour rectifier la direction; 

3. Faire reposer tout le mcanisme sur un systme de suspension ap- 
propri aux ingalits de surface de la route; 

4> Pouvoir faire varier la puissance motrice suivant les pentes et les 
rsistances que prsente le sol; 

5*. Enfin, produire la vapeur avec des appareils lgers, grandes sur- 
faces de chauffe, l'abri des accidents que les ingalits du terrain pro- 
voquent par le roulis de l'eau , tel que le renversement de la voiture par le 
dplacement subit du centre de gravit, ou mme l'explosion par l'aug- 
mentation de temprature qu'ont pu acqurir les parois exposes sans eau 
l'action du feu. 

Pour surmonter la premire des difficults que nous venons de signa- 
ler, c'est--dire pour permettre aux roues de prendre, suivant le besoin , 
des vitesses variables, M. Hamont a compos son moteur de deux machines 
vapeur distinctes, agissant chacune sur' une des roues. Il suffit de distri- 
buer ingalement la vapeur dans les machines , pour que l'une s'acclre 
et l'autre se ralentisse; cette disposition simple permet la voiture d'op- 
rer toute espce de conversions , mme en suivant des courbes d'un rayon 
trs court. Les pistons moteurs se comportent, dans les changements de 
direction, comme les chevaux d'une voiture ordinaire; celui qui dcrit la 
courbe extrieure hte ses mouvements; celui qui dcrit la courbe la plus 
rapproche du point de centre ralentit son action. Par cet arrangement, 
le locomoteur de M. Hamont pourrait pivoter sur lui-mme; il suffirait 
pour cela que les machines fonctionnassent en sens inverse. Nous vous 
ferons mieux apprcier les avantages du procd de M. Hamont , en vous 
rappelant les moyens employs avant lui. Dans les diverses voitures va- 
peur qui ont march jusqu' prsent, l'impulsion n'a encore jamais t 
donne que par une seule roue, alors mme que la voiture chemine en 



(43) 
ligne droite; avoir nonc ce fait, c'est, Messieurs, vous avoir dmontr 
tout ce que prsente de vicieux un tel mode d'impulsion. Vous remarquez 
que par cette mthode, la force motrice est applique seulement un des 
angles du paralllogramme form par les quatre roues, et encore cet 
angle est-il celui de derrire. 

Cette mauvaise disposition prsente, en outre, le grave inconvnient 
de rduire la force impulsive l'adhrence d'une seule roue sur le sol. 

Deuxime difficult , rsultant de F avant-train. 

M. Hamont assure ses locomoteurs une direction facile, en ne les 
faisant porter que jsur trois roues. Les deux roues places sur la mme 
ligne, et mues chacune par leur machine vapeur spciale, supportent la 
charge comme dans une charrette ordinaire deux roues. La troisime 
roue fait fonction de cheval de brancard; elle maintient l'quilibre et di- 
rige en mme temps la voiture. 

Les robinets d'admission de vapeur aux cylindres sont en relation avec 
cette roue unique; le degr d'ouverture des angles qu'elle forme avec les 
deux autres roues , dtermine la rpartition de la force motrice sans qu'il 
soit ncessaire d'y apporter une surveillance particulire. Les deux petites 
bielles au moyen desquelles la roue gouvernail ouvre et ferme les robi- 
nets d'admission , peuvent tre compares aux rnes d'un cocher, tendues 
ou distendues suivant que l'un ou l'autre des chevaux doit ralentir ou 
acclrer son allure. 

Troisime difficult ; des appareils de suspension. 

On concevra combien cette condition est difficile bien remplir pour 
une voiture vapeur, si l'on rflchit qu'il faut intercaler les appareils de 
suspension entre la force dveloppe et la force applique , sans que 
l'lasticit des ressorts s'oppose la transmission aux roues de la totalit de 
la puissance motrice. Les constructeurs qui ont prcd M. Hamont, pour 
communiquer l'impulsion du moteur suspendu aux roues qui ne peuvent 
l'tre, se sont servi de chanes sans fin dont la longueur permet des oscil- 
lations entre les diverses parties. 

Cet ingnieur a cru qu'il serait infiniment plus simple de transmettre 
directement aux manivelles des essieux la force motrice par l'intermdiaire 
d'une bielle ordinaire, les oscillations pouvant, sans aucun inconvnient 
pratique, s'effectuer au point d'articulation de la bielle avec la tige du 
piston moteur. Les expriences, rptes devant vos commissaires avec 
des modles au sixime, ont dmontr la justesse de la prvision de 
M. Hamont. 

C R. 1836. i Semestre. 7 



(44) 

Quatrime difficult; variations dans la puissance. 

Deux moyens ont t mis en pratique par M. Hamont pour atteindre 
ce but important; il a dispos son mcanisme de faon pouvoir facilement 
et promptement convertir la vitesse en force; il a mnag dans son pro- 
ducteur des parois assez tendues et assez rsistantes pour fournir dans 
l'occasion, en activant le feu, une plus grande quantit de Vapeur sous 
une pression plus leve; mais comment construire une chaudire prsen- 
tant de tels avantages, surtout en cartant tout danger d'explosion? C'est 
le dernier point sur lequel M. Hamont appelle votre attention. I Jl 

Selon lui, aucune des constructions actuellement usites, soit sur les 
rivires, soit sur les chemins de fer eux-mmes, ne peut rsoudre ce dif- 
ficile et important problme. La solidit et la lgret ne peuvent, suivant 
cet ingnieur, se rencontrer la fois dans des appareils qui contiennent, 
sous un seul volume, l'eau et la vapeur; il ne croit la solution possible 
qu'au moyen de la subdivision des masses. Une foule de petits rcipients, 
tous solidaires pour l'effet, tous indpendants en cas d'explosion , peuvent 
seuls permettre d'atteindre le double but que nous venons d'indiquer. La 
quantit de vapeur forme pendant un. certain temps dpendant en partie 
de la facilit avec laquelle le calorique aura pu pntrer dans le liquide , 
des tuyaux d'un petit diamtre, d'une faible paisseur, n'interposant entre 
l'eau divise et le feu qu'une mince paroi, sont, suivant M. Hamont, les 
meilleurs lments pour construire un producteur de vapeur. 

Cet ingnieur abandonne l'esprit inventif des constructeurs le mode 
d'assemblage des tuyaux destins former un gnrateur de vapear; nan- 
moins, il a soumis l'examen de vos commissaires une solution tout--la- 
fois simple et bien approprie aux exigences spciales de ce genre de 
service. 

M. Hamont pense que des gnrateurs forms de tubes seront tou- 
jours employs avec succs par ceux qui n'abuseront point des avantages 
que de tels appareils prsentent pour la vaporisation , en exigeant une pro- 
duction de vapeur trop considrable d'une surface de chauffe trop exigu. 

Tel est le rsum des rflexions et observations crites de M. Hamont 
sur la construction des locomoteurs. L'inspection de ses modles fonction- 
nant la vapeur a dmontr vos commissaires que les penses mises par 
cet ingnieur taient susceptibles d'une ralisation pratique; nanmoins, 
en pareille matire , des expriences en grand continues pendant un 
temps suffisant peuvent seules constater le succs et dmontrer l'utilit 
future d'une semblable invention. 



(45) 

Dans ces circonstances, vos commissaires doivent se borner vous 
proposer d'insrer dans la collection des Savants trangers le mmoire que 
M. Hamont a dpos pour servir la description et la dmonstration des 
perfectionnements par lui apports aux locomoteurs vapeur sur routes 
ordinaires. 

Rapport sur un nouvel instrument rflexion, de M. Rowlanu. 

(Commissaires, MM. Arago, Mathieu, Beautemps-Beaupr , Puissant et 
Louis de Freycinet rapporteur.) 

L'instrument prsent l'Acadmie par M. Rowland , artiste anglais , 
et que la commission nomme par elle vient de soumettre son examen , 
se compose de deux sectants runis et parallles, dont le second, qui est 
renvers , n'a qu'un rayon peu prs moiti du premier. Chacun d'eux a 
son alidade particulire, son grand et son petit miroir, qui tous se trou- 
vent placs dans l'espace qui spare les limbes, et se rectifient par les 
mmes moyens que les instruments rflexion ordinaires. Le sectant ren- 
vers a le zro de sa division en sens oppos de celui du grand sextant. 

Une lunette unique place entre les deux mmes plans sert la 
fois l'observation des angles qu'on mesure, soit avec l'une, soit avec 
l'autre des alidades. Le petit miroir du sextant suprieur est tam dans 
la partie de gauche, et l'autre dans celle de droite, de telle manire 
cependant qu'il reste entre les deux tamages un espace d'environ 4 m d- 
limtres, qui n'est pas tam, et par o l'on peut voir directement l'objet 
auquel on vise. Lorsqu'on veut observer des angles qui ont moins de 
20 d'amplitude, on peut, pour rendre l'instrument moins pesant, d- 
tacher le sextant superpos, en dfaisant les trois vis qui le lient au 
limbe principal, et l'observation des angles se fait alors comme de cou- 
tume; mais si l'angle mesurer dpasse ce nombre de degrs, la ru- 
nion des deux sextants est ncessaire. Voici, dans ce cas, la manire 
d'oprer : 

Les rectifications d'usage tant pralablement faites, et les alidades 
places Sur zro , on commence par viser directement l'un des ob- 
jets, et cet objet se voit, en mme temps aussi, par rflexions dans la 
partie tame du petit miroir du sextant renvers. Faisant maintenant 
mouvoir l'alidade de ce mme sextant, en s'astreignant ne pas per- 
dre de vue l'objet rflchi, on s'arrte la moiti, je suppose, du 

7- 



(46) 

nombre de degrs de l'angle total , et l'on fixe l'alidade sur ce point. 
On fait mouvoir ensuite l'alidade du sextant principal , de manire 
ramener l'image du second objet en contact avec celle du premier, et 
la somme des angles marqus par chacune des alidades, donne enfin 
l'angle dsir. Cet angle peut aller jusqu' 260 d'amplitude, valeur qui 
dpasse de beaucoup tous les besoins , mme dans le cas o l'obser- 
vateur, rapportant la hauteur de l'astre l'horizon de la mer, serait 
plac sur un point fort lev. 

Cet instrument, d'un mcanisme ais comprendre, remplit le but 
que l'auteur s'est propos. Il est d'ailleurs construit avec soin , et fait 
honneur l'habilet de l'artiste. , 

Aprs avoir rendu, M. Rowland la justice qui lui est due, nous 
ferons quelques remarques sur l'usage de son sextant. Il y a, avons- 
nous dit, entre les parties tames des deux petits miroirs une bande 
translucide, mnage pour faciliter la vision directe. Or, lorsque les 
objets qui arrivent par rflexion ne sont pas des corps lumineux, l'clat 
de la lumire directe empche de distinguer l'image beaucoup plus faible 
qui vient se peindre dans la partie non tame du petit miroir antrieur. 
L'auteur remdie cet inconvnient en plaant un verre color d'une 
teinte lgre. entre l'objet direct et le petit miroir du grand sextant; la lu- 
mire directe tant alors attnue, laisse apercevoir l'image affaiblie qu'on 
ne pouvait distinguer d'abord l'il nu. Quand on se sert de la lunette 
la difficult dont on vient de parler n'a pas lieu; elle n'a pas lieu non plus 
lorsqu'on mesure la distance angulaire de deux astres. 

L'auteur convient que dans quelques circonstances une double image 
superflue du Soleil pourra se montrer dans le champ de la lunette; c'est le 
cas o l'image de l'astre, venant, se rflchir sur la surface externe du 
petit miroir antrieur, renvoie cette image sur la partie tame interne de 
l'autre petit miroir; mais il est toujours facile de faire disparatre celle de 
ces images qu'on ne doit pas observer, en faisant mouvoir de 1 degrs seu- 
lement, par exemple, l'alidade du sextant renvers : on tient compte en- 
suite de cette diffrence dans l'apprciation de l'angle total. 

Deux autres faibles inconvnients se devinent d'avance, ce sont l'aug- 
mentation du poids de l'instrument et son prix ncessairement plus lev que 
celuidessextan ts ordinaires. Quant cette dernire circonstance, ellen'a point 
une vritable gravit, puisque la question principale est ici d'obtenir la 
mesure d'un angle dont on ne pourrait pas connatre la valeur sans cela; 
et relativement l'excdant de poids , il n'est pas tel cependant qu'on ne 



c m ) 

puisse bien le supporter. En total , l'instrument pse peine a kilogrammes, 
ce qui n'est pas exorbitant, et ne fatiguera d'ailleurs l'observateur que 
dans la mesure des grands angles, puisqu'on pourra toujours avec facilit 
ddoubler l'instrument lorsqu'on le jugera propos. 

Nous bornerions ici ce rapport si le problme de la mesure des grands 
angles avec les instruments rflexion n'avait fait depuis plusieurs annes, 
notre Dpt des cartes et plans de la marine, l'objet des recherches de 
deux habiles ingnieurs-hydrographes. 

L'invention de M. Fayolle date de 1817, et consiste dans l'addition au 
cercle de rflexion de Borda d'un second grand miroir plac au-dessus du 
grand miroir ordinaire, et pouvant prendre, l'aide d'une alidade parti- 
culire, un mouvement propre entirement indpendant du premier. Un 
petit miroir unique, tam en haut et en bas, laisse entre les deux ta- 
mures une bande claire analogue celle dont on a parl prcdemment 
et donnant lieu au mme inconvnient : la partie tarne suprieure sert 
pour le grand miroir suprieur, et la partie infrieure pour le grand mi- 
roir infrieur. 

Avec le cercle ainsi dispos on peut prendre presque instantanment 
deux angles successifs ou un angle unique entre deux objets, ayant beau- 
coup au-del de ce que mesurent les cercles ordinaires. La manuvre en 
est facile concevoir et se rapproche de celle expose plus haut; mais l'an- 
gle total n'est rigoureusement exact que lorsqu'on se sert de la lunette en 
raison des deux plans dans lesquels on observe. 

Les avantages de ce mcanisme sont minemment de ne pas augmenter 
d'une manire sensible le poids du cercle rflexion , et de rendre de plus 
l'observation des objets mdiocrement clairs un peu plus facile qu'avec 
l'instrument de M. Rowland, puisque les rayons lumineux, vus directement 
au lieu de traverser l'paisseur de deux petits miroirs, n'en ont ici qu'un 
seul pntrer; ce dernier avantage mrite surtout d'tre remarqu. Dans 
l'instrument anglais les rayons directs traversant l'paisseur de deux petits 
miroirs, la dviation qui peut rsulter d'un dfaut de paralllisme entre les 
faces des verres pourrait donner lieu une erreur plus grande que celle 
que donnerait pour la mme cause le cercle de M. Fayolle. 

M. Daussy, quelques annes plus tard, a imagin un appareil moins 
compliqu encore pour mesurer les grands angles avec le cercle de r- 
flexion. Son ide se rduit l'addition d'un troisime miroir tam en to- 
talit, et qui, plac sur la ligne qui joint le centre du grand miroir avec 
celui du petit, forme avec ce dernier un angle invariable. Pour ne pas in- 



(48 ) 

tercepter les rayons lumineux qui se transmettent du grand miroir au 
petit , la hauteur du miroir subsidiaire n'a que la moiti de celle de la par- 
tie tame du petit miroir ; et celui-ci encore sert la fois pour le grand 
miroir et pour le miroir subsidiaire, lequel, avant le croisement de l'angle , 
prsente sa face aux objets de gauche. 

Il rsulte de cette construction que l'angle entre un objet doublement 
rflchi dans le miroir subsidiaire et le petit miroir, et celui qu'indique 
l'alidade, donnent un angle total plus grand que celui qu'on peut obtenir 
avec le cercle ordinaire et plus grand prcisment du double de l'angle que 
forment entre eux le petit miroir et le miroir subsidiaire, valeur qui se 
dtermine aisment par exprience. 

Nous devons dire en faveur de M. Rowland que les deux additions au 
cercle de rflexion, dont nous venons de rendre compte, ne pouvaient lui 
tre connues , puisqu'elles n'ont encore t publies dans aucun ouvrage. 

Au reste, l'ide mre de tout ceci se trouve dans nos anciens octants , 
o l'on avait l'habitude d'annexer un petit miroir particulier pour pren- 
dre la hauteur des astres par derrire. Cette manire d'observer n'tait 
pas facile, ce qui, joint l'incertitude de la rectification de ce miroir, en 
a fait depuis long-temps abandonner l'usage. 

En rsum, nous proposons l'Acadmie de donner son approbation 
l'instrument qui lui a t communiqu par M. Rowland, et qui donne 
une solution d'un problme intressant d'astronomie nautique. 



entqmologie. Ide gnrale de l'ouvrage adress l Acadmie pour con- 
courir au prix de physiologie fond par M. de Montyon, ayant pour ti- 
tre : Recherches anatomiques et physiologiques sur les orthoptres ,*les 
hymnoptres et les nvroptres, avec un atlas compos de 270 dessins 
d'anatomie sur 25 planches in-folio, par M. Lon Dufour , correspondant 
de l'Acadmie. (Extrait du rapport de M. Dumril.) (Voy. Compte 
rendu, i835, p. 554) 

Cet ouvrage fait suite aux mmoires que M. Dufour a dj publis sur 
les coloptres , et principalement au grand travail que l'Acadmie a dj 
couronn , et a fait insrer dans les Mmoire des Savants trangers, et 
qui avait les hmiptres pour sujet. 

Des considrations gnrales sur l'anatomie et sur la physiologie de 
chacun des trois ordres indiqus, en prcdent l'examen particulier. C'est 
ainsi qu'en commenant l'histoire anatomique des orthoptres, l'auteur d- 



(49) 
Hte ces insectes comme ceux qui sont le mieux organiss pour broyer ou 
mcher des aliments solides. Il dcrit leur conformation gnrale, leurs m- 
tamorphoses, leurs murs, et il est appel les distinguer des herbivores et 
des carnivores. C'est d'aprs ces considrations que les insectes de cet ordre 
sont partags en familles naturelles. 

Dans chacune de ces familles , plusieurs espces des genres principaux 
sont successivement tudies dans les organes essentiels,tels que ceux de la 
respiration , des sensations , du cordon dorsal, du tissu cellulaire splaneh- 
nique, de l'appareil digestif, et enfin de la gnration. 

Ainsi, en tudiant les organes respiratoires, l'auteur distingue les tra- 
ches en tubulaires, ou parois lastiques, et en vsiculaires ou flasques 
et membraneuses. Les premires traches existent uniquement chez les es- 
pces terrestres ou pdestres, et les deux sortes de traches se trouvent 
runies chez ceux qui sont volatiles ou ariens. En dcrivant ces traches, 
l'auteur fait la remarque intressante qu'elles sont toujours symtriques ; 
que les premires reoivent l'air , l'appellent , le distribuent , et que les au- 
tres le recueillent comme le feraient des veines, et que l'air, puis de ses 
principes vivifiants, se trouve rejet au dehors par l'intermdiaire de ces 
derniers canaux. C'est aprs ces considrationsgne'ralesquel'auteurtudie 
les traches dans chacune des familles , en suivant le mme ordre d'exa- 
men. 

Vient ensuite l'tude des organes sensitifs , du systme nerveux gan- 
glionnaire, compars dans chacune de leurs parties, et surtout pour les nerfs 
qui se rendent dans les organes des sens. 

a II en est de mme du cordon dorsal , du tissu cellulaire adipeux splan- 
chnique, qui devient le dpt d'une sorte de crme ou dgraisse, toujours 
en rapport avec le dveloppement des organes gnrateurs. Ainsi en se li- 
vrant aux recherches sur l'appareil digestif, il fait remarquer que c'est 
principalement parmi les orthoptres , que les organes sont le mieux ou le 
plus dvelopps. C'est ce qu'il prouve en tudiant successivement les ca- 
naux salivaires, l'sophage, le gsier, dont l'intrieur est arm de dents ad- 
mirablement disposes pour produire une sorte de rumination. Enfin c'est 
avec le mme soin que les organes mles et femelles sont tudis, tant dans 
leurs parties extrieures qui servent la copulation, que pour les organes 
destins aux scrtions de la semence et des ufs , avec tous les annexes de 
l'un et de l'autre sexe. 

Nous ne poursuivrons pas davantage cette analyse; il faudrait repro- 
duire un trop grand nombre d'observations nouvelles. Nous devons dire 



( 5o) 

cependant que les deux autres parties de ce grand mmoire sont consacres 
l'tude aussi soigne des insectes, rapports aux deux ordres des hym- 
noptres et des nvroptres. 

LECTURES. 

M. ampre lit la Note suivante, et exprime le dsir qu'elle soit textuel- 
lement insre dans le Compte Rendu de cette sance. 

La rclamation de M. Ampre , dont il a t question dans le numro 1 1 
des Comptes Rendus de l'Acadmie , n'tait relative qu' ce qu'un journal 
quotidien, en rendant compte des dcouvertes de M. Melloni-, prsen- 
tait ces dcouvertes comme contraires la distinction que M. Ampre a 
tablie entre les, vibrations molculaires et les vibrations atomiques, 
pour expliquer la diffrence qui existe entre la propagation successive 
de la chaleur dans les corps, et celle du son et de la lumire. 

Depuis que M. Ampre a lu le texte mme du mmoire de M. Melloni, 
insr dans ce mme numro , il a reconnu que sa rclamation tait sans 
objet, puisqu'il ne s'y trouve rien qui combatte cette distinction, ni 
mme qui y soit relatif. 

godsie. Nouvelles remarques sur la comparaison des mesures god- 
siques et astronomiques de France ; par M. Puissant. 

Dans un mmoire que j'ai lu l'Acadmie des Sciences le i 5 juil- 
let i833, je me suis propos de dduire de la comparaison des mesures 
godsiques et astronomiques qui servent de fondement la nouvelle 
carte topographique du royaume , quelques consquences sur la figure 
de la terre. J'ai, dans ce but, fait usage de formules diffrentielles qui 
font connatre quelle est la correction appliquer l'aplatissement em- 
ploy dans le calcul des latitudes, des longitudes et des azimuths, pour 
rendre ces lments godsiques parfaitement d'accord avec les dter- 
minations clestes correspondantes. Ces formules m'ayant facilit le moyen 
de combiner successivement la position de l'Observatoire royal avec cha- 
cune des stations astronomiques auxquelles elle est lie par diffrentes 
chanes de triangles , j'ai reconnu qu'aucun ellipsode de rvolution ne 
pouvait satisfaire exactement l'ensemble de ces stations, ou, en d'autres 
termes , que la figure de la terre est trs irrgulire en France. 



(5i ) 

La prsente note, extraite d'un chapitre du second volume de la 
Nouvelle Description gomtrique du royaume, dont je prpare la rdac- 
tion , a pour objet de mettre ce fait en vidence , par la comparaison 
des degrs de deux mridiens, dont les longueurs rsultent des opra- 
tions trigonomtriques de nos ingnieurs-gographes. 

D'abord le rseau de triangles, qui s'tend le long de la mridienne 
de Dijon , offre quatre stations dont les latitudes ont t observes avec 
la plus grande prcision : ce sont celles de Longeville, prs de Bar-le-Duc, 
de Brri, de Montceau et de Marseille. La rectification des arcs de m- 
ridien compris entre les parallles de ces stations, a t effectue de 
plusieurs manires , et notamment l'aide de cette srie convergente 
dveloppe suivant les puissances de l'amplitude godsique <p, ou de la 
diffrence des parallles estime en degrs , savoir : 



A = m<p + <p' -f- q<p 3 .... 
dans laquelle 

log m = 5,0460677 , logrt = 0,9710463, log q os 8,16797; 

en supposant l'aplatissement de la terre de o.oo324, l'origine de <p la 
latitude du Panthon , et son autre extrmit successivement sur le pa- 
rallle des stations sud. 

Tous calculs faits , et en ayant gard la discordance des bases me- 
sures, j'ai obtenu les rsultats suivants: 



NOMS 

1 DES STATIONS. 


LATITUDES 

observes. 


ARCS 
mesurs. 


LONGUEURS 

des degrs. 


LATITUDES 

moyennes. 


DIMINUTION 

par degr. 




48 44' 6" )9 2 
46.47.35,84 

45.35.33,00 
43.17 48,52 


m. 

2i6o33,4 
i334a5,8 
254846,2 


m. 
111244,6 

1 mi5,3 
111010,8 








4745'5i",38 
46.11.34.42 82 >9 
44.26.40,76 6o >4 










6o43o5,4 


'1117,4 


46. 05.7,72 



Bien que les longueurs des degrs ci-dessus dcroissent du nord au 
sud, et dclent un trs fort aplatissement, cependant elles ne sont 
nullement en rapport avec l'hypothse- d'un ellipsode rgulier et de r- 

C. R. i836. i w Semestre. 8 



(52) 

voiution, puisque le dcaissement qui devrait tre d' peu prs i8 m par 
degr, notre latitude, est d'abord de 8<* m ,g, et ensuite de 6o m ,4 Sur la 
mridienne de Dunkerque, et la latitude moyenne de 47 3o' 46", De- 
lambre , supposant ses bases trs concordantes , a au contraire trouv 
la longueur du degr de iua3o m ,i avec une diminution de 63 m , 1 par 
degr, et la latitude de 44 4i' 48* une diminution de i8 ra ,2, tandis que 
la longueur du degr y est de 1 1 io5i m ,8. 

Les observations godsiques et astronomiques relatives la mri- 
dienne d'Angers, offrent galement le moyen d'assigner la longueur d'un 
grand arc compos de trois parties places peu prs symtriquement 
celles du mridien de Dijon ; en voici les rsultats : 



NOMS 

DES STATIONS. 


LATITUDES 

observes. 


ARCS 
mesures. 


LONGUEURS 

des degrs. 


LATITUDES 

moyennes. 


CHANGEMENT 

par degr. 




St. -Martin de Chaulieu. . 
Angers (Tour St.-Martin). 


48 44' 9".8 7 
47.28. 6,79 
45.44.41,04 
43.42.43,09 


140889, 5 
19160a, 9 
226039,1 


m. 

1 iii 53 , 4 

1 1 1 1 5o , 1 
111182,7 


48 6' 8" ,33 
46.36.23,91 
44.43.41,57 


m. 

2,2 

+ '7> 5 




Tour de Borda 






55853 i,5 


1 11164,0 


46.13.25,98 







De ce ct de la mridienne de Paris, on remarque d'abord un trs 
faible aplatissement en allant du nord au sud, puis tout--coup un allon- 
gement des degrs; et c'est aussi ce que j'ai reconnu en cherchant, comme 
je l'ai dit plus haut , les dimensions des divers ellipsodes susceptibles de 
satisfaire aux observations clestes, et dans lesquels le logarithme d'un 
rayon quelconque correspondant la latitude A peut tre exprim par 
cette srie dont la loi des termes est manifeste , savoir : 



log r = log a -f- l M [(e* A 1 ) sin' X + { (e* <P) sur* A 
+ i( e /)sin ! X + ....]; 

lorsque, pour abrger, on fait * = e*(2 e*), et que a dsigne le 
rayon de l'quateur, e 1 le carr de l'excentricit , M le module des tables. 
Il est donc bien prouv que la surface de la France , dans la partie , 
du moins , explore godsiquement , se compose de deux nappes trs 
distinctes; l'une orientale, qui est celle d'un sphrode aplati, l'autre 



(53) 

occidentale , qui affecte vers le sud , la forme d'un sphrode allong ; 
et qu' la mme latitude les longueurs des degrs des mridiens sont 
trs ingales , par l'effet , sans doute , d'une cause perturbatrice qui agit 
diffremment sur le fil--plomb. 

J'ajouterai, en terminant cette note, que l'aplatissement de la terre, 
valu d'aprs les mesures de France et du Prou , est plus exacte- 
ment, et conformment la thorie des ingalits lunaires, de , lorsque 
la longueur de l'arc de mridien compris entre Dunkerque et Montjouy 
est corrige de la discordance des bases de Melun et de Perpignan, qui a 
t dvoile rcemment , par un meilleur choix de triangles , dans la par- 
tie de cet arc renferme entre le parallle de Fort-Sainte-Croix et celui 
de Bourges. 



' v 



chimie. Extrait d'un mmoire intitul : Mthodes mathmatiques et expri- 
mentales , pour discerner les mlanges et les combinaisons dfinies ou 
non dfinies, qui agissent sur la lumire polarise ; suivies d'applications 
aux combinaisons de l'acide tartrique avec Veau , l'alcool, et l'esprit-de- 
bois; par M. Biot. 

Dans l'tude des phnomnes naturels, rien n'est plus rare que de 
trouver une action physique, dont l'effet soit simple, mesurable, et propre 
aux groupes molculaires constituants des corps, indpendamment de leur 
tat d'agrgation actuel. Telle s'offre par exemple, la gravitation; mais 
seulement quand elle s'exerce entre des systmes matriels assez loigns 
les uns des autres pour que l'ingalit des forces manes des divers points 
de leur masse puisse tre considre comme insensible. Car alors la rsul- 
tante de ces forces lmentaires devient simplement proportionnelle aux 
masses totales des systmes , et rciproque aux carrs de leurs distances , 
en les considrant comme de simples points gomtriques, quel que soit 
d'ailleurs le mode d'agglomration, ainsi que la forme des particules qui les 
composent. A des distances moindres, l'ingalit des forces lmentaires 
devenant physiquement comparable leur intensit absolue , rend leur 
rsultante sensiblement dpendante du mode d'agrgation des particules, 
ce qui en complique dj l'expression et les effets. Enfin , des distances 
moindres encore, la forme mme des particules constituantes ne peut plus 
tre nglige ; et les difficults du calcul deviennent inexprimables. Quelle 
que soit la nature de l'attraction chimique, comme elle n'est sensible qu' de 
petites distances , la forme des groupes atomiques entre lesquels elle 

8.. 



( 54) 

s'exerce, doit trop souvent, si ce n'est toujours, avoir une influence ana- 
logue sur les rsultantes qu'elle produit; et l'on peut dj en voir les 
effets dans ces beaux phnomnes de capillarit queM.Savarta dcouverts, 
o l'eau, mise en mouvement prs des termes de temprature dans les- 
quels sa polarit molculaire est la plus sensible, se courbe en nappes 
subitement varies de volume et de forme, par le seul changement d'une 
fraction de degr du thermomtre centsimal. Que l'on imagine maintenant 
de semblables forces, s'exerant de plus prs entre des groupes molcu- 
laires de nature diverse, et les forant brusquement en un seul systme, 
avec des mutations soudaines d'tat relativement tous les agents impon- 
drables, on aura les combinaisons chimiques, c'est--dire des phnomnes 
prs desquels ceux de la prcession des quinoxes ne sont que des jeux 
d'enfants. Remonter de ces effets complexes aux lois simples des forces l- 
mentaires qui les produisent, semble tre un problme mille fois plus dif- 
ficile que celui que Newton a rsolu; et pourtant c'est le problme de la 
chimie. 

Au milieu de cette complication invitable, puisqu'elle est attache 
l'tendue mme des masses sensibles sur lesquelles nous oprons, on voit, 
dans beaucoup de cas, apparatre une proprit physique qui offre toute 
la simplicit de l'attraction de grandes distances. C'est le pouvoir qu'ont 
certains liquides de dvier les plans de polarisation des rayons lumineux 
proportionnellement leur paisseur. Car, en analysant cet effet, on trouve 
qu'il rsulte d'une action propre exerce individuellement par les groupes 
molculaires qui se rencontrent sur le trajet, et dans la sphre d'activit du 
rayon transmis; action gale pour tous les groupes si le liquide est homo- 
gne, et produisant aussi des dviations successives gales, parce que le 
plan de polarisation de chaque rayon simple se montre galement dviable 
aprs avoir t dvi. Alors la dviation angulaire finie et totale prouve 
par ce plan travers une paisseur mesurable du liquide actif, est la somme 
des dviations infiniment petites, successivement opres par les groupes 
molculaires que le rayon a rencontrs dans son trajet. En dgageant cette 
somme des particularits de rfrangibilit, de densit et de longueur, pour 
la ramener des lments toujours comparables, on en dduit une valeur 
angulaire proportionnelle la dviation infiniment petite que produirait 
un seul groupe molculaire constituant du liquide, agissant dans un tat 
physique constant sur un mme rayon. Cette valeur rduite est ce que 
j'ai appel le pouvoir rotatoire molculaire des corps, 

Un caractre spcial de ce pouvoir, caractre que sa dfinition exige , 



(55) 

et que l'exprience confirme, c'est de rester invariable sous toutes les 
influences qui modifient seulement les distances mutuelles des groupes 
molculaires, sans altrer intimement leur constitution. Ainsi les huiles 
essentielles qui le possdent, celles mme qui l'exercent en des sens con- 
traires, peuvent tre mles dans toutes proportions entre elles, ou avec 
d'autres qui ne le pqssdent pas, ou mme avec les huiles grasses qui en 
sont galement dpourvues, et la somme des pouvoirs propres des parti- 
cules actives donne toujours le pouvoir du mlange. Les sucres, les gommes, 
les camphres, dissous dans l'eau ou dans l'alcool; la fcule simplement dsa- 
grge par les acides faibles, et devenue ainsi soluble, ou seulement sus- 
pensible dans l'eau sous le nom de dextrine, portent de mme dans ces li- 
quides, leur pouvoir inaltr; tel qu'on l'observe dans les mmes corps 
soit solides mais non cristalliss, soit liqufis par la chaleur, quand de si 
grandes modifications peuvent y tre opres sans changer intimement la 
constitution propre de leurs particules. Mais lorsque les groupes molcu- 
laires actifs prouvent un changement de constitution ou de composition 
chimique, on voit gnralement leur pouvoir changer et acqurir des va- 
leurs trs diffrentes. Ainsi, lorsque la dextrine se saccharifie sous l'in- 
fluence des acides aide de la chaleur, son pouvoir s'affaiblit subitement 
sans changer de sens, tandis que dans les mmes circonstances celui de la 
gomme s'intervertit. Le pouvoir du sucre de cannes s'intervertit pareille- 
ment mais en sens contraire, par l'action des acides aide au besoin d'une 
lvation de temprature; et, en prsence de l'acide paratartrique, l'inver- 
sion a lieu, mme froid, instantanment. De sorte que, dans ces circons- 
tances, et dans une infinit d'autres, les modifications chimiques qui 
surviennent dans le systme, souvent sans y produire aucune variation ap- 
parente, sont immdiatement manifestes et rendues visibles par le chan- 
gement d'action sur la lumire polarise. 

Dans tous les corps actifs, le pouvoir rotatoire exerc sur les diffrents 
rayons simples est ingal. Dans tous, la seule exception jusqu'ici connue 
de l'acide tartrique, cette ingalit suit une mme loi, rendue vidente par 
l'identit des couleurs composes qui apparaissent, quand on analyse la 
lumire polarise blanche, transmise dans tous ces systmes travers des 
paisseurs inverses de leur pouvoir. L'exception prsente cet gard par 
l'acide tartrique est d'autant plus remarquable, que toutes ses combinai- 
sons avec les bases salifiables, mme avec l'acide borique, ont des pou- 
voirs rotatoires conformes la loi gnrale , du moins dans les limites de 
prcision que j'ai pu atteindre, en comparant la srie de leurs effets sur la 



(56) 

lumire blanche avec ceux que produisent tous les autres corps. Une par- 
ticularit aussi spciale dans le mode d'action propre devait faire cependant 
esprer des nuances sensibles dans les influences exerces, si l'on engageait 
l'acide dans des combinaisons assez faibles, pour qu'on pt graduer lente- 
ment, et par des variations apprciables, les modifications qu'il y prouve- 
rait. Aussi de telles nuances existent-elles, et d'une nature tendre les 
ides que l'on s'tait faites jusqu' prsent des combinaisons chimiques. 

Pour le faire voir , simplifions d'abord les phnomnes en oprant sur 
un rayon de rfrangibilit sensiblement fixe, par exemple rouge, tel qu'en 
transmettent les verres colors par le protoxide de cuivre. Admettons une 
temprature constante ; puis, formons une solution aqueuse d'acide tar- 
trique cristallis, exactement dose la balance, et aussi charge d'acide 
qu'il sera possible la temprature o nous oprons. Si l'acide est pur, 
elle sera limpide. Fractionnons-la en diverses parties que nous pserons , 
et que nous tendrons ensuite avec des poids connus d'eau distille. Nous 
aurons ainsi une srie de solutions, toutes composes exactement des 
mmes principes, en doses diffrentes. Mesurons leurs densits propres; 
et, les ayant successivement introduites dans des tubes de longueur con- 
nue, termins par des glaces minces, observons les dviations qu'elles im- 
priment notre rayon polaris. De l, l'aide des formules que j'ai don- 
nes il y a dj trois ans, dans le tome XII des Mmoires de l'acadmie, 
on pourra dduire le pouvoir rotatoire actuel de l'acide dans la solution , 
en l'y considrant comme le seul lment actif, ce qui revient l'y sup- 
poser dans l'tat de simple mlange, puisque l'eau distille seule ne dvie 
point les plans de polarisation des rayons. Cela pos , voici quels seront 
les rsultats. 

D'abord, chaque solution, tudie successivement des paisseurs di- 
verses, oprera des dviations exactement proportionnelles ces pais- 
seurs. Elle offrira ainsi le caractre molculaire de l'action. 

a Mais le pouvoir rotatoire de l'acide dans les diverses solutions se 
trouvera ingal; il crotra de l'une l'autre proportionnellement la pro- 
portion pondrale de l'eau existante dans la solution ; en sorte que le lieu 
gomtrique de tous ces pouvoirs sera une ligne droite ayant la proportion 
pondrale de l'eau pour abscisse et le pouvoir rotatoire pour ordonne. L'or- 
donne initiale exprime le pouvoir qu'aurait l'acide simplement dsagrg, 
sans eau additionnelle. L'ordonne finale, du moins pour le problme phy- 
sique, rpond une dilution infinie. Entre ces extrmes, la portion de la 
droite qui peut tre ralise par des expriences, comprend des pouvoirs 



. (5 7 ) 
qui varient plus que du simple au double. C'est l ce qui dtermine sa 
condition linaire et sa direction. J'y ai employ jusqu' quinze propor- 
tions diffrentes d'eau pour une seule srie ; et chacun des pouvoirs ob- 
servs tait obtenu par quarante, cinquante, quelquefois soixante obser- 
vations de dviation travers le verre rouge. Nul soin ne me semblait de 
trop pour tablir solidement une loi d'action chimique si remarquable- 
ment simple. 

Ainsi, premirement, l'eau devient active dans ces phnomnes puis- 
qu'elle modifie le pouvoir de l'acide d'autant plus qu'elle est plus abondante. 
Elle ne lui est donc pas simplement mlange, mais combine, puisqu'elle 
forme avec lui un groupe d'une constitution diffrente selon ses propor- 
tions. Si, au lieu de la proportion pondrale de l'eau, nous introduisons 
dans la relation linaire le rapport direct du poids de l'eau celui de l'a- 
cide; ce qui est une simple transformation algbrique, nous verrons que 
le pouvoir de l'acide est d'abord le plus nergiquement modifi par les 
premires particules d'eau qui se combinent avec lui; puis, moins nergi- 
quement par celles qui s'ajoutent cette combinaison ; jusqu' ce qu'enfin, 
dans les solutions trs tendues, les particules d'eau additionnelles n'exer- 
cent plus qu'une influence asymptotique physiquement inapprciable. Et, 
ds lors, les phnomnes deviennent sensiblement les mmes que si les 
groupes actifs prcdemment forms se dissminaient seulement l'tat de 
mlange parmi ces dernires particules d'eau. 

Maintenant, portons simultanment toutes nos solutions un autre 
degr de temprature. S'il est plus lev leurs pouvoirs crotront; s'il est 
plus bas il s'affaibliront; mais leur accroissement ou leur diminution sera 
gal pour toutes. Le lieu gomtrique des nouveaux pouvoirs sera donc 
une nouvelle droite parallle la premire. La variation pour chaque 
abscisse, consquemment pour chaque solution, sera celle qu'prouve l'a- 
cide dsagrg; et, dans les limites de temprature ou j'ai opr, de- 
puis -f- 7 e jusqu' -f- 26 ; celte variation m'a paru presque proportionnelle 
au nombre de degrs que le thermomtre a parcourus. Mais l'augmenta^- 
tion du pouvoir initial par chaque proportion d'eau est toujours cons- 
tante. 

En rsum, temprature gale la lumire polarise est ingalement 
influence par les groupes, eau et acide, de dosages divers. Et elle l'est en- 
core ingalement par le mme groupe des tempratures diffrentes, selon 
la loi simple que nous venons d'assigner. Si la chimie possdait, on voulait 
chercher, des ractifs assez sensibles, elle dcouvrirait vraisemblablement 



(58) . 

dans les actions chimiques de ces groupes, des particularits correspon- 
dantes leur ingalit de constitution ; et ensuite les mmes procds ser- 
viraient pour reconnatre des lois pareilles ou analogues dans les solutions 
qui sont sans pouvoir sur la lumire polarise. Ce seraient l des donnes 
bien importantes pour pntrer le mcanisme des actions chimiques. 

J'ai beaucoup cherch si ces phnomnes offriraient quelque caractre 
li un rapport dfini de proportions. D'abord il ne saurait y en avoir 
dans le pouvoir variable de l'acide pour une mme temprature, puisque 
la relation linaire le fait crotre alors uniformment avec la proportion 
d'eau. Pour chapper cette relation, veut- on en dduire le pouvoir du 
groupe variable, compos d'eau et d'acide? Alors il est vrai, on trouvera 
que ces pouvoirs vont d'abord en croissant jusqu' une certaine proportion 
d'eau, aprs laquelle ils s'affaiblissent indfiniment; et leur lieu gomtrique 
est une parabole du second degr ayant une ordonne maximum , celle de 
son sommet. Mais ce maximum ne rpondra pas non plus des nombres 
atomiques fixes, parce que les proportions pondralesqui le donnent varient 
graduellement avec la temprature. Il faut donc admettre d'aprs cet 
exemple, que le rapport dfini des proportions n'est pas une condition 
toujours ncessaire, et consquemment gnrale des combinaisons chimi- 
ques, quoiqu'il en puisse tre souvent une condition favorable, peut-tre 
mme, dans beaucoup de cas, la seule qui nous permette de les raliser ou 
d'en isoler les produits. Je prouve dans mon mmoire que ces deux modes de 
combinaison peuvent tre distingus par leurs effets optiques, lorsqu'un 
ou plusieurs de leurs lments, ainsi que leur produit, sont sensibles au 
ractif de la lumire polarise; et je donne les formules mathmatiques 
qui rsolvent alors cette question gnralement. 

Jusqu'ici j'ai suppos que la lumire transmise tait un rayon rouge 
simple. Tous les autres rayons simples suivent des lois pareilles. Pour 
chacun d'eux, temprature gale, les pouvoirs de l'acide croissent de 
mme, proportionnellement la proportion d'eau, et leur lieu gom- 
trique est de mme une ligne droite. Mais, selon l'espce du rayon auquel 
elles appartiennent, ces droites ont des coefficients diffrents qui leur 
donnent des ordonnes initiales et des inclinaisons diverses. Alors, quand 
elles coexistent , comme il arrive quand on opre avec la lumire blanche, 
chaque proportion d'eau y dtermine d'ingales ordonnes, dont l'ordre 
de grandeur relatif varie des diverses distances de l'origine. De sorte que 
les valeurs des dviations qui y correspondent suivront tantt l'ordre de la 
rfrangibilit, tantt l'ordre inverse, et tantt un ordre mixte, o le violet 



(5 9 ) 

par exemple sera autant dvi que le rouge, tandis que le jaune et le vert 
le seront plus qu'eux. Les couleurs composes, rsultantes de ces combi- 
naisons, devront consquemment varier avec la proportion d'eau , de la ma- 
nire en apparence la plus bizarre; et c'est en effet ce qu'on observe. Mais 
cette bizarrerie devient la rgularit la plus simple, quand on connat la 
loi linaire qui la produit. 

D'aprs ces expriences, le pouvoir initial de l'acide, sans eau addition- 
nelle, deviendrait nul pour le rayon rouge vers la temprature de a3. En 
effet; en transmettant un trait de lumire polarise travers une masse 
d'acide fondu, puis solidifi, dont l'paisseur totale tait au moins de cin- 
quante millimtres, je n'y ai aperu cette temprature aucune apparence 
de rotation. Mais le pouvoir du mme acide s'est montr trs actif, dans 
une paisseur peu diffrente, lorsque l'ayant fondu avec trs peu d'eau, je 
l'ai observ chaud et liquide, puis dans l'tat gommeux, jusqu' ce qu'il 
ft solidifi. Alors il est devenu opaque. Ces expriences difficiles deman- 
dent tre reprises, avec des mesures ; et surtout il faudra les rpter 
de basses tempratures, pour voir si l'acide solide y prendra la rotation 
vers la gauche comme on doit le prsumer. Je n'ai pas os le fondre seul 
de peur de le pyrogner, ne l'ayant pas encore observ dans cet tat. Je 
ne sais pas non plus si l'acide paratartrique redevient physiquement tar- 
tnque quand l'atome d'eau, qui fait sa diffrence, lui est enlev par des- 
siccation l'aide d'un courant d'air chaud qui en mme temps le dsagrge. 
Cette mine de faits pntre videmment aux fondements mmes de la chi- 
mie; mais des efforts solitaires n'y peuvent avancer qu'avec lenteur. 

Pour remplir du moins le cadre born que je m'tais propos ici, il 
fallait examiner les solutions d'acide tartrique formes avec d'autres li- 
quides que l'eau. J'ai choisi pour cela l'esprit-de-bois et l'alcool. Le pre- 
mier, purifi autant que possible sous les yeux de M. Dumas; l'autre rec- 
tifi avec soin dans les laboratoires de M. Robiquet; et, d'aprssa densit, 
contenant moins de-^ d'eau. 

L'esprit-de-bois et l'alcool purs sont considrs par les chimistes comme 
deux liquides isormorphes, non qu'ils leur supposent la mme forme mol- 
culaire, comme le mot semblerait l'indiquer, mais seulement parce que, en 
engageant ces deux liquides, en mme proportion atomique , dans une cer- 
taine combinaison avec d'autre corps , il en rsulte deux sels de mme systme 
cristallin , quoique non pas de mmes angles. Sansmconnatre l'tendue et 
la simplicit des rapports que ce genre d'analogie a fait dcouvrir entre des 
varits de combinaisons jusque alors isoles, on'peut regretter que le mpt 

C. R. i8tf. i" Semestre. O 



( ) 

qui l'exprime semble l'attribuer la constitution des molcules mmes; 
tandis que l'analogie n'a rellement lieu qu'entre les rsultats bien plus loi- 
gns , et bien plus complexes, de la cristallisation. Ici, par exemple, les pro- 
prits molculaires des deux liquides sont trs diffrentes. Ainsi la tem- 
prature ordinaire, l'alcool pur dissout l'acide tartrique difficilement et en 
petite quantit ; l'esprit-de-bois aisment et abondamment. Les solutions 
tant observes avec la lumire polarise, le pouvoir de l'acide s'y mon- 
tre modifi comme il l'tait pour l'eau, et dans le mme sens, mais avec 
une nergie moindre, et plus faible pour l'alcool que pour l'esprit-de-bois. 
Consquemment, l'acide dissous entre encore en combinaison avec ces liqui- 
des , et forme avec chacun d'eux des molcules nouvelles, dont la consti- 
tution est diffrente proportion pondrale pareille, comme aussi 
nombre gal d'atomes chimiques. Le temps , et la saison dfavorable , ne 
m'ont pas permis encore de constater si ces combinaisons suivent gale- 
ment une loi linaire. Mais, pour l'esprit-de-bois, par exemple, je me suis 
assur que le pouvoir rotatoire de l'acide y conserve sa proprit de 
crotre et dcrotre avec la temprature , et avec la proportion pondrale 
du liquide employ. En outre, les solutions formes avec ces deux liqui- 
des, prsentent de mme ces ingalits de rotation des diffrents rayons 
simples que les solutions aqueuses produisent en vertu de la relation li- 
naire ; et elles y sont encore plus videntes, parce que le pouvoir propre 
de l'acide tant moins nergiquement modifi, permet de raliser des 
rotations que les solutions aqueuses ne pourraient produire la temp- 
rature ordinaire , sans y diminuer la proportion d'eau au-dessous de ce 
qui est ncessaire pour les maintenir l'tat de liquidit. Ainsi, une so- 
lution alcoolique qui contenait fa d'alcool pur, tant observe la tem- 
prature de 5, dviait vers la droite les rayons rouges, orangs, jaunes ; 
et vers la gauche les bleus, indigos, violets, conformment aux induc- 
tions nonces plus haut. 

Puisque l'acide tartrique dissous dans l'eau, l'alcool, l'esprit-de-bois, 
forme avec ces liquides des groupes molculaires constitus ingalement, 
n'est-il pas naturel que ces groupes aient des proprits chimiques diverses; 
et que les uns puissent effectuer des dcompositions que les autres n'op- 
rent pas? Si donc, les molcules formes d'acide et d'eau, par exemple, 
peuvent dcomposer les carbonates, tandis que les molcules formes de 
ce mme acide et d'alcool, ou d'esprit-de-bois, ne le peuvent pas faire, ce 
phnomne, qu'a observ M. Pelouze, sera certainement trs curieux 
constater; mais il n'offre rien en soi de plus extraordinaire que de voir le 



( & ) 

sulfate de soude avoir des proprits diffrentes du sulfate de baryte. Ou 
peut concevoir de la mme manire qu'en gnral, des ractions chimiques 
puissent s'exercer entre certaines substances dans certains milieux et non 
pas d'autres : c'est que vraisemblablement, dans beaucoup de cas, ces mi- 
lieux ne sont pas simplement interposs comme des obstacles inertes,entre 
les substances dont il s'agit, mais forment avec elles de vrais composs 
entre lesquels la raction chimique est ou n'est pas actuellement possible. 
Dans ce qui prcde, j'ai frquemment employ l'expression de groupes 
molculaires pour dsigner les molcules constituantes des corps. Cette ex- 
pression gnrale m'a paru convenir, dans l'ignorance o nous sommes sur 
la nature et la constitution de ces molcules, qui peuvent tre simples ou 
multiples, espaces uniformment ou spares en systmes distincts comme 
les corps clestes, sans que jusqu'ici les phnomnes sensibles nous donnent 
aucune notion sur ces particularits. 

Dans un autre mmoire, j'examinerai de mme, par la lumire polarise, 
les combinaisons que l'acide tartrique forme avec ces bases salifiables et 
avec l'acide borique, lorsqu'on le met en prsence de ces substances dans 
les milieux divers o nous venons de l'tudier; car toutes ces combinaisons 
possdant la facult rotatoire , sont sensibles ce nouveau ractif. Mais il 
fallait d'abord connatre l'action mutuelle de l'acide, et des milieux o ces 
phnomnes devaient s'oprer; et il fallait en outre former des mthodes 
pour dterminer le mode dfini ou non dfini des combinaisons doues du 
pouvoir rotatoire. Tel est le but du travail long et pnible dont je viens de 
donner l'extrait. 

NOMINATIONS. 

Conformment son rglement , l'Acadmie procde la nomination 
d'un membre de la Commission administrative, qui doit tre choisi dans 
les sections des sciences mathmatiques. Le nombre des votans est de 43. 
Au premier tour de scrutin , 

M. Poinsot runit. ...... 37 suffrages; 

M. Poisson 4 

M. Silvestre 1 

M. Mathieu 1 

M. Poinsot est en consquence proclam membre de la Commission 
administrative pour l'anne i836. 

La sance est leve 5 heures. F. 



Erratum. (Sance du 4 janvier.) 
Page 31, Vigne 2, en remontant, au lieu de que l'eau lise que d'eau 



(62) 



BULLETIN niBLIOGKVPIIIf}UE. 



L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des Sances de V Acadmie des Sciences, 
n" i: i836, in-4. 

Notice on the megatherium Brougt from Buenos -J/res by Woodbine 
Parish, Esq.; bjM. William Clift, Esq.; London, i835, in-4- 

Ephemeris of Halle/ 's Cornet ; i855 i836; by M. Strasford; in-8. 

Voyage dans l'Inde; par M. V. Jacquemont ; 6* livraison , in-4". 

Histoire Naturelle des Iles Canaries; par MM. Webb et Berthelot; 
a e livraison , in-4 , avec la deuxime livraison de planches , in-folio. 

Sance publique de la Socit d'agriculture, Commerce, Sciences et 
Jrts du dpartement de la Marne , du io septembre i835; in-8*. 

Magasin de Zoologie , publi par M. Gurin; in-8". 
Bibliothque universelle des Sciences , Belles-Lettres et Arts , rdige 
Genve; aot i835, in-8". 
Journal hebdomadaire des Sciences mdicales; n" 2, i83G,in-8. 
Gazette mdicale de Paris; tome l\, n 2, i836, in-4. 
Gazette des Hpitaux; n" 1 3 , tome io, in-4- 
F.cho du monde savant; n i , i" et 2 r division, in-4. 



| 



COMPTE RENDU 

DES SANCES 

, - 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



SEANCE DU LUNDI 18 JANVIER 1836. 

PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



CORRESPONDANCE. 



M. le Ministre de l'instruction publique transmet une ampliation de 
l'ordonnance royale du 26 dcembre dernier, qui approuve l'lection de 
M. lie de Beaumont, en remplacement de M. Lelivre. 

En consquence , et sur l'invitation de M. le Prsident, M. lie de 
Beaumont prend place parmi les membres de l'Acadmie. 



physique. Recherches sur l'action molculaire; par M. Baudrimont. 



Il rsulte de ces recherches , dit l'auteur : 

i. Qu'il est possible de dterminer avec assez de prcision les lois 
selon lesquelles les molcules agissent les unes sur les autres, en les 
considrant sous le rapport de la cohsion ; 

2 . Que ces lois sont variables dans les diffrentes substances , mme 
y> lorsqu'elles sont de mme ordre , comme les corps rputs simples ; 

C. R. i836. i Semestre. IO 



r r li ( 6 4 ) 

3. Qu'il est possible de dterminer la limite de l'action molcu- 
laire ; 

4- Qu'il est des substances dont la densit, prise dans un liquide, 
diminue mesure qu'on les divise ; 

5. Que cela a lieu lorsque les substances ne se mouillent pas; 

6. Qu'il est possible de dterminer la distance qui existe entre un 
corps et un liquide qui ne le mouille pas, lorsqu'ils sont mis en 
rapport. 

mdecine. Extrait d'une lettre de M. Adam de Bauve , M. Bory- 
de-Sajnt-Vincent , sur un nouveau fbrifuge , employ la Guyane, 
date de Georges- Town , le 3i mars i835. 

(Commissaires, MM. Double, Robiquet, Breschet. ) 

Arrivant Dmrari, accabl de fivres qui depuis long-temps taient 
rebelles au quinine et tous les remdes que je pouvais prendre, je 
trouvai le docteur Warburg , mdecin allemand , qui depuis plusieurs 
annes parcourt l'Amrique , s'occupant exclusivement de botanique ; 
je pris un fbrifuge de son invention (gouttes fbrifuges), qui m'em- 
porta ds la premire fois les fivres dont je souffrais depuis si long- 
temps. 

Dj connu avantageusement Dmrari , le docteur Warburg fut 
pri, en juillet 1 833 , par M. Melvil, inspecteur-gnral des hpitaux 
dans les possessions anglaises de l'Amrique, de faire des expriences 
dans l'hpital militaire de Georges-Town , et de se charger de le surveiller. 
De cent-huit malades de la fivre, qui s'y trouvaient quand le docteur 
Warburg prit la surveillance, au bout de quatorze jours, il n'en restait 
que dix-huit. 

Divers mdecins, et. entre autres le docteur Watt, le plus estim de 
la Guyane anglaise, ont fait dans les journaux l'loge des gouttes fbri- 
fuges, et les recommandent comme ne manquant jamais leur effet, em- 
ployes dans les cas les plus dsesprs des fivres pernicieuses. Les jour- 
naux de la Jamaque, de la Trinit, de la Barbade, de Surinam, des tats-Unis, 
en parlent dans le. mme sens. Le docteur Warburg a reu des demande* 
pour ,des sommes considrables; le mdecin Fenehtwanger, de New- 
Yorck, lui seul a envoy un ordre sur un ngociant de Georges-Town , 
de a5 mille francs, pour une remise de gouttes fbrifuges. 11 y a peu de 



(5) 

mois que le docteur sir Andrew Stalliday, inspecteur-gnral des hpi- 
taux de la Guyane anglaise , prt succomber la violence d'une fivre 
maligne, se sauva en usant des gouttes fbrifuges; lui aussi exprime 
hautement sa reconnaissance et sa conviction sur l'efficacit de ce remde 
extraordinaire. 

Le gouverneur de la Guyane anglaise, sur tant de tmoignages, et 
d'aprs l'tonnant changement qui s'tait opr dans l'hpital militaire , 
offrit une somme considrable au docteur Warburg, qui la refusa, di- 
sant : Que travaillant pour son plaisir et sa rputation , ce n'tait point 
avec de l'argent qu'il pouvait tre pay. Sur le rapport du gouverneur 
de Dmrari, le commandant gnral des possessions britanniques , rsi- 
dant la Barbade, a crit M. Warburg, qu'il allait mettre sous les yeux 
du gouvernement anglais, le rapport de ses travaux et de sa conduite 
dsintresse, et qu'il ne doutait pas qu'il n'en ret une rcompense 
qui ne blesserait pas sa dlicatesse. 

M. de Bauve a envoy M. Bory-de-Saint- Vincent, une douzaine de 
de flacons des gouttes fbrifuges, pour tre remis l'Institut, qui fera 
examiner, dit-il, cette nouvelle dcouverte par une commission de m- 
decins, ne doutant nullement, ajoute-t-il, que si la vertu attribue ce 
fbrifuge est suffisamment constate, la France ne rcompense, comme 
elle a coutume de le faire, les dcouvertes utiles l'humanit. 

zoologie. Sur la nageoire dorsale du delphinus globiceps (Cuvier). 

M. Lemaot adresse une rclamation contre cette assertion qui se trou- 
verait, selon lui, dans un rapport de M. Cuvier, insr au tome XIX des 
Annales du Musum d'Histoire naturelle, page i ; savoir, que l'auteur de 
ce rapport lui attribuait d'avoir dit qu'il y a des individus de l'espce du 
delphinus globiceps o la dorsale est ronge en tout ou en partie. 

Nous commenons par avertir que nous n'avons trouv rien de sem- 
blable Yassertion cite par M. Lemaot, dans le rapport dont il s'agit. 
Nous ajouterons que ce qu'on a appel nageoire dorsale chez les ctacs 
n'tant qu'une simple extension de la peau , il n'est pas rare de trouver 
des individus o cette nageoire a t en effet dtruite, en tout ou en par- 
tie, par un accident quelconque. 

Au reste, M. Lemaot rappelle qu'il a trouv cette nageoire entire sur 
plusieurs centaines de dauphins qu'il a eu occasion d'observer. 

10.. 



(66) 

mtorologie. Envoi de quelques portions de l'arolithe qui tomba 
prs de Bellej le i3 novembre i835, et mit le feu une grange de 
Samonod. 

M. Millet Daubenton , qui M. Arago avait demand , au nom de l'Aca- 
dmie, le 7 dcembre dernier, de vouloir bien adresser aux chimistes de 
la capitale quelques parties de l'arolithe du i3 novembre, crit qu'il s'- 
tait empress d'envoyer un fragment anguleux, surface vitrifie, de la 
grosseur d'un uf de pigeon, et une fiole remplie de dbris plus petits. 
Ces objets ne sont pas parvenus l'Acadmie. Le nouvel envoi de M. Millet, 
quoique moins important , permettra cependant de dterminer la com- 
position chimique du mtore. M. Millet croit y avoir aperu dj des 
traces de nickel et de chrome ; les petits globules que le barreau aimant 
en spare seraient, suivant lui, forms de fer, de soufre, de cuivre, d'ar- 
senic, et peut-tre d 'argent 7 

MM. Berthier et Dumas sont pris de faire l'analyse des fragments 
adresss par M. Millet. 

gologie. Soulvement d'une ile. 

A la sance de la Cour martiale qui s'est runie Porsmouth, le 19 oc- 
tobre i835, pour juger le capitaine Seymour del frgate Challenger, nau- 
frage sur la cte du Chili , il a t lu des notes du capitaine Fitzroy , 
desquelles il rsulte qu' la suite du tremblement de terre du mois de 
fvrier i835, les courants ont t notablement modifis depuis l'le de 
Mocha jusqu'au parallle de la Conception, et que l'le de Santa-Maria 
s'est leve de 1 o pieds anglais. 

optique. Polarisation de la chaleur obscure. 

M. James Forbes , professeur de physique l'Universit d'Edimburgh, 
transmet M. Libri les rsultats des nouvelles expriences qu'il vient de 
faire sur la polarisation de la chaleur obscure. 

Cette fois, M. Forbes a opr sur la chaleur de l'eau bouillante. Aprs 
tre passe au travers d'une pile compose de feuilles trs minces de mica, 
cette chaleur tait transmise abondamment ou en petite quantit par une 
seconde pile, suivant la position qu'on donnait celle-ci par rapport 
la premire. 

Plaons les deux piles dans la position o elles transmettent peu de 



calorique ; interposons ensuite entre elles une lame mince de mica. Le 
mouvement de rotation de cette lame dans son propre plan, amnera 
dans la quantit totale de chaleur transmise par le systme, des change- 
ments considrables et de mme nature que ceux qui se manifesteraient 
si l'on oprait sur de la lumire. 

La premire exprience de M. Forbes montrait que la chaleur est sus- 
ceptible de polarisation ; la dernire constate sa dpolarisation. 

astronomie. Comte de Halley. 

M. Poisson lit l'extrait ci-aprs d'une lettre que M. Bessel lui a crite. 

La comte de Halley a attir tous nos regards. M. Olbers m'a inform 
de l'observation importante par laquelle M. Arago a trouv que la co- . 
mte rflchit la lumire du Soleil. De mon ct , j'ai aperu un cne 
lumineux, sortant de la comte et faisant des oscillations assez rgulires 
autour de la ligne mene au Soleil, dont il s'cartait jusqu' environ 6o 
de chaque ct. La dure d'une oscillation tait de 2 jour *,3 peu prs. 
J'ai t assez heureux pour pouvoir suivre ce phnomne pendant la 
nuit entire du 12 octobre. Le mouvement oscillatoire du cne tait 
alors dirig de gauche droite, et j'ai vu un mouvement de 35 en 
neuf heures. Le i3 octobre, le mouvement avait continu et le cne 
tait parvenu une de ses limites : il avait beaucoup perdu de sa viva- 
cit. Le 14, il tait retourn dans la direction du Soleil peu prs, et 
il avait repris toute sa vivacit. Le 1 5 , il parut la droite et tait peu 
lumineux. Des observations postrieures s'accordent avec celles-ci, 
mais elles sont spares les unes des autres par le mauvais temps. En 
discutant les angles de position des cnes lumineux que j'ai observs , 
j'ai trouv que ce cne faisait des oscillations clans le plan de l'orbite de 
la comte. J'espre que plusieurs astronomes auront observ ce phno- 
mne curieux ; mais jusqu'ici aucune nouvelle ne m'en est parvenue. 

Il me semble que l'attraction ordinaire du Soleil ne suffit pas pour 
expliquer une oscillation du noyau de la comte d'une dure si courte. 
Je vois dans ce phnomne une preuve de l'action de quelque force 
polaire 

Aprs cette lecture, M. Arago fait remarquer que le phnomne dcrit 
parj'astronome de Knigsberg, est prcisment celui dont il a entretenu 
l'Acadmie dans les sances du 19 et du 26 octobre. Les cnes de M. Bessel 



( 68 ) 

ne sont pas autre chose que les secteurs lumineux de M. Arago : l'un a 
parl. des apparences, l'autre de la ralit. 

Ds la premire observation d'un secteur, le i5 octobre, M. Arago 
espra que ce phnomne conduirait une conclusion certaine sur la 
question importante du mouvement de rotation de la nbulosit. 
{Comptes rendus , tome I", page 235.) Le 16, un secteur se montrait, en 
effet, au nord du point diamtralement oppos l'axe de la queue (la 
veille il tait au sud); mais il ressemblait si peu celui du i5, par son 
intensit , par la nettet des deux lignes droites qui le terminaient , et sur- 
tout par sa grande ouverture angulaire (plus de 90 ), qu'on se dtermina 
le regarder comme un phnomne nouveau, comme le rsultat d'un 
changement physique qui s'tait opr dans la tte de l'astre pendant la 
dure de sa disparition. 

Aucune observation n'est venue dans la suite contrarier cette manire 
de voir. Ainsi, le 21, on apercevait non-seulement un seul secteur ou , si 
l'on veut, un seul cne, mais il y en avait trois distincts. Les observations 
de M. Schwabe et celles de M. Amici ne sont pas moins explicites. L'astro- 
nome de Dessau voyait deux secteurs, et celui de Florence cinq, des 
poques o M. Bessel, dans sa lettre du moins, n'en signale qu'un. Tout 
cela s'claircira peut-tre lorsque le mmoire de l'illustre astronome de 
Rcenigsberg nous sera connu avec plus de dtail. Jusque-l, les doutes que 
nous venons de soulever nous paraissent devoir, au moins, tenir les esprits 
en suspens. 

MMOIRES PRSENTS. 

chimie. Essai sur la thorie du traitement des minerais de fer dans les 
hauts -fourneaux , et expos de plusieurs principes nouveaux sur le mode 
d'action du carbone considr comme ractif rducteur et carburant ; 
par M. F. Le Plat, ingnieur des mines (1). 

(Commissaires, MM. Thnard, Dulong , Berthier, Dumas.) 

Le carbone semble prsenter de grandes anomalies au milieu des au- 
tres corps simples : c'est le seul principe fixe parmi les lments essentiels 
des composs organiques, et parmi les 10 ou 12 corps simples qui, par la 

(1) I/ex trait du mmoire a t rdig par M. Le Play. 



(%) 
varit de leurs ractions, soit entre eux, soit sur les autres corps, .occii-* 
pent la plus grande place dans l'histoire des phnomnes chimiques. 

Pour n'insister ici que sur les anomalies qu'on a voulu principale- 
ment expliquer dans ce mmoire, le carbone possde seul la proprit de 
ragir vivement sur d'autres corps galement fixes, par un contact fort 
imparfait ou mme tout--fait insignifiant. Tel est le phnomne que pr- 
sente la cmentation des oxides et des mtaux touchs seulement leur 
surface extrieure par le carbone; phnomne dans lequel un fragment de 
ces corps quelque volumineux et quelque compacte qu'il soit, se trouve 
rduit, puis carbur, jusqu'au centre de la masse. 

Ce phnomne n'tant comparable aucun autre, et ne se prsentant 
avec les mmes circonstances pour aucun corps autre que le carbone, la 
cause en est reste compltement inconnue jusqu'ici, et il n'est pas ton- 
nant qu'on soit dans la mme ignorance, eu gard la thorie de la plu- 
part des oprations mtallurgiques, celles o l'on emploie le carbone 
comme ractif rducteur et carburant. Toute tentative de thorie sur les 
phnomnes qu'on y observe comprenait toujours, en effet, les deux 
propositions suivantes : i. La substance laborer se rduit ou se car- 
bure par cmentation ; i la cause de la cmentation est inconnue. 

Ne serait-ce pas faute d'avoir apprci les circonstances les plus es- 
sentielles du phnomne de la cmentation que l'on a t conduit l'attri- 
buer une cause mystrieuse distincte des forces chimiques ordinaires? 
Telle est la question que je crois avoir rsolue affirmativement. 

En visitant en 1829 les usines zinc du nord de l'Allemagne, dans 
lesquelles on prpare ce mtal en chauffant un mlange d'oxide et de char- 
bon, je remarquai avec tonnement que l'on regardait comme une circons- 
tance assez indiffrente au succs de l'opration , l'intimit plus ou moins 
grande du mlange entre les deux ractifs. Des expriences dcisives faites 
sous mes yeux dans ces usines, ne me permettant pas de douter de ce fait, 
je fus conduit voir sous un jour tout nouveau la thorie de la rduction 
de l'oxide de zinc. J'exposai ces nouvelles ides dans un mmoire pr- 
sent en fvrier i83o, au conseil de l'cole des Mines: aprs y avoir indiqu 
que l'oxide de carbone passe l'tat d'acide carbonique par sa raction 
en vase clos sur l'oxide de zinc, et que, d'un autre ct, l'oxide de carbone 
est constamment rgnr par le contact de l'acide carbonique et du 
charbon en excs, j'ajoutais : 

Il rsulte de cette manire de voir, que l'atmosphre d'oxide de car-, 



( 70) 
bone qui baigne toutes les substances contenues dans la cornue est le 
vhicule qui sert porter sur le charbon l'oxigne de l'oxide du zinc. 
Si cette thorie est juste, il en rsulterait que deux masses spares de 
charbon et d'oxide de zinc places dans une enceinte ferme mais pou- 
vant donner issue aux gaz, ragiraient l'une sur l'autre, de telle ma- 
nire que ces deux masses se volatiliseraient entirement, si elles taient 
l'quivalent l'une de l'autre, et si l'enceinte, primitivement remplie 
d'acide carbonique ou d'oxide de carbone, tait expose la temp- 
rature laquelle l'acide carbonique peut ragir sur le charbon. 

.> Je profitai des moments de loisir que me laissaient les fonctions que 
je remplissais alors au laboratoire de l'cole des Mines, pour vrifier par 
l'exprience cette thorie nouvelle. Je prvis dj qu'on pourrait apphquer 
les mmes principes la rduction des oxides mtalliques et la thorie 
de la cmentation des oxides et des mtaux en prsence du charbon ; mais 
les recherches que je commenai ce sujet, furent interrompues pendant 
dix-huit mois par les suites d'une grave blessure; plus tard, de nouveaux 
devoirs ne me permettant plus d'exprimenter d'une manire suivie, je 
ne dsesprai pas d'arriver mon but en discutant, l'aide des rsultats 
que j'avais dj obtenus, les expriences journalires de l'industrie mtal- 
lurgique. Aprs plusieurs voyages consacrs spcialement l'tude des 
usines fer, j'arrivai enfin constater 

Que dans tous les fourneaux courant d'air forc o l'on rduit les 
oxides de fer, de plomb, de cuivre et d'.tain, il n'existe aucun contact ap- 
prciable entre les minerais et le charbon; que l'opration ne russit pas 
quand le mlange est aussi complet que possible entre ces deux ractifs , et 
qu'au contraire la marche des fourneaux est d'autant plus parfaite que 
ce contact est plus insignifiant; que pendant la presque totalit de leur 
sjour dans les fourneaux, les minerais ne sont essentiellement en contact 
avec aucun principe actif autre que l'oxide de carbone , d'o je conclus 
que c'tait encore ce gaz qui produisait dans ces fourneaux, les phno- 
mnes de rduction et de carburation jusque-l attribus au carbone. 

Ds ce moment, tous les phnomnes observs jusque-l relativement 
l'action du carbone dans les ateliers mtallurgiques se prsentrent 
moi comme des corollaires vidents de ce principe. 

Je crois avoir dmontr : 

Que le traitement des oxides et des mtaux, dans une enceinte ferme 
soit par cmentation , soit par voie de mlange avec le charbon , n'est dans 



( V ) 
tous les cas qu'un moyen simple et conomique de les soumettre l'action 
de l'oxide de carbone ; 

Que le charbon agit plus rapidement par voie de mlange que par c- 
mentation , non parce qu'il est alors en contact plus intime avec l'oxide 
rduire, mais bien, et cette distinction est capitale, avec l'acide carbonique 
produit par la rduction et qui dans ce cas repasse plus promptement 
l'tat d'oxide de carbone ; 

Que les fourneaux courant d'air forc sont fonds sur le mme prin- 
cipe; qu'ils ne diffrent des appareils clos de cmentation qu'en ce que la 
chaleur ncessaire la raction de l'oxide de carbone , au lieu d'tre appli- 
que extrieurement, y est produite dans la mme enceinte o se prpare 
et o ragit ce gaz. 

Que, dans tous ces fourneaux sans exception, l'oxide de carbone est 
prpar par la raction de l'air atmosphrique sur le charbon : dans les 
fourneaux courant d'air, l'air est projet sur le charbon et donne nais- 
sance un courant d'oxide de carbone qui se renouvelle constamment '> 
dans les appareils de cmentation, l'air est interpos mcaniquement entre 
les solides contenus, et les mmes molcules d'oxide de carbone peuvent 
ragir pendant toute la dure d'une opration, quelque longue qu'elle soit. 

Il y a entre la cmentation des oxides et celle des mtaux cette 
diffrence essentielle que, dans le premier cas, mme en ngligeant l'action 
rciproque des solides , il suffit qu'il y ait dans la brasque une seule mo- 
lcule d'oxigne interpos , pour que la rduction commence et dveloppe 
une atmosphre sans cesse croissante d'oxide de carbone; dans le cas des 
mtaux, au contraire, la puissance de l'atmosphre d'oxide de carbone 
reste toujours constante, et dpend uniquement de la quantit d'air atmos- 
phrique interpose dans la brasque. Ce qui fait comprendre pourquoi la 
cmentation du fer mtallique ne peut avoir lieu dans des caisses dont 
la brasque est trop menue; fait dont la cause avait toujours sembl inex- 
plicable. On pourrait citer ainsi vingt faits du mme genre (i) emprunts 



(i) On peut comprendre maintenant , par exemple , pourquoi un haut-fourneau fer 

ne peut fonctionner si l'on mlange le minerai et le combustible; et pourquoi, au 

contraire, ces deux substances doivent tre charges par couches horizontales paisses 

et distinctes : c'est que, vu la direction verticale du mouvement de chaque molcule 

' gazeuse, celle-ci peut, chaque instant, produire le maximum d'-effet utile, ce qui 

C. R. i836. I er Semestre. l l 



( 7' ) 
toutes les branches de la mtallurgie, qui. d'incomprhensibles qui!* 
taient, deviennent maintenant ncessaires. 

Les dveloppements qui prcdent indiquent, je pense, suffisamment 
combien le principe tabli prcdemment est fcond dans ses cons- 
quences. On peut le formuler ainsi dans son acception la plus gnrale : 

L'oxide de carbone rduit tous les composs et carbure tous les mtaux 
qui peuvent tre rduits et carbures par cmentation. 

Les applications qu'on peut faire de celte thorie au perfectionnement 
des hauts-fourneaux rsulteront surtout de cette considration, que ces 
appareils ne sont que de grandes machines propres faire ragir sur le 
minerai de la chaleur et de l'oxide de carbone; que par consquent ces 
machines seront d'autant plus parfaites, c'est--dire qu'on obtiendra un 
effet utile d'autant plus grand d'une dpense donne en combustible ou 
en air atmosphrique, qu'elle transmettra plus compltement au minerai 
l'action de ces deux agents. 

En revenant maintenant la question de philosophie chimique qui 
a t le point de dpart de ces recherches , je crois tre arriv prouver 
que l'histoire chimique du carbone ne reprsente rien d'anomal. Si, malgr 
sa fixit, ce corps joue dans la nature organique, et surtout dans les ph- 
nomnes que nous venons de signaler, un rle aussi important que des corps 
essentiellement gazeux, c'est qu'il jouit de la proprit de former avec 
l'lment le plus abondant del nature (l'oxigne) deux composs volatils, 
l'oxide de carbone et l'acide carbonique, qui lui servent de vhicule dans 
la plupart des grands phnomnes de la nature et de l'art o il intervient. 

Lorsque j'eus t conduit l'ensemble de rsultats que je viens de r- 
sumer, je dus concevoir le dsir de vrifier par des expriences de labo- 
ratoire une foule de consquences que j'avais dduites de preuves d'un 

consiste pour elle rair sur le minerai quand elle est l'tat d'oxide de carbone, 
et sur le charbon quand elle est l'tat d'acide carbonique. Dans l'arrangement fortuit 
produit par un mlange, la mme chose n'aurait plus lieu, et l'on conoit la rigueur 
telle disposition possible en vertu de laquelle deux molcules d'acide carbonique et 
d'oxide de carbone pourraient traverser le fourneau sans rencontrer autre chose y la 
premire que le minerai , la seconde que le charbon, et par suite sans produire aucun 
effet. 

La disposition diffrente, mais encore plus distincte, du minerai et du charbon dans 
les fourneaux o l'on traite les minerais de plomb, de cuivre et d'tain, s'explique 
d'une manire aussi rationnelle. 



autre ordre, bien que non moins dcisives. Je m'adressai, cet effet, 
mon ancien camarade d'tudes, M. le professeur Laurent, qui mit aussitt 
ma disposition toutes les ressources de son laboratoire : il fit mieux en- 
core, approuvant l'esprit dans lequel ces recherches taient conues, il 
voult bien m'aider dvelopper le plan des expriences et me prter le 
secours de son habilet pour les mettre excution. Enfin M. Dumas, 
avec sa bienveillance ordinaire pour les nouveaux venus dans la science, 
nous ayant donn entre son laboratoire de l'cole Polytechnique, il nous 
a cl possible de faire, en novembre dernier, quelques expriences dci- 
sives que nous n'aurions pu excuter ailleurs sur une chelle convenable. 
Ces recherches, qui ont t couronnes d'un plein succs et que nous con- 
tinuons encore aujourd'hui, seront exposes dans un mmoire qui me sera 
commun avec M. Laurent. 

hygine publique. Oblisque ventilateur- de- lettrine ; par M. Prosper 

Lf.hoc. 

(Commissaires, MM. Magendie, Dumas, Robiquet.) 

mcanique applique. Mmoire sur les citernes vnitiennes et leur 
perfectionnement , avec quelques observations relatives aux puits 
artsiens , aux fontaines artificielles , et aux mortiers romains ; par 
M. Ratte. 

(Commissaires, MM. de Prony, Girard, Navier.) 

arithmtique. Nouvelles propositions relatives la multiplication des 

nombres; par M. Bardel. 

(Commissaires, MM. Poinsot, Libri.) 

LECTURES. 

zoologie. Sur quelques espces de singes confondues sous le nom 
d'Orang-Outang ; par M. de Blainvilxe. 

Pendant long-temps on a regard l'orang-outang , que Buffon a d- 
sign sous le nom de jocko , comme formant une espce distincte du 
pongo, que l'on ne connaissait, il est vrai, le premier, que d'aprs les 

i !.. 



( 74) 
observations de Vosma'r, de Camper; et le second, que d'aprs ce qu'en 
aditWurmb, dans les Transactions de la Socit de Batavia, et d'a- 
prs le squelette complet qui fait partie de la collection d'anatomie 
compare du Musum d'Histoire naturelle. On croyait mme ces ani- 
maux d'espces si diffrentes , que les zoologistes, l'imitation de 
M. Geoffroy, crurent devoir former un genre distinct de la dernire, 
qu'ils plaaient fort loin de l'autre , parce qu' cette poque on avait 
surtout gard la considration de l'angle facial, pour la distribution 
des espces du grand genre Simia de Linn. 

Mais, plus tard, en faisant l'observation que ces deux espces de singes 
n'taient connues, l'une que d'aprs de trs jeunes individus femelles, et 
l'autre d'aprs un seul individu mle et adulte, on commena entrevoir 
la possibilit qu'elles appartinssent la mme espce ; doute qui se pr- 
senta l'esprit de G. Cuvier, la vue d'un crne d'orang d'ge assez 
intermdiaire celui sous lequel on avait connu l'orang roux et le pongo , 
et qui lui avait t envoy de Calcutta par M. Wallich. 

En mme temps que ce soupon tait introduit en zoologie, il s'en 
levait paralllement un autre, qui consistait admettre que ces deux 
singes taient rellement d'espces distinctes , comme on l'avait pens 
d'abord, mais dont on ne connatrait pour le premier, ni l'ge adulte, 
ni le sexe mle; et pour le second, ni le jeune ge, ni le sexe femelle. 
Cette ide tait celle qu'adoptrent la plupart des zoologistes, et sur- 
tout ceux qui crurent devoir former un genre distinct des singes de 
l'ancien continent, dont les bras sont disproportionns, et qui sont d- 
pourvus de queue et de callosits iscbiatiques. Mais cette manire de voir 
ne pouvait tre convertie en certitude, que lorsqu'on possderait, sinon 
les peaux bourres des deux sexes de chaque espce prtendue , mais 
au moins leurs ttes osseuses; et ce n'est que tout nouvellement que 
nous avons pu nous procurer deux lments nouveaux propres avancer 
la question, savoir : une belle tte osseuse d'orang-outang adulte, et un 
squelette complet d'un second sujet de la mme espce, provenant l'un 
et l'autre de Sumatra. Je les mets sous les yeux de l'Acadmie. 

On pourra donc voir et reconnatre aisment que le crne de l'orang- 
outang adulte conserve tous les caractres essentiels de la tte du jeune 
ge, c'est--dire la forme oblique et rgulirement ovalaire des orbites, 
outre un trs grand rapprochement entre eux, la petitesse, l'troitesse 
et la position trs remonte des os du nez, qui tendent mme tre 



(?5) 
cachs par l'empitement des maxillaires ; tandis qu'elle acquiert , par 
l'paississement d ce dveloppement des crtes surcilire, sagittale et 
occipitale, par le grand prolongement des mchoires, tout ce qui la fait 
ressembler la tte du pongo. 

D'aprs cela, et en juger d'aprs la partie essentielle du squelette, 
l'orang-outang est une espce distincte du pongo; 

Quant aux caractres extrieurs, il parat certain qu'ils suffisent ga- 
lement pour confirmer cette distinction, puisque dans l'une les individus 
mles sont pourvus d'un lobe cutan pais, comprim, arrondi, opercu- 
liforme , nu, situ au ct externe de la racine de la joue, comme j'ai pu 
le constater sur plusieurs beaux individus de la collection de Leyde; partie 
qui n'existe pas dans l'autre, comme on peut s'en assurer parla description 
de Wurmb, auquel une singularit aussi remarquable, et qui donne ces 
animaux un aspect vritablement effroyable, n'aurait certainement pas 
chapp. Or, comme c'est bien certainement le pongo dont nous poss- 
dons le squelette qui manque de ce caractre, il faut en dduire que c'est 
l'orang-outang qui en est pourvu , celui dont nous n'avons vu en France 
que de jeunes individus femelles. 

Toutefois, c'est une conclusion qu'il ne faut pas encore regarder comme 
absolument lgitime, car il se pourrait qu'il y et plusieurs espces con- 
fondues sous le mme nom d'orang-outang. 

En effet, le crne d'aprs l'inspection duquel G. Cuvier a t conduit 
penser que l'orang-outang et le pongo pourraient ne former qu'une seule 
espce, diffre notablement de celui du mme ge de l'orang-outang, pour 
se rapprocher notablement de celui du pongo. Les orbites sont peu prs 
rondes , et proportionnellement plus grandes ; les zygomatiques offrent , 
au-dessous de leur articulation avec l'apophyse orbitaire externe du frontal, 
une dilatation assez considrable qui n'existe ni dans le pongo , ni dans 
l'orang-outang; et comme ce crne vient de Calcutta, il est prsumer 
qu'il existe sur le continent indien une espce particulire d'orang. 

On peut galement concevoir que la grande espce de singe dcrite par 
M. Abel sous le nom d'orang-outang de Sumatra , serait distincte de l'orang 
roux et du pongo, d'abord par sa trs grande taille, qui est au moins de 
6 7 pieds , et ensuite par une longueur proportionnelle beaucoup moindre 
des doigts, qui, chez ces derniers animaux, sont vritablement de longs 
crochets. 

D'aprs ces observations , on pourra admettre provisoirement, et dans 



( 76) 
le but de solliciter les recherches ce sujet, que dans la division des 
orangs-outangs proprement dits, c'est--dire des singes de l'ancien conti- 
nent, ouvertures nasales fort rapproches, bras disproportionns, sans 
queue ni callosits ischiatiques , ce qui les spare assez nettement des chim- 
panzs et des gibbons , les quatre espces suivantes : 

i. L'Orang-Outang proprement dit; l'orang roux dans le jeune ge; 
l'orang pommettes lobifres chez le mle adulte, de Sumatra et de Borno ; 

2 . L'Orang de Wallich du continent indien; 

3. L'Orang d'Abel de Sumatra; 

4- Le Pongo de Borno. 

L'Acadmie verra en outre, en examinant les crnes que j'ai l'honneur 
dmettre sous ses yeux, combien l'on a exagr le rapprochement de ces 
premiers singes avec l'espce humaine, et combien l'emploi trop rigoureux 
de l'angle facial pourrait induire en erreur sur les rapports naturels des 
mammifres. L'orang-outang doit donc, comme tous les zoologistes l'ad- 
mettent aujourd'hui, tre plac aprs le chimpanz (5. Troglodytes L.), 
qui est galement dpourvu de queue et de callosits , mais dont les mem- 
bres et les doigts sont mieux proportionns. Toutefois, cette premire 
espce de singes a, dans 1 ge adulte, un museau et des crtes surcilires , 
et occipitales assez prononces, quoique moins que les singes cynoc- 
phales. 

M. Geofjroy-Saint-Hilaire prend la parole la suite de cette lecture , et 
dit que dj depuis long- temps, dans le cours de mammalogie qu'il fait au 
Musum, il n'attribue qu'une valeur trs secondaire aux caractres tirs 
de la considration de l'angle facial. 

chirurgie. Nouveau procd pour traiter les retentions d urine causes 
par le rtrcissement de l'urtre; par M. le docteur Bniqu , ancien 
lve de l'cole Polytechnique. 

( Commissaires, MM. Serres, Roux, Breschet.) 

Voici le principe sur lequel l'auteur a fond ce procd : Pour dilater 
un conduit lastique, dit-il, il faut agir sur lui non point en y faisant 
pntrer des instruments coniques, mais en exerant sur ses parois une 
pression mthodique, dirige du centre la circonfrence. 

A cet effet, au lieu de chercher dilater le canal de l'urtre par l'intro- 
duction de tubes coniques, comme on le fait ordinairement, il propose 



(77) 
d'introduire, dans le rtrcissement de ce canal, un petit cylindre form 
par une lame de parchemin, roule deux fois sur elle-mme; cylindre 
dans l'intrieur duquel est une corde de boyau ou de fer mtallique, sur 
laquelle il fait pntrer ensuite des tubes de mtal d'un diamtre progressif, 
et qui exercent ainsi leur action contre le point resserr, sans oprer de 
traction suivant son axe, condition qui permet seule d'obtenir le maximum 
de dilatation d'un conduit lastique. 

L'auteur, qui a dj employ ce procd avec succs contre les rtrcis- 
sements de l'urtre , se propose de l'appliquer la dilatation du canal nasal , 
des anus contre nature, du vagin ; en un mot , de la plupart des conduits 
organiques naturels ou accidentels. 

chimie. Mmoire sur Vacide subrique; par M. Bocssingault. (Extrait. ) 
( Commissaires, MM. Dulong, Chevreul , Robiquet. ) 

La composition de l'acide subrique a t tablie de la manire sui- 
vante par M. Bussy : 

Acide sec. Acide hydrat. 

C' 6 0,612 C' 6 0,557. 

H'*.... 0,076 H' 4 .... 0,079. 

O 3 o,3o4 O*. . . . o,36*4. 

Les analyses que j'ai faites s'accordent exactement avec ces rsultats. 

ther subrique. 

On prpare l'ther subrique en chauffant un mlange de 4 parties 
d'alcool, une partie d'acide hydrochlorique et deux parties d'acide subrique. 

L'ther subrique est un peu plus pesant que l'eau ; son odeur est 
faible, sa saveur dsagrable. Il commence bouillir 23o. Il est incolore, 
olagineux. 

Il contient : 

Carhone. . . . 0,627. 2 4 atomes. 
Hydrogne. . 0,096. ... 22 
Oxigne. ... 0,276.... 4 

Mais C* H' 0+ = C ,$ H" O 3 -f- C H + H* O: 



(78) 

Ainsi l'ther subrique rentre dans Ja loi gnrale qui rgit la compo- 
sition des thers du mme genre. 

Produits de la distillation de l'acide subrique avec de la chaux. 

En soumettant la distillation sche du margarate et du starate de 
chaux , M. Bussy a obtenu des composs neutres , la margarone et la sta- 
rone , dont la composition est reprsente par celle de l'acide moins une 
certaine quantit d'acide carbonique. 

M. Mitscherlich, en chauffant dans une cornue de l'acide benzoque 
avec de la chaux teinte , a vu l'acide se sparer en deux produits : de 
l'hydrure de carbone (benzine), et de l'acide carbonique qui s'unit la 
chaux. En essayant le genre d'action que la chaux pouvait exercer sur l'a- 
cide subrique , l'aide d'une chaleur modre , j'ai obtenu , entre autres 
produits , une huile volatile qui mrite de fixer l'attention des chimistes. 

Cette huile volatile possde les proprits gnrales propres aux 
huiles essentielles. Elle a une odeur forte et aromatique. Spare des car- 
bures d'hydrogne avec lesquels elle est originairement mle , elle bout 
i86; un froid de 12 ne la solidifie pas. 

Elle a donn l'analyse : 

Carbone. . . . 0,766. ... i4 atomes. 
Hydrogne. . 0,108. ... 14 
Oxigne. . . . 0,1 a6. ... 1 

La densit de sa vapeur dtermine par la mthode de M. Dumas a 
t trouve de 4i3o, 2 - 

La formule C ,6 H' 4 0, compare celle de l'acide subrique, C^H'^CH, 
prsente une relation remarquable. On voit en effet que l'huile essentielle 
obtenue par l'action de la chaux sur l'acide subrique, ne diffre de cet 
acide que par 3 atomes d'oxigne en moins. 

Aussi, en abandonnant cette huile l'air, elle devient sensiblement 
acide. 

En oxidant l'huile essentielle par l'acide nitrique, on la convertit faci- 
lement en acide subrique ; la raction est d'abord des plus vives. Lorsque 
l'huile a presque compltement disparu, on vapore au bain -marie et 
l'on ajoute une petite quantit d'eau ; il reste une matire blanche et 
lgre; on la met sur un filtre o elle est lave avec de l'eau o. Sche , 



(79) 
cette matire offre toutes les proprits de l'acide subrique. Elle fond, et 
elle se prend, par le refroidissement, en une masse cristalline. Elle est 
peine soluble dans l'eau o; elle se dissout dans l'alcool et encore mieux 
clans l'ther. Ces dissolutions sont acides. 
Elle contient : 

Carbone o,55i 

Hydrogne. . . 0,080 
Oxigne 36o, 

On peut voir maintenant que l'huile volatile provenant de l'acide su- 
brique, prsente une certaine analogie avec l'huile essentielle d'amandes 
amres, que MM. Liebig et Whler considrent comme l'hydrure du 
radical de l'acide henzoque. 

Si l'on suppose que le radical de l'acide subrique soit C ,6 H'*0, l'huile 
volatile, dont la formule est C ,6 H' 4 0, pourrait aussi tre reprsente par 
i6jjnQ _j_ jj^ ce sera jt a i ors un hydrure de subryle. 

La production d'un corps analogue l'hydrure de 'subryle dans les 
conditions signales plus haut , ne s'expliquent pas facilement. On voit 
seulement, d'une manire gnrale, que sous certaines influences, un 
acide organique peut se rduire aux dpens de ses propres lments, et 
se modifier de telle manire , que le rsultat de cette modification soit un 
corps moins oxign, se rapprochant par sa nature, du radical de l'acide. 

Examen du lige. 

M. Chevreul adonn le'nom de subrine au lige, dbarrass des matires 
qui peuvent se dissoudre dans l'eau , l'alcool et l'ther. 

L'ther mis sur du lige, prend une couleur jaune ple. La dissolu- 
tion thre, donne, par l'vaporation , une substance qui se dpose en 
petites aiguilles. Cette substance se comporte comme une rsine; je la 
nomme rsine du lige. L'acide nitrique la transforme en acide oxalique 
et en une matire semblable la cire ; M. Chevreul a dsign cette ma- 
tire sous le nom de crine. 

La rsine du lige contient: 



Carbone. . . 


. 0,824. 


3a atomes 


Hydrogne. . 


. 0,1 1 1. . 


. 26 


Oxigne. . . 


. o.o65. . 






C. R. 18. i Semestre. I 



(8o) 

La subrine se dissout en partie dans les alcalis. L'ammoniaque l'attaque 
galement. La solution alcaline prcipite par l'addition d'un acide. La 
matire prcipite est d'un brun fonc; elle se transforme en acide 
subrique par l'acide nitrique. 

La partie de la subrine qui ne se dissout pas dans les alcalis, con- 
siste en ligneux uni une petite quantit de rsine. 

Il parat trs vraisemblable que c'est le principe soluble dans les alcalis, 
qui dans le lige donne lieu la production de l'acide subrique ; deux 
faits tendent confirmer cette opinion : d'un ct, M. Chevreul a d- 
couvert que l'piderme du bouleau donne une trs forte proportion 
d'acide subrique; et de l'autre, M. John a trouv que cet pidmie se 
dissout presque entirement dans une dissolution de potasse. John ne 
poussa pas loin ses expriences. L'tude de ce principe soluble dans les 
alcalis fera l'objet d'un prochain mmoire. 

La sance est leve 5 heures. F. 



i 

Erratum. (Sance du ri janvier.) 

Page 4g, ligne 3, les distinguer des herbivores et des carnivores, lisez les distinguer 
en herbivores et en carnivores. 









( 8, ) 





: 

- 






ELU.ET1N B1HL1C-GU '.NUQUE. 



L'Acadmie a reu dans celte sance les ouvrages dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomeuiaires des Sances, de l'Acadmie des Sciences, 
h 2, i836, in-4 . 

Simple Expos de l'tat actuel des eaux publiques de Paris; par 
II. Girard; in-8. 

A Manual ofbritisch vertbrale animais; by ihe Rev. Lonard Jenyns; 
Cambridge, i835, in- 8. 

Proceedings ofthe geological Society o/London; vol 2, n 42, in-8". 

Histoire naturelle des animaux sans vertbres ; par de Lamarck; 2 e di- 
tion, publie par MM. Deshayes et Milne Edwards; tomes 4 et 7, Paris, 
i835, in-8. (M. de Blainville est charg d'en rendre un compte verbal.) 

Statistique du dpartement de la Drame; par M. Delacroix ; in4 

Botanique mdicale et industrielle ; par MM. Vavasseur et Cottereau; 
Paris, 1 835, in-8". 

France littraire; 4 e anne, 12 e livraison , dcembre i835, in- 8. 

Leons de Chimie lmentaire ; par M. Girardin; 5 e et 6 e leons, in-8*. 

Thorie du Cholra; par M. Couverchel; in-8 

Extrait des Annales des Sciences naturelles. numration des 
Mousses et des Hpatiques recueillies par M. Leprieur, dans la Guyane 
centrale ; par M. Montagne; in-8. (M. Bory de Saint-Vincent est charg 
d'en rendre un compte verbal. ) 

Description de plusieurs nouvelles espces de Cryptogames , dcouvertes 
par M. Gaudichaud ; par M. Montagne; in-8*. 

Prodomus Flor Fernandesian . Pars prima; par M. Montagne; in-8. 

Bulletin gnral de Thrapeutique mdicale et chirurgicale; par 
M. Miquel ; tome io, i re livraison, in-8. 

Journal des Connaissances mdico-chirurgicales ; par MM. Lebacdy, 



(8a ) 

Goubeau et Tkousseau; 3" anne , 7 e livraison, in-8 , et atlas du 2' se- 
mestre i835,in-4*. 

Journal hebdomadaire des Sciences mdicales; n' 3 , i836,in-8*. 

Gazette mdicale de Paris; tome 4, n 3, i836, in-4". 

Gazette des Hpitaux; n" 6 et 7, tome 10, in-4 . 

Journal de Sant; n* ia5, 3 anne. 






: 



COMPTE RENDU 










DES SEANCES 

DE L'ACADMIE DES SCffiNCES. 



SEANCE DU LUNDI 25 JANVIER 1836. 

PRSIDENCE DE M. MAGENDIE. 



CORRESPONDANCE L 

M. Valentin,k qui l'Acadmie a dcern le grand prix des sciences phy- 
siques, pour l'anne 1 835 , adresse un nouvel ouvrage intitul : Manuel de 
l'histoire du dveloppement de l'homme {voyez ci-aprs le Bulletin bibliogra- 
phique); et il annonce l'envoi prochain de deux autres ouvrages, le pre- 
mier sur le mouvement vibratoire des parties; et le second , sur la termi- 
naison des nerfs dans les organes. 

L' Acadmie doit dcerner, cette anne, le prix relatif la question 
d'orthopdie qu'elle a propose en 1 834- M- Vallin, directeur de l'tablis- 
sement orthopdique de Nantes, considrant que les concurrents, trangers 
la capitale, ne pourront faire connatre les moyens employs par eux , 
que par une description accompagne de dessins ou de modles, et non 
par la dmonstration mme de leur manire d'agir, dsirerait que, pour 
suppler cette condition du concours, l'Acadmie nommt des commis- 
saires pris parmi les mdecins des villes habites par les concurrents. 
La demande de M. Vallin est renvoye la commission que l'Acadmie 

C. R. i836. 1 er Semestre. ' ^ 



a dj charge de lui proposer quelque mesure gnrale concernant la 
difficult dont il s'agit. 

M. Robert Heizel crit qu'il croit avoir trouv un moyen de locomotion 
arienne propre rsoudre le problme de direction qu'on a vainement 
cherch dans les arostats. Sa lettre est renvoye l'examen de MM. Gay- 
Lussac et Navier. 

L'Acadmie f accepte le dpt d'un paquet cachet , adress par 
MM. Goupil et Robinet , et portant pour titre : Perfectionnement des armes 
de guerre. 

M. Collardeau prsente une balance d'essai, dans la construction de 
laquelle il a cherch diminuer, par un mcanisme particulier, la flexibi- 
lit du flau, sans en augmenter le volume, de manire pouvoir ainsi peser 
des corps considrables avec une grande prcision. MM.' Gay-Lussac , 
Dulong et Savart, sont chargs d'examiner cette balance. 

M. Boryde Saint-Vincent demande la parole, par suite de la correspon- 
dance, et s'exprime en ces termes : 

Je viens offrir l'Acadmie la 37 e et avant-dernire livraison de la 
partie du grand ouvrage de More, entreprise sous ses auspices; cette li- 
vraison se compose de dix feuilles de la Relation, avec des planches 
d'ophiologie, de gologie et de botanique. Je vous prie, Messieurs, de 
jeter les yeux sur la dernire; j'y ai reprsent, avec autant d'exactitude 
qu'il m'a t possible, une agame de la famille des ulvaces , dont l'orga- 
nisation ne prsente pas moins de singularit et d'lgance, que celle des 
feuilles de cet ouvirandre cancelle que vous prsenta dernirement 
notre honorable confrre M. Benjamin Delessert. Ma plante avait dj 
t mentionne, mais prise pour une espce animale; votre correspon- 
dant, feu M. Lamouroux , l'ayant, sous le nom d'anadiomne , que j'ai 
conserv, comprise dans son Trait des Polypiers flexibles. J'ai d la 
rendre au rgne vgtal, ainsi que plus d'une autre production marine, 
que s'appropriait la zoologie. J'en ai recueilli de nombreux chantillons , 
rejets par les flots de l'arrire-saison, sur la plage de l'antique Nise, 
voisine de Mgare , au fond du golfe qui spare l'Argolide de l'Attique. 
MM. Webb et Berthelot l'ont retrouve aux Canaries. On n'en avait jus- 
que alors observ que des fragments parmi les amas de coraftnes et 
d'helminthocortons , que les apothicaires vendent encore sous le nom 
impropre de mousses de Corse. J'ai fait constater, dans l'anadiomne, les 
mmes vertus anthelmintiques. 



(85) 

MEMOIRES PRESENTES. 

analyse applique a la mcanique. Sur la manire d'tendre les dif- 
frents principes de mcanique des systmes de corps, en les consi- 
drant comme des assemblages de molcules. 

(Commissaires, MM. Poinsot, Navier et Poncelet. ) 

M. Coriolis prsente l'Acade'mie une addition au mmoire qu'il a lu 
l'anne dernire sur les principes de mcanique appliqus un systme 
de corps dont les molcules sont en vibration. 

Dans ce mmoire, il avait tabli un thorme gnral sur la dcompo- 
sition de la force vive en trois parties, dont une rpond aux vitesses 
qu'il appelle moyennes ; il avait montr qu'en substituant aux vitesses 
effectives ces vitesses moyennes, on pouvait appliquer le principe des 
forces vives sans tenir compte des actions mutuelles des molcules , ni 
pour les forces auxquelles elles donnent lieu , ni pour les vitesses rela- 
tives qui en rsultent; qu'il y a, dans beaucoup de cas, compensation trs 
approximative entre les deux erreurs en sens contraire que l'on commet 
en ngligeant d'une part ces forces, et de l'autre ces vitesses. Nanmoins 
il donnait, en gnral , l'expression d'un terme de correction. 

L'extension que M. Coriolis apporte actuellement son premier m- 
moire, consiste en ce qu'il prouve que, dans tous les cas possibles, et 
lors mme quilya des chocs , le terme de correction qui permet de subs- 
tituer les vitesses moyennes aux vitesses effectives, reste toujours trs 
petit, si toutefois les trois moments d'inertie principaux de chaque corps, 
dont les molcules sont en vibration , sont peu altrs par ces vibrations. 
Or cette circonstance a toujours lieu pour les corps qui composent une 
machine , lors mme que des chocs quelconques ont mis leurs molcules 
en vibration. 

analyse mathmatique. Sur l'intgration des quations diffrentielles ; par 

M. A. Cauchy. 

Dans ce mmoire, l'auteur ramne d'abord l'intgration d'un systme 
quelconque d'quations diffrentielles , l'intgration d'une seule qua- 
tion aux diffrences partielles du premier ordre. Il exprime , par des in- 
tgrales dfinies, les intgrales des quations proposes. 

Il s'occupe ensuite de la convergence des sries dans lesquelles ces 

i3.. 



( 86) 
intgrales se dveloppent. Il donne les conditions de cette convergence et 
les limites des restes que l'on nglige. P. 

Il annonce, en terminant, qu'il appliquera Les mthodes conteuues 
dans ce mmoire , l'intgration des quations diffrentielles qui expri- 
ment les mouvements simultans des astres dont se compose notre systme 
plantaire. 

RAPPORTS. 

Rapport de M. Hricart de Thurt sur une Notice relative la confection 
des mortiers de construction ; par M. Dent de Curis. 

(Commissaires, MM. de rrony, Girard et Hencart de Thury, rapporteur. ) 

L'Acadmie nous a charg d'examiner un ouvrage de M. Deny de Curis, 
entrepreneur de constructions hydrauliques, qui lui a t prsent par 
M. le baron de Prony. 

Aprs la sanction donne gnralement au trait de M. Vicat sur les 
mortiers et ciments calcaires, il y a peut-tre de l tmrit traiter au- 
jourd'hui cette question, et l'on devra savoir gr ceux qui, comme 
M. Deny, forts de leurs observations, de leur exprience ou de leur 
pratique, se hasarderont encore prsenter, sinon une nouvelle tho- 
rie, du moins un manuel pratique sur la confection des mortiers et des 
btons. 

L'ouvrage prsent par M. Deny se compose, i" de plusieurs chapitres 
manuscrits , dtachs d'un trait sur la confection des mortiers ordinaires 
et des btons; et i a d'une notice in-8", imprime sans millsime ni nom 
d'imprimeur, et portant pour titre : Notice sur les mortiers de construction 
l'preuve des filtrations , dcompositions et altrations destructives des eaux 
et de l'humidit des lieux souterrains. 

Avant d'entrer en matire, M. Deny dit, dans un avant-propos, que 
l'importance du perfectionnement des mortiers btons dans les travaux 
hydrauliques est gnralement sentie et prouve par la dgradation subite 
des constructions modernes compare la dure des travaux de l'antiquit 
et du moyen ge, que tous les auteurs ont t arrts par la difficult, 
qu'ils ont lud la question , qu'il faut toutefois en excepter M. Vicat , le 
seul qui ait indiqu la marche propre mettre les praticiens sur la trace de 
la vrit, prcisment la marche que dit avoir suivie M. Deny pendant 
trente-cinq ans, en faisant parler les ruines et en interrogeant les d- 
molitions. 



( 3 7 ) 

Sa notice est divise en deux sections, dont la premire se sous-divise 
en huit chapitres. 

Dans le premier, consacr aux diffrentes espces de chaux de cons- 
truction , l'auteur dclare qu'il ne s'est attach qu' un seul point, le moyen 
d'adoption de la chaux de construction , quelle qu'en soit la nature , pour 
la confection des btons et des mortiers ordinaires, et qu'il a donn ce 
moyen unique le nom ' extinction concentre. 

Zl partisan, dit-il, des talents dont M. Vicat a fait preuve dans son 
trait , il est d'accord avec lui sur la description , la dnomination des ma- 
tires, de leur principes et des amalgames, ainsi que des rsultats obte- 
nus, mais non cependant sur l'extinction de la chaux. 

A ce sujet, aprs avoir expos les vices de l'extinction spontane, 
M. Deny parle de l'extinction ordinaire et de Y extinction par immersion , 
la moins vicieuse, selon lui , quoiqu'elle le soit encore; puis il tablit en 
principe (principe dj connu et suivi par les bons constructeurs) que 
quelle que soit la nature de la chaux, il ne faut jamais en teindre pour les 
btons que la quantit que l'on pourra employer dans la journe, et 
pour les mortiers ordinaires, que celle de quatre, cinq ou six jours au plus. 

Dans le chapitre second , M. Deny traite des qualits des pierres pro- 
pres aux diverses espces de chaux. Il passe d'abord en revue les opinions 
de tous les auteurs qui ont crit sur l'art de btir, et qui ne donnent, ainsi 
que l'a dmontr M. Vicat, que des notions inexactes ou mme entire- 
ment fausses; et en s'appuyant sur sa longue exprience, M. Deny dit que 
son opinion est que chaque qualit de pierre chaux peut procurer un 
bon mortier , et que la solidification s'oprant plus ou moins prompte- 
ment, on ne doit pas conclure de la lenteur se solidifier, que telle ou 
telle chaux n'est pas susceptible d'tre employe dans les travaux hydrau- 
liques. 

Dans le chapitre, troisime, M. Deny dit que la ville de Paris est peut- 
tre la seule ville de France qui possde, dans un rayon de vingt-cinq 
lieues, toutes les qualits de pierre. Il et t plus exact de dire que la 
ville de Paris possdait un grand nombre d'espces de pierres chaux, 
mais non toutes les qualits. 

Le chapitfe quatrime est intitul : de l'extinction de la chaux, procd 
unique, dit extinction concentre. C'est du mode d'extinction que dpend 
entirement, suivant M. Deny, le degr de la proprit de Y hydrate ou pte 
de chaux, l'analyse des principes constituants de la chaux ne donnant son 
gard que de bien faibles notions. 



( 88) 

Tout dpend, dit-il, de l'extinction ; l'eau qui doit servir l'extinction 
de la chaux doit tre mnage , de manire ce que la quantit ne soit 
juste que ce qu'il faut pour suffire teindre la chaux. Trop d'eau la noie, 
l'altre et l'affaiblit, tandis qu'au contraire, s'il n'y en a pas en quantit 
suffisante, une partie de la chaux reste sans tre teinte. 

Ces principes poss, M. Deny dcrit son procd d'extinction con- 
centre, qui n'est, au fond, que celui des praticiens clairs, puisqu'il 
consiste particulirement ne mettre dans le bassin que la quantit d'eau 
strictement et indispensablement ncessaire pour obtenir une bonne et 
entire extinction , recouverte aprs l'opration d'un centimtre d'eau au 
plus. 

Dans le chapitre cinquime , M. Deny examine l'influence des gros sa- 
bles naturels, sans distinction de nature, sur la proprit des mortiers-b- 
tons, puis il donne son procd de la manipulation des matires. Les modes 
usits sont vicieux, dit-il; celui que je propose est simple, facile clans tous 
ses dtails, il prsente une grande conomie de temps et de dpenses par la 
suppression des bassins ou fosses contenir. 

Tout le secret pour composer de bons mortiers est, suivant lui, d'a- 
jouter le sable, la pouzzolane ou le ciment immdiatement aprs que la 
chaux est teinte, bien entendu qu'on n'introduira point d'eau, aprs la 
composition du mortier, soit bton, soit mortier ordinaire. 

M. Deny expose dans le chapitre sixime, ses opinions sur les progrs 
de la solidification par le concours du mlange et de la manipulation. Il 
reconnat avec M. Vicat, i qu'il n'y a pas de mthode plus vicieuse que 
celle de l'extinction de la chaux par le procd ordinaire, dans lequel on la 
noie dans une grande quantit d'eau, on la rduit en consistance laiteuse, 
et on la verse dans des fosses permables o elle se dessche et perd sa qua- 
lit; et 2 qu'il n'y a pas de prcepte plus mal entendu que celui qui pres- 
crit de laisser les btons acqurir l'air une demi-fermet avant de proc- 
der leur immersion. 

Dans le chapitre septime, M. Deny divise les diffrentes espces de 
chaux en quatre classes ; la premire grasse, la seconde maigre, la troisime 
minemment maigre, et la quatrime hydraulique factice; et, sans aucun 
gard pour le nombre et les proportions des matires qui se trouvent m- 
les avec la chaux proprement dite, il tablit, d'aprs sa pratique et ses 
expriences, que la chaux maigre et la chaux factice sont les plus propres 
aux mortiers hydrauliques et btons, et les chaux grasses aux mortiers ordi- 
naires : puis, examinant les diffrentes hypothses par lesquelles les au- 



(8 9 ) 
teurs ont cherch expliquer la solidification des mortiers, il en conclut que 
la grande divergence des opinions sur les moyens de favoriser la solidifica- 
tion des mortiers, ne tenant qu' la diffrence des proportions des matires, 
la thorie n'a fait qu'apporter des difficults insurmontables dans le clas- 
sement des diffrentes espces de chaux, et dans leur appropriation. 

L'influence des sables fins de quelque nature qu'ils soient , sur les 
mortiers ordinaires, est l'objet du chapitre huitime. La plupart des au- 
teurs qui ont compar les sables fossiles avec ceux de rivire , n'ont pas t 
d'accord entre eux sur les proprits respectives de l'une et de l'autre es- 
pce , pour en obtenir de bons mortiers avec la pte de chaux. A ce sujet , 
M. Deny diffre de l'opinion de M. Vicat, et pour en faire voir la diffrence 
il prsente des tableaux dans lesquels sont compars les rsultats de ses 
expriences, et ceux de cet ingnieur. 

La seconde section est compose de cinq chapitres. 

Dans le premier, l'auteur examine l'influence des procds de l'extinc- 
tion sur la rsistance qu'acquirent les mortiers , tant ordinaires que b- 
tons. 

Suivant lui, l'acclration de la solidification des mortiers composs 
soit de chaux grasse, soit de chaux maigre, ne varie que d'un cinquime 
un sixime. Les expriences qu'il a faites sur soixante-cinq espces de 
chaux, lui ont fourni, dit-il, la preuve, i que le vice de l'extinction avait 
seul dcid la prfrence accorde jusqu' ce jour une espce au dtri- 
ment de l'autre; 

a . Que la qualit des mortiers ne dpend pas de la nature de la pierre, 
autrement de l'espce de chaux; 

3. Qu'elle dpend uniquement du mode d'extinction et du mlange 
des sables qui entrent dans la composition des mortiers. 

Un problme rsolu par les moyens chimiques, ajoute ce sujet M. Deny, 
n'offre pas toujours une application possible en pratique. Or ici la boni- 
fication des mortiers est indpendante des pouzzolanes et des ciments; la 
vertu de ces substances se borne procurer une dessiccation plus prompte 
ou plus rapide : le degr de tnacit des matires est toujours le mme. 

Quelle est l'influence de l'atmosphre et des saisons sur les mortiers ? 
telle est la question que traite M. Deny dans le chapitre second. Il recon- 
nat que la diffrence des saisons plus ou moins humides peut bien accl- 
rer ou retarder la dessiccation des btons ou des mortiers, de quelques mois 
ou mme d'une anne, mais non d'un espace de dix ans; ce terme lui pa- 
rat exagr. Il n'y a, dit-il , que les mortiers mal confectionns qui ne 



(9) 
prennent point d'adhrence. L'intemprie de l'atmosphre est d'une con- 
squence bien borne , lorsque les mortiers jouissent de toutes les propri- 
ts qu'ils sont susceptibles d'acqurir par une bonne extinction et une 
bonne manipulation. 

Le chapitre troisime est consacr la composition des mortiers pour 
renformis , crpis , enduits et rejointoiements. 

Le chapitre quatrime donne la composition des mortiers pour pa- 
vage avec sable ou ciment concass. La composition des mortiers de paveurs 
est beaucoup trop nglige, suivant M. Deny. Aussi s'en plaint-on gn- 
ralement. On ne doit se servir que de ciment de briques ou de tuiles bien 
cuites et de chaux maigre. On doit en mettre la quantit convenable, et ne 
pas la mettre avec parcimonie. 

Enfin , dans le chapitre cinquime et dernier , M. Deny donne la 
comparaison des meilleurs mortiers anciens avec ceux qui ont servi ses 
expriences. Il rappelle ce principe de Pline que la chute et la ruine des 
difices doivent tre attribues le plus souvent la mauvaise qualit des 
mortiers; il reconnat que ceux des grands monuments des anciens jouissent 
gnralement au plus haut degr des qualits essentielles qui caractrisent 
les meilleurs mortiers ; et par suite de la comparaison de tous ceux qu'il a 
pu recueillir, et de ceux qu'il a obtenus dans ses expriences, il divise tous 
les mortiers en quatre classes; la premire, celle des mortiers-btons, 
dont la dessiccation varie depuis quatre vingt-dix jours , jusqu' vingt-cinq 
ans, prsentant une rsistance de 5oo i5oo kilogrammes, les mortiers 
btons romains compars rpondant une rsistance de 2000 kilogram- 
mes. 

La seconde classe , les mortiers ordinaires, prpars avec toutes les dif- 
frentes espcesde sable dont la dessiccation a lieu de soixante jours vingt- 
cinq ans, et dont la rsistance est de 5oo i5oo kilogrammes. 

Quant la troisime et la quatrime classe, M. Deny dit que n'tant 
susceptibles d'aucun point fixe, il a d se borner en indiquer seulement 
le mode de composition pour en obtenir les meilleurs rsultats. 

Enfin , la notice de M. Deny est termine par quatre tableaux : le pre- 
mier prsente la nomenclature des pierres chaux qui ont servi ses exp- 
riences , leur qualit et leur proprits. 

Le second donne la composition des mortiers dits btons , propres aux 
constructions hydrauliques et aquatiques, prservatifs de toute filtration 
d'eau et fluides souterrains. 

Le troisime , la composition des mortiers ordinaires en chaux et sa- 



( 9' ) 
ble de toutes espces , propres toutes sortes de constructions d'difices et 
btiments quelconques. 

Et le quatrime, la composition des mortiers de sable et de ciment 
pour pavage. 

A l'appui de ses principes et de sa mthode , M. Deny a fait connatre 
la commission de l'Acadmie , quelques constructions qu'il a excutes 
dans Paris ou aux environs, et dont les commissaires ont pris connaissance 
et constat le plein succs, telles que douze maisons, dont quelques-unes 
sont d'une trs grande et trs haute importance; 

u . La construction de vastes bassins et grandes citernes en btons hy- 
drauliques, pour des entrepts et magasins d'huile ou maisons d'pura- 
tion ; 

3. Un grand bassin modle, construit en quelques heures sur la place 
Louis XV, pour l'exposition des produits de l'industrie, et pour lequel le 
jury central a dcern une mention honorable M. Deny ; 

Et 4". Le grand puits de 8o mtres de profondeur, construit Bellevue. 
chez M. Pelagot, dont le percement avait prsent des difficults de telle 
nature, que les entrepreneurs l'avaient abandonn. 

Tel est, en peu de mots, l'ouvrage de M. Deny; c'est le travail d'un pra- 
ticien et d'un bon praticien, sage et clair, qui a beaucoup observ et beau- 
coup fait par lui-mme. S'il diffre d'opinion avec M. Vicat, et cela lui ar- 
rive parfois, s'il conteste quelques-unes de ses assertions, chaque fois il 
s'en excuse en homme consciencieux, en s'appuyant sur sa pratique et son 
exprience. On voit qu'il a fait une tude approfondie du Trait des mor- 
tiers et ciments calcaires , qu'il en a suivi la thorie pas pas, qu'il s'est 
efforc de la concilier avec les rsultats de ses travaux et de ses observa- 
tions , enfin que c'est parce qu'il n'a pu russir en faire l'application que , 
renonant aux principes dduits de l'analyse chimique, il a cru devoir 
adopter une autre marche, pour laquelle il a pris l'extinction de la chaux 
comme point de dpart. En dfinitive l'ouvrage de M. Deny, quoique diff- 
rant sur plusieurs points des principes de M. Vicat, aujourd'hui gnrale- 
ment adopts par tous les constructeurs, n'en sera pas moins considr 
comme le travail d'un praticien clair, qui aura rendu un service impor- 
tant aux gens de l'art, par la publication de sa notice sur les mortiers de 
construction. 



Ces conclusions sont adoptes. 

; 

C. R. i836. I er Semestre. l4 



(<P) 

LECTURES. 

zoologie. Considrations sur les Singes les plus voisins de l'homme; par 
M. Geoffroy Saint -Hilaire. (Extrait remis par l'auteur.) 

L'auteur se propose d'expliquer comment, son imitation (i), les 
zoologistes crurent devoir former un genre distinct du singe de JVurmb (2) , 
reconnu aujourd'hui comme tant un orang-outang adulte. 

Avant d'aborder son sujet, il passe en revue les travaux des naturalistes 
touchant les singes confondus sous le nom ' orang-outang. 

Ce qu'il s'attache surtout dmontrer , c'est qu'il y a deux groupes 
principaux de singes trs voisins de l'homme : i" les plus anciennement 
connus par les nations qui, dans l'antiquit, commeraient avec l'Afrique, 
les gyptiens et les Carthaginois , et i" les espces qui, depuis la renais- 
sance, furent observes aux Indes Orientales. 

Les singes de ce premier groupe diffrent aussi bien organiquement 
parlant que gographiquement. Leur corps prsente de trs grands rap- 
ports avec celui de l'homme, eu gard aux proportions du tronc et des 
membres : les bras sont courts. La patrie de ces singes est exclusivement 
l'Afrique; on en trouve en Guine porte de la rivire Gaboon , et gn- 
ralement dans l'intrieur des terres, cte d'Angola. Ce qu'on en croyait savoir 
autrefois, c'est qu'ils vivaient solitairement dans les bois ou dans des cavernes, 
d'o le nom de troglodites. On les tenait pour des hommes sauvages ou des 
tres demi humains et demi btes farouches. Linne s'est laiss influencer par 
ces rcits, et on l ? avubalotter ces animaux du genre homme dans celui des 
singes , les appelant, dans deux ditions successives, d'abord homo troglodi- 
tes, puis simia troglodites. On y avait, il est vrai, runi des ngres peau 
blanche , les chacrlas , et aussi quelques idiots ou crtins de la race 
humaine, qu'on avait barbarement rejets et confins dans des forts. 

Buffon s'tant propos de remettre en ordre le savoir confus touchant 
les singes voisins de l'homme, vint choisir pour point de dpart un mor- 
ceau littraire de Y Histoire des Voyages, o Battel, comment par Par- 



Ci) Voyez le prcdent Compte rendu, page 74- 
(2) Voyez Audebert, pi. 1 de YOstologie. 









(93) 
chapp, raconte qu'il existe dans l'intrieur des terres, cte d'Angola, deux 
singes la face et aux formes humaines, l'un plus grand, appel parles 
naturels pongo , et l'autre plus petit, du nom ejocko. C'tait, sans doute, 
les deux ges de la mme espce , portant un nom spcial. 

Tyson avait dcrit ce singe sous le nom de simia sylveslris; Traill et 
Vose en ont aussi donn une anatomie. Buffon en observa vivant un individu 
en 1740, qu' cause de sa taille il nomma j'ocAo. Long-temps aprs, il connut 
un plus petit sujet analogue, venudes ilesde laSonde, qu'il appela de nouveau 
jocko , proposant de changer la nomenclature dont il s'tait d'abord servi, 
en nommantpongo le plus grand sujet de ses descriptions. 

Cette confusion de noms fut le motif qui nous porta , M. Cuvier et 
moi , proposer , pour l'espce africaine , l'une de ses appellations du pays , 
chimpanz; ce qui fut admis. 

L'espce africaine fut rcemment compare ostologiquement avec un 
individu des Indes. Deux planches trs belles comme uvre graphique 
placent ces questions sous un nouveau jour. Il est aujourd'hui un chim- 
panz vivant la Socit zoologique de Londres. 

Quant la dtermination gnrique de ces singes exclusivement pro- 
pres l'Afrique, je l'ai donne en 181 2 en reprenant l'ancien nom troglo- 
dite, dans un travail gnral des singes, 19 9 volume des annales du Mu- 
sum d'Histoire naturelle; ce que j'en ai dit en 1812 se trouve encore 
vrai maintenant en i836 : il n'est toujours dans ce groupe que l'espce 
troglodile chimpanz. Mais des crnes de mme ge et de mme dimen- 
sion sont assez diffrents pour faire croire plusieurs espces dans le 
genre troglodite. 

A l'gard des espces asiatiques, laissons en demeure le travail de mon 
honorable collgue, communiqu dans notre dernire sance; je m'en tiens 
cette rflexion; j'incline penser avec lui que les trois grandes les de la 
Sonde, Borno, Sumatra et Java ont chacune leur orang distinct. Dj le 
squelette du singe de Wurmb (de Borno) est figur par Audebert; celui 
du singe d'Abel (de Sumatra) l'est, je pense, par Owen; et s'il tait vrai, 
comme je le conjecture, que le crne envoy de Calcutta par Wallisch 
M. Cuvier en 181 8 ne ft que la tte osseuse d'un sujet de Java ou de 
ses lots adjacents, qu'on aurait transport sur le continent et qui y aurait 
pri , nous aurions les lments des trois espces. MM. Temminck et de 
Blainville donneront , dans les recherches dont ils s'occupent activement, 
pleine et parfaite satisfaction sur ces points. 

Maintenant j'examine le point principal d'un fait qui me touche 

14.. 



(94) 
personnellement. Quand j'ai, en 1798, tabli et plac (1) les lments dn 
singe de Furmb , comme genre part, qu'ai-je fait alors dans l'intrt 
des sciences? C'tait une faute que la marche progressive des tudes fait 
aujourd'hui connatre; car le pongo de Wurmb n'est que l'ge avanc 
du jeune orang-outang. 

Trois grands faits se sont, depuis mon travail, rvls, qui ont rendu 
ncessaire de modifier mes premiers aperus. Tels sont : 

i. L'envoi du crne de Calcutta, par Wallich; 

a . La capture d'un norme sujet, faite Sumatra; sujet qui est donn 
comme espce part, sous le nom de pongo Abelii; 

3, Les travaux faits , et que poursuit le clbre Temminck , lequel dis- 
pose des ressources, en Histoire Naturelle, du gouvernement hollandais. 

En l'absence de ces trois ordres de connaissance, j'ai lev la condition 
d'une dtermination gnrique le singe de Wurmb : c'tait une faute 
invitable, en 1798, quand arrivrent Paris les collections du Stathouder, 
et avec elles les crnes d'un jeune orang et de ce grand singe, ait pongo. 

Heureuse faute , si c'en est urre, que de s'tre laiss alors guider par 
les principes des meilleures rgles en zoologie! Heureuse, du moins, car 
nous allons profiter, dans sa rectification , de documents neufs touchant 
le pouvoir et l'tendue d'action des dveloppements organiques; quoi, 
sans cette occasion, nous n'eussions de long-temps pens. 

Et , en effet, pouvait-on esprer, et devait-on esprer, en 1798, que 
des crnes aussi diffrents, l'un pris du jeune ge, et l'autre dans l'a- 
dulte , rvleraient des faits d'un dveloppement successif dans une mme 
espce? Il y avait l, en distance pour les rapports naturels, un inter- 
valle plus grand qu'entre les genres canis et ursus. 

Or, rflchir la consquence de ce rsultat, me parat quelque chose 
de plus directement utile la philosophie naturelle, que ce zle sans doute 
trs louable qui nous anime tous pour l'numration et la caractrisa- 
tion des espces ; car c'est un fait tratologique et des plus piquants , 
que cette nouvelle rvlation d'un cart aussi grand des rgles que nous 
avions tablies. 

Dans la tte du jeune orang, ce sont les formes enfantines et gra- 
cieuses de l'homme, except trop de saillie dans le museau : c'est le 
mme front, large, haut et avanc; c'est la mme correspondance dans les 
habitudes, mme douceur et sympathie affectueuse; quelques traits aussi 

(1) Jour 'H de Physique, 46, page 34?. (floral, an vi). 



( 95 ) 
de bouderie et de mutinerie, quand arrivent des contrarits. A rendre 
justice cette organisation, elle serait donc dvolue un animal devant 
venir prendre sa bien lgitime place tout prs de l'homme , j'allais dire 
pour y devenir Vhomo troglodites de Linne. 

Qu'au contraire, nous considrions le crne de l'adulte, ce sont des 
formes vraiment effroyables et d'une bestialit rvoltante, un visage plan' 
oblique et tout entier prominent; telles sont aussi des crtes surclires 
sincipitales et occipitales , comme il n'y a que le lion pour en prsenter 
d'aussi saillantes : c'est le dveloppement osseux le plus exhubrant, cu- 
rieux surtout, comme s'accordant avec le dveloppement inverse du cer- 
veau. Nous sommes par l conduits aux formes trs extraordinaires des 
singes hurleurs. 

Les choses en taient venues dans des transformations aussi considrables 
du jeune l'gard de l'adulte, qu'admettant nos rgles pour les rapports 
naturels, il fallait placer entre ces deux distances organiques la srie des 
guenons et des babouins, faire ces intercalations entre ces deux formes 
extrmes d'orangs, si l'envoi du crne de Wallich n'tait venu montrer ce 
large hiatus combl, et faire converger sur ce centre ces autres existences 
si diffrentes. 

Les crocodiles donnent des diffrences encore bien plus considrables 
entre les ttes des jeunes et des adultes. Car qui aurait song mettre 
profit ces hautes indications pour la philosophie naturelle, sans les 
faits des orangs-outangs ? 

Voici en mesures linaires quelques proportions : chez un adulte, la 

tte est la longueur du cerveau : : 7 : 1 , et dans un trs jeune sujet : : 3 : 1 . 



Expriences sur la polarisation de la chaleur rayonnante par les 
tourmalines ; par Macdoine Melloni. 

Dans sa dernire sance, l'Acadmie a entendu la communication 
d'une nouvelle srie d'expriences de M. Forbes sur la polarisation de la 
chaleur. Ces expriences ne sont qu'une confirmation d'une partie des 
observations dcrites dans un mmoire que l'auteur a insr, il y a prs 
d'un an, dans les Transactions philosophiques d Edimbourg. Depuis quel- 
que temps je m'occupe de recherches analogues : une seule section de 
mon travail se trouve maintenant termine; elle est relative la polari- 
sation de la chaleur par les tourmalines; je demande l'Acadmie la per- 



(96) 

mission de lui exposer brivement les rsultats que j'ai obtenus , et les 
procds par lesquels je suis parvenu les dcouvrir. 

La premire difficult que l'on rencontre lorsqu'on veut tudier la 
polarisation de la chaleur par les tourmalines, c'est la faible transmission 
calorifique de ces substances, circonstance qui, jointe la petitesse ordi- 
naire de leurs dimensions , rend les rayons mergents du systme polarisant 
extrmement peu intenses et peine apprciables aux thermo-multiplica- 
teurs les plus dlicats. A la vrit, on peut augmenter la quantit de cha- 
leur incidente en la concentrant sur les tourmalines au moyen d'une 
lentille de sel gemme; mais alors les plaques s'chauffent sensiblement, 
et rayonnent elles-mmes beaucoup de chaleur : il devient donc ncessaire 
de placer le thermoscope une grande distance, afin de le soustraire 
l'action perturbatrice de cette seconde source calorifique ; et c'est pr- 
cisment ce qu'on ne saurait faire sans retomber dans l'inconvnient 
primitif; car les rayons, aprs s'tre croiss au foyer, subissent une diver- 
gence considrable qui les rend excessivement faibles une trs petite 
distance des plaques. Pour restituer ces rayons leur paralllisme, et leur 
donner en mme temps beaucoup d'intensit, je place au-del de l'image 
forme par la premire lentille, une seconde lentille de sel gemme d'un 
rayon plus court, en ayant soin de la fixer une distance de l'image 
gale sa distance focale principale : les rayons, qu'elle reoit divergents, 
en sortent parallles et forment un faisceau de chaleur condense qui se 
propage ultrieurement en conservant sa forme cylindrique. l est trs 
important de ne pas placer les tourmalines au foyer commun des deux 
lentilles, mais un peu plus prs de la seconde et en-de de sa distance 
focale principale; car si elles viennent prendre quelque lvation propre 
de temprature par l'absorption qu'elle font d'une partie des rayons diri- 
gs sur elles, cette chaleur, absorbe et rayonne ensuite sur la seconde 
lentille, se trouve ncessairement rfracte en rayons divergents, dont 
l'action s'affaiblit et se perd compltement une petite distance sans in- 
fluencer le corps thermoscopique, qui est ainsi affect uniquement par 
le faisceau provenant de la transmission directe que la seconde lentille a 
rendu parallle. Par ce simple artifice on parvient faire passer par de trs 
petites plaques de tourmaline un faisceau de chaleur presque aussi large 
que la surface de la premire lentille, et l'on emploie ensuite tous les 
rayons mergents, et ces seuls rayons purs, sans le moindre mlange de 
chaleur drive de rchauffement des plaques, produire leur effet sur 



(97 ) 
le thermoscope. En combinant une lentille de 2 pouces de diamtre et 
3 pouces de foyer avec une lentille de 14 lignes, j'obtiens des faisceaux 
mergents des tourmalines qui, dans plusieurs cas, font dvier l'index 
de mon thermo-multiplicateur de 60 8o, 1 mtre de distance de la 
petite flamme d'une lampe Locatelli rflecteur. 

Voici maintenant les rsultats que j'ai obtenus en comparant l'ef- 
fet du paralllisme et du croisement des axes de cristallisation d'un 
grand nombre de tourmalines exposes au rayonnement calorifique de 
cette flamme, rendu plus nergique par le procd que je viens d'in- 
diquer. 

U indice de polarisation , c'est--dire le rapport des quantits de cha- 
leur transmises dans la position parallle et la position rectangulaire des 
axes de chaque couple, diffre considrablement avec la qualit des tour- 
malines. Il varie entre 22 centimes et 3 4 centimes; la plus grande 
valeur est donne par les tourmalines jaunes , fauves ou violettes ; viennent 
ensuite les brunes , les bleues et les vertes. Des couples de tourmalines 
bleues polarisant peu de lumire, donnent souvent un indice de polarisa- 
tion calorifique plus grand que des couples vertes qui teignent presque 
compltement les rayons lumineux de la flamme. 

Si l'on interpose des lames de diffrentes substances et de diffrentes 
paisseurs sur le passage des rayons calorifiques, avant ou aprs le sjstme 
polarisant, et si l'on mesure l'indice de polarisation des rayons transmis 
en employant toujours la mme couple de tourmalines, cet indice pr- 
sente des variations considrables. Prenons d'abord pour exemple deux 
tourmalines tires de la collection que M. Biot a eu l'obligeance de me 
prter : une de ces tourmalines est violette, l'autre fauve; exposes au 
rayonnement direct de la source, elles polarisent 21 sur 100 de chaleur. 
L'interposition d'une plaque de chaux sulfate d'environ 3 millimtres 
d'paisseur fait monter l'indice de ai 37; une plaque de tartrate de 
potasse et de soude de mme paisseur le fait monter 45; l'eau, 54; 
et l'alun, 90. Le verre ordinaire, dans les mmes limites d'paisseur, 
laisse peu prs l'indice dans son tat naturel, ainsi que les verres rouges, 
orang, jaune, bleu, indigo, violet. Les lames de verre vert colores par 
l'oxide de cuivre, et les lames de verre noir opaque, diminuent au contraire 
la quantit de chaleur polorise , et la rduisent 5 ou 6 centimes. L'in- 
fluence de chaque substance pour augmenter ou diminuer l'indice de 
polarisation devient de plus en plus nergique , mesure que l'on en in- 
terpose une plus grande paisseur. Ainsi l'eau rduite une couche de 



(98) 
0,7 millim. d'paisseur fait monter l'indice 36, tandis qu'une couche 
de 6 millim. du mme liquide le porte jusqu' 65. D'autre part, une lame 
de verre vert ou de verre noir opaque de o,5 millim. d'paisseur, qui fait 
descendre l'indice direct de polarisation 12 ou i5, l'abaisse jusqu' 
2 ou 3 lorsqu'elle a une paisseur d'environ L\ millim. 

Si au lieu du systme particulier de tourmalines que nous venons de 
considrer, on emploie un systme de tourmalines vertes, les lames in- 
terposes dans le trajet des rayons calorifiques produisent sur l'indice de 
polarisation des effets trs diffrents, car les lames de verre vert et de 
verre noir opaque, qui faisaient baisser si considrablement l'indice de 
polarisation du systme prcdent, ne produisent ici aucun changement 
apprciable; et le verre diaphane incolore, au lieu de laisser l'indice 
dans son tat naturel , le diminue d'une quantit notable. 

Avec une couple de tourmalines vert jauntre, qui donnait directement 
i3 pour cent de polarisation calorifique, l'interposition d'un pouce de 
verre rduisait l'indice 5 : et pour une autre couple de tourmalines d'un 
vert fonc, teignant compltement la flamme de la lampe et polarisant 
7 pour cent de chaleur, la diminution de l'indice cause par l'interposition 
d'une lame de verre ordinaire de 2 3 millimtres d'paisseur, tait 
telle, qu'on ne pouvait plus apercevoir aucune trace de polarisation sui- 
des quantits de chaleur qui produisaient une forte dviation dans le 
galvanomtre. Cette mme couple, expose dans les deux directions princi- 
pales des axes au rayonnement d'une lampe d'Argant, donnait encore 
une polarisation calorifique inapprciable ; la chemine de verre tenait 
lieu dans ce cas de la lame interpose. 

Ainsi, il y a des circonstances o la chaleur rayonnante ne se polarise 
pas sensiblement par les tourmalines; il y en a d'autres o elle se pola- 
rise presque compltement. 

Pour se former une ide exacte de ces singulires variations, il faut 
considrer qu'elles sont ncessairement des rsultats complexes dans les- 
quels la quantit de chaleur, polarise ou polarisable, se trouve soumise 
l'influence absorbante des crans traverss par le flux calorifique, in- 
fluence que l'on sait tre extrmement diverse, selon la nature des subs- 
tances dont les crans sont forms. Or, puisque la proportion de chaleur 
polarise n'est pas la mme pour ce flux diffremment modifi par la 
transmission, il semblerait en rsulter, comme consquence immdiate, 
que les rayons divers qui constituent les lments du flux total, possdent 
une diffrente aptitude la polarisation. 



(99) 

Mais en rflchissant au mode d'action que les tourmalines exercent 
sur la lumire, il se prsente une autre explication qui est plus en har- 
monie avec les lois connues de l'optique. Lorsqu'un rayon de lumire 
naturelle pntre perpendiculairement une plaque de tourmaline taille 
paralllement l'axe des aiguilles , la double rfraction divise d'abord 
ce rayon en deux faisceaux d'intensit sensiblement gale et polarises 
angle droit ; mais mesure que ces faisceaux avancent dans la substance 
de la tourmaline, ils prouvent une absorption trs diffrente et beau- 
coup plus forte pour celui qui subit la rfraction ordinaire ; de sorte 
qu'au-del d'une paisseur, souvent trs petite, l'autre faisceau sort seul 
de la plaque et se montre avec son sens propre de polarisation. Ainsi, 
c'est en vertu de V ingale absorption de ces deux faisceaux que les ph- 
nomnes de polarisation se manifestent dans les plaques de tourmaline. 
Si l'absorption de la matire dont la tourmaline est compose , s'exerait 
sur chacun d'eux, avec la mme intensit, les deux faisceaux en sortiraient 
entremls, et prsenteraient toutes les proprits de la lumire ordi- 
naire. M. Biot, qui l'on doit la dcouverte de la polarisation par les 
tourmalines, a parfaitement dmontr cette thorie par un grand nombre 
d'expriences. 

Supposons maintenant que tous les rayons de chaleur dont se com- 
pose le flux calorifique de la flamme, prouvent, comme la lumire, la 
polarisation complte en entrant dans une plaque de tourmaline, et que 
chacun d'eux se divise par consquent en deux filets d'gale intensit 
polariss angle droit. Admettons en outre que Y ingalit d'absorption 
exerce par la matire de la tourmaline sur les deux filets varie avec 
les diffrents rayons calorifiques , qu'elle soit trs grande pour certains 
rayons, faible ou nulle pour d'autres. Il est vident que les premiers 
sortiront de la tourmaline entirement polariss dans un seul plan , tandis 
que les derniers seront plus ou moins polariss dans les deux plans rec- 
tangulaires, et prsenteront l'apparence d'une polarisation nulle ou in- 
complte. En supprimant certains rayons de chaleur par l'interposition 
des plaques, les signes de polarisation deviendront plus ou moins sen- 
sibles, selon que la substance dont la plaque est compose absorbera 
des rayons donnant des couples de filets plus ou moins ingalement 
absorbables par la tourmaline. Le systme polarisant des tourmalines 
exercera lui-mme une action analogue celle des autres plaques , c'est-- 
dire que non-seulement il divisera d'abord chaque rayon en deux filets 
gaux en intensit et ingalement absorbables, mais il supprimera en- 

C.R. i83C. 1 er Semestre. l5 



( IOO ) 

tirement certaines espces de chaleur et les couples de filets qui en d- 
rivent. Or si l'espce de chaleur supprime varie de l'une l'autre tour- 
maline , comme il est naturel de l'admettre d'aprs ce que l'on observe 
sur toutes les autres substances, le flux calorifique transmis contiendra 
des rayons dont les filets seront plus ou moins ingalement absorbs par 
les deux plaques qui composent le systme polarisant : de l la diffrence 
observe dans l'indice de polarisation calorifique des divers couples de 
tourmalines. 

Ainsi, selon cette manire de voir, la faible polarisation del chaleur 
dans les tourmalines ne serait pas relle mais apparente ; et tous les flux 
calorifiques mergents des lames composes de diffrentes substances, 
flux qui se polarisent si diffremment par les tourmalines, pourraient 
devenir susceptibles d'prouver le mme degr de polarisation s'ils taient 
soumis des procds indpendants de l'absorption des milieux. 

Il rsulte de ce qui prcde que les rayons calorifiques, lumineux ou 
obscurs, sont en totalit ou en partie polarisables par la double rfraction. 
Mais le sont-ils tous galement, ou bien cette aptitude la polarisation 
complte n'est-elle propre qu' quelques-uns d'entre eux? Voil la ques- 
tion que je vais tcher de rsoudre par de nouvelles expriences. 

M. Gurin-Varry commence la lecture d'un mmoire intitul : Deuxime 
Mmoire sur l'amidon de pommes de terre. 

La sance est leve 5 heures. F. 



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( io. ) 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 



L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des Sances de l'Acadmie des Sciences, 
n 3, i836, in-4 . 

Discours sur quelques Progrs des Sciences mathmatiques en France 
depuis i83o, par M. le baron Cii. Dupin, prsident de l'Acadmie des 
Sciences, lu en sance publique, le 28 dcembre i835 ; in-4 . 

Expdition scientifique de More;parM. le baron Bory de Saint- Vincent; 
87 e livraison; in-folio. 

transactions ofthe geological Society ofLondon; secondesrie, vol. IV, 
London, i835, in-4" 

Marine invertebrate Animais; par M. Owen ; in-4. 

Patologia gnrale c?Lorenzo Martini; 2 vol. in-8, Capoue, i834 

Manuel de l'Histoire du dveloppement de l'homme avec un coup d'il 
comparatif sur le dveloppement des mammifres et des oiseaux; par 
M. G. Valentin; Berlin, i835, in-8. (En allemand.) 

Description de quelques nouvelles espces de Cacres nouvelles et peu 
connues ; par M. Hermann Burmeister. Extrait du tome 17 des Actes de 
la Socit des Curieux de la Nature; in-4 . (En allemand.) 

Nouvelles astronomiques de M. Schumacker; n" 278. 

Annales des Ponts et Chausses; mai, juin, juillet et aot i835, in-8*. 

Suite des Recherches sur la Localisation de la Folie ; par M. Belhomme ; 
in-8, Paris, i856. (Concours Mont yon.) 

Guide pour les Recherches et Observations microscopiques; par M. Julia 
de Fontenelle; in-8", Paris, i83G. 

Considrations gnrales sur l'Enseignement des Sciences; par M. A. 
Leymerie ; Lyon , 1 855', in-8. 

Bulletin de la Socit industrielle de l'arrondissement de Saint-Etienne; 
i5* anne, 2 e livraison de 1 835, in-8". 

Archives gnrales de Mdecine; 2 e srie, tome g, dcembre i835, in-8. 

Lettre M. Edwards ; par M. Gannal ; in-8. 

Journal de Chimie mdicale, de Pharmacie et de Toxicologie; tome 3, 
LTi e, ,in-S. 



( ioa ) 

Journal de Pharmacie et des Sciences accessoires, n 1 2, 22 e anne, n* i cr , 
in-8\ 

Journal hebdomadaire des Sciences mdicales; n 4, i836', in-8*. 
Gazette mdicale de Paris; tome l\, n" 4 i836, in-4 . 
Gazette des Hpitaux; n" 5 et 8 10, tome 10, in~4. 
Journal de Sant; n os 124 et i25, 3 e anne. 
cho du monde savant; n os 2 et 3, i re et 2 e division, in-4 . 
Royal Gazette of Britisch Guiana , vol. 3o ; n4555 ; in-folio. 



*-mri~ 






COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCDEINCES. 



SANCE DU LUNDI 1" FVRIER 1836. 
PRSIDENCE DE M. MAGENDIE. 



CORRESPONDANCE. 

La Statistique du dpartement des Bouches-du-Rhne (ouvrage com- 
menc par feu M. le comte de Villeneuve , alors prfet de ce dpartement , 
et continu depuis par ses collaborateurs) est admise au nombre des pi- 
ces rserves pour le concours au Prix de Statistique de cette anne. 

M. Fallot avait suppos que MM. Duby et Alphonse de Candolle s'taient 
tromps en dcrivant comme nouvelle une espce de cryptogame parasite , 
qui attaqua les vignes de Genve en i83/{- MM. Duby et Alphonse de Can- 
dolle crivent aujourd'hui que M. Vallot n'ayant ni vu la plante dcrite 
par eux, ni consult la figure publie par l'un d'eux, a mis une opinion 
qui ne saurait tre soutenue : les deux plantes dont il affirme la similitude 
n'tant pas mme des espces voisines , et appartenant deux genres trs 
diffrents. 

anatomie. Sur la structure de l'il; par M. Valentiw. 

Nous donnerons, clans un prochain numro, l'analyse de ce travail, dans le- 
quell'auteur tudie successivement la structure de la conjonctive , celle del 

C. R. i836. I er Semestre. l6 









( ">4 ) 

corne, celle del sclrotique , celle de tiris, celle du ligament ciliaire , et 
celle de la rtine. 

zoologie. i Note sur les Infusoires ; par M. Dujabdin. 
(Commissaires, MM. Dutrochet, Bory de Saint-Vincent. ) 

L'auteur commence par rappeler les deux principaux rsultats con- 
tenus dans sa premire lettre. (Fojezle Compte Rendu 1 835, page 338.) 
Voici ces deux rsultats , noncs en peu de mots. 

Premirement, une substance glutineuse exprime ou exsude du 
corps des entozoaires , ou des infusoires , forme dans l'eau des globules 
diapbanes , qui se creusent de vacuoles ou cavits sphriques occupes 
par le liquide, et se dilatent jusqu' faire disparatre les globules dans 
l'espace de quelques beures. 

Deuximement , les globules hyalins regarde's comme des estomacs 
dans les infusoires, ne sont autre chose que des vacuoles qui se creusent 
spontanment et indiffremment sur divers points de l'individu : ces va- 
cuoles se dilatent, puis se contractent, jusqu' disparatre sous un t- 
gument lche, travers les mailles duquel le carmin pntre avec l'eau 
pour les remplir, dans les expriences faites d'abord par Gleichen , et 
rcemment par M. Ehrenberg. 

Depuis cette poque, j'ai continu observer vivants des rhizopodes 
dans l'eau de mer frquemment renouvele, et rechercher, dans l'tude 
approfondie des infusoires, les rapports qui existent entre les uns et 
les autres. J'ai surtout t guid par une ide que m'a suggre M. Bory 
de Saint- Vincent, aprs avoir vu les rhizopodes vivants. Il fut frapp de 
la grande analogie des prolongements filiformes de ces animaux avec les 
expansions des amibes ou protes, et appela mon attention sur ce point. 

En outre des diverses formes d'amibes prises pour autant d'espces 
par Losana, j'en ai observ beaucoup d'autres, soit dans la couche de 
dbris organiques entourant les plantes marcageuses pourries , soit dans 
les diverses infusions de matires vgtales ou animales, et mme dans 
la couche filamenteuse qu'on observe sur l'infusion de chair crue , aprs 
vingt jours de macration 12 centigrades; car, pour les trouver fr- 
quemment dans ces infusions, il suffit d'tre attentif leur mouvement 
trs lent au milieu des dbris immobiles. Malgr la diversit prodigieuse 
de ces amibes, tantt coulant comme une goutte huileuse irrgulire, 
tantt mettant des prolongements obtus ou lacinis, ou mme filiformes. 



( 'o5 ) 

suivant des circonstances inapprcies; je n'oserais en faire plusieurs es- 
pces relles. 

J'ai reconnu que ces expansions varies sont produites comme celles 
des rhizopodes, par une substance molle, glutineuse, sans tguments 
propres , qui se prolonge et se dresse en vertu d'une force inhrente , et 
qu'on ne peut les regarder, ainsi qu'on l'a fait rcemment, comme des 
hernies temporaires produites par le relchement local des tissus. J'ai vu 
des vacuoles se former dans les amibes , et retenir, aprs la contraction, des 
matires colorantes qu'on pouvait croire introduites dans des estomacs. 

.'Mais c'est sur des infusoires tgument lche, tels que le kolpoda 
cucullus , le Paramcium aurelia, que j'ai pu constater de nouveau, et 
bien des reprises diffrentes, la nature des globules hyalins ou esto- 
macs : ce sont de vraies vacuoles pleines d'eau , par consquent rfrac- 
tant moins la lumire que la substance glutineuse environnante ; et les 
couleurs, formes comme le carmin ou l'indigo, de particules simplement 
tenues en suspension , sont attires avec le liquide travers les mailles du 
tissu, et retenues seules aprs le resserrement de la vacuole. 

Je regarde donc comme absolument dnue de fondement, l'hypo- 
thse qui admet un intestin droit ou courbe, auquel s'aboucheraient les 
prtendus estomacs dont l'existence repose sur le seul fait de la coloration 
artificielle; puisqu' l'explication naturelle que je viens de donner du 
phnomne, vient se joindre l'impossibilit d'apercevoir cet intestin, lors 
mme que l'instrument employ l'observation, fait dcouvrir des dtails 
qui ont chapp l'auteur de cette hypothse. 

Ajoutons cela que dans la substance intrieure sortie*par expres- 
sion ou autrement de l'animalcule , lorsque des vacuoles tout--fait sem- 
blables aux prtendus estomacs, s'y forment spontanment sous les yeux 
de l'observateur, il n'est pas possible de reconnatre aucun canal de 
communication ou intestin, malgr la transparence parfaite; et que, dans 
le cas de diffluence, quand l'infusoire, encore vivant une extrmit, se 
dissout progressivement en commenant par l'autre extrmit; fait trange, 
observ souvent par Mller, et qui ne s'accorde nullement avec l'ide 
d'une organisation tant soit peu complexe; dans ce cas, on n'aperoit ja- 
mais, sur la limite de la partie vivante ou parmi les molcules dsagr- 
ges, la moindre trace d'un intestin qui, en raison de sa nature contrac- 
tile ou fibreuse, devrait au contraire persister plus long-temps que le 
reste. 

Un dernier fait, enfin, relatif aux vacuoles, et qui ne permet pas de 

16.. 



( o6) 
conserver de doutes sur leur nature, c'est que, dans un animalcule retenu 
entre deux lames de verre poli, et cessant peu peu de vivre, on voit des 
globules hyalins s'agrandir jusqu' se toucher, comme des bulles de gaz 
dilates dans un liquide visqueux, et se confondre alors en formant une 
figure lobe contour sinueux et sans angles rentrants, bientt changs 
en une seule vacuole; ce qui ne pourrait avoir lieu s'il y avait une mem- 
brane quelconque. 

La dcouverte rcente d'un long filament antrieur flagelliforme, ser- 
vant d'organe locomoteur unique aux monades, certaines cercaires, 
enchlides , cyclides , et un grand nombre d'autres animalcules, tels 
que Yeuglena longicauda (Ehr.) , concorde parfaitement avec la simplicit 
d'organisation que les faits prcdents tendent tablir. 

Ce filament flagelliforme est peut-tre l'objet le plus difficile aper- 
cevoir ; je l'ai vu distinctement au grossissement de a5o 3oo diamtres, 
avec les microscopes simples et composs de M. Charles Chevalier, en 
ayant l'attention de varier lgrement la distance de l'objet par une faible 
pression exerce sur l'instrument, surtout quand l'animalcule a dj perdu 
de sa vivacit. 

J'ai trouv que le filament d'une cercaria lenax, au grossissement de 
3oo diamtres, parat comme un fil de soie simple, pais de ^ millimtre vu 
l'il nu, ce qui permet d'valuer son paisseur -^-s millimtre. Dans 
certains cyclidium, il a au moins r~^ millimtre la base, et s'amincit 
progressivement vers l'extrmit, o il s'agite avec une vivacit extrme , t- 
tant et vitant les obstacles en mme temps qu'il s'avance. Sa longueur est 
ordinairement double ou triple de celle du corps des divers animalcules qui 
en sont pourvus, mais les deux tiers antrieurs sont ordinairement seuls en 
action , et il en rsulte un mode particulier de mouvement pour le corps, 
qui, remorqu de la sorte, oscille plus ou moins sur son axe. 

L'tude de cet organe permettra de caractriser autrement qu'on ne l'a 
fait les infusoiresgymnods;on reconnat en effet que beaucoup de prten- 
dues espces des genres monas, odo, etc., nesont que des formes d'un mme 
tre dans des circonstances diffrentes , et que la queue attribue plusieurs 
de ces tres n'est qu'une expansion variable, contractile, et disparaissant 
tout--fait quand l'animalcule demeure en repos; et prend la forme du 
monas lens. 

Certains infusoirak, tels que la cercaria gibba, ont deux filaments, 
l'un antrieur, et l'autre latral, et c'est de leur action diversement com- 
bine que rsulte le mouvement oscillatoire saccad de ces animalcules. 



( io 7 ) 

Dans tous ces gymnods , le corps n'est rellement qu'une masse no- 
duleuse, sans tgument, d'une substance susceptible de se creuser de va- 
cuoles irrgulires superficielles, et de retenir aussi de la couleur en- 
gage. 

Parmi les infusoires que j'ai trouvs munis d'un filament, et qui seront 
l'objet de descriptions spciales, il en estun, voisin des enchelys, qui en outre 
de son filament moteur, en trane un second, partant aussi de la partie an- 
trieure, et ramenant l'animalcule en arrire lorsqu'il se contracte comme 
le pdicule d'une vorticelle. 

Une autre se compose d'une capsule ovalaire dprime , perce en 
dessous vers l'extrmit d'une large ouverture. Il en sort deux ou trois 
longs filaments qui se meuvent lentement d'un ct l'autre, et dterminent 
le mouvement de l'animal , quand ils se contractent aprs avoir pris un 
point d'attache comme dans les rhizopodes. 

Il est une espce de trichode munie de cils vibratiles , qui laisse aussi 
sortir de longs filaments par une large ouverture latrale, et fait ainsi le 
passage des gymnods aux infusoires munis seulement de cils vibratiles. 
Tous ces filaments ou cils sont de mme nature, et, dans les animalcules 
mourants, on les voit se crisper, se contracter et disparatre, surtout si l'on 
ajoute un peu d'alcali ; c'est l ce qui a pu conduire des observateurs nier 
la ralit de ce qu'on appelait des cils , car de vritables cils eussent per- 
sist au contraire. 

Ainsi les faits inattendus , fournis par l'observation des milioles , des 
vorticiales, et des autres prtendus cphalopodes microscopiques , c'est-- 
dire l'existence, dans certains animaux, dparties molles , sans tgument 
propre , susceptibles de s'tendre en lobes ou en prolongements filiformes 
anims d'un mouvement plus ou moins rapide ; ces faits qui expliquaient 
ce qu'on n'avait pas compris d'abord dans la Difflugie, se trouvent eux- 
mmes confirms par de nouveaux rsultats obtenus chaque jour dans l'- 
tude des infusoires. 



( io8 ) 

MMOIRES PRSENTS. 

cosmographie. Observations sur les globes terrestres; par M. Haldy. 
(Commissaires, MM. Beautepms-Beaupr , de Freycinet.) 

mdecine.- Trait thorique des bains de calanique; par M. Leymerie. 

(Commissaires, MM. Magendie, Serres, Becquerel, Larrey, Double, 

Roux, et Breschet.) 

mcanique. Mmoire sur un appareil (tuyau-bonde) destin remplacer 
avec avantage toutes bondes d'tang et de pices d'eau. 

( Commissaires , MM. de Prony , Poncelet. ) 

physique. Thorie lmentaire de la capillarit ; par M. Artur. 

(Commissaires , MM. Poisson, Dulong, Libri.) 

analyse mathmatique. Mmoire sur les tempratures moyennes des points 
d'une sphre non homogne ;par M. Duhamel. 

(Commissaires, MM. Biot, Poinsot, Libri.) 

Nous plaons ici, pour tenir lieu ^extrait, la lettre dont l'auteur a 
accompagn l'envoi de son mmoire. 

J'ai pens qu'il ne serait peut-tre pas inutile de faire connatre quel- 
ques thormes auxquels je suis parvenu depuis long-tmps sur la propa- 
gation de la chaleur dans les corps non homognes. Ils se rapportent au 
cas d'une sphre compose de couches dont la nature varie suivant une 
loi exprime par une fonction quelconque , continue ou discontinue , de 
la distance au centre. 

La solution complte de la question n'est pas possible dans l'tat ac- 
tuel de l'analyse ; mais lorsque les tempratures extrieures, diffrentes 
pour chaque point de la surface , se reproduisent indfiniment dans des 
priodes de mme dure , et que l'on cherche les tempratures moyennes 
des points de l'intrieur, ou seulement des couches concentriques, on 
peut parvenir quelques propositions d'une grande gnralit. Il en est de 
mme du cas o les tempratures du milieu seraient indpendantes du 
temps , et o l'on considrerait l'tat final de la sphre. 



( io 9 ) 
Fourier, dans son remarquable mmoire sur les tempratures prio- 
diques de la terre , a dmontr que la temprature moyenne annuelle d'un 
point quelconque de la surface est la mme que celles des points situs 
une petite profondeur sur la mme verticale ; d'o il rsultait immdiate- 
ment que la temprature moyenne annuelle de la surface entire est la 
mme que celle de toutes les couches concentriques jusqu' une profon- 
deur trs petite par rapport au rayon de la terre. Cette consquence avait 
t remarque par les physiciens qui s'occupent des tempratures terres- 
tres ; mais il y en a qui ont pens qu'elle tait exacte pour les couches si- 
tues une profondeur quelconque, parce qu'ils croyaient que tous les 
points situs sur une mme verticale avaient la mme moyenne annuelle. 
Cette dernire proposition est, comme on le sait, inexacte, mais cependant 
elle avait conduit un rsultat exact , qui n'est qu'un cas trs particulier 
de ceux auxquels je suis parvenu. 

On trouve encore dans les ouvrages de M. Poisson , un thorme sur 
les tempratures moyennes. Il consiste en ce que , dans l'tat final d'une 
sphre homogne, la temprature du centre est la moyenne des tempra- 
tures extrieures; quoi l'on peut ajouter que cette moyenne est aussi celle 
de la surface mme de la sphre, et de toutes ses couches concentriques. 
On souponnait encore par induction la vrit de cette dernire proposi- 
tion, mais la dmonstration n'en avait pas encore t donne : elle n'est 
encore qu'un cas particulier de celles que l'on trouvera dans ce mmoire. 
Parmi ces diverses propositions, je me bornerai citer la suivante : 

Si une sphre solide est compose de couches dont la densit et tous 
les coefficients spcifiques varient suivant une loi quelconque, et que sa 
surface soit expose depuis un temps indfini l'action d'un milieu dont 
les tempratures soient priodiques, et varient arbitrairement d'un point 
s un autre de la surface : la temprature moyenne d'une couche quel- 
conque relative la priode entire, sera constante et gale la moyenne 
des tempratures extrieures. Cette moyenne sera aussi celle du centre et 
de la masse entire de la sphre. La mme proposition a lieu lorsque 
la sphre renferme un noyau liquide dont tous les points ont chaque 
instant une mme temprature. 

mtorologie. Observations relatives la pluie des tropiques; par 

M. BOOSSINGADLT. 

On a reconnu en Europe que la pluie tombe en plus grande abondance 
le jour que la nuit. Aux rgions quinoxiales , du moins dans les parties 



\ 



( MO) 

que j'ai visites, il parat que le contraire a lieu ; tout le monde admet qu'il 
y pleut plus souvent la nuit que le jour. Durant un sjour dans les en- 
virons des mines de Marmato (au Rodeo), j'ai mesur pendant trois mois, et 
sparment, la pluie qui est tombe le jour et la nuit. Voici les rsultats : 

PLUIE EN CENTIMTRES. 

ANNE 1827. '! "*| ^ 

Le jour. La nuit. Pluie totale. 

Octobre 3,4 i5, i i8,5 

Novembre.... i ,8 20,8 22,6 

Dcembre ..... 0,2 '5,9 16,1 

En groupant un grand nombre d'observations , les mtorologistes en 
ont tir cette consquence, que la quantit annuelle de pluie augmente 
mesure qu'on s'approche de l'quateur; ce qui revient dire que cette 
quantit crot avec la temprature. 

Les observations que je vais rapporter ont t faites sur deux points 
assez voisins , mais placs des lvations diffrentes; elles confirment la 
conclusion des mtorologistes, en ce sens que la quantit annuelle de 
pluie diminue en mme temps que la hauteur au-dessus du niveau de la 
mer augmente. Elles montrent que sous des latitudes peu diffrentes il 
pleut davantage l o la temprature moyenne est la plus forte. 

m Les mines d'or de Marmato sont situes par 5 a 2j' de latitude nord, et 
par 5m 1 de longitude O. de Paris ; leur lvation absolue est de 1426 mtres; 
la temprature moyenne du lieu, 2o,4 cent ig- 

La pluie a t jauge par MM. les officiers des mines. 

ANNE 1855. ANNE 1854. 

Pluie en centimtres. Pluie en centimtres. 

Janvier 8^1 i e ,8 

Fvrier 12,2 5,4 

Mars 22,1 5,5 

Avril 10,2 17,9 

Mai 27,9 22,4 

Juin 23,6 33,4 

Juillet > 7,8 

Aot 2,5 

Septembre 5 , 1 1 3 , 2 

Octobre 9,4 25,7 

Novembre 33,3 17,8 

De'cembre 2,5 17,8 






i54,4 171,2 



( n ) 

Pendant l'anne 1 807 , Caldas a mesur la quantit de pluie tombe 
Santa-F de Bogota. Latitude N. , 4*36'; longitude O. de Paris, 5*6'; hau- 
teur, a64i mtres ; temprature moyenne, i4%5 centig. 





ANNE 1807. 


ANNE 1808. 




6<,6 


7',5 




>7 


9 mois d'observations de 1808 




0,6 


ont t' perdus. 


Avril 


6,0 






i5,3 


i4 c ,o 


Juin 


7.9 


4>4 




9> 5 


i 


Aot. ..... 


J2,3 




Septembre. . . 


i,8 


1 


Octobre. . . . 


12,7 


Novembre. . . 


9> 5 




Dcembre. . . 


16,4 





100,3 
Dans l'anne 1807, Caldas a compt 1 36 jours pluvieux. 



RAPPORTS. 






Rapport sur le filtrage des eaux de la Garonne Bordeaux. 

(Commissaires, MM. Arago, Thnard , Cordier, Dumas, Robiquet, 
Poncelet , Girard rapporteur. ) 

L'avantage d'oprer une distribution d'eau abondante dans les diff- 
rents quartiers de Bordeaux tant gnralement reconnu depuis long-temps , 
l'autorit administrative de cette ville a appel la concurrence des ing- 
nieurs et des mcaniciens , sur les moyens les plus srs et les plus efficaces 
d'effectuer cette opration ; plusieurs compagnies ont rpondu cet appel. 
Les unes ont propos d'amener Bordeaux un certain volume d'eau de 
sources qui en sont plus ou moins loignes; les autres ont propos 
d'lever la quantit d'eau juge ncessaire, de la Garonne, elle-mme, 
la hauteur de 3o mtres au-dessus des plus basses mares que l'on ob- 
serve dans ce port. 

La salubrit des eaux qui seront mises en distribution quelle qu'en soit 
l'origine, tant la qualit essentielle dont elles doivent jouir, l'Acadmie a 

C. R. i836. i Semestre. 17 



( ** ) 

reu, par l'entremise de M. le Ministre de l'Instruction publique, une srie 
de questions dont la premire consiste dterminer si l'eau filtre de la 
Garonne serait prfrable aux eaux de sources qui sont proposes 
l'administration municipale de Bordeaux tant pour la boisson des habi- 
tants de cette ville que pour ses usages industriels, l'irrigation, l'embel- 
lissement de ses places et de ses promenades , etc. 

Une commission compose de MM. Arago, Thnard , Dumas , Robi- 
quet, Poncelet et moi, a rendu compte dans la sance du 16 novembre 
de l'anne dernire, des travaux d'analyse chimique auxquels elle s'est 
livre pour assigner le degr comparatif de puret des eaux dont il lui a 
t remis des chantillons. 

Il rsulte de cette analyse que l'eau de la Garonne est la plus pure de 
toutes celles que cette commission a examines, qu'elle est mme un peu 
plus pure que celle de la Seine, qu'en consquence en la considrant sous 
ce rapport elle mrite d'tre prfre aux eaux de sources , si toutefois 
on parvenait les rendre limpides par un filtrage pralable leur distri- 
bution. L'Acadmie ayant approuv cette conclusion , notre savant confrre 
M. Cordier, inspecteur-gnral des mines, rappelant un travail deM. Parrot, 
ingnieur au mme corps, sur l'puration des eaux salies par le lavage des 
minerais , travail qui a t imprim dans le 8 e volume de la 2" srie des 
Annales des Mines, mit l'opinion que le mode de filtrage employ pour 
produire cet effet, tait applicable plus en grand; on savait d'ailleurs 
depuis plusieurs annes, par un mmoire qui est d M. Mallet, inspecteur 
divisionnaire des ponts et chausses, que M. Thom, ingnieur civil en 
Angleterre, tait parvenu filtrer travers des couches de sable et de 
gravier, une quantit d'eau suffisante pour satisfaire en 4 heures aux 
besoins d'une population de 25,ooo habitants, en portant 56 litres la 
consommation journalire de chacun d'eux. Abstraction faite de la facilit 
avec laquelle pourrait s'effectuer le filtrage d'un plus grand volume d'eau , 
par des moyens analogues , il est certain qu'il serait possible de l'oprer 
avec la mme chance de succs. 

Reste savoir quels moyens il conviendrait d'employer pour y par- 
venir et quelles modifications les circonstances locales doivent apporter au 
choix de ces moyens. M. Cordier, artiste mcanicien et hydrauliste, trs 
avantageusement connu par les distributions d'eau qu'il a excutes a 
Bziers, sa ville natale, Ghaumont en Bassigny, et Angoulme, est 
membre de l'une des compagnies qui ont propos de distribuer les eaux de 
la Garonne dans les diffrents quartiers de Bordeaux; prvoyant l'objection 



( "3 ) 

que l'on pourrait tirer de la difficult de filtrer convenablement un aussi 
grand volume d'eau que celui dont on aurait besoin, il a cru ncessaire de la 
prvenir, en adressant M. le prsident de l'Acadmie des Sciences, ds la 
fin de novembre i835, une description dtaille de l'appareil de filtrage 
dont il a conu le projet ; il a joint cette description deux feuilles de 
dessins propres en faciliter l'intelligence; la mme commission qui a pr- 
cdemment rendu compte de l'analyse des eaux de la Garonne, commis- 
sion laquelle l'Acadmie a adjoint M. Cordier notre confrre, a t charge 
d'examiner les filtres dont il s'agit sous le double rapport de leurs dispo- 
sitions gnrales et du mode de leur construction. 

Quant aux dispositions gnrales, il faut d'abord savoir que , par l'effet 
du flux, les eaux de la Garonne prouvent Bordeaux immdiatement en 
aval du nouveau pont, un gonflement qui les lve 6 mtres au-dessus du 
niveau de la mare basse , l'poque des quinoxes, et 5 mtres seulement 
au-dessus de ce mme niveau l'poque des solstices. 

Le gonflement des eaux de la Garonne a lieu parce qu'elles sont re- 
pousses en amont par le courant du flux , alors les vases et autres matires 
susceptibles d'tre tenues en suspension dans ce courant remontent de 
l'embouchure de ce fleuve vers Bordeaux, en troublant plus ou moins la 
limpidit de ses eaux , et , comme l'exhaussement de ce fleuve chaque ma- 
re s'effectue en moins de temps que son abaissement, il arrive qu'une 
partie des vases et autres matires, amenes par le flux, se dposent sur 
les rives de la Garonne pendant le reflux, ou continuent de troubler l'eau 
lorsque son courant vers la mer est rtabli. Ce sont ces eaux troubles qu'il 
s'agit de filtrer avant de les mettre en distribution. 

Il faut savoir en second lieu que le volume d'eau distribuer doit tre 
de 35o pouces de fontainier, quivalents 7 mille mtres cubes ou 7 mil- 
lions de litres en 24 heures. 

Cela pos, que l'on conoive au-dessus du quai de Bacalan formant la 
rivedroite de la Garonne, 3ooo mtres environ en aval du nouveaupont, 
un rservoir quadrangulaire de 100 mtres de longueur, de 60 mtres de 
large et de 2 mtres de profondeur, ayant son fond et ses parois verti- 
cales revtus de maonnerie; le fond de ce rservoir destin recevoir 
l'appareil de filtrage que nous avons dcrire doit tre tabli 2 mtres 
au-dessus des plus basses mares de la Garonne. 

Que l'on conoive encore le rservoir, entour suivant sa longueur et 
4 mtres en dehors de ses parois, de deux canaux chacun de a5 mtres 
de large, lesquels se runissent dans la prise d'eau du fleuve par deux em- 

17.; 



( "4) 

branchements de 6 mtres de largeur seulement ; le fond de ces deux ca- 
naux est au mme niveau que celui du rservoir rectangulaire dont nous 
venons de parler. 

A chacune des extrmits de ces deux embranchements, et prs de 
leur confluent dans la prise d'eau, sont poses des vannes, au moyen 
desquelles on peut tablir ou intercepter, suivant les besoins de service, la 
communication entre cette prise d'eau et les deux canaux latraux dont 
le rservoir est bord suivant sa longueur. 

Les choses tant ainsi disposes, et la mare ayant atteint i mtres de 
hauteur au-dessus des plus basses eaux du fleuve, on ouvre les deux 
vannes qui viennent d'tre indiques; l'eau de la Garonne commence 
entrer dans les deux canaux latraux, et elle continue d'y monter jusqu' 
ce qu'elle y soit parvenue la hauteur de i mtres. On ferme aussitt les 
deux vannes , l'eau devient alors stagnante dans les canaux , et si elle y pas- 
sait un temps suffisant elle y dposerait les troubles dont elle est charge 
lorsqu'elle y est introduite. Il est vident que ce procd de clarification 
pourrait suffire, mais l'incertitude de la dure de cette opration, suivant 
les circonstances , ne permet pas de l'employer. Les canaux latraiix ne 
peuvent donc tre considrs que comme des rservoirs de dpt o 
l'eau commence s'claircir par la prcipitation des matires les plus gros- 
sires qu'elle tenait suspendues. 

Pour faire arriver l'eau plus promptement et avec plus de certitude 
cet tat de limpidit parfaite, qui est une des conditions requises, il a 
fallu ncessairement employer quelques moyens auxiliaires des rservoirs 
de dpt. Voici en quoi ils consistent : 

On a divis en deux parties gales, dans le sens de sa longueur, le grafnd 
rservoir rectangulaire au moyen d'une digue de maonnerie de 4 mtr. -j 
d'paisseur sa base, sur 3 mtres de hauteur. Ainsi de part et d'autre de 
cette digue se trouvent deux rservoirs gaux, dont chacun est divis lui- 
mme en dix compartiments, que l'auteur du projet dsigne sous le nom 
de bassins-filtres. 

Lorsque l'eau est reste pendant environ vingt-quatre heures dans les 
deux bassins de dpt, elle est conduite par deux aqueducs dans une bche, 
d'o elle est leve de quelques mtres par une pompe vapeur pour ar- 
river dans les bassins-filtres. 

Ces filtres se composent d'une couche de gravier et de sable fin ayant 
ensemble une paisseur de i m ,75. 

Chaque bassin- filtre fonctionne successivement. 



( H*0 

L'eau qui a t filtre dans chaque bassin est reue par une grosse 
conduite pose dans une galerie qui est pratique dans la partie infrieure 
de la digue longitudinale qui partage en deux le grand rservoir quadran- 
gulaire. L'eau filtre est porte dans cette grosse conduite par des tuyaux 
secondaires qui y sont implants en nombre gal celui des bassins -filtres. 
et qui reoivent eux-mmes cette eau de tuyaux plus petits embranchs 
sur eux , et percs , leur extrmit infrieure , de trous par lesquels l'eau 
s'y introduit. La grosse conduite dont il 6t question ici tant remplie, 
dbouche dans une seconde bche, d'o ell* est leve par une deuxime 
machine vapeur dans la conduite d'ascension destine les porter au 
point culminant de Bordeaux , lequel se trouve 3o mtres d'lvation au- 
dessus des plus basses eaux de la Garonne. 

Il s'agit maintenant de se dbarrasser des matires qui sont restes 
soit dans les rservoirs de dpt, soit dans les filtres. A cet effet on ouvre 
mare basse les vannes par lesquelles l'eau trouble tait entre dans les 
rservoirs de dpt; on a soin d'agiter l'eau qu'ils contiennent encore, et 
elle s'coule dans la Garonne. 

Quant aux matires terreuses qui ont pu rester dans les filtres, on fait 
entrer au-dessous de ces filtres l'eau de la conduite d'ascension , qui pouvant 
agir de bas en haut avec une pression de trois atmosphres, fait monter 
au-dessus de la surface de ces appareils toutes les matires terreuses 
qui les obstruaient, et les chasse dans les rservoirs de dpt dont le cou- 
rant les entrane dans le fleuve avec celles qu'ils contiennent eux-mmes. 

Toutes les manoeuvres que nous venons d'indiquer s'oprent, suivant 
le projet prsent, au moyen de vannes et de robinets, dout on ne pour- 
rait faire bien comprendre le systme qu' l'aide de figures qu'il faudrait 
expliquer et d'une description dtaille qui nous ferait sortir des bornes 
de ce rapport. Nous le terminerons en disant que l'exprience de ce qui 
se pratique en Angleterre et mme Paris, pour le filtrage des eaux trou- 
bles, offre, pour le succs de l'appareil que propose M. Cordier de B- 
ziers , toutes les chances dsirables ; enfin que si cet appareil ne rpondait 
pas d'abord sur tous les points ce que l'auteur en espre, il lui serait 
toujours facile de le perfectionner en lui faisant subir les lgres modifica- 
tions dont l'observation et l'exprience pourraient signaler l'opportunit. 

... 



( i'6) 

LECTURES. 

chimie. Deuxime mmoire sur l'amidon de pommes de terre; par 

M. R^T. Ghrin-Varry. 

L'auteur divise son travail an deux parties : dans la premire , il exa- 
mine quelles sont les matires organiques qui accompagnent la fcule de 
pommes de terre prpare avec l'eau distille, et il cherche donner les 
solutions de plusieurs problmes, et entre autres, de ceux qui avaient t 
proposs par la commission de l'Acadmie charge d'examiner les divers 
travaux sur la fcule amilace. 

La seconde partie renferme l'analyse immdiate de l'amidon , ainsi 
que les analyses lmentaires de cette substance , de l'amidine , de l'a- 
midin tgumentaire , de l'amidin soluble, et des tguments insolubles 
dans l'eau et dpourvus de la proprit de bleuir avec l'iode. 

Premire partie. M. Gurin arrive aux conclusions suivantes : 

i. L'iode se comporte avec l'amidon au milieu de l'eau prive d'air 
comme il le fait quand elle n'en est pas purge. 

a . L'amidon chauff seul avec de l'eau pure ou sale en vase clos 
distillatoire , fournit une liqueur distille non susceptible de bleuir par 
l'iode. 

3. L'amidon trait par la diastase et l'eau dans un appareil distilla- 
toire, soit contenant de l'air soit n'en contenant pas , donne un produit 
liquide distill qui ne bleuit pas avec l'iode. 

4. La fcule pure expose seule avec de l'eau pendant 48 h. entre 45 
et 46 c, n'a dvelopp ni acide carbonique, ni acide actique : vue au mi- 
croscope elle n'a pas paru altre. Il en rsulte que la facult de germer 
que perdent les graines de certaines crales , mme au bout de quelques 
heures de sjour dans un sol humide dont la temprature est de 45 , ne 
peut tre attribue en grande partie l'altration qu'prouve la fcule 
pure et humide, comme le pensent MM. Colin et Edwards. 

5. Lorsqu'on traite l'amidon par l'acide sulfurique en suivant le 
procd de M. Th. de Saussure , on n'obtient pas de compos cristallisable. 

Deuxime partie. L'auteur, aprs avoir trait la fcule de pommes de 
terre par l'alcool et l'eau afin de lui enlever la chlorophyle et la substance 
d'apparence cireuse qu'elle renferme , procde son analyse immdiate. En 



( "7) 
broyant cette substance avec de l'eau o jusqu' ce qu'elle ne lui cde plus 

rien, il trouve que l'eau de lavage vapore dans le vide laisse un rsidix 

contenant 

Amidine. 61,71 

A midi 11 soluble.... 38,29 

100,00 

La partie puise par l'eau zro, ayant t traite par ce liquide bouil- 
lant, a donn une liqueur qui, aprs avoir t filtre et vapore siccit 
dans le vide, a fourni 

Amidine 60, 3 1 

Amidin soluble. ... 3g, 6g 

100,00 

La partie insoluble dans l'eau bouillante s'est leve 2,12 parties pour 
cent de fcule. 

M. Gurin fait observer que cette dernire analyse se confond avec celle 
qu'il a consigne dans son premier mmoire sur l'amidon. 

En comparant entre eux les rsultats obtenus la temprature de la 
glace fondante, et celle de l'eau bouillante, on voit que l'eau agit sur 
l'amidon ioo comme zro. Or, comme on ne connat aujourd'hui au- 
cune substance qui , par l'action seule de l'eau o, soit transforme en 
plusieurs produits distincts ( except , bien entendu , le nitrate de bismuth 
et autres produits analogues), l'auteur en conclut que l'eau bouillante ne 
transforme pas la fcule en amidine et en amidin soluble, comme on pou- 
vait tre port le croire d'aprs les modifications que l'eau et la chaleur 
font prouver la constitution de plusieurs produits de l'organisation. 

Les rsultats ci-dessus conduisent la composition suivante : 

Amidin tgumen taire . ... 2, 12 

Amidin soluble 38, i3 

Amidine 5c) , 7 5 

ioo, 00 

M. Gurin a trouv que la temprature de 20 au-dessous de zro ne 
spare pas compltement l'amidin soluble de l'amidine. 

Les nombreuses analyses lmentaires de l'amidon , des amidins tgu- 
mentaire et soluble desschs i35 c. dans le vide, et l'analyse de l'a- 
midine dessche 11 5 c. dans le vide, permettent de reprsenter ces 
substances comme il suit : 

Amidon = C"H !o 0', Amidine = C ,o H ,o 6 , 
Amidin tgumen taire = Amidin soluble = C 7 H 10 0', 



en sorte qu'on a 






( n8) 

CH-'O!" = C lo H ,o 6 -f C'H'0* 
Amidon = Amidine + Amidins. 



Ces formules atomiques montrent que l'amidon quivaut du carbone 
plus de l'eau ; que l'amidine est quivalente du carbone plus de l'eau, 
plus de l'oxigne ; enfin que l'amidin est reprsent par du carbone , de 
l'eau et de l'hydrogne. Il est remarquer que l'oxigne en excs dans l'a- 
midine est en proportion ncessaire pour faire de l'eau avec les deux 
atomes d'hydrogne en excs dans l'amidin. 

L'galit prcdente sert contrler l'analyse immdiate de l'amidon , 
et rciproquement. En calculant , d'aprs la formule ci-dessus, combien 
ioo p. de fcule renferment d' amidine, d'amidin soluble et d'amidin tgu- 
men taire, on trouve 

Amidine 58,85 

Amidins soluble et tgumentaire. 4 1 > '5 

100,00 
on a obtenu prcdemment par l'exprience 

Amidine 5g, ^5 

Amidins soluble et tgumentaire. ^o,i5 

100,00 

Ces deux derniers rsultats s'accordent autant qu'il est possible de 
l'esprer dans de semblables expriences. 

M. Gurin a constat que la diastase transforme l'amidin tgumen- 
taire et l'amidin soluble hydrats , en matire sucre et en une substance 
insoluble dans l'eau, ne bleuissant plus par l'iode. Quand ces amidins ont 
t desschs soit dans le vide sous le rcipient de la machine pneu- 
matique, soit dans une tuve, la diastase n'a pas d'action sensible sur 
eux. 

L'acide sulfurique agit faiblement sur ces amidins desschs. 

L'auteur trouve que ioo p. de fcule contiennent 1,705 p. de matire 
insoluble ne bleuissant plus par l'iode, nombre qui diffre essentiellement 
de 2, 12 reprsentant l'amidin tgumentaire contenu dans la mme quan- 
tit de fcule. 

La matire ne bleuissant plus par l'iode ayant t soumise l'analyse, 
a donn 



( "9) 

Premire analyse. . Deuxime analyse. 

Carbone 477' 47 >^ 

Hydrogne... 7,07 7,11 

Oxigne 4^>2o 45 21 

100,00 100,00 

Ces analyses compares celles de l'amidin tgumentaire mettent en 
vidence la diffrence qui existe entre ces deux substances. 

On peut faire ici deux hypothses : la premire consiste regarder l'a- 
midin tgumentaire comme compos de tguments ne bleuissant plus par 
l'iode, et d'araidine. Dans la seconde hypothse , on considre l'amidin t- 
gumentaire comme un principe immdiat. 

En admettant la premire manire de voir, et en partant des rsultats 
ci-dessus noncs, 100 p. d'amidin tgumentaire contiendraient 8o,4* p. 
de tguments ne bleuissant plus avec l'iode, et 19, 58 p. d'amidine; par suite 
la composition lmentaire de cet amidin serait 

Carbone 4^.86 

Hydrogne. . . 6,56 

0xi s ne 44>58 

100,00 

analyse qui s'loigne beaucoup decelle qu'on a obtenue en analysant directe- 
ment l'amidin tgumentaire. Si en outre, on fait attention l'action nergique 
que la diastase exerce sur l'amidon l'tat d'empois, on sera port rejeter 
la premire hypothse, et admettre la seconde. 

L'auteur termine son mmoire en faisant observer que les expriences 
fondamentales, comme par exemple l'analyse immdiate de l'amidon au 
moyen de l'eau o et de la dessiccation dans le vide, ont t rptes par 
lui-mme avec et devant M. Pelouze. 

zoologie. Nouveau genre de vers trouvs dans les muscles de l'homme; 

par M. Richard Owen. 

M. de Blainville met sous les yeux de l'Acadmie, de la part de M. Owen, 
un morceau du muscle grand pectoral d'un homme, contenant un trs 
grand nombre d'individus d'une espce de vers intestinal, de la longueur 
d'une demi-ligne au plus, de forme cylindrique, pourvu d'un orifice buc- 

C. R, i836. !< Semestre. * 



cai antrieur, auquel M. Owen donne le nom de trichina spiralis , parce 
qu'il est le plus souvent solitairement , enroul dans un kiste form aux d- 
pens du tissu cellulaire du muscle. La petitesse extrme de cet entozoaire* 
a empch M. Owen- d'en connatre compltement la structure ; mais il 
en a observ assez pour tre certain qu'il ne peut entrer dans aucun 
des genres jusqu'ici connus, ce qui l'a dtermin en former un nouveau. 
Ce ver n'a encore t trouv en quantit considrable que dans le sys- 
tme musculqire de la vie animale ,. et jamais dans le tissu du cur ni 
dans celui des intestins, et qela. dans trois cas dj observs: l'un sur le 
cadavre d'un italien de 5o ans, mort de consomption la suite d'une ma- 
ladie de poitrine; le second, sur une femme irlandaise, morte dans un 
tat de consomption dtermin par un vaste ulcre la cuisse , et enfin 
le troisime, sur le cadavre d'un homme mort l'hpital S'- Bartholom, 
sans, que l'qn dise de quelle maladie. 

chirurgie. De la lithotritie , considre sous le rapport de ses accidents- 
rels et de ses accidents supposs ; par M. Sgalas. 

L'auteur compte, parmi les accidents qu'il appelle supposs, c'est--dire 
qu'il n'a point observs la suite de la lithotritie opre selon sa m- 
thode, Yhmorrhagie , Y arrt de fragments de pierre dans l'urtre, la 
dchirure de l'urtre , etc. 

H compte , parmi les accidents rels , c'est--dire qu'il a eu occasion de 
voir se dvelopper la suite de l'opration pratique selon sa mthode , 
la nphrite , X dme, et une raction , soit sur le tube digestif, soit sur le 
cerveau , soit sur les poumons , soit sur le cur. 

Pour ce chirurgien, il y a entre la- douleur que cause l lithotritie, 
et celle que produit la taille, une norme diffrence. Ha opr plu- 
sieurs malades pendant que ceux-ci croyaient tre soumis un simple 
cathtrisme , et plusieurs autres alors qu'ils donnaient des preuves non 
quivoques de l'absence de toute souffrance. 

La rcidive de la pierre ne lui parat pas tre plus frquente aprs la 
lithotritie qu'aprs la taille , et les conditions dans lesquelles elle arrive 
lui semblent tre les mmes. Les rcidives en trs petit nombre qu'il a 
observes, ont eu lieu, i chez des sujets qui, prcdemment, taient 
affects de la gravelle, chez lesquels > par consquent, un gravier a pu 
descendre des reins et grossir dans le rservoir de l'urine ; 2 chez des 



( *> ) 

sujets atteints d'une maladie organique de la vessie, chez lesquels la 
pierre , de nature phosphatrque , 's'tait dveloppe videmment sous l'in- 
fl tien ce de cette 'maladie. Or, dit-il, ce sont l prcisment les conditions 
dans lesquelles on 'rferhav que 'l retour de la pierre par la taille. 

La consquence gnrale dduire des faits rapports dans son m- 
moire est, selon M. Sgalas, que la lithotritie offre des accidents moins 
nombreux et moins graves que ceux de la teille. Toutefois, il n'en reste 
pas moins convaincu que le chirurgien fi'ppeU prs -d'un malade qui a la 
pierre, doit peser les conditions dans lesquelles se trouve ce malade, 
non-seulement sous le rapport du volume et e la nature prsume du 
calcul , non seulement sous celui des diverses parties 'de l'appareil uri- 
naire , mais encore sons le point de vue fie l'ge , cte la constitution et des 
dispositions maladives. Il h'est permis de prendre parti potir la lithotritie 
et de repousser la taille qu*aprs avoir bien rapproch, bien compar, 
pour le cas prsent, les avantages, les inconvnients et les rsultats pro- 
bables de chacune de ces mthodes. 

M. Sgalas pense que le meilleur moyen d'viter la cystite la suite 

le la lithotritie, est de faire des 'sances 'COWi'teS tet loignes , d'achever la 

division d'un calcul ou d'un fragment de calcul avant de commencer 

celle d'un second, et de tenir autant que possible le malade au repos, au 

rgime, et l'usage d'une boisson mucilagineuS. 

physiologie vgtale. Mmoire sur la vgtation cls crales sous de 
hautes tempratures ; par MM. Edwards et Colin. 

^t 1 Dans Un mmoire lu l'Acadmie le 3 fvrier i834. MM. Edwards et 
Colin avaient examin l'influence de la chaleur sur la germination , et 
avaient constat que les graines de nos crales ne supportaient gure une 
temprature de 45" c. , quoiqu'elles fussent dans des circonstances favo- 
rables la germination ; ce qui les a conduits rechercher s'il n'y 
ivait pas des climats trop chauds pour que nos crales pussent y russir. 
Ils ont fait leurs premires recherches sur notre bl d'hiver et le bl de 
mars, comme ces bls diffrent en volume, les graines de bl d'hiver 
tant beaucoup plus grandes, \\ leur a paru que les diffrences dans la 
vgtation pourraient devenir pfrrs saillantes en faisant contraster davan- 
tage les diffrences de volume. C'est pourquoi ils trirent 53o des plus 
grosses graines de bl d'hiver, qu'ils semrtrtt comparativement avec un 
mme nombre de graines de bl <le mars, sans retnvetion de volume. Au 

18.. 



( "2 ) 

- lieu de semer en mars, ils le firent le a3 avril, afin que l'influence de la 
chaleur ft plus prononce. Les deux varits levrent, comme de cou- 
tume, ne prsentant rien de particulier. Elles continurent pendant quel- 
que temps crotre de mme; mais le bl d'hiver ne poursuivit pas son 
dveloppement normal; il continua prsenter le mme aspect qu'il avait 
d'abord, c'est--dire qu'il conserva sa forme de premier ge. On sait qu'a- 
lors le bl est en herbe, qu'il n'a pour ainsi dire pas de tige , et que la 
plante est presque tout en feuilles. C'est ainsi qu'elle continua crotre, ne 
prsentant que des touffes de feuilles, les tiges tant trop petites pour 
qu'elles parussent. L'accroissement de la plante ne se bornait pas l'allon- 
gement de la feuille, mais il consistait aussi dans la multiplication des 
petites tiges , ou , en d'autres termes , la plante avait beaucoup tall ; mais 
chaque talle tait excessivement courte et cache sous la touffe des feuilles. 
Il n'y eut pas une seule exception dans la vgtation de ces 53o graines 
de bl d'hiver. 

Cependant sous les mmes influences, les graines de bl de mars par- 
coururent rgulirement leurs diverses phases de vgtation, poussant rapi- 
dement des tiges droites, et formant ensuite des pis qui mrirent l'poque 
ordinaire. De mme, cette marche de dveloppement, il n'y eut pas une 
seule exception. 

Reste donc une varit de nos crales, le bl d'hiver grosses graines, 
qui ne russirait pas dans les rgions dont la temprature est gale celle 
du mois de mars parmi nous, l'poque de l'exprience. 

Pour dterminer si les petites graines ne se comporteraient pas autre- 
ment, on en choisit un pareil nombre qui pesaient peu prs moiti autaut 
que les grosses , et qui furent semes en mme temps (23 avril). Elles 
poussrent d'abord comme les prcdentes, mais ensuite il y eut une diff- 
rence notable, car un grand nombre d'entre elles monta en tige en mme 
temps que le bl de mars et de la mme manire ; sur les 53o petites graines 
de bl d'hiver, il y en eut 60 qui formrent de hautes tiges et mrirent. Les 
470 restrent en herbe comme toutes les grosses graines d'hiver, semes 
comparativement. 

Ainsi le volume de la graine est une condition qui modifie puissam- 
ment le dveloppement de la plante sous l'influence d'une chaleur leve; 
mais il est vident qu'elle n'est pas la seule, et mme qu'elle n'est pas la 
principale; ce que l'on peut voir parle rapport du nombre qui est mont 
en tiges avec celui qui est rest en herbe. Il faut donc qu'il y ait dans le 
bl de mars des diffrences constitutives qui permettent toutes les- 



( i*3) 

graines de bl de mars de se dvelopper d'une manire normale dans ces 
limites de temprature. 

Les auteurs ont pens que le bl de mars lui-mme cderait une 
pareille influence; et comme il fallait le soumettre une plus haute tem- 
prature , ils l'ont sem le 3 juillet. La chaleur ne l'empcha pas de ger- 
mer et de pousser comme de coutume, mais on ne tarda pas reconnatre 
qu'il poussait des feuilles longues et touffues , et ne semblait pas dispos 
monter en tige. En effet, les plantes de ce bl existrent dans cet tat 
pendant le mois de juillet et une grande partie du mois d'aot; c'est-- 
dire que le bl de mars resta en herbe et ne put se dvelopper en mon- 
tant en tige pendant la saison la plus chaude de l'anne. Ce qui est survenu 
ensuite dans le dclin de la saison fait vivement ressortir le rapport in- 
diqu plus haut; car le bl de mars, qui, tant que la chaleur du mois 
de juillet et de la premire moiti d'aot s'est soutenue, avait t arrt 
dans son dveloppement, et tait rest en herbe, commena pousser des 
tiges ds que la temprature et baiss. Les auteurs ont vari la nature 
du sol, mais aucune des nombreuses varits qu'ils ont employes n'a 
pu contrebalancer l'influence de la chaleur pour arrter le dveloppement 
des crales. Ainsi l'influence de ce degr de chaleur est prpondrante, 
rsultat important pour l'application; car sans avoir gard la nature 
des terrains , il suffira de connatre la temprature d'un pays pour en tirer 
des conclusions relatives l'influence de la chaleur sur les plantes dont il 
s'agit. Ce n'est pas que la nature du sol soit, cet gard, sans effet; mais 
comme il est incomparablement moindre, il se borne dplacer un peu la 
limite de chaleur qui produit l'arrt de dveloppement. Les auteurs se 
proposent de revenir plus tard sur ce sujet. 

Ils ont tendu le mme genre de recherches Yorge et au seigle, et 
ils ont obtenu le mme rsultat. Ainsi nos principales crales ne sauraient 
se dvelopper sous une temprature semblable celle qui a rgn l'- 
poque de ces expriences. 

En comparant la mesure fournie par l'exprimentation, loin des con- 
tres quinoxiales,avec celle que l'observation a donne sur les lieux mmes 
on forme le parallle suivant : 

i. La temprature queMM.EdwardsetColinontconstatcommeformant 
la limite de chaleur o nos principales crales commencent ne pouvoir se 
dvelopper d'une manire normale, est de i8,a3 c. (temprature moyenne 
du mois de mai i834), ce qui s'accorde parfaitement avec celle de 1 8 19 e c. 
de temprature moyenne, que M. de Humboldt a assigne aux climats 



( *# ) 

*empislesplus'favorableslaculturedenos crales, le froment, l'paulre, 
l'orge, l'avoine et le seigle, accord qui n'est pas moins remarquable avec 
la limite le 1 8,8 c. , que M. Boussingault a observe dans les Cordillires 
pour le 'bl et l'orge. 

a". MM. Edwards et Colin ont dtermin que la raison pour laquelle 
les crales soumises leurs expriences ne russissent pas sous l'influence 
d'une grande cbaleur, est qu'elles ne sauraient monter en tiges , et qu'elles 
restent en herbe. Tel est aussi, d'aprs M. de Hirm'boldt, le rsultat de la 
euhure aux environs de Xalappa 

3. Ces auteurs ont reconnu que 1a vgtation de nos crales restes 
en herbe, sous l'influerrce de cette cause, tait trs vigoureuse et les rendait 
propres fournir une excellente pture; ce qui concide exactement avec 
ce que M. de Humboldt rapporte des qualits et des usages du froment 
que l'on sme aux environs de Xalappa. 

4". Us ont dduit de diverses sries d'expriences sur diffrentes c- 
rales de notre climat, qu'il n'y avait pas une limite unique de chaleur & 
leur dveloppement normal, mais qu'il y en avait deux, l'une infrieure, 
gale 1 8 c, o quelques-unes de nos principales crales commencent ne 
pouvoir se dvelopper, l'autre suprieure, gale :>.i cent. , o toutes ces 
crales sont arrtes dans leur dveloppement. Voil ce qui explique les 
cas exceptionnels rapports par M. de Humboldt. 

Ainsi les conditions fondamentales -d'o dpend le dveloppement 
normal des -crales, sous de hautes tempratures, se rapportent deux 
chefs principaux, i. la limite de temprature, 2. la qualit et la nature 
de la graine. Quanta l'lvation de temprature qu'il faudrait pour emp- 
cher le dveloppement complet de toutes les crales sans exception, il 
serait difficile de le dterminer, puisque le mais, sem dans la saison la 
plus chaude de l'anne, prsente, tant que durent les grandes chaleurs, 
tin dveloppement normal. Il parait mme, d'aprs ce qtie M. Boussingault 
a communiqu aux auteurs, que plus il fait chaud, plus il prospre. 

Ce que devient le bl d'hiver , sem dans nos climats sous une tem- 
prature leve, prsente un phnomne remarquable et une application 
utile. Dans le dclin de la saison, l'herbe finit par prir, mais non la ra- 
cine. Comme le froid succde, et ensuite une chaleur doucement gradue, 
la plante alors se dveloppe d'une manire normale, monte en tige et par- 
court toutes ses priodes aux poques dtermines, mais avec cette diff- 
rence, en faveur de la nouvelle plante, qu'elle est plus vigoureuse; car 
.ivant la premire anne form beaucoup le petites tales, elle pousse l'an- 



( N ) 

ne suivante avec ce surcrot de tiges , ef porte une rcolte abondante. On 
pourrait donc tirer parti de cette influence d'une haute temprature et se 
servir de la mme graine pour, obtenir en deux annes deux rcolles dont 
l'une pour les bestiaux, l'autre pour l'homme; l'une et l'autre d'une qualit 
suprieure. Sous le rapport scientifique, cette influence de la temprature 
n'est pas moins intressante. On voit comment l'action de la chaleur peut 
rendre la mme plante annuelle ou bisannuelle, et l'on ne saurait douter 
que de pareils faits ne se prsentent souvent dans la nature. 

JU sajice est leve 5 heures. F, 



- 






( i*6 ) \& 



BULLETIN RIBLIOGRAPIHQUE. 



L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres ; 

Comptes rendus hebdomadaires des Sances de l'Acadmie des Sciences , 
n 4, i836, in-4 . 

loge historique de M. G. Cuvier; par M. Flourens, secrtaire perptuel 
de l'Acadmie des Sciences, lu la sance publique du 29 dcembre i854; 
in-4 . 

Annuaire du Bureau des Longitudes , pour i856 ; in- 18. 

Mmoire sur la Bibliothque royale; par M. B. Delessert; Paris, i835, 
in-8\ 

A Monograph qf the ramphastid orfamily of toucans ; hy J. Gould ; 
London, i835, in-folio. (M. Isidore Geoffroy Saint- Hilaire est charg d'en 
rendre un compte verbal.) 

Guy's hospital reports , n' 1 ; january i836; edited by George, H. Bar- 
low et James P. Babington ; London , in-8. 

Annuaire de l'Observatoire de Bruxelles pour 1 836 y par le directeur 
M. A. Quetelet; in-12. 

Memorie dlia reale Academia dlie Scienze di Torino ; tome 38, Turin, 
i855, in-4- 

Note sur une assertion publie par M. V allt } au sujet d'une maladie de 
la Vigne observe Genve en i838y par MM. Duby et Alph. de Candolle; 
in-8". 

Histoire naturelle des Iles Canaries ; par MM. Webb et Berthelot; 3' li- 
vraison, in-4 et atlas in-folio. 

Statistique gnrale de la Chambre des Dputs , session de 1 836; par 
M. Chatelin ; in-4. 

Mmoire sur le Cholra-Morbus de Metz;parM. J. Pascal; un vol. in-8* 
Paris. (Rserv pour le concours Montyon.) 

Aperu systmatique sur la Navigation dans l'air et sur la direction des 
arostats ; par M. L. Duperron; prcd dune introduction par M. Dupuis- 
Delcourt; Paris, i834, in-8*. (Ce mmoire est renvoy MM. Gay-Lussac 
etNavier, chargs de rendre compte de la .lettre de M. Robert Heizel, sur 
le mme sujet.) 






( <*7 ) 

Prcis statistique sur le Canton de Songeons, arrondissement de Beauvais 
(Oise); par M. Graves; in-8. (Extrait de X Annuaire du dpartement de 
VOise,e i836.) 

Prcis historique sur le Canton de Crvecur, arrondissement de Cler- 
mont (Oise); par M. Graves; in-8 c . (Extrait de l'Annuaire du dpartement 
de l'Oise.) 

Recherches sur les Causes de la maladie dite colique de plomb , chez les 
ouvriers qui prparent la cruse;par M. A. Chevallier; in-8 e . 

Socit havraise d 'tudes diverses. Rsum analytique des travaux de la 
seconde anne; par M. Millet Saint-Pierre; le Havre, i835, in-8. 

Mmorial encyclopdique et progressif des Connaissances humaines ; 

5 e anne, n 8 6o. 

Annales de la Socit d'Horticulture de Paris ; tome 18, toi* livraison, 
in-8. 

Annnales de Chimie et de Physique; par MM. Gay-Lussac et Arago; 
octobre, i835,in-8. 

Journal hebdomadaire des Sciences mdicales; n 5, i836,in-8*. 

Gazette mdicale de Paris; tome 4, n 5, i836, in-4". 

Gazette des Hpitaux; n 1 1 i3, tome 10, in-4. 

cho du monde savant; 3 e anne, n 4> in-4. 



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COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



i 







SEANCE DU LUNDI 8 FVRIER 1836. 
PRSIDENCE DE M. CH. DUPIN. 



CORRESPONDANCE . 

M. Charles Dupin, Prsident, rend compte des dmarches qu'il avait 
t charg de faire a pour que le Compte rendu hebdomadaire des sances 
de l'Acadmie soit exempt de tout droit de timbre, comme exclusive- 
ment consacr la publication des dcouvertes scientifiques , et abso- 
lument tranger des spculations commerciales. Le Ministre des 
finances et M. le Directeur gnral de l'enregistrement ont jug cette 
question avec une bienveillance claire, et leur dcision fait droit la 
rclamation. 

M. de la Saussaye, secrtaire gnral de la quatrime session du Con- 
grs scientifique de France, adresse une circulaire gnrale ayant pour 
objet d'inviter les socits savantes, soit adresser des questions au 
Congrs, soit envoyer des dputs qui prendraient part aux travaux de 
cette assemble. Dans la position, dit-il, o se trouve une runion scien- 
tifique encore ses dbuts, les obligations de son secrtaire doivent se 
borner soumettre aux lumires et la critique bienveillante de l'Aca- 
demie, les actes du Congrs, et rclamer pour l'institution un hono- 
rable patronage, si elle en tait juge digne. 

C. R. i836. i" Semestre. 20 









( i3o) 

M. A'icod envoie de nouvelles observations sur les polypes de la vessie 
et les fistules urinaires ; il dsire que la mthode qu'il a imagine pour 
le traitement de ces maladies soit admise parmi les pices appeles con- 
courir pour le grand prix de chirurgie de cette anne. 

chimie. Thorie des combinaisons organiques ; par M. Auguste 

\ LA.UREHT. 

i. Les atomes ou les molcules, en se combinant pour former des 
composs organiques, suivent des lois aussi simples que celles que M. Gay- 
Lussac a tablies pour les gaz, c'est--dire que i, 2,3, 4- atomes, mol- 
cules ou volumes d'un corps simple ou compos, se combinent avec 
i, 2, 3, /\.... atomes, molcules ou volumes d'un autre corps simple ou 
compos. 

2, Toutes les combinaisons organiques drivent d'un bydrogne car- 
bon, radical fondamental, qui souvent n'existe plus dans ces combi- 
naisons , mais y est reprsent par un radical driv, renfermant autant 
d'quivalents que lui. 

3. Dans ces hydrognes carbons, le rapport du nombre des atomes 
du carbone, est celui des atomes de l'hydrogne, comme ,3,7, |... , 
c'est--dire dans un rapport simple. 

4- Si Ion fait autant de sries qu'il y aura de rapports diffrents, 
tous les hydrognes carbons viendront s'y ranger; mais dans une mme 
srie , il y aura plusieurs hydrognes carbons qui diffreront les uns des 
autres, parce que le rapport qui les exprime sera multipli par 1,2, 3, 
4, 5,.... 10...., etc. 

5. Ces hydrognes carbons, soumis une action dshydrognante, 
perdront peu peu leur hydrogne , mais gagneront toujours en change 
autant d'quivalents du corps dshydrognant qu'ils auront perdu d'qui- 
valents d'hydrogne; de sorte que si, une poque quelconque, on fait 
la somme des quivalents de l'hydrogne restant et du corps substituant, 
elle sera toujours celle des quivalents de carbone , dans le mme rap- 
port qu'avant la dshydrognation , e'est--dire dans un rapport simple, 
on obtiendra un radical driv. 

6. Une partie du corps dshydrognant passera, soit l'tat d'eau, 
soit l'tat d'acide hydrochlorique , etc...., qui tantt se dgagera, tantt 
restera combin avec le nouveau radical form. 

7 . Le radical fondamental et ses radicaux drivs, seront des corps 



( >3r ) 

neutres ou capables de s'unir aux acides, quelle que soit d'ailleurs la quan- 
tit d'oxigne, d'hydrogne, de chlore, etc...., existant dans le radical ; et 
le volume de celui-ci sera au volume du corps qui le salifie, dans un rap- 
port simple. 

8. Lorsque le corps dshydrognant, l'oxigne, par exemple, en- 
trera dans la combinaison, mais hors du radical, il la rendra acide, quelque 
grande que soit la quantit de carbone, d'hydrogne ou d'oxigne entrant 
dans le radical , et quelque petite que soit la quantit d'oxigne hors du 
radical; l'acidit ne dpendant nullement du rapport du carbone et de 
l'hydrogne l'oxigne, mais seulement de la place de celui-ci. 

9 . Le chlore, le brome, etc., dans les mmes circonstances forme- 
ront des chlorures ou des bromures acides. 

L'hydrogne entrant dans la combinaison, mais seul et hors du radi- 
cal, formera un hydracide ou une hydrobase. 

io. Si l'on fait alors (8 et 9 ) la somme des quivalents de l'oxigne 
ou du chlore et de l'hydrogne total existant dans la combinaison , elle 
sera celle des quivalents du carbone dans un rapport quelconque; mais 
si l'on compare les quivalents du carbone la somme des quivalents de 
l'hydrogne et de l'oxigne, ou du chlore existant dans le radical, ces deux 
nombres seront toujours dans un rapport simple; et de plus, le volume 
du radical sera au volume de l'oxigne, ou du chlore, ou de l'hydrogne, 
qui l'acidifie, dans un rapport simple, semblable ceux qui existent dans 
les combinaisons du soufre, de l'azote, etc., avec l'oxigne ou l'hydrogne. 

ii. Le chlore, l'oxigne, ete. , en augmentant, soit dans le radical, 
comme tel, soit hors du radical, le chlore l'tat d'acide hydrochlorique, 
l'oxigne pour l'acidifier, forcent le radical se diviser en deux, puis en 
quatre, etc., afin que la capacit de saturation du nouveau radical soit 
semblable celle des oxides dans les sels neutres , soit afin que le rapport 
du volume du radical au volume de l'oxigne qui l'acidifie reste toujours 
dans la limite des nombres simples. 

12. Le chlore, le brome, etc. , existant dans une combinaison hors 
du radical, on pourra les enlever l'aide des alcalis, ou del chaleur, ou 
d'autres agents, et non s'ils sont dans le radical. 

En gnral, on pourra enlever les corps existants hors du radical, ou 
une partie seulement, sans les remplacer ou en les remplaant tous ou 
partiellement par des quivalents. 

i3. Si l'on enlve du carbone la combinaison , elle sortira de la srie 
et renfermera un nouveau radical; celui-ci appartiendra une autre srie 

20.. 



( '3 2 ) 

qui n'aura plus de rapports avec la premire. Si on le dtruit de mme eii 
lui enlevant du carbone, il sortira de sa nouvelle srie pour entrer dans 
une troisime, et mme quelquefois dans la premire, mais dans une place 
infrieure, par exemple, ddoubl. 

i4. Un corps tant donn, et ne renfermant plus son radical fonda- 
mental, on pourra cependant le dcouvrir en remplaant, par la pense, 
le corps dshydrognant entrant dans le radical, par l'hydrogne primiti- 
vement enlev ou suppos tel. 



de 



mcanique. Sur un moyen de transporter rapidement des dpches 
grandes distances ; par M. Ador. 

L'auteur propose de faire mouvoir les botes contenant des dpches 
travers de longs canaux, par l'action de l'air comprim. On sait qu'un 
moyen analogue a dj t essay en Angleterre; c'tait en faisant le vide 
derrire l'enveloppe transporter, qu'on lui faisait parcourir un canal dont 
elle remplissait presque exactement la section. 

optique. application de la Camra lucida au-dessus d' objets tudis la 
loupe ; par MM. Miljne Edwards et L. Doyre. 

Les personnes qui s'occupent de recherches l'aide de grossissements 
trs forts, savent le service que rendit la science M. Amici, lorsque l'in- 
vention de son beau microscope horizontal lui permit d'y appliquer la ca- 
mra lucida. Elles savent aussi que l'on n'avait pas encore russi faire la 
mme application au microscope vertical et mme jusqu' ces jours der- 
niers, aux loupes simples, d'o rsultait l'impossibilit de dessiner avec les 
facilits que donne cet instrument sous des grossissements trs faibles. 
Un opticien habile, M. Charles Chevallier, a tranch une partie de la 
difficult en plaant le microscope simple dans la position horizontale; 
mais le porte -objet devenant par cela mme vertical, cette disposi- 
tion avait entre autres l'inconvnient de ne pouvoir s'appliquer aux 
objets dissqus sous l'eau, condition indispensable pour les recherches 
d'anatomie dlicate. Ayant besoin d'un instrument de ce genre pour des re- 
cherches que nous faisons en commun, nous sommes arrivs, aprs quel- 
ques tentatives, un rsultat qui nous parat pouvoir tre utile aux natura- 
listes qui se livrent ces sortes d'tudes et que nous nous empressons. y 
pour cette raison, de rendre public. 

- 



( 33 ) 

A l'aide de deux- miroirs plans disposs sous des angles de 45, l'un 
entre l'il et la loupe, l'autre vis--vis du premier et au-dessus du papier , 
nous faisons concider l'image de la pointe du crayon avec celle de l'objet 
vu directement travers la lentille simple ou le miscroscope vertical. Cette 
disposition est d'une extrme simplicit et ne ncessite aucun drangement 
dans l'objet soumis l'observation. Il peut d'ailleurs s'appliquer tous les 
instruments au moyen de quelque changement facile dans la disposition 
que nous avons t conduits lui donner. 

ovologie des iivvektdrs. Dveloppement des Mollusques ; par 

M. Emile Jacquemn. 

Le dveloppement de l'embryon ne commence pas chez le planorbe 
dans un seul point du vitellus comme chez les animaux suprieurs, mais 
bien dans tous les points la fois. Son enveloppe membraneuse , transpa- 
rente, est une pellicule mince qui, par transformation et par dveloppement 
successifs, constitue les organes de la vie animale; tandis que les granules 
de l'intrieur du vitellus, rapprochs vers le troisime ou quatrime jour 
aprs la ponte, pour former les parois des gros globules galement trans- 
parents sont les premiers rudiments des organes de la vie vgtale. 

Ces derniers organes se dveloppent beaucoup plus lentement que les 
premiers. 

La cicatrice et la vsicule de Purkinj sont trs dveloppes et trs dis- 
tinctes dans l'uf du planorbe retir de l'ovaire; ils disparaissent peu peu 
pendant son passage et son sjour dans la poche ou vasement de l'oviducte 
appel matrice, de manire qu'il n'en reste plus de trace au moment tjfja 
ponte. 

La cause primitive des mouvements de rotation en sens horizontal 
qu'exerce le vitellus vers le troisime ou quatrime jour aprs la ponte, est 
due aux mouvements de vibration ondulatoires qui s'aperoivent sur sa cir- 
confrence trente-six quarante-huit heures aprs la ponte, selon l'tat de 
l'atmosphre. Ces mouvements occasionent un tourbillon dans l'albumine 
qui finit par entraner le vitellus, comme l'ont dj si bien dmontr les 
profondes recherches de M. Carus. 

La partie vibrante, de la circonfrence du vitellus constitue les rudi- 
ments des organes de la respiration. Ces organes une fois en vibration ne 



V 



( i34) 
cessent plus de l'tre pendant toute la dure de la respiration branchiale; 
c'est--dire jusqu' ce que les organes de la respiration pulmonaire se 
soient dvelopps, ce qui arrive vers le sixime ou huitime jour de la vie 
extra-ovulaire. 

zoologie. Lettre sur les animaux microscopiques) par M. Peltier. 

La richesse d'organisation dont M. Ehrenberg a dou les animalcules 
microscopiques, a provoqu de toutes parts des recherches sur cet objet : 
aucun des micrographes que j'ai vus n'a pu retrouver les nombreux esto- 
macs qu'il a dcouverts par centaines. C'est tout aussi vainement que je 
les ai cherchs. Ce non-succs m'a dtermin communiquer l'Aca- 
dmie les observations qui conduisent des conclusions diffrentes 
de celles de l'observateur allemand, et de celles que M. Dujardin a places 
dans sa dernire lettre l'Acadmie des Sciences. 

Pour faire ces observations avec fruit, il faut garder la mme goutte 
d'eau pendant plusieurs jours , afin de faire prir par une lente inanition 
les animalcules qu'elle contient. Au moyen de quelques prcautions 
dans le jeu de la lumire , j'ai vu des cils simples ou multiples tous 
les volvoces, toutes les enchlides, aux gones, etc., etc. J'ai remarqu 
une enchlide arme d'une trompe dont le boiit est divis en soies plus 
fines, qu'elle fait vibrer la manire des vorticelles. Elle se dirige du 
ct de sa flexion gnrale, mais ce n'est pas par le seul moyen de la 
trompe, comme il est facile d'en juger par les diverses courbures qu'elle 
donne son extrmit , sans que la ligne de progression en soit dvie. Je 
me suis assur plusieurs fois que ces organes vibratoires ne sont que des 
prolongements de la membrane extrieure , comme les doigts d'un gant 
sont les prolongements de la main. A mesure que la goutte d'eau s'appau- 
vrit, la plupart des animalcules donnent plus de dveloppement leurs 
extensions de contact; souvent des vsicules nouvelles poussent sur les 
cts de la couronne des vorticelles et des bourgeons cphaliques de la 
cyclide rostre. Les protes se transforment d'autant plus que la goutte 
d'eau est plus ancienne. 

J'ai suivi l'altration qu'prouvent les globules intrieurs: clans les k- 
rones pustuleuses, par exemple, ces globules perdent leurs belles couleurs 
d'abord , puis ils diminuent de volume , ensuite de nombre ; ils se groupent 
ingalement contre la paroi de la membrane extrieure , et la plus grande 
partie se rapproche de la portion antrieure de l'animal. Un peu plus tard, 
les cils postrieurs eessent leur mouvement, puis successivement les plus 



(,35) 

antrieurs; alors l'animal a cess de vivre. Chez d'autres, il se forme une 
chancrurc au milieu ; elle augmente de plus en plus et finit par sparer 
les deux moitis. La moiti antrieure continue vivre; elle parat mme 
avoir repris de l'nergie par cette perte de la moiti postrieure de sa 
substance. Cette dernire meurt souvent aussitt, mais quelquefois pour- 
tant , lorsque la sparation ne laisse pas d'ouverture, elle continue vivre 
pour son propre compte , et elle reprend quelques mouvements affaiblis 
et se trane ainsi pendant un temps assez court. Dans tous Tes cas, l'instant 
de la mort de l'individu ainsi affaibli rend libres , et leur propre sponta- 
nit , le reste des globules que la krone contenait encore ; l'enveloppe 
vsiculaire se rsout elle-mme en globules excessivement petits , grouil- 
lant pendant quelque temps dans l'espace o ils ont retrouv leur libert. 
Pendant cette opration, il arrive quelquefois des occasions de voir parfai- 
tement la forme tubuleuse ou cilie de la vsicule gnrale formant des 
appendices. 

Je pourrais encore citer une' autre observation sur la division cru- 
ciale d'une cyclide rniforme qui a t prcde galement de la spon- 
tanit de tous les globules intrieurs, ce qui ne peut concorder ni avec 
les ccecums de M. Ehrenberg , ni avec les vacuoles remplies de liquide 
de M. Dujardin. Enfin j'ai produit par inanition sur un grand nombre 
d'animalcules un effet analogue celui qu'opre un excs de nutrition, la 
multiplication des individus par sparation. Dans les espces qui ont un 
vaisseau dorsal, comme dans les naades digiles, on voit que la 
sparation se fait o cesse d'arriver la faible portion du liquide nu- 
tritif, absorb par les parties antrieures. C'est un fait dont la phy- 
siologie doit tenir compte dans l'explication de la gnration et de l'indivi- 
dualit. 

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( i36) 



MMOIRES PRSENTS. 

expdition de la. bonite. Observations magntiques faites Toulon 
par MM. Darondeau, Chevalier et de Missiesst. 

Les jeunes officiers auxquels l'Acadmie doit ce premier envoi ont mis 
profit leur sjour Toulon pour mesurer plusieurs reprises l'inclinai- 
son, la dclinaison et l'intensit magntiques. Ils ont aussi observ pen- 
dant onze jours, de quart d'heure en quart d'heure, les variations del 
dclinaison. Il sera intressant de comparer la marche de l'aiguille aux 
observations correspondantes faites l'Observatoire de Paris. 

MM. Darondeau , Chevalier et de Missiessy avaient tabli leur observa- 
toire magntique dans l'intrieur d'un bastion. 

RAPPORTS. 

gologie. Bapport sur la carte gologique du dpartement de la Ven- 
de , dresse par M. Rivi.re. 

(Commissaires, MM. Alexandre Brongniart et Cordier rapporteur;) 

Nous avons t chargs, M. Brongniart et moi, de rendre compte d'une 
communication par laquelle M. Rivire , professeur d'histoire naturelle 
Bourbon- Vende, a eu pour objet de faire connatre l'Acadmie qu'il venait 
de terminer une carte gologique du dpartement de la Vende , dresse 
sur une grande chelle , et d'annoncer les principaux rsultats des explora- 
tions auxquelles il s'est livr. Les pices qui nous ont t soumises sont : 
i" une notice sur la constitution du dpartement ^ 2une portion de la carte 
gologique; 3 la coupe figurative d'un terrain houiller qui a t dcour- 
vert depuis un petit nombre d'annes prs de Vouvant. Vos commissaires 
se sont en outre empresss d'examiner la belle collection des roches du 
dpartement , qui a t forme par M. Rivire, et dont il a fait don au Mu- 
sum d'histoire naturelle. 

L'extrme utilit des cartes gologiques dpartementales , excutes 
sur une grande chelle, n'a pas besoin d'tre rappele. Dj des oprations 
de ce genre ont t tentes avec succs dans plusieurs parties de la France- 



( i3 7 ) 
On connat notamment les beaux rsultats obtenus pour les Bouches-du- 
Rhne, le Calvados, la Seine-Infrieure et la Haute-Sane. L'administration 
des mines elle-mme , non contente du travail gnral et fondamental qu'elle 
a fait excuter sur une petite chelle, travail que l'on pourrait presque nom- 
mer la grande triangulation gologique de la France , a pens qu'elle devait se 
prononcer sur les avantages qu'il y aurait maintenant dresser pour cha- 
que dpartement, des cartes gologiques dtailles. Une circulaire officielle 
en date du 3o aot i835, a appel l'attention des conseils-gnraux de 
dpartement sur cet objet; dans la dernire session de ces conseils, un tiers 
environ ont approuv l'opration et ont vot des fonds pour en assurer 
l'excution. 

Le zle de M. Rivire avait devanc toute mesure prendre par l'admi- 
nistration pour le dpartement de la Vende. 

La carte dont il s'est servi comme minute, pour consigner ses observa- 
tions sur la nature des diffrents terrains qu'il a reconnus , et pour en tracer 
les limites respectives, est celle de Cassini. La portion de cette minute qu'il 
a soumise comme exemple l'Acadmie, comprend un peu plus du tiers de 
la surface du dpartement et en reprsente la partie sud-ouest, c'est--dire 
celle qui est borde par l'Ocan, depuis l'embouchure de la Svre Niortaise, 
jusque auprs de l'le deNoirmoutiers. Cette portion de la minute est extr- 
mement remarquable par la varit des terrains qu'elle renferme, car la l- 
gende en fait connatre trente un de diffrentes espces. Elle n'est pas moins 
curieuse quant la nature de ces terrains, car l'exception d'un petit nom- 
bre de formations , on y voit figurer toute la srie des matriaux essentiels 
qui entrent dans la constitution de divers pays d'une grande tendue, mais 
en outre plusieurs roches qui ailleurs sont exceptionnelles ou extrmement 
rares, se trouvent ici en grandes masses, telles sont le quarz graphitifre , 
et la belle roche qui porte le nom d'clogite. 

d M. Rivire, indpendamment des grandes dsignations relatives aux 
terrains , a eu le soin de placer sur sa carte et ce au moyen de signes 
particuliers, l'indication de toutes les substances qui bien qu'en petites 
masses , ont un intrt pour l'conomie domestique , la culture et les arts , 
telles que le kaolin, l'argile plastique, la marne agricole, le calcaire hydrau- 
lique , le minerai de fer et la serpentine polissable. 

La notice qui accompagne les feuilles de la carte qui ont t produites, 
en explique clairement l'objet et fait ressortir l'importance des rsultats ; 
elle mentionne aussi les rsultats qui sont relatifs aux feuilles qui concer- 
nent le reste du dpartement, et elle indique que la constitution du sol, 

C. R. i836. i Semestre. 2 1 



( >38) 
sans y tre aussi varie, n'est pas moins intressante. C'est par exemple 
dans ces autres portions du dpartement, qu'est situ le bassin houiller de 
Vouvant, dcouvert et mis en exploitation depuis peu de temps, et qui, par 
sa position et ses produits, est destin jouer un rle important quand ce 
ne serait que pour permettre l'agriculteur d'introduire l'emploi de la chaux 
comme amendement dans les terres maigres du Bocage venden , et d'y 
oprer dans les rcoltes une rvolution semblable celle qui , depuis en- 
viron quinze ans, a dvelopp ses tonnants bienfaits dans les dparte- 
ments de la Sarthe et de la Mayenne, et dans une grande partie des dpar- 
tements du Calvados et de la Manche. 

L'examen des chantillons qui composent la collection que M. Rivire 
a dpose au Musum , a confirm ce qui est annonc ou dcrit dans sa 
notice, ou figur sur les feuilles de sa carte. Nous avons pu vrifier non- 
seulement l'exactitude de ses dterminations de roches et de terrains, 
mais encore celle de plusieurs dcouvertes qui lui sont propres; telles 
sont, par exemple, les suivantes, savoir , i l'existence d'un petit bassin 
houiller prs des Sables d'Olonne; 2 celle d'un gte immense d'hydrate de 
fer, susceptible d'exploitation , dans les environs de la Chevallerie ; 3" celle 
d'un grand dpt de graphite ml de quarz, au nord de la Roche ; 
4 enfin la prsence, au milieu des grs houillers de Vouvant, de ce mi- 
nral si rare et si singulier, qu'on a nomm caoutchouc fossile , parce qu'il 
offre plusieurs proprits du caoutchouc vgtal ordinaire. 

Le travail de M. Rivire est le produit de longues et pnibles recher- 
ches. Au fur et mesure que l'auteur en a recueilli les lments sur le 
terrain, il les a consigns dans des journaux de voyage, dont il se pro- 
pose d'extraire un texte descriptif, qu'il joindra la carte gologique lors 
de sa publication , et qui en sera videmment un commentaire utile et 
indispensable. 

En rsum , nous pensons que le travail de M. Rivire mrite l'ap- 
probation de l'Acadmie, et qu'il est vivement dsirer, dans l'intrt 
de la science, de l'agriculture et de l'industrie, que l'auteur puisse pu- 
blier sa carte gologique, en l'accompagnant d'un texte descriptif suffi- 
samment dtaill. 

Ces conclusions sont adoptes. 



( *3 9 ) 

conomie rurale. Extrait du rapport verbal sur la Maison rustique du 
xix* sfcle, ou de l'Encyclopdie d'agriculture pratique, de MM. Bailly 

e Merliecx e^MALEPEYRE aine } par Mr. Hricart de Thury. 



MM. Bailly de Merlieux et Malepeyre an ont fait hommage l'Acad- 
mie du i" volume de Y Encyclopdie de F agriculture pratique; l'Acadmie 
m'a charg de lui en rendre compte ; je vais essayer de remplir la tche 
qu'elle m'a impose. 

De nombreux traits ont t publis depuis la Maison, rustique d'Qlir 
vier de Serres; beaucoup ont mme t imprims sous ce titre; mais c'est 
le seul point de rapprochement entre eux : aussi l'abb:Rozier , Parmentier 
et Bosc rendirent-ils l'art agricole un immense service en publiant leur 
Cours d'agriculture; cependant, nous ne pouvons nous le dissimuler, la 
forme de dictionnaire, que ces auteurs ont adopte, n'tait pas, celle, qui 
convenait le mieux pour un tel sujet; cette forme s'loigne trop de la divi- 
sion classique de tout livre pratique -et lmentaire, qui doit remplir une 
condition essentielle , le plan ou l'ordonnance mthodique. Les dictionnaires 
sont d'une excution plus facile et d'une lecture moins assujettissante que 
les traits raisonnes, mais aussi ils satisfont moins l'esprit des lecteurs, et 
en dfinitive ils lui apprennent beaucoup moins , parce qu'ils nelui prsen- 
tent sur chaque matire que des fragments pars. Exempts de rptitions, 
les traits mthodiques peuvent dire, et ils disent en effet plus de choses 
en moins d'espace, et, en mme temps, ils le disent beaucoup mieux. 

Ces considrations nous paraissent avoir primitivement dirig M. Bailly 
de Merlieux, lorsqu'il conut la premire ide de la Maison rustique du 
xix sicle, et nous ne doutons pas que lorsqu'il se fut associ M. Male- 
peyre an pour l'excution de cette entreprise, ce ne soient ces mmes 
considrations qui auront dtermin ces deux auteurs adopter l'ordre 
qui caractrise leur travail , destin comprendre non-seulement l'agri- 
culture proprement dite, les cultures industrielles et forestires, l'duca- 
tion des animaux domestiques, et les arts agricoles, mais encore un trait 
d'administration et de lgislation rurales. 

Le premier livre, celui d l'agriculture proprement dite, actuellement 
termin , est le principal objet de ce rapport: il traite du climat, du sol, 
des amendements, des engrais, du desschement des terres et marais, 
des dfrichements , de l'cobuage, des faons donner aux sols, des char- 
rues et autres instruments de culture, des plantations et semis, des 
faons d'entretien de culture, des irrigations, des assolements, des r- 

21.. 



( i4o) 

coites de fourrages, grains, racines, fruits, des moyens de transporter et 
conserver les rcoltes ou produits agricoles, de la confection et de l'entre- 
tien des chemins vicinaux, des haies et cltures. Ces articles sont dus 
MM. Oscar Leclerc-Thouin , Soulange Bodin, Bailly de Merlieux , Payen , 
Yung , banon de Ladoucette , Huerne de Pommeuse , Degouse , baron de 
Rivire, Puvs, Molard, Antoine, d'Hombres-Firmas , de Sainte-Colombe, 
Moll , Gourlien , Polonceau , Labb , etc., etc. ; ces articles sont suivis par 
des chapitres relatifs aux cultures spciales des plantes crales , des lgu- 
mineuses semences comestibles, des racines alimentaires et des vgtaux 
fourragers; ils ont t rdigs par MM. Vilmorin, Oscar Leclerc-Thouin , 
Bonafous, Huzard fils, Bailly de Merlieux; c'est un rsum des mtho- 
des Iesplus perfectionnes deculture de tous ces vgtaux si utiles. Enfin ce 
livre i m est termin par l'examen des maladies auxquelles les vgtaux 
cultivs sont sujets : la rdaction en est due MM. Bailly de Merlieux , 
Oscar Leclerc-Thouin , Virey, Yung. 

Le livre n* est consacr aux cultures industrielles, le iv e , qui n'est pas 
encore termin, aux arts agricoles , le v e l'agriculture forestire, o l'on 
distingue surtout les articles de MM. Noirot-Bonnet, Puvis, etc. 



LECTURES. 

phtsique. Polarisation de la chaleur par rfraction ; par 
M. Macdoine Melloni. 

En terminant ma dernire communication j'eus l'honneur de faire 
remarquer l'Acadmie que les phnomnes bizarres de polarisation , 
tantt trs fortement prononce, tantt sensiblement nulle, prsents 
par la chaleur dans sa transmission immdiate travers les plaques de 
tourmaline, pouvaient se reprsenter de deux manires diffrentes : la 
premire consisterait supposer que les diverses sortes de rayons qui 
forment un flux calorifique ne sont pas susceptibles de se polariser gale- 
ment et compltement ; la seconde admettrait une gale aptitude de tous 
ces rayons la polarisation complte, mais une absorption tantt gale, 
tantt trs diffrente , exerce par la tourmaline sur chacun des deux fais- 
ceaux provenant de la double rfraction que chaque espce de rayon ca- 
lorifique prouve en pntrant dans l'intrieur de cette substance. Les 






( W ) 

nouvelles expriences que je viens d'excuter sur la polarisation de la 
chaleur par la rfraction simple, me semblent de nature dcider l'alter- 
native laquelle j'avais rduit la question. 

On sait qu'un faisceau de lumire ordinaire qui traverse sous une cer- 
taine inclinaison une srie de plaques parallles de verre ou d'autre 
substance diaphane, se polarise perpendiculairement au plan d'incidence; 
de manire que, si l'on prsente aux rayons mergents une seconde srie 
de plaques sous la mme inclinaison, la lumire passe , ou se trouve en 
grande partie intercepte selon que l'on dispose le second plan d'incidence 
paralllement ou perpendiculairement au premier. Pour observer des effets 
analogues sur la chaleur, j'ai fix au foyer d'une lentille de sel gemme la 
flamme d'une lampe Locatelli ; le faisceau de rayons calorifiques et lumineux 
qui en sortait paralllement l'axe et dans une direction horizontale , 
tait reu 4 ou 5 dcimtres de distance sur un cran mtallique perc 
d'une petite ouverture circulaire ; derrire cette ouverture se trouvait le 
systme polarisant compos de deux paquets de feuilles minces de mica 
convenablement inclines sur les rayons incidents et susceptibles de 
tourner, ensemble ou sparment, autour de l'axe du faisceau lumineux 
et calorifique, sans changer pour cela leur inclinaison. Toutes les feuilles 
qui entraient dans la composition de ces paquets avaient une de leurs 
sections neutres dans le plan d'incidence, afin d'liminer, pour ainsi dire , 
les effets de la double rfraction des lames de mica et rendre leur pola- 
risation entirement analogue celle que l'on produirait avec des plaques 
de verre ou de toute autre substance doue de la rfraction simple. La pile 
thermo-lectrique tait place a ou 3 dcimtres de distance au-del du 
systme polarisant. 

Avant de passer aux expriences de polarisation je crus indispensable 
de prouver, i que, dans la disposition que je venais d'tablir, l'action 
calorifique exerce sur le thermoscope tait entirement due aux rayons 
immdiatement transmis, sans que la chaleur drive de rchauffement 
propre des lames de mica y et aucune part; a que cette mme action 
calorifique dans le cas du paralllisme des deux paquets tait constante 
dans toutes les positions semblables du systme autour de l'axe du faisceau 
de chaleur, dont les diverses parties ne sont pas primitivement doues de 
la mme intensit, cause des ingalits qui existent dans les tempratures 
des diffrents points de la source rayonnante. Je paryins facilement 
m'assurer que ces deux conditions, trs importantes mon avis, se trou- 
vaient exactement remplies, en poussant d'abord la pile thermoscopique 



( m) 

hors de l'espace occup par le faisoeau de- la chaleur trausuiise, sans aug- 
menter sa distance aux lames de mica et sans cesser de la tenir dirige 
vers ces lames; puis en laissantla pile dans la direction du faisceau et en 
tournant les deux paquets de' mica tout autour de l'axe du rayonnement 
sans changer ni -leur paralllisme ni leur inclinaison; car dans le premier 
cas tous les signes 'd'action calorifique disparurent, et dans le second l'in- 
dication >dn galvanomtre n'prouva aucun changement. 

Cela pos , je fis tourner un seul paquet de lames de manire placer 
son plan d'incidenoe perpendiculairement au premier, tout en conservant 
constantes les 'inclinaisons des lames sur l'axe du rayonnement : une forte 
diminution se manifesta aussitt dans la dviation de l'aiguille aimante, 
ce qi^aprs les deux expriences prliminaires que je viens d'indiquer, 
prouvait videmment qu'une partie au moins du faisceau calorifique avait 
prouv un effet de-polarisation. En comparant les actions ohserves dans 
le casdesplans parallles et perpendiculaires je trouvais que les quantits 
de chaleur' qui' traversaient le systme dans les deux positions taient entre 
elles comme t oo:43 ; il y avait donc dans la seconde position une dispa- 
rition de chaleur de 57, c'est--dire que l'indice de polarisation de 
ce systme de lames, sous l'inclinaison o elles se trouvaient places par 
rapport aux rayons incidents, tait de 57 pour 100. Je bouchai l'ouver- 
ture de l'cran mtallique avec une plaque de verre noir compltement 
opaque:- l'effet total lut diminu par l'absorption partielle de la plaque, 
mais les quantits de chaleur transmises dans les deux positions des pa- 
quets de mica conservrent encore leur rapport de 100: 43; de manire 
que ces rayons calorifiques obscurs mergents de la plaque de verre noir 
se polarisaient au mme degr que les rayons directs de la flamme. Jesubs- 
tituai successivement au verre noir des plaques- de verre vert, d'alun, de 
cristal de roche, de chaux sulfate; des couches d'eau ou d'huile : toutes 
ces substances, qui dans mes premires expriences avaient fait varier 
l'indice de polarisation d'un mme systme de tourmalines depuis 4 jus- 
qu' 90 sur 100 de chaleur incidente, se comportrent ici comme le verre 
noir, ; c'est--dire qu'elles ne produisirent aucun changement apprciable 
dans l'indice de polarisation, dont la valeur demeura constamment fixe 
-jgs. Les flux calorifiques transmis par les corps de diverse nature, flux 
que nous savons tre d'une constitution trs diffrente, se polarisent donc 
galement par rfraction; ce qui prouve que la polarisation produite par 
les forces rfringentes des milieux est indpendante de la qualit des rayons 
calorifiques. 



( i43) 

Quoique cette consquence se trouve ainsi rigoureusement tablie, 
je crus devoir la confirmer par des expriences directes sur les rayons 
de chaleur mans de sources diffrentes. J'ai donc remplac la lampe 
Locatelli par une spirale de platine maintenue l'tat d'incandescence 
au moyen d'une flamme d'alcool : l'indice de polarisation se trouva encore 
de 57. Il en a t de mme lorsque j'ai opr sur la chaleur lance par 
une plaque de cuivre chauffe 390" centigrades, ou par un vase plein 
d'eau en bullition. Cette dernire source tant d'une faible intensit, et 
ses rayons peu transmissibles par le mica, il a fallu en agrandir l'effet; 
et, dans ce but, j'ai employ un procd analogue celui dont je me suis 
servi pour les tourmalines. La surface qui tait chauffe par l'eau bouil- 
lante avait plus d'un pied de diamtre dans tous les sens; ses rayons 
calorifiques tombaient sur un grand miroir mtallique concave : tous 
ceux qui arrivaient sous une direction sensiblement parallle, sse concen- 
traient au foyer, et aprs avoir subi une certaine divergence au-del, 
tombaient sur une lentille de sel gemme dont le foyer concidait avec 
celui du miroir, en sorte qu'ils en sortaient condenss et parallles. Le 
paralllisme des rayons est une condition de la pins haute' importance, 
lorsqu'il s'agit de comparer les degrs de polarisation prouvs par les 
diverses sortes de chaleur sous l'action d'un mme systme de lames : 
car, si, pour compenser les diffrences d'nergie existantes entre les sources 
calorifiques sur lesquelles on veut oprer, on se contente de rapprocher 
plus ou moins le thermoscope et la source , de l'appareil de polarisation, 
il est vident qu'une grande partie des rayons calorifiques tombent sur 
les lames de mica suivant des directions plus ou moins obliques, ce qui 
fait varier ncessairement leur proportion de polarisation , et la rend 
d'autant plus faible que la source et le thermoscope sont plus voisins 
du systme polarisant : or ces variations pourraient induire en erreur et 
faire attribuer aux diffrentes espces de chaleur une affection qui pro- 
vient uniquement d'un changement d'incidence sur les surfaces rfrin- 
gentes. 

Je n'ai considr, jusqu' prsent, que les effets de polarisatiow pro- 
duits par un systme donn de lames rfringentes; mais ici, comme pour 
la lumire , on conoit qu' inclinaisons gales , la proportion de chaleur 
polarise doit varier de l'un l'autre systme avec le nombre de lames em- 
ployes. Des paquets composs de cinq six lames donnent dj une pola- 
risation bien distincte : ces systmes sont les meilleurs pour vrifier l'ga- 
lit de polarisation des rayons lancs par des sources diffrentes. Au moyen 



H 



( '44) 

de deux paquets composs de dix-huit lames chacun, j'obtiens une polari- 
sation de 82 p. 100, sous une inclinaison de 35(i). Avec ce systme, dont 
la force absorbante est considrable en raison du nombre de ses l- 
ments, les effets absolus sont encore trs prononcs, surtout en em- 
ployant pour source le platine incandescent, qui, outre son mission 
abondante de chaleur, fournit des rayons dont la transmissibilit par le 
mica diffre trs peu de celle des rayons de la flamme du Locatelli. Par 
exemple, en ajoutant l'action d'un rflecteur la lentille de sel gemme, 
les rayons du platine incandescent transmis par un verre noir opaque 
me donnent une dviation fixe de 2 5 du galvanomtre pour les plans pa- 
rallles, et une dviation de 5 pour leS plans perpendiculaires; alors, en 
interposant dans ce dernier cas, entre les deux paquets, une plaque de 
mica de o nlin ,2 d'paisseur, perpendiculairement au faisceau calorifique , 
on a une diminution peine sensible lorsque les deux sections neutres de 
cette plaque sont parallles aux deux sections neutres des lames qui 
composent les paquets, et une augmentation de 12 lorsque les quatre sec- 
tions forment entre elles des angles gaux. 

Je dois finir cette courte exposition de mes expriences sur la polari- 
sation de la chaleur par rfraction , en rappelant les rsultats obtenus par 
M. Forbes sur le mme sujet, et spcifiant en quoi il diffrent des miens. 
M. Forbes a trouv qu'avec le mme systme de plaques de mica, la pro- 
portion de chaleur polarise, en centimes del quantit incidente, tait 
29 pour une lampe d'Argant, 24 pour le Locatelli, 4 pour le platine in- 
candescent, 22 pour le cuivre chauff 390 centigrades, 17 pour le mer- 
cure chauff 280% et 6 pour l'eau chauffe 98* (2). Le rapprochement 
de ces rsultats avec les diffrences de polarisation que prsentent les 
chaleurs mergentes des diffrents crans dans leur transmission par le 
mme systme de tourmalines, aurait pu faire croire que les diverses 
sortes de rayons calorifiques ne possdent pas la mme aptitude la pola- 
risation , et cependant nous venons de voir que le contraire a lieu. Mais 
il faut remarquer que les expriences de M. Forbes ont t faites en n- 


(1) En substituant au faisceau de chaleur transmise par le premier paquet, un faisceau 
de chaleur rflchie par une surface de verre sous un angle de 34, j'ai eu plus tard une 

polarisation de -^ . 
100 

(2) On the rfraction and polarisation ofheat by James D. Forbes, p. 21. Ce mmoire 
est extrait des Transactions Philosophiques d'Edimbourg , tom. XIII. 



( '45 ) 
gligeant compltement la condition essentielle pour comparer les actions 
polarisantes d'un mme systme de lames rfringentes sur les diffrents 
rayons de chaleur, savoir, une direction constante de ces rayons sur les 
plaques de mica. En outre la source et le thermo-multiplicateur tant , 
dans les expriences de M. Forbes, placs des distances de quelques 
pouces , le systme des lames exerait lui-mme sur le corps thermosco- 
pique une influence seusible provenant de son chauffement propre , in- 
fluence qui devait varier ncessairement avec la quantit et la qualit de 
chaleur incidente, et aussi trs probablement, avec les deux positions des 
paquets de mica. M. Forbes ne s'est pas assur pralablement que ses pa- 
quets, disposs paralllement l'un l'autre, transmettaient toujours une 
quantit de chaleur gale lorsqu'on les faisait tourner angulairement au- 
tour de l'axe du faisceau transmis en leur conservant une incidence cons- 
tante : de manire qu'il restait douteux si les diffrences d'effet donne.es 
par les plans d'incidence parallles et perpendiculaires provenaient relle- 
ment d'une polarisation partielle ou d'une simple ingalit de position. 
Enfin les effets produits se limitaient souvent des dviations extrmement 
faibles, qu'il fallait observer au moyen de la loupe, et dans des circons- 
tances trs favorables; caria moindre ingalit de temprature dans les 
diffrentes parties de l'instrument, la moindre agitation de l'air ambiant 
peuvent causer des perturbations d'un ordre bien plus considrable. Ce- 
pendant il y avait parmi les expriences de M. Forbes un fait qui tait 
l'abri de toute objection, savoir, la diffrence d'effet thermoscopique, 
petite mais constante, qui s'observait lorsqu'une nouvelle ame de mica 
tait interpose entre les deux systmes de lames polarisantes perpendi- 
culairement aux rayons transmis, mais dans des positions successivement 
diverses de son axe de double rfraction par rapport aux plans d'incidence. 
Ce fait dcisif doit tre considr, mon avis, comme la premire exp- 
rience qui ait tabli d'une manire incontestable que les rayonnements 
calorifiques des sources terrestres taient polarisables par rfraction et 
par double rfraction, soit en partie, soit en totalit. Mais il restait dcider 
cette alternative, et faire voir que ces rayonnements, si diffrents entre 
eux dans d'autres proprits physiques, ont ou n'ont pas une gale aptitude 
tre polariss. "Voil ce que je crois avoir dcid par mes exprience* ac- 
tuelles , en montrant que toutes les espces de rayons calorifiques quelcon- 
ques sont galement et compltement polarisables, en sorte que sous ce 
rapport, comme sous le rapport de la rflexion et de la rfraction ordinaire, 
il y a une analogie de proprit complte entre la lumire et la chaleur. 

C. R. i836. ! r Semestre. 2 2 



( i46 ) 

botanique. Note sur ' Ophiogossum Lusitanicum ; par M. Bory de 

Saint-Vincent. 

Depuis long-temps on avait retrouv sur les ctes de l'Armorique, no- 
tamment Saint-Pol de Lon , et sur le coteau de Saint-Mor, prs de Brest, 
unejolie petite fougre que Linne, d'aprs les anciens botanistes qui l'avaient 
dcouverte en Portugal , nomma ophiogossum Lusitanicum. Cette plante 
peut tre considre comme hymale , et ne se montre que durant peu de 
temps la surface del terre. Son apparition et sa floraison en Bretagne ont 
lieu vers les premiers jours de mars. Au pourtour de BadajosenEstramadure, 
je la trouvai dans son meilleur tat durant le mois de fvrier. A cette po- 
que elle avait dj disparu Santa-Maria, le long de la baie de Cadix o 
elle ne se montre qu'en janvier. MM. Mnard frres, botanistes aussi sa- 
vants que zls, me mandent qu'ils viennent de l'observer de nouveau en Al- 
ger, o M. Desfontaines l'avait autrefois vue ; elle y fleurit dans les derniers 
jours de novembre. Ce fait bien constat n'est pas sans importance en go- 
graphie botanique. 

tratologie. Vomissement d'un ftus informe. 

M. Geoffroy-Saint- Hilaire annonce avoir reu et dpos sur le bureau 
plusieurs pices relatives au fait de naissance par vomissements (en 
Grce, le de Syra) d'un ftus informe. Le Consul de France la r- 
sidence de Syra , M. Ledhuy, a bien voulu prendre la peine de les lui adres- 
ser, ainsi que le produit vomi, lequel est dj parvenu Marseille et s'a- 
chemine sur Paris. 

C'est un jeune garon, Dmtrius Stamatelli , qui, en juillet i834 aprs 
six jours de douleurs atroces, succomba dans le dveloppement de ce pro- 
duit tratologique. M. Pierre Ardon, tmoin de l'vnement, mdecin 
Syra et d'origine franaise , informa le public de cet vnement , s'y em- 
ployant avec un zle extrme : il se rendit Nauplie , et partout o l'in- 
trt de sa communication l'avait pu appeler, et en dernire analyse il a at- 
tach un grand prix faire adresser M. Geoffroy-Saint-Hilaire les lments 
qui viennent de lui parvenir. 

L'expression peut-tre plus que pittoresque, primitivement admise, celle 
A' enfant-mre, pour dsigner le jeune malade suppos dans l'tat d'enfan- 
tement, occasiona d'abord un murmure trs retentissant d'admiration, 
puis provoqua aussi l'incrdulit de beaucoup d'opposants. 



( '47) 
Sur ces entrefaites, il y eut une solennelle enqute pour la vrification 
des faits, enqute qui eut lieu en la prsence de la Dmogronsie d'Hermo- 
polis , et dont on consigna les nombreux rsultats dans un rapport trs 
tendu, qui fut sign, ne varietur, par le secrtaire de la Nomarchie des 
Cyclades. 

Cet acte de 18 rles in-folio est joint aux pices reues ; il est rdig en 
langue du pays, et M. Geoffroy-Saint-Hilaire demande qu'avant son travail 
intervenir sur Y enfant-mre et l'examen anatomique du produit vomi , il 
y ait traduction du procs-verbal ^enqute. 

1W 717"* 7 1 

M. Dlicolo Poulo sera pri de donner cette traduction. 



coghaphie. Mmoire sur les globes et les cartes en relief ; par M. Vincent 

Geslin. 

(Commissaires, MM. Beautemps-Beaupr, Girard, Navier. ) 

L'auteur s'est propos de remplacer, pour l'enseignement de la go- 
graphie, les mappemondes , les cartes et les globes, surface unie, par 
des globes et cartes en relief, l'imitation de ce qui se pratique dj en 
Allemagne et en Angleterre. Il soumettra l'examen de MM. les commis- 
saires de l'Acadmie une carte de France en relief, surface sphrique 
et emblmatique, qui suffira, pense-t-il, pour fixer leur opinion sur l'u- 
tilit de l'introduction de ces nouveaux moyens d'tude dans l'ensei- 
gnement de la gographie. 

chirurgie. Du spasme de l'urtre et des obstacles vritables qu'on 
peut rencontra: en introduisant des instruments dans ce canal; par 
M. Amussat. 

(Commissaires, MM. Larrey, Roux, Breschet. ) 

L'auteur appelle spasme de l'urtre toute contraction involontaire de 
la portion musculaire de ce canal , et de celle qui est enveloppe par le 
muscle bulbo-caverneux. Il n'admet donc la possibilit du rtrcissement 
spasmodique, que dans la portion musculaire du canal, et encore ne lui 
accorde-t-il pas une grande valeur comme obstacle l'introduction des 
sondes, s'il n'est accompagn de l'inflammation de la membrane mu- 
queuse. Il n'a jamais rencontr, dit-il, de vritable rtrcissement spas- 
modique , faisant obstacle l'introduction de la sonde, sans inflammation, 
ou e'tat pathologique du canal de l'urtre. 

2 2.. 



( '48) 

Selon lui, ce n'est pas le spasme qui resserre le canal devant un frag- 
ment de pierre, ou tout autre corps tranger arrt dans le canal; 
c'est un bourrelet de la membrane muqueuse, refoule par le corps 
tranger. 

Il pense que, dans les cas mmes o la contraction spasmodique 
met obstacle l'introduction de la sonde, s'il n'y a pas d'ailleurs in- 
flammation , gonflement , rtrcissement de la membrane muqueuse , la 
sonde est si mdiocrement serre par le spasme, qu'elle peut tre retire 
aisment; et, de plusieurs observations rapportes dans son mmoire, il 
conclut que l'on a souvent confondu une maladie organique de l'urtre 
avec le spasme. Il ajoute que les instruments sont souvent arrts au 
bulbe de l'urtre et la prostate par la disposition organique de ces 
parties; et fait remarquer que c'est en effet, vers ces points, qu'ont 
lieu d'ordinaire les fausses routes. Quant la symphyse des pubis, elle 
n'est pas toujours un obstacle; c'est un point fixe qu'on pourrait, au 
contraire, prendre pour guide. Le seul point qui prsente un vritable 
rtrcissement dans l'tat sain de l'urtre, c'est le col de la vessie , ou 
mieux son sphincter, que l'auteur nomme valvule pylorique de la vessie, 
cause de sa ressemblance avec celle de l'estomac. Enfin , tout en admet- 
tant la contraction spasmodique et le spasme mme convulsif de l'urtre, 
l'auteur ne croit point cette cause assez puissante pour s'opposer l'in- 
troduction d'un instrument port dans la vritable direction du canal. 

M. Amussat classe ainsi les cas o l'on accuse , dit-il , le spasme , 
lorsqu'on prouve quelque difficult faire pntrer un instrument dans 
l'urtre : 

i. L'tat normal de l'urtre; 

i". La gonorrhe; 

3. Les maladies de la prostate ; 

Et, de l'examen de ces divers cas, il conclut que l'on peut toujours 
rapporter, soit une disposition organique , soit une altration patholo- 
gique, les obstacles l'introduction de la sonde, que l'on attribue com- 
munment au spasme. 

Pour viter les obstacles qui dpendent de la constitution physique de 
l'urtre de l'homme, savoir, le bulbe et la prostate, obstacles qui n'exis- 
tent pas chez la femme ( d'o rsulte la facilit d'introduire une sonde 
dans son urtre), il faut suivre, dit l'auteur, la paroi suprieure du canal; 
et si la sonde courbe s'arrte au bulbe, essayer la bougie empreinte, ou, 
mieux encore, la sonde droite; mais dans le cas o l'on rencontre la mme 



( '49 ) 
difficult avec un lithotripteur bec court, il faut longer, au contraire , la 
paroi infrieure du canal avec le talon de l'instrument. 

La cautrisation de l'urtre produit un resserrement trs prononc du 
canal, une exagration telle du rtrcissement cautris, qu'il est impossible 
d'introduire immdiatement aprs- l'instrument qui pntrait facilement 
auparavant. 

Enfin , dit l'auteur en terminant, si, en sondant avec soin l'urtre d'un 
cadavre, on examine les points du canal o s'arrte le bec de la sonde , 
on reconnat que cet instrument rencontre les mmes obstacles aux 
mmes points o on les trouve pendant la vie; on doit en conclure n- 
cessairement que le spasme ne joue qu'un faible rle dans les diffi- 
cultes du cathtrisme , lorsque le canal est l'tat normal. 

La sance est leve 5 heures. F. 



Erratum. (Sance du t" fvrier.) 
Page io8, ligne 4 ou lieu de calanique, lisez calorique. 

I , 





' 












( i5o) 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 



L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des Sances de l'Acadmie des Sciences, 
n 5,1 836, in-4 . 

loge historique de J.-A. Chaptal, parM. F loubens , secrtaire perptuel 

de l'Acadmie des Sciences; lu la sance publique du 28 dcembre i835; 
in-4. 

Annales de l'Agriculture franaise; par M. Tessieb, n 104, in-8. 

Mmoires de l'Acadmie impriale des Sciences de Saint-Ptersbourg ; 
6 e srie , Sciences mathmatiques et physiques y tome 1", 1" et 2 e livraison, 
in-/, . 

Mmoires de la mme Acadmie; 6 e srie, Sciences naturelles; tome \", 
livraison 2 6, in-4. 

Mmoires de la mme Acadmie; Sciences politiques, Histoire et Philo- 
logie; tome 2, 6 e livraison , et tome 3 , i re livraison, in-4 . 

Mmoires prsents l'Acadmie impriale des Sciences de Saint- P- 
tersbourg par divers savants; tome second, livraison 4 6, in-4 . 

Rapport de l'Acadmie de Saint-Ptersbourg sur la quatrime distribu- 
tion du prix fond par M. Demidow , pour Vanne 1 834, in-8. (En langue 
russe. ) 

Tableau du contenu de l'ouvrage de M. G. Paucker, sur les poids , me- 
sures, monnaies, de l'Empire de Russie et de ses provinces allemandes sur la 
mer Baltique; Saint-Ptersbourg, i832, in-8. (Eu langue russe.) 

Description et Figures des Plantes vnneuses qui croissent librement en 
Allemagne et y vivent dans les jardins ; par MM. Brandt et Ratzebourg; 
Berlin, i834, in-4 . (En allemand.) 

Remarques sur le Nerf sympathique , ou nerf reproducteur des animaux 
sans vertbres; par M. Brandt; Leipzig, i835, in-4. (En allemand.) 

Mammalium exoticorum novorum vel minus rite cognitorum Musei aca- 
demici zoologici Descriptiones et Icnes; par le mme ; Leipzig , in-4. 



( i5x ) 

Trait de Trigonomtrie; par M. Lardner; Londres, 1828, 1 vol. in-8*. 
(En anglais.) 

Trait sur le Calcul diffrentiel; par le mme; Londres, 1825, 1 vol. 
in-8*. (En anglais.) 

lments d'Euclide , avec notes ; par le mme; Londres, i834, 1 vol. 
in-8*. (En anglais.) 

Trait sur la Chaleur; par le mme ; Londres, i833, 1 vol. in-12 . (En 
anglais.) 

Traitsur la Mcanique ; par le mme ; Londres , i83o, 1 vol in-12. (En 
anglais.) 

Trait d'Hydrostatique; parle mme; Londres, i83i, 1 vol. in-12. (En 
anglais. ) 

Trait d' Arithmtique ; par le mme ; Londres, 1834, 1 vol in- j 2. (En 
anglais.) 

Species gnral et Iconographie des Coquilles vivantes ; par M. Kiener; 
i4* livraison, in-folio. 

Antiquits mexicaines; tome 1", 1 \" livraison. (M. Girard est pri d'en 
rendre un compte verbal.) 

Table des Mares pour la Manche, le canal Saint- George et la Tamise, 
pour i836; Londres, i836, in-8. 

Acadmie royale des Sciences , Belles-Lettres et Arts de Bordeaux. 
Sance publique du 10 septembre i835;in-8*. 

Sance publique de la Socit royale d'mulation de l'Ain, tenue le 
20 septembre 1 835 , in-8. 

Description d'une nouvelle combinaison de Filtre bassin de repos et 
compartiments filtrants indpendants ; par M. Cordier, de Bziers; in-4 . 

Trait complet d'Anatomie descriptive et raisonne ; par M. Broc; 3 vol. 
in-8 c et un atlas de planches in-4"; Paris, 1 833-36. (M. Flourens est pri 
d'en rendre un compte verbal. ) 

Extrait des Annales des Sciences naturelles. Mmoire sur un vgtal 
confervode d'une nouvelle espce; par M. Cagward-Latour; in-8. 

Bulletin gnral de Thrapeutique mdicale et chirurgicale; par 
M. Miquel ; 5 e anne, tome 10, in-8*. 

Mmorial encyclopdique et progressif des Connaissances humaines; 
tome 5, in- 8. 

Journal hebdomadaire des Sciences mdicales; n 6, 1 836, in-8*. 

Journal de Chimie mdicale, de Pharmacie et de Toxicologie; tome 2, 
fvrier i836, in-8. 






fc ' ( i5a ) 









Bulletin clinique; n as 9 et 10, in-8. 

Trait de Mdecine pratique; par MM. Piorry , Lhritier, etc. , li- 



vraison, n- 







Bibliothque universelle des Sciences , Belles-Lettres et Arts , rdige 
Genve; septembre et octobre i835, in-8*. 

Gazette mdicale de Paris; tome 4> n 6, i836, in~4V 
Gazette des Hpitaux; n 14 16, tome io,in-4. 
Journal de Sant; n 08 127 et 128. 
cho du monde savant; 1" et 2' division, n5. 

Catalogue des Livres de jeu MM. Dzondi et Piatolli, mdecins ; in-8". 
' . (En allemand.) 



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% 










COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI la FVRIER 1836. 
PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



CORRESPONDANCE . 

mtorologie. Sur un bolide observ prs de Cherbourg. (Extrait d'une 
lettre de M. Vrusmor, rdacteur du Journal de Cherbourg, M. Arago.) 

Le 1 a de ce mois, 6 heures 27 minutes du matin, un mtore lumi- 
neux, du genre des bolides, a t aperu de Cherbourg, dans la direction 
de l'est. Sa forme tait celle d'une grosse boule enflamme : elle paraissait 
la vue simple d'un diamtre peu prs gal au disque de la lune dans 
son plein. Ce foyer arien tait de couleur pourpre; il jetait une lumire 
rougetre si vive que l'horizon en tait comme embras, et qu'on aurait 
pu lire dans les rues et y distinguer le plus petit objet, quoiqu'il ne ft pas 
jour. On remarquait distinctement dans ce globe de feu une cavit trs om- 
bre, d'o s'chappait une fume ple , mle d'tincelles. Il tait entou- 
r d'un cercle vaporeux formant une bande assez large, et dont la couleur 
blanchtre n'tait obscurcie sur un seul point que par la forte vapeur 
qu'exhalait le mtore. Il paraissait n'tre qu' 1 ou 3 cents mtres au-des- 
sus du sommet des collines sur lesquelles il passait. Ds son apparition 
Cherbourg, il ne parcourait gure qu'une demi-lieue par minute, et il 
avait un mouvement bien marqu de rotation sur son axe; il parut mme 

C. R. i836. i Semestre. 23 



I 






( i54) 
s'arrter un instant comme s'il et t incertain de la route qu'il devait 
prendre; puis il s'loigna avec la vitesse d'un trait, produisant un lger cra- 
quement dans l'air, et fut tombera environ douze lieues de l, prs d'un 
marais, dans la commune d'Orval, arrondissement de Coutances, o il s'a- 
nantit en faisant un bruit semblable l'explosion de plusieurs pices d'ar- 
tillerie et en rpandant une forte odeur sulfureuse. Dans ce rapide trajet, 
marqu dans l'atmosphre par un long sillon gristre, le mtore tranait 
aprs lui une queue blanche, qui avait d'abord la largeur du diamtre du 
cercle vaporeux entourant le globe, et qui, se rtrcissant en ligne droite 
pour se terminer en pointe, affectait parfaitement la figure d'un triangle 
isocle (i). 

astronomie. Sur une nouvelle petite plante dont l'existence a t 
souponne par M. Cacciatore , directeur de V Observatoire de Pa- 
enne. 

M. le capitaine Basil Hall communique l'extrait suivant d'une lettre de 
M. Cacciatore, M. le capitaine Smyth. 

J'ai une chose importante vous communiquer. Dans le mois de mai 
t835, pendant que je suivais les observations dont je suis occup depuis 
long-temps sur les mouvements propres des toiles, je vis, prs de la 
dix-septime toile de la douzime heure du catalogue de Piazzi, une autre 
toile qui me parut tre aussi de septime huitime grandeur : je notai 
la distance qui les sparait. Le temps ne me permit pas d'observer les 
deux nuits suivantes. Ce ne fut que la troisime nuit que je revis le 
nouvel astre : il avait alors sensiblement (good deal) march vers l'est 
et vers l'quateur. Des nuages me forcrent de renvoyer les mesures 
la nuit suivante ; mais jusqu' la fin de mai le temps fut horrible; on 
aurait dit Palerme que l'hiver recommenait : d'abondantes pluies et 
des vents imptueux se succdaient de manire ne pas permettre de 

(1) A l'occasion du bolide qui a incendi une grange, prs de Belley , le i3 novembre 
i835, M. le docteur Mrat a dpose' sur le bureau de l'Acadmie la note qu'on va lire. 

En entendant , dans une des dernires sances de l'Acadmie des Sciences, la rela- 
tion de l'incendie d'une grange par une toile fdante, je me suis rappel avoir lu que ce- 
lui qui consuma la grande salle du Palais de Justice, en 1618 , fut caus par la chute 
d'une toile enflamme, large d'un pied et haute d'une coude, qui tomba sur ce mo- 
nument le 7 mars aprs minuit. Les mmoires du temps font mention de ce fait , relat 
aussi dans les notes du roman de Notre-Dame de Paris , par M, Victor Hugo^ 



( i5S) 

tenter aucun genre de recherche. Lorsque, aprs quinze jours, je pus re- 
prendre mes observations, l'toile tait dj plonge dans le crpuscule 
du soir , et toutes mes tentatives pour la retrouver furent sans rsultat : 
des astres de cette grandeur n'taient plus visibles. Le mouvement 
estim, en trois jours, me parut tre de 10" en ascension droite et d'en- 
viron une minute (ou d'un tant soit peu moins) en dclinaison, vers le 
nord. Un mouvement aussi lent me fait supposer que l'astre est situ au- 
del d'Uranus. Je fus extrmement contrari de ne pouvoir pas pousser 
plus loin une aussi importante recherche (i). 

astronomie. Sur Vintensit lumineuse de la comte de Hallejr. 

M. Darlu, vice-prsident de la Socit d'Agriculture, Sciences et Arts, 
de Meaux, communique l'extrait suivant d'une lettre qu'il vient de rece- 
voir de M. Littrow, directeur de l'Observatoire de Vienne. 

A Vienne, la comte tait encore visible l'il nu le 27 janvier der- 
nier; mais, probablement cause de sa grande proximit de l'hori- 
zon , le noyau ne s'apercevait plus. L'apparence actuelle de cet astre 
confirme ce qui a dj t reconnu pour la gnralit des comtes, sa- 
v voir, que, toutes circonstances gales, les comtes sont beaucoup plus 
brillantes aprs qu'avant leur passage leur prihlie. En effet, la 
fin de janvier, la comte de Halley se trouvait loigne du Soleil et de la 
Terre, peu prs comme la fin du mois d'aot i835; or, cette 
dernire poque , on pouvait peine l'apercevoir l'aide des meil- 
leurs instruments, tandis qu' la fin de janvier, on la voyait parfaitement 
sans chercheur. 



(1) Il y a dans cette communication une circonstance que les astronomes auront beau- 
coup de peine comprendre. Lorsque le temps redevint favorable Palerme, la fin de 
mai, l'toile mobile n'tait plus visible, dit M. Cacciatore, cause de la lumire cr- 
pusculaire du soir. L'explication est admissible lorsqu'il s'agit du passage de l'astre au 
mridien; mais deux, mais trois heures aprs le coucher du soleil, mais nuit close, 
rien ne pouvait empcher de comparer la plante souponne aux toiles voisines , soit 
avec une machine parallactique , soit, son dfaut , avec le grand cercle azimuthal qui 
occupe le premier rang parmi les instruments de l'Observatoire de Palerme. Il nous 
parat inconcevable qu'un observateur du mrite de M. Cacciatore , contrari comme il 
l'tait , comme il devait l'tre , de ne pouvoir constater la ralit d'une dcouverte aussi 
capitale , ne se soit pas avis de suivre l'astre hors du mridien. 

23.. 



( 56) 

mcanique applique. Rclamation concernant la machine de M. Jappelli. 

M. Borchart crit que la machine de M. JappelU, dont il a t rendu un 
compte trs favorable dans une des dernires sances , fut invente Mar- 
seille il y a une trentaine d'annes. Il ajoute mme que la Socit d'Emu- 
lation de cette ville la fit excuter et tablir ses frais, prs de la plaine 
Saint-Michel. La machine devait porter les eaux de la Durance sur les 
hauteurs voisines. 

La lettre de M. Borchart sera remise la commission qui a fait son rap- 
port sur la machine prsente par l'ingnieur italien. 

polarisation de la chaleur. Extrait ( traduit de l'anglais ) d'une lettre 
de M. le professeur Forbes, d'dimburg , M. Arago. 

Le i " fvrier dernier , j'ai dcouvert que la chaleur, totalement obs- 
cure , est polarise circulairement l'aide de deux rflexions totales. 
C'est le rsultat qui, relativement la lumire, fut dans le temps une 
si merveilleuse prdiction de Fresnel. Si ma conclusion tait conteste, 
on ne pourrait, du moins, nier que les deux rflexions dont je viens de 
parler ne fassent perdre la chaleur , comme la lumire, les caractres 
de la polarisation ordinaire. 

Au premier aspect, mon appareil pourra sembler trop compliqu, 
pour faire esprer qu'il transmette quelque chaleur sensible: tel serait, 
en effet, le cas , si ce n'tait l'tonnante proprit que le sel gemme pos- 
sde. J'ai donc fait construire un rhombe de cette substance , dans la 
forme de ceux de Fresnel, les angles tant calculs comme s'il s'agissait 
de la rflexion totale de la lumire, et je l'ai plac entre deux piles 
polarisantes de mica. Lorsque le plan de polarisation tait perpendicu- 
laire au plan de la rflexion totale , la chaleur mergente avait les ca- 
ractres ordinaires des rayons polariss. Quand ces mmes plans for- 
t> maient entre eux des angles de /p, toutes les traces de polarisation 
avaient disparu,. J'ai" vrifi le fait de plusieurs manires. 

La quantit de chaleur totalement rflchie par le sel gemme , est si 
grande, que celle qui traversait mon appareil produisait souvent plus 
de i2 de dviation sur le galvanomtre. Cette quantit je pouvais ai- 
sment la subdiviser en 120 parties. 



( i5 7 ) 

physique du globe. Puits artsien Southampton. 

En France, on a trouv une abondante nappe d'eau sous la craie, aux 
environs de Tours et Elbceuf. Tel a t aussi le rsultat de la perforation 
de cette nature de terrain , qui vient d'tre excute Southampton. Il semble 
donc qu'on puisse aujourd'hui affirmer, sans trop de risque, que la for- 
mation crayeuse est, en tout lieu, spare par une puissante couche d'eau, 
de la formation qui la supporte. La question de savoir si cette eau jaillira 
la surface , doit tre rsolue par une opration d nivellement : il faut, pour 
cela, connatre la hauteur de la rgion o la craie et la formation sous-ja- 
cente se prsentant la surface de la terre par leur tranche, permettent 
aux eaux pluviales de couler entre les deux. Ce point une fois clairci , l'o- 
pration du forage peut tre continue en toute sret. Quand la craie n'est 
pas paisse, on se procure beaucoup d'eau peu de frais. Si l'paisseur, au 
contraire, est considrable, on sera amplement ddommag du surcrot de 
dpense, car l'eau venant d'une grande profondeur, aura une temprature 
trs leve, et pourra servir une multitude d'usages conomiques dont il 

serait superflu de faire ici l'numration. 



gographie physique. Jeaugeage de la Moselle. 

En prsentant aujourd'hui le dernier volume des Mmoires de l'Aca- 
dmie de Metz , M. Arago a appel l'attention de l'Acadmie des Sciences 
sur un travail important et approfondi que M. Lemasson y a insr, 
touchant la navigation de la Moselle. Ce travail doit servir de base un 
projet gnral d'amlioration du cours de cette rivire; il ne comporte- 
rait gure d'extrait. Aussi nous contenterons-nous de lui emprunter le 
rsultat suivant du jeaugeage que MM. Lemasson et Lejoindre ont fait 
en i836. 

A la frontire de France , au-del de Sierck , les eaux tant dans leur 
hauteur moyenne, la Moselle dbite 86 mtres cubes d'eau par seconde. 

Ainsi cette rivire qui, Metz, se partage en tant de bras, n'est gure 
que le tiers de la Seine , dont le dbit moyen , sous les arches du Pont- 
Royal, s'lve 246 mtres. 

gologie. Grande masse de cuivre natif. 

Les considrations de quantit tant de nature jouer un rle impor- 
tant dans l'examen gnral des systmes gologiques , et en particulier 



( '58) 

dans la thorie de la formation des filons, M. Arago a cru devoir appeler 
l'attention des naturalistes sur le fait suivant, emprunt l'un des articles 
de la correspondance de l'Acadmie. 

Une masse de cuivre natif, de i5 pouces anglais de long, de i5 pouces 
de large, de 12 pouces dans sa moindre paisseur, et du poids de 1Z7 livres 
anglaises (1), a t trouve prs de la rivire On-ta-naw-gaw , un des 
affluents du Lac Suprieur. Elle fait maintenant partie de la collection 
de Yale-College. Sa couleur est parfaite; sa forme gnrale est piano- 
convexe; a et l, elle prsente des incrustations de carbonate de cuivre, 
les surfaces triangulaires de rudiments de cristaux de cuivre pur, et des 
indices manifestes de la gangue dans laquelle la masse fut jadis enchsse. 

Des voyageurs assurent avoir vu une masse de mme nature, mais 
beaucoup plus grande que celle du collge de Yale, une masse dont ils 
valuent le poids une tonne (1000 livres), dans le lit mme de la rivire 
On-ta-naw-gaw. 

chimie organique. Lettre de M. Eugne P^ligot, concernant l'action du 
chlore, de Piode et du brome , sur les sels forms par les acides organiques 
et certains oxides mtalliques. 

La manire remarquable et maintenant assez nette dont le chlore , 
le brome et l'iode se comportent en prsence des substances organiques 
telles que l'alcool, la naphtaline et les diffrents carbures d'hydrogne, 
m'a port examiner l'action de ces trois corps sur les sels forms par 
les acides organiques et certains oxides mtalliques. J'esprais obtenir 
ainsi des acides nouveaux plus oxigns, que les acides employs, l'oxigne 
de la base se trouvant spar du mtal par suite de la combinaison de ce 
dernier avec le chlore , le brome , ou l'iode. 

Pour que l'exprience prsentt quelque chance de russite , il con- 
venait d'ailleurs de choisir un sel dont le mtal possdt beaucoup plus 
d'affinit pour les trois corps que je viens de citer, que pour l'oxigne 
avec lequel il se trouve combin; ce titre les sels base d'oxide d'argent 
se prsentaient en premire ligne , et avec d'autant plus d'avantage qu'on 
peut facilement les obtenir parfaitement privs d'eau. 



(1} A l'poque de la publication de la Minralogie d'iay, la plus grande masse 
connue de cuivre natif ne pesait que 10 livres : elle faisait partie du cabinet du collge 
des Mines , Freyberg. 



( i5g) 

Le premier sel que j'ai soumis l'exprience est le benzoate d'argent. 

Lorsqu'on soumet l'action du brome le benzoate d'argent sec , ce 
sel est dcompos et le brome se trouve absorb en grande quantit. Il 
se produit du bromure d'argent et un nouvel acide qui ressemble l'a- 
cide benzoque par quelques-unes de ses proprits physiques, mais qui 
en diffre beaucoup par sa constitution. Cet acide, en effet, indpendam- 
ment des lments de l'acide benzoque, contient tout l'oxigne de l'oxide 
d'argent; il renferme en outre un atome de brome. On l'obtient anhydre 
en traitant le produit de la raction, par l'ther sulfurique sec qui le 
dissout facilement et laisse le bromure d'argent form. 

Cet acide est solide la temprature ordinaire, fusible avant 100 de- 
grs , soluble en faible proportion dans l'eau froide , en proportion plus 
forte dans l'eau bouillante qui, par le refroidissement, en abandonne la 
plus grande partie; il brle avec une flamme verte sur les bords, indice 
de la prsence du brome qui s'y trouve dissimul : car la dissolution de 
cet acide dans l'eau ne donne aucun prcipit par l'azotate d'argent. 

Il forme avec les oxides des sels cristallisables dans lesquels l'oxigne 
de l'acide est l'oxigne de la base comme 4 i. 

s J'avais essay d'abord de prparer un acide analogue au moyen du 
chlore; l'exprience ne russit pas : faction est trop vive, il y a inflam- 
mation et destruction complte du sel employ; pour que l'exprience 
russisse mme avec le brome, il ne faut point mettre celui-ci en con- 
tact l'tat liquide avec le sel d'argent; il y a aussi inflammation : il faut 
faire intervenir lentement la vapeur de brome qui se trouve absorbe 
mesure qu'elle se produit. 

Quant l'iode , son action diffre de celle du brome, car il se fait 
la fois du bromure et du brmate d'argent; je n'ai point encore suffisam- 
ment tudi l'acide form, pour me prononcer sur sa nature. 

L'action que le brome exerce sur le benzoate d'argent, n'est point 
d'ailleurs une action particulire motive par la nature de l'acide benzo- 
que : j'ai constat qu'il agissait mme sur les sels forms par les acides 
qui paraissent le moins disposs une suroxignation, tels que les acides 
oxalique et actique. Tout porte croire que la manire d'agir de ce corps 
deviendra tout--fait gnrale, et qu'en lui donnant le chlore comme 
auxiliaire, dans le cas o son action s'arrterait, on obtiendra un grand 
nombre d'acides d'une production et d'une constitution nouvelles. J'espre 
pouvoir bientt communiquer l'Acadmie les rsultats que ce sujet me 
fournira. 



( i6o) 

gologie. Mmoire ( en allemand ) de M. Bernard Cotta , relatif la 
question de savoir si les granits de la rive droite de l'Elbe , en Saxe, 
sont plus rcents ( dans leur position ) que la craie qu'ils paraissent 
recouvrir ( adress par M. de Humboldt ). 

Aprs avoir indiqu avec beaucoup de dveloppements l'importance 
de la question souleve , M. Cotta propose d'ouvrir une souscription 
dont le produit , pour modique qu'il ft , permettrait , l'aide de certains 
travaux, de mettre en vidence les rapports de contact du granit la for- 
mation crtace. 

astronomie. Forme de la comte de Halley. 

M. Cooper envoie d'Irlande une planche grave reprsentant la comte 
de Halley, telle qu'on la voyait, le 22 et le 24 octobre i835,avec une 
grande lunette achromatique de 25 pieds de foyer, construite par M. Cau- 
choix. Dans cette planche on aperoit , l'oppositede la queue, deux de ces 
figures que nous appelmes des secteurs et que M. Cooper nomme des 
ventails. Chacun des deux ventails a 74 d'amplitude. Les rayons qui les 
terminent du ct de la queue ont ne courbure trs sensible. M. Cooper 
dclare que du 22 octobre au 10 novembre, ces secteurs ou ventails 
n'prouvrent aucun dplacement quelconque. Cette assertion a trop de 
gravit lorsqu'on se rappelle le mouvement oscillatoire souponn par 
M. Bessel, pour que nous puissions nous dispenser de rapporter ici tex- 
tuellement les propres paroles de M. Cooper. 

J am well persuaded that from the 22'* of october to the 10" of no- 
vember , no change whatever took place in the angle above-mentio- 
ned. Or l'angle above-mentioned est celui que le rayon limite du 
secteur formait avec un diamtre perpendiculaire l'axe de la queue ! 

physique du globe. Extrait d'une lettre de M. Saigey, sur la chaleur de la 

terre. 

Le mmoire prsent par M. Duhamel, dans l'avant -dernire sance 
de l'Acadmie, renferme un thorme trs important sur la chaleur du 
globe. Je crois y tre parvenu le premier; et quand, il y a quinze mois, 
je le communiquai M. Duhamel, ce gomtre le considra comme nou- 
veau. Il en obtnt bientt une dmonstration diffrente. . . 

Le thorme en question n'exige pas, comme l'annonce M. Duhamel, 



[ '6. ) 

que les points de la surface de la sphre soient des tempratures cons- 
tantes ou subissent des variations priodiques; mais il suffit que l'influence 
calorifique de toutes les causes extrieures donne une moyenne invariable 
pour l'ensemble de la surface. Dans ce cas, toutes les couches concentri 
ques acquerront finalement la mme temprature moyenne, et la conser- 
veront nonobstant les variations de la surface, variations qui pourraient 
tre tout--fait arbitraires et subites. 

Ce rsultat n'est que la plus simple application d'un thorme trs g- 
nral, que je n'ai point communiqu M. Duhamel : le voici. tant donn 
un corps de figure quelconque, form d'une matire dont les coefficients 
spcifiques varient arbitrairement d'un point un autre; si ce corps est 
soumis l'influence calorifique d'autant de causes extrieures que l'on vou- 
dra, variables d'un instant un autre, mais produisant une action moyenne 
constante la surface, l'tat final de ce corps sera tel, qu'on pourra tracer 
dans son intrieur une srie indfinie de surfaces d'gale temprature 
moyenne,' toutes embotes les unes dans les autres , la manire des sur- 
faces de niveau dans les liquides. Pour chacune des couches comprise entre 
deux surfaces voisines, l'paisseur varie d'un point un autre en raison 
directe du produit de la conductibilit par la chaleur spcifique volume 
constant. 

Ce thorme fondamental est soumis aux mmes restrictions que celui 
des liquides dans leur tat d'quilibre. Malgr toutes les recherches de 
Fourier et de ses successeurs, il manquait encore la thorie mathma- 
tique de la chaleur. J'en possde la dmonstration synthtique : j'en verrais 
avec plaisir la dmonstration analytique 

M. Duhamel, qui, dans son mmoire, me dsigne par la particule on, 
un peu trop gnrale mon avis, me reproche d'avoir considr seulement 
le flux de chaleur suivant les rayons de la sphre, quand c'est moi qui lui 
ai recommand d'avoir enfin gard aux communications latrales de chaque 
couche. Depuis plusieurs annes je m'efforce de dterminer la .propagation 
de la chaleur, suivant les mridiens terrestres. La thorie donne le rapport 
de i a , 4 pour les quantits de chaleur verses par le soleil au ple et 
l'quateur. Par suite des mouvements de l'atmosphre et de l'ocan , ce 
rapport est aujourd'hui de i a ; et je prouve qu'il a t de i i ,7 l'- 
poque de la formation des continents. Dans l'tat actuel des choses, mon 
thorme est encore applicable l'ocan, et la thorie exige que les cou- 
ches de la mer jouissent toutes de la mme temprature moyenne. Cepen- 
dant, l'ensemble des observations m'a conduit aux rsultats suivants. 

C. R. i836, i Semestre. 2>4 



( 16a ) 

Temprature moyenne 

de la surface de l'ocan i7>5 centigrades. 

de la couche ioo mtres de profondeur. 14 ,5 

200 mtres 1 2 , 5 

3oo mtres 9 , o 

1000 mtres 7,1 

du fond de l'ocan 7,0 

Cette diffrence entre l'observation et la thorie vient de la formation 
des glaces la surface des mers, et de leur liqufaction dans les couclies 
profondes. Alors j'ai pu connatre l'paisseur des glaces polaires ainsi 
qu'il suit : 

Limite moyenne des glaces la surface de l'ocan, 24. 26' du ple. 

La glace a 100 mtres d'paisseur, 20 . 36 du ple. 

200 mtres d'paisseur , 17 .38 du ple. 

5oo mtres d'paisseur, 10 .36 du ple. 

1000 mtres d'paisseur, 2 .25 du ple. 

D'o j'ai conclu 162,000 lieues cubes pour le volume de toutes les glaces 
polaires, ce qui donnerait une couche de 28 mtres d'paisseur sur toute 
la surface du globe. 

Je ne vous donnerai aujourd'hui , M. le prsident , que cette seule 
consquence de mes recherches sur les communications latrales de la 
chaleur 



M. Duhamel ayant entendu la lecture de la rclamation de M. Saigey, a 
adress, sance tenante, une rponse dont M. le Prsident a donn l'analyse. 
M. Saigey, dit M. Duhamel ,' se plaint d'avoir t dsign par la particule 
on. Je ferai d'abord observer que, ds que je dclare qu'une certaine ide 
avait t mise avant mon travail , je montre suffisamment que mon in- 
tention n'tait pas de me l'approprier. J'ajouterai une chose : si j'ai d- 
sign M. Saigey d'une manire aussi indtermine, c'est uniquement par 
* gard pour lui , car, dans ce qu'il me dit autrefois sur le sujet en question, 
il y avait du faux ml au vrai, et aucune dmonstration relle n'appuyait 
ses assertions. Elles n'taient au reste qu'une extension naturelle de ce 
que Fourier avait dit, ou de ce que M. Poisson avait fait connatre.... 

M. Duhamel termine sa lettre en demandant que M. Saigey soit invit 
dposer le plus promptement possible au secrtariat de l'Institut, la dmons- 
tration des propositions sur lesquelles porte le dbat (1). 

(i) Notre impartialit nous impose le devoir d'annoncer que, ds le mardi soir, 






( i63) 



MEMOIRES PRSENTS. 

ovologie des mivertkbis. Seconde lettre de M. E. Jacquemin, sur le 
dveloppement des mollusques. 

(Commissaires, MM. Dutrochet, Bory de Saint- Vincent. ) 

Le premier signe du dveloppement de l'embryon du planorbe se ma- 
nifeste vingt-quatre trente-six heures aprs la ponte; il consiste en un 
mouvement molculaire qu'oprent les granules jaunes verdtres qui rem- 
plissent avec un liquide transparent l'intrieur du vitellus : le but de ce 
mouvement est la formation de gros globules clairs et transparents. 

Les mouvements de rotation du vitellus, qu'il ne faut pas confondre 
avec les mouvements embryonnaires proprement dits, commencent vers le 
deuxime ou troisime jour; ils ont t vus Dresde par M. de Humboldt, 
lors de son passage en cette ville en i834> 

Vers le cinquime et sixime jour on remarque deux parties arron- 
dies et saillantes places la priphrie du vitellus, dont l'une est le rudi- 
ment de la tte et du pied encore runis, et l'autre plus clair, qui est ce- 
lui du poumon ; ce dernier est toujours trs dvelopp pendant toute la 
vie ftale. Des contractions trs fortes s'oprent dans la substance du vi- 
tellus, devenu embryon entre le pied et le poumon. 

Huitime jour : un petit mamelon conique se prsente entre le pied 
et la tte, qui forment chacun une partie arrondie et saillante; c'est le ru- 
diment des tentacules. 

Dixime jour : on remarque la premire trace de la coquille formant 
une pellicule mince et transparente qui enveloppe tout le corps, except 
la tte , le pied et le poumon. 

Onzime jour : un des gros globules du centre s'avance vers la 
tte pour aller former la masse charnue de la bouche; les autres sont 

M. Saigey a souscrit au dsir de M. Duhamel, en nous adressant la dmonstration de son 
thorme. Quant la demande que nous fait M. Saigey , de publier, ds prsent, cette 
dmonstration, elle excde nos droits. La note de M. Saigey sera prsente lundi pro- 
chain. Ensuite elle pourra 6gurer en totalit par extrait dans nos Comptes rendus , 
Tant que l'Acadmie n'a pas t officiellement saisie d'un sujet, il nous est interdit 
nous , ses organes , de nous en occuper dans ces feuilles. 

24.. 



(i64) 

rangs assez rgulirement en deux groupes, et l'on remarque avec sur- 
prise que deux de ces globules commencent un mouvement de dilata- 
tion et de contraction permanent et rgulier avec une trs grande 
nergie ; ce sont les rudiments du cur. Le nombre des mouvements de 
ces organes est de 60 65 par minute lorsqu'ils sont le plus actifs ; 
dans le cas contraire il n'est que de 3o 4- J'ai observ avec soin 
toute l'volution du cur. 

L'il se prsente sous la forme d'un grand point noir compos de 
gros granules qui n'offrent aucune position ni aucune organisation 
dtermines, pas mme pour les deux yeux d'un mme individu. 

Douzime jour : les organes placs vers la circonfrence du globule 
embryonnaire sont trs avancs dans leur dveloppement; le petit tre se 
promne presque continuellement dans l'intrieur de l'uf, par suite de 
contractions musculaires, et non plus entran, comme au commence- 
ment, par le tourbillon qui s'tait tabli dans l'albumine. 

Treizime jour : l'embryon fait des mouvements de dglutition avec 
la masse cbarnue de la boucbe. Il se nourrit en grande partie de l'al- 
bumine; les parties gnitales, si normment dveloppes chez l'adulte, 
ne commencent prsenter les premires traces de formation que vers 
cette poque. 

Quatorzime jour : l'embryon au terme de son dveloppement rem- 
plit la presque totalit interne de l'uf ; il fend l'enveloppe de ce der- 
nier et sort. Le jeune planorbe jouit d'une respiration aquatique jusqu' 
ce que les organes de la respiration pulmonaire se soient dvelopps, 
ce qui arrive vers le sixime ou huitime jour aprs l'closion. 

Les mouvements contractifs de l'estomac, qu'on peut trs bien obser- 
ver au travers de la coquille, sont si forts qu'ils font varier plus de deux fois 
le volume externe de cet organe. 

A partir de cette poque, les mouvements d'ondulation vibratoire sur 
le bord des organes de la respiration, disparaissent peu peu ; les tenta- 
cules seules font exception. 

gologie. Essai gologique sur les collines de Superga, prs de Turin; 

par M. H. de Collegno. 

(Commissaires, MM. Al. Brongniart et lie de Beaumont.) 

Voici les rsultats des observations de M. Collegno , dans les propres 
termes de ce gologue : 



( 65) 

i*. Les collines de Superga se composent de couches appartenant 
trois formations diffrentes , qui sont la craie suprieure, l'tage tertiaire 
moyen et l'tage tertiaire suprieur. 

a . Le relief actuel du sol de ces collines rsulte de trois mouvements 
bien distincts qui ont eu lieu chacun entre la fin d'une de ces priodes et 
le commencement de l'autre. 

3". L'ge relatif de ces soulvements , sans tre trac en caractres 
aussi distincts que ceux que M. lie deBeaumont nous a appris lire dans 
les grandes chanes , est cependant bien dtermin par des discordances 
marques entre les couches des diverses formations. Les trois dislocations 
du sol des collines de Superga , correspondent au soulvement des trois 
chanes de montagnes qui partagent ou entourent l'Italie ; c'est--dire aux 
systmes des Apennins , des Alpes occidentales et des Alpes orientales. 

anatomie pathologique. Mmoire sur l'tat matriel ou anatomique des 
maladies organiques des os ; par M. Gerdy , professeur la Facult de 
Mdecine de Paris. 

(Commissaires, MM. de Blainville , Serres , Roux, Breschet. ) 

Je dmontre , dit l'auteur , dans mon mmoire , que l'inflammation 
des os et les lsions organiques dont elle s'accompagne, ne sont restes si 
obscures et si peu connues jusqu' ce jour, que parce qu'on ignorait la 
vritable structure de ces organes ; que leur inflammation est beaucoup 
plus frquente qu'on ne le pense; que tantt elle rarfie leur tissu, en 
augmentant et agrandissant leurs ouvertures et leurs canaux vasculaires, 
dont elle amincit les parois par la rsorption; que tantt elle en augmente 
la compacit par une scrtion exagre de substance compacte; que tantt 
en les rarfiant ou les condensant elle les ulcre ou les carie, et que les 
esquilles ncroses de leur carie sont elles-mmes rarfies , fragiles et 
vasculaires ; que l'inflammation se propageant avec rapidit d'une des par- 
ties de l'os aux autres parties du mme os , l'ostete se complique souvent 
de l'inflammation du prioste, qui, frquemment alors, scrte sur l'os 
des concrtions osseuses varies ; qu'elle se complique ordinairement de 
l'inflammation de la moelle et du tissu cellulaire qui unit les cartilages 
diarthrodiaux l'os ; et que , rciproquement, le tissu osseux participe ra- 
pidement chacune de ces inflammations , quand elles se dveloppent les 
premires ; que parfois l'ostete se complique d'hyprostose gnrale ou 
partielle , de formations morbides accidentelles : pus , matire lardace , 



( 66 ) 

encphalode callode, tissu fongeux, tissu rectile , tubercules, hister, etc., 
dont quelques-unes lardaces, l'encphalode, par exemple, peuvent s'en- 
flammer, se ramollir, supurer et dgnrer en cancer; que l'ostete com- 
plique, son tour, le spina ventosa, la ncrose, et en outre les contu- 
sions , les plaies des os , les fractures , les luxations non rduites , les 
maladies articulaires , une distance plus ou moins loigne du point 
primitivement malade-, enfin, qu'elle complique encore les ulcres trs 
rapprochs de la surface des os , et laisse gnralement , et peut-tre tou- 
jours , dans ces organes, des empreintes ineffaables et visibles au bout 
d'un sicle, comme un jour aprs la mort des sujets, s'ils succombent 
pendant la maladie des os, ou mme quelques annes aprs la gurison. 

mdecine. Mmoire concernant l'action de l atmosphre sur les poitri- 
naires; par M. Bressy. 

(Commissaires, MM. Serres, Double.) 

ttpoguaphie. IVote sur la typo-lithographie; par M. Berger de Xivret. 
(Commissaires, MM. Navier, Turpin.) 

Le passage suivant du mmoire fera parfaitement connatre la combi- 
naison que M. de Xivrey appelle typo-lithographie. 

Toute la partie explicative de la grammaire gyptienne de Champol- 
lion le jeune, s'imprime chez M. Didot en caractres ordinaires; mais une 
grande difficult se prsentait pour les groupes hiroglyphiques, partie 
principale de ce travail, et qui y sont en aussi grande quantit que sont 
dans toute grammaire d'une langue trangre, crite en franais, les mots 
de cette langue trangre. Il n'existe, en effet, dans aucune fonderie, des 
types hiroglyphiques, vu, d'une part, le peu d'anciennet de ces tudes, 
et de l'autre, l'extrme difficult de runir ces signes compliqus, dont il 
faudrait une norme quantit pour faire face aux besoins d'une impression 
ordinaire, car leur varit est hors de toute proportion avec le nombre des 
lettres de nos alphabets. La ncessit a donc fait imaginer Paris la mme 
combinaison qu' Rouen, et voici de quelle manire. Toutes les fois que 
dans le manuscrit de M. Champollion il se prsente un groupe hirogly- 
phique , le compositeur laisse dans la page un espace vide de la mme 
grandeur, et continue la composition de la feuille. Quand elle est termine 
et corrige, on tire une preuve, avec*une encre particulire, sur cette 
espce de papier qui, dans Y autographie , sert d'intermdiaire entre l'cri 



( i67 ) 
tnre et la pierre, en permettant ainsi d'crire l'endroit. M. Chanapollion Fi- 
geac remplit sur ce papier tous les espaces blancs , en traant chaque groupe 
hiroglyphique sa place rserve , puis on transporte de nouveau , et 
l'envers, sur la pierre la contre-preuve ainsi complte. 

Dans le reste du mmoire, M. Berger de Xivrey signale les diverses 
applications que la typo-lithographie pourra recevoir, l'conomie qu'elle 
doit offrir dans certains cas, et les moyens d'exactitude dont elle est sus- 
ceptible. 


zoologie. Note sur le diatoma Swartzii ; par M. Laurent, professeur 

l'cole royale forestire de Nancy. 
(Commissaires , MM. Dutrochet et Bory de Saint- Vincent.) 

On a reconnu depuis quelques annes que certaines conferves oscillatoi- 
res composes de locules places les unes au bout des autres, renferment 
des grains qui, certaines poques, sortent anims de leur habitation, et se 
meuvent avec plus ou moins de vitesse dans l'eau o la conferye est plon- 
ge. M. Laurent a reconnu rcemment tous ces phnomnes dans le diatoma 
Swartzii. 

Il a vu aussi quelquefois que la masse des grains contenus dans une 
case, sort en bloc des flancs de la conferve , et constitue un animal multiple 
qui tourne sur lui-mme comme les grains isols. 

M. Laurent rapporte qu'en rompant avec une pointe fine, sur le porte- 
objet du microscope, des tubes de conferves ectospermes de Vaucher, il a 
aperu les grains qui y taient renferms s'chapper et se mouvoir. Ce 
mouvement, auquel on ne croyait pas, ne pouvait tre mconnu, car, dit 
M. Laurent, certaines de ces monades peine sorties du tube, venaient 
s'y renfermer pour en ressortir ensuite, comme si elles avaient d'abord 
peur de s'loigner de leur premire demeure. Je crois que M. Bory de 
Saint-Vincent a dj annonc une observation semblable pour une con- 
ferve qu'il a place parmi les conjugues. 

calcul intgral. Mmoire sur l'intgration des quations indices frac- 
tionnaires ; par M. Joseph Liouville. 

( Commissaires, MM. Lacroix, Libri.) 

Voici les principaux thormes noncs dans ce mmoire. 
i. tant donne une quation linaire coefficients constants, con- 
tenant un nombre quelconque de diffrentielles indices fractionnaires, 



( i68) 
avec un second membre fonction de la variable indpendante, on parvient 
toujours intgrer cette quation sous forme finie. 

2. On obtient galement, sous forme finie , les intgrales d'un systme 
d'quations linaires coefficients constants , avec des seconds membres 
quelconques. 

3. Enfin, si les coefficients des diffrentielles , au lieu d'tre constants , 
sont exprims par des fonctions rationnelles de la variable indpendante, 
on peut toujours, sinon intgrer les quations proposes, du moins ra- 
mener leur intgration celle d'un systme dtermin et connu d'qua- 
tions diffrentielles ordinaires. 

M. Liouville termine son mmoire en montrant par des exemples que 
l'emploi des diffrentielles et des quations diffrentielles indices frac- 
tionnaires, est trs utile pour l'intgration mme des quations diffren- 
tielles indices entiers. 

statistique. Lettre de M. Demonferrano sur les tables de mortalit. 

(Commissaires , MM. Poisson, Dupin, Mathieu.) 

M. Demonferrand adresse deux tables de mortalit, dont l'une a t cal- 
cule d'aprs les feuilles du mouvement annuel , telles que les administra- 
tions dpartementales les adressent au ministre, tandis qu'on a obtenu 
l'autre aprs avoir rectifi celles de ces feuilles qui semblaient inexactes. La 
similitude des deux tables montre qu'elles ont t dduites d'assez grands 
nombres pour que les variations accidentelles aient peu d'influence sur le 
rsultat final. 

Essai sur la navigation de l'Allier et sur le canal (en projet) qui doit longer 
cette rivire; par M. Devze de Chabrioi*. 

(Commissaires, MM. Girard , Navier.) 

a.natomie. Note de M. Lesauvage sur les Frres siamois. 

(Commissaires, MM. Serres, Flourens.) 

mbdecine. Observations sur lespolipes de la vessie ; par M. Nico. 

(Renvoy la commission du prix Montyon.) 

chirurgie. Mmoire sur les fistules vsico- vaginales. 

(Commissaires, MM. Larrey , Roux, Breschet.) 



( i9) 

RAPPORTS. 

entomologie. Rapport verbal fait par M. Duraril, sur un nouveau 
groupe d'insectes Orthoptres , de la famille des Mantides , par 

M. Lefebvre. 



Les formes des insectes qui appartiennent cette famille sont des 
plus bizarres. Les uns ressemblent des btons ambulants; d'autres des 
feuilles vertes runies, et qui marchent ensemble; leur tte, leur cor- 
selet, leurs antennes, leur abdomen, leurs pattes, prsentent les plus 
grandes diffrences : aussi ont-ils reu des noms qui dnotent leur aspect 
singulier, tels que ceux de spectres, de phasmes , de phyllies , de mantes 
ou diables , de prca-dious. 

C'est un nouveau groupe de cette famille, que nous avons nomme des 
Anomides, que M. Lefebvre vient faire connatre; il en a recueilli plusieurs 
espces en Egypte, et depuis il en a observ plusieurs autres qui ont 
donn lieu ce mmoire , accompagn de trois planches qui font con- 
natre tous les dtails de structure de deux genres nouveaux qu'il 
nomme, l'un remiaphile , parce qu'il l'a recueilli seulement dans le 
dsert; l'autre Htronytarse , parce que ses tarses et surtout ses ongles 
sont autres dans les pattes postrieures que dans les antrieures. 

Un autre mmoire est destin faire connatre la larve, la nymphe 
et l'insecte parfait d'une espce de Clairon qu'il a trouve dans une 
substance mdullaire ligneuse dont tait garni le fond d'une bote 
insectes , et que notre confrre M. Adolphe Brongniart a reconnu 
comme provenant de la racine de VsEschinomene paludosa. 

statistique. Rapport verbal sur le voyage en Sude de M. Alexandre 
Dcmont; par M. Hricart de Thort. 

Le rapport est trs favorable. Borns par l'espace, nous ne pourrons 
cependant en extraire qu'un petit nombre de rsultats. 

En i83o, suivant un recensement officiel, la population de la Sude 
tait de 2,871,000 mes. 

* 1751. en y comprenant la Finlande, elle ne s'le- 
*Wt qu' 1,785,000 

En 1 83o , Stockholm comptait 83,ooo mes. 

Ce dernier nombre est le tiers de la population urbaine de toute la 
Sude. 

C. R. 186, l" Semestre. *$ 



( '7 ) 

Les laboureurs composent les quatre cinquimes de la population totale 
du royaume. 

Il y a dix ans , la Sude ne produisait pas assez de bl pour sa consom- 
mation, maintenant elle en exporte. 

Parmi les fruits cultivs Stockholm , M. Dumont cite la pomme trans- 
parente d Astracan , dont la peau jaune est nuance de rose, qui exhale 
un parfum exquis, qui a une saveur dlicieuse, et qui jouit d'une telle 
transparence , qu'en la plaant dans la direction du jour, on en aperoit 
les ppins. 

La seule mine de cuivre de Falun donne annuellement 2,700,000 ki- 
logrammes de mtal. 

La valeur annuelle commerciale du produit des mines de cuivre rpan- 
dues dans tout le royaume, s'lve 1,700,000 francs. 

Le produit gnral des mines de toute nature est valu 20,000,000 de 
francs. 

Le nombre total d'ouvriers employs dans les mines, parait tre rie 
35,ooo. 

En i83a, on ne comptait eu Sude que 1,884 fabriques; elles em- 
ployaient 1 2,000 ouvriers. M. Poppius portait la valeur de leurs produits 
a 18,000,000 de francs. 

Les exportations du royaume paraissent s'lever 

aujourd'hui 27,000,000 

et les importations 24,000,000 

Il y a dj en Sude 14 btiments vapeur- entirement construits dans 
le pays. 

LECTURES. 

embryologie. Recherches sur les communications vasculaires entre la 
mre et le ftus ; par M. Flourens. 

L'auteur prsente une double srie de pices anatomiques qui dmon- 
trent l'existence d'une communication vasculaire entre la mre et le foetus, 
dans l'espce du lapin. Une premire srie montre cette communication , 
ou, ce qui revient au mme, le passage de la matire injecte, du foetus 
la mre, et une seconde srie montre cette communication , ce passage, 
de la mre au foetus. . .. r.i^ii *h.-* ; J 

V e srie.Dns une premire pice, l'injection faite par la veine ombilicale, 
a pass dans les veines utrines. Dans une seconde, l'injection, faite par une 



( <7' ) 
artre ombilicale , a pass d'abord dans Y artre ombilicale , du cot oppos 
clans la veine ombilicale, et ensuite dans les artres et les veines de l'utrus. 

Dans ces tleux pices, la matire injecte est du vernis l'essence 
color par le minium. Dans une troisime , la veine ombilicale a t in- 
jecte avec du mercure , et le mercure a pass dans les, veines utrines. 
Dans une quatrime, contenant plusieurs ftus, la liqueur (du vernis 
color par la cruse) a t injecte par la veine ombilicale de deux ftus ; 
et cette liqueur a pass non-seulement dans les veines utrines , mais , 
chose remarquable, elle a pass dans le placenta d'un troisime ftus, 
qui lui-mme n'avait pas t inject. 

2 e srie. Dans une premire pice, la liqueur, injecte par une artre 
de t utrus , a pass dans lesplacentas de plusieurs ftus contenus dans cet 
utrus. Dans cette pice , la liqueur injecte est du vernis color par le 
minium ; dans une seconde , c'est du vernis color par la cruse; c'est de 
la colle colore par le minium, dans une troisime; et dans toutes ces 
pices, la liqueur, injecte par une artre de l'utrus, a pass dans les 
placentas des divers ftus contenus dans ces utrus. Et toutes ces pices , 
tant celles de la premire srie que celles de la seconde , montrent l'exis- 
tence des vaisseaux utro-placentaires, des vaisseaux qui tablissent la com- 
munication entre la mre et le ftus. Plusieurs de ces vaisseaux sont 
mme assez gros pour tre distinctement aperus dans leur tat naturel , 
et sans le secours d'aucune injection. C'est dans le centre de chacun des 
deux gteaux qui forment le placenta des lapins, que se montrent les vais- 
seaux utro-placenlaires. De tous ces faits , l'auteur conclut i que la li- 
queur injecte passe du ftus la mre; i qu'elle passe de la mre au 
ftus ; et par consquent qu'il existe une communication vasculaire vi- 
dente, constante, entre la mre et le ftus, comme entre le ftus et la mre. 

Il n'a jamais vu la liqueur injecte par les veines de l'utrus passer 
dans les placentas du ftus. Du reste, tous les rsultats obtenus sur 
l'espce du lapin, il les a vus se reproduire sur l'espce du chien, sur 
celle du chat, sur celle de l'homme. Or, toutes ces espces, Y homme , le 
chien , le chat, le lapin , ont un placenta unique ; et ce sont aussi les seules 
o l'auteur ait reconnu une communication vasculaire entre le ftus et 
la mre , entre le placenta et l'utrus. 

Quelque nombreuses , quelque multiplies qu'aient t ses tentatives 
sur les animaux & placentas multiples , sur le cochon , sur la brebis , sur la 
vache , par exemple , il n'a jamais vu passer la moindre partie de la liqueur 
injecte, soit des houppes vasculaires du chorion , dans les veines de 

a5.. 



( fcfft ) 

l'utrus , soit des veines de l'utrus dans les houppes du chorion , houppes 
qui constituent , comme on sait, les placentas multiples de ces animaux. 

A prendre donc dans son ensemble, la classe des mammifres, deux modes 
distincts constituent les rapports de Yutrus avec Yuf de la mre avec le 
ftus : ou une communication vasculaire , et qui alors se fait par un seul 
point , par un placenta unique ; ou une communication de simple contact , 
de simple adhsion , et qui alors se fait par un trs grand nombre de 
points , par des placentas multiples. 

En d'autres termes , dit l'auteur , la communication du foetus avec la 
mre se fait par contigut ou par continuit : l'tendue de la surface ou 
des points de contact supplant , dans le premier cas , au dfaut d'nergie 
du mode de communication, et Y nergie du mode de communication sup- 
plant , dans le second , au dfaut d'tendue de la surface. 

mcanique. Mmoire sur les quations du mouvement relatif des systmes 

de corps; par M. Coriolis. 

(Commissaires, MM. Mathieu, Navier, Poncelef. ) 

L'analyse qu'on va lire, est rdige par l'auteur du mmoire. 

Dans un mmoire que j'ai prsent l'Acadmie en i83i , j'ai montr 
que, pour appliquer le principe des forces vives aux mouvements relatifs 
des systmes entrans avec des plans coordonns ayant un mouvement 
quelconque dans l'espace, il suffisait d'ajouter aux forces donnes, d'autres 
forces opposes celles qui sont capables de forcer les points matriels 
rester invariablement lis ces plans mobiles. 

J'ai fait remarquer dans ce mmoire que la proposition qui en est l'ob- 
jet, ne peut s'appliquer en gnral d'autres quations du mouvement 
qu' celle des forces vives; mais je n'avais pas examin alors s'il y a des 
circonstances o la marche qu'elle fournit peut s'appliquer certaines qua- 
tions du mouvement, et, dans le cas contraire, si l'on peut donner une 
expression simple des nouveaux termes de correction. 

C'est la question dont je me suis occup dans le mmoire que je pr- 
sente aujourd'hui l'Acadmie. J'y donne cette proposition gnrale, sa-- 
voir, que pour tablir une quation quelconque de mouvement relatif, 
d'un systme de corps ou d'une machine quelconque, il suffit d'ajouter 
aux forces existantes, deux espces de forces supplmentaires : les pre- 
mires sont toujours celles auxquelles il faut avoir gard pour l'quation 
des forces vives, c'est--dire que ce sont des forces opposes celles qui 



( * ) 
sont capables de maintenir les points matriels invariablement lis aux 
plans mobiles; les secondes sont diriges perpendiculairement aux vitesses 
relatives et l'axe de rotation des plans mobiles : elles sont gales au 
double du produit de la vitesse angulaire des plans mobiles, multiplie par 
la composante de la quantit de mouvement relatif, projete sur un plan 
perpendiculaire cet axe. 

Ces dernires forces ont la plus grande analogie avec les forces 
centrifuges ordinaires. 

Pour mettre en vidence cette analogie , il suffit de remarquer que la 
force centrifuge est gale la quantit de mouvement , multiplie par la 
vitesse angulaire de la tangente la courbe dcrite par le mobile, et qu'elle 
est dirige perpendiculairement la vitesse et dans le plan osculateur, 
c'est--dire perpendiculairement l'axe de rotation de la tangente. Ainsi 
pour passer de ces forces centrifuges ordinaires aux forces dont les dou- 
bles entrent dans l'nonc prcdent, on n'a qu' remplacer, la vitesse an- 
gulaire de la tangente par celle des plans mobiles, et substituer la di- 
rection de l'axe de rotation de cette tangente, la direction de l'axe de 
rotation de ces mmes plans mobiles; en d'autres termes, il suffit de subs- 
tituer tout ce qui se rapporte, en grandeur et en direction, la rotation 
de la tangente, ce qui se rapporte la rotation des plans mobiles, et de 
prendre le double des forces ainsi obtenues. 

C'est cause de cette analogie que j'ai cru devoir donner ces nou- 
velles forces la dnomination de forces centrifuges composes ; elles parti- 
cipent en effet du mouvement relatif par la quantit de mouvement, et du 
mouvement des plans mobiles par l'emploi de leur axe de rotation et 
de leur vitesse angulaire. 

Les directions de ces secondes forces supplmentaires tant perpendi- 
culaires aux vitesses relatives, on voit de suite qu'elles disparaissent dans 
l'quation des forces vives pour le mouvement relatif, puisqu'on n'emploie 
dans cette dernire que les composantes des forces dans le sens des vitesses 
relatives. 

C'est dans cette disparition de ces forces centrifuges composes, que 
consiste le thorme que j'ai prsent l'Acadmie en i83i. Il devient, 
maintenant un cas particulier de l'nonc plus gnral sur l'introduction 
de ces nouvelles forces centrifuges. 

On peut prsenter l'introduction des forces centrifuges composes en 
employant, dans les noncs les vitesses virtuelles relatives qui ont servi 
obtenir chaque quation de mouvement. On arrive ainsi cette proposi- 



( >74) 
tion : que les deux espces de termes supplmentaires qui entrent dans une 
quation de mouvements relatif s , sont, les premiers , les moments virtuels des 
mmes forces qui entrent dans l'quation des forces vives, et les seconds, les 
doubles des sommes des aires des paralllogrammes construits sur les vi- 
tesses relatives et les vitesses virtuelles , ces aires tant projetes sur le plan 
perpendiculaire l'axe de rotation des plans mobiles. 

Ce dernier nonc montre dans quels cas ces seconds termes suppl- 
mentaires disparaissent, non plus isolment, mais dans leur ensemble. 

mcanique. Mmoire sur la stabilit des voitures avec application aux 
messageries de France; par M. Coriolis. 

(Commissaires, MM. Mathieu, Navier, Poncelet. ) 

Voici dans quels termes M. Coriolis signale le but de son mmoire. 

Lorsqu'une voiture est en repos ou qu'elle est tire en ligne droite, il 
suffit, pour qu'elle ne verse pas, que la verticale qui passe par son centre 
de gravit ne sorte pas de l'intervalle compris entre les points d'appui des 
roues. Cette condition est remplie pour les grandes messageries , charges 
sur l'impriale conformment aux rglements, tant que le plan sur lequel 
elles reposent n'a pas une inclinaison transversale, c'est--dire dans le sens 
des essieux, qui dpasse l'angle dont la tangente est un tiers. Cette donne 
rsulte d'expriences que j'ai faites, dans les ateliers des messageries Laffitte 
et Caillard , avec M. Arnould , directeur du matriel de cette administration. 

Ainsi , pourvu que l'accottement d'une route n'ait pas un mtre de 
pente sur trois mtres de largeur, ou que les ornires qui s'y sont formes 
ne permettent pas aux points d'appui des roues de prendre une pente to- 
tale de o m ,57 de l'un l'autre, les messageries conduites bien en ligne droite 
n'y verseront pas encore. 

On serait port conclure de l que le renversement d'une diligence 
doit tre attribu le plus ordinairement d'autres causes qu' leur dfaut 
de stabilit. Mais si l'on examine ce que devient cette stabilit dans le mou- 
vement en ligne courbe, on reconnat qu'elle diminue tellement quand la 
vitesse devient un peu grande, qu'il doit y avoir beaucoup d'accidents oc- 
casions par le peu de soins que mettent les postillons viter de tourner 
quand la voiture est mene au grand trot. Il serait donc dsirer que le 
mode de chargement ft prescrit par l'autorit, de manire donner aux 
voitures plus de stabilit qu'elles n'en ont aujourd'hui : c'est ce qu'on re- 
connatra par les calculs que nous allons prsenter. 



( 175) 

mcanique. Notice sur un nouveau levier destin servir la locomotion 

arienne; par M. Aime. 






( Commissaires, MM Gay-Lussac , Navier. ) 

La notice de M. Aim serait peu susceptible d'abrviation : nous la con- 
signons ici textuellement. 

Aussitt que la dcouverte des arostats fut faite , on sentit de quelle 
importance il serait de pouvoir diriger le cours de ces navires ariens, et 
d'obtenir parla un moyen de transport plus rapide qu'aucun autre connu 
jusque alors. 

Des hommes de mrite de diffrents pays s'occuprent de cette impor- 
tante question , et ne tardrent pas dclarer qu'un tel but tait impos- 
sible atteindre, attendu que dans l navigation arienne on manquait 
de point d'appui. 

Cette assertion, qui - au premier coup d'il parat premptoire et qui est 
aujourd'hui l'opinion universellement reue, me'parat cependant errone: 
c'est ce que je vais essayer de dmontrer l'Acadmie, si elle daigne m'ho- 
norer de quelques instants d'attention. Cette difficult, ou si l'on veut cette 
impossibilit de trouver un point d'appui , tenant au peu de densit du 
milieu o se trouve plong l'arostat, me fit reconnatre que les moyens 
usits ordinairement devaient ncessairement chouer tant qu'on n'aurait 
pas un procd quelconque pour neutraliser, s'il est permis de s'exprimer 
ainsi , la tnuit de l'atmosphre , et je vis que c'tait dans la construction 
du levier lui-mme que ce moyen devait tre trouv. 

En effet, je crois tre parvenu construire un levier qui remplit par- 
faitement la double indication de neutraliser la tnuit de l'atmosphre et 
d'y prendre un point d'appui. Je passe de suite la description de mon 
levier, et rien ne sera plus facile que de comprendre son mode d'action. 

Ce levier consiste en une raine construite en taffetas gomm et monte 
de manire^ pouvoir tre gonfle avec du gaz hydrogne , ce qui rendra 
cette rame d'une pesanteur spcifique trs infrieure celle de l'air, qui 
alors lui offrira une rsistance d'o rsultera forcment un point d'appui ; 
car la rsistance de l'atmosphre ces rames sera aussi grande que celle 
qu'elle prsente au ballon lui-mme. 

Lorsque la nacelle d'un ballon sera munie de rames de cette espce , 
assujetties convenablement , que l'on fera mouvoir comme pour ramer sur 
un bateau , il me semble qu'il sera impossible de ne pas obtenir un mou- 
vement de progression dans telle direction que l'on voudra. Mais comme 



( '76) 
es rames seront enveloppes de toutes parts par l'atmosphre, il sera 
ncessaire de les manuvrer de manire prsenter alternativement leur 
large surface ou plat et leur bord aux pojnts de l'atmosphre par- 
courir , afin qu'elles n'prouvent pas, pour tre ramenes l'avant , la 
mme rsistance que pour tre pousses l'arrire , d'o rsulterait qui- 
libre et neutralisation des deux rsistances l'une par l'autre. 

L'Acadmie apprend , avec une vive satisfaction , que M. Decandolle , 
un de ses associs trangers, dont la sant paraissait gravement compro- 
mise, est maintenant en convalescence. Elle charge M. Dumril d'tre, 
auprs du savant botaniste, l'interprte de tous ses vux. 

La sance est leve 5 heures. A. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des Sances de l'Acadmie des Sciences, 
n 6,i836,in-4. 

Proceedings ofthe royal Society; n aa. 

Journal de Mathmatiques de M. Crelle; torne i5, i" et a* cahier, 
in-4- (En allemand. ) 

Mmoire sur une Manire nouvelle de pratiquer l'opration de la Pierre; 
par M. le baron Dupuytren; publi par MM. Samson et Bgik; in-folio. 

Procs-verbal de la Sance publique de la Socit d'Agriculture, du 
Commerce et des Arts de Boulogne-sur-Mer, tenue le a4 sept. i834 ; in-8. 

Mmoires de l'Acadmie royale de Metz; 16 e anne, Metz, i835; in-8. 

Histoire naturelle et Iconographie des Insectes coloptres; par MM. de 
Castelnau et Goryj 5 e livraison, in-8. 

Trait des Instruments astronomiques des Arabes , compos au 1 3 e sicle; 
par M. Sdillot; T. 2. (M. Savary est charg d'en rendre un compte verbal.) 

Nouveau Groupe d'Orthoptres; par M. A. Lefebvre; in-8*. (Extrait des 
Annales de la Socit entomologique de .France, tome 40 

De l'Emploi de la Chaux en agriculture ; par M. A. Pu vis; 2 vol. in-8*. 

Leons de Chimie lmentaire , faites le dimanche par M. Gjrardwj , 
Rouen; 7' et 10 e leon , in-j 2. 

Gazette mdicale de Paris ;n' 7. 
Gazette des Hpitaux ; n 17. 

jcho du Monde savant; n 6. 



COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI 22 FVRIER 1836, 
PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



CORRESPONDANCE. 

L'Acadmie reoit et accepte avec reconnaissance un mdaillon de 
Condorcet, adress par madame O'Connor, fille de ce clbre acadmi- 
cien. Ce prcieux mdaillon est de la main de M. David, membre de l'A- 
cadmie des Beaux- Arts. 

M. Sisti a envoy, en i834 un mmoire ayant pour titre : Compa- 
raison des deux chelles des mesures de longueur de la France, l'une sui- 
vant l'ancienne mesure linaire, et l'autre suivant la nouvelle mesure m- 
trique , commenant pour la premire du point, et pour la seconde, du 
millimtre , jusqu' l'extraction totale de la ligne mridienne. Il sollicite 
aujourd'hui un prompt examen de ce travail ; et les Commissaires , MM. de 
Prony et Mathieu, sont invits par M. le Prsident vouloir bien hter le 
compte qu'ils doivent en rendre l'Acadmie. 

M. Suverger prie l'Acadmie de dsigner des commissaires l'examen 
desquels il puisse soumettre : i un systme de filtrage nouveau fonc- 
tionnant la main et mcaniquement ; i une application nouvelle des 
tubes capillaires l'clairage. MM. Poncelet et Sguier sont chargs de cet 
examen. 

- C. R. I83G, \ Semestre. 26 



( '78 ) 

M. Aim [Georges), ancien lve de l'cole Normale, avertit qu'il n'est 
point l'auteur du mmoire sur la direction des arostats, prsent dans la 
dernire sance, et que ce n'est que par une similitude de nom que ce 
mmoire a pu lui tre attribu par quelques personnes. 

M. Parajre crit qu'il est parvenu composer , au moyen d'une prpa- 
ration chimique trs simple qu'il fait subir au papier, un papier qui re- 
tient d'une manire ineffaable l'encre crire (noire), et il adresse, en 
mme temps, un chantillon de ce papier; cet chantillon est renvoy 
la commission qui est dj charge de l'examen de plusieurs papiers de 
ce genre. 

M. Arago prsente, de la part de M. Warden, une cuillre en cuivre, 
faonne par un indien avec un morceau de la masse de cuivre natif 
trouve prs du Lac Suprieur , et dont il a t question dans le Compte 
rendu de la sance prcdente (p. i B'] ). 

chimie. Thorie du traitement des minerais de fer dans les hauts- 
fourneaux. 

Dans une lettre adresse M. Arago, M. Chevremont , ingnieur, chef 
de la premire division des mines Mons , rclame la priorit d'invention 
de la thorie des hauts-fourneaux , soumise l'Acadmie par M. Le Play. 
M. Chevremont dit avoir parl de cette thorie, il y a peu prs trois ans , 
MM. Thnard, Dumas, Perdonnet, Garnier, Grouvel, ingnieur civil, etc. Il 
argumente galement d'une dition de la Chimie applique aux Arts , de 
Chaptal, publie Bruxelles, en i83o, par M. Guillery ; et dans laquelle 
cette thorie, qui aurait t communique par M. Chevremont M. Guillery 
ds 1827, estindique. Enfin, M. Chevremont rapporte les termes d'un brevet 
qu'il avait voulu prendre en i834, et qui se trouve dpos dans les bu- 
reaux du Ministre de l'Intrieur, Paris; brevet dans lequel sa nouvelle 
thorie de la rduction des minerais mtalliques, et spcialement des mi- 
nerais de fer dans les hauts- fourneaux, est expose d'une manire succincte. 

Toujours proccup de ma nouvelle thorie des hauts-fourneaux, j'ai 
fait en i83a, dit M. Chevremont, quelques essais de laboratoire qui 
n'ont fait que la confirmer. Ces essais ont consist faire passer dans un 
tuyau en terre rfractaire , contenant des morceaux de mine de fer spa- 
n thique pralablement grills, et en levant la temprature du tuyau 
jusqu' environ quatre cents degrs centigrades, un courant de gaz oxide 
de carbone. Les morceanx de minerais de fer qui, au moment de leur 



( 79 ) 
introduction dans le tuyau de terre, taient peroxids et de couleur 
rouge, avaient, quand je les ai retirs du tuyau, une couleur noirtre, 
et ils taient, jusqu' leurs centres, entirement rduits en- mtal trs 
attirable l'aimant. La masse de gaz qui s'est dgage aprs avoir pass 
sur les morceaux de minerais de fer l'tat d'incandescence , tait un m- 
lange de gaz oxide de carbone et de gaz acide carbonique. J'ai employ 
aussi le gaz hydrogne trs carbon et j'ai obtenu les mmes rsultats 
qu'avec le gaz oxide de carbone. 

La rclamation de M. Chevremont est renvoye la commission qui doit 
rendre compte du mmoire de M. Le Play. 

Nous remarquerons ici qu'en prsentant son travail , M. Le Play d- 
clarait que sa dcouverte datait d'une poque assez ancienne. 

physique du globe. Dmonstration (rclame par M. Duhamel), du 
thorme sur la chaleur du globe; par M. Saigey. ( Voyez ci-dessus , 
p. 162.) 

Soit une sphre homogne, que l'on divisera en couches concentriques 
infiniment minces. Supposons que la couche superficielle soit entretenue, 
par des causes extrieures, une temprature moyenne constante. Cela 
revient dire que la somme de chaleur que possde cette premire cou- 
che, ne variera pas avec le temps, nonobstant les variations partielles de 
ses divers lments. Admettons que la seconde couche, place immdia- 
tement au-dessous de la premire, ait la mme paisseur que celle-ci, 
ou mieux le mme volume, son paisseur surpassant l'paisseur de la pre- 
mire d'une quantit infiniment petite du second ordre, qui s'vanouira 
aux limites. Admettons, pour un moment, que cette seconde couche ne 
communique point avec la troisime, situe au-dessous, et ait la mme 
somme de chaleur que la premire. 

D'aprs la loi de Newton , admise par Fourier, la transmission de la 
chaleur d'un lment un autre, est proportionnelle la diffrence des 
tempratures de ces lments. La transmission de chaleur de l'une 
l'autre couche, travers la surface de sparation, sera donc identique- 
ment la mme tout instant, en sorte que chaque couche gagnera autant 
d'un ct qu'elle perdra de l'autre; car deux sommes de chaleur S et S' 
tant gales, de quelque manire que l'on fasse la rpartition de S sur 
les lments de la premire couche, et celle de S' sur les lments de 
la seconde couche, c'est--dire quelle que soit la communication des 
lments d'une mme couche entre eux , la diffrence S S' sera toujours 

a6 



( iSo ) 

nulle, et les termes positifs qui entreront dans cette diffrence et seront 
proportionnels l'coulement de la chaleur des lments de la premire 
couche, par exemple, vers les lments de la seconde, feront toujours la 
mme somme que les termes ngatifs proportionnels l'coulement de 
la chaleur de la seconde la premire couche. Alors, si la somme S de 
chaleur que possde la premire couche demeure invariable , la somme S' 
de la seconde couche ne variera pas non plus. 

Mais, si les deux sommes S et S' n'taient pas gales, l'change de 
chaleur entre les deux couches serait diffrent ; il aurait lieu au profit 
de celle qui possde la moindre somme de chaleur, et l'quilibre tendant 
sans cesse se rtablir, S' deviendrait finalement gal S, qui est considr 
comme invariable. Dans l'un et l'autre cas, deux sommes gales de chaleur 
se maintiendront ainsi sur deux couches de volumes gaux, ce qui don- 
nera pour ces deux couches la mme temprature moyenne. 

Rtablissons la communication de la chaleur entre la seconde et la 
troisime couche. Si leurs deux sommes de chaleur sont gales, rien ne 
sera chang dans les tempratures moyennes des trois couches. Mais si 
ces sommes sont ingales, l'quilibre dans les changes se rtablira fina- 
lement, comme pour la premire et la seconde couche. Continuant 
raisonner ainsi , on voit que cet tat ? quilibre mobile sera tabli clans 
toute la sphre, alors que chaque couche recevra de sa voisine la mme 
quantit de chaleur qu'elle lui transmet, dans le mme temps et travers 
d'autres lments. 

Enfin , si la sphre n'tait pas homogne , la communication de la 
chaleur, d'une couche l'autre, serait totalement change; elle devien- 
drait une certaine fonction de la conductibilit et de la chaleur spcifi- 
que; mais si ces deux lments demeuraient les mmes sur toute l'tendue 
d'une mme couche , variant seulement d'une couche l'autre , la commu- 
nication de la chaleur serait change semblablement sur toute la surface 
de sparation des deux couches , et l'on arriverait au mme rsultat final 
que dans le cas de l'homognit. 

physique du globe. Extrait d'une lettre de M. Duhamel relative la lettre 
adresse dans la sance prcdente par M. Saigey. 

Le premier thorme dont me parla M. Saigey consiste en ce que, 
quand les tempratures d'une sphre sont devenues fixes, la temprature 
moyenne de la surface est la mme que celle du centre et de toutes les 



( i8i ) 
surfaces sphriques concentriques. Je lui dis que je n'avais pas connais- 
sance qu'il et t nonc; que M. Poisson avait dmontr quelques pro- 
positions sur ce point, et que j'examinerais la question. J'en trouvai une 
dmonstration analytique trs simple ; mais M. Poisson doit tre relle- 
ment considr comme l'inventeur de ce thorme, qui n'est qu'un cas 
particulier d'un autre qu'il a imprim il y a quinze ans, et qui consiste en 
ce que, dans le cas en question, la temprature du centre est la moyenne 
de celle du milieu extrieur : elle est donc aussi la mme que celle de la 
surface, ce qui se voit en supposant un certain coefficient infini. Et comme 
toutes les surfaces concentriques ont des tempratures fixes, leur moyenne 
est constante et gale celle du centre. On voit donc , en y regardant de 
prs, que ce thorme ne pourrait tre rclam que par M. Poisson ; mais 
pour moi je n'ai fait qu'en donner la dmonstration directe, qui est plus 
simple que celle de M. Poisson , parce qu'il n'a donn la sienne qu'en pas- 
sant, a la suite de recherches plus gnrales; j'ajouterai que comme il n'en 
a pas nonc toutes les consquences, ce n'est qu'en l'examinant avec soin 
que j'ai vu qu'elle renfermait, comme cas particulier, celle du thorme en 
question dans le cas de l'homognit. 

Je passe au second thorme dont m'a parl M. Saigey. Fourier avait 
dmontr autrefois que la temprature moyenne annuelle, provenant de 
l'action du soleil, tait la mme en tous les points d'une mme verticale, 
situs une profondeur trs petite par rapport au rayon de la terre. Il n- 
gligeait avec raison la propagation latrale, comme tant sans influence 
sur les tempratures de cette couche superficielle; mais depuis les temp- 
ratures invariables jusqu'au centre, il considrait la propagation latrale, 
comme cela tait videmment ncessaire. Cette dernire partie de la ques- 
tion ne fut pas rsolue par lui d'une manire complte; mais elle l'a t 
depuis par Laplace et M. Poisson; j'ai moi-mme ajout quelque chose 
aux solutions de ces clbres gomtres, dans un mmoire prsent 
l'Acadmie, il y a six ans, et imprim dans le Journal de l'cole polytech- 
nique. Cette propagation latrale est une chose trs familire ceux qui 
connaissent la thorie mathmatique de la chaleur; il est mme impossible 
de n'y pas avoir gard quand les circonstances ne sont pas les mmes 
dans toute l'tendue de la surface; les quations l'expriment forc- 
ment 

Sur mon invitation , M. Saigey a envoy une dmonstration l'Aca- 
dmie; je demande qu'elle soit remise aux commissaires nomms pour 
examiner ma note, afin qu'ils puissent dcider si , pour cette partie de mon 



( i8a) 
travail, il y avait eu des dmonstrations exactes donnes par M. Saigey. Il 
est inutile de rpter qu'il n'est pas question de l'nonc de ce thorme, 
puisque dans mon mmoire il est dit positivement qu'il avait t donn 
avant moi. 

La lere de M. Duhamel et la note de M. Saigey sont renvoyes la 
mme Commission que le premier mmoire de M. Duhamel, source de ces 
dbats. 

optique mathmatique. Lettre de M. Caichy. 



L'Acadmie des Sciences a dj reu les premires livraisons des nou- 
veaux exercices que j'ai eu l'honneur de lui offrir. En attendant que les 
suivantes lui parviennent, je ne puis rsisterai! dsir d'indiquer ici quel- 
ques-uns des rsultats qui s'y trouveront contenus. Ces rsultats me pa- 
raissent de nature intresser l'Acadmie , laquelle je vous prie de vou- 
loir bien donner lecture de cette note, en demandant qu'elle soit jointe 
au procs-verbal et dpose dans les archives. 

Les livraisons dj imprimes jusqu' la septime, renferment la suite 
du mmoire sur la dispersion de la lumire. Quelques autres encore se 
rapporteront au mme objet. Dans le 3 que vous avez reu, j'ai donn 
(pages 34 et 35) les conditions ncessaires et suffisantes pour que la pro- 
pagation de la lumire soit la mme en tous sens. Ces conditions tablissent 
des rapports numriques entre certaines sommes triples et aux diffrences 
finies, composes de termes dont chacun dpend : i de la distance r de 
deux molcules thres; a* des angles a, , y, forms pour cette distance 
avec les axes coordonns; 3 de l'action rciproque /'(r) de deux mol- 
cules Tune sur l'autre, et fournissent le moyen de dbarrasser des angles 
a, &,y, les somms que l'on conserve dans le calcul. En supposant ces 
conditions remplies, on obtient pour tous les milieux une premire approxi- 
mation des mouvements de l'ther; et l'on reconnat qne la dure T 
d'une oscillation molculaire pour une couleur donne, ou le rapport 

s -^r, est lie avec l'paisseur /d'une onde plane ou le rapport /== S par 

une quation du troisime degr en s 1 , qui offre deux racines gales et 
une racine simple , toutes dveloppables en sries ordonnes suivant les 
puissances ascendantes de^*. Pour une couleur donne, c'est--dire, pour 
une valeur donne de s, cette quation sert dterminer la longueur d'on- 



( i83 ) 
(lulation ou la valeur de k, et la vitesse de propagation de l'onde lumi- 
neuse ou Cl = -r. 

D'autre part, les conditions dont il s'agit sont toujours remplies, lors- 
que les sommations doubles relatives aux angles peuvent tre transformes 
en intgrations doubles aux diffrences infiniment petites. Il est donc na- 
turel de penser qil'on obtiendra une premire approximation des mouve- 
ments de l'ther dans tous les milieux, et probablement avec une grande 
prcision les lois de son mouvement dans le vide , si l'on transforme les 
sommes triples aux diffrences finies en intgrales triples aux diffrences 
infiniment petites. Alors, dans la srie qui reprsente le dveloppement 
de la racine double de l'quation du troisime degr, le coefficient de k* n 
devient une intgrale simple relative r, et se rduit mme une cons- 
tante multiplie par la diffrence entre les deux valeurs qu'acquiert le 
produit 


quand on attribue successivement la distance r des valeurs nulle et in- 
finie. Cela pos, le phnomne de la dispersion disparatra , si le produit 
en question s'vanouit toujours pour une valeur infinie de r. et se rduit 
une constante diffrente de zro, pour n= i, et pour une valeur nulle 
de r. C'est ce qui aura lieu , par exemple , si la fonction/"(r) est de la forme 

A . 

h tant positif. D'ailleurs , pour que le rapport reste positif, il faudia 

que la constante A soit ngative , c'est--dire que les molcules d'ther 
se repoussent. Donc nos formules donneront dans le vide, conformment 
l'exprience, la mme vitesse de propagation pour toutes les couleurs, si 
l'action rciproque de deux molcules est une force qui, sur un rapproche- 
ment considrable de ces molcules soit rpulsive et rciproquement pro- 
portionnelle la quatrime puissance de la distance. Dj dans les anciens 
exercices (3* volume, page 2o3), en considrant le mouvement d'un 
systme de points matriels , j'avais remarqu qu'il fallait supposer 
le produit ry(r) nul avec r pour faire disparatre des termes que M. Na- 
vier a conservs dans les quations des corps lastiques. Mes nouvelles 
recherches sur la lumire doivent faire croire que ce produit ne s'vanouit 



-1 
( 84 ) 
pas avec r dans le fluide thr. Probablement il ne s'vanouit pas non plus 
avec r dans les corps solides ; d'o il rsulte qu'on peut calculer le mouve - 
ment des corps lastiques avec une approximation qui sera suffisante dans 
un grand nombre de cas, en transformant, avec M. Navier, les sommes aux 
diffrences finies en intgrales aux diffrences infiniment petites. 

Lorsqu'on cesse de transformer les sommes relatives aux angles en in- 
tgrales aux diffrences infiniment petites, les deux racines gales de l'- 
quation du deuxime degr sont gnralement remplaces par deux racines 
peu diffrentes l'une de l'autre, et l'on obtient les phnomnes de la polari- 
sation et de la double rfraction, comme on l'a vu dans les paragraphes dj 
publis de mon mmoire. Mais on peut gnraliser encore les rsultats qui 
s'y trouvent contenus , en dveloppant les formules (24) du 2 , et cessant 
de ngliger les sommes composes de termes qui changent de signe en mme 
temps que les cosinus des trois angles a, S, y. Alors les racines de l'quation 
du troisime degr, dveloppes en sries, renferment des puissances im- 
paires de k multiplies par \/ 1 , par suite la valeur de k correspondante 
une valeur donne de s*, devient en partie imaginaire , et des exponen- 
tielles ngatives, introduites comme facteurs dans les valeurs des dplace- 
ments molculaires peuvent les faire dcrotre trs rapidement r et les ren- 
dre insensibles une distance plus ou moins considrable de la surface d'un 
milieu rfringent. Lorsque cette distance est comparable aux longueurs 
d'ondulation , le milieu devient opaque. D'ailleurs les coefficients de /*, dans 
les exponentielles ngatives , tant fonction de k, varient avec les cou- 
leurs, ainsi que dans le passage du rayon- ordinaire au rayon extraordinaire. 
Nos formules ainsi gnralises reprsentent les phnomnes de l'absorption 
de la lumire ou de certains rayons, produite parles verres colors, la tourma- 
line,etc... le phnomne de la polarisation circulaire produite par le cristal 
de roche, l'huile de trbenthine , etc.. {Voir les expriences de MM. Ara- 
go , Biot, Fresnel...) Elles servent mme dterminer les conditions 
et les lois de ces phnomnes; elles montrent que gnralement, dans 
un rayon de lumire polarise , une molcule d'ther dcrit une ellipse. 
Mais dans certains cas particuliers, cette ellipse se change en une droite; 
et alors on obtient la polarisation rectiligne. Ajoutons que, si le coeffi- 
cient de r dans les exponentielles ngatives diffre de zro , les ellipses d- 
crites par diverses molcules dcrotront de plus en plus pour des valeurs 
croissantes de r, et que , si ces valeurs croissent en progression arithmti- 
que, l'intensit de la lumire dcrotra en progression gomtrique. Enfin 
le calcul prouve qire, dans le cristal de roche, l'huile de trbenthine, etc., 



( '85 ) 
la polarisation des rayons iransmis paralllement l'axe (s'il s'agit du 
cristal de roche) n'est pas rigoureusement circulaire, mais qu'alors l'el- 
lipse diffre trs peu du cercle. 

MMOIRES PRSENTS. 

conomie rurale. Considrations gnrales sur la conservation des 
% grains; par M. Vallery. 

(Commissaires, MM. Biot, Silvestre, Ch. Dupin.) 



RAPPORTS. 

paloeontologie. Rapport de M. Flourens sur une Tte d'ours fossile 
donne au muse de V Acadmie par M. Larrey. 

L'Acadmie m'a charg d'examiner une tte d'ours fossile qui lui a 
t donne par notre confrre, M. Larrey. Cette tte a t trouve dans 
les grottes de Mialet, dpartement du Gard, par M. le docteur Alexis 
Juliet. 

Elle appartient la grande espce des cavernes, l'espce front 
bomb, espce qui a reu plus particulirement, comme chacun sait, le 
nom d'ursus spelus. 

Sauf quelques trs lgres altrations dans les os du nez , aux arcades 
surcilires et zygomatiques , aux crtes occipitales , etc. , le crne propre- 
ment dit est dans un tat parfait de conservation. 

La mchoire infrieure n'a gure de notablement altr que le con- 
dyle de sa branche droite. Du reste, elle a ses six dents incisives, ses deux 
dents canines; elle a quatre des dents molaires du ct droit; toutes 
celles du ct gauche manquent. 

Toutes les dents molaires de la mchoire suprieure manquent aussi, 
hors un fragment de la postrieure du ct droit; mais cette mchoire a 
ses six incisives et ses deux canines parfaitement conserves. 
En un mot, et ce trs petit nombre d'altrations prs, toute cette 
tte est dans l'tat le plus remarquable de conservation. L'imagination 
reste toujours confondue l'aspect de ces os fossiles, conservs jusque dans 

C. R. i836, i Semestre. a 7 






( '86) 

leurs plus petits dtails, et dont nanmoins les espces auxquelles ils ont 
appartenu ont disparu de la surface du globe depuis tant de sicles, et 
par l'effet de tant fie catastrophes pouvantables. 

On sait que M, Cuvier, qui d'abord n'avait compt que deux espces 
d'ours fossiles dans la premire dition de son grand ouvrage, en a 
compt jusqu' trois dans la seconde, Yursus spelus , grande espce 
front bomb; Yursus arctodeus , grande espce front plat; Yursus pris- 
cus , espce plus petite; et qu'il en a mme indiqu une quatrime , d'a- 
bord, sous le nom d'ursus etruscus, puis sous celui d'urjus cultridens. 

Mais ce n'est pas ici le lieu de nous arrter ni la dtermination 
de ces espces fossiles, considres en elles-mmes, ni la dtermination 
de quelques autres espces qui, depuis, ont t signales ou proposes par 
divers naturalistes : MM. Marcel de Serres , Croizet et Jobert , Schmer- 
ling, etc. 

Je viens ce qui touche plus directement l'objet de ce rapport, sa- 
voir, le fait de l'existence de Y ours fossile en France; et, cet gard, une 
circonstance importante noter ici, c'est que M. Cuvier n'a connu ce 
fait qu'au moment mme o il terminait la publication de la seconde di- 
tion de son grand ouvrage. 

L'ours, dit-il , n'avait pas jusqu' prsent t trouv fossile en France : 
on vient de le dcouvrir dans une fissure de rocher prs de Chtillon , 
lieu du dpartement du Doubs, sur la rive gauche de cette rivire, prs 
de Saint-Hippolyte.... M. Duvernoy, continue-t-il, docteur en mdecine 
Montbliard, et autrefois mon trs utile cooprateur pour la rdaction 
des trois derniers volumes de mes Leons d Anatomie compare, a bien 
voulu m'adresser les os qui s'y sont trouvs.... 

Depuis cette poque, Yours fossile a t dcouvert sur plusieurs autres ' 
points de la France : dans la grotte d'Osselle, dpartement du Doubs; dans 
le dpartement de la Haute-Sane, Fouvent, etc. Il a t dcouvert dans 
les cavernes de Lunel-Viel, dpartement de l'Hrault, dans les cavernes de 
Sallles, dpartement de l'Aude, etc., par MM. Marcel de Serres et Pit- 
tore; dans le dpartement du Puy-de-Dme, par MM. Croizet et Jobert, 
par MM. Devze et Bouillet, etc., etc. 

J^a tte que M. Larrey vient de donner l'Acadmie, ajoute donc, 
sous le point de vue qui nous occupe, un nouvel lment cette connais- 
sance des richesses fossiles de notre sol ; richesses dont on peut regarder 
chaque nouvelle dcouverte comme un nouvel hommage la mmoire du 
grand homme qui a cr la science des ossements fossiles. Aussi l'Aca- 



( i7 ) 
demie s'est-elle empresse d'accueillir ce don de M. Larrey, et nous 
faisons -nous un devoir, autant qu'un plaisir, de lui proposer d'adresser 
de nouveau ses remercmens notre honorable confrre. 



A la suite de ce rapport, M. Geoffroy- Saint-Hilaire communique la 
note suivante que nous insrons textuellement : 

Je parle dans mes tudes progressives : mmoire de gologie et depa- 
lontographie ( voir la note page 91), des ours fossiles, dont je fais un genre 
sous le nom de Splarctos; les animaux arctodes se rapportent quatre sous- 
genres , les ours de la zoologie antidiluvienne, les analogues Yursus ma- 
ritimus, les analogues aux ours de l'Europe, et les analogues aux ours 
indiens ou ours des jongleurs. 

Les splarctos taient des animaux essentiellement carnassiers, si 
on les juge sur la forme de la bote crbrale et le grand cartement des 
arcades zygomatiques. L sont des formes qui ne sont rptes que 
par les plus carnassiers des genres felis, le tigre et le lion. 

LECTURES. 



anatomie compare. Mmoire sur quelques particularits des organes de 

la dglutition de la classe des oiseaux et des reptiles, pour servir de suite 

un premier mmoire sur la langue ; par M.Duvernoy, Correspondant de 

l'acadmie. 

La varit infinie, dit l'auteur en commenant, qui se manifeste l'il 
de l'observateur dan^l'organisation des animaux, c'est--dire dans les ins- 
truments qui produisent et nous montrent les phnomnes de la vie, peut 
tre tudie sous plusieurs points de vue. Ou bien, en cherchant la com- 
prendre, on aura pour but d'expliquer les particularits que l'animal pr- 
sente dans l'une ou l'autre de ses fonctions, dans ses habitudes, dans ses 
murs, et de montrer les dispositions organiques plus ou moins vi- 
dentes dont elles dpendent. Ce genre de recherches appartient la phy- 
siologie spciale qui peut en recevoir de grandes lumires. 

En multipliant les comparaisons, en apprciant non-seulement les 
diffrences les plus remarquables, mais encore celles qui le sont moins, 

27.. 



( '88 ) 
on arrive peu peu reconnatre les ressemblances gnrales et juger ce 
que chaque organe a de constant, d'essentiel pour le constituer, et le dis- 
tinguer de ce qui ne fait que le modifier, de ce qui le perfectionne ou le 
dtriore pour le mettre en harmonie, selon les besoins de l'existence, 
avec l'ensemble de l'organisme. On parvient ainsi l'autre but de cette 
tude, celui de dcouvrir le plan commun d'organisation des groupes 
plus ou moins gnraux, celui qui doit fournir des matriaux plus ou 
moins importants la physiologie gnrale. C'est sous ce double point de 
vue que dj, en 1804, j'ai cherch dmontrer l'organisation de la langue 
de certains mammifres et de quelques reptiles, dans un mmoire lu la 
Socit savante laquelle l'Acadmie royale de Mdecine a succd. C'est 
encore sous ce double point de vue que j'exposerai dans le travail actuel , 
le rsultat d'une partie de mes dernires observations sur la mme matire. 
Elles ont eu plus particulirement pour sujet la langue trs mobile des per- 
roquets et la langue rudimentaire du plican , dans la classe des oiseaux , 
et dans celle des reptiles, la langue extraordinairement extensible du cam- 
lon, et celle du crocodile qui reste colle, pour ainsi dire, an plancher de 
la cavit buccale. En prenant ces deux extrmes dans l'une et l'autre classe, 
il sera plus facile de rendre vident le plan commun de composition de 
cet organe et les diffrences de structure qui produisent des effets si 
opposs. 

Nous insrons ici les conclusions par lesquelles l'auteur a termin son 
mmoire, et qui en rsument les points principaux. 

Je crois avoir dmontr dans ce travail, dit-il, plusieurs points int- 
ressants concernant l'organisation de la langue, ou des organes de dglu- 
tition, des oiseaux et des reptiles. 

On peut en conclure, relativement la physiologie gnrale r 
i. Que la considration des os, comme leviers, ne fournirait que des 
donnes incompltes pour cette physiologie , si l'on Vy joignait celle des 
muscles qui meuvent ces leviers ; 

2 . Que, dans l'appareil de la langue, qui est compos de la langue et 
de l'hyode, la premire peut devenir rudimentaire avant l'hyode, qui la 
soutient, sans doute parce que l'hyode a d'autres emplois; 

3. On pourra voir, dans les figures jointes ce mmoire et dans leur 
explication, que l'os ou le cartilage lingual varie beaucoup pour sa forme 
et sa composition; qu'il peut tre d'une seule pice ou compos de deux 
pices mobiles l'une sur l'autre et dans la ligne mdiane, et que chacune 
d'elles peut tre encore distingue en deux parties , l'une antrieure er 



( '9) 
l'autre postrieure, dont le dveloppement et l'ossification sont trs varia- 
bles, suivant les genres et mme les espces; 

4*' Nous avons tabli d'ailleurs que la forme et les dimensions de la 
langue n'taient pas toujours en rapport avec la forme et les dimensions 
du bec. 

5. Que les muscles de la langue peuvent varier beaucoup dans les oi- 
seaux, puisqu'on en trouve jusqu' six paires dans le perroquet, tandis 
qu'il n'y en a qu'une ou tout au plus deux dans beaucoup d'chassiers, et 
que la langue rudimentaire du plican en manque absolument, le seul qui 
subsiste dans cet animal s'tant arrt au corps de l'hyode ( l'hyoglosse 
droit). 

6. On a vu que, dans le plican, l'hyode conserve un certain dve- 
loppement, ainsi que la plupart de ses muscles protracteurs et rtracteurs, 
qui sont encore reconnaissables malgr leur excessive extension dans 
l'paisseur des parois de la poche sous-mandibulaire. 

7. Nous avons dmontr que cette poche, dont les parois* reviennent 
si promptementsur elles-mmes, quand elles ont t distendues par la pe- 
santeur de la proie que ranimai avale , doit surtout cette force contractile 
un rseau de tissu lastique qui entre dans la composition de ces 
parois. 

Relativement la langue des reptiles, ce mmoire comprend : 

8. Des observations sur les mouvements de protraction extraordinaire 
de la langue du camlon, faites sur l'animal vivant, tablissent que cet 
animal peut atteindre sa proie une distance plus grande que la longueur 
de son corps et de sa queue runis ; 

g*. On y a vu, en dtail, quelle tait l'organisation de cet instrument 
et comment, malgr sa singularit, qui est en rapport avec ses effets ex- 
traordinaires, on pouvait les ramener au plan gnral de la langue des 
animaux vertbrs, du moins pour sa composition osseuse et muscu- 
laire. 

Ici les muscles intrinsques de la langue sont entirement spars des 
muscles extrinsques, tandis que dans d'autres reptiles et les mammifres, 
les uns et les autres sont plus ou moins entrelacs. 

io. J'expose d'ailleurs, dans ce travail, une nouvelle thorie, pour 
expliquer l'extension si particulire dont cette langue est susceptible; 

1 1. Enfin, je montre, dans la langue des crocodiles, l'entrecroisement 
le plus vident, le plus complet, des faisceaux musculaires de deux muscles 
symtriques. 



( '9 ) 

Nous croyons devoir encore reproduire ici deux points particuliers 
du mmoire de M. Duvernoy. Le premier est relatif au mcanisme 
des mouvements de contraction de la poclie sous - mandibulaire du 
plican. 

J'ai dcouvert ce mcanisme, dit M. Duvernoy, dans un rseau trs 
lastique, situ en-dehors des faisceaux musculeux. Je me bornerai 
l'indiquer ici, ayant dj eu l'occasion de le faire connatre ailleurs. 
Ce rseau se compose de filets principaux qui partent de la ligne 
moyenne, et se dirigent trs obliquement en arrire, se liant par des 
filets latraux ramifis et plus petits qu'ils s'envoient rciproquement. 
Il en rsulte un tissu extrmement lastique, capable de revenir prompte- 
ment sur lui-mme, lorsque la cause qui l'a distendu a cess d'agir, ce qui 
produit la contraction des parois de la poche, sans fatigue pour l'animal , 
parce qu'il n'y a pas ici dpense des forces vitales. C'est un nouvel exemple 
ajouter ceux dj connus, dans lesquels certains mouvements et cer- 
taines positions fixes sont le produit de cette mme force lastique. Tel est 
entre autres le ligament qui tient la troisime phalange des chats flchie 
vers le haut sur le ct de la seconde phalange; tel est celui qui main- 
tient baillante la coquille des bivalves. Tel est le tissu jaune lastique 
de la peau interdigitale des mammifres pieds palms; de l'aile des 
chauve- souris (i), qui ride cette peau mesure que les doigts se rap- 
prochent. 

Le second point du mmoire de M. Duvernoy que nous reproduisons ici, 
a pour objet la thorie des mouvements si singuliers de la langue du ca- 
mlon. 

J'ai observ, dit M. Duvernoy, pendant cinq mois un camlon vivant, 
et j'ai eu souvent l'occasion de le voir lancer sa langue comme un trait sur 
une proie; les mouches excitaient peu son apptit: il tait long-temps sans 
vouloir se donner la peine de les prendre; car tout mouvement semble une 
peine pour cet animal apathique. Mais il se dcidait bien plus prompte- 
ment prendre les punaises de jardin et surtout les araignes qu'on 
mettait sa porte. Cette porte est beaucoup plus grande qu'on ne 
pourrait se l'imaginer avant d'en avoir fait l'exprience. Notre camlon 
tait perch sur un petit arbrisseau en - dedans d'une fentre contre 
laquelle nous lchions l'insecte dont il devait s'emparer. De cette ma- 

(i) Principes d'anatomie compare , par M. Ducrotay de Blainville; t. I, p. 162. 
Paris, 1822. 



( '9' ) 
nire, nous pouvions facilement mesurer l'intervalle qui l'en sparait, 
et l'allongement ncessaire de sa langue pour s'en saisir. Quand l'insecte 
lui plaisait, il parvenait l'atteindre une distance qui excdait la lon- 
gueur de son corps et de sa queue runis. 

La vitesse avec laquelle le camlon sort sa langue de sa bouche et 
l'y rentre, ne peut se comprendre, notre avis, que par un mouvement 
musculaire. Maison a de la peine concevoir comment cet organe peut s'al- 
longer si fortement et se raccourcir immdiatement aprs, avec une promp - 
titude extrme? Voici au reste l'explication que je crois pouvoir en don- 
ner : l'hyode, sur lequel toute la langue, et particulirement son gros bout, 
est enfile, reprsente la tige an bilboquet, dont la boule est ici la massue 
de la langue. La corde qui attache la botde la tige est encore reprsente 
dans l'appareil de la langue par le ligament qui s'tend de l'extrmit de 
l'hyode celle de la massue de la langue. L'effort simultan de tous les 
muscles qui tirent l'hyode en avant, tels que les gni- hyodiens et cra- 
todiens, et les crato-maxilliens , runi l'action du mylo- hyodien, pour 
soulever le plancher de la bouche, et celle du max Mo -palatin (l'analo- 
gue du gnio-vaginien des serpents ) pour jeter hors de la bouche le gros 
bout de la langue, doit en effet l'en faire sortir en le dtachant de l'hyode, 
comme l'effort du joueur dtache la boule de sa tige. 

Au moment mme, les muscles linguaux droits rapprochent les lvres 
de la capsule pour pincer la proie que l'animal a vise. Presque aussitt la 
langue rentre dans la bouche par l'lasticit de ses parties fortement dis- 
tendues, par l'action des sterno-hyodiens et cratodiens , qui sont trs 
reculs en arrire et trs longs pour avoir plus d'tendue de contraction ; 
et par l'effort des crato-glosses qui ramnent toute la langue sur son axe 
osseux, comme l'adresse du joueur enfile la boule du bilboquet sur sa tige. 
L'allongement extrme de la langue est l'effet de l'tendue et de l'extensi- 
bilit de la peau du fourreau ; il est produit par un jet de l'extrmit de la 
langue qui , en tant la partie la plus pesante, se trouve lance comme une 
fronde, ou plutt comme la boule du bilboquet, et quitte de mme la tige 
glissante de l'hyode. 


--.' 



- 






( '9 2 ) 

chimie. Observations sur le mmoire de M. Gurin-Varry, concernant 
l'amidon de pommes de terre; par M. Payen. 

M. Payen commence par rappeler un passage d'un mmoire qu'il a lu 
le 3 novembre dernier l'Acadmie , et dans lequel il annonait les trois 
rsultats suivants : 

i e . Dans l'eau are ou prive d'air, l'iode bleuit l'amidon ; 

a". La fcule et l'amidon, chauffs avec l'eau en vase clos, mme 
i4o centsimaux, sont colors en bleu par l'iode aprs leur refroidis- 
sement. 

3*. L'amidon, en se dissolvant par la diastase dans un appareil distil- 
latoire, ne donne pas de produits volatils qui puissent reprsenter la 
proprit de bleuir par l'iode. 

Dans les tissus vivants, ainsi que le montrent des figures dessines par 
M. Turpin et par M. Payen , la fcule peut tre rompue bien au-dessous 
des tempratures auxquelles la rupture a lieu dans des expriences de la- 
boratoire. Ces dernires ne sont donc pas , dit M. Payen , des objections 
suffisantes contre les assertions de MM. Edwards et Colin, ni contre la 
thorie de l'action de la diastase dans la vgtation. 

M. Payen ne s'est pas occup du compos cristallisable entre l'acide 
sulfurique et l'amidon , relativement auquel M. Gurin conteste les r- 
sultats de M. Thodore de Saussure. 

Toutes les fcules commerciales de pommes de terre observes con- 
tiennent du carbonate de chaux , et ont une raction lgrement alca- 
line ; elles sont accompagnes d'une substance volatile odeur spciale; 
quant la chlorophile, M. Payen ne l'a trouve que dans la fcule extraite 
de tubercules assez peu enfoncs en terre pour que la lumire y et 
accs. 

M. Payen cite des exemples nombreux d'altrations ou d'hydratations 
des substances organiques et inorganiques, des tempratures basses ou 
peu leves ( le sucre , la fcule, la glatine, les starates alcalins, etc.). 

Il ajoute qu'on ne concevrait pas pourquoi la fcule dchire ne se 
dissoudrait pas rapidement dans l'eau , si elle contenait 0,98 de matire 
soluble directement, comme le croit M. Gurin. 

La formule C' 7 H tu O 10 , pour la composition de l'amidon, indiquerait 
moins de carbone ou plus d'eau que celle adopte, quivalente C H H"0"'; 
cette dernire est la mme que celle de l'arnidone et de la dextrine pures , 



( '93 ) 
d'aprs les analyses de MM. Pligot et Payen ; elle s'accorde avec les obser- 
vations optiques de M. Biot. 

La diffrence notable entre la composition de l'amidine, suivant 
deux analyses, dont l'une donnerait 

! Carbone 4> 1 9 ] 
Hydrogne 7,22 > =z 100, 
Oxigne 52,5g ) 

tandis que l'autre quivaudrait 

t Carbone 36, 61 1 

C ,o H'0 6 ou ! Hydrogne. ... 5,97 [ = 100, 
l Oxigne 67 >4 2 ' 

semble M. Payen indiquer une altration variable dans l'extraction de 
cette substance , et d'autant plus que ces rsultats s'accorderaient peu 
avec les produits obtenus comparativement en traitant l'amidine, les 
amidins et l'amidon par l'acide sulfurique. 

Cette altration paratrait aussi M. Payen , indique par la grande 
diffrence d'action de l'acide sulfurique qui attaque peine, et de la 
diastase qui n'attaque plus les deux amidins simplement rapprochs 
froid , dans le vide. La mme dduction lui paratrait encore devoir tre 
tire de la supposition que les amidins et l'amidine seraient combins dans 
la fcule. 

Enfin, en admettant mme cette combinaison, il serait encore fort 
convenable, selon M. Payen , de dsigner sous le seul nom ftamidone, la 
substance qui forme la fcule , et qui se distingue par tant de proprits 
applicables, et en grande partie appliques aux arts. Les caractres dis- 
tinctifs de l'amidone , <jui n'appartiennent aucun autre principe immdiat, 
sont : 

i. Sa transformation par la diastase; 

2 . Son extensibilit prodigieuse par l'eau 100% et sa contractilit par 
l'abaissement de temprature ; 

3. Sa coloration en bleu pur par l'iode^ 

4- La contraction et la prcipitation totale de cette substance bleuie; 

5. Son extensibilit dans la fcule , et froid par de trs faibles so- 
lutions alcalines; 

6. Sa sparation par simple infiltration dans les radicelles des plantes, 
de l'eau qui la distendait. 

C. R. i836. i Semestre. 2,8 



( '91 ) 

1*. Son hydratation dans la fcule par rupture d celle-ci , puis sa 
conversion en sucre sous l'influence de la germination. 

* M. Payen rsume en outre les points sur lesquels les recherches de 
M. Gurin-Varry confirment ses rsultats, et ceux qu'il a obtenus en com- 
mun avec M. Persoz. 

Ce sont i 2 et 3" les trois premiers rsultats prcits. 

4. L'existence de la diastase. 

5. Son nergie norme sur la fcule ou l'arnidone hydrates. 

6. La production de la dextrine et du sucre sous cette influence. 

7 . L'inertie del diastasesur tous les autres principes immdiats, ce qui 
distingue nettement de l'amidon Vinuline observe par M, Payen dans les 
tubercules des dahlias et des topinambours. 

8". Le succs du mode d'extraction indiqu par MM. Persoz et Payen. 
(Depuis M. Payen en a indiqu un plus simple encore.) 

9. L'altration spontane de la diastase dissoute. L'auteur indique la 
mme action, quoique trs lente, sur la substance pulvrulente. 

io. L'absence de dgagement gazeux pendant la raction de la dias- 
tase. 

1 1. La saccharifjcation plus avance de la fcule , par suite d'une plus 
grande hydratation , et mme la conversion totale, suivant M. Gurin. 

12. La sparation complte des matires trangres la fcule; spa- 
ration qui justifie bien la dnomination de diastase donne l'agent qui 
l'opre. 

pbysique. Sur la polarisation des rayons calorifiques par rotation 
progressive ; par MM. Biot et Meixoni. 

M. Melloni ayant constat que tous les rayons calorifiques mans des 
sources terrestres, sont galement et compltement polarisables par la 
rfraction, soit double, soit simple, et M. Forbes ayant rcemment re- 
connu que la rflexion totale, rpte deux fois, modifie leur direction si- 
multane de polarisation, comme elle modifie celle des rayons de lumire; 
nous avons pens que peut-tre ces mmes rayons calorifiques seraient 
sensibles l'action des substances qui dvient ingalement les plans de 
polarisation des divers rayons lumineux, vers la droit on vers la gauche 
de l'observateur ; et , en effet, les choses se passent ainsi. 

Mais la manifestation de cette proprit demande quelques prcau- 
tions. Pour les rayons lumineux, la dviation des plans de polarisation 
est un phnomne progressif, qui, dans chaque milieu, crot proportion- 

.vwhi* "i .968.1 * *> 



( i95) 
nellement l'paisseur traverse. Si donc il s'opre sur les rayons ca- 
lorifiques, il faut, pour l'observer, obvier l'absorption pareillement pro- 
gressive, mais ingale, que cette paisseur produit sur eux. Nous y 
sommes parvenus en runissant deux circonstances qui concouraient 
rendre les effets plus sensibles. D'abord nous avons rassembl le flux ca- 
lorifique en un faisceau trs dense , filets pallrles , en le rfractant par 
une lentille de sel gemme dont le foyer concidait avec la source de 
chaleur, comme M. Melloni l'avait imagin pour ses expriences de pola- 
risation. Ensuite, parmi les substances qui dvient les plans de polarisa- 
tion ds rayons lumineux, nous avons choisi Celle qui, en possdant ce 
pouvoir au plus haut degr , absorbe le moins les flux calorifiques. Cette 
substance est le cristal de roche taill perpendiculairement l'ax de 
double rfraction. Nous avions encore l'avantage de trouver, dans ce cristal 
mme, des plaques qui exercent le pouvoir rotatoire en sens contraire, 
avec d'gales intensits. 

Le faisceau calorifique ainsi prpar est transmis, comme l'a imagin 
M. Forbes, travers deux piles de lames de mica trs minces, disposes 
rectangulairement. La plus voisine de la source rayonnante avait son plan 
d'incidence vertical , l'autre horizontal. Les lames tant supposes suffi- 
samment nombreuses, la premire pile, place vers la source rayonnante , 
doit polariser le flux calorifique en un seul sens, et la seconde doit le 
rflchir ensuite en totalit ; de sorte que l'appareil thermoscopique n'en 
prouverait aucun effet. Toutefois, par des causes qu'il est facile de com- 
prendre, cette rigueur n'a jamais lieu. La premire pile laisse toujours 
passer une certaine proportion du flux incident sans la polariser, de sorte 
que la seconde peut en admettre une partie et la transmettre au ther- 
moscope. Mais ce rsidu se mesure avec facilit, et n'empche point la 
manifestation des phnomnes que nous voulons examiner. Au con- 
traire, il sert distinguer les effets dus l'absorption simple de ceux 
qu'il faut attribuer l'action rotatoire. Car en mettant d'abord les pla- 
ques de cristal de roche hors du systme des piles croises , l'affaiblisse- 
ment de la quantit transmise indique la proportion de chaleur qui est 
arrte par la simple interposition des plaques; et ensuite, en les plaant 
entre les deux piles, on a l'effet combin de cette interposition et de 
l'action dviante exerce par les mmes plaques sur les plans de polari- 
sation des rayons calorifiques : de sorte que cette action , si elle existe , 
se manifestera par la diffrence des effets observs dans les deux cas. 

Nous avons pris d'abord une plaque de cristal de roche, qui dviait 

*8.. 



(196) 
ies plans de polarisation des rayons lumineux vers la droite de l'observa- 
teur : son paisseur tait de j mm ,5. En consquence, d'aprs les lois 
de ce genre de phnomnes , tablies dans les Mmoires de V Acadmie 
pour 1817, page 58, la dviation que cette plaque produisait sur les 
plans de polarisation des rayons lumineux tait de i3i degrs pour 
les rayons rouges extrmes du spectre, et de 33 1 degrs pour les 
extrmes violets. Elle imprimait donc ces plans de polarisation une 
dispersion dj considrable ; et c'tait prcisment pour cela que 
nous l'avions choisie, esprant qu'elle disperserait de mme les plans de 
polarisation des rayons de chaleur. En effet, si son influence s'tendait 
aussi ces derniers rayons, cette plaque, place entre les piles devait 
dvier et disperser les plans que la premire pile avait runis, et rendre 
ainsi le faisceau modifi plus apte traverser la seconde pile. C'est aussi 
ce qui est arriv : l'effet thermoscopique a doubl dans cette nouvelle 
situation de la plaque, et en outre, il a conserv une valeur exactement 
constante quand on l'a fait tourner sur elle-mme clans son propre plan 
autour de son axe de cristallisation ; ce qui montre que la double rfrac- 
tion n'tait pour rien dans l'effet observ. Et bien loin qu'elle et pu con- 
tribuer le produire, elle l'aurait au contraire diminu, ou mme ananti 
si elle y tait intervenue , c'est--dire si le flux calorifique n'et pas tra- 
vers la plaque cristallise exactement dans le sens de son axe de double 
rfraction ; c'est ce que l'on pouvait aisment voir dans la disposition de 
notre appareil, en dviant tant soit peu la plaque de l'ncidence perpendi- 
culaire par un petit mouvement horizontal. Car, dans quelque sens que ce 
mouvement ft opr, l'obliquit d'incidence qu'il donnait au flux calori- 
fique faisait aussitt natre une double rfraction, dans laquelle le faisceau 
polaris par la premire pile se trouvait prcisment prpar pour suivre 
en totalit la rfraction ordinaire; de sorte qu'il arrivait la seconde pile 
dans des conditions exactement, ou presque exactement les mmes, que si 
la plaque de cristal n'avait pas t interpose. 

Les choses tant disposes ainsi, nous avons plac derrire cette pre- 
mire plaque, toujours entre les piles , une seconde plaque de mme pais- 
seur, galement perpendiculaire l'axe de double rfraction, mais qui 
possdait une action dviante dirige contrairement la premire, del 
droite vers la gauche de l'observateur. Place hors du systme polarisant , 
cette seconde plaque diminuait la transmission d'une quantit peine 
sensible; mais, entre les piles, derrire la premire plaque, elle diminuait 
cette transmission sept huit fois davantage, la rduisant presqu'au mme 



( '97 ) 
tat que si les deux plaques n'eussent pas exist. Cette seconde plaque 
ramenait donc la plus grande partie des rayons calorifiques la direction 
commune de polarisation primitive que la premire pile leur avait donne, 
et qu'ils avaient perdue dans la premire plaque; et ainsi les deux plaques 
agissaient en sens contraire sur ces rayons comme sur la lumire. La resti- 
tution aurait t totale si la polarisation imprime par la premire pile et 
t parfaite, et si l'on et pu ajuster rigoureusement les axes des deux 
plaques en ligne droite , avec un appareil divis. 

D'aprs cela , si les deux plaques combines, au lieu d'tre ainsi oppo- 
ses l'une l'autre, eussent exerc des actions de mme sens, la disper- 
sion des plans de polarisation s'en serait accrue, et la transmission par la 
seconde pile serait devenue plus abondante. Pour le voir, nous avons l 
la seconde plaque, et nous lui en avons substitu une autre peu prs 
de mme paisseur, mais ayant le mme sens de rotation que la premire 
plaque : la transmission s'est trouve aussitt plus forte par les deux que 
par la premire seule , comme nous l'avions prvu. 

Enfin, pour raliser compltement cette consquence, nous avons in- 
terpos entre les piles une seule plaque e'paisse de 4i millimtres, qui dis- 
persait les plans de polarisation des rayons lumineux jusqu'au point de 
donner deux images sensiblement incolores et d'gale intensit, lorsqu'on 
la faisait traverser par de la lumire blancbe polarise (i). Elle a agi de 
mme sur les rayons calorifiques. Alors,*non-seulement la transmission par 
la seconde pile s'est trouve tout--coup augmente dans une grande pro- 
portion; mais encore on a pu faire tourner cette seconde pile coniquement 
autour de l'axe du faisceau transmis, en lui donnant toutes les positions 
par rapport la premire, soit parallles, soit rectangulaires; la quantit 
transmise est reste constante : la plaque paisse avait ramen l'tat de 
chaleur naturelle le flux qui lui tait arriv polaris dans un seul plan- 

Les expriences prcdentes prouvent que les plans de polarisation 
des rayons calorifiques sont ingalement dviables par les mmes ac- 
tions physiques, qui dvient ingalement les plans de polarisation de 
rayons lumineux; il en rsultera donc pour ces rayons un nouveau carac- 
tre spcifique qui se trouvera vraisemblablement, comme pour la lu- 
mire , li leur rfrangibilit. Nous nous proposons d'tudier ce caractre 

(1) Cette plaque e'tait bien perpendiculaire l'axe, et rgulirement cristallise dans 
toute son paisseur , comme on s'en est assur en observant les anneaux nombreux et 
bien distincts qu'elle donnait avec la flamme de l'alcool, sal. 






( '9 1 
dans ses dtails; et nous chercherons particulirement reconnatre si dans 
chaque milieu dou du pouvoir rotatoire, les plans de polarisation de 
chaque rayon calorifique sont dvis proportionnellement la masse de 
matire traverse, ainsi que cela arrive l'gard des rayons lumineux. Mais, 
pour obtenir ces mesures, il faut que nous ayons prpar des appareils di- 
viss, et que nous ayons cherch, dans les analogies de la lumire, s'il n'y 
aurait pas quelque procd plus exact et plus efficace que les piles pour 
polariser la chaleur sans avoir redouter des modifications aussi intimes 
sur les flux polariss. C'est alors seulement que nous pourrons essayer de 
reconnatre si la polarisation par rotation peut tre opre par les fluides 
sur les rayons de chaleur. 

Nous joignons ici le tableau des expriences successives dont nous 
venons de donner la description : 

Source de chaleur employe. Flamme d'une lampe Locatelli. 

Dviations 

observes 

du 

galvanomtre. 

Quantit de chaleur chappe aux forces polarisantes des deux piles de 

mica croises (i) 7j5o 

Interpos, en dehors du systme polarisant, une plaque de cristal de 

roche ( paisseur, 7 n "*\5) 6,35 

Interpos , en dehors du systme polarisant , deux plaques de cristal de 

roche (paisseur commune, j m *,5) 5,8o 

Interpos, entre les deux piles , une plaque de cristal de roche rotation 

vers la droite (paisseur, l j mm ,5) 12,28 

Interpos , entre les deux piles , deux plaques de cristal de roche rotations 

contraires (paisseur commune, "] mm ,5) 8,4o 

Interpos , entre les deux piles , deux plaques de cristal de roche rotation 

vers la droite (paisseur totale , 7 mm ,5 + 5 mm ) i5,55 

Interpos, entre les deux piles , une plaque de cristal de roche rotation 

vers la droite (paisseur , 4i millimtres). 23 , 19 

Nous avons fait aussi quelques essais avec la chaleur de la lampe 
Locatelli transmise par le verre noir opaque; et nous nous sommes assurs 

(1) Ces piles sont les mmes qui ont t dj employes dans les expriences de 
M. Melloni sur la polarisation. En comparant les transmission que leur systme donne 
dans les deux positions , parallle et rectangulaire , on trouve qu'elles polarisent ^ de 
la chaleur antrieurement incidente. 



( J 99 ) 
que les mmes phnomnes avaient encore lieu, comme il tait naturel 
de le prsumer. Toutefois, il est vraisemblable que cette chaleur transmise 
est moins htrogne que la chaleur directe; et alors les plans de polari- 
sation des rayons qui la composent seraient moins susceptibles de disper- 
sion. Mais ces dtails ne peuvent tre apprcis qu'en amenant les piles 
dans divers azimuths autour du faisceau transmis; et pour cela un ap- 
pareil divis est indispensable. 



A la prire de M. Libri , dont la sant n'est point encore entirement r- 
tablie, M. ampre est charg de remplacer cet acadmicien dans la com- 
mission qui, la sance prcdente, a t charge d'examiner le mmoire 
de M. Liouville sur l'intgration des quations indices fractionnaires. 

Il s'lve une discussion laquelle plusieurs membres prennent part , 
sur un Avertissement mettre en tte de chaque Compte rendu, et qui au- 
rait pour objet de faire connatre que l'Acadmie ne rpond , en aucune 
faon , des opinions ou des faits contenus dans les analyses de ses sances , 
publies par ses Secrtaires; et que les Secrtaires eux-mmes , simples rap- 
porteurs des travaux soumis l'Acadmie, se bornent reproduire exac- 
tement les opinions ou les faits contenus dans ces travaux, sans en rpon- 
dre. Cette discussion sera reprise dans une sance prochaine. 

- 

La sance est leve 5 heures. F. 



- 



S'A -.--- 






.,*, 



( aoo ) 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

* - - 

Comptes rendus hebdomadaires des Sances de V Acadmie des Sciences; 
anne i836, n 7, in-4*. 

Comptes rendus hebdomadaires des Sances de l'Acadmie des Sciences. 
Tables alphabtiques ; aot - dcembre i835; in-4*. 

Second volume qfthe principal Documents relating to the survey ofthe 
Coast ofthe united states,from october i834, to november i835; publi par 
M. F.-R. Hassler; New-Yorck, i835, in-8. 

Description de Moscou ; par M. Lecointe de Laveau; 2 vol. in-8, Moscou, 
i835. 

Voyagedans l'Amrique mridionale ; par M. A. d'Orbigny; 10 e livraison, 
in-4. 

Physiographie. Description gnrale de la Nature } pour servir d'introduc- 
tion aux sciences gographiques ; par M. E. Cortambertj Paris, i836, in-8". 
(M. Mathieu est pri d'en rendre un compte verbal.) 

Sur les pidmies qui ont ravag l'Auvergne , depuis le commencement 
de l're chrtienne jusqu' nos jours ; parMAe docteur Peghoux; Clermont- 
Ferrand, i836, in-8. 

Annales des Sciences naturelles ; par MM. Audouin, Milne Edwards, 
Brongniart et Guilleminj tome 4, novembre i835, in-8. 

Mmorial encyclopdique et progressif des Connaissances humaines; 
6 e anne, n 61 , in-8. 

Trait de Mdecine pratique; par MM. Piorry, Lhritier, Fossone, 
Rameaux et Thibert ; in-8*. 

Journal de Pharmacie et des Sciences accessoires ; n" 2, 22 anne, in-8". 

Bulletin gnral de Thrapeutique mdicale et chirurgicale; par 
M. Miquel ; 5 e anne, tome 10, 3" livraison, in-8. 

Journal hebdomadaire des Progrs des Sciences mdicales; n 8, i836, 
in-8. 

Gazette mdicale de Paris; tome 4, n 8, i836, in-4, 
Gazette des Hpitaux; n 21 22, tome 10, in-4. 
Echo du monde savant; 1" et 2 e division, n7. 



I 






COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI 29 FVRIER 1856. 
PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



CORRESPONDANCE. 

M. le maire de Rouen voulant clairer le conseil municipal de cette 
ville sur le mrite de deux plans qui lui ont t prsents pour un jardin 
botanique, demande l'Acadmie des Sciences de lui transmettre son 
avis. 

Les membres de la section de Botanique feront un rapport ce sujet. 

A l'occasion du rapport de M. deFreycinet concernant le sextant double 
de M. Rowland, M. Artur rappelle que ds l'anne 1823 il fit ajouter au 
cercle rptiteur rflexion une pice quille rend propre la mesure 
de toutes sortes d'angles, et que la description de cette pice fut con- 
signe, en 1824, dans l'ouvrage qu'il publia sur le cercle de Borda. 

M. IVicod adresse, pour la commission Montyon, de nouvelles observa- 
dons, sur les fongus de la vessie. 

En rponse la rclamation de M. Chevremont, M. Le Play transmet 
une lettre dont nous extrayons le passage suivant : 

Il rsulte des termes mmes de la lettre adresse l'Acadmie, que 
l'auteur ignore encore compltement les principaux rsultats de mes re- 
cherches, et que, par consquent, la thorie qu'il a pu imaginer sur le 

C. R. i836, 1" Semestre. 29 



( 202 ) 

haut-fourneau, doit diffrer de la mienne dans les points les plus essen- 
tiels. La rclamation de M. Chevremont est donc la suite d'une mprise 
que l'Acadmie pourra constater d'autant plus aisment que deux per- 
sonnes, cites par cet ingnieur en tmoignage des dcouvertes qui lui se- 
raient propres, font partie de la commission laquelle a t renvoy l'exa- 
men de mon mmoire. 

M. Bukatj prsente quelques remarques relatives un mmoire de 
M. Ostrogradsky, dans lequel ce gomtre cherche si l'on peut toujours 
se dispenser, dans le calcul des diffrences partielles deux variables , de 
considrer les variables indpendantes comme fonctions d'autres variables 
accessoires. 

astronomie. Sur un manuscrit arabe dans lequel se trouve signale 
V ingalit du mouvement de la Lune connue des astronomes sous le nom 
de variation; par M. Am. Sdillot. 

Les plus anciens astronomes faisaient mouvoir la Lune uniformment 
le long d'une circonfrence de cercle dont la Terre occupait le centre. Hip- 
parque dcouvrit le premier que la vitesse apparente de notre satellite 
n'est pas uniforme. Pour expliquer cette ingalit sans renoncer V unifor- 
mit relle de mouvement et une orbite circulaire, qui, l'une et l'autre, 
dans la clbre cole d'Alexandrie, paraissaient de l'essence des rvolu- 
tions clestes, Hipparque plaa la Terre quelque distance du centre du 
cercle que la Lune tait cense parcourir. A l'aide de cette excentricit , il 
rendit compte, assez exactement, de certaines variations considrables de 
vitesse qui dpendent, comme nous le savons aujourd'hui, de Yellip- 
ticit de l'orbite lunaire. 

Quand les instruments astronomiques se perfectionnrent, on recon- 
nut que les ingalits dpendantes de l'excentricit, ne reprsentaient pas 
exactement toutes les observations de la Lune. L'erreur allait , dans quel- 
ques positions, prs de trois diamtres de l'astre. Cette nouvelle pertur- 
bation, Ptolme en trouva la loi mathmatique; il montra que sa valeur 
varie proportionnellement au sinus du double de la distance de la Lune 
au Soleil, diminue de la distance de la Lune son prige; on l'appelle 
vection : c'est le plus beau titre scientifique de l'auteur de X Almageste. 

Le troisime pas, dans l'observation des mouvements lunaires, fut la 
dcouverte d'une perturbation qui disparat dans les conjonctions, dans les 
oppositions, dans les quadratures, et qui atteint son maximum dans 
les octants, c'est--dire quand la distance angulaire de la Lune au So- 



( 3) 

leil est de 45 et de i35. Cette ingalit est dsigne sous le nom de 
variation. 

Jusqu'ici la variation avait t considre comme une dcouverte de 
Tycho-Brali. Le but de M. Sdillot est de prouver que cette perturbation 
du mouvement lunaire tait connue des Arabes; qu'elle se trouve dans un 
ouvrage H Aboul- Wef , contemporain A' Ebn- Jouais ; que cet astronome 
en constata l'existence, Bagdad , vers l'anne 975. M. Sdillot appuie 
toutes ces assertions de la traduction qu'il a faite d'un passage du manus- 
crit arabe, n 1 1 38 de la Bibliothque du Roi. Si l'on veut bien comprendre 
Aboul-TVef , il faut se rappeler qu'en vrais disciples de l'cole d'Alexan- 
drie, les astronomes arabes admettaient exclusivement des mouvements 
circulaires et uniformes, en sorte que pour rendre raison des ingalits ob- 
serves dans les vitesses apparentes des astres, ils avaient recours , comme 
les astronomes grecs, des excentriques et des picycles. Voici la traduc- 
tion donne par M. Sdillot : 

Section X. De la troisime anomalie (ou ingalit) de la Lune, appele 

muhazat (prosneuse). 

Item, aprs avoir dtermin les deux anomalies dont nous venons de 
donner la description, et que nous avons expliques , l'une par le moyen 
d'un picycle, savoir, la premire anomalie, que nous avons vue cons- 
tamment lors des conjonctions et des oppositions, et dont nous avons 
reconnu la grandeur par des observations conscutives; ayant trouv que 
dans ces mmes temps elle ne s'lve pas au-del de 5 degrs environ, 
mais qu'elle y peut tre moindre, et mme quelquefois tout--fait nulle, 
tandis qu'en d'autres temps, c'est--dire hors des conjonctions et op- 
positions (l'auteur arrive ainsi la seconde ingalit), nous avons vu 
qu'elle peut tre plus grande, parvenant son maximum, comme 
nous l'avons reconnu , lorsque la Lune et le Soleil sont prs de la 
quadrature, et pouvant alors augmenter de a degrs deux tiers en- 
viron , quoiqu'elle puisse tre moindre et mme nulle ; et nous avons 
expliqu cette modification (de la premire anomalie par la seconde) au 
moyen d'un excentrique. 

Or, aprs avoir dtermin ces deux anomalies et l'excentricit, savoir 
la distance du centre de l'excentrique au centre du zodiaque , nous 
avons trouv encore une troisime anomalie, qui a lieu lorsque le 
centre de l'picycle est entre l'apoge et le prige de l'excentrique, 
et qui atteint son maximum lorsque la Lune est en trine et en sex- 

2CJ.. 



( 2o4 ) 

tile avec le Soleil environ , mais qui n'a pas lieu et que nous n'avons 
reconnue ni dans les conjonctions et oppositions ni clans les qua- 
d ratures. 

Ainsi , aprs que nous avons eu dtermin le mouvement de la Lune 
en longitude et son mouvement en anomalie, nous avons considr le 
temps o , par rapport l'picycle , il n'y a pas d'anomalie , c'est--dire 
le temps o la Lune est l'une ou l'autre distance, apoge et prige, 
de l'picycle; car lorsque la Lune est dans l'un ou l'autre de ces deux 
points, elle n'prouve aucune des deux ( premires) anomalies, et son 
mouvement devrait tre gal au mouvement moyen , savoir celui qui 
a lieu autour du centre du monde. 

Mais lorsque dans cette circonstance la distance entre la Lune et le 
Soleil est telle que nous l'avons dit, nous lui avons trouv ( la Lune) 
une troisime anomalie d'environ une demie et un quart de degr 
(quarante-cinq minutes) peu prs. Pour cela nous avons observ la 
Lune dans les temps indiqus, et nous avons eu son lieu vrai dans un 
des degrs du zodiaque (sphre des signes). Nous avons en mme temps 
cherch son lieu par le calcul, que nous avons corrig par les deux ano- 
malies ci-dessus dcrites, et nous l'avons trouv plus grand ou plus petit 
que celui-l d'environ une demie et un quart de degr; et nous avons 
trouv que cette anomalie est au-dessous de cette quantit, lorsque la 
distance de la Lune au Soleil est plus petite ou plus grande que le sextile 
ou le trine. D'aprs cela nous avons reconnu qu'elle existe indpen- 
damment des deux autres que nous avons prcdemment dcrites; or 
cela ne peut avoir lieu que par l'effet d'une dclinaison (changement de 
position ou de direction) du diamtre de l'picycle l'gard du point 
autour duquel se fait le mouvement gal ou moyen , savoir le centre du 
zodiaque. 

Le diamtre de l'picycle ne peut dcliner (changer de position l'- 
gard) du point autour duquel a lieu le mouvement moyen, sans qu'il 
arrive la Lune une anomalie dans le zodiaque (sphre des signes), et 
cela parce que l'apoge de l'picycle varie et que la ligne mene du centre 
du zodiaque au centre de l'picycle ne passe plus par lelieu o elle passe 
dans les temps o le centre de l'picycle est vers l'une ou l'autre distance, 
apoge ou prige, de l'excentrique, et qu'ainsi il y a variation dansladis- 
lance de la Lune l'apoge de l'picycle (projet sur la sphre des signes). 
Quant au mouvement de la Lune sur son picycle, nous avons tabli 
qu'il commence l'apoge lorsque le centre de l'picycle est vers l'une 



( ao5 ) 

ou l'autre distance , apoge ou prige , de l'excentrique; et, aprs avoir 
considr attentivement ce que nous avons expos et dduit pour ce 
point , nous avons trouv que sa distance au centre du monde, vers le 
ct du prige de l'excentrique , sur la ligne qui passe par les centres , 
m est gale la distance qui est entre le centre du zodiaque et le centre 
de l'excentrique. 

Le passage qu'on vient de lire, en le supposant authentique, donne- 
rait l'astronomie arabe un caractre particulier qu'on s'tait accord lui 
dnier. Jusqu'ici, en effet, chacun disait avec l'auteur de l'Exposition du 
Systme du Monde : L'activit des astronomes arabes s'est borne aux ob- 
servations; elle ne s'est point tendue la recherche de nouvelles inga- 
lits; sur ce point ils n'ont rien ajout aux hypothses de Ptolme. On 
voit que ce passage aurait besoin de rectification si Aboul-JVef avait d- 
couvert la variation avant Tycho-Brah. Aussi, pour claircirce point cu- 
rieux de l'histoire des sciences, l'Acadmie a-t-elle charg une commis- 
sion, compose de MM. Biot, Arago, Damoiseau et Libri, d'approfondir 
quelques doutes qui se sont levs, et surtout cette difficult srieuse, pr- 
sente par un des quatre commissaires (M. Libri) : Si Aboul-fVef a re- 
connu la troisime ingalit du mouvement de la Lune, comment se fait-il 
qu'aucun des auteurs arabes qui lui ont succd n'en ait parl? Ne serait-il 
pas possible que le passage, dcouvert et traduit par M. Sdillot, ft une 
interpolation dans une copie de l'ouvrage de l'astronome de Bagdad, post- 
rieure l'poque de Tycho ? 

physique. Sur les proprits des courants lectriques propags travers 
un liquide ; par M. Ch. Mattf.ucci. 

On sait principalement, par les recherches de MM. Marianini et Bigepn, 
quelle influence exerce, sur la production d'un courant lectrique, l'- 
tendue relative des surfaces mtalliques plonges dans un liquide et for- 
mant elles-mmes le couple lectro-moteur. On sait qu' mesure que la 
distance des plaques dans le liquide est plus grande, il faut, pour obtenir 
le maximum d'effet , augmenter la surface de laquelle part le courant, re- 
lativement la surface qui le reoit, et cela d'autant plus que le liquide 
est moins bon conducteur. Ainsi, dans un couple cuivre et zinc, l'lment 
cuivre doit, en gnral, avoir plus d'tendue. A ce fait, M. Matteucci 
a dj, dans un autre mmoire, ajout cet autre fait: que l'tendue des 
surfaces plonges conserve les mmes rapports, lorsque ces surfaces sont 
de mme nature, toutes les deux cuivre, par exemple, et destines seu- 



( 206 ) 

lement conduire un courant qu'elles ne contribuent pas dvelopper. 
M. Matteucci rapporte de nouvelles expriences l'appui de ce qu'il avait 
avanc. 

Aprs avoir ainsi tudi les circonstances qui influent sur l'intensit du 
courant son entre dans le liquide comme au point o il en sort , M. Mat- 
teucci cherche l'analyser dans son trajet intermdiaire. Ici se prsentait 
l'influence des crans mtalliques interposs dans ce trajet, influence si- 
gnale en premier lieu par M. de la Rive. Le physicien de Genve avait 
montr que l'action des crans, en quelque sorte absorbante, est en g- 
nral d'autant plus sensible , relativement l'intensit du courant primitif, 
que ce courant est plus faible , le trajet dans le liquide plus long , et le 
liquide lui-mme moins conducteur. En se plaant dans des circonstances 
favorables, en faisant traverser au courant un canal de i mtre de lon- 
gueur rempli d'eau de puits, M. Matteucci tudie l'actidn absorbante d'une 
seule lame de platine interpose en diffrents points de ce trajet; il fait 
voir que cette action est plus faible lorsque l'cran est dans le voisinage 
de la surface par laquelle le courant pntre dans le liquide, plus grande 
lorsque l'cran est auprs de la plaque par laquelle le courant va sortir. 

De l'action des crans isols dans le liquide, M. Matteucci passe la 
recherche de la portion du courant que l'on peut soutirer , pour ainsi dire, 
en plongeant dans son trajet travers le liquide les deux extrmits d'un 
conducteur mtallique formant un multiplicateur. Les rsultats gnraux , 
quant la distance mutuelle des extrmits ainsi plonges , sont con- 
- formes ce que M. de la Rive a fait connatre depuis long- temps. Ainsi les 
pointes plongeantes restant la distance constante deo m ,o5, ce que l'on 
obtient en leur faisant traverser un morceau de bois ou de lige, on trouve 
que la portion de courant soutire, proportionnelle l'intensit du courant 
principal dans le voisinage de ces pointes , est son minimum au milieu du 
trajet entier; qu'elle est la plus intense prs du ple positif, un peu plus 
faible prs du ple ngatif. M. Matteucci ajoute que si l'on transporte le 
systme des pointes du fil galvanomtrique dans la partie du liquide situe 
en dehors des ples par o le courant principal entre et sort, on recueille 
au-del du ple positif des portions trs intenses de courant, tandis que 
l'on en trouve peine des traces au-del du ple ngatif. 

De l rsulte naturellement l'hypothse que le courant principal se r- 
pand dans le liquide en rayonnant partir du ple positif et dans tous les 
sens autour de ce ple, puis en convergeant vers le ple ngatif, mais sans 
le dpasser. 



( 207 ; 

Dans le trajet intermdiaire entre les deux ples , M. Matteucci tudie 
encore la distribution du courant, en remplaant une des pointes prolon- 
geantes du fil galvanomtrique , par une petite lame. Il fait voir que le cou- 
rant soutir est plus intense lorsque la lame est voisine du ple ngatif et la 
pointe voisine du ple oppos; plus faible pour une disposition contraire. 

Enfin, deux lames remplaant les deux pointes du fil donnent lieu 

des rsultats analogues, conformes l'hypothse prcdemment nonce. 

- 

physique. Note sur un courant lectrique dvelopp par des lames 
mtalliques homognes ; par M. Matteucci. 

On sait que la moindre diffrence entre l'tat de la surface de deux 
lames de mtaux d'ailleurs homognes, suffit pour les rendre capables, 
lorsqu'elles plongent dans un liquide, de produire un courant. 

La manire dont l'lectricit passe d'un liquide dans un mtal ou 
dans une membrane, permet M. Matteucci d'obtenir encore un cou- 
rant avec des plaques d'un seul mtal, qui n'offrent pas mme les dif- 
frences dont on vient de parler, et qui plongent dans un seul liquide : 
il suffit de partager le liquide en deux portions renfermes dans des 
cavits spares ; chaque portion du liquide reoit une des plaques , et 
les deux portions communiquent entre elles par une troisime lame 
mtallique ayant ses deux extre'mits des surfaces ingalement ten- 
dues Cette ingalit suffit pour dterminer le sens du courant qui tend 
se produire de part et d'autre , une des extrmits de la lame inter- 
mdiaire lui offrant plus de facilit pour pntrer dans le liquide, l'autre 
pour en sortir. 

optique mathmatique. Lettre de M. Cauchy M. Ampre sur la thorie 

de la lumire. 

Dans ma lettre de vendredi , je vous ai fait connatre les divers r- 
sultats auxquels j'ai t conduit par mes dernires recherches sur la 
thorie de la lumire. ( Voir le prcdent Compte rendu.) J'aurai bientt 
l'honneur de vous adresser un extrait de ces recherches. Mais, en atten- 
dant, je dsire joindre encore l'exposition que j'en ai faite quelques 
observations nouvelles que je vous prie de vouloir bien communiquer 
l'Acadmie dans sa plus prochaine sance. 

Lorsque la propagation de la lumire est la mme en tous sens , l'- 
quation du troisime degr qui tablit une relation entre le quarr de la 



( 208 ) 

quantit s rciproquement proportionnelle aux dures des oscillations 
molculaires, et la quantit^ rciproquement proportionnelle aux lon- 
gueurs d'ondulations, tant rsolue par rapport s 1 , fournit deux racines 
gales et une racine simple. Or je trouve qu'au lieu de dvelopper ces 
racines en sries, il est plus commode de les prsenter sous forme finie. 
Dans ce cas, en nommant r la distance de deux molcules ,/ (r) l'action 
de l'une sur l'autre, et changeant les sommes triples en intgrales, je 
trouve que la racine double peut tre reprsente par la somme de deux 
termes, l'un constant, l'autre proportionnel k % . Le terme constant a 
pour facteur la valeur extrme du produit r*f (r) correspondante une 
valeur infinie de r. Le second terme a pour facteur la valeur du produit 
r*f(r) correspondante^ r = o. Il en rsulte que la racine double, ou la 
premire valeur de s*, cessera de s'vanouir dans deux hypothses , savoir, 
i. si i*f{f) se rduit une constante finie pour /= o, i". si le produit 
rf (r) se rduit une constante finie pour r = oo . La premire condition 
sera remplie si l'on" a 

7 = ^-% 






ou mme, en supposant la rduite = sro , 

/ = ? 

La seconde condition sera remplie si l'on a 

/(') = 

La premire hypothse me semble reprsenter les mouvements de l'- 
ther dans le vide. La seconde reprsenterait-elle les mouvements mol- 
culaires des corps pondrables ? C'est ce que j'examinerai plus tard. Dans 
l'une et l'autre hypothse , les termes conservs par M. Navier dans les 
quations du mouvement des corps subsistent, comme je le disais dans 
ma dernire lettre. Mais il est juste d'observer que les rapports entre les 
coefficients semblent diffrents de ceux qui paraissent convenir aux corps 
lastiques. Il y a plus, dans la premire hypothse , il faut avoir soin de 
prendre pour origine d'une certaine intgrale relative r, non pas prcis- 
ment une valeur nulle de r, mais la distance des molcules les plus voisines. 
Autrement cette intgrale, qui d'ailleurs ne se trouve que dans la se- 
conde valeur de s % , semblerait infinie. Quant cette seconde valeur de s', 



( *>9 )* 
il serait intressant d'examiner si elle ne pourrait pas reprsenter le mou- 
vement de la chaleur. Je dsirerais pour cette raison que vous eussiez la 
complaisance de me transmettre quelques dtails sur celle de vos sances 
o il a t question de la polarisation de la chaleur. 

astronomie. Mdaille fonde par le Roi de Danemarc , enfaveur de celui 
qui dcouvre le premier une comte tlescopique. 

La fondation de cette mdaille remonte quatre ans, mais les conditions 
du concours viennent d'tre changes. Voici le nouveau programme, tel 
qu'il a t adress l'Acadmie par M. Schumacher. 

S. M. le Roi de Danemarc a daign fonder une mdaille d'or, de la va- 
leur de 20 ducats de Hollande, pour tre donne celui qui dcouvre 
le premier une comte tlescopique , et qui remplit les conditions sui- 
vantes; elles diffrent dans quelques points des conditions publiesen i83a. 

i\ La mdaille sera donne celui qui dcouvre le premier une co- 
mte dont la rvolution ne soit pas connue, et qu'on ne puisse pas voir, 
au temps de la dcouverte, l'il nu, mais seulement par les tlescopes. 

2 . Si celui qui dcouvre la comte rside en Europe (except seulement 
la Grande-Bretagne), il est oblig de notifier sans dlai sa dcouverte 
M. Schumacher Altona; s'il rside dans la Grande-Bretagne, ou dans 
un lieu hors d'Europe , M. Francis Baily (Tavistock place Londres). 

3. Cette notification doit tre faite parla premire poste qui part du lieu 
de la dcouverte , aprs qu'elle a eu lieu; s'il n'y a pas de poste, par la 
premire occasion rgulire qui se prsente, sans attendre, ni dans l'un ni 
dans l'autre cas, d'autres observations. Cette condition est de rigueur : si l'on 
nglige de la remplir, et si la comte n'a t vue que d'une seule personne , 
la mdaille ne sera pas dcerne ; si plusieurs ont vu la comte , la mdaille 
sera adjuge celle qui la premire aura rempli la condition prsente. 

4- Cette notification doit contenir le temps de la dcouverte (pour 
pouvoir dcider sur la priorit) aussi exactement que les moyens de 
l'observateur en permettront la dtermination , la position de la comte 
et la direction de son mouvement, si toutefois les observations d'une 
seule nuit permettent de dterminer, d'une manire approximative, ces 
divers points. 

5. Si les observations de la premire nuit ne permettent pas de dter- 
miner la position, la direction du mouvement de la comte d'une ma- 
nire suffisante, l'auteur de la dcouverte sera tenu, sitt qu'il aura obtenu 

C. R. i836. 1 er Semestre. 3o 



( 2IO ) 

une seconde observation , d' envoyer , ainsi qu'il est exig pour la premire , 
une seconde observation laquelle il joindra la longitude du lieu de l'ob- 
servation quand la dcouverte n'aura pas t faite dans un observatoire 
d'une longitude connue. Mais l'espoir d'obtenir une seconde observation 
ne sera jamais admis comme excuse pour avoir nglig d'envoyer imm- 
diatement une notice sur la premire. 

6. La mdaille sera adjuge douze mois aprs la dcouverte de la co- 
mte. Ce temps coul , on ne recevra plus de rclamations. 

MM. Bailj et Schumacher dcideront si une dcouverte peut tre re- 
garde comme constate, ou non. Dans le cas o ils ne seraient pas d'ac- 
cord , M. Olbers dcidera entre eux. 

physique du globe et mtorologie. Voyage en Orient par M. le 
marchal duc de Raguse, membre libre de V Acadmie des Sciences. 

Nous allons extraire de cette relation de voyage la plupart des rsul- 
tats numriques qu'elle renferme. 

Tempratures de sources. 

Le bain thermal de Kukurli, Broussa en Bithynie. . -f- 84 centigrades (i). 
Le grand bain de Yeni Kaplidja id. + 64. 

M. le marchal Marinant dit qu' Broussa il a vu? un homme rester 
long-temps dans un bain d'eau dont la temprature tait +78 cen- 
tigrades (a). 



(1) En i8a5, M. Jouannin avait trouv pour la temprature de la source de Ku- 
kurli, au point o elle sort de terre, + 87 , 5 centigrades. Le Yeni Kaplidja, h sa 
sortie du sol, lui avait donn prcisment le mme degr. La source thermale la plus 
chaude d'Europe , celle de Chaudes- Aigus, ne marque que 8o. 

(2) En 1774 Fordyce , Banks , Solander , Blagden , Dundas , Home, Nooth , lord 
Seaforh et le capitaine Phipps entrrent tout nus dans une chambre o la temp- 
rature atmosphrique tait de -f- 1 28 centigrades , et y restrent pendant huit mi- 
nutes. La plus abondante transpiration garantissait les chairs des effets qu'une aussi 
haute temprature de l'air aurait certainement produits sans cela. 

Cette exprience ne doit pas tre confondue avec celles o le corps humain est 
plong dans l'eau. Newton donna -f- fa? centigrades comme la plus forte chaleur d'un 
bain d'eau o l'on puisse tenir la main en la remuant. Il s'assura que, si la main 
ne remue pas, on peut aller 8" plushautou -f-5o centigrades. Les savants anglais dont 



(*,. ) 






La grande source qui sort du pied de l'Olympe et abreuve une grande partie de 

Broussa est _f_ 130,5 centig . 

Les sources du Scamandre sont -f- in", 3 

La Fontaine du Pacha , Smyrne , -J- ao,o 

Les eaux thermales de Siggia , deux lieues de Smyrne , . . + 56 ,o 

La source du lac de Tantale, + 1 4* 5 

Les sources de la plaine de Beyrout, -f- 21 o 

Une source Balbec, -j- 1 5 , o 

La Fontaine d'Elise, Je'richo , -f- 20 , o 



Temprature l'ombre et au soleil. 






Nous rapporterons les observations thermomtriques faites l'ombre et 
au soleil , lorsque nous aurons eu le temps de les runir en tableaux et 



j'ai donn les noms la premire ligne de cette note , trouvrent, par une moyenne , 
qu'on peut endurer avec la main , une temprature 

de + 47 centigrades dans le mercure, 

de + 5o,5 dans l'eau, 

de -f- 54 e dans l'huile, 

de -f- 54, 5 , dans l'alcool. 

Le mdecin Carrre rapporte qu'un homme robuste ne put pas rester plus de trois 
minutes dans un bain d'eau thermale du Roussillon dont la temprature tait. . . . 
+ 5o centigrades. 

Lemonnier se baignait habituellement Barges la temprature de + 38 centi- 
grades. Il restait chaque fois dans le bain pendant une demi-heure sans inconvnient ; 
mais dans une exprience o le thermomtre marquait -f- ^5, aprs six minutes 
d'immersion , la sueur ruisselait de tous les points du visage de ce mdecin ; touC son 
corps tait rouge et gonfl ; la huitime minute il prouva des tourdisseunents qui 
l'obligrent se retirer. 

Le docteur Berger fixe -f- 4^ centigrades, la chaleur d'un bain d'eau pure 
qu'on ne peut endurer sans en tre incommod , sans que le pouls ne s'acclre d'une 
manire inquitante. 

Il y a, toutefois, bien loin de ces nombres aux + 78 que marquait le thermo- 
mtre dans le bain o le duc de Raguse a vu un turc se tenir plong pendant long- 
temps. Ce rsultat ayant fait natre des doutes , voici la rponse du marchal : C'est 
de mes yeux que j'ai vu l'homme se baigner. Le docteur Jeng (autrichien) l'a 
> vu comme moi, et ce mdecin me fit remarquer dans le moment mme combien 
le fait tait extraordinaire. Ainsi je donne mon observation pour parfaitement 



certaine. 



3o 



( 212 ) 

de les comparer celles qui ont t recueillies dans d'autres rgions du 
globe. . . . 

lectricit atmosphrique. 

J'aperois dans le mmoire trois observations ft lectricit atmosphrique 
ngative faites Constantinople par un temps serein; trois observations 
du mme genre d'Alexandrie, et trois observations toutes pareilles faites 
prs du Caire. Nous ne pensons pas qu'en France, qu'en Angleterre, qu'en 
Allemagne, aucun observateur ait jamais trouv l'lectricit de l'atmosphre 
ngative par un ciel serein. Les rsultats de M. le marchal Marmont 
doivent donc exciter l'attention des physiciens. Voici, dans les propres 
termes du mmoire, le procd qui tait suivi dans les expriences. 

Pour dterminer la nature de l'lectricit > on se servait d'une petite 
colonne en verre contenant une pile sche de 4 disques. Une tige 
isole par d la cire d'Espagne sort de ce bocal. J'adaptais la partie 
saillante extrieure de cette tige un fil mtallique envelopp de soie. Ce fil 
avait une longueur de 10 1 8 pieds environ ; il tait soutenu par une verge 
de bois compose de quatre parties d'une canne creuse, qui se plaaient 
bout bout et qui acquraient ainsi la longueur ncessaire. Un morceau 
d'amadou allum tait plac au bout de la canne, l'extrmit du fil 
mtallique, pour tablir le courant et le favoriser, et un mouvement de 
haut en bas et de bas en haut tait imprim lentement la canne et au fil 
jusqu' ce qu'un effet ft produit sur la feuille d'or suspendue dans la co- 
lonne de verre ou que son immobilit constante et prouv qu'il n'y avait 
pas d'lectricit apprciable dans l'atmosphre. 

C'tait toujours en plein air que nous oprions, et ordinairement, en 
Egypte , sur le pont d'un bateau sur lequel nous naviguions et que nous 
habitions. 

Mesures de hauteur. 

Ville de Broussa 160 mtres au-dessus de la mer. 

Mont Olympe de Biihynie 2247 

Mont Sanin du Liban 2025 

La montagne de V Ascension qui domine le Jar- 
din- des-Oliviers (Jrusalem) 747 (0 



(1) Ces hauteurs ont t dduites du degr de l'bullition de l'eau dtermin au som- 
met de chaque montagne. Il n'est pas question dans le mmoire d'observations corres- 
pondantes faites au bord de la mer. Il semble donc que, dans le calcul, on ait d prendre 



(ai3) 
Climat de la Palestine. 

M. Arago a publi dans Y Annuaire As i834 un mmoire destin tablir 
que, depuis le temps de Mose, la temprature de la Palestine n'a pas 
chang sensiblement. M. le duc de Raguse nie l'exactitude des laits sur 
lesquels la dmonstration se fonde. Il n'y a plus de palmiers , dit -il, dans 
la partie de la Palestine que l'article indique. Plus bas, cependant, 
je trouve qu' Jricho il y en a quelques-uns d'pars . A Jrusalem 
M. le marchal en a vu trois - peu prs striles . A Rama, cit dans 
l'article en question, il en existe quelques-uns qui donnent des fruits ; 
mais l o il en existe quelques-uns il pourrait y en avoir beaucoup. Un 
seul palmier donnant des fruits mrs , serait suffisant dans la discussion 
d'une question de temprature. 

La limite assigne, dans Y article de l'Annuaire, la culture de la vigne 
est galement conteste. Nous transcrirons ici textuellement cette partie 
du mmoire, afin que les botanistes puissent dcider, eux-mmes, si les 
faits rapports par le duc de Raguse sont de nature modifier leurs an- 
ciennes opinions. 

L'article fixe entre les ai" et 22 centigrades, le maximum de temp- 
rature que la vigne comporte pour tre productive , et pour justifier 
cette assertion il dit qu'au Caire , o la temprature moyenne est de 
22 , on ne cultive pas la vigne en grand , et qu'il n'y a que des ceps 
isols. Le fait est vrai pour le pass, mais cela tient tout autre cause. 
On a fait, depuis peu, des plantations de vignes trs considrables, qui pro- 
mettent de donner de trs bons rsultats ; mais un fait dcisif c'est que de 
tout temps il y a eu et qu'il y a encore des vignes dans le Fayoum , 
qui est une des provinces les plus chaudes de l'Egypte cause des collines 
de sable qui l'environnent de toute part. Ces vignes sont situes aux vil- 
lages de Fidemia , d'Adjamira et de Tumban ; elles sont cultives par des 
Cophtes, et donnent des vins agrables. Celui que j'ai bu prsente un ph- 
nomne singulier dans un climat semblable : il n'est point capiteux , et se 
trouve potable ds la seconde anne. Pockoke, qui voyageait en 1737, 
parle de la culture de la vigne faite par les Cophtes dans le Fayoum ; 

pour la station infrieure , non le rsuttat d'une expe'rience directe , mais un tat moyen. 
S'il en est ainsi , les dterminations donnes dans le texte pourraient tre affectes d'er- 
reurs assez fortes. 



( 2 ,4) 

bien plus, dans la partie suprieure de la Haute-Egypte, Esn, 
12 lieues au sud de Thbes, il y a une vigne de l'tendue de plusieurs 
feddams. Elle avait sans doute pour objet primitif de donner seulement 
des raisins manger, mais Jussuff Riacheff, ancien soldat de l'arme 
d'Egypte, prisonnier des Mameloucks 'l'poque de l'vacuation, rest 
en Orient , m'a dit avoir amodi cette vigne , avoir fait de trs bon vin avec 
le raisin qu'elle produit, et en avoir obtenu une quantit gale celle 
qu'on retire en Europe. On peut donc conclure de ces faits que si en 
Egypte , jusqu' il y a peu d'annes , la vigne n'a pas t cultive en grand , 
c'est que les habitants ne boivent point de vin , et qu'il n'y a aucune in- 
duction en tirer que la vigne ait un maximum de temprature au- 
dessus duquel elle ne peut fournir au moyen de faire *du vin. 

Changement de climat en Egypte. 

Nous donnons textuellement l'article du mmoire relatif au changement 
de climat de la Basse-Egypte. 

Tout le monde sait qu'il ne pleuvait jamais au Caire autrefois (i); trs 

(i) Cette opinion, quoiqu'elle ait t fort rpandue parmi les membres de l'expdition 
d'Egypte, est contraire aux faits. Ainsi je trouve dans Niebuhr, qu'en 1761, il y eut au 
Caire 

Une pluie trs forte dans la nuit du i3 au 14 novembre; 
Qu'en Dcembre 1761 , 

Il y eut une petite pluie midi le 7 

Une petite pluie le 21 

Une pluie de 2* le matin ; une pluie de 6* conscutives le soir, le 22 

Une trs forte pluie le 27 

Une pluie abondante dans la soire le 28 

Une pluie extrmement forte, de 10' de dure le 3i 

Qu'en janvier 1762, 

Il plut depuis le grand matin jusqu' 10* le 1 er 

Qu'il y eut une grosse pluie le 

une petite pluie le 8 



Et qu'en fvrier, 

Il plut le 1" 

11 plut Ie 6 

Les observations de M. Coutelle me donnent galement pour le Caire, 

2 jours de pluie en janvier, 
4 jours en avril, 

1 jour en mai, 

Il y a sans doute loin de ces rsultats ceux que M. le duc de Raguse rapporte d'aprs 



( M ) 

rarement, et pendant des espaces trs courts, Alexandrie: tous les in- 
dividus encore vivants aujourd'hui , qui appartenaient l'arme d'Orient, 
peuvent l'affirmer, et moi-mme, qui suis du nombre, je dclare qu'ayant 
command depuis le mois de novembre 1 798 jusqu' la fin d'aot 1 799, dans 
cette ville, je n'ai vu pleuvoir qu'une seule fois pendant une demi-heure. 

A prsent, il pleut chaque anne pendant trente quarante jours, 
et quelquefois, en hiver, la plujp ne cesse pas pendant cinq et six jours, 
ds la mi-octobre. J'ai t tmoin, l'anne dernire, d'une pluie qui a 
dur trois heures. Au Caire, au lieu de quelques gouttes de pluie, qui 
taient une chose trs rare, il y a annuellement des pluies de quinze 
vingt jours en hiver. On suppose que cette modification dans le climat 
est le rsultat des plantations immenses qui ont t faites par ordre du 
pacha ; on porte vingt millions de pieds d'arbres celles qui ont t ex- 
cutes au-dessous du Caire. 

Ce qui autoriserait croire cette cause, c'est l'effet inverse obtenu 
d'une manire incontestable , quoique dj fort anciennement, dans la 
Haute-Egypte, par la destruction des arbres. 

On sait que dans cette partie de l'Egypte il ne pleut jamais : eh bien , il 
en tait autrement autrefois. J'ai vu Thbes un vieillard nomm Mansour, 
pre du Cheick-el-Belet de Gourna ; c'est un homme qui,, malgr son grand 
ge (il a 122 ans), jouit de toutes ses facults intellectuelles; sa mmoire 
est excellente, et son esprit est prsent et plein de vivacit. Il m'a dit que 
dans sa jeunesse, sous le rgne du sultan Mustapha,. il y a 80 ans, il 
pleuvait assez souvent dans la Haute-Egypte, et qu'alors les montagnes 
libiques et arabiques qui forment la valle du Nil, avaient de l'herbe et 
des arbres, qui ombrageaient ces pturages; que les. Arabes y amenaient 
leurs troupeaux; mais que les arbres avaient t dtruits, que les pluies 
avaient cess, que les pturages s'taient desschs. Ces arbres taient de deux 
espces; mais quoique je les aie cherchs d'aprs son indication, je n'ai 
pu les retrouver aujourd'hui en Egypte. Dn des deux avait des feuilles 
qui ressemblaient celles des citronniers, et donnait des pommes douces; 
l'autre avait des feuilles superposes. 



des on dit j mais de mme que, jadis, on se trompait beaucoup en affirmant qu'au Caire 
il ne pleuvait jamais, ne serait-il pas possible qu'aujourd'hui on exagrt en sens in- 
verse. Esprons que la publication prochaine de quelque registre mtorologique 
conserv dans une des chancelleries des consulats d'Alexandrie ou du Caire, fera dis- 
paratre ces incertitudes. 



(ai6) 

A Ren , plusieurs Turcs gs, et entre autres Sad Hussein, qui remplit 
les fonctions d'agent consulaire d'Angleterre, m'ont dit tenir les mmes 
faits de leurs pres. Enfin je citerai encore Pockoke, qui raconte que se 
trouvant dans la Haute-Egypte , il fut forc de suspendre momentanment 
son voyage cause des pluies qu'il prouva. Il me parat donc incontes- 
table qu'il pleuvait autrefois dans la Haute-Egypte. Ces pluies favorisaient 
la vgtation sur les montagnes, et celle-ci servait contenir les sables 
du dsert, mettait obstacle leur invasion, qui, si elle avait t tou- 
jours, et de temps immmorial ce qu'elle est aujourd'hui, aurait infailli- 
blement rtrci encore la trs troite valle du Nil et lev son sol de 
manire la mettre au-dessus de toutes les inondations du fleuve. 

Le dsert que j'ai travers pour me rendre sur la mer Rouge, renferme 
quelques places rares o une vgtation misrable se fait remarquer. On 
y trouve de loin en loin quelques arbres pine dont le bois est de bonne 
qualit , et dont les jeunes branches et les feuilles sont manges avec avidit 
par les chameaux; cet arbre est de la famille des acacias. Dans les annes 
pluvieuses il y a des bassins et des valles qui peuvent tre cultives, et 
alors les Arabes-Bdouins viennent y camper, ensemencer et rcolter; mais 
ces pluies arrivent d'une manire trs irrgulire, elles deviennent tou- 
jours plus rares, les pturages par consquent toujours plus arides, et ce- 
pendant ces pturages passaient pour excellents il y a quatre-vingts ans, 
poque laquelle la tribu des Abadis , qui les occupe prsent , a 
quitt l'Yemen pour venir s'y tablir, sduite par un tat de choses qui 
n'existe plus aujourd'hui. Les arbres qui s'y trouvaient alors ont 
presque entirement disparu. Quoique la tribu des Abadis, forte de 
3ooo mes environ et de ioooo chameaux, possde elle seule, un pays 
d'environ 4ooo lieues carres, elle ne pourrait pas subsister, si le pacha 
ne lui avait pas donn un supplment de pturage dans la valle du 
Nil, o elle demeure presque toujours. La conservation des arbres et des 
bois, et leur dfaut le soin des plantations, agissent donc sur le climat 
d'une manire plus prompte , plus directe et plus puissante qu'on ne le 
croit ordinairement , et sont une des bases de l'agriculture. 










( 37 ) 

MEMOIRES PRESENTES. 

analyse mathmatique. Note sur le calcul des ingalits priodiques du 
mouvement des Plantes ; par Joseph Liouville. 

(Commissaires, MM. Poisson, Mathieu, Damoiseau.) 

Lorsqu'une plante m' agit sur une autre plante m, elle produit dans 
le mouvement de cette dernire, des perturbations plus ou moins consid- 
rables qui font varier en fonction du temps les constantes arbitraires du 
mouvement elliptique. Quand on nglige le carr de la force perturbatrice , 
les ingalits que l'on doit calculer sont de deux espces : les unes, pro- 
portionnelles au temps ou au carr du temps, sont dites ingalits scu- 
laires ; les autres , dont la valeur dpend des sinus et cosinus de certains 
arcs , prennent le nom d'ingalits priodiques. Le calcul de ces diverses 
ingalits dpend du dveloppement en srie d'une fonction que Laplace 
dsigne par R dans son ouvrage, et qu'il appelle fonction perturbatrice. 
Les coefficients des divers termes du dveloppement dont il s'agit peuvent 
tre calculs de plusieurs manires : on les exprime, par exemple, en 
quadratures dfinies doubles. Je me propose de montrer, dans la prsente 
note, que l'on pourra quelquefois substituer ces intgrales doubles des 
intgrales simples , ayant trs peu prs ls mmes valeurs , ce qui abrgera 
beaucoup, ce me semble, le calcul des ingalits priodiques du mouve- 
ment des plantes. 

physique mathmatique. Thorme sur les tempratures priodiques 
d'un corps non homogne, termin par une surface dforme quelconque; 
par M. Duhamel. 

(Commissaires, MM. Biot, Poinsot, Libri.) 

- 
Le mmoire de M. Duhamel tait accompagn de la lettre suivante : 
J'ai l'honneur d'adresser l'Acadmie la dmonstration d'un nouveau 
thorme sur les tempratures priodiques d'un corps de forme quelcon- 
que, dont tous les coefficients spcifiques varient arbitrairement d'un point 
un autre. Il consiste en ce que la temprature moyenne d'un point quel- 
conque de ce corps , relative la dure entire d'une priode , est prcis- 
ment gale la temprature fixe que ce mme point acquerrait, si la tem- 

C. R. i830, i" Semestre. 3* 



(ai8) 

prature du milieu tait fixe pour chaque point de la surface et gale la 
moyenne des valeurs par lesquelles elle passe en ce point pendant la dure 
de la priode. Ces tempratures sont indpendantes de la chaleur spcifique 
de la substance. 

Dans le Compte rendu de la sance du i5 fvrier dernier, on trouve 
l'nonc d'un autre thorme donn par M. Saigey. Ce thorme , dit 
l'auteur, manquait la thorie mathmatique de la chaleur, malgr toutes 
les recherches de Fourier et de ses successeurs. J'en possde une dmons- 
tration synthtique, etc. 

Une des consquences immdiates de la note que j'ai l'honneur d'a- 
dresser l'Acadmie , c'est que le thorme de M. Saigey n'est pas exact. 

analyse mathmatique. Mmoire complmentaire de la thorie gnrale 
de l'limination; par M. Voizot. 

(Commissaires, MM. Lacroix, Poisson, Libri.) 

physiologie vgtale; tudes microscopiques sur le dveloppement des 
racines de l'ognon commun; par M. P. Laurent. 

(Commissaires, MM. Mirbel, Ad. Brongniart, Richard.) 



RAPPORTS. 

botanique. Rapport verbal sur trois opuscules cryptogamiques (imprims) 
de M. le docteur Montagne; par M. Bory de Saint -Vincent. 

Le premier opuscule du docteur Montagne est relatif aux riches r- 
coltes cryptogamiques que M. Gaudichaud avait faites dans son second 
voyage au Brsil, au Chili et au Prou. 

Dans le deuxime , l'auteur examine les mousses et les hpatiques rap- 
portes des forls vierges de la Guiane par M. Leprieur. 

Le troisime opuscule contient le prodrome de la flore cryptogamique 
de l'le de Juan Fernandes , d'aprs M. Bertero. 

Le rapport de M. Bory est trs favorable. 



( 219 ) 

gographie. Rapport sur un mmoire de M. Vincent Geslin, concernant 
les globes et les cartes en relief. 

(Commissaires, MM. Girard , Navier, Beautemps-Beaupr , rapporteur.) 

M. Vincent Geslin avait propos d'introduire dans l'enseignement, des 
globes et des cartes en relief. Nous admettons, disent les commissaires , 
que c'est sur des globes qu'il faut appeler l'attention des jeunes gens 
qui commencent l'tude de la gographie ; mais nous ne pensons pas 
qu'il soit ncessaire que ces globes soient excuts en relief et sur des 
chelles assez grandes pour pouvoir rendre sensibles, l'il et au tou- 
cher, les principales ingalits de la terre. 

L'excution d'un globe modle en relief, d'un grand diamtre , en- 
tranerait ncessairement dans des dpenses considrables ; et, de quelque 
manire que l'on s'y prt pour en multiplier ensuite les exemplaires , on 
ne pourrait jamais arrivera les mettre, pour le prix, la porte des ins- 
titutions particulires. 

l'gard des reliefs de portions peu tendues de la surface de la terre , 
nous accordons qu'il serait avantageux, sous quelques rapports, de 
les mettre sous les yeux d'lves qui auraient pralablement acquis 
une connaissance gnrale de la terre , sur des globes et cartes or- 
dinaires : mais, pour que de tels reliefs pussent devenir vraiment utiles, 
il faudrait les excuter sur des chelles beaucoup plus grandes que 
l'chelle du relief de la France qui a t adopte par M. Geslin; or, dans 
ce cas, ces reliefs deviendraient de vritables objets de luxe, trs dif- 
ficiles manier, et peu d'institutions particulires pourraient les ac- 
qurir. 

Vos commissaires ne peuvent partager l'opinion de M. Geslin , 
l'gard des globes en relief qu'il propose de substituer aux globes or- 
dinaires pour l'enseignement de la gographie lmentaire; mais ils ont 
vu, avec plaisir, que ce professeur mettait dj en usage une mthode 
simple et susceptible encore de perfectionnements pour donner ses 
lves une ide exacte des diffrentes parties de la terre. 

Cette mthode , qui n'est pas nouvelle , consiste faire tracer la 

craie, par les lves, sur un grand globe uni, peint en noir, ayant les 

- 

(i) Le Dpt gnral de la Marine possde un globe en relief de 18 pouces de dia- 
mtre, qui a t excut, en 1777, par M. l'ingnieur-liydrographe Lartigue. 

3r.. 



( 220 ) 

mridiens, l'quateur et les cercles qui lui sont parallles, les tropiques , 
les cercles polaires, etc. J gravs en creux, les diverses parties de la terre, 
aprs qu'ils en ont tudi les dtails sur un globe modle ou sur des 
cartes. 

Le principal perfectionnement apporter ce mode d'enseignement, 
consisterait, selon nous, mettre entre les mains de chaque lve, pour 
un prix trs modique, un globe d'environ 9 pouces de diamtre, recou- 
vert d'un papier blanc, sur lequel aurait t imprims en noir, l'quateur 
et les cercles qui lui sont parallles, de cinq en cinq degrs; les m- 
ridiens aussi de cinq en cinq degrs ; les deux tropiques et les deux cer- 
cles polaires , et lui faire figurer sur ce globe toutes les parties de la 
surface de la terre , aprs qu'on serait parvenu lui donner des notions 
prcises sur les cercles de la sphre et sur les latitudes et longitudes des 
points terrestres. 

Chaque lve dessinerait son globe , soit d'aprs un globe ordinaire, 
soit d'une manire plus facile encore, d'aprs des cartes particulires; il 
mettrait l'encre les contours des continents, des les, des lacs, des ri- 
vires, etc. ; figurerait les grandes chanes de montagnes, placerait les 
principales villes et distinguerait, par des couleurs, la surface de l'Ocan 
de la surface des terres; puis, enfin, il crirait au crayon les noms des 
diffrentes rgions dont il aurait la reprsentation sous les yeux, et il 
recommencerait ce dernier travail jusqu' ce qu'il ft parvenu le faire 
de mmoire, sans commettre une seule faute. s 

Un tel travail ne pourrait manquer de donner aux lves quTau- 
raient excut, des notions exactes sur la forme, l'tendue et la situation 
des principales parties de la terre ; notions qu'ils ne peuvent acqurir 
par des tracs faits la craie, et ncessairement la hte, sur un globe 
unique qui doit servir exercer plusieurs lves pendant la courte dure 
d'une leon. 

Votre commission n'a rien trouv dans le mmoire de M. Geslin, qui 
fut neuf et pt mriter l'approbation de l'Acadmie ; mais comme ce 
professeur s'occupe avec zle d'amliorer le mode actuel d'enseignement 
de la gographie lmentaire, elle a l'honneur de vous proposer de l'inviter 
faire de nouveaux efforts pour arriver au but qu'il s'est propos d'at- 
teindre dans l'intrt de la jeunesse. 

L'Acadmie adopte les conclusions du rapport. 

A l'occasion du sujet qui vient d'tre dbattu, M. Morel de Vind fait 
remarquer que la petitesse des globes est l'obstacle qui jusqu'ici a rendu 



( aaI ) 

leur usage peu utile dans renseignement. L'Acadmie, dit-il, apprendra 
donc avec plaisir, qu'une fabrique s'est leve sous les auspices d'une so- 
cit qui s'occupe de l'enseignement lmentaire , et qu'on peut s'y 
procurer des globes d'un mtre de diamtre , lithographies par M. Benoist, 
de Troyes , pour la modique somme de 80 francs. Le cartonnier, qui 
l'on doit principalement ce rsultat, M. Maurand, demeure rue des Fosss- 
Saint-Germain-l'Auxerrois , n 34- 

* 



LECTURES. 

.... 

gologie . Note sur la prsence de quelques mtaux dans les grs sup- 
rieurs du terrain de Paris; par M, Alexandre Brongniart. 

riT 
On connaissait dj, dans ces grs, des dpts de limonite sablonneuse, 
ou fer oxid hydrat en rognons pars. Nous avons fait connatre, M. Cuvier 
et moi, dans l'dition de 182a de notre Gognosie du Bassin de Paris, 
la prsence du manganse, galement l'tat d'oxide hydrat, dans les 
marnes suprieures du gypse; mais personne n'avait jusqu' prsent soup- 
onn la prsence du cobalt et de traces de cuivre et mme d'arsenic 
dans le grs suprieur. C'est M. le duc de Luynes qu'est due la connais- 
sance de ce fait gognostique intressant. Il me fit l'honneur de m'crire 
dans les premiers jours d'octobre pour m'annoncer sa dcouverte. Je rap- 
porte ici par extrait le contenu de sa lettre. 

J'ai trouv ce grs, me dit -il , d'une espce particulire r dans une car- 
rire situe sur une butte prs d'Orsay, non loin de la route qui conduit 
Palaiseau. L'exploitation permet de reconnatre la position des roches 
qui composent le terrain : d'abord la terre vgtale , puis un calcaire sili- 
ceux en fragments r puis une couche puissante de sable rouge , ensuite 
un banc de grs blanc ou jauntre qui repose sur un lit de sable jaune ; 
C'est leur point de contact que se trouve le grs noir renfermant le 
manganse et le cobalt ; au-dessous est un second banc de grs blanc. 

Le premier banc de grs suprieur au dpt de grs noir, est et l 
noirci dans ses fissures. Le mme grs cobaltifre se trouve runi au grs 
ferrifre dans la carrire abandonne de Saint-Clair , prs d'Orsay ; on le 
rencontre encore la carrire de Seaux-lesChartreux , prs de Palaiseau. 

L'analyse que j'ai faite de ce grs, continue M. de Luynes, m'a donn 



( 222 ) 

1 5 millimes de cobalt , 4o millimes de manganse , ou peroxide de fer 
et des traces de cuivre , etc. 

Cette analyse a t rpte par M. Bouchardat et ensuite par M. Ma- 
lagutti , dans le laboratoire de recherches de la Manufacture Royale de 
Svres. Les rsultats des analyses de ce dernier chimiste, indiquent les 
parties et proportions suivantes dans la composition de ce grs : 

Silice l'tat de sable et non combine aux 

mtaux 6936 

Deutoxide de manganse 1642, ou en faisant abstraction de la 

roche siliceuse. . . . 5358 

Peroxide de fer - 748 ... - 2 44' 

Oxide de cobalt (environ 0,001) 0,08 25 

Alumine 202 660 

Eau 463 . . . i5i3 

Traces de cuivre et d'arsenic. 

Les rsultats proportionnels diffrent suivant la densit et l'homog- 
nit des masses examines. 

Ce grs est gnralement d'un beau noir nuanc ou travers de quel- 
ques veines de jaune ocreux ; il est grains brillants , la plupart aigus et 
comme cristallins ; il indique par consquent plutt une formation par 
voie de cristallisation confuse, que par dpt d'un sable quarzeux qui r- 
sulterait d'une trituration mcanique. 

Il est plus ou moins friable, infusible, mais aquifre , abandonnant une 
quantit notable d'eau dans le petit ballon. 

Voil donc la prsence du cobalt dans la proportion d'au plus un pour 
cent bien constate dans un grs qui appartient l'une des parties les plus 
superficielles de l'corce du globe, par consquent l'une des formations les 
plus rcentes dans la chronologie gologique. Cette circonstance me con- 
duit rechercher quels sont les autres mtaux qui se trouvent dans les ro- 
ches de cette mme priode, en y comprenant le terrain gypseux palo- 
thrien, qui , quoique d'une nature et d'une origine trs diffrentes, ne 
s'loigne pas cependant beaucoup de l'poque de formation du grs qui le 
recouvre. 

On connat dans ce terrain , le fer limonite ou l'tat d'oxide hydrat , 
qui se trouve dans le grs et dans la mme position que les parties cobalti- 
fres; on n'a pas encore recherch si ce fer renferme du manganse ; cela est 
probable au moins pour beaucoup de localits , et sr pour la partie sa- 
bleuse et ferrugineuse qui accompagne les meulires la Fert-sous-Jouarre. 



(3) 
J'ai remarqu, en juin i835, dans la partie suprieure de la masse de sable 
qui renferme les pierres meules la belle carrire de Tarteret , un lit 
mince assez rgulier, presque compos de sable argileux rouge renfermant 
des petits globules semblables au fer pisiforme : leurs caractres extrieurs 
m'ont fait souponner la prsence du manganse, et ce soupon a t 
confirm par l'analyse que M. Malagutti a faite de ces globules; ils ren- 
ferment : 

Silice ou plutt sable siliceux avec un peu a argile. . . . 0,821 

Peroxide de fer o,o58 

Peroxide de manganse. . . o,o45 

Eau 0,067 

Perte 11 

1,000 

- 

En descendant un peu plus bas, et pntrant dans les premiers dpts 
marno-gypseux , on retrouve le manganse bien plus abondamment en pe- 
tites plaques concrtionnes ou en dendrites comme nous l'avons dj fait 
connatre; enfin, j'ai entendu rapporter, mais je ne puis me rappeler par 
quelle personne, qu'on avait reconnu des indices de zinc l'tat d'oxide, 
dans les roches calcaires sableuses du passage du terrain gypseux au terrain 
du calcaire grossier. 

Je ne descendrai pas plus bas dans les assises du terrain qu'on nomme 
tertiaire, parce que je ne puis donner cette note les dveloppementsd'un 
mmoire; mais, comme la prsence du cobalt dans les assises les plus supeV 
rieures de la division moyenne ou miocne de ces terrains est un fait trs 
remarquable, je dois chercher quels sont les mtaux qu'on a reconnus, 
non-seulement dans les terrains tertiaires des autres contres du globe , 
mais encore dans ceux qui, malgr l'norme diffrence de leur nature, 
peuvent tre rapports la mme priode gologique. 

Or, en admettant , mme dans la formation tertiaire neptuninnc, des 
terrains dont la contemporanit de formation pourrait tre conteste, je 
ne vois cit dans ces terrains, outre le fer et le manganse, que le zinc; et 
encore la preuve de son existence vient- elle plutt de l'oxide de zinc con- 
dens dans les chemines des fourneaux o l'on traite le minerai de fer pi- 
siforme, que de la prsence visible d'aucun minerai de zinc dans ces ter- 
rains; mais, comme je pense qu'on ne peut se refuser rapporter le plus 
grand nombre des gtes de fer limonite pisiforme aux terrains tertiaires , 



( "4 ) 

j'en conclus que l'oxide de zinc s'y trouve galement. Au-del de ces trois 
mtaux, en position originaire et non en position de transport dans la par- 
tie suprieure de la priode miocne des terrains tertiaires, je n'en connais 
pas d'autres. 

Le cobalt, mtal qu'on regardait comme des plus anciens, qu'on ne 
cite ni dans les terrains crtaes ni dans les terrains jurassiques, pas plus 
en filons qu'en parties dissmines , vient donc se prsenter prs de Paris 
dans des terrains beaucoup plus nouveaux; il y est dissmin, mais en po- 
sition originaire. Il est accompagn de ses associs les plus ordinaires, le 
cuivre et l'arsenic; mais il en prsente un qui est presque exceptionnel , 
puisqu'on ne connat encore qu'un exemple authentique d'un minerai de 
cobalt mangansen, c'est celui de Rengensdorf en Lusace, analys par 
M. Gossel, et dont la composition prsente avec celle du grs d'Orsay, la 
plus remarquable analogie, c'est : 

Silice 0,248 

Alumine 0,204 

Oxide de cobalt >'94 

Oxide de manganse. . . . 0,160 

Oxide de cuivre 0,002 

Eau 0,170 

>97 8 

Mais il est dans un filon de quarz traversant un schiste argileux. 

Si nous poussons plus loin nos recherches et que nous voulions exa- 
miner quels sont les mtaux qui ont t amens la surface de la terre 
pendant ou mme aprs la priode tertiaire, nous devons les aller cher- 
cher dans des roches volcaniques et plutoniennes, roches entirement dif- 
frentes, par leur nature, de celles qui composent le terrain tertiaire de 
sdiment ouneptunien. Comme ces roches, laves, basaltes, trachytes, etc., 
sont, dans beaucoup de cas, videmment places sur les roches neptu- 
niennes des terrains tertiaires, il est galement vident que leur panche- 
ment sur la terre, avec tout ce qu'elles renferment, est d'une poque pos- 
trieure au dpt, soit sous-marin, soit sous-lacustre des terrains tertiaires. 
Eh bien! on verra, en tudiant l'histoire minralogique de ces roches, 
qu'elles renferment en mtaux dissmins, du fer, du manganse, du ti- 
tane, du cuivre, mais point de cobalt; en mtaux en filons, qui sont bten 
plus nombreux, du plomb, du zinc, de l'antimoine, de l'argent, de l'or, 
du tellure (si toutefois les trachytes, qui sont traverss par ces filons, ap- 



( 225 ) 

partiennent bien l'poque gologique dont nous parlons ), mais pas de 
cobalt. 

Enfin on trouve assez frquemment , dans les produits des volcans ac- 
tuels, de l'arsenic, du slnium, du cuivre, du fer; mais on n'y a encore vu 
qu'un seul indice de cobalt dans le sel cobaltique que M. Davy a observ 
une fois au Vsuve. 

La dcouverte de M. le duc de Luynes nous fait donc connatre deux 
faits trs intressants pour la gologie des terrains tertiaires : le premier 
n'est pas absolument nouveau , mais on n'en connat encore qu'un seul 
exemple , que M. de Luynes signale lui-mme, c'est l'association du cobalt 
et du manganse, reconnue dans le minerai de cobalt, Rengensdorf, en 
Lusace; le second fait me parat tre entirement nouveau : c'est la prsence 
du cobalt dans le grs suprieur du sol de Paris, et par consquent dans le 
terrain tertiaire moyen. Ce fait est jusqu' prsent isol et comme particu- 
lier au sol de Paris, mais il est prsumable que les minralogistes, avertis 
maintenant par la dcouverte de M. le duc de Luynes, trouveront, dans 
des roches analogues par leur nature et leur position, un mtal qui y est 
en si petite proportion, que sa prsence non souponne, avait d chap- 
per aux recherches ordinaires; car la nature n'agit jamais d'une manire 
aussi restreinte , aussi exceptionnelle. Le cobalt et le manganse ont t 
amens dans le terrain tertiaire de Paris par des causes quelconques; ces 
causes ont d tre puissantes et par consquent gnrales : il n'y a pas 
d'exemple, sur la surface du globe, d'un phnomne restreint un seul 
point; nous le rptons, les gologues sont avertis, ils n'ont qu' chercher, 
et nous ne doutons pas qu'on ne nous annonce bientt la prsence du 
manganse, du cobalt et du zinc dans un grand nombre de roches de l'- 
poque tertiaire. 

zoologie. Recherches anatomiques et zoologiques sur les Polypes du 
genre Eschare ; par M. Milwe Edwards. 

(Commissaires, MM. Dumril, Blainville, Dutrochet.) 

Dans un mmoire lu l'Acadmie en 1828, MM. Audoin et Milne 
Edwards ont annonc que les polypes connus sous le nom de Flustres , 
ont une structure plus complique qu'on ne le pensait; que leur canal 
digestif se termine par une bouche et un anus distincts, et que l'en- 
semble de leur organisation les rapproche des Ascidies composes. Ces 
deux naturalistes ont aussi constat que d'autres polypes, rangs parmi 

C. R. i836. i Semestre. 32 



( 326 ) 

les Vorticelles , prsentent une conformation intrieure analogue, t ils 
ont propos de runir dans une mme famille naturelle tous ces zoo- 
phytes , division qui avait pour caractre principal la disposition par- 
ticulire du canal digestif, dont il vient d'tre question, et qui cor- 
respond l'ordre des Bryozoaires , rcemment tabli par M. Ehrenberg. 
Le travail prsent aujourd'hui par M. Milne Edwards a pour objet l'a- 
natomie et la description zoologique de quelques autres polypes appar- 
tenant au mme type; il fait connatre le mode d'organisation des 
animaux. du genre Eschare et annonce qu'il a constat une structure 
analogue, non-seulement dans les polypes des genres rtpore, disco- 
pore, cellpore, salicornaire , acamarchis, etc.; mais aussi dans plusieurs 
zoophytes rangs jusqu'ici parmi les sertulariens, tels que les srialaires, 
les valkeries , etc. 

Les Eschares, comme on le sait, sont des polypiers pierreux forms 
par deux plans de cellules calcaires, runies en sries linaires, soudes 
dos dos, et communiquant chacune, au dehors par une ouverture. Les 
naturalistes s'accordent gnralement considrer ces loges comme de 
simples coques inertes, composes de couches superposes de carbonate 
calcaire exsud par le corps du polype et moul sur sa surface; aussi 
compare-t-on leur mode de formation celui de la coquille des mollus- 
ques et de l'ivoire des dents. Les observations de l'auteur le portent 
combattre cette opinion, et lui faire considrer ces cellules de con- 
sistance pierreuse, comme tant des parties vivantes du corps des polypes, 
une espce de peau ossifie. Voici les faits sur lesquels il se fonde. 

>> Si les eellules des Eschares se formaient par l'exsudation de mol- 
cules calcaires qui se mouleraient sur la surface de la membrane scr- 
tante , il est vident que la couche la plus anciennement forme devrait 
tre la plus extrieure, et que l'addition de nouvelles quantits de ma- 
tires terreuses ne pourrait qu'augmenter l'paisseur de la paroi de ces 
loges, ou modifier la disposition de leur cavit intrieure, sans rien 
changer la configuration extrieure de la lame primitivement forme ; 
car ici la coque solide enveloppe l'animal en entier et n'est recouverte par 
aucune partie molle. Pour jeter quelque lumire sur le mode de forma- 
tion et sur la nature des cellules des Eschares , il devenait par cons- 
quent intressaut d'examiner ces loges diffrents ges, et de voir si leur 
forme extrieure change ou demeure toujours la mme. 

* Cet examen , dit l'auteur, peut se faire sans difficult , car les po- 
lypes, naissant les uns des autres et ne se sparant pas de leurs parents. 



( 237 ) 

occupent dans le polypier, rsultant de leur agrgation , des places in- 
dicatives de l'poque relative de leur formation. Pour rsoudre la question 
qu'il s'tait propose , il lui suffisait donc d'tudier comparativement les 
cellules situes vers la base du polypier, sa partie moyenne, dans les 
jeunes branches et l'extrmit de celles-ci. Or, en observant de la 
sorte, avec un grossissement suffisant, les cellules de l'Eschare cervi- 
oorne , M. Edwards a acquis la conviction que le mode de dveloppe- 
ment de ces loges n'est pas celui qu'on admet gnralement. En effet, il 
a vu que non-seulement la conformation de ces loges change notablement 
avec l'ge, mais encore que ces changements s'oprent en partie dans la sur- 
face extrieure de la cellule, c'est--dire dans la portion de leurs parois 
qui , dans l'hypothse de leur formation par couches superposes , de- 
vrait exister ds le principe, et, une fois consolide, ne plus changer. 
Dans les jeunes cellules dont les parois, quoique minces, ont cependant 
dj une consistance tout--fait pierreuse, la surface extrieure est fort 
bombe, de faon que ces "loges sont bien distinctes entre elles, et les 
bords de leur ouverture sont trs saillants; mais, par. les progrs de l'ge, 
leur aspect change : leur surface libre s'lve de manire dpasser le 
niveau des bords de leur ouverture, et effacer les dpressions pro- 
fondes qui marquaient leurs pourtours respectifs. Il en rsulte que les 
cellules cessent ainsi d'tre distinctes et mme reconnaissantes au dehors, 
et que le polypier semble form d'une masse pierreuse continue, dans 
la substance de laquelle seraient creuss des trous lgrement vass et 
disposs en quinconce; trous qui, par la suite, se rtrcissent de plus en 
plus , et qui finissent mme par disparatre compltement-. 

Or, des diffrences de cette nature ne pourraient se produire, dit 
l'auteur, par la simple juxtaposition de nouvelles couches calcaires au-des- 
sous de celles qui taient primitivement formes: il parat vident que 
ces faits indiquent la prsence de la vie dans la substance dont se compose 
les parois de ces cellules, et ne peuvent s'expliquer que par l'existence 
d'un mouvement nutritif analogue celui qui amne dans la configuration 
de nos os des modifications analogues. L'tude de la structure de ces pa- 
rois fournit aussi des preuves l'appui de cette opinion. 

En traitant ces cellules d'apparence pierreuse par de l'acide nitrique 
affaibli, on les voit subir des changements semblables ceux qui sont d- 
termins dans les os par l'action dissolvante de l'acide hydroehlorique sur 
le phosphate calcaire dpos dans le tissu cartilagineux de ces organes. Les 
cellules du polypier n'ont pas t dtruites comme le seraient des coquilles 

3a.. 



( a*8 ) 

soumises l'action du mme ractif; mais en perdant leur carbonate de 
chaux , leurs parois sont devenues flexibles et molles sans changer nota- 
blement ni de forme ni d'paisseur. Ces loges ne paraissaient alors for- 
mes que par un sac membraneux ayant avec l'enveloppe cutane des Asci- 
dies simples la plus grande analogie. 

La tunique tgumentaire de l'Eschare ne s'arrte pas l o s'arrte le 
dpt calcaire dont dpend sa rigidit ; elle se continue sans interruption 
organique avec un prolongement cylindrique qui conserve toujours sa 
mollesse, et qui peut, la volont de l'animal, faire saillie au-dehors 
comme une trompe ou rentrer dans l'intrieur de la cellule forme par la 
portion ossifie de l'enveloppe cutane du polype. Cette trompe porte son 
extrmit, la bouche entoure d'une couronne de longs tentacules tubuleux, 
et lorsque l'animal se contracte, elle constitue une gane pour loger ces ap- 
pendices. Des muscles spciaux et bien distincts meuvent cette trompe, ou 
gane tentaculaire, et d'autres muscles servent abaisser l'opercule form 
par un repli du bord infrieur de l'ouverture de la cellule. Un tube 
digestif parois distinctes fait suite l'ouverture orale et se trouve sus- 
pendu dans la cavit commune du corps; la portion antrieure de ce 
canal est largie et parat offrir sur ses parois un lacis vasculaire : plus 
loin on remarque d'autres dilatations, et l'intestin, aprs s'tre recourb 
sur lui-mme, vient se terminer l'anus sku sur la face suprieure de la 
trompe , prs de la bouche ; enfin on trouve aussi , appendu l'anse intes- 
tinale, un organe spongieux qui parat appartenir la fonction de la re- 
production. 

L'auteur prsente d'autres dtails anatomiques sur la disposition 
des parties molles des Eschares , et dcrit les variations que l'ge ap- 
porte dans la configuration de l'enveloppe solide de ces polypes chez un 
assez grand nombre d'espces distinctes. Un atlas de 9 planches in-4 ac- 
compagne ce mmoire. 

ANA.TOMIE compare. Sur les mouvements de la langue chez les 

camlons^ 

M. Dumril, qui n'a eu connaissance du mmoire de M. Duvernoy sur 
la cause des mouvements de protraction de la langue du camlon, que par 
le Compte rendu imprim de la dernire sance de l'Acadmie, communi- 
que un passage encore manuscrit du chapitre 5 8 du tome III de V Erpto- 
logie, qu'il publie avec M. Bibron, et dans lequel il donne une autre ex- 
plication de ce singulier mcanisme. 



( "9 ) 

Dans les camlons, la langue a pour vritable et principal usage la 
facult de prendre les aliments. Elle est doue d'une protractilit excessive 
et tout--fait surprenante par la rapidit avec laquelle elle s'excute. Sa r- 
tractilit est presque aussi merveilleuse. L'animal la projette , pour ainsi 
dire, au-dehors en la lanant sur les insectes, qu'il saisit ainsi une dis- 
tance souvent aussi considrable que celle de la longueur de son corps, et 
il la fait rentrer dans sa bouche en la retirant et la plissant sur elle-mme , 
de manire qu'elle semble disparatre. Cette opration s'exerce sans au- 
cun bruit, en un clin-d'il, toutes les fois que l'animal saisit sa proie ou 
qu'il veut happer quelques gouttes d'eau pour tancher sa soif. 

Il est facile de. concevoir et d'expliquer une partie de ces mouvements 
par la structure de cette langue dans les camloniens, parce que les os et 
les muscles en ont t parfaitement dcrits et qu'on peut les isoler par la 
dissection. Cependant, l'aide de cette anatomie, on reconnat que les 
mouvements qu'ils doivent oprer sont loin de suffire la production de 
cet allongement excessif, et tel que l'animal, sans mouvements apparents 
du reste du corps, peut lancer hors de la bouche, par une force d'expui- 
tion, un tuyau charnu qui dpasse la longueur de son tronc, et qu'il peut, 
avec la mme vitesse , retirer la langue l'intrieur ou la faire rentrer dans 
la gorge. 

Pour d'autres langues vermiformes et protraetiles , telles que celles des 
fourmiliers parmi les mammifres ou des pics chez les oiseaux, la struc- 
ture de l'os hyode et de ses prolongements en forme de cornes , en fait 
concevoir le mcanisme, surtout par la disposition, l'tendue et le nombre 
considrable des faisceaux charnus qui s'y insrent et les recouvrent. Ici , 
outre cet appareil correspondant, il -existe dans la partie moyenne de la 
langue une sorte de tuyau charnu , creux ou vide l'intrieur, tapiss d'une 
membrane muqueuse, dans lequel le stylet osseux, qui correspond l'os 
lingual, ne peut pntrer qu'en partie, tant il est court, et dans l'pais- 
seur duquel aucun des muscles des mchoires ne peut rellement s'in- 
srer. Il faut donc que cette langue, lorsque le camlon l'allonge autant 
qu'il le peut, soit porte, pousse en avant par un mcanisme tout parti- 
culier. 

Le fait est que , malgr les descriptions qu'en ont donnes Perrault, Val- 
lisnieri et plusieurs autres anatomistes habiles, M. Duvernoy, en particu- 
lier, la difficult que nous venons d'indiquer est reste sans explication ; 
elle demande de nouvelles recherches pour expliquer cette rectilit de 
tissu de la partie moyenne ou de ce tube charnu plac entre le tubercule 



( 23o ) 

terminal et la base correspondante l'os lingual. ( Ici se trouve la descrip- 
tion anatomique.) 

Nous trouvons dans cette langue, qui est un instrument de prhen- 
sion des aliments plutt qu'un organe du got, une grande analogie avec 
celle de la plupart des batraciens anoures, les pipas excepts. C'est un 
tuyau creux termin par un pavillon charnu et visqueux qui est lanc hors 
de la bouche avec la vitesse de l'clair, et qui y ramne rapidement la proie 
pour la livrer aux organes de la dglutition. En traitant des poumons et de 
la vessie arienne parois solides, situe sous le cou, et qui communique 
avec l'air qui sort de la glotte, nous faisons voir que cet organe n'est peut- 
tre pas tranger cette projection de la langue; que l'animal peut y pous- 
ser de l'air, comme dans une sarbacane parois mobiles et allongemes , et 
qu'il ramne lui avec la mme vitesse , comme s'il y oprait le vide avec la 
plus grande rapidit. Ce mcanisme n'aurait pas lieu de nous tonner , car 
nous savons que la plupart des animaux vertbrs , pour absorber les li- 
quides, sont obligs de faire le vide l'aide des poumons ou de toute autre 
manire. , 

lectro-chimie. Note sur V extraction de V argent de ses minerais ; par 

M. Becquerel. 

Je suis parvenu, sans l'intermdiaire du mercure, en construisant un 
appareil lectro-chimique avec le fer, une solution concentre de sel marin , 
et un minerai d'argent convenablement prpar, retirer de ce dernier 
l'argent qu'il renferme , sous forme " de cristaux. Les minerais soumis - 
l'exprience sont ceux que l'on exploite dans la Colombie ( ils m'ont t 
remis avec une obligeance extrme par M. Boussingault) et le minerai 
d'Allemont, qui se prte avec une grande facilit ce mode d'exprimen- 
tation, puisqu'il n'a pas besoin mme d'tre grill pralablement pour 
donner le mtal. 

On parvient, par le mme procd, retirer des pyrites cuivreuses de 
Chessy, prs de Lyon, l'argent qu'elles renferment , sans toucher au cuivre. 
Jusqu'ici, il n'y a que les galnes argentifres qui se soient prtes difficile- 
ment l'extraction de l'argent. 

Quand un minerai, comme celui d'Allemont, renferme plusieurs m- 
taux, tels que le plomb, le cuivre, etc., chacun de ces mtaux est rduit 
sparment et des poques diffrentes, de sorte que le dpart s'effectue 
naturellement. Il rsulte de l que les minerais de cuivre et de plomb 



( a* ) 
peuvent tre traits de la mme manire que celui d'argent, mais avec 
beaucoup moins de facilit, en raison des diffrents degrs d'oxidation qu'ils 
prennent et des composs qu'ils forment pendant le grillage. 

Je prends la libert de prsenter aujourd'hui l'Acadmie, plusieurs 
appareils dans lesquels on voit la rduction immdiate de l'argent, du 
plomb et du cuivre. 

Les recherches dont je m'occupe en ce moment sur l'extraction des 
mtaux devant tre trs longues , j'ai cru convenable , dans l'intrt de 
la science, de faire connatre l'Acadmie le principe l'aide duquel on 
parvient retirer quelques mtaux de leurs minerais respectifs , et parti- 
culirement l'argent. , 

chimie. De F action de liode sur les bases salifiables d'origine organique; 

par M. J. Pelletier. 

( Commissaires , MM. Thnard, Chevreul, Dumas.) 

Le travail, dit l'auteur, dont j'ai l'honneur de soumettre aujourd'hui la 
premire partie l'Acadmie, a pour but de remplir une lacune qui existe 
dans l'histoire de la science. L'action que les corps halognes, et principa- 
lement l'iode, le brome et le chlore , exercent sur les bases salifiables orga- 
niques, n'est point connue. On ignore si ces corps peuvent se combiner aux 
alcalis vgtaux sans les altrer, ou s'ils exercent sur eux une action l- 
mentaire qui change leur composition. Sous l'influence de ces bases, l'iode, 
le brome, le chlore, donnent-ils lieu des iodates et des iodures, des br- 
mates et des bromures , des chlorates et des chlorures? existe- t-il des io- 
dites, des brmites et des chlo rites, ou bien la base organique est-elle d- 
compose, et dans ce cas, y a-t-il substitution de l'iode, du brome, du 
chlore l'hydrogne? Tels sont les points principaux sur lesquels ce tra- 
vail est destin jeter quelque jour. Je le diviserai en trois parties : dans la 
premire, j'examinerai l'action de l'iode sur les bases organiques, en y 
rattachant des observations sur les iodates et les hydriodates encore trs 
peu connus dans leurs proprits et leur composition. Dans un second m- 
moire, je me propose de traiter de l'action du brome, et je terminerai par 
celle, beaucoup plus complique, que prsente le chlore. Tel est le plan que 
je me suis trac. 

Voici les conclusions auxquelles l'auteur est arriv : 

i. L'iode peut s'unir la plupart des bases salifiables organiques. De 
son union avec ces corps rsultent des combinaisons dfinies dans les- 






(*3a ) 

quelles l'iode et la base sont en rapports atomiques. Ainsi, la strychnine 
donne un iodure cristallisable color , form de deux atomes d'iode et d'un 
atome de strychnine; la brucine donne deux iodures, l'un form de deux 
atomes d'iode contre un atome de base, et l'autre de quatre atomes d'iode 
contre un de base; la cinchonine et la quinine produisent chacune deux 
iodures dans lesquels l'iode et la base se trouvent unis atome atome. 

2*. L'acide iodique peut s'unir aux bases salifiables organiques, et for- 
mer des sels neutres ou acides dans lesquels l'analyse dmontre que l'a- 
cide et la base sont dans les rapports qu'indique la the'orie, et qui corres*- 
pondent aux iodures respectifs. 

3. L'acide hydriodique s'unit avec toutes les bases salifiables or- 
ganiques , et forme des sels qui ont une tendance se constituer avec ex- 
cs de base. L'hydriodate de strychnine et celui de brucine analyss sont 
des sels sesquibasiques sans eau de cristallisation. 

4- Les hydriodates organiques sont dcomposs par l'acide iodique , 
et de cette dcomposition rsulte de l'iode provenant de l'acide iodique, tan- 
dis que l'hydriodate se change en iodure. 

5. L'iode, dans son action sur la morphine, fait une exception bien 
singulire. Il ragit lmentairement sur cette substance. Une partie de 
l'iode s'unit de l'hydrogne soustrait la morphine pour former de l'acide 
hydriodique, tandis que l'autre partie de l'iode s'unit une substance pro- 
venant de la morphine , sans qu'on puisse retrouver trace de cette der- 
nire, si l'iode a t mis en quantit suffisante. ' 

6. Enfin , lorsque l'on fait agir de l'acide iodique sur la mor- 
phine, l'acide iodique perd son oxigne qui se porte sur les lments d'une 
partie de la morphine, et la convertit en matire rouge comme le serait 
l'acide nitrique, tandis que l'iode, misa nu, ragit sur une autre portion 
de morphine, comme par contact direct; mais la combinaison qui en 
rsulte, ne peut rsister l'action d'une nouvelle quantit d'acide iodique 
qui la dcompose entirement en iode et en matire rouge. 

La sance est leve 5 heures. A. 



Erratum. (Sance du 11 fvrier.) 
Page 192 , ligne 25 , chlorophile , lisez chlorophylle. 



( ^33) 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 









L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des Se'ances de l'Acadmie des Sciences; 
n8, i836, in-8. 

Nouveaux Mmoires de l'Acadmie Royale des Sciences et Belles-Lettres 
de Bruxelles; tome g, in-4 . 

Mmoires couronns par l'Acadmie Royale des Sciences et Belles-Lettres 
de Bruxelles; tome 10, in-4*. 

Annuaire de l'Acadmie Royale des Sciences et Belles-Lettres de 
Bruxelles pour i836; in-16. 

Bulletin de l'Acadmie Royaledes Sciences et Belles -Lettres de Bruxelles; 
i836, n2,m-8. 

Notice historique et statistique des Universits dans les tats Prussiens ; 
Berlin, i836, in-8". (En allemand.) 

Actes de la Socit Linnenne de Bordeaux ; tome 7 , 6* livraison, in-8. 

Socit Royale et centrale d'Agriculture. Rapport au nom d'une Com- 
mission spciale ; par M. Payen; in-8". 

Traditions tratologiques ou Rcits de l'Antiquit et du Moyen Age en 
Occident ; parM. Jules Berger de Xivrey; Paris, i836, in-8. (M. Isidore 
Geoffroy-Saint-Hilaire est pri d'en rendre un compte verbal.) 

OEuvres chirurgicales compltes de Sir Astley Cooper , traduites de 
l'anglais par MM. Chassaignat et Richelot; 5 e et 6* livraison, in-8". 

Nouvelles Recherches pour servir l'histoire de l'Astronomie chez les 
Arabes ; par M. Sdillot; Paris, i836, in-8. 

Astronomische Nachrichten; n 3oo 302; in-4*. 

Annales de la Socit Royale d'Horticulture de Paris; tome 18, 102 e li- 
vraison, in-8. 

Gazette des Hpitaux; n 23, tome 10, in-4 . 

Journal de Sant; n" i3o et i3i. 

Echo du Monde savant; n 8 et o ; in-4. 















C. E. i83C. 1" Semestre. 



33 






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(a34) 



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COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI 7 MARS 1836. 
PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



CORRESPONDANCE . 

M. le Ministre de l Instruction publique adresse un mmoire de M. Charles 
Texier sur la gologie de la Propontide. Ce mmoire est intitul : Explo- 
ration de V Asie-Mineure par ordre de M. le Ministre de l'Instruction 
publique. La Propontide. Gologie. MM. Alexandre Brongniart , 
Cordier et lie de Beaumont sont pris d'examiner ce travail et d'en rendre 
compte l'Acadmie. 

M. Picart crit qu'tant envoy par une socit de naturalistes la cte 
de Guine , et particulirement sur les bords de la rivire de Gabon , il a pens 
que l'tude de ce pays, presque encore inconnu sous le rapport de l'his- 
toire naturelle, pourrait offrir aussi quelques questions de physique dont la 
solution serait avantageuse la science. Il prie en consquence l'Acadmie 
de vouloir bien lui faire parvenir les instructions qu'elle pourra juger n- 
cessaires. M. Picart doit partir vers le 1 5 de ce mois. MM. de Mirbel, Arago, 
Cordier, de Blainville et de Freycinet, qui prcdemment ont rdig les 
instructions destines MM. les officiers de la Bonite, sont chargs de 
prparer les nouvelles instructions demandes par M. Picart. 

C. R. I86 , I er Semestre. 34 



( *36) 

L'Acadmie accepte le dpt d'un paquet cachet adress par M. le doc- 
teur Lembert an. 

M. Hossard annonce qu'il se propose de soumettre plusieurs nou- 
veaux sujets atteints de dviations de la taille, au mode de traitement 
qu'il appelle traitement par l'inclinaison. 

M. Armand Lory prsente une nouvelle lampe mcanique , dont le 
principal avantage est, dit- il , d'empcher la fuite ou mme la filtration de 
V huile par la communication qui fait marcher la pompe. MM. Navier et 
Sguier sont nomms Commissaires. 

chimie. Sur un nouvel acide , l'acide naphtalique et ses combinaisons; 

par M. Auguste Laurent. 

Prparation de l'acide naphtalique. On l'obtient en faisant bouillir 
l'hydrochlorate de chloronaphtalse avec l'acide nitrique; la dissolution 
bouillante laisse dposer, par le refroidissement, des cristaux lamelleux 
d'acide naphtalique hydrat; en les sublimant on obtient l'acide anhydre : 
celui-ci se prsente sous la forme de longues aiguilles blanches trs peu 
solubles dans l'eau, mais assez solubles dans l'alcool et l'ther. Cet acide 
ressemble beaucoup l'acide benzoque; il fond io5; il se volatilise 
sans se dcomposer. Le chlore et les acides ne l'altrent pas; il se com- 
bine facilement avec les bases, en donnant des sels neutres, dont la plu- 
part sont insolubles. 

Il a pour formule C" H 4 O 4 ; l'acide hydrat renferme i atomes d'eau 
de plus. 

JSaphtalates. Les naphtalates ressemblent aux benzoates; la plupart 
d'entre eux cristallisent sous la forme de paillettes nacres. Lorsqu'on les 
chauffe avec de l'acide sulfurique concentr, il se sublime de l'acide 
naphtalique anhydre; leur composition peut se reprsenter par la formule 
suivante 

C" H 4 O 4 + OR. 

Naphtalate d'ammoniaque. Ce sel est acide; il est remarquable par 
la rgularit de ses cristaux, qui drivent d'un octadre base rhom- 
bodale. La chaleur le dcompose et le transforme en une nouvelle ma- 
tire ; il a pour formule 

4C' H 4 4 -f- 3H 6 A'z + 4H 2 O. 
a ther naphtalique. Ce compos est olagineux; on le prpare en 
faisant bouillir un mlange d'acide naphtalique , d'alcool et d'acide hy- 
drochlorique ; il reste dans la cornue. 



(** ) 

Naphtalimicle. En chauffant du naphtalate d'ammoniaque, il se d- 
gage de l'eau, de l'ammoniaque, et il se sublime des cristaux lamellenx 
incolores de naphtalimidc. Cette substance est peine soluble dans l'eau 
bouillante; les acides la convertissent en sels ammoniacaux et en acide 
naphtalique; les alcalis la transforment en naphtalates alcalins, et en d- 
gagent de l'ammoniaque. Sa composition peut se reprsenter par la for- 
mule suivante : 

C t0 H*O J 4- Hz, 

qui fait voir comment cette matire peut , sous l'influence des acides ou 
des alcalis, de'composer l'eau et rgnrer l'acide naphtalique et l'ammo- 
niaque. L'quation suivante montre facilement comment le naphtalate 
d'ammoniaque peut lui donner naissance en perdant de l'eau et de l'am- 
moniaque , 

(4C"H*0<+ 3H 6 Az'+ 4H*0) H 6 Az a H ,6 8 = 4(C"H 4 O s + HAz). 
Naphtalate d'ammoniaque. 4 at de naplitalimide. 

Thorie de la prparation de l'acide naphtalique. L'hydrochlorate 
de chloronaphtalse a pour formule 

C" H 6 Cl- -f- H C/*. 

Si l'on enlve H* Cl* dans le radical , et si on le remplace par son quiva- 
lent O*, et si l'on enlve H* Cl 1 plac hors du radical , et si on le rem- 
place de mme par son quivalent O*, mais en plaant celui-ci hors du 
radical, on aura C*H 4 O' + O" pour formule de l'acide naphtalique. Ce 
nouvel acide prsente une confirmation complte de presque toutes les 
lois que j'ai proposes dans le dernier mmoire que j'ai eu l'honneur de 
prsenter l'Acadmie, sur la thorie des combinaisons organiques. 

chirurgie. Note communique par M. Larrey. 

M. Larrey, en offrant le cinquime volume de sa Clinique chirur- 
gicale, soumet l'examen de l'Acadmie cinq sujets et plusieurs pices 
pathologiques. 

Deux de ces individus avec quelques-unes de ces pices confirment, 
d'une part, l'opinion que M. Larrey a mise il y a plus d'un quart de 
sicle, sur la non-existence de la luxation spontane du fmur; d'un autre 
ct, les succs remarquables qu'il a obtenus de l'application du moxa 
dans cette maladie qu'il a dsigne sous le nom de femoro-coxalgie (in- 

34.. 



( a38 ) 

flammation de l'articulation ilio-fmorale), maladie qu'on n'a cess de 
confondre avec cette prtendue luxation spontane. 

Ces deux sujets ont t guris de cette affection grave , considre 
mme par la plupart des auteurs comme mortelle, surtout lorsqu'elle a 
pour rsultat, comme chez ces deux individus, la carie des pices articu- 
laires, avec une perte de substance osseuse plus ou moins considrable. 
Ce succs extraordinaire, qu'on n'a obtenu qu'en faisant ankiloser le mem- 
bre , est d l'emploi rpt du moxa. 

D'ailleurs M. Larrey obtient le mme succs de l'application de ce 
topique rvulsif dans toutes les tumeurs blanches, ou inflammation des 
articulations complique de carie. 

Deux des trois autres invalides trpans par M. Larrey, concourent 
aussi confirmer les principes du premier mmoire de ce cinquime vo- 
lume. Chez l'un d'eux, l'occlusion de la trpanation est peine termine, 
bien que l'opration date de l'anne 1824. 

L'observation de cet invalide est insre au tome premier de cette 
Clinique, page 22 5. 

Chez l'autre invalide , trpan quelques annes plus tard , l'ouverture 
du crne n'est pas entirement ferme, car les sons y passent encore , c'est 
l'un des sujets sur lesquels on a fait des expriences pour vrifier ce ph- 
nomne. 

Le troisime invalide amput du bras , l'paule , prsente le type du 
rsultat de cette amputation chez tous ceux qui M. Larrey a pratiqu 
cette opration. Le nombre total de ces amputs se monte actuellement 
127. Presque tous ces militaires ont t conduits la gurison. 

Enfin, M. Larrey a montr un boulet de canon du poids de plus de 
cinq livres et demie, qui tait cach dans la cuisse d'un canonnier bless 
la bataille de Wagram et auquel il fit l'amputation de ce membre. Il a vu 
le vtran dans son dernier voyage au midi de la France. 

ASTRONOMIE. 

L'Acadmie a reu, dans sa dernire sance, un crit de M. Sedillot , 
ayant pour titre : Nouvelles recherches pour servir F histoire de l 'astro- 
nomie chez les Arabes. 

A l'occasion de la dcouverte de la variation, attribue, dans cet crit, 
aux Arabes, M. Poisson fait la communication verbale suivante. 

Dans les premires ditions de l'Exposition du Systme du Monde, 



( *3 9 ) 

Laplace avait suppos l'ingalit de la Lune, qu'on appelle la variation, gale 
un peu moins de 59 minutes centsimales dans son maximum; et dans 
les dernires, il a suppos ce maximum gal un peu plus de 66 minutes. 
La diffrence entre ces deux valeurs , qui s'lverait prs d'un sep- 
time de l'une d'elles, a besoin d'explication. Elle tient ce que la pre- 
mire se rapporte la longitude moyenne de la Lune, et la seconde sa 
longitude vraie; dans l'une et l'autre, l'argument est le double de la dis- 
tance vraie de la Lune au Soleil. C'est ce que l'on peut effectivement vri- 
fier dans le tome III de la Mcanique cleste (pages 277 et 279), o cette 
ingalit est donne sous ces deux points de vue diffrents. Le second est 
celui qui convenait au passage de Y Exposition du Systme du Monde 
(cinquime dition, page 21), o Laplace a cit la variation. 

" Dans les Tables de M. Damoiseau, cette ingalit est de 1901'' sexag- 
simales , quand on la rapporte la longitude moyenne , et qu'on exprime 
son argument au moyen de la longitude vraie; elle s'lve 2370", lors- 
qu'on la rapporte, au contraire, la longitude vraie, en exprimant 
les arguments de toutes les ingalits priodiques, au moyen de la lon- 
gitude moyenne. Ce changement si considrable qu'elle prouve dans cette 
transformation , rsulte de ce que l'argument de l'ingalit qu'on appelle 
Yvection est la diffrence des arguments de la variation et de V qua- 
tion du centre, ce qui fait qu'une partie considrable de la variation est 
produite par la combinaison de Yquation du centre et de Yvection , 
qui sont les deux plus grandes ingalits du mouvement lunaire. 

La grandeur 2370" de la variation est donne par la thorie; elle 
diffre de 3" de celle que les astronomes ont dduites des observations. 
On peut consulter sur ce point un mmoire de M. Carlini, insr dans les 
phme'rides de Milan. 

En gnral, lorsque l'argument d'une ingalit est un multiple de 
celui d'une autre , la grandeur de celle-ci est moindre que celle de la 
premire; c'est le contraire l'gard de la variation, qui est prs de vingt 
fois plus grande que Y quation parallactique , dont l'argument est la moiti 
du sien. 



( 2 4o) 



MEMOIRES PRESENTES. 

>hysique mathmatique. Dmonstration du thorme gnral des 
surfaces d'gale temprature moyenne; par M. Saigey. 

(Commissaires , MM. Biot, Poinsot, Libri.) 

Voici les principaux corollaires de ce thorme indiqus par l'auteur : 

i. Un corps homogne, de figure quelconque, tant parvenu son 
tat final, chacun de ses points a pour temprature la moyenne des tem- 
pratures de toute surface sphrique dont il occupe le centre : c'est aussi la 
temprature moyenne de la sphre borne par cette surface. 

2. Un corps htrogne, de figure quelconque, tant parvenu son 
tat final, chacun de ses points a pour temprature la moyenne des temp- 
ratures de toute surface bornant un ensemble dcouches, traces autour 
de ce point comme centre et avec des paisseurs variables pour la mme 
couche, comme le produit de la conductibilit par la chaleur spcifique. 

3. Dans le cas du corps homogne, on peut enlever autour d'un 
quelconque de ses points une masse sphrique de grandeur arbitraire, sans 
changer la temprature de ce point, si chaque partie de la cavit , ainsi for- 
me, rayonne proportionnellement sa temprature suppose invariable. 

4- Si le corps est htrogne, on pourra enlever autour d'un quel- 
conque de ses points, une masse arbitraire de couches superposes comme 
il vient d'tre dit, pourvu que la cavit, ainsi forme, soit souffle en une 
sphre, dont chaque lment rayonne proportionnellement sa temp- 
rature. 

L'auteur finit en annonant qu'il offre de rsoudre le problme sui- 
vant : 

Etant donn un corps homogne de figure arbitraire, trouver unesur- 
face capable de produire par rayonnement les tempratures finales 
qu'aequirent tous les points de ce corps; de telle sorte que,suppri- 
mant la matire du corps, les points de l'espace qu'elle occupait conser- 
vent les mmes tempratures sous l'influence de ce rayonnement direct. 



( * ) 

chirurgie. De l'introduction d'une sonde dans la bouche de l'enfant, 
pour le faire respirer dans les accouchements par les fesses , les genoux, 
ou les pieds , o le tronc tant sorti ou extrait, la tte est arrte dans le 
bassin de la mre; par M. Baudelocque neveu, 

(Commissaires, MM. Magendie, Flourens, Breschet.) 

L'auteur se propose de prouver que l'enfant peut respirer : 

i. Lorsque, dans l'accouchement naturel ou artificiel par l'extrmit 
infrieure du tronc, le tronc tant sorti ou extrait, la tte est arrte dans 
le bassin ; 

2 . Lorsque, la poitrine traversant le bassin de la mre, la tte est en- 
core situe au-dessus du dtroit abdominal; 

3. Lorsque, dans l'accouchement par l'ovale suprieur de la tte, celle- 
ci est encore situe au-dessus du dtroit abdominal. 

4- Dans l'accouchement o il prsente le visage. 

M. Baudelocque pense que, dans les accouchements par les pieds, par les 
genoux, parles fesses, lorsque la tte se trouve arrte dans le bassin, la 
cause essentielle de la mort de l'enfant est son asphyxie, cause par l'inter- 
ruption de sa circulation avec celle de la mre; il s'agissait donc de prve- 
nir cette asphyxie; et, pour cet effet, il a imagin de porter une sonde 
dans l'intrieur de l'utrus, et jusque dans la bouche du foetus, pendant le 
travail de l'accouchement, aprs la rupture des membranes. 

Il ajoute que le moyen qu'il propose pourrait tre appliqu dans tous 
les cas o il y a compression du cordon ombilical. 

RAPPORTS. 

Rapport sur le marbre blanc saccarode du ramas de la Brengre , dans 
le val Senestre, arrondissement de Grenoble {Isre). 

(Commissaires , MM. Brongniart, Cordier, Hricart de Thury, rapporteur.) 

L'Acadmie nous a chargs d'examiner un chantillon de marbre 
blanc saccarode que lui a prsente', comme marbre statuaire, M. Thodore 
Virlet, au noms de M. F. Breton, capitaine du gnie, et de M. Sappey, 
statuaire Grenoble. 

Ce marbre provient du haut du vallon du ramas de la Brengre, au 
sommet du val Senestre, sur la rive droite de la Bonne , torrent qui va se 



( t h 

runir au Drac, peu de distance sud-sud-est de la petite ville de la Mure, 
arrondissement de Grenoble, dpartement de l'Isre. 

La carrire de marbre de la Brengre tait connue depuis long-temps 
comme la plupart de celles des diffrentes valles de l'Oisans, du Valjouf- 
frey. du Valbonnais , du Cbampsaur, et du Valgodemar. 

Des travaux ont t faits, une poque recule, dans presque toutes 
ces marbrires, ainsi que l'attestent les vestiges des ateliers des anciens et 
les blocs bauchs qui y sont rests, faute de moyens de transport et de 
chemins praticables. Ces carrires sont d'ailleurs dans le voisinage des 
glaciers, et une telle hauteur, qu'on ne peut y faire de travaux que pen- 
dant la belle saison, encore quelques-unes sont-elles souvent couvertes de 
neige pendant la majeure partie de l'anne. 

Un des trois commissaires, qui a visit les carrires de marbre du d- 
partement de l'Isre, et qui les a dcrites dans le Journal des Mines , a 
reconnu l'exactitude de la description que M. Breton a donne de celle du 
ramas de la Brengre. Cette marbrire tait connue de M. Schreiber, 
notre ancien inspecteur divisionnaire des mines, qui l'avait visite avec 
un des matres mineurs de la mine d'argent d'Allemont. 

Les montagnes du val Senestre sont essentiellement composes de 
gneiss et de schistes talequeux. Le calcaire saccarode de la Brengre y 
forme une grande masse qui parat avoir plus de 4 mtres d'paisseur; 
elle est accompagne de dolomie gristre. 

L'chantillon qui a t remis l'Acadmie par M. Virlet, et ceux qui 
nous sont depuis parvenus offrent bien, en effet, un calcaire saccarode, 
mais la masse n'en parat pas homogne. La cristallisation y est ingale : 
ainsi dans quelques parties le calcaire est plus ou moins spathique ou la- 
minaire, et dans l'autre plus ou moins compacte. 

Sous le rapport de la couleur, ce calcaire prsente, tantt des places 
d'un blanc de neige pur, clatant et nacr; tantt d'un blanc de lait, et 
tantt enfin des parties d'une pte fine semi-diaphane, et parfois aussi une 
pte terne ou d'un blanc de cire. 

La duret, caractre essentiel des beaux marbres statuaires, ne parait 
pas gale dans toutes les parties de celui de la Brengre. Au reste, elle n'a 
pu tre apprcie d'une manire exacte sur les chantillons que nous avons 
examins, et qui n'taient que des chantillons de collection minralo- 
gique. Cette proprit ne peut en effet tre bien apprcie et bien consta- 
te que sur des blocs d'un certain volume et avec le ciseau du sculpteur ou 
du statuaire. Nous sommes donc forcs de suspendre notre jugement sur le 



( 243 ) 
degr de duret de ce marbre, jusqu' ce que M. Sappey, qui a excut un 
buste en marbre de la Brengre, pour l'exposition, nous ait fait connatre 
son opinion, ou que nous en ayons notre disposition des blocs faire es- 
sayer par nos statuaires. 

D'aprs les analyses faites Grenoble dans le laboratoire de M. Guey- 
mard, ingnieur en chef des mines de l'Isre, ce marbre est compos 






i. De silice 0,068 ] 

2 . De carbonate de magne'sie 0,020 | 100,00 

3. De carbonate de chaux 99,912 } 

et la dolomie grise qui l'accompagne, 

i". D'argile , 2) 8o ) 

3. De carbonate de magnsie 37,60 > 95,26 

3. De carbonate de chaux. . 4^,86 ) 

Dans une reconnaissance de la marbrire de la Brengre qu'ils ont faite 
l't dernier, M. Gueymard et M. Breton en ont fait exploiter et descendre 
quelques blocs Grenoble, et d'aprs leurs calculs, ils estiment que le 
mtre cube de ce marbre rendu dans cette ville reviendra 3oo fr., qu'il 
en cotera 400 fr. de cette ville Paris, et qu'ainsi le mtre cube y revien- 
drait 700 fr., ce qui mettrait le pied cube 3o fr. environ. 

Nous venons d'apprendre que sur la demande de M. le prfet de l'I- 
sre, le conseil-gnral de ce dpartement a vot une somme de i5,ooo fr. 
pour faire, sous la direction de M. l'ingnieur en chef des mines de l'ar- 
rondissement des travaux d'exploration dans la marbrire de la Brengre; 
ainsi, si dans l'tat actuel des choses, nous ne pouvons mettre aucune 
opinion positive sur les vritables qualits de ce marbre, nous esprons du 
moins pouvoir prochainement faire connatre l'Acadmie sa valeur sous 
le rapport de la statuaire et des divers emplois auxquels il conviendra dans 
les arts. 

Rapport sur le voyage de M. Constant Prvost File Julia, Malte , en 
Sicile , aux lies Lipari et dans les environs de Naples. 

(Commissaires, MM. Brongniart, Brochant, Berthier et Cordier rapporteur.) 

L'apparition au mois de juin de l'anne i83i , d'un volcan sous-marin, 
situ entre les ctes de Sicile et celles d'Afrique, excita en Europe une at- 

C. R. i836, i Semestre. 35 



( *44 ) 

tention gnrale plus grande peut-tre que ne le mritait ce genre de fait 
gologique, qui d'aprs les rcits de l'histoire et d'aprs les descriptions des 
observateurs, tait dj assez bien connu des savants qui ont quelque ru- 
dition. En effet dans l'archipel de More , aux Aores, en Islande et dans 
d'autres contres, de nombreux lots volcaniques s'taient montrs des 
poques assez rcentes pour que les circonstances de leur formation eussent 
pu tre examines attentivement et signales avec exactitude. 

Toutefois il importait de profiter de la nouvelle occasion qui se prsen- 
tait, non seulement pour rpter les observations dj acquises la science, 
mais encore pour les tendre s'il tait possible , et pour lever quelques in- 
certitudes que divers gologues concevaient sur la nature du phnomne, 
sur son tendue et sur ses consquences. La situation du nouveau volcan 
offrait d'ailleurs cet avantage, qu'il tait facile d'en tudier les rapports avec 
les terrains volcaniques de tous les ges qui existent dans les contres en- 
vironnantes. Mais de plus la curiosit du monde savant se trouvait excite 
par l'espoir d'apprendre le tmoignage que la nature elle-mme allait por- 
ter sur une opinion particulire que quelques gologues distingus avaient 
rcemment essay d'introduire dans la science, relativement au mode sui- 
vant lequel se sont forms certains grands tertres volcaniques antrieurs 
la priode gologique dans laquelle nous vivons. 

D'un autre ct l'existence d'une terre nouvelle, et peut-tre de rcifs 
dangereux au milieu des parages les plus frquents de la Mditerrane , of- 
frait la marine de tous les tats voisins une question importante rsoudre 
sous le point de vue de la navigation , du commerce et mme de la politi- 
que; le gouvernement franais n'y tait pas moins intress que l'Angle- 
terre et le royaume des Deux-Siciles. Aussi M. le contre-amiral de Rigny, 
alors ministre de la Marine, crut ncessaire d'expdier le brick de l'tat la 
Flche, sous la conduite de M. le capitaine Lapierre, pour faire reconnatre 
l'tendue et la situation exacte de l'le nouvelle. M. le ministre voulut en 
outre qu'un observateur capable de recueillir les documents propres in- 
tresser la gologie, ft adjoint l'expdition et consulta l'Acadmie des 
Sciences cet gard. 

Le choix de l'Acadmie se porta sur M. Constant Prvost, qui par ses 
nombreux travaux antrieurs et son judicieux et consciencieux esprit d'ob- 
servation, mritait coup sr cette marque de confiance ; dsign le 19 aot 
1 83 1 , il avait quitt Paris le 6 septembre , accompagn d'un dessinateur 
habile, M. Ed. Joinville, et le 2.5 du mme mois il tait en vue du nouveau 
volcan sous-marin. 



( *& ) 

Avant d'exposer l'Acadmie les rsultats scientifiques de ce voyage, 
nous devons lui rappeler les termes de la mission qu'elle avait confie 
M. Constant Prvost, et lui faire en mme temps connatre les causes qui 
ont retard jusqu' prsent le rapport que nous lui prsentons aujourd'hui, 
n L'intention de l'Acadmie n'tait et ne pouvait tre de cder un 
sentiment de curiosit peu profitable , en se bornant demander un rcit 
minutieux d'un vnement qui considr isolment, ne pouvait vraisem- 
blablement accrotre que jusqu' un certain point les connaissances ac- 
quises. Aussi les instructions remises M. Constant Prvost, lui pres- 
crivaient en outre le recueillir tous les renseignements et toutes les 
observations propres indiquer les relations que le nouveau volcan pou- 
vait avoir avec les volcans brlants et teints de cette partie de l'Europe, 
tant des les situes entre la Sicile et l'Afrique que de la Sicile elle-mme, 
des les oliennes efcdu golfe de Naples, en distinguant soigneusement leurs 
diffrents ges et leurs diverses origines soit sous-marine , soit atmosph- 
rienne. Il devait aussi tudier les rapports des produits volcaniques anciens 
de ces contres avec les terrains de transport et de sdiment dont ils pour- 
raient avoir t contemporains et fixer l'ge de ceux-ci par l'examen com- 
paratif des dbris organiques fossiles qu'ils renferment. 

Conformment ces instructions, M. Constant Prvost s'embarqua le 
16 septembre 1 83 1 , Toulon , sur le brick la Flche , dont le capitaine et 
MM. les officiers s'empressrent pendant toute la dure du voyage, de se 
prter de tous leurs moyens au but scientifique de l'expdition et il est 
rentr en France la fin d'avril 832. Pendant ce voyage dont la dure 
fixe d'abord deux mois, s'est ainsi prolonge pendant huit mois, et cela 
sans nouvelle allocation d'indemnits, M. Constant Prvost a successive- 
ment visit, le nouvel lot volcanique J les terrains tertiaires des les de 
Malte et de Gozzo, le littoral de la Sicile, Syracuse, Catane, les les des 
Cyclopes, l'Etna, Taormina, Messine, les monts Pelores, la presqu'le de 
Melazzo, Palerme et ses environs; puis l'intrieur de l'le suivant son plus 
grand diamtre, de Palerme jusqu' Noto; il a repris ensuite son explora- 
tion circumlittorale par la cte mridionale et les villes d'Alicata, Girgenti, 
Siacca, Mazzara , Marsala et Trapani , dont l'examen offrait un intrt tout 
spcial raison du voisinage de l'lot rcemment form. 

Les les volcaniques de Lipari, Vulcano, Vulcanello et Stromboii, fu- 
rent aussi tudies en dtail par M. Constant Prvost, qui employa ensuite 
un mois visiter le Vsuve et les terrains volcaniques du golfe de Naples. 
Le 16 aviil, il arrivait Rome, en profitant de l'autorisation que l'Aca- 

35.. 



( ^46 ) 

demie lui avait accorde de continuer son voyage. I| se prparait visiter les 
volcans teints del Campanie et passer ensuite en Sardaigne et en Corse, 
lorsque la nouvelle des ravages du cholra le rappela brusquement dans sa 
famille, Paris , o il tait de retour le 29 avril. 

Les principaux rsultats du voyage de M. Constant Prvost ont t suc- 
cessivement et diverses poques, soumis par lui l'Acadmie. Dans la s- 
rie de ces communications il a eu soin, ainsi qu'il le devait, de traiter avec 
le plus grand dtail de tout ce qui pouvait avoir rapport l'le Julia; il a 
pour ainsi dire puis cette matire. Enfin il a en quelque sorte complt 
cette masse importante de documents en y joignant l'expos des recherches 
auxquelles, depuis son retour, il s'est livr tant en Auvergne que dans le 
Vivarais, pour appuyer la manire dont il avait envisag les phnomnes et 
les terrains volcaniques tant anciens que modernes de la Mditerrane. 
Ces documents renvoys aux commissaires , sont : * 

i. Le rapport provisoire adress de Malte le 3 octobre i83i, conte- 
nant le rcit des observations recueillies personnellement par M. Constant 
Prvost au moment de sa descente sur l'le Julia et plusieurs vues et coupes 
de l'le sous ses diffrentes faces. 

a". Une carte gologique de la plus grande partie de la Sicile et deux 
grandes coupes transversales , l'une se dirigeant de Trapani au cap Passaro; 
l'autre depuis ce dernier point jusqu' Melazzo; ces coupes sont accompa- 
gnes d'une description sommaire mais trs prcise, trs claire el dgage 
de toute ide systmatique, des principales formations gologiques de cette 
contre; elles ont t communiques de sa part l'Acadmie au commen- 
cement de i832. 

3. Plusieurs notices en forme de lettres qui ont t lues l'Aca- 
dmie, en i83i et au commencement de 1 832; elles taient relatives la 
gologie de l'le de Malte; au contact, l'enchevtrement des dpts ter- 
tiaires les plus modernes avec les roches feldspathiques et micaces de la 
presqu'le de Melazzo; au gisement et l'ge du terrain gypso-salifre de 
la Sicile. 

4'- Un rapport gnral et trs tendu sur l'ensemble du voyage; il a t 
prsent l'Acadmie par M. Constant Prvost lui-mme dans le courant 
de i83a et de 1 833. Il est divis en trois parties qui forment autant de m- 
moires distincts. A ce rapport sont jointes les pices suivantes, savoir : (a) un 
journal trs dtaill des observations faites relativement l'apparition de 
Cile Julia, soit personnellement par M. Constant Prvost, soit antrieure- 
ment son voyage, par des habitants de la Sicile et de Malte , dont il a pu re- 



(>47 ) 
cueillir le tmoignage verbal ou consulter les notes, tmoignages qu'il a soi- 
gneusement compars et apprcis; ce journal ne laisse rien dsirer sous 
le rapport de la description minutieuse et circonstancie de tous les phno- 
mnes qui ont prcd, accompagn ou suivi l'ruption volcanique, (b). Un 
relev des observations thermomtriques et baromtriques qui ont t 
faites trois fois par jour, bord du brick la Flche, non-seulement pendant 
la dure du voyage, mais encore jusqu'au 5 mai i832. (c).Un portefeuille de 
prs de deux cents feuilles de vues et panoramas gologiques, physiques 
et pittoresques des ctes de Malte, de Sicile et du golfe de Naples, dessi- 
nes, avec beaucoup de soins et d'intelligence, par M. Ed. Joinville, sous la 
direction de M. C. Prvost. 

5". Une notice en forme de lettre et accompagne de coupes et de 
vues gologiques, qui a t adresse par M. C. Prvost M. le prsident de 
l'Acadmie, sur les volcans teints du Mont-Dore, du Cantal et du 
Mzin , compars l'Etna et au Vsuve; l'objet principal de cette notice 
est de dmontrer que dans la France centrale, pas plus que dans les vol- 
cans brlants de la Mditerrane, il n'tait besoin d'avoir recours l'espce 
d'explication qu'on a dsigne sous le nom d'hypothse des cratres de sou- 
lvement, pour rendre raison de la disposition actuelle des grands massifs 
volcaniques plus ou moins dmantels et superficiellement ravins qui 
existent dans ces contres. 

6. Un dernier travail , le plus important peut-tre par le grand nom- 
bre d'observations positives qu'il renferme, est le catalogue raisonn des 
collections gologiques recueillies "par M. C. Prvost dans ce voyage et d- 
poss par lui, suivant le vu de l'Acadmie, au Musum d'histoire natu- 
relle. Ce catalogue mthodique, de plus de 6,ooo chantillons, est accom- 
pagn de 70 coupes extraites du journal original de M. C. Prvost, et qui 
sont excutes avec une intelligence rare et qui dnote une grande habi- 
tude d'observation. Ces coupes se rapportent chacun des principaux 
groupes des terrains de la Sicile dont elles expliquent et commentent les 
gisements les plus remarquables, tels que ceux des terrains volcaniques 
anciens des diffrents tages tertiaires, du gravier ossifre des cavernes, des 
argiles gypse et soufre, du grs meule de Messine, etc.; gisements qui 
devront tre l'objet d'autant de mmoires. 

Ces coupes et ce catalogue mthodique constituent un travail prcieux 
fondamental, exempt de toute spculation thorique et systmatique, que 
M. Prvost pourra prsenter comme garantie et comme contrle de ses 
descriptions et de ses observations gnrales, et dans lequel tous les sa- 



(*48) 

vants pourront directement puiser la plus solide de toutes les instructions 
en matire de gologie. Les prparations et l'examen que les chantillons 
droches, qui composent une si nombreuse collection, ont d subir, la 
dtermination difficile du grand nombre de corps organiques fossiles 
qu'elle renferme, et la rdaction minutieuse de tant d'articles descriptifs 
ont exig un temps considrable que l'auteur n'a pu trouver que successi- 
vement et la longue, et telle est en dfinitive la cause principale du re- 
tard que votre commission a mis faire son travail sur le tout, et vous 
soumettre son rapport. 

Ce retard, au reste, n'a point t strile pour les rsultats du voyage 
dont M. C. Prvost devait rendre compte l'Acadmie, puisqu'illui a per- 
mis d'tendre ses observations sur les terrains volcaniques, par des voyages 
excuts tant en Auvergne que sur les bords du Rhin , et d'obtenir ainsi de 
nouveaux termes de comparaison propres agrandir le cadre dj trs 
vaste qui lui avait t trac l'occasion de l'le Julia, 

De ces divers lments des recherches faites par M. C. Prvost, vos 
commissaires ont extrait l'indication suivante de quelques-uns des princi- 
paux rsultats. Ces rsultats sont relatifs : 

i A l'le Julia ; 

2 Aux terrains volcaniques des contres environnantes; 

3 Au terrain tertiaire de l'le de Malte; 

4 Aux terrains tertiaires de la Sicile; 

5 Enfin aux terrains plus anciens de cette mme le. 

i< Relativement l'le Julia, on peut; d'aprs M. C. Prvost, rsumer, 
ainsi qu'il suit, les circonstances qui ont prcd, accompagn et suivi l'ap- 
parition du volcan sous-marin. 

i. Depuis plusieurs sicles le fond de la mer, travers lequel le nou- 
veau volcan s'est ouvert, avait t frquemment et violemment agit par 
des secousses souterraines qui avaient en mme temps affect avec plus ou 
moins d'nergie, non-seulement la cte mridionale de la Sicile, mais 
encore le sol de l'le dePantellerie,qui en est loigne de prs de 3o lieues. 
Ces effets s'taient ordinairement manifests lorsque les deux autres foyers 
d'agitation volcanique de la Sicile, c'est--dire sa partie orientale ou rgion 
de l'Etna, et sa partie septentrionale ou rgion des les oliennes, demeu- 
raient en repos. 

2. La nouvelle le ne s'est pas leve sur un haut-fond, ni sur un banc, 
ainsi qu'on l'avait annonc d'abord, mais bien au pied d'un vritable escar- 
pement sous- mari qui termine l'est le banc de Y Aventure, lequel est 



( M9 ) 
large de plus de 30 lieues dans tojws les sens, et dont la surface lgrement 
ondule , n'est recouverte que de 26 4o brasses d'eau au plus , et dans 
beaucoup d'endroits de 7 8 seulement, tandis que la sonde indique plus 
de 100 brasses de profondeur dans la partie du canal qui est comprise en- 
tre le port de Siacca et l'le de Pantellerie. 

3. C'est entre ces deux points, environ 1 2 lieues au suri-ouest du pre- 
mier et 18 lieues au nord-est du deuxime, 37 io / 5o* de latitude, 
1 o 2 2' 8" de longitude , une | lieue nord-ouest environ du banc de Nerita , 
qu'tait situ le nouvel lot volcanique, par consquent sur une ligne di- 
rige du nord-est au sud-ouest, et aux deux extrmits de laquelle se ma- 
nifestent depuis long-temps des agitations souterraines synchronrques. Ces 
faits remarquables ont t mis en vidence par une carte et deux coupes 
sous-marines fort instructives que M. C. Prvost a dresses d'aprs les 
sondages et les relevs hydrographiques du capitaine Smith, et qui font 
partie des matriaux soumis l'Acadmie. 

4- L'apparition del nouvelle le fut prcde de tremblements de terre 
nombreux et prolongs, qui se manifestrent vers la fin du mois de juin, 
et qui furent ressentis sur une tendue de plus de &o lieues, les uns en 
mer par les navigateurs, et les autres le long des ctes mridionales de 
Sicile; ces secousses du sol, le plus souvent diriges du sud-ouest au nord- 
est, furent souvent accompagnes de bruits trs forts, compars parles 
habitants de "longues canonnades entendues de loin. 

5. Plusieurs jours avant les premires ruptions, la surface de la mer 
paraissait bouillonnante, les eaux taient troubles et couvertes de poissons 
morts, qui souvent ont t observs jusqu' plus de 10 lieues du point 
central de tous ces phnomnes prliminaires. 

6*. Les ruptions proprement dites ont commenc aux premiers jours 
de juillet, par des vapeurs lgres qui, peu a peu, augmentrent et fini- 
rent par former au-dessus de la mer une colonne de i5oo 2000 pieds 
de hauteur sur 60 200 pieds de largeur. Ces vapeurs , charges d'une 
odeur sulfureuse prononce , s'levrent d'abord seules ; puis elles furent 
mles de cendres et de fragments de scories dont la projection tait in- 
termittente et accompagne de lueurs lumineuses et d'clairs qu'on a pr- 
sums tre dus un dgagement abondant de fluide lectrique. C'est la 
suite de ces projections multiplies de matires incohrentes et souvent 
incandescentes que les premires prominences se sont montres un peu 
au-dessus du niveau de la mer. 

7 . La formation de l'le fut successive comme les projections de matires? 



O5o ) 

incohrentes. Plusieurs prominences isoles se dessinrent d'abord d'une 
manire trs nette; bientt elles s'accrurent de plus en plus, et leur ru- 
nion finit par former autour du centre d'ruption un bourrelet de matires 
meubles dont la forme varia continuellement comme les circonstances 
ruptives, et qui, par des additions superficielles, s'leva graduellement 
jusqu' 200 pieds au moins. Depuis sa base jusqu'au sommet, la masse de 
l'le n'offrait qu'un amas cratriforme de cendres, de sables pyroxniques 
et de scories ordinaires, sans apparence d'aucune coule de lave, et bien 
moins encore de strates de roches solides et continues , que l'on aurait pu 
considrer comme un fond de mer soulev en masse, soit continue, soit 
crevasse. 

8. Enfin , aprs des ruptions intermittentes semblables en tout aux 
prcdentes, et qui ont dur depuis le milieu du mois de juillet jusqu' la 
fin de septembre, l'le disparut lentement et successivement, comme elle 
avait apparu, mais par une cause diffrente. Ce ne fut, en effet, ni par 
effondrement de sa masse, ni par abaissement insensible du sol sous- 
marin, mais par l'action des vagues, qui, aprs avoir modifi le con- 
tour des bases du cratre pendant les ruptions, continurent ensuite 
saper ces mmes bases de tous cts, provoqurent l'boulement suc- 
cessif des cendres , des lapilli et des scories incohrentes dont il tait 
compos, et rasrent dfinitivement ce frle difice en moins de deux mois 
de temps. Au mois de dcembre, il ne restait la place du volcan qu'un 
banc couvert de 9 10 pieds d'eau, dont la forme n'a plus rien qui in- 
dique son origine; circonstance importante signaler, ainsi que le re- 
marque M. Prvost , pour faire comprendre la difficult qu'il y a de 
retrouver les anciens foyers d'ruptions dans les terrains volcaniques 
sous-marins qui sont aujourd'hui mergs, et qu'on reconnat sur certains 
points de la surface de nos continents. 

De ces rsultats positifs et indpendants de toute hypothse, M. Pr- 
vost a t amen tirer les consquences suivantes, qui lui semblent 
dcouler naturellement de la comparaison des faits. 

i. L'ruption de ]83t a commenc au fond d'un bassin domin par 
un escarpement sous-marin abrupte, dont les bords annoncent une dis- 
location linaire trs ancienne du sol. 

i". D'aprs les traditions que l'on conserve Malte et en Sicile (dont 
une remonte au commencement du 1 7 e sicle), d'aprs la structure des vieux 
terrains volcaniques sous- marins qu'on voit maintenant mergs et dman- 
tels dans le Valdi Noto, au pied de l'Etna, il est prsumer que l'ruption 



( m ) 

(Vc i3i ifest pas la premire qui ait eu lieu sur ce point del Mditerrane. 
Il est probable qu'elle a t anciennement prcde par des ruptions com- 
pltement sous-marines , soit de matires scorifies incohrentes, soit de 
laves ordinaires qui se sont tendues en forme de nappes plus ou moins in- 
clines, ou d'accumulations plus ou moins paisses, et que ces accu- 
mulations avaient en quelque sorte prpar le thtre de la nouvelle 
ruption, et avaient ainsi diminu la profondeur qui tait combler pour 
que les matires incohrentes qui ont form le cratre de 1 83 1 pussent 
affleurer jusqu' la surface de la mer et mme s'lever fort autdessus de 
son niveau. ip olcjrii; 

3. Si ce long travail sous les eaux ne s'est manifest que trs ra- < 
remont leur surface par des signes positifs, cela est d aux circons- 
tances qui, suivant M. Prvost, accompagnent en gnral les panchements 
des matires volcaniques par des bouches sous-marines profondment sub- 
merges; les eaux alors condensent etabsorbent en tout ou en partie les gaz 
et les vapeurs qui se dgagent du foyer d'incandescence, et ces fluides las- 
tiques ne peuvent lancer une grande hauteur, dans un liquide aussi dense 
que l'eau, la lave et les scories sous-marines. On peut mme prsumer que le 
mouvement produit dans la masse des eaux par la sortie brusque et vio- 
lente des fluides lastiques, doit contribuer entraner les matires in- 
cohrentes loin des orifices d'ruption , et par consquent l'lvation des 
cratres sous-marins doit tre moins grande que celle qu'ils auraient res- 
pectivement prise l'air libre. 

4- Si les choses, poursuit M C. Prvost, ne se sont pas ainsi passes 
dans des temps plus ou moins anciens sur le fond de mer qui a servi de 
base l'le Julia, c'est ainsi du moins qu'elles ont incontestablement eu 
lieu pendant les premiers temps de l'ruption de i83i. Lors donc que le 
sommet de la montagne sous-marine ainsi forme, s'est approch de la 
surface de la mer, la pression devenant moindre, le dgagement de la va- 
peur d'eau a t sensible; et bientt, par la mme raison, la matire de la 
lave incandescente a pu tre lance dans l'atmosphre; retombant dans 
l'eau, les cendres et les scories formes par la dissmination de la matire 
volcanique et par son refroidissement subit, ont t en partie entranes 
au loin sous les eaux et en partie accumules autour de l'orifice d'ruption 
jusqu' ce que plusieurs points saillants au-dessus de l'eau s'tant montrs, 
les circonstances ordinaires atmosphriques ont succd celles des vol- 
cans sous-marins; un cratre semblable en tous points ceux qui se forment 
journellement dans les volcans continentaux, par additions superficielles 

C. R. i836. 1 er Semestre. 36 



C 5 ) 

et successives , s'est progressivement lev et nettement dessin au-dessus 
du niveau de la mer. 

5. Des coules de lave, dit encore M. C. Prvost, sont peut-tre sor- 
ties par des fissures du pied et des flancs submergs du cne d'ruption, 
mais la colonne ascendante de matire fluide n'ayant pas atteint le niveau 
de la mer, aucune coule solide et continue n'tant venue consolider les 
matriaux incohrents de L'Ile naissante, celle-ci n'a pu rsister l'action 
des vagues, favorise par les branlements du sol. 

6*. En un mot, il suffit, suivant M. Prvost, de se rendre un compte 
aussi simple que naturel de l'action des phnomnes volcaniques les plus 
vulgaires et les mieux connus, et de la nature de leurs produits sous l'eau 
et dans l'atmosphre, pour concevoir de la manire la plus nette et la plus 
incontestable la formation et la destruction du nouveau tertre volcanique. 
Ce qui est galement certain, suivant lui, c'est que, d'une part, cette for- 
mation n'a t l'effet ni du soulvement d'un fond de mer volcanique 
prexistant, ni d'une norme boursouflure de lave assez visqueuse pour 
tre reste tout d'une pice malgr son tendue et malgr son lvation 
au-dessus de la mer; et que, d'une autre part, la destruction n'a t pro- 
duite ni par un effondrement, ni par une projection finale de toutes les 
matires prcdemment accumules; projection qui aurait t occasione 
par le dgagement subit d'une immense quantit de matires gazeuses. 

Partant de ces considrations et de celles que lui a suggr l'examen 
des terrains videmment sous-marins du Val-dr-Noto, M. C. Prvost est ar- 
riv des explications intressantes relativement la constitution de l'Etna, 
deStromboli, de Vulcano et du Vsuve; remarquant que les anciens ter- 
rains pyrognes qui servent de base aux djections modernes de ces vol- 
cans encore en pleine activit, offrent dans leur partie infrieure les carac- 
tres des matires volcaniques sous-marines et dans leur partie suprieure 
les caractres des djections atmosphriennes, et gnralisant ce mode de for- 
mation , il a cru pouvoir annoncer, comme un fait positif, non-seulement 
que les bases des grands systmes volcaniques dont il s'agit, mais encore 
que les grands massifs de terrains pyrognes qui forment en France le Mont - 
Dore, !e Cantal et le Mezin, taient les restes de grands cnes d'ruption 
qui auraient t dmantels par les puissantes rosions superficielles qui 
ont ravag toutes les autres parties de la terre antrieurement la p- 
riode gologique dans laquelle nous vivons. 

A cette occasion , M. C. Prvost est entr dans l'examen et la discus- 
sion d'hypothses bien connues qui tendent tablir une opinion toute .dif- 



(a53) 
irente. Il n'est pas dans l'objet de ce rapport de le suivre dans cette discus- 
sion que depuis il a soutenu en diverses circonstances, qui est. devenue 
trs anime, et qui aura du moins l'avantage d'exciter de nouvelles re- 
cherches. Il nous reste d'ailleurs trop dire des observations positives 
qui ont occup M. C. Prvost sous beaucoup d'autres points de vue im- 
portants. 

Toutefois, nous ne pouvons le suivre dans les nombreux dtails que 
renferment ses rapports, son journal et son catalogue raisonn. Nous 
nous bornerons signaler quelques-unes des observations les plus essen- 
tielles. Elles embrassent diffrents ordres de faits. 

Parmi celles qui sont particulirement relatives aux phnomnes vol- 
caniques, nous signalerons la distinction de produits volcaniques sous- 
marins de diffrents ges dans le val de Noto, depuis ceux antrieurs aux 
terrains de la priode crayeuse jusqu' ceux postrieurs aux plus rcents 
des terrains tertiaires. 

La description du gisement prs de Mellili de ce singulier bitume fo- 
liac que l'un de nous a dcrit sous le nom de dussodjle. 

La dcouverte auprs de Militello que des couches de matires 
noires compactes renfermant une grande abondance de coquilles marines 
trs bien conserves , ne sont que des strates de cendres endurcies sous les 
eaux , et non des basaltes , comme on l'avait suppos. 

La description des volcans boueux de Macaluba prs de Girgenti, et 
des stuffs ou tuves du mont S.-Calogero, celle des effets de la dcom- 
position des roches volcaniques tant auprs des bouches de l'Etna, au 
Vsuve , de Stromboli , que dans les solfatares de Vulcano , de Lipari , de 
Puzzoles. La nature et la progression de ces effets sont attests et dmon- 
trs dans la collection par un grand nombre d'chantillons aussi intres- 
sants que bien choisis. 

Passant maintenant des observations d'un autre ordre, et d'abord 
aux terrains tertiaires, nous citerons les suivantes. 

La collection trs riche en roches et en fossiles que M. C. Prvost a 
recueillie Malte, dont la gologie tait peu connue, porte penser 
que le sol de cette le est entirement ou presque entirement com- 
pos de terrains tertiaires les plus rcents, qui, par la puissance, par 
l'homognit et la finesse de grains de la plupart des bancs (qui sont 
exploits avec tant d'avantage), sembleraient tre des dpts plagiens 
qui se seraient forms loin de tout rivage. Au milieu de ces couches, 
dont il a nettement distingu plusieurs tages, il a trouv avec ces 

36.. 



C *54 ) 
normes glossoptres qui sont connus depuis long-temps, non-seule- 
ment des ossements de mammifres, et notamment une dent de petit 
hippopotame, mais encore des moules de coquilles analogues celles 
des terrains subapennins, qu'il croit avoir t enveloppes une poque 
laquelle ils taient dj fossiles; ce qui serait trs singulier.il a remarqu 
encore dans la physionomie gnrale du sol de Malte deux plateaux, dont 
le suprieur au S. E. de l'le, se termine, d'une part, par une falaise 
abrupte, et de l'autre par une suite de terrasses en tage, qui le runis- 
sent au plateau infrieur, l'extrmit duquel se trouve la cit Vallette. 
C'est l'inclinaison des couches de ce systme vers le N. E. que sont dus 
les nombreux ports qui se voient presque exclusivement le long de 
cette partie de L'le. 

Passant la Sicile, il nous suffira de rappeler en peu de mots la carte 
gologique de cette contre, et la belle coupe dont nous avons dj parl, 
d'autant plus que cette dernire a dj t insre dans le Bulletin de la So- 
cit gologique : on y remarque bien distinctement le mode de dislocation 
des terrains tertiaires, leur division en deux tages au moins, superposs 
transgressivementetdont le plus ancien parat tre suivant l'auteur, de l'ge 
des collines subapennines, leurs rapports avec les produits volcaniques et les 
dpts de gypse et de soufre; mais sous tous ces points, comme aussi sur 
tout ce qui concerne les phnomnes du remplissage des cavernes de Syra- 
cuse, de Cphalu, de Palerme, les dpts de coquilles extrmement rcen- 
tes de la presqu'le de Melazo, leurs rapports avec les roches micaces , l'ge 
des conglomrats modernes de la plage de Messine , nous attendrons les d- 
veloppements que M. Constant Prvost se propose de donner. Cette tche 
lui sera facile, car les lments et les pices justificatives existent dj dans 
son catalogue raisonn , et dans les collections qu'il a rapportes. 

Par la mme raison nous n'entrerons pas dans plus de dtails relative- 
ment aux nombreuses observations qu'il a recueillies tant sur le Vsuve et 
sur les ruptions de ce volcan dont il a t le tmoin , que sur la constitution 
des champs Phlgrens, et notamment sur la baie dePouzzole et sur les ph- 
nomnes peu anciens et successifs , tant d'immersion du sol dans les eaux 
de la mer que d'mersion, qui paraissent attests par l'tat des ruines du 
temple deSrapis, et par l'existence desbalanes et des serpules qu'on voit 
fort au-dessus de l'eau sur les piles du pont le Caligula ; M. Prvost doit en 
faire l'objet de communications plus dtailles que ce qu'il a dj consign 
dans son grand catalogue raisonn. 



( 255 ) 

('une/usions. 

D'aprs tout ce qui prcde nous pensons. 

i. Que M. Constant Prvost a rempli de la manire la plus satisfaisante, 
la mission que l'Acadmie lui avait confie, et que l'extension qu'il lui a 
donne atteste tout--la-fois son zle clair et son dvouement pour les pro- 
grs de la science. 

D a . Qu'il y a lieu d'insrer dans les Mmoires des Savants trangers, le rap- 
port gnral dans lequel M. Constant Prvost a rendu compte de son voyage 
l'le Julia , et dans les parties voisines de la Sicile. 

3. Que quelque intressantes que soient les observations que M. Cons- 
tant Prvost a communiques sur les autres parties de la Sicile , sur Malte , 
sur Lipari, sur Stromboli , sur le Vsuve et sur les champs Phlgrens , on 
ne pourra les apprcier d'une manire proportionne leur importance, 
(pie lorsque i'auteur en aura complt la description et l'aura soumise 
l'Acadmie. 

Ces conclusions sont adoptes. 

Aprs la lecture de ce Rapport, M. Arago demande l'Acadmie la per- 
mission de lui soumettre, dans la prochaine sance, plusieurs observations 
de physique qui lui paraissent de nature rendre moins certaines quelques 
conclusions que M. Prvost a cru pouvoir dduire de son travail, et, en 
particulier, la conclusion que l'le n'a pu tre l'effet d'un soulvement de 
la mer. 

La sance est leve 5 heures. F. 







( 2 56 ) 

BULLETIN BIBLIOGR kPIIIQUE. 

L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences ; 
iS36, n9, in-4". 

Clinique chirurgicale , exerce plus particulirement dans les camps , et 
les hpitaux militaires ; par M. le baron LARREYjtome 5,in-8,avec un 
atlas in-folio. 

lYansactions qfthe horticultural Society ofLondon; second sries ; in-4. 

Brve Idcade la Administracion del Comercio y de las rentas y gastos 
de la Isla de Cuba , durante los annos de 1826 1 834; par M. D. Ramon 
de la Sagra; in-8. 

Cinco Meses en los Estados- Unidos de la America del Norte; par le. 
mme. 

Trait complet du Rgime sanitaire des alins , ou Manuel des ta- 
blissements qui leur sont consacrs ; par M. Scipios Pinel; in-4 . (Rserv 
pour le concours Montyon. ) 

Histoire Naturelle des Iles Canaries ; par MM. Webb et Berthelot; 
4 e livraison de texte et de planches, 

Abrg lmentaire de Chimie , par M. Lassaigive, 2 e dition, 2 vol 
in-8", avec un atlas in-S. 

Bulletin de la Socit industrielle de Mulhausen; n 6 1 , in-8". 

Mmoires de la Socit d Agriculture , Sciences et Artsd' Angers; 2' vol , 
2 e livraison, in-8. 

Bulletin gnral de Thrapeutique mdicale et chirurgicale ; par 
M. Miquel ; 5 e anne, tome 10, 4 e livraison, in-8*. 

Journal de la Socit gnrale des Naufrages et de l'Union des nations; 
n'iet, in-8. 

Gazette mdicale de Paris; tome 4 " 10, 1 856 , in-4. 

Gazette des Hpitaux; n" 26 28, tome 10, in-4. 

Journal de Sant; n" i32. 

cho du Monde savant; n* 10 ; in-4". 



nrTTi^^^*%V" r * a 



COMPTE RENDU 

DES SANCES 






DE L ACADEMIE DES SCffiNCES. 



ilitlOtl i 



SEANCE DU LUNDI 14 MARS 1836. 
PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



CORRESPONDANCE 

M. Geoffroy- Saint- Hilaire , aprs avoir rappel les communications r- 
cemment faites sur les orangs-outangs par M. de Blainville et par lui-mme, 
met sous les yeux de l'Acadmie deux orangs-outangs de Borno, l'un fe- 
melle et trs jeune que le Musum d'Histoire naturellepossdait dj depuis 
long-temps , l'autre mle et adulte qui vient de lui tre envoy par M. Tem- 
minck, directeur du Muse de Hollande. L'acquisition de ce dernier individu 
donne , pour la premire fois , aux zoologistes franais, les moyens de con- 
natre, par des observations directes , l'orang-outang dans son tat parfait. 

M. Julia Fontenelle transmet une observation tire du cinquime 
volume de la Clinique chirurgicale de M. Larrey et de laquelle il rsulte 
qu'un officier franais ( M. Morel) encore vivant, a t deux fois pris pour 
mort et deux fois enterr comme tel. M. Julia demande que cette obser- 
vation soit communique la commission Montyon charge de statuer sur 
son ouvrage concernant l'incertitude des signes de la mort. 

M. Moncey adresse une note qui parat tre un projet de quadrature 
du cercle. 

M. Hossard crit qu'un certain ndmbre de jeunes personnes contrefaites 

C. R. l83G, I e * Semestre. 3j 



( -8 ) 
dont il va entreprendre la gurison , sont runies dans une des salles du 
secrtariat, o les membres de la commission Montyon pourront constater 
leur degr actuel de difformit. 

astronomie. Note de M. Am. Sdillot sur la dcouverte de la variation, 
par Aboul-Wef, astronome du 10 e sicle. 

Deux objections sont faites au mmoire de M. Am. Sdillot. ( Voir le 
Compte Rendu, to*me 2 , page 2o5.) 

i". Ne serai Al pas possible que le passage dcouvert et traduit par M. S- 
dillot , ft une interpolation dans une copie de l'ouvrage de F astronome de 
Bagdad, postrieure Tjcho-Brah (1610)? 

2 . Si Aboul-PFef a reconnu la troisime ingalit lunaire, comment 
se fait-il qu'aucun des auteurs arabes qui lui ont succd n'en ait 
parl ? 

RPONSE A LA PREMIRE OBJECTION. 

i. Le manuscrit de la Bibliothque du Roi faisait partie des livres du 
Shah Rokh, fils de Tamerlan ( 1 377-1447 ); un sceau appos sur plusieurs 
des feuillets le prouve premptoirement. On sait, comme nous l'apprend 
M. Reinaud , de lAcadrhie des Inscriptions et Belles-Lettres, dans son ou- 
vrage sur les monuments arabes et persans du cabinet de M. le duc de Bla- 
cas, que l'un des usages des cachets chez les orientaux tait de servir 
marquer la proprit ; c'est ainsi qu'en tte de leurs livres et de tout ce qui 
leur appartient, on trouve l'empreinte de leurs devises; le sceau que porte 
le manuscrit d'Aboul-Wef est conforme une mdaille du Shah Rokh que 
possde M. de Blacas, si ce n'est qu'il contient en plus ces mots : Min Kou- 
toubi ' Ichzane [ex libris thesauri, etc.). D'ailleurs , l'tat et l'apparence du 
manuscrit ne peuvent laisser aucun doute sur son anciennet ; il a t ache- 
t, en 1670, parle voyageur Jean-Michel Wansleb, envoy en Orient par 
le ministre Colbert pour faire l'acquisition de manuscrits destins la Bi- 
bliothque du Roi ; et M. Reinaud pense que la copie doit tre d'une po- 
que mme antrieure celle du Shah Rokh. 

2 . Aux preuves matrielles que nous venons d'exposer, nous ajoute- 
rons quelques considrations qui tendent galement faire rejeter l'hypo- 
thse de l'intercalation du passage dans une copie de l'ouvrage d'Aboul- 
Wef, qui serait postrieure Tycho-Brah (1610). 

Aboul-Wef prsente la dcouverte de la troisime ingalit lunaire 
comme tant le fruit de ses propres observations , et l'explication qu'il 






donne diffre notablement de celle de Tycho-Brah; on a insr, dans le 
Compte Rendu des sances de l'acadmie des Sciences (n 9, i836), la tra- 
duction du chapitre de l'astronome arabe; nous allons mettre en regard 
l'appendice trouv la mort de Tycho-Brah , dans ses papiers , et publi 
pour la premire fois, neuf ans aprs , 1610. 

Experti sumus hos circulos omnibus apparentiis necdm satisfa- 
cere, si quidem in octantibus sive mediis locisinter quadraturas et syzy- 
gias a et <p, cum luminaria sesquisigno in ter se distant , adhuc inqua- 
litas qudam, et differentia satis perceptibilis sese ingrt , necessum 
videbatur, adhuc alium parvum circellum per quem haec variatio excuse- 
tur superaddere, in quo centrum epicycli majoris non in circumferen- 
tia sed per diametrum transversum , motu quodm librationis , circulari 
tamen, ut alias apud Copernicum fieri solet, analogo, hinc inde trans- 
fertur, efficiens prosthapbaeresin quamdem a rf et <f luminarium usque 
ad quadraturas semper addendam et rursus a quadraturis ad rf et J> 
subtrahendam a mdia longitudine 3 a O, ut verus locus centri epicycli 
prodeat. Motus autem hujus librationis duplici distantiae verae et J) 
commensurabilis est, maximamque variationem 40' 3o" in primo etter- 
tio a <s octante addendam, in secundo vero et quarto octante subtra- 
hendam procrt. ( Tycho- Bralie , Franco furti, 1610; appendice inter- 
cal entre les pages lia et 1 13, tome I er .) 

On voit qu'Aboul-Wef et Tycho-Brah sont mme arrivs deux 
rsultats diffrents ; le premier faisait la variation de 45 minutes environ ; 
le second la fait de 4o' 3o", et dans les nouvelles tables de M. Damoiseau , 
elle est de 39' 29" 7. 

D'un autre ct, on ne saurait supposer que les Arabes du dix-septime 
ou du dix-huitime sicle aient t les auteurs d'une interpolation de cette 
nature , et dans cette occasion , nous sommes heureux d'avoir pour auto- 
rit l'opinion de notre illustre orientaliste M. le baron Silvestre de Sacy, 
qui n'admet pas 1?. possibilit d'un pareil fait; les Turcs et les Arabes , qu'ils 
ont subjugus , ont si peu profit des connaissances scientifiques des Eu- 
ropens, que le Djihan-Numah , imprim dans ces derniers temps Cons- 
tantinople, reproduit les longitudes errones, donnes par Aboul-Hhassan 
de Maroc, en 1229, pour l'Afrique et l'Asie. {Voirie Trait des instruments 
astronomiques traduit par M. Sdillot, tome 1", page 3 12.) 

Nota. Maintenant, si l'on veut entendre par interpolation l'insertion 
d'une phrase ou d'un passage dans un ancien manuscrit, nous ajouterons 
aux preuves que nous venons de dduire celles qui suivent : 

3 7 .. 



( 2 6o) 

i\ L'criture est identiquement la mme dans tout le manuscrit; 

a . Aucun folio n'a t intercal; 

3. Le passage n'est pas seulement complet et rclam par l'ordre des 
matires; il se trouve encore indiqu, dans une table gnrale qui prcde, 
avec une grande prcision. 

Il n'est donc pas possible que l'interpolation ait t faite par un Eu- 
ropen. 

REPONSE A LA SECONDE OBJF.CTION. 

Ds l'instant qu'il est bien avr qu'Aboul-Wef est l'auteur de la 
dcouverte de la variation, la seconde question devient trangre notre 
sujet. 

Cependant, nous allons en faire un examen particulier parce qu'elle 
servira montrer toute l'importance qu'il y aurait favoriser l'tude ap- 
profondie des manuscrits scientifiques des Arabes. 

Comment se fait-il, a-t-on dit, qu'aucun des auteurs arabes qui ont 
succd Aboul- fVef, n'ait parl de sa dcouverte? 

Il faudrait d'abord tablir que les auteurs arabes qui ont succd 
Aboul-IFef n'en ont point parl; or, nous les connaissons peine; ceux 
dont les ouvrages nous sont parvenus, ont prcd Aboul-Wef, ou furent 
ses contemporains; lsaac Ben Honain vivait en 817; Thbit Ben Chorath, 
vers la mme poque ( il est cit dans Ebn-Jounis , 980); Albatgni, 
en 880; Abderrhman Suphi, en 947 Alfragan, en 95o; Ebn-Jounis, 
en 980 ; et notre auteur Aboul- TFef est mort au commencement du on- 
zime sicle. 

En Espagne, nous trouvons au onzime sicle, Arzackel et Gber, 
sans qu'on sache exactement en quelles annes ils florissaient; on a pr- 
tendu que Gber tait postrieur Arzachel, parce qu'il l'avait cit; 
maintenant il est prouv qu'il n'a cit que des noms grecs et qu'il est rest 
tranger tout ce qui s'est fait en astronomie depuis Albatgni, 880; 
quant Arzachel, on lui attribue les Tables Toldanes , mais ces tables 
inspirrent si peu de confiance qu'on leur prfra toujours celles (Y Alba- 
tgni. 

Nous ne pouvons donc mentionner, comme postrieurs Aboul- 
IFej , qiiAlptrage et Aboul Hhassan, tous deux de Maroc (douzime 
et treizime sicle), mais l'on sait qu' 'Aboul- Hhassan , dans son trait des 
Instruments astronomiques ne s'est point occup des mouvements de la 
Lune et de ses ingalits; et pour Alptrage, il ne s'est attach qu' Ptol- 



( # ) 

me, et son livre n'offre d'intressant que quelques dtails sur les mou- 
vements des toiles. 

Tels sont les seuls savants arabes sur lesquels nous ayons quelques 
notions tendues; encore ces notions sont-elles fort imparfaites. 

Il existe cependant un trs grand nombre de traits astronomiques; 
mais pour les uns, nous ne savons pas ce qu'ils contiennent (Wahan, 
Abounasra Alfarabi , Abdallah Ben Blassan, Ahmed Ben Mohammed 
(d Sagan, etc., etc.); pour les autres, nous ignorons jusqu'aux noms de 
leurs auteurs; ces traits restent enfouis dans quelques-unes des biblioth- 
ques de l'Europe ( Leyde, Oxford, l'Escurial, Constantinople), 
sans qu'on ait encore tent aucune exploration de ce ct. 

Si nous passons aux astronomes persans et tartares-mongols , qui se 
sont appropris les travaux de l'cole arabe, nous sommes obligs d'a- 
vouer que nous ne les connaissons pas mieux, et personne ne saurait af- 
firmer qu'ils n'ont pas su l'existence de la variation (notamment Olugh 
Beig, vers i447> dont nous n'avons encore que des fragments). On a exa- 
min, il est vrai, quelques-unes de leurs tables astronomiques et le calcul 
de la variation ne s'y trouve pas introduit; mais M. Sdillot en a expliqu 
ainsi la raison : 

Pendant qu'Aboul-Wef observait Bagdad, Ebn-Jounis rdigeait au 
Caire, sa grande Table Hakmite , et il n'avait alors aucune ide de la 
variation. Ce sont ses tables hino-solaires que les Persans et les Mongols 
ont adoptes et suivies; elles se trouvent reproduites : i chez les Persans 
dans les Tables Glalennes d'Omar Cheyam (1079); 2 chez les Grecs 
dans la Syntaxe de Chrysococca; 3 chez les conqurants Mongols, dans 
les Tables Ilkhaniennes de Nassir Eddin Thous&i ; 4 chez les Chinois dans 
V Astronomie de Cochou-Ring. 

On ne doit donc pas s'tonner qu'on n'ait point trouv dans ces ta- 
bles ainsi transformes, le calcul de la variation. (Foira, cet gard la 
lettre adresse au Bureau des Longitudes en i834, par M. Sdillot.) 

Ces considrations seront plus tard l'objet de mmoires spciaux- 
quant la question principale, elle est compltement rsolue Aboul- 
Wef est bien rellement l'auteur de la dcouverte de la variation. 



M. Libri nous a remis la note suivante, comme rsum de la rponse 
verbale qu'il a faite la nouvelle communication de M. Sdillot. 

Aprs la lecture de la lettre de M. Sdillot, M. Libri demande la 
parore, et commence par annoncer l'Acadmie que, malgr son vif 



( 262 ) 

dsir de s'occuper de cette question importante , l'tat d'immobilit 
complte dans lequel il est forc de tenir encore son bras droit ne lui a 
pas permis de faire les recherches qui lui auraient t ncessaires pour 
tcher d'claircir ce point intressant d'histoire scientifique. Pour le mo- 
ment, il se borne rappeler l'Acadmie qu'il n'a fait, dans une des pr- 
cdentes sances, qu'mettre des doutes sans jamais prtendre affirmer 
d'une manire absolue qu'il avait t impossible aux Arabes de connatre 
la variation. L'examen attentif du manuscrit, et surtout du passage que 
M. Sdillot a traduit, peut seul fournir les lments ncessaires la solu- 
tion de la question. Ds que sa sant sera rtablie, M. Libri s'empressera 
de rpondre l'honneur que l'Acadmie lui a fait de le nommer membre 
de la commission qui doit examiner le travail de M. Sdillot, en faisant 
tout ce qui dpendra de lui pour essayer de diminuer l'incertitude qui 
rgne encore sur le sujet en discussion. 

D'ailleurs, M. Sdillot ne doit pas s'tonner si l'annonce de la dcou- 
verte de la variation par les Arabes a pu faire natre des doutes dans l'es- 
prit de plusieurs personnes; cela lient surtout aux circonstances sui- 
vantes. M. Sdillot a publi, il y a dj quelque temps (i), un mmoire 
pour dmontrer que les Arabes avaient connu aussi la gomtrie de posi- 
tion; mais la lecture mme de son mmoire a prouv tous les gomtres 
que peu au fait probablement de ce qui constitue la vritable gomtrie de 
position, M. Sdillot s'tait laiss garer par le molposition, et qu'il avait cru 
que l'on pouvait rapporter cette branche de mathmatiques des problmes 
o il ne s'agissait que de dterminer la position d'une ligne, et qui appar- 
tenaient par consquent ce que la gomtrie analytique a de plus lmen- 
taire. Plus rcemment, dans le mmoire mme qui est soumis au jugement 
de l'Acadmie, et que l'auteur a insr aussi dans le Journal asiatique , 
M. Sdillot a cit et critiqu plusieurs passages du premier volume de 
Y Histoire des Sciences mathmatiques en Italie, ouvrage que M. Libri a 
publi depuis peu. Or M. Libri saisit cette occasion pour dclarer 
l'Acadmie que non-seulement M. Sdillot lui a prt des opinions qui 
n'taient pas les siennes, et que, par suite, il a pu facilement critiquer, 
mais que mme (bien involontairement sans doute) il a dnatur des passages 
de l'ouvrage de M. Libri, que M. Sdillot paraissait de reproduire, mais dans 
lesquels il omettait ou changeait des mots ou des membres de phrases, et 
donnait ainsi un tout autre sens que celui qui rsultait des expressions de 

(i) Nouveau Journal Asiatique , Mai i834- 



( 2 63 ) 

M. Libri. A l'appui de cette assertion, M. Libri cite un passage du mmoire 
de M. Sdillot, o l'on fait adopter l'auteur de Xhistoire dj cite, les ides 
de Delambre, qui avait affirm que les Arabes avaient admis sans la moindre 
modification l'Astronomie des Grecs et o l'on semble rapporter textuelle- 
ment un passage qui se trouve la page 1 54 de l'ouvrage de M. Libri, 
mais en le tronquant et le modifiant tellement que cette ide semble en effet 
ressortir d'une phrase o l'auteur avait voulu dire le contraire. 

Ainsi M. Sdillot ayant commenc par attribuer aux Arabes une d- 
couverte importante qu'ils n'avaient point faite, et n'ayant point montr 
toute l'exactitude ncessaire dans les citations d'un ouvrage publi rcem- 
ment, ils n'est pas tonnant, ajoute M. Libri, que ces circonstances aient 
pu contribuer jeter quelque incertitude dans l'esprit des personnes appe- 
les discuter la ralit de la dcouverte de la variation , attribue par 
M. Sdillot Aboul-Wef. 

Relativement la nouvelle lettre de M. Sdillot, dont M. Arago vient 
d'entretenir l'Acadmie, M. Libri croit ne devoir insister que sur deux 
points principaux : d'abord il est inexact de dire , comme l'affirme M. Sdil- 
lot, que les plus clbres astronomes orientaux aient t antrieurs Aboul- 
Wef et qu'on puisse expliquer par l le silence des successeurs de l'astro- 
nome de Bagdad. Ensuite M. Libri signale la grande difficult que les plus 
illustres philologues ont toujours rencontre quand il s'est agi d'tablir 
un fait historique uniquement sur l'ge incertain d'un ancien manuscrit. 

Il suffirait de citer Nassir-Eddin, dont le nom est devenu si populaire 
mme en Occident, pour prouver que les plus illustres astronomes 
orientaux n'ont pas prcd Aboul-Wefa. D'autre part, en disant que 
Nassir-Eddin n'a pas parl de la variation, parce qu'il s'est born 
copier Ptolme, on ne ferait que fournir des arguments ceux qui, 
comme Delambre, pourraient croire, tort cependant, que les Arabes 
n'ont rien ajout aux connaissancesastronomiques des Grecs. Mais sans des- 
cendre jusqu' Nassir-Eddin, M. Libri fait remarquer l'Acadmie que 
M. Sdillot a t dans l'erreur lorsqu'il a affirm qu'Ibn-Younis tant con- 
temporain d'Aboul-Wef, ne pouvait pas parler de la dcouverte de la va- 
riation attribue ce dernier. Car si la variation avait t dcouverte par 
Aboul-Wef en 975, comme l'affirme M. Sdillot, Ibn-Younis qui, dans la 
table Hakemite rapporte des observations faites l'an 1007, et qui crivait 
par consquent plus de trente ans aprs Aboul-Wefa, se serait trouv plac 
dans les meilleures conditions possibles pour rendre compte d'une dcou- 
verte si importante qui aurait t faite assez long-temps avant l'poque 



( m ) 

laquelle il crivait pour qu'il dt la connatre, et qui cependant aurait t 
encore assez rcente pour qu'il et t impossible qu'elle ft dj oublie. 
Pour ce qui est de l'ge du manuscrit que M. Sdillot croit antrieur 
Tycho-Brah, surtout d'aprs le sceau du Schah-Rokh qui parat s'y trouver, 
M. Libri dit que c'est une question qui ne peut tre dcide que d'aprs 
l'examen du manuscrit, et qui en tout cas ne peut tre rsolue que d'une 
manire conjecturale-, car il est reconnu d'abord que l'examen de l'criture 
et du papier ne suffisent pas pour dterminer avec une approximation 
suffisante l'poque laquelle appartient un manuscrit, mme quand il s'a- 
git de manuscrits europens que l'on connat beaucoup mieux que ceux 
qui nous sont venus de l'Orient. Ensuite, en ce qui concerne le sceau, 
M. Libri prouve , par des exemples tirs de notre histoire littraire , que 
souvent on a eu l'habitude de continuer pendant long-temps marquer 
les livres d'une bibliothque du sceau adopt par le fondateur , et il 
termine en indiquant l'exemple fort singulier de deux princes italiens, l'un 
duc d'Urbin , l'autre grand-duc de Toscane , qui , plusieurs sicles de dis- 
tance avaient adopt la mme devise, devise qui dans le temps futurs pourra 
occasioner des doutes et des incertitudes quand il s'agira de dterminer et 
de distinguer les monuments qui appartiennent l'un ou l'autre de ces 
deux princes. 

mtorologie. toiles filantes du i^ novembre 1 835. 

M. Arago communique l'Acadmie l'extrait suivant d'une lettre dsir 
John Herschel M. Baily, date du cap de Bonne-Esprance. 

Pendant toutes mes explorations du ciel en novembre , j'ai t aux 
aguets des toiles filantes. J'avais aussi recommand mon aide, M. Stone, 
d'pier soigneusement ces mtores pendant le temps que j'aurais l'il au 
tlescope. Le i3 il ne vit rien; le 14 je lui fis la mme recommandation, et 
o* de temps sidral, nous commenmes nos explorations ordinaires en 
nous relevant successivement ; cehii de nous deux qui n'tait pas la 
lunette continuant toujours chercher des toiles filantes. Jusqu' 4* 8' de 
temps sidral, ni lui ni moi n'en avions encore vu une seule. A ce mo- 
ment, M. Stone me cria : Voil la plus grande que j'aie vue de ma vie! 
Elle tomba perpendiculairement dans l'azimuth nord, un demi-point (de la 
boussole) ouest environ. A 4* 4 2 '5o," il m'en annona encore une grande. 
Celle-ci tomba au nord, deux points est. Sa chute ne fut pas perpendicu- 
lairement'; la ligne de descente penchait un peu vers l'est. Celle-ci, sui- 






C ?.65 ) 

vant M. Stone, tait aussi grande que Jupiter. A 4* 46'3o,% il en vit tom- 
ber une troisime l'est de Jupiter, et encore plus obliquement que la pr- 
cdente. Enfin, 4* 53' 59", l'clat que jeta une quatrime toile m'excita 
quitter la lunette. Cette dernire tait la plus belle de toutes; elle tomba 
obliquement dans l'azimuth ao ouest. Stone, qui tournait le dos ce 
ct du ciel, lequel d'ailleurs tait cacb pour lui par des arbres, crut qu'il 
venait de faire un clair. L'toile laissa une trace lumineuse trs troite et 
sensiblement tortueuse, qui resta visible pendant ao secondes environ. 
Ce mtore avait une intensit gale au plus grand clat de Vnus dans ce 
pays. Je dois rappeler qu'au Cap, la lumire de cette plante est assez vive 
pour occasion er des ombres bien marques et qui accusent distinctement 
la forme des corps interposs, non-seulement quand elles se projettent sur 
une muraille blanche, mais mme quand elles tombent sur le sol. Vous 
pouvez tre sr que , si je suis encore au Cap au mois de novembre pro- 
chain , je ne manquerai pas de faire attention aux toiles filantes dans les 
nuits du i3 et du 14, quoique jusqu' prsent je soie port ne voir dans 
tout ceci qu'une concidence fortuite. J'ajouterai cependant que depuis 
le 14 je n'ai vu aucun mtore un peu considrable. 

physique du globe. Lettre de M. Freycinet M. Arago sur les pre- 
mires expriences faites Aix en Provence , aux bains de Sextius. 
(Voir le I er volume des Comptes Rendus, page 44^0 

Depuis mon arrive en Provence, qui n'a pu avoir lieu qu' la fin de 
janvier, je me suis occup avec zle de tout ce qui se rapporte la mission 
que l'Acadmie a bien voulu me donner. Indpendamment de la source 
des bains Sextius et de Celle du bassin de Barret , qui jouent le rle princi- 
pal dans tout ce qui a t crit sur les eaux d'Aix, j'ai explor une vingtaine 
de fontaines, de sources et de puits dont les eaux chaudes, ce qu'on as- 
sure, ont une relation non douteuse avec les premires. Partout j'ai dter- 
min leur temprature par un nombre assez grand d'observations et avec 
des prcautions assez minutieuses pour qu'on puisse compter sur leur exac- 
titude. J'ai aussi mesur le dbit des deux sources principales, celles des 
bains Sextius et des Bagniers, et pris des chantillons des eaux dont il im- 
porte le plus de constater l'identit. Plus tard, j'aurai l'honneur de rendre 
un compte dtaill l'Acadmie de toutes mes 'expriences; mon but n'est 
pour l'instant que de lui faire connatre la marche gnrale des travaux 
auxquels je me suis livr, et de prendre ses ordres sur ce qui pourrait lui 
paratre propos que je tentasse encore. 

C. H. i836, i Semestre. 38 



( a66 ) 

C'est un fait tabli par l'histoire d'un long procs, que les fontaines 
de la ville sont alimentes par les eaux du bassin de Barret, situ en pleine 
campagne un quart de lieue d'Aix. Or, d'aprs une moyenne entre cin- 
quante observations, j'ai trouv que les eaux de Barret ont ao,o6 centig. 
de temprature, tandis que celles des bains Sextius s'lvent 34,i6. La 
surface des premires se trouve plus de 5 mtres de profondeur au-des- 
sous du sol. 

Pour tudier d'o pouvait provenir cette singulire diffrence, j'eusse 
dsir pouvoir faire dvier en totalit les eaux de Barret dans le lit du 
ruisseau de la Tousse , qui en est voisin ; cette opration n'offrait rien de 
difficile ni de bien coteux, mais je n'ai pu l'obtenir des autorits admi- 
nistratives qui, d'ailleurs, m'ont accueilli avec une extrme bienveillance 
et ont favoris mes oprations avec autant de grce que de bont; il m'a 
fallu penser d'autres moyens drivatifs. 

L'emploi du syphon tait le plus naturel et celui dont la manuvre 
devait tre la fois la plus simple et la moins coteuse. J'avais toute la diff- 
rence de niveau ncessaire pour produire un grand effet, en sorte que je 
me suis dcid en construire un. Mais pour ne pas tomber dans des d- 
penses trop considrables, je me suis content de le faire en fer-blanc; sa 
longueur tait d'environ xoo mtres, et son diamtre de 8 centimtres. 

Trois expriences successives m'ont offert chaque fois un phnomne 
dont je n'ai pu me rendre compte. Ds le dbut, la colonne d'eau qui avait 
servi amorcer l'instrument, s'est divise par une suite de nuds, dans 
lesquels le vide s'tant produit, la pression extrieure de l'air a fait aplatir 
le tuyau en autant de points, ce qui en a tout--fait arrt le jeu. 

Une vis d'Archimde, demande au prfet de Marseille, et qui m'avait 
t prte, m'offrait un nouveau moyen que je rsolus de tenter. Mais pour 
donner cette machine l'inclinaison ncessaire son maximum d'effet 
utile, il m'a fallu faire dans le sol une tranche assez profonde pour l'cou- 
lement des eaux de Barret. 

Au commencement, le dbit de cette vis a t d'environ 5ooooo litres 
d'eau en vingt-quatre heures. Mais cette abondance ne s'est pas continue; 
il s'est tabli un quilibre entre le produit de la machine et ce qui s'cou- 
lait par les conduits souterrains, en sorte que nous n'avons plus obtenu 
qu' peu prs 35oooo litreS en vingt-quatre heures. Cette manuvre qui , 
prolonge pendant soixante-sept heures , a exig l'emploi de 21 hommes 
diviss en trois escouades, travaillant le jour et la nuit, et se relevant de 
certains intervalles, se terminera ce soir. 





( 2 (3 7 ) 

J'aime me flatter que la suppression d'une pareille quantit d'eau 
produira une intermittence dans le produit des fontaines chaudes d'Aix,et 
qu'il me sera possible de l'observer. A cet effet, je vais commencer, ds de- 
main , une srie d'expriences journalires du dbit de la source des bains 
Sextius et de celle des Bagniers, ainsi que de leur temprature, et si je 
trouve une diffrence notable avec ce que j'ai obtenu dj, j'tendrai mes 
observations sur d'autres points. 

Si, contre mon attente, ce moyen ne produisait rien d'apprciable, je 
dsirerais tre autoris par l'Acadmie faire construire un nouveau sy- 
phon en fonte de fer de 1 1 centimtres de grosseur, qui, ne devant pas of- 
frir l'inconvnient de celui dont j'ai tent l'usage, donnerait indubitable- 
ment une intermittence plus imporlante dans les eaux des fontaines de la 
ville. 

\ vvroMiE des nvi:soiREs. Rclamation de M. Ehremberg. 

M. Pelder crivit l'Acadmie, le 8 de fvrier (voyez ces Comptes 
rendus, tom. II, pag. 1 34) qu'il avait vainement cherch les nombreux 
estomacs que M. Ehrenberg a aperus dans les animalcules microscopiques. 
Le savant naturaliste de Berlin tmoigne ses regrets qu' la suite d'une 
exprience ngative on se soit dtermin rvoquer en doute toute une 
srie de phnomnes et l'organisation d'une classe entire d'animaux. 
J'espre, dit-il, en terminant sa lettre, que l'organisation (avec peu 
d'exceptions) trs complique des infusoires , paratra dans tout son 
jour dans le nouvel ouvrage que je prpare, sous le titre : Les Infusoires 
distribus en deux classes d'animaux qui chappent la vue de l'homme 
et qui sont dous de tous les systmes principaux de l'organisation animale. 
J'aurai l'honneur de faire hommage de cet ouvrage l'Acadmie. Trente- 
huit planches in-folio , graves au burin , d'aprs mes propres dessins, sont 
dj termines. Elles offrent, non-seulement dans toutes les tribus, mais 
dans presque tous les genres, et mme dans la plupart des espces des genres 
des animaux infusoires nus ou pourvus de carapace (bouclier) , les organes 
de la digestion et de la gnration; souvent le systme nerveux; les paquets 
de muscles longitudinaux et moteurs en tout sens des vaisseaux, des bran- 
chies ou organes palpitants; la bouche garnie de dents et les organes de la 
vue. Je possde dans ce moment prs de mille objets anatomiques et 
presque toutes les espces des Infusoires mmes, prpars pour le micros- 
cope , dans le genre de ceux que j'ai eu l'honneur d'envoyer l'Institut. 

Cest pour avoir mconnu si long-temps la vritable organisation des 

38.. 



( 268 ) 

Infu9oires, et oubli, pour ainsi dire , combien les ides de grandeur sont 
relatives et de peu d'importance physiologique, qu'on s'est persuad, par 
erreur, que la simplicit de l'organisation doit tre ncessairement lie sa 
petitesse. 

physiologie. Mmoire sur l'ajustement de l'il aux diffrentes distances; 

par M. Madwoir, de Genve. 

M. Maunoir considre comme un fait dmontr par les expriences de sir 
Everard Home et de Ramsden, que la convexit de la corne varie selon la 
distance de l'objet regard (i). Il n'est pasaussi affirmatif l'gard des preu- 
ves que firent ces mmes physiciens sur un il priv de cristallin la suite 
de l'opration de la cataracte. Pour que ces preuves pussent paratre enti- 
rement concluantes; il faudrait, dit M. Maunoir, qu'elles fussent faites sur 
un il dont aucune partie, except le cristallin, n'et souffert ou n'et 
prouv la plus lgre altration lors de l'opration. On ne peut gure 
esprer que ces conditions soient obtenues d'une manire absolue chez 
les aveugles oprs par les mthodes les plus connues : l'abaissement et 
l'extraction du cristallin. Dans le dplacement ou l'abaissement, on blesse 
la chorode, souvent qelques nefs ciliaires, toujours les procs ciliaires 
qui servent d'attache au cristallin; on refoule celui-ci dans la partie in- 
frieure de l'humeur vitre, en en brisant les cellules; et comme cette 
opration le spare de ses moyens d'union sur le lieu que la nature lui 
a destin et par consquent de ses sources de vie, il devient un corps 

tranger dans l'il et souvent une cause d'irritation Dans 

l'opration de la cataracte par extraction, l'il est soumis une preuve 
qui peut altrer son pouvoir d'ajustement. Je ne veux pas parler de la 
plaie faite la corne, qui doit se gurir par premire intention, et qui 
ne diminue en rien, ni la grande lasticit, ni la transparence de cette 
membrane. Ce qui me donne quelque doute sur la puissance d'ajuste- 
ment d'un il, aprs l'opration la plus heureuse et la mieux faite par 
extraction, c'est le passage du cristallin au travers de la pupille. Le cris- 
tallin opaque, et presque toujours passablement dur, est beaucoup plus 

; 

(i) Le docteur Thomas Young ayant trouv que la facult de voir parfaitement 
diverses distances , n'est pas affaiblie lorsque, l'il tant plong dans l'eau, la lumire 
ne subit aucune rfraction sensible en pntrant dans la corne, a dduit au contraire 
de ses expriences , que la courbure de cette enveloppe n'prouve jamais aucune 
altration. {Note du R.) 



C*fel 

grand que la pupille qui, mme dilate par la belladone, se contracte 
toujours pendant l'opration : il faut pour qu'il franchisse ce dtroit, qu'il 
dilate outre mesure l'ouverture de l'iris, qu'il exerce sur cette membrane 
dlicate, une violence tout--fait inaccoutume et qui pourrait bien affaiblir 
ses fibres musculaires. . . . aucun de ces inconvnients n'a lieu aprs l'o- 

pration de la cataracte par brisement du cristallin C'est donc 

exclusivement sur les personnes opres par brisement, que M. Maunoir 
propose de tenter des expriences sur la facult d'ajustement qui fait 
l'objet de son mmoire. Quant lui, voici ce qu'il a dj observ sur M. Ga- 
briel, g de 17 ans, et auquel le brisement et l'absorption subsquente du 
cristallin a rendu la vue; nous laisserons parler M. Maunoir. 

La vue que M. Gabriel venait de recouvrer tait tellement bonne qu'il 
ne lui semblait pas qu'elle et jamais t meilleure avant l'invasion de la 
cataracte. Son il tait donc admirablement calcul pour montrer si 
un cristallin, susceptible de changement de convexit, tait indispensable 
l'ajustement de la vue aux diffrentes distances. Dans le cas de l'affirma- 
tive, l'il aurait ncessit l'emploi de verres convfltes de diffrents foyers, 
pourvoir des distances varies {vice versa , dans le cas de la ngative, 
l'il opr devait voir d'une manire distincte avec un seul verre 
convexe, d'un certain foyer, des distances trs diffrentes. L'exp- 
rience a prouv que c'est la seconde proposition qui est vraie, c'est--dire 
que le cristallin n'a pas besoin de changer de forme pour l'ajustement de 
l'il. M. Gabriel, qui aime beaucoup la chasse, s'est de nouveau , depuis 
qu'il a recouvr la vue, livr son exercice favori, et toutes les distances 
accessibles, son coup d'il a t aussi prompt et aussi sr qu'il l'tait avant 
l'invasion de la cataracte. Dernirement, il a voulu disputer le prix au til- 
de la carabine; c'tait la premire fois de sa vie; le but tait aoo pas : il a 
tir quatre coups qu'il a tous mis dans la cible, et a gagn un prix. A cette 
distance, il voyait trs nettement le but et tous les objets intermdiaires; 
le verre qui lui avait servi au tir de la carabine, qu'il porte aussi la 
chasse, tait le mme lorsque, chez moi, je l'ai fait lire dans un livre im- 
prim en caractres trs petits, ce qu'il a fait avec la plus grande facilit ; 
puis, lui faisant lever les yeux, je lui ai demand de me dtailler les ta- 
bleaux suspendus de toutes parts dans mon salon ; il les a observs comme 
l'aurait fait une personne doue de la meilleure vue, et m'a dit, sans hsi- 
ter, je les vois parfaitement bien. 

Il n'y a point, dans ces expriences toutes simples, de mesure exacte, 
de calcul, mais elles semblent suffire pour prouver qu'il n'est pas nces- 



( 2 7 ) . 

saire que le cristallin change de forme, pour voir d'une manire distincte 
des distances trs varies (1). 

physique du globe. Note sur la temprature et sur l'coulement des 
sources thermales , par M. Longchamp. 

M. Longchamp admet , avec la plupart des physiciens de notre poque , 
que les eaux thermales doivent leur haute temprature l'tat d'chauff- 
ment dans lequel se trouve l'intrieur du globe. La consquence nces- 
saire de cette opinion , ajoute-t-il, c 1 est que les eaux thermales doivent 
avoir une temprature constante. Quant au volume, je dis que ces 
sources, provenant de profondeurs trs grandes, de bassins probable- 
ment trs spacieux , leur coulement doit tre peu influenc par le plus 
ou moins d'abondance des eaux pluviales. Ainsi, s'il ne s'agit que de mon 
sentiment, je dis que la chaleur des eaux thermales est probablement 
constante, et que leur volume est toujours sensiblement le mme. 
Aprs ce prambule ,* M. Longchamp s'attache prouver que les anciennes 
observations, faites ordinairement sans prcaution et avec des instruments 
dont la graduation n'est pas bien connue , ne peuvent tre invoques pour 
tablir la constance de la temprature des sources thermales. Quant leur 
volume, M. Longchamp affirme qu'au moment o il s'occupa de cette 
question en 1820, il n'y avait que deux sources thermales sur 5 ou 600 
qu'on en compte en France, savoir , les sources du Mont d'Or et de Vichy, 
dont le produit ft connu ; encore le jaugeage n'avait-il t fait que dans 
une seule saison. 

Le Mmoire de M. Longchamp est accompagn de treize tableaux. 



(i) M. Maunoir ajouterait beaucoup l'inte'rt scientifique du travail dont on vient 
dlire l'extrait, s'il profitait de l'occasion favorable que son habilet, comme ocu- 
liste , vient de faire natre, en rpe'tant avec la participation de M. Gabriel les ing- 
nieuses expriences que le docteur Thomas Young excuta sur un certain nombre d'in- 
dividus oprs de la cataracte. Dans les expriences actuelles, on peut craindre que la 
vision distincte et la vision parfaite aient t confondues. Toute incertitude cet gard 
disparatra , au contraire , si M. Maunoir se dtermine oprer l'aide de l'oplometre. 
Avec cet instrument, M. Young trouva que les personnes prives de cristallin, n'ont pas 
la facult de voir parfaitement diverses distances. ( Note du R. ) 






( 2 7 ) 






astiioiyomie mathmatique. Sur la thorie de la Lune ; par M. de Ponte- 
coulant. 

Dans la dernire sance de l'Acadmie , M. Poisson a pris occasion de 
la prsentation d'un mmoire de M. Sdillot , sur les travaux astronomiques 
des Arabes relativement la Lune, pour donner quelques explications 
sur les diffrences que l'on rencontre entre les rsultats de plusieurs go- 
mtres, et notamment dans diverses ditions de Y Exposition du Systme du 
Monde, par rapport l'une des principales ingalits lunaires, celle que 
l'on a nomme la variation. Comme depuis long-temps je m'occupe d'un 
travail sur le mme sujet , et que mon but, en reprenant dans son ensemble 
la thorie del Lune, a t la fois de la simplifier et de rechercher les 
causes qui ont fait attribuer certaines ingalits des valeurs trs dissem- 
blables par les diffrents gomtres qui les ont calcules; comme il m'a 
paru que c'tait une base qu'il tait indispensable de bien tablir avant d'en- 
treprendre de pousser cette thorie plus avant , en attendant que je puisse 
soumettre en entier ce long travail au jugement de l'Acadmie, on me per- 
mettra de profiter de la circonstance qui vient d'appeler son attention sur 
ce sujet, pour prsenter ici le calcul de deux ingalits particulires qui ont 
beaucoup occup les gomtres par la difficult de leur dtermination, et 
dont le calcul , excut par plusieurs d'entre eux, a t, selon moi, jusqu' 
prsent peu exact (i). 

Ces deux ingalits sont du genre de celles que Laplace nomme lon- 
gues priodes, parce que leurs arguments sont indpendants du mouvement 
du Soleil et de la Lune dans leurs orbites , et sont supposs ne varier qu'en 
vertu des changements fort lents du prige et du nud de l'orbite lunaire. 
On sait qu'il existe, relativement ces ingalits, un important thorme 
nonc par Laplace, vrifi par lui dans un cas particulier, et dmontr 
ensuite dans toute sa gnralit par M. Poisson dans son Mmoire sur la 
Thorie de la Lune. Ce thorme consiste en ce que la fonction pertur- 
batrice et sa diffrence , prise par rapport aux coordonnes de la Lune , 
ne renferment aucune ingalit longue priode, eh ayant mme gard 

(i) Il ne s'agit ici, bien entendu, que d'expressions analytiques ; car les ingalits 
dont il est question tant trs petites , leurs valeurs numriques resteront peu prs les 
mmes , et leurs corrections ne peuvent avoir aucune influence sensible sur les Tables de 
la Lune. 



( 2 7 2 ) 
aux termes de l'ordre du carr de la force perturbatrice dans le calcul 
de ces fonctions. La premire consquence qu'on en tire , c'est, que 
ces ingalits longues priodes disparaissent galement de l'expres- 
sion du grand axe et du moyen mouvement ; et il en rsulte un 
moyen de faciliter extrmement le calcul des ingalits du mme genre qui 
peuvent entrer dans l'expression de la longitude, du rayon vecteur et de 
la latitude, et dont la dtermination sans cela serait longue et pnible. 
Laplace a calcul, au moyen de ce thorme, Y ingalit longue priode 
dont l'argument est le double de la distance angulaire du prige au nud 
de l'orbe lunaire, et c'est d'elle que nous allons d'abord nous occuper ici. 
On trouve ce calcul expos en dtail dans la Connaissance des Tems 
pour 1824, mais une lgre erreur de calcul, et l'omission de quelques-unes 
des combinaisons qui doivent contribuer former l'ingalit dont il s'agit, 
ont rendu fautif le rsultat obtenu, et M. Plana, qui dans son impor- 
tant ouvrage (1) a calcul avec un grand soin, et par un procd beaucoup 
plus pnible , la mme ingalit , trouvant sa fixation peu d'accord avec celle 
donne par Laplace, en a conclu que le thorme sur lequel ce grand 
gomtre s'tait appuy tait fautif; ce qui serait, comme on le conoit, 
d'une haute importance pour toute la thorie lunaire, puisque ce tho- 
rme embrasse toutes les ingalits de la mme espce. M. Plana a fait 
plus : dans une discussion approfondie ,. et qui occupe prs de deux cents 
pages dans les deux premiers volumes de son grand ouvrage, ayant calcul 
lui-mme les coefficients de l'ingalit dont il s'agit dans l'expression de la 
fonction perturbatrice R et de la diffrentielle d'R, il a trouv 

45 
R = ~ mVy a cos ( zgt 7.ct). Page i/fi , vol. I er . 

fd' R = -g- w'ey cos ( igt 2ct ). Page 137, idem. 

Or, ces deux quantits doivent tre nulles d'aprs le calcul de Laplace, 
et d'aprs le thorme gnral dmontr par M. Poisson. M. Plana est donc 
conduit des conclusions directement contraires celles de ces deux go- 
mtres, et il les nonce comme devant tre dsormais hors de doute (2). 

(1) Thorie du mouvement de la Lune. 

(2) Il est donc prouv que la valeur de fd'K n'est pas gale zro, etc. Page i36, 
vol. I". Ainsi il est dmontr que l'on n'a pas R' = o lorsque l'on considre les termes 
multiplis par m*, qui entrent dans l'expression analytique du coefficient de l'argu- 
ment (zgt ici). Page i4i , idem. 



( *73 ) 
Comme il s'agit ici d'un point extrmement important de la thorie de 
la Lune, et que l'ouvrage de M. Plana, si estimable d'ailleurs sous tant 
d'autres rapports , est aujourd'hui entre les mains de tous les gomtres 
qui s'occupent de cette thorie, j'ai pens qu'il serait avant tout indispensa- 
ble d'claircir cette difficult, et de signaler l'erreur dans laquelle j'ai cru 
reconnatre qu'tait tomb M. Plana, et qui l'a conduit des conclusions si 
contraires aux rsultats de la thorie. 

Je vais reprendre la dmonstration du thorme dont il est question , 
donne par Laplace, en dveloppant seulement les oprations qu'il n'a 
fait qu'indiquer. 

En dsignant par R la fonction perturbatrice rsultant de l'action du 
Soleil , et conservant les autres notations adoptes dans la thorie de la 
Lune; en ngligeant les termes dpendants de la parallaxe du Soleil et de 
l'excentricit de son orbite, on a 

R = 7 [ i -f- 3(i s*) cos {iv iv ) 3s'] , 

m dsigne ici le rapport des moyens mouvements du Soleil et de la Lune. 

La fonction prcdente peut se dvelopper en une suite ordonne par 
rapport aux puissances et aux produits de l'excentricit de l'orbe lunaire 
et de son inclinaison l'cliptique, et en n'ayant gard qu'aux termes cons- 
tants ou dpendants seulement du mouvement du Soleil, on aura une ex- 
pression de cette forme : 

R = Mm' + H/ra'e 1 -f- Wm*y -f- Lrn'e 1 cos {imt' -2)(i) 

-f- \lm*y % cos (imt' 2) + PmVy cos (20 26) + etc. 

Il est inutile d'avoir gard aux termes de ce dveloppement dpendants 
du moyen mouvement de la Lune', parce qu'il n'en peut rsulter dans R 
que des quantits de l'ordre zra 4 . Pour avoir gard aux termes de R de l'or- 
dre m 3 , il faudra dans cette formule substituer la place de e , y, a et G 
leurs valeurs augmentes des variations Te , J'y , Sa et eT , dues aux 
forces perturbatrices, on aura ainsi 

Rz=Mm t +Km\e+fe) x +ft'm\y+yy+hm\e-\-eycos{zmt l ia> ifa) 
+L'm(>-f-cT7)' cos (imt 1 20 2<T8)-f- P/rceV cos(2o> 26), 



( i ) Nous dsignons par t' le temps introduit par les coordonue'es du Soleil pour la 
distinguer du temps t qui se rapporte aux coordonnes de la Lune. 

C.R. 186, 1" Semestre. 3o, 



( * 7 4) 

et par les formules de la variation des constantes, on a 

nfL , mWP 

<Pe = cos (imt 2a) -4 COS (2gl 2Ct) , 

m-f-c i g c 

i m'yL'i , j m'e'yP 

<Ty = : COS (iml 2a) COS (2g t 2Ct). 

Mais comme les seconds termes de ces valeurs s'abaissent l'ordre zro 
par le diviseur g c qu'elles acquirent et que l'on veut conserver dans 
Ries termes de l'ordre m 3 , il est vident que l'approximation suivante don- 
nerait dans Se et Sy des termes de l'ordre m dpendants des arguments 
imt -f- agt %ct et "xmt 2gt-f- %ct auxquels il faut avoir gard ; en fai- 
sant pour abrger, 

., meyP , .''";# m'e'yP 

<re = cos(2gt 2ct); <r> = cos (2g t 2d), 

gc \ gc 

et substituant e-\-S'e, et y-\- S'y la place de e et y dans les premiers 
termes des valeurs de Se et Sy , on aura 

mL(e+^'e) , , , m'Pey 2 

<fe as ; cos (2ml 2* 2Sa) A cos [2gt 2c/), 

m + c 1 g c ' 

m a L'(y-(-<ry) ' . % m'Pe'y 

<fy == ^ COS (2ml 2a 2<F) COS (2gt 2Cl) : 

m+gi g c 

ou bien , en mettant pour S'e et S'y leurs valeurs et dveloppant les ex- 
pressions rsultantes , 

"* 5 Le . : . , rri-Vey 1 

~e SB cos Vimt 2u 2e!*) -} COS (2gl 2Ct) 

m^LPey ri , . , . 1 . ~\ 

-\ -C0S(2mt4'2gt~2Ct-2a-2M-j-- C0S(2mt-2gl+2Ct-2a-2^a) , 

(m+C-l) (g-c) \_2 ^ S '/a 5 'S 

m *Vv . k n m'Vey* 

<Ty = COS (21711 2 2<T*) COS (2#* 2Cl) 

m + g 1 g c 

-J I - COS (2tnt + 2gl-2Ct-2l-2i) + - C0S.'2TO< 2gt4-2Ct 20-2^6) . 

-T-(m + g-i)(g- c )\_2 v TS ; ^2 6 ^ M 

Si l'aide de ces valeurs on forme celles des carrs {e-\~Se) % , (>+T>)*, 
en ngligeant tous les termes qui seraient d'un ordje suprieur au cin- 
quime, c'est--dire me*y % , et qu'on les substitue dans l'expression d R , 
on trouvera 

!+ (H H') Pm>V cos (2gt 2Ct) 

m 6 L 3 PeV r , , . , . ,"i 

- co$(2mt 2mt +2gt2Ct) 4~ cos(2mt~~2mt 2gtA-2ct) 

(m+c-i)(g-c)[_ ^ 6 ,Zi '.) -I 

m 6 L'^Pe'y ' i i 

-f- : cos (2ml 2mt' 4-2gt2ct)4- cos {2tnt~-2mt' 2glAr2ci ). 

(rn\g-\){g-c)\_ J 



(a 7 5) 

Si dans cette formule on fait t = t', en observant qu'on a ( Connais- 
sance des Tems pour 1 8a4) 

2m'L 2m , L /l 



m 



=1 C-f-2TO*H; ; = l g + 2W H, 

f- c i m -j-g i 



il est vident qu'elle se rduit zro , en sorte qu'on a R = o. 

Pour avoir la diffrentielle d R qui se rapporte uniquement aux coor- 
donnes de la Lune, on doit diffrentiel' la formule prcdente par rapport 
t, en regardant comme constant t ' qui n'est introduit que par les coordon- 
nes du Soleil; on aura ainsi : 

rf'R = [ (2g 2c) -f 4m* (H H') ] m'Pdle'y* cos (ogt ac<) 

wi 6 L a P<ftey < (sm + g ic) sin (m( 2mt' -\-2gl ict) \ 

[m+c i)(g c) \ -\- (im ig -f- 2c) sin (imt im{ igt -j- ict) ) 

ro 6 L' P<fey j (im + 2g 2c) n(2mt 2mt' -f- 2gt act) | 



(m + gi)(g c) 



{(2m-{-2g 2c) sin(2wi 2mt -\- 2gt 2ct) 1 
-f- (2m 2g-\- 2c) sin(2mt 2mt 2gt-l~2ct) i 



Maintenant si l'on fait t t' dans cette formule, et qu'ensuite on l'in- 
tgre, on trouvera 

/r~ m' (H H") ~ 1 

rf'R = 1 + __ c J WPeV sin (a g <- acf) 

L2m 6 L a P J ey > 2m 6 L' a Pey ~| 

(m + c-i)(g-^j _ (m + g-i)(g-c) J C0S (2,t ~ 2C ' ? "' 

quantit qui se rduit zro d'aprs la relation tablie entre les quantits 
L, L', H, H', c et g. 

Ainsi donc en n'ayant gard qu'aux ingalits dpendantes de l'argument 
ia> 26 ou 2gt ict et en poussant l'approximation jusqu'aux quantits 
de l'ordre m 3 , on a la fois 

R'=o, dR=zo et fd'R=o; 

c'est--dire que ces ingalits disparaissent de ces trois fonctions, con- 
formment l'analyse de Laplace. Maintenant si l'on compare le calcul 
prcdent celui qui a conduit M. Plana une conclusion tout oppose, 
il est ais d'en reconnatre l'erreur: ce gomtre au lieu de conserver aux 
valeurs de R, de eTe et S'y la forme que nous leur avons donne, dveloppe 
les cosinus que ces fonctions renferment par rapport aux variations Sa> et 
% qui disparaissent comme on l'a vu dans le rsultat final , ce qui nous a 
dispens de donner leurs valeurs. L'analyse de M. Plana devrait toutefois 
le conduire au mme rsultat que la ntre si elle tait Rigoureusement 

39.. 



( 27 6) 

exacte, mais on voit que M. Plana n'a eu gard dans l'expression de R qu' 
la premire puissance des quantits f et <f, tandis qu'il et d conserver 
encore le carr de ces quantits , qui produisent des termes du mme 
ordre que ceux que l'on considre; en rparant en effet cette omission, 
on trouve que les deux termes dont il s'agit donnent exactement un r- 
sultat gal et de signe contraire la valeur que M. Plana a dduite de son 
analyse pour l'expression de R, en sorte que cette fonction est en effet iden- 
tiquement nulle relativement aux termes dont l'argument serait o.a 26. 
La longueur de cette note m'empche de donner ici la rectification de 
la valeur de l'ingalit de la longitude, dpendante du mme argument, cal- 
cule par Laplace dans la Connaissance des Tems pour 1824, ainsi que je 
l'avais annonc; mais comme mon calcul est fond principalement sur le 
thorme prcdent, il tait indispensable de dissiper les doutes que les 
observations de M. Plana contre son exactitude auraient pu faire natre , 
avant d'en faire usage pour la dtermination de cette ingalit. Cette dter- 
mination sera l'objet d'une seconde note que j'aurai l'honneur de prsenter 
l'Acadmie dans l'une de ses prochaines sances. 

Aprs la lecture de la lettre de M. de Pontcoulant , M. Poisson a pr- 
sent verbalement les rflexions suivantes : 

Les ingalits indpendantes du mois lunaire, comme celle dont l'ar- 
gument est le double de la distance du prihlie au nud, peuvent exister 
dans la longitude de la Lune, quoiqu'elles ne proviennent pas du grand 
axe (comme le croyait M. Plana), ce qui les affaiblit considrablement. 

L'ingalit longue priode proprement dite, est rigoureusement nulle, 
ou du moins elle ne peut pas provenir de l'action du Soleil. Cette propo- 
sition est dmontre dans mon mmoire. 



MMOIRES PRSENTS. 

physiologie vgtale. Addition un mmoire de M. Paul Laurent sur 
le dveloppement dans Veau des racines de lognon commun. 

(Commissaires , MM. de Mirbel , Ad. Brongniart , Richard. ) 

mdecine. Rflexions sur l'emploi de la saigne dans quelques maladies 
graves et sur l'usage des irrigations d'eau froide dans la bouche pour 
attnuer les effets du systme nerveux dtrior; par M. N.-S. Fadre. 









(Commissaires, MM Magendie, Dumril, Double.) 



( 277 ) 
hygine. Mmoire de M. Paulin, lieutenant- colonel des Sapeurs- 
Pompiers de la ville de Paris, sur un appareil destin pntrer dans les 
lieux infects et sur diverses applications industrielles dont ilest susceptible. 

(Ce Mmoire est destin au concours Montyon.) 

mdecine. Journal des vaccinations faites par M. le docteur Boucher, 

mdecin Versailles. 

(Ce travail est adress pour le concours Montyon.) 

physique. Thorie physique de la production de la chaleur atmosph- 
rique ; par M. le docteur Mray. 

(Commissaires, MM. Biot, Gay-Lussac, Dulong.) 



RAPPORTS. 



gologie. Rapport de MM. Brongniart , Cordier et lie de Beaumont , 
rapporteur, sur les [recherches gologiques excutes par M. Charles 
Texier, dans quelques parties de V Asie Mineure pendant la premire 
moiti de l'anne i835. 

L'Acadmie nous a chargs MM. Brongniart, Cordier et moi, d'exa- 
miner un nouveau rapport de M. Charles Texier, relatif la continuation 
de l'exploration de l'Asie Mineure, qu'il excute en ce moment par ordre 
de M. le Ministre de l'Instruction publique. 

L'Acadmie a sans doute conserv le souvenir des communications 
que M. Charles Texier lui a dj adresses par suite des voyages aussi pro- 
ductifs que hardis qu'il a faits en i83f travers l'Asie Mineure ; elle ne 
peut surtout avoir oubli ses observations sur le mont Arge, ancien 
volcan voisin de Csare de Cappadoce, observations qui l'ont mis mme 
d'apprcier et de commenter les rcits du redoutable tremblement de 
terre dont cette contre a t le thtre au mois d'aot dernier. (Voir le 
Compte rendu , p. 23 1 , 1 835. ) 

Le but principal de M. Texier, pendant l'anne i835, devant tre de 
visiter les ctes de l'Anatolie, qu'il avait dj traverse dans plusieurs direc- 
tions, M. l'amiral Roussin, notre confrre, ambassadeur de France 



( a7 8) 

Constantinople , mit sa disposition , au mois d'avril , la golette la M~ 
sange, pour parcourir les les et les ctes de la mer de Marmara. Il se hta 
de profiter de cette facilit, et ds le 4 avril la Msange mit la voile 
malgr l'tat encore peu stable de l'atmosphre. Jusqu'au 19 avril, 
M. Texier parcourut la cte mridionale de la Propontide et les les qui 
la bordent, mais le mauvais temps l'obligea alors de revenir Constanti- 
nople. Vers la fin de juin il reprit cette exploration, et le a5 il passa les 
Dardanelles pour venir explorer la Troade et le golfe d'Adramitti ; il mit 
alors pied terre et se rendit par Pergame aux environs de Smyrne , o il 
se trouvait vers le milieu de juillet. 

Plus tard il parcourut avec la Msange les ctes de la Caramanie, 
mais les rsultats de ce dernier voyage ne sont pas compris dans son rap- 
port actuel. 

Ce rapport contient les rsultats des observations gologiques aux- 
quelles M. Texier s'est livr dans deux parties distinctes et spares de l'Asie 
Mineure, avoir : i sur le littoral mridional de la Propontide et dans les 
les et presqu'les qui la bordent, notamment Prinkipo, Kololimno, Cyzique, 
Marmara ; 2 sur les parties littorales de l'Asie Mineure depuis la Troade 
jusqu'aux environs de Smyrne et la presqu'le Erythre. 

Sur le littoral mridional de la Propontide , M. Texier a quitt la M- 
sange pendant quelques jours pour remonter en canot le fleuve Rhyn- 
dacus jusqu' la ville de Loupad, situe l'entre du lac Apollonius. Cette 
excursion lui a permis de constater la nature et la direction des couches 
calcaires qui forment la chane dirige de l'est l'ouest paralllement la 
cte. L'observation des matriaux charris par les torrents lui a fait connatre 
l'existence de roches trachytiques dans quelques-unes des montagnes de la 
contre. Revenu sur la cte , M. Texier a visit avec la Msange la pres- 
qu'le de Cyzique, qui est forme de deux chanes granitiques , courant de 
l'E. l'O. , comme la chane calcaire voisine. Aujourd'hui le massif de 
Cyzique est rattach au continent par un terrain d'attrissement de deux 
milles de largeur, tandis que dans l'antiquit il n'y tait joint que par un 
pont. 

Plus tard M. Texier visita aussi l'le de Marmara. Il en donne une coupe 
qui indique plusieurs bandes successives de schiste argileux, de granit, de 
marbre blanc , de calcaire d'un grain grossier et de terrain de transport; 
toutes diriges encore peu prs de l'est l'ouest. 

Il y a visit en dtail le vaste ensemble de carrires de marbre blanc, 
compos de plus de mille excavations partielles, que les Grecs, les Ro- 



( 2 79 ) 
mains et les possesseurs plus modernes de ces contres y ont exploites 
successivement. Dans toutes ses excursions, M. Texier a mis un soin par- 
ticulier rattacher ses explorations gologiques, l'origine des matriaux 
qui depuis plus de trente sicles ont t entasss sur ces terres classiques 
dans tant de monuments divers. On conoit aisment l'intrt que de pa- 
reils documents pourront offrir en donnant aux recherches archologiques 
des bases positives qui jusqu' prsent leur ont le plus souvent manqu. 

Ce double genre d'intrt s'attache encore aux recherches lithologiques 
auxquelles M. Texier s'est livr dans la plaine tertiaire de l'ancienne Troade, 
dans les montagnes trachytiques du cap Baba et du golfe d'Adramitti, sur 
le site de l'ancienne ville d'Assos,dont il donne une coupe la fois archo- 
logique et gologique, au milieu des attrissements rapides du fleuve 
Caque qui ont combl le golfe au fond duquel tait btie l'antique le, et 
au milieu de ceux du Mandre qui ont rduit un lac l'ancien golfe du Miler. 
Tous les hommes instruits verront avec un vif intrt les cartes de cette 
terre homrique se couvrir de teintes gologiques, et sauront gr M. Texier 
d'avoir su y clairer l'une par l'autre la Gologie, la Gographie physique 
et l'Histoire. 

La crainte d'abuser des moments de l'Acadmie nous empchera de 
suivre pas pas M. Texier, et de citer dans les environs de Pergame et de 
Phoce, dans la plaine de Menimen et aux environs de Smyrne, tous les 
points o il a observ des trachytes et des tufs trachytiques, des grs 
rouges, des calcaires d'une apparence crayeuse ou d'une texture grossire, 
des calcaires qu'il regarde comme de transition , des marbres de diverses 
natures. Nous devons cependant mentionner son exploration de la pres- 
qu'le Erythre, o il a observ avec soin le gisement des calcaires, fix 
l'inclinaison de leurs couches, et retrouv des carrires de marbre exploi- 
tes par les Romains, o gisent des hlocs taills pour un emplacement 
dsign sur leur surface par une inscription latine encore lisible. Nous 
citerons aussi de jolis croquis topographiques et gologiques d'une por- 
tion du cours du fleuve Pythicus et de la presqu'le de Tos. 

La presqu'le de Tos a fourni M. Texier , relativement l'action des 
tremblements de terre, des remarques curieuses qui terminent son rap- 
port, et qui montrent qu'il ne nglige pas non plus les documents propres 
clairer ce point encore si obscur de la physique du globe. 

Il existait dans la presqu'le de Tos un temple de Bacchus, situ sur 
une minence peu de distance du port. Il tait tout de marbre blanc, 
mais aujourd'hui ce n'est plus qu'un amas de dcombres parmi lesquelles 



( 280 ) 

on trouve des morceaux de superbe sculpture... Des voyageurs ont re- 
marqu, dit M. Texier, que les colonnes du temple de Dlos , renverses 
par un tremblement de terre, sont toutes couches du nord-ouest au sud- 
est. Ici les tambours des colonnes sont couchs les uns sur les autres , 
peu de chose prs dans la mme direction. Le temple d'Apollon Didyme , 
dont les colonnes avaient 5o pieds de hauteur, a t renvers par une 
catastrophe semblable, mais ses colonnes sont couches directement de 
l'ouest l'est. 

Ces rapprochements, et quelques autres du mme genre sont, de la 
part de M. Texier, l'objet de rflexions auxquelles ses recherches qlti- 
rieures donneront sans doute un nouveau degr d'importance. 

Conclusion. 

Le zle et l'intelligence dont M. Texier a continu faire preuve dans 
les observations lithologiques auxquelles il s'est livr dans l'Asie Mineure 
pendant la premire moiti de i835, nous paraissent mriter tout l'intrt 
de l'Acadmie; et pour rpondre aux intentions de M. le Ministre de l'Ins- 
truction publique, qui nous a communiqu ce travail, nous avons l'hon- 
neur de proposer qu'une copie du prsent rapport lui soit adresse. >? 

Ces conclusions sont adoptes par l'Acadmie. 

botanique. Rapport de la section de botanique sur les plans du nouveau 
jardin botanique de Rouen , soumis V Acadmie par le conseil municipal 
de cette ville. 

Le conseil municipal de la ville de Rouen ayant vot une somme de 
cent mille francs, pour crer un nouveau jardin botanique, un concours 
public a t ouvert pour la prsentation des plans de ce nouvel tablisse- 
ment. Parmi ces plans, deux ont particulirement fix l'attention des mem- 
bres du conseil municipal. Dans l'un, les plates-bandes offrent la forme et 
la disposition habituelle qu'elles prsentent dans les coles de botanique , 
c'est--dire qu'elles sont rectilignes et parallles; dans l'autre ce sont des 
cercles disposs concentriquement autour d'un point commun. Partag 
entre ces deux plans qui ont chacun leurs partisans, le conseil municipal 
de la ville de Rouen s'est adress l'Acadmie des Sciences pour savoir 
quel tait celui qui runissant le plus d'avantages mritait de fixer son 
choix. 

Dans sa sance du 29 fvrier dernier, l'Acadmie a renvoy l'examen 
de cette question la section de botanique. 



I 



(*8i ) 
SMs attacher une trop grande inspornice l'un on Vautre des deux 
systmes d'arrangement proposs dans les'deux plans soumis l'Acadmie, 
la action de botanique a ghralement reconnu que la disposition d'une 
cole de botanique par" plates-bandes rectilignes, offrait pour la facilit de 
l'tude et des cultures des avantages su* la disposition par cercles concen- 
triques. 

L'Acadmie approuve les conclusions du rapport. 
'. 

M. Le Prsident donne des nouvelles de la sant de M. Thnard , qu'une 
indisposition tient loign de l'Acadmie depuis plusieurs semaines. Tout 
fait esprer aujourd'hui un prompt rtablissement. 

La sance est leve 5 heures. A 

: 

" 
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres: 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences ; 
i836,ri 10, itf-4*. 

Voyage de MM. de Humboldt et Bonplab, tl e livraison. 

A pratical Treiise on locomotive Engines pdn raiways par M. de 
Pambourg; Londres, i836. 

Transactions ofthe natural Historj Society oj Northumberland t Dut ham 
and iVewcastle upon Tyne;v6). i er , parties i, 2 et 3', et Vol. a*", 4 e partie, 
in-4*. 

Histoire abrge des Drogues simples ; par M. Guibourt; 3 e dition, 2 vol. 
in-8. 

Mmoiresurla Conservation des matires animales ; parM. Gannalud-S". 

Essai sur la dtermination des Centres de gravit; par M. Gaubert; 
in-8\ 

Fragments d'un Trait complet des maladies des voies unitaires chez 
l'homme; par M. Casenave; Paris, i836, in-8\ 

Leons de Chimie lmentaire; par TA. de Girardi; leons 11 14, 
in- 1 2 , Rouen. 

C. R. 1836. i r Semestre. 4 



( 282 ) 

'Annales de Chimie et de Physique; par MM. Gay-Lussac et Arago; 
tome 60, novembre i835; in-8. 

Annales des Sciences naturelles; par MM. Audouin , Milne Edwards , 
Ad. Brongniart et Guillemin; tome 4> dcembre i835, in-8*. 

Bibliothque universelle des Sciences , Belles-Lettres et Arts , rdige 
Genve; novembre i835, in-8*. 

Astronomische Nachrichten; n 3o4, in-4 . 

Bulletin de la Socit industrielle d'Angers et du dpartement de Maine- 
et-Loire j n 1", 7* anne, in-8. 

Bulletin de la Socit de Gographie , 2" srie, tome 4, in-8. 

Bulletin de la Socit gologique de France , tome 7, feuilles 1-7, in-8. 

Annales de la Socit entomologique de France; tome 4 > 4" trimestre , 
i835,in-8. 

Mmorial encyclopdique et progressif des Connaissances humaines ; 
6 e anne, n* 62, in-8. 

Archives gnrales de Mdecine; Journal complmentaire ; 2* srie, 
tome 10, fvrier 18 36, in-8*. 

Journal de la Socit des Sciences physiques , chimiques et Arts agri- 
coles et industriels; sous la direction de M. Julia de Fohtenelle; 4* anne, 
janvier i836, in-8. 

Journal de Chimie mdicale, de Pharmacie et de Toxicologie; tome 2, 
n 6 3,marsi856,in-8. 

Journal de Pharmacie et des Sciences accessoires ; n* 3 , mars 1 856 , in-8*. 

Gazette mdicale de Paris; tome 4 n* u> i836, in-4*. 

Gazette des Hpitaux; n" 2g 3i , tome 10, in-4*. 

Journal de Sant; n* 1 33. 

cho du Monde savant; n* 10 ; in-4 . 

Correspondance mtorologique ayant pour objet de prdire le temps ; 
par M. Morin. Prospectus. 






. 



COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 






SEANCE DU LUNDI 21 MARS 1836. 
PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



CORRESPONDANCE. 

M. le Ministre de la Guerre invite l'Acadmie vouloir bien , conform- 
ment aux dispositions des articles [\i et 43 de l'ordonnance d'organisation 
de l'cole Polytechnique du 3o octobre i832, dsigner les trois membres 
qui doivent faire partie du Conseil de perfectionnement de cette cole, 
pendant le courant de cette anne. 

L'Acadmie reoit : 

i. Un mmoire (transmis par M. le Ministre de V Instruction publique) 
concernant la question qu'elle a propose sur les fivres continues; 

2. Un mmoire de M. Lon de Chanlaire pour le concours au prix de 
mcanique. 

M. Courtois , charg depuis i832, par le Bureau de Bienfaisance de Lille, 
de diriger Y tablissement des bouillons et soupes la glatine pour les 
indigents malades de cette ville, annonce avoir remarqu que, durant tout 
ce temps, l'emploi du bouillon la glatine, comme il le fait, avec 
io kilogrammes de viande pour ioo litres de dissolution glatineuse, a 

C.R. t836. i Semestre. 4 1 



( *U ) 
constamment maintenu les malades et les femmes en couche en bon 
tat; et il adresse deux certificats, l'un de la Commission administra- 
tive des Hospices de Lille, l'autre du Bureau de Bienfaisance de cette ville, 
qui constatent ce rsultat. Ces deux certificats, ainsi que la lettre de 
M. Courtois, sont renvoys la Commission qui dj, depuis quelque 
temps, a t charge de l'examen de plusieurs autres pices relatives 
la question de l'emploi de la glatine comme aliment. 

M. Dumas annonce, ce sujet, qu'il a termin les analyses chimiques 
qui lui ont t demandes par cette Commission, dont il est l'un des 
membres; qu'il a visit les appareils de Lille, Remiremont et Metz, et 
qu'il a recueilli sur les lieux tous les renseignements utiles au travail de 
la Commission. Les expriences chimiques lui paraissent donc assez com- 
pltes pour qu'on puisse les mettre sous les yeux de l'Acadmie ds que 
les expriences physiologiques seront elles-mmes termines. 

M. Fandermaden adresse une copie de la Description qu'il a donne , 
en i833, de nouveaux procds pour diriger une locomotion dans l'air ou 
dans Veau. Cette Description est renvoye MM. Gay-Lussac et Navier, 
dj chargs de l'examen d'un mmoire de M. Robert Heizel, sur la di- 
rection des arostats. 

M. Bazin prsente une pice anatomique qui ne lui parat laisser aucun 
doute sur la manire dont se terminent les bronches. C'est en suivant les in- 
dications donnes par Reisseisen , qu'il a russi faire pntrer le mer- 
cure jusque dans les dernires divisions d'un lobule de poumon de veau. 
Il en rsulte que ce que quelques anatomistes ont considr comme un 
tissu celluleux ou vsiculeux dans lequel se perdraient les terminaisons 
des bronches, n'est que la continuation des ramifications successives des 
bronches elles-mmes. M. Bazin annonce qu'il a aussi vrifi le mode de 
terminaison, ou plutt de continuation des artres et des veines pulmo- 
naires, et qu'il a pu suivre les nerfs bronchiques avec assez de facilit. 

M. de Fincens adresse une Note sur quelques points d'astronomie. 
MM Bouvard, Mathieu et Damoiseau examineront cette Note. 

physique. Sur l'lectricit de contact; par M. Karstejv. 

M. de Humboldt transmet un ouvrage de M. Karsten sur X lectricit de 
contact [voir ci~aprs : Bulletin bibliographique), qu'il accompagne du r- 
sum suivant des opinions de l'auteur. 

t # . Les mtaux et peut-tre tous les corps solides deviennent positifs 



( u85 ) 

dans les fluides, et le fluide dans lequel ils sont plongs prend l'lectricit 
ngative. 

y> a*. Un corps solide, qui est plong moiti dans le fluide, prsente 
une polarit lectrique. La partie plonge possde alors l'lectricit posi- 
tive, et celle qui ne l'est pas, l'lectricit ngative. 

3. Les corps solides prsentent une grande diffrence dans leur force 
lectro-motrice par rapport au mme fluide, et cette diffrence est la vri- 
table cause de l'activit lectrique, chimique et magntique de la chane 
galvanique. 

4*- Si deux lectro-moteurs solides, mais de diffrente force lectro- 
motrice, se trouvent plongs dans le mme fluide, sans se toucher, l'lec- 
tro moteur le plus faible reoit l'lectricit oppose celle de l'lectro- 
moteur le plus fort, et devient consquemment ngativement lectrique. 

5. La moiti du plus faible lectro-moteur, qui dborde le fluide , 
montre pareillement l'lectricit oppose celle de sa partie plonge , 
c'est--dire elle montre l'lectricit positive. 

6*. L'activit lectro-motrice d'un fluide dpend de la proprit d'tre 
rduite par deux lectro-moteurs solides de diffrente force un tel tat, 
que les lectro-moteurs solides en reoivent des lectricits opposes. En 
gnral, tous les fluides qui sont de mauvais conducteurs pour l'lectri- 
cit , possdent la proprit qu'on vient de signaler, mais non les fluides 
qui ne conduisent pas du tout l'lectricit (les huiles, etc.), ni ceux qui sont 
de bons conducteurs (mercure, mtaux mis en fusion, etc.). Cependant 
l'intensit de la force lectro-motrice des fluides ne dpend pas seulement 
de la conductibilit plus ou moins imparfaite, mais encore d'autres rap- 
ports qui ne sont pas jusqu' prsent suffisamment connus. 

7". Les effets lectro-moteurs de deux mtaux , qui forment une 
chane ferme dans le mme fluide, sont fonds sur l'excitation et la neu- 
tralisation continuelles d'lectricits opposes, qui ont lieu dans le fluide. 
Ils sont engendrs par l'action lectro-motrice du plus fort et du plus faible 
des lectro-moteurs sur le fluide; ils sont augments par l'action du plus 
fort lectro-moteur sur le plus faible; ils sont acclrs par le contact im- 
mdiat des deux lectro-moteurs solides lorsque ceux-ci sont bons conduc- 
teurs. 

8 8 . Les changements chimiques qui ont lieu dans le fluide sont, il 
est vrai, en rapport avec la neutralisation des deux lectricits produites 
par les lments solides de la chane; mais ces changements chimiques et 
la neutralisation ne se comportent pas mutuellement comme cause et effet. 

4i.. 



( 286 ) 

9- Dans le systme de chanes qui forme la pile de Volta, les lectri- 
cits opposes sont neutralises compltement par les lments solides de 
chaque chane, c'est--dire parles couples, et il n'y a pas de courant lec- 
trique d'un couple l'autre. 

botanique. Extrait d'une lettre de M. de Paravey sur ce qu'il a trouv 
dans les livres chinois concernant la Rhubarbe. 

( Commissaires, MM. Adrien de Jussieu, Adolphe Brongniart. ) 

Instruit par M. B. Delessert, dont la riche bibliothque botanique est 
ouverte avec une complaisance parfaite tous ceux qui ont quelque re- 
cherches y faire, que M. le baron de Humboldt, dans son voyage Kiachta, 
avait conu des doutes sur la nature de la plante prcieuse qui fournit 
notre rhubarbe officinale; 

Sachant, par M. le docteur Koreff, qu'un prix de trente mille roubles 
tait promis depuis plusieurs annes, en Russie, celui qui introduirait 
des graines non altres de la vritable plante de la rhubarbe : 

J'ai voulu , par l'tude seule des livres chinois ( livres qu'on possde 
Paris depuis plus de cent deux cents ans) , voir si l'on pourrait 
avoir quelque ide de la vritable plante qui donne la rhubarbe la plus 
prcieuse. 

M. de Paravey indique ici les livres chinois o il a puis les documents 
dont il s'agit, et les huit dessins qu'il offre l'Acadmie : parmi ces dessins 
il en est deux qui, tant peints en grand, et complets pour la plupart 
des parties, et l'un deux offrant mme la fleur violette et blanche, sern- 
blent indiquer, dit-il, que ce n'est l ni le rheumpalmatum, ni le rheum 
undulatum qu'on avait supposs jusqu' ce jour, en Europe, tre les 
seules plantes qui donnassent les vraies rhubarbes. 

M. de Paravey remarque que, d'aprs ces livres antiques , on ne doit 
presque jamais employer la rhubarbe crue, et comme le font nos praticiens, 
qui souvent la font prendre en poudre. Il a enfin copi et traduit la partie 
descriptive des diverses plantes cites comme donnant le Ta-hoang , ou la 
rhubarbe , dans le Pen-tsao, ou livre des plantes radicales. 

physique du glore. Nouvelles remarques sur la temprature de plusieurs 
sources thermales des Pyrnes-Orientales ; par M. Legrand. 

Dans un mmoire prsent l'Acadmie, le 2 mars i835, j'ai essay 
de faire voir que le refroidissement progressif de plusieurs sources ther- 



( *8 7 ) 

maies, qui semblait clairement indiqu par la comparaison des tempra- 
tures observes en i^54 par Carrre et en 1820 par M. Anglada, n'avait 
rien de rel et provenait de ce qu'on ne prtait pas aux instruments em- 
ploys le langage qui leur convenait. Pour rendre les observations compa- 
rables j'ai eu recours la table dresse anciennement par Deluc pour cet 
objet, et il en est rsult une concidence surprenante entre les tempra- 
tures observes aux deux poques indiques plus haut. Cependant le ther- 
momtre de Raumur ayant t altr dans son chelle par plusieurs ar- 
tistes, et la table de comparaison de Deluc n'tant pas toujours applicable, 
on pourrait craindre que Carrre n'et mal choisi son instrument, quoi- 
qu'il remplt une mission du gouvernement et qu'il attacht une grande 
importance bien observer la temprature des sources. Mais quelques 
mots suffiront pour montrer que cela n'infirme en rien la conclusion la- 
quelle je suis arriv, et que, dans toutes les hypothses admissibles, la tem- 
prature des sources n'a pas diminu. 

En effet quelles sont les chelles thermomtriques qui ont t em- 
ployes sous le nom de Raumur ? La rponse cette question se trouve 
dans les ouvrages de Martine, Deluc, Cotte, Van-Swinden , Gaussen, et 
dans les renseignements recueillis par une commission de l'Acadmie 
l'occasion du froid de 1776, que j'ai tous lus trs attentivement. En ran- 
geant ces chelles d'aprs le nombre de degrs qu'elles attribuent l'in- 
tervalle de la glace fondante l'eau bouillante, on trouve en premier lieu 
celle de 80 degrs 'gnralement employe aujourd'hui, puis celle que 
Deluc regarde comme la vritable ou primitive et qui comprend 100 de- 
grs, ensuite celle adopte par l'artiste Micheli Ducrest, qui en com- 
prend io5, une autre qui en comprend 110, et enfin une autre qui en 
comprend 11 5. Qu'on ne s'effraie pas de leur nombre malheureusement 
trop grand, mais qu'on veuille bien remarquer qu'il n'y en a qu'une seule 
qui comprenne moins de 100 degrs et que toutes les autres en compren- 
nent un plus grand nombre. 

Cela pos, l'chelle de 80 degrs entranerait un refroidissement consi- 
drable des sources (1), mais aussi elle conduirait admettre que la tem- 
prature habituelle des bains tait Arles de 4o et Vernet de 43* 7 du 
thermomtre octogsimal mercure {voyez Carrre, page 35-38); or je 
ne pense pas qu'on puisse raisonnablement admettre ce rsultat, ni par 

(1) Il ne faut pas perdre de vue que le thermomtre de Carrre tait alcool: ctt 
auteur le dit tout moment. 



( 288 ) 

consquent l'chelle qui y conduit. Aprs l'chelle de 80 degrs vient 
celle de 100 degrs; c'est celle que j'ai employe d'aprs Deluc pour cor- 
riger les observations de Carrre, supposant que son instrument tait un 
vrai thermomtre de Raumur, et l'on sait qu'elle fait justement concider 
les tempratures observes en 1754 et en 1820. Si on la rejette son tour 
comme suspecte, il ne reste plus que celles qui comprennent plus de ioo 
dans l'intervalle de la glace fondante l'eau bouillante; mais alors, les 
corrections faire aux observations de Carrre tant plus grandes que celles 
que j'ai admises dans mon mmoire, les tempratures observes en 1754 
deviendront toutes plus faibles que celles observes en 1820, en les rap- 
portant au mme thermomtre, et la temprature des sources se trouvera 
avoir augment progressivement. Supposons par exemple que le thermo- 
mtre de Carrre ait compris 1 10 degrs de la glace fondante l'eau bouil- 
lante, les tempratures de 55 -jet 70 degrs que Carrre a trouves aux 
sources d'Arles et d'Olette, reviendront 5o et 64 du thermomtre al- 
cool comprenant 100 degrs, et par suite 45* 5 et 56* du thermomtre 
octogsimal mercure, de Deluc : or en 1820, M. Anglada trouvait res- 
pectivement 49 fit 6o pour les mmes sources, et par consquent dans l'in- 
tervalle de 65 ans ces sources auraient gagn l'une 3 | degrs et l'autre 
4 degrs de temprature du thermomtre octogsimal actuel. La compa- 
raison des tempratures observes en 1754 et en 1820, prouve donc que 
la chaleur des sources thermales des Pyrnes-Orientales n'a pas diminu; 
si elle a chang depuis 65 ans, elle n'a pu qu'augmenter. 

Pour ne pas accepter les rsultats de ces observations, on se rejettera 
peut-tre sur les changements qui ont pu survenir dans l'tat des lieux , et 
sur une diffrence dans les points o la temprature a t prise. Mais 
M. Anglada, qui a bien examin les lieux , et qui et t ravi de trouver une 
explication plausible del difficult qui l'arrtait, rejette celle-l sans h- 
siter et ne craint pas d'assurer que dans le plus grand nombre des cas les 
observations de Carrre et les siennes ont t faites aux mmes points. 

Au surplus quand je disque la temprature des sources des Pyrnes- 
Orientales n'a pas prouv de diminution , j'entends une diminution pro- 
gressive et notable , que l'on ne puisse confondre ni avec les variations an- 
nuelles dont je ne nie pas l'existence, ni avec les erreurs de graduation et 
d'observation des instruments. Quant la comparaison des deux thermo- 
mtres , je la crois aussi exacte que s'il s'agissait de deux instruments pris 
aujourd'hui chez l'artiste le plus rput; mais cela ne signifie pas que je la 
croie d'une exactitude parfaite, car j'ai appris mes dpens ne compter 



(*8 9 ) 

sur un thermomtre que quand j'en ai vrifi !e calibre et les points fixes. 
Aussi regarderais-je comme une chose utile de prendre aujourd'hui la tem- 
prature des sources thermales avec un bon instrument qui serait vrifi 
et conserv. 

Depuis la prsentation de mon mmoire , j'ai trouv quelques obser- 
vations qui remontent Tanne 1739, et qui ont t faites certainement 
avec un thermomtre construit suivant la mthode de Raumur. Elles sont 
dues Lemonnier, mdecin, qui fut charg de recueillir des observations 
d'histoire naturelle pendant que Lacaille et Cassini de Thury s'occupaient 
vrifier la mridienne de Paris. Les thermomtres de Lemonnier venaient 
de l'abb Nollet, ou avaient t construits par Lemonnier mme et gra- 
dus par comparaison avec un thermomtre esprit-de-vin de Nollet. Ainsi 
nul doute que la table de comparaison de Deluc ne soit applicable, puisque 
Nollet a'toujours suivi la mthode de Raumur (except qu'il employait la 
glace fondante au lieu de la conglation artificielle de L'eau pour marquer le 
point zro). Or parmi les observations peu nombreuses de Lemonnier j'en 
trouve une qui se rapporte certainement l'un des points o M. Anglada a 
mis son thermomtre en 1820; elle est relative la source qui alimente le 
bassin des bains Arles. Ayant plac mon thermomtre dans cette eau , 
dit Lemonnier, aussi proche de la source qu'il m'a t possible, la Ii- 
queur s'est leve au-del du 55 m * degr. Or en 1 754, Carrre trouvait 
55 ' t degrs pour la temprature de la mme source, et en corrigeant ces 
nombres par la table de Deluc, ils reviennent 49 du thermomtre octo- 
gsimal mercure, qui est prcisment la temprature observe en 1820 
par M. Anglada. Ainsi voil une source qui dans l'espace de plus de 80 ans 
n'a pas prouv de diminution sensible clans sa temprature. Lemonnier a 
aussi observ la temprature des eaux chaudes du Mont-d'Or , en plaant 
son thermomtre le plus prs possible des sources, et ses rsultats corrigs 
par la table de Deluc concident encore parfaitement avec les observations 
les plus rcentes faites aux mmes lieux. 






( 2 9 ) 

MMOIRES PRSENTS. 

phvsiqie. Explication du phnomne que l'on observe en versant de l'eau 
sur des corps chauffs jusqu'au rouge; par M. Baudrimont. 

(Commissaires, MM. Poncelet, Sguier.) 

On a remarqu qu'en introduisant de l'eau dans un vase chauff jus- 
qu'au rouge, elle n'adhre point ses parois, et l'on croyait qu'elle ne 
pouvait acqurir qu'une temprature infrieure ioo degrs, mme lors- 
que le vase tait ferm; d'o l'on avait pens que le principe de l'quilibre 
de temprature dans un espace ferm souffrait une exception dans 
ce cas. 

M. Baudrimont a observ que l'eau verse dans un vase port une 
temprature suffisante pour que le phnomne ait lieu, s'vapore cons- 
tamment sous la pression de l'atmosphre, et qu'en l'introduisant dans un 
vase ferm et muni d'un manomtre , elle produit une quantit de va- 
peur suffisamment indique par l'ascension du mercure que contient cet 
instrument. Il a vu que, dans la plupart des cas, la temprature de l'eau 
ne dpasse pas 5o degrs, et que le temps de son vaporation complte est 
d'autant plus long qu'on l'a employe en plus petite quantit , et que la tem- 
prature du vase se trouve plus leve. Ces expriences ont t varies en 
employant l'acide nitrique, l'acide sulfurique, le sulfure de carbone, l'es- 
prit de bois, l'alcool, l'ther, et l'essence de trbenthine. Le phnomne 
s'est ralis avec chacun de ces liquides, en offrant cela de particulier que 
ceux qui sont inflammables le prsentent encore au milieu de la flamme, 
et que le temps de leur vaporation en devient une fois moins long. Cela a 
encore permis d'observer que la temprature la plus basse laquelle le 
phnomne peut se manifester avec chaque espce de liquide, est trs 
variable, et parat tre en relation avec son point d'bullition. 

M. Baudrimont pense que l'vaporation des liquides suffit pour expli- 
quer tous les faits qui viennent d'tre rapports. Ce serait la vapeur pro- 
duite instantanment par un liquide qui le soulverait, et l'empcherait 
d'adhrer au vase; ce qui le mettrait dans l'impossibilit d'entrer en bul- 
lition et de s'chauffer par communication directe. Comme rchauffement 
ne pourrait plus avoir lieu que de la priphrie vers le centre du liquide, 
il en rsulterait que la vapeur qui se forme constamment le maintiendrait 



( 291 ) 
k une temprature peu leve, par la grande quantit de chaleur qu'elle 
rendrait latente. 

vnalyse mathmatique. Mthode pour la rsolution de l'quation du 
troisime degr une seule inconnue, dans les diffrents cas qui peuvent 
se prsenter ; par M. Maulbon d'Arbaumont. 

(Commissaires , MM. Poisson , Navier, Libri.) 

analyse mathmatique. additions au Mmoire sur la thorie gnrale de 
l'limination (voyez ci-dessus , page 218); par M. Voizot. 

(Commissaires, MM. Lacroix, Poisson, Libri.) 

Ces additions contiennent spcialement une nouvelle dmonstration 
du thorme que l'auteur a tabli sur le degr de la transforme ration- 
nelle d'une quation irrationnelle donne , et une nouvelle manire d'ob- 
tenir cette transforme rationnelle en chassant tous les radicaux la 
fois. 



LECTURES. 






tratologie. M. Geoffroy-Saint-Hilaire annonce que le cas trato- 
logique dont on a fait grand bruit en Europe depuis deux ans sous la for- 
mule d'un ftus humain vomi par un enfant, est maintenant en sa pos- 
session. Son premier aperu sur ce fait, c'est i c que l'objet est vraiment 
un ftus humain , et 2 que le vomissement articul lui parat dmontr. 

M. Geqffroj-Saint-Hilaire va s'occuper d'un mmoire communiquer 
lundi prochain l'Acadmie, o il se flatte de concilier ces deux asser- 
tions. 

gographie physique. M. Bory de Saint- Vincent communique la note 
suivante sur la gographie physique du versant septentrional de l'Espagne. 

Dans un ouvrage sur la pninsule ibrique, j'indiquai, la surface de 
cette contre, quatre versants gnraux dont la physionomie est des plus 
tranches, et qui semblent reprsenter, sur ce point du globe, les pro- 
ductions de ses quatre grandes rgions continentales. Celui que je dsi- 
gnais sous le nom de cantabrique ou septentrional, s'tend peu prs 
sous le mme parallle que les ctes les plus chaudes de notre France 
mditerranenne; il m'avait cependant offert une singulire analogie avec 

C. R. i83C, \" Semestre. 4 2 



( a 9 2 ) 
la Bretagne et le pays deCornouailles, qu'on sait tre situs des latitudes 
si diffrentes. Dans son tendue, qui n'occupe pas moins de sept huit 
degrs de l'est l'ouest, mais seulement la moiti d'un du sud au nord, la 
rigne ne russit gure, et les pommiers l'y remplacent comme dans l'Ar- 
morique. Cependant il s'y trouve des sites qui, prsentant des anomalies 
d'exposition , produisent les vgtaux qu'on regarde comme propres aux 
contres les plus chaudes. Ces anomalies et l'examen approfondi des lieux 
que je n'avais parcourus qu' main arme, mritaient l'attention de quelque 
voyageur instruit qui ft matre de son temps. M. Durieu, officier d'in- 
fanterie retir, qui s'occupe avec le plus grand succs d'histoire naturelle, 
m'ayant consult l'an dernier sur un projet de voyage, je l'engageai ne 
pas se traner dans les parties des Alpes et des Pyrnes que semblent 
avoir us tant de promeneurs et de collecteurs routiniers, mais dporter 
ses investigations dans le prolongement occidental de nos grandes mon- 
tagnes mridionales , que je l'assurai tre plus diffrentes de la chane 
orientale qu'il ne pouvait se l'imaginer. M. Gay, et d'autres amateurs dis- 
tingus de la science , se joignirent moi pour dterminer M. Durieu se 
rendre dans les Asturies. Il l'a fait, malgr les dangers dont il pouvait y 
tre menac. Les rsultats de son excursion sont fort intressants, et je 
crois tre agrable l'Acadmie en lui communiquant une lettre que je 
reois de ce savant explorateur, o 

M. Bory de Saint-Vincent termine cette communication en priant M. le 
Secrtaire de conserver la lettre de M. Durieu, qu'il remet sur le bureau 
pour tre lue dans la sance prochaine. 

chimie. Recherches sur la teinture; par M. Chevrc. 

Deuxime mmoire : Des proportions d'eau que les toffes absorbent dans des 
atmosphres 65, 75 , 80" et ioo de l'hygromtre de Saussure. (Extrait.) 

a Avant de chercher reconnatre les quantits d'eau l'tat de vapeur 
que prennent dans des atmosphres divers degrs de l'hygromtre de 
Saussure , des toffes pralablement dessches, je fis diffrents essais afin 
de constater le procd le plus convenable pour desscher les toffes aussi 
bien que possible; celui auquel j'ai donn la prfrence est le sui- 
vant : 

J'introduis dans un tube courb de o",o3 de diamtre , des quantits 
d'toffe qui n'excdent pas 3 F *'",5 et qui ne sont pas au-dessous de o**,/}; 
la partie courbe du tube o se trouvent les toffes plonge dans un bain 



(*& ) 
-d'huile dont la temprature est maintenue pendant 3 heures 120 """'. 
Les deux branches du tube communiquent chacune avec un tube de verre 
droit rempli de fragments de chlorure de calcium; l'un des tubes droit 
de i m de longueur, reoit d'un soufflet pdale de l'air qui arrive sec dans 
le tube courb, tandis que l'autre tube droit de o m ,aoo de longueur, 
permet l'air qui a pass sur les toffes de s'couler dans l'atmosphre 
aprs qu'il a soulev quelques millimtres de mercure. Les toffes une fois 
sches sont tires rapidement du tube et renfermes aussitt dans une 
capsule de verre mince qui est ferme hermtiquement au moyen d'une 
glace dpolie; c'est dans cet tat qu'on les pse par substitution avec une 
excellente balance de Fortin. 

r> En rptant la dessiccation la mme temprature et durant le mme 
temps dans un tube o le vide tait fait et maintenu et o une quantit 
suffisante de chlorure de calcium absorbait toute la vapeur d'eau qui pou- 
vait se dgager des toffes. Je n'ai point obtenu une dessiccation plus forte 
que par le procd prcdent; et il y a plus, c'est que pour peu que les 
toffes soient un peu presses , la dessiccation ne s'en fait pas aussi bien 
que si elles taient exposes ioo dans une capsule o l'air se renouvel- 
lerait, mme lentement. 

Je fais observer qu'ayant prolong la dure de l'opration jusqu' 
5 heures, je n'ai pas obtenu une dessiccation plus forte que celle qui r- 
sultait d'un sjour des toffes de 3 heures dans le tube. Enfin je n'ai pas 
eu de diffrence notable i en exposant d'abord les toffes dans des at- 
mosphres humides et les schant ensuite ; a en desschant d'abord les 
toffes puis les exposant dans des atmosphres humides. 

Je dpose sur le bureau de l'Acadmie un tableau renfermant les r- 
sultats des expriences que j'ai faites sur 21 chantillons d'toffes de 
chanvre, de lin , de coton, de soie et de laine, l'tat de filasse, de poil 
ou de bourre, l'tat de fil et l'tat de tissu. 

Ce tableau se compose de onze colonnes : la premire comprend les 
noms des chantillons. 

La seconde, les poids des toffes sches pendant 3 heures 120% soit 
dans le vide sec, soit au moyen d'un courant d'air sec. 

La troisime, les poids des toffes aprs 10 jours dans une atmosphre 
65 de l'hygromtre et 20 du thermomtre. 

La quatrime, les poids des toffes aprs 10 jours dans une atmosphre 
75 de l'hygromtre et 20 du thermomtre. 

42.. 



( *)4 ) 

La cinquime, les poids des toffes aprs 10 jours dans une atmosphre 
8o de l'hygromtre et 20 du thermomtre. 

Je m'assurai qu'au hout de 10 jours les toffes taient, en quilibre 
d'humidit avec l'atmosphre ambiante. 

Enfin les six dernires colonnes comprennent les poids des toffes ex- 
poses dans une atmosphre sature de vapeur d'eau la temprature 
de 20 aprs un sjour de 24,96, 192, 288, 3^4 heures, enfin aprs 10 
jours. 

Je ferai remarquer que j'ai fait tous mes efforts pour maintenir cons- 
tamment la temprature et l'humidit aux mmes degrs, je n'oserais pas 
dire qu'il n'y ait eu aucune variation, mais je puis affirmer, que celles 
qui ont eu lieu n'ont exerc aucune influence sur mes rsultats. 









( =95) 



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L'auteur termine par cette conclusion gnrale : 

On voit donc que les toffes de diverses natures chimiques, ne prsen- 
tent pas de grandes diffrences dans les poids d'eau qu'elles sont suscepti- 
blesd'absorber respectivement dans les mmes circonstances.Cependantsi on 
les prenait dans la condition o elles se rapprocheraient le plus de l'tat de 
puret et o elles seraient amenes l'tat physique le plus analogue, il me 
semble que l'on pourrait tablir les rapports suivants, en prenant 100 par- 
ties d'toffe l'tat normal, qu'on exposerait jusqu' saturation dans une 
atmosphre sature d'eau la temprature de 20 . 

100 d'toffe normale de ligneux absorberaient 25 de vapeur d'au. 
100 *oie 29 

100 laine 3a 

chirurgie. Considrations sur les vessies cellules; par M. Civiale. 

Ce mmoire a pour objet les vessies cellules, c'est--dire parois dans 
lesquelles se sont dveloppes des poches, produites par la hernie de la 
membrane muqueuse travers les fibres railles de la couche musculaire. 
L'auteur distingue ces cellules, ces poches, en deux sries, suivant qu'elles 
sont loges entre les divers plans musculeux de la vessie, ou tout--fait ex- 
trieures cet organe. Il expose la manire dont elles prennent naissance 
par les efforts violents et multiplis d'expulsion que rend ncessaires tout 
obstacle au cours naturel de l'urine, et il indique les caractres propres 
faire reconnatre leur existence. Le plus important de ces caractres con- 
siste dans la manire dont sort l'urine ou l'eau injecte qui , au lieu d'un jet 
plein et continu comme l'ordinaire, en forme un irrgulier, saccad et 
intermittent. 

L'auteur s'occupe ensuite du rle que les cellules vsicales jouent dans 
les catarrhes de vessie qu'elles occasionent fort souvent, qu'elles entre- 
tiennent et aggravent toujours, et qui souvent mme sont borns leurs 
seules parois. L es injections frquentes d'eau tide sont le moyen qu'il in- 
dique comme tant celui qui produit les meilleurs effets. Mais c'est surtout 
l'influence des cellules vsicales dans l'affection calculeuse que M. Civiale 
s'est attach dmontrer; il pense que les instruments de la lithotritie sup- 
plent l'insuffisance des autres moyens d'exploration, et qu'avec leur se- 
cours on peut reconnatre si une vessie cellules contient ou non des cal- 
culs, et si ces corps sont libres ou chatonns dans les cellules. 

Enfin il cherche montrer par l'expos sommaire de plusieurs faits , 



(^97) 
que la lithotritie permet mme d'arriver quelques rsultats curatifs. L'un 
de ces faits est celui d'un homme dans la vessie duquel une pierre enkiste 
mettait un prolongement qui fut dtruit jusqu'au niveau des parois du 
viscre, avec diminution notable des souffrances du malade. Un autre se 
rapporte une pierre qu'il fallut aller chercher au fond d'une cellule au 
moyen d'uu instrument construit exprs. Le malade est guri. 

statistique appliqcee a la msdecuxe. Recherches historiques et statistiques 
sur les causes de la peste ; par M. de Si'guh Dupeyron. 

(Commissaires, MM. Magendie, Dumas, Double.) 

M. de Sgur Dupeyron avait dj cherch prouver que c'est principa- 
lement d'Egypte que la peste vient en Europe. Cette proposition n'tant 
pas gnralement admise, il a cru devoir donner plus de dveloppement 
cette partie de ses recherches. 

En parcourant la correspondance des consuls aux Archives des Af- 
faires trangres, M. de Sgur a trouv l'indication de deux circonstances 
qui, dans certains cas, peuvent donner lieu la peste en Egypte. Ces cir- 
constances sont : i la disette ; 2* les fivres malignes. Or la disette est 
produite le plus ordinairement dans le pays dont il s'agit par une trop 
forte ou une trop faible crue du Nil. Aprs une trop faible crue, peu d 
terres ayant t arroses, peu de terres peuvent tre ensemences; aprs 
une crue trop iorte, les eaux mettent beaucoup de temps se retirer, et 
l'poque des semailles se passe avant que tout le grain ait pu tre confi 
la terre. M. de Sgur a ds-lors demand aux crivains arabes la hauteur 
qu'avait atteint le Nil dans le plus grand nombre possible de ses crues, et 
il a cherch si, des annes correspondantes aux trop faibles ou aux trop 
fortes inondations, on ne trouvait pas la peste quelque part. Ses investi- 
gations ne portent d'abord que sur l'espace compris entre le milieu du 
dixime sicle et le milieu du quinzime, attendu que les ouvrages qu'il a 
pu consulter ne relatent les crues que pendant ce laps de temps. 

Sur cinquante cinquante-cinq pestes qui ont eu lieu dans ces cinq 
sicles en Europe, quarante concident avec de trop grands ou de trop 
petits Nil. Le grand ouvrage sur l'Egypte renfermant une table des hau- 
teurs du fleuve depuis 1737 jusqu'en 1800, l'auteur a pu vrifier si dans ce 
nombre d'annes la peste avait rgn en Egypte aprs de mauvaises crues, 
et il a trouv que, sur quatorze pestes qui ont rgn dans cette srie d'an- 
nes, treize concident avec de mauvaises crues qui ont produit la disette. 



( *& ) 
Aprs avoir interrog la correspondance des consuls en Syrie et dans 
les les de l'Archipel, M. de Sgur cherche dmontrer i que la peste 
n'a rgn en Syrie et dans l'Archipel qu'aprs qu'elle s'tait prcdemment 
manifeste en Egypte; i" que la disette n'a t suivie, en Syrie et dans l'Ar- 
chipel, que de fivres malignes et jamais de la peste, moins que la peste 
ne rgnt en Egypte; et il conclut que la famine peut tre considre en 
Syrie et dans les les de l'Archipel comme le principe des mmes maladies 
qu'elle produit partout; mais qu'en Egypte, elle a des rsultats qu'elle n'a 
pas autre part, puisqu'elle y est presque toujours accompagne de la peste. 
Il y a donc en Egypte, dit- il en finissant, un principe particulier qui peut 
exasprer la fivre maligne au point de lui donner tous les caractres de 

la peste, et ce principe n'existe que l. 

9f*q 

chirurgie, w Traitement des rtrcissements de l 'urtre par la dilatation 

brusque rtrograde ; par M. Leroy d'tiolle. 

. 
(Commissaires, MM. Magendie, Larrey, Roux.) 

Le procd propos par l'auteur consiste passer travers les rtr- 
cissements un instrument dispos peu prs comme le sont aujourd'hui les 
brise-pierres, et d'une tnuit proportionne au diamtre du point qu'ils 
doivent franchir. Le dilatateur, ouvert au-del du rtrcissement, est forc 
de le traverser son retour en lui faisant prouver une distension assez 
forte et mme une lgre dchirure. Il suffit, selon l'auteur, de rpter 
cette manuvre pendant cinq six jours pour dtruire des rtrcissements 
trs considrables , contre lesquels avait chou la dilatation et qu'avait 
aggravs la cautrisation. Le caustique, ajoute-t-il, appliqu indistinctement 
tous les rtrcissements serait aussi souvent nuisible qu'utile; c'est surtout 
dans la portion spongieuse de l'urtre que la cautrisation doit tre rare- 
ment employe. Le procd de la dilatation brusque rtrograde n'expose 
pas aux dangers du cathtrisme forc ; et il ne peut tre fait de fausse route, 
puisque ce n'est qu' sa sortie que l'instrument agit. 

A ce premier mmoire M. Leroy d'Etiolle en fait succder un second sur 
un nouveau procd de taille suspubienne. C'est pour rendre cette opration 
plus facile et plus sre qu'il a imagin les instruments qu'il soumet 
aujourd'hui l'examen de l'Acadmie et qu'il a beaucoup simplifis depuis 
leur premire invention. 



( *99 ) 

NOMINATIONS. 

L'Acadmie va au scrutin pour l'lection des trois membres qui doi- 
vent faire partie, pendant cette anne, du Conseil de perfectionnement de 
l'cole Polytechnique. 

MM. Arago , Thnard et Poinsot runissent la majorit absolue des suf- 
frages; et sont, en consquence, dsigns pour faire partie de ce Conseil. 




L'Acadmie apprend avec un vif intrt que la sant de M. Thnard est 
en pleine voie d'un prompt rtablissement. 




Sur la proposition de M. Lacroix, l'Acadmie dcide que la question re- 
lative la continuation des Comptes Rendus hebdomadaires sera discute 
dans le comit secret de la sance prochaine ; et que MM. les Membres 
en seront prvenus par billets domicile. 

La sance est leve 5 heures. F. 







BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences,- 
i836, n ii. 

Analyse d'une carte des Iles Britanniques ;par M. le baron Valckenaer ; 
Paris, i836,in-8*. 

Proceedings ofthe Royal Society ; i835 1836, n a5, in-8. 

Catalogue offossil Fisch , in the collections of lord Cote and sir Philip 
Grey Egerton; Chester, in-8. 

Sur l 'lectricit par contact ( ouvrage ddi M. de Humboldt) , par 
M. C.-J.-B. Karsten; i836, in-8 a . (En allemand.) 

Collection de Planches chirurgicales pour l'avancement de la chirurgie 
pratique; par M. Fboriep; Weimar, i836, in-8". (En allemand.) 

C R. l836. | Semestre. 4^ 



( 3oo ) 

Prcis analytique des Travaux de l'Acadmie Royale des Sciences , 
Belles-Lettres et Arts de Rouen , pendant Vanne 1 835 , in-8. 

Mmoires de la Socit d'Agriculture, Sciences , Arts et Belles-Lettres 
du dpartement de l'Aube; n 09 54 56, Troyes, i835. 

Statistique' du dpartement des Bouches-du-Rhne ; 4 vol. in- 4, avec 
un atlas de planches in-folio ; par M. le comte de Villeneuve ; Marseille ; 
i835. (Rserv pour le concours de Statistique.) 

Mmoire sur les Proprits et l'Analyse de la phloridzine ; par M. de 
Koninck; Louvain, i836, iu-8. 

Manuel pratique des Contre-Poisons ; par M. Hector Chaussier ; 4* di- 
tion, in-16, Paris, i836. (Rserv pour le concours Montyon.) 

Iconographie du Rgne animal de M. le baron Cuvier; par M. F.-E. 
Gijrin ; 38' et 3g e livraison, in-8. 

Magasin de Zoologie; par le mme ; 4* livraison , in-8*. 

Statistique du cantonde Clairvaux ; parM. Pyot; Lous-le-Saunier, i835, 
in-8. 

Tables jurassiennes ; par le mme; in- 12. (Ces deux ouvrages sont r- 
servs pour le concours de Statistique. ) 

S pecies gnral et iconographique des Coquilles vivantes; par M. L.-C. 
Riener ; i5* livraison, in~4. 

Qu'est-ce que la Phrnologie? par M. LELUT;in-8. (Rserv pour le 
concours Montyon.) 

Statistique gnrale de la Chambre des Dputs; par M. Chtelain; 
session de i835, in 4 (Rserv pour le concours de Statistique). 

Proposition de nouveaux Rails pour les chemins dejer ; par M. Dausse; 
Paris, i835,in-8. 

Bulletin gnral de Thrapeutique mdicale et chirurgicale ; par 
M. Miquel ; 5 e anne, tome 10, 5 e livraison, in-8. 

Annales des Mines; 3* srie, tome 8, par M. Dufrnoy; i835, in-8*. 

Gazette mdicale de Paris, n 12. 

Gazette des Hpitaux; n 32 34- 

Journal de Sant, n 1 34. 

cho du Monde savant; n 08 1 1 et 1 2. 



crryi^r<grri 






COMPTE RENDU 

DES SANCES 



DE L'ACADMIE DES SCIENCES, 

mtoom 



SANCE DU LUNDI 28 MARS 1836. 

PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



CORRESPONDANCE. 

M. Sanson adresse un tableau compartiments carrs, dans lequel, sur 
toutes les directions (comme dans les anciens carrs magiques) , la somme 
des chiffres que les compartiments renferment est constante. 

M. Grifoni demande qu'il soit fait un rapport sur son mmoire concer- 
nant l'impossibilit de la trisection de l'angle. 

M. Chassinat rclame un prompt examen du travail qu'il prsenta le 
2 1 dcembre , sur une anomalie anatomique. 

M. Hossard, d'Angers, envoie un paquet cachet. 

M. Deleau demande qu'on ouvre le paquet cachet qu'il avait dpos le 
a novembre i835, et dans lequel on trouvera, dit-il, un appareil instru- 
mental pour l'extraction des calculs de la vessie. L'instrument est destin 
au concours Montyon. 

astronomie. Rponse de M. A m. Sdillot aux nouvelles objections pr- 
sentes sur la dcouverte de la Variation par Aboul Wef, astronome 
du io sicle. 

M. Libri,'dans sa dernire rponse ( Comptes rendus des sances de 
l'Acadmie des Sciences , p. 261 ) la note adresse, le i4 mars, l'Aca- 

C. E. i836. i Semestre. 44 



demie par M. Sdillot, ne s'est pas born lever de nouveaux doutes sur 
la dcouverte d'Aboul-Wef; il a directement reproch M. Sdillot de l'avoir 
inexactement cit, et il a critiqu quelques-uns de ses travaux antrieurs. 
M. Sdillot se trouve oblig de suivre un instant M. Libri sur ce nou- 
veau terrain ; mais aprs avoir dmontr la justesse de ses citations et 
rtabli le vritable caractre de ses premires publications, il consacrera la 
seconde partie de sa lettre la discussion des objections nouvelles de 
M. Libri contre l'authenticit de la dcouverte d'Aboul-Wef. 

M. Libri dclare que non-seulement M. Sdillot, dans son mmoire , 
lui a prt des opinions qui n'taient pas les siennes, mais que mme 
(bien involontairement sans doute) il a dnatur et altr des passages 
de son ouvrage que M. Sdillot paraissait reproduire, mais dans lesquels 
il omettait ou changeait des mots ou des membres de phrase et donnait 
ainsi aux citations un tout autre sens que celui qui rsultait des expres- 
sions de M. Libri. a A l'appui de cette assertion , il parle d'un passage 
du mmoire de M. Sdillot o on lui fait adopter les ides de Delambre, 
qui avait affirm que les Arabes avaient admis sans la moindre modi- 
fication l 'astronomie des Grecs, et o l'on semble rapporter textuelle- 
ment un passage, mais en le tronquant et en le modifiant tellement, 
que cette ide semble en effet ressortir d'une phrase o l'auteur avait 
dit exactement le contraire. 

y> M. Sdillot fait d'abord observer qu'il a d prciser avec soin le der- 
nier terme des connaissances acquises sur les travaux des Arabes, afin de 
montrer toute l'importance de sa dcouverte, qui donnait l'astronomie 
arabe un caractre particulier qu'on s'tait accord lui dnier; il a donc 
recherch dans les auteurs (et M. Libri est le dernier qui ait crit sur la 
matire) si quelques-uns d'entre eux avaient mme souponn ce nou- 
veau progrs des Arabes; il a reconnu que ni Laplace, ni Delambre, ni 
M. Libri, dont le livre paraissait la fin de i835, n'avaient admis une sem- 
blable supposition ; il s'est tonn que M. Libri n'ait point fait usage de la 
lettre qu'il avait adresse au Bureau des Longitudes en i834 (imprime 
dans le Moniteur du 28 juillet) et dans laquelle il annonait que les Arabes 
avaient connu la troisime ingalit lunaire; d'autant que M. Libri n'avait 
pas fait difficult de dire que les algbristes arabes avait trait les qua- 
tions du 3 e degr, quoique cette dcouverte (dont il ne nommait pas, il 
est vrai, l'auteur, M. Sdillot) et t seulement nonce comme celle de 
la variation. 

Or, M. Libri n'a pas mme laiss entrevoir dans son ouvrage que les 



( 3o3 ) 

Arabes aient pu tre les inventeurs d'une nouvelle thorie en astronomie; 
il n'a donc pas t plus loin, sous ce rapport, que Laplace et Delambre, et 
c'est ce que M. Sdillot a cherch tablir dans son mmoire, en faisant les 
citations suivantes : 

L'activit des astronomes arabes , borne aux observations, ne s'est 
point tendue la recherche de nouvelles ingalits , et sur ce point) ils 
n'ont rien ajout aux hypothses de Ptolme; cette vive curiosit qui 
nous attache aux phnomnes jusqu' ce que les lois et la cause en Soient 
parfaitement connues, caractrise les savants de l'Europe moderne. 
(Laplace. ) 

Ce qui est sr, c'est que les Arabes ont admis sans la moindre mo- 
ilification les hypothses de Ptolme, pour lesquelles ils ont montr un 
respect timide et superstitieux. ( Delambre. ) 

Les Arabes n'avaient ni cet esprit d'invention qui distingue les 

Grecs et les Hindous , ni cette perfection dans les arts mcaniques et 

cette persvrance dans les observations qui caractrisent les Chinois 

mais ils mritent une reconnaissance ternelle pour avoir t les 

conservateurs des sciences des Grecs et des Hindous, lorsque ces peu- 
pies ne produisaient plus rien et que l'Europe tait encore trop ign- 
rante pour se charger de ce prcieux dpt. (M. Libri.) 

Est-il vrai que cette dernire citation manque d'exacltade ? On peut 
en juger en la comparant au passage textuel de M. Libri, qme nous rap- 
portons dans son entier : 

Si les Arabes, n'avaient ni cet esprit d'invention qui distingue les Grecs 
et les Hindous, ni cette: perfection dans les arts mcaniques et cette per- 
svrance dans les observations qui caractrisent les Chinois , ils avaient 
en revanche cette force d'un peuple nouveau et victorieux , et ce dsir de 
tout apprendre et de tout expliquer qui les portait s'occuper en mme 
temps d'algbre et de posie, de philosophie et de grammaire. Us mri- 
n tent une reconnaissance ternelle pour avoir t les conservateurs des 
sciences des Grecs et des Hindous, lorsque ces peuples ne produisaient 
r> plus rien et que l'Europe tait encore trop ignorante pour se charger de 
ce prcieux dpt. 

M. Sdillot ne croit en aucune manire avoir donn au passage de 
M. Libri un tout autre sens que celui qui rsulte de ses expressions ; il 
a remplac par des points un membre de phrase qui ne s'applique pas au 
sujet en question, c'est--dire l'astronomie , mais bien l'algbre , la 
posie, la philosophie et la grammaire ; et il prtend de nouveau que 

4^- 



( 3o4 ) 

M. Libri, en disant que les Arabes n'avaient pas Y esprit d'invention 
qui distingue les Grecs et qu'ils ont t les conservateurs des sciences des 
Grecs et des Hindous, et en ne combattant pas dans son ouvrage l'opinion 
de Laplace et de Delambre, qui soutiennent que les Arabes n'ont rien 
ajout aux hypothses de Ptolme, n'admet videmment pas que les Arabes 
aient t sous ce rapport plus loin que les Grecs, seule cbose qu'il impor- 
tait M. Sdillot d'tablir. 

M. Sdillot ne fait pas dire M. Libri que les Arabes ont admis sans la 
moindre modification Yastronotnie des Grecs , puisqu'il est reconnu depuis 
long-temps qu'ils ont corrig leurs tables et mieux dtermin l'obliquit 
de l'cliptique, l'excentricit du Soleil , son moyen mouvement, etc.; mais 
il a cit Laplace et Delambre, qui croient que les Arabes ont adm#sans la 
moindre modification les hypothses de Ptolme, et il a cherch mon- 
trer que M. Libri, clans son ouvrage, n'allait point au-del et que par 
consquent la connaissance de la dcouverte d'Aboul Wef faisait faire \w\ 
pas l'histoire de la science. 

Il est un autre point sur lequel M. Libri critique M. Sdillot. Il dit que 
M. Sdillot a publi {Journal asiatique, mai i834) un mmoire pour d- 
montrer que les Arabes avaient connu aussi la gomtrie de position, tan- 
dis que les problmes que M. Sdillot a rapports appartiennent ce que 
la gomtrie analytique a de plus lmentaire. 

M. Sdillot n'a pas fait un mmoire pour dmontrer que les Arabes 
avaient connu la gomtrie de position; il s'est born rendre compte de 
ce que contenait le manuscrit arabe 1 104 de la Bibliothque du Roi: 

Il a d'abord indiqu un fragment d'un trait d'Algbre qui prouve que 
les Arabes avaient trait les quations du troisime degr, et qui rsout 
cette question trs curieuse de l'histoire des sciences mathmatiques, 

Il a ensuite analys le trait des Connues gomtriques de Hassan-Ben- 
Haithem (geometr celeberrimi , suivant le catalogue de la bibliothque 
Bodleyenne), mort au Caire en io38; il a dit que l'attention donne par 
Ebn-Haithem des questions lmentaires de gomtrie, nous faisait voir 
l'importance qu'il attachait aux principes de la science; que les prlimi- 
naires de son trait permettaient d'apprcier assez exactement la philoso- 
phie mathmatique des Arabes, et que l'on pourrait voir dans ce petit trait 
de gomtrie spculative, les principes de la gomtrie de position. Il s'agit 
en effet dans la gomtrie de position, de faire entrer la situation dans le 
calcul des problmes, et M. Sdillot croit que nos gomtres modernes ne 



( 3o5 ) 

sont arrivs leurs problmes plus compliqus qu'aprs tre passs par 
des vues analogues aux notions tout--fait lmentaires donnes par Ebn- 
Haithem; M. Sdillot persiste dans son opinion. 

Il est temps de revenir au vritable objet de la discussion , c'est-- 
dire la dcouverte d'Aboul-Wef : 

La question de l'ge djf manuscrit, dit M. Libri, ne peut tre dcide 
que d'aprs l'examen du manuscrit; elle ne peut tre en tout cas rsolue 
que d'une manire conjecturale, et en ce qui concerne le sceau, on a 
souvent l'habitude de continuer marquer les livres d'une bibliothque 
du sceau adopt par le fondateur long-temps aprs sa mort; on peut 
galement citer l'exemple de deux princes italiens qui, plusieurs 
sicles de distance, avaient adopt la mme devise. 

M. Libri n'a pas sans doute pris une connaissance exacte de la note 
de M. Sdillot; sans cela, il ne se serait pas mis ainsi en opposition avec 
M. le baron Silvestre de Sacy et M. Reinaud , dont l'avis est d'un si grand 
poids en pareille matire; il aurait aussi reconnu que l'exemple des princes 
italiens ne pouvait tre invoqu l'appui de son opinion, attendu que ces 
princes avaient choisi pour devise un verset des livres saints, et que rien 
ne ressemble moins un verset du Coran que la lgende des sceaux em- 
ploys par les princes de l'Orient; celui du shah Rokh contient ces mots : 
ex libris thesauri ou plutt thesauro librorum sultani magni shah Rokh 
Behadur (fortis). D'un autre ct, si l'on avait continu aprs la mort du 
shah Rokh, i447> ^ e marquer les livres avec son sceau , il serait difficile de 
croire que cet usage se ft prolong jusqu'au-del du dix-septime sicle; 
d'alleurs, il y a cette supposition une rponse premptoire : il existe 
la Bibliothque du Roi des manuscrits ayant appartenu au clbre Olugh- 
Beig, fils et successeur du shah Rokh , et ces manuscrits sont marqus d'un 
sceau particulier , diffrent de celui de son pre. 
- 

M. Libri prte ensuite M. Sdillot, par inadvertance sans aucun 
doute, des opinions qui n'ont jamais t les siennes. 

Ainsi , M. Sdillot n'a dit nulle part que les plus clbres astronomes 
orientaux aient t antrieurs Aboul-Wef. 

M. Sdillot n'a dit nulle part que Nassir Eddin ait copi Ptolme; 
M. Libri a confondu ici les astronomes arabes et tartares, et il a appliqu 
Nassir Eddin ce que M. Sdillot a rapport d'Alptrage. 

M. Sdillot n'a dit nulle part que les plus clbres astronomes arabes 



{ 3o6 ) 

ayant t antrieurs Aboul-Wef, l'on pourrait expliquer par l le silence 
des successeurs de l'astronome de Bagdad; il a dit, au contraire, qu'on ne 
connaissait pas assez les astronomes arabes po&trieurs Aboul-Wef , pour 
soutenir qu'ils aient ignor la variation. 

y> Enfin, M. Libi ajoute : M. Sdillot a t dans l'erreur, lorsqu'il a af- 
firme qu'Ibn-Younis {Ebn Jounis), tant contemporain d'Aboul-Wef , ne 
pouvait pas parler de la dcouverte de la variation , attribue ce dernier; 
si cette dcouverte a eu lieu en 975 , Ebn Jounis, qui crivait en 1007 , ou 
plus de trente ans aprs, se trouvait dans les meilleures conditions pos- 
sibles pour en rendre compte* etc.* 

M. Sdillot a dit non pas qu'Ebn-Jounis ne pouvait point parler de la 
dcouverte d' Aboul-Wef, parce qu'il tait son contemporain, mais que les 
fragments connus d'Ebn-Jounis ne permettant pas de croire qu'il ait su 
l'existence de la- variation, on devait chercher les motifs de son silence 
dans la position respective des deux astronomes : 

Ainsi AbomVWef. observait Bagdadldepuis 97a envia-on, et il est moit 
vers l'an 1 000. 

Ebn-Jourais observait au Caire de 977 1Q07, et il est mort au commen- 
cement de 1008. 

Il est possible que la dcouverte d' Aboul-Wef , que M. Sdillot ne 
place pas aflrtnavenient en 975, mais vers cette poque , n'ait t rendue 
publique que* dans les dernires annes de sa vie ou mme aprs sa mort. 

Il est possible que la dcouverte d'Aboul-Wef n'ait pas t connue 
au Caire' du vivant d'Ebn-Jounis ; les Fathimites. d'Afrique venaient de con- 
qurir l'Egypte-; le Caire avait t fond en 969,; Moez-Eedinillah, premier 
khalife Fthimite en avait fait sa capitale vers 973-; Ebn-Jounis commena 
ses, observations en 977 et les continua presque sans interruption jusqu' 
sa mort r arrive en iqq&; il ne quitta probablement pas le Caire durant 
cette priode; 

Or les khalifes de Bagdad taient ennemis des Fathimites ; menacs 
dailleurs par les dynasties indpendantes qui s'levaient de toutes parts 
dans leur empire , domins par les princes Bowides dj matres de la 
Perse,, ils restaient confins dans l'enceinte de leur capitale, s'entourant 
de gens de lettres et de savants, qui. vivaient dans une profonde retiaite, 
l'abri du. tumulte des guerres, civiles ; 

a II est donc possible, que la nouvelle, de la dcouverte d'Aboul-Wel 
n'ait pu parvenir en Egypte cette poque. 

Au reste,, ce. sont des. conjectures plus ou mains plausibles que des ce- 



(3o 7 ) 

cherches ultrieures pourront confirmer ou dtruire; peut-tre mme la 
troisime ingalit lunaire se trouve-t-elle indique dans les -uures d'Efon- 
Jounis, dont nous ne possdons encore que des chapitres pars; mais il 
n'en est pas moins vrai que tous les doutes levs jusqu' prsent contre 
l'authenticit du manuscrit d'Aboul-Wef, ne s'appuieTit sur aucun argu- 
ment solide. 

. 
astronomie. Lettre de M. Wartmanw, de Genve, M. Arago , sur un 
astre ayant t aspect d'une toile et qui cependant tait dou d'un mouve- 
ment propre. 

La communication faite l'Acadmie royale des Sciences de Paris, 
dans sa sance du i5 fvrier dernier, relative l'toile mobile observe par 
M. Cacciatore , m'engage vous dire aujourd'hui quelques mots d'une d- 
couverte reste ignore depuis quatre ans et demi, et que je n'eusse point 
rappele si elle n'avait une grande ressemblance avec celle du directeur 
de l'Observatoire de Palerme, qui lui donne, en quelque sorte, un nouvel 
intrt (i). 

Au commencement de septembre i83i, je dressai, l'aide d'un ex- 
cellent chercheur de Cauchoix que possde notre Observatoire, une con- 
figuration des toiles tlescopiques du Capricorne, dans le but de faciliter 
quelques amateurs l'observation de la marche d'Uranus. Cette petite 
carte, comme toutes celles que j'avais prcdemment construites pour la 



(i) Pour viter toute mprise, nous devons dire, ds le dbut, que les deux 
astres en question ne sauraient tre confondus. Les observations de M. Warimann 
sont de i83i; celles de M. Cacciatore de i835 ; or pour aller, clans l'ordre des sighes 
ou par Un mouvement direct , de la position qu'indique l'astronome de Genve Celle 
que M. Cacciatore a donne, l'astre mobile aurait d parcourir, en quatre ans, 
prs des trois quarts du zodiaque , ce qui ne peut se concilier avec la lenteur des mou- 
vements observs aux deux poques. 

Voici , en nombres ronds, d'aprs le tableau graphique dont la lettre de M. Wart- 
inann tait accompagne, les positions successives de l'astre mobile de i83i. Peut- 
tre un jour venir ces positions auront-elles un grand inte'rt : 

Heures. Ascensions droites. Dclinaisons australe. 

6 septembre i83i io h \ du soir 3i5 27' 17 28' 

25 septembre i83i 7 h du soir 3i5 9 17 & 

1 5 octobre i83i 8 h du soir 3i4 5z 17 5i 

1" novembre 1 83 1 8 h du soir 3i4 36 17 5g 



( 3o8 ) 

recherche des comtes tlescopiques, donnait les positions des toiles , non 
approximativement, mais avec toute l'exactitude que comporte le procd 
graphique. 

Quelle ne fut pas ma -urprise lorsque, le 6 du mme mois de septem- 
bre, en explorant le ciel 10 heures \ du soir, mon chercheur me fit recon- 
natre qu'une des toiles figures sur ma carte semblait avoir chang de po- 
sition. J'attribuai d'abord cette singularit une erreur de configuration et 
j'prouvai un bien vif dsir de vrifier le fait. Malheureusement les nuits 
suivantes le ciel fut plus ou moins voil par des nuages , et mon impa- 
tience dut se prolonger jusqu'au 25, jour ou je revis enfin l'toile voya- 
geuse occupant de nouveau une position un peu diffrente de celle qu'elle 
avait le 6. Je voulus alors m'assurer si l'une des quatre petites plantes ne 
se trouvait point par hasard dans cette rgion du ciel. Je reconnus 
bientt, au moyen des excellentes phmrides de Berlin du professeur 
Encke , que le point mobile ne pouvait tre un des astrodes. Ds ce mo- 
ment je dressai, sur une grande chelle, une carte de toutes les toiles 
du Capricorne que donne le Catalogue de Piazzi, afin de pouvoir comparer 
des toiles connues les positions successives du nouvel astre, et je notai 
toutes les circonstances remarquables qu'offrit chaque observation. 

Le n i de la carte rduite ci-jointe, reprsente le lieu qu'il occupait 
le 6 septembre 10 heures ~ du soir. Le ciel tait trs pur et la lune cou- 
che ; l'astre , trs distinct, avait l'apparence d'une toile de j me 8 me gran- 
deur, et brillait d'une lumire blanche, ple, sans scintillation. 

Le n 2 indique sa position le %i du mme mois, 7 heures du soir; 
le ciel tait parfaitement serein, et la lune sous l'horizon. L'astre, un peu 
moins apparent que le 6, brillait plus faiblement que l'toile de 7" 8 m * 
grandeur, n 481, heure XX du Catalogue de Piazzi , qui se voyait en mme 
temps dans le chercheur. Observ avec une lunette achromatique de 
Fraunhoffer, de 3i lignes d'ouverture , grossissant 60 fois, il ne paraissait 
que comme un point, sans disque apprciable; sa lumire, toujours ple, 
prsentait une teinte jaune. 

Le n 3 dsigne sa position , le i5 octobre 8 heures du soir. Le ciel 
tait trs clair ; la lune , dans son premier quartier, occupait le Capricorne 
et se trouvait peu de distance de l'astre; aussi celui-ci ne se distinguait 
qu'avec beaucoup de difficult : il avait tout au plus l'apparence d'une 
toile de 9"" 1 o me grandeur, et sa lumire trs affaiblie tait sensiblement 
orange. 

a Le n 4 donne sa position trs exacte, le 1" novembre 8 heures \ du 



( 3o 9 ) 
soir. Quelques lgers nuages se promenaient au ciel et la lune tait sous 
l'horizon. L'astre, compar l'toile le 7" 8"" grandeur, n 443, heure XX, 
du Catalogue de Piazzi, qu'on voyait en mme temps dans le champ du 
chercheur, paraissait plus petit, et tait certainement moins brillant; sa 
lumire, peut-tre plus diffuse encore que le i5 octobre, offrait toujours 
une teinte jaune-orange. Avec la lunette de Fraunhoffer on n'aperce- 
vait qu'un point, difficile distinguer, tandis qu'Uranus se voyait net- 
tement avec une lgre teinte rouge comme d'ordinaire. 

Depuis le 2 novembre jusqu' la fin du mme mois le temps, souvent 
trs beau toute la journe, s'est couvert l'approche de la nuit de brumes 
assez paisses pour voiler les toiles, except dans les deux soires du 10 et 
du ia. Le 10, entre 6 et 8 heures \ du soir, le ciel moiti dcouvert m'a 
permis de diriger les lunettes vers le Capricorne, mais les toiles, instanta- 
nment voiles par des vapeurs et de petits nuages pommels, ne se mon- 
traient qu'imparfaitement, et quelque attention que j'aie mise la re- 
cherche de l'astre imperceptible, je n'ai pu parvenir le dcouvrir. Le 12, 
j'ai fait une autre tentative de 7 8 heures j du soir; le ciel tait parfaite- 
ment pur, mais la lune, en quadrature, se trouvait malencontreusement 
dans le Capricorne, et quoiqu'elle ft situe plusieurs degrs de distance 
du lieu que devait occuper l'astre, et que les petites toiles voisines fussent 
visibles, je n'ai pu, mon grand regret et malgr toutes les peines que je 
me suis donnes, parvenir le retrouver. 

Ds le mois de dcembre plusieurs circonstances runies concoururent 
rendre les recherches de moins en moins fructueuses : le retour du mauvais 
temps, l'astre s'approchant de l'horizon et se plongeant de plus en plus 
dans les vapeurs terrestres en mme temps que le Soleil s'avanait vers lui 
de jour en jour, taient autant d'obstacles qui durent me faire re- 
noncer l'esprance de revoir ce globe ignor avant la nouvelle oppo- 
sition. 

A. l'poque de ma dcouverte, notre ancien observatoire se trouvait 
dmoli, et le moderne, peine achev, n'avait point encore reu les nou- 
veaux instruments (Pquatorial et la lunette mridienne) commands 
Paris. Le cercle rptiteur de Gambey, que possdait l'ancien tablissement 
et qui avait t dmont, n'tait point encore plac dans la tourelle du 
nouvel observatoire destine aie recevoir et o il se trouve aujourd'hui. 
Ces explications font assez comprendre pourquoi j'ai d me contenter de 

G. E. i836. i r Semestre. 4 5 



( 3io ) 

dterminer les positions du nouvel astre au moyen de simples confi- 
gurations , en y apportant toute l'exactitude possible. 

Un certain scrupule, que chacun apprciera, me fit juger convenable 
de ne donner ma dcouverte aucune publicit avant d'avoir fait quel- 
ques observations subsquentes pour bien tudier la nature du mouve- 
ment. Mais, comme je l'ai dit, le temps m'ayant souvent contrari, et en 
outre l'astre paraissant s'enfuir, je me dcidai, vers la fin d'octobre, en 
donner communication au directeur de notre observatoire, M. le profes- 
seur Gautier, qui tait sa campagne. Cet estimable savant, je pourrais 
dire aussi cet excellent ami , toujours plein de zle pour tout ce qui peut 
contribuer au progrs et l'avancement de l'astronomie, me manifesta le 
plus vif dsir de connatre en dtail toutes mes observations , m'offrant 
mme de revenir Genve si la chose tait utile, quoique le ciel, couvert 
depuis plusieurs jours avec une persistance dsesprante, ne donnt aucun 
signe de vouloir s'claircir. Je satisfis avec empressement au vu de 
M. Gautier en lui transcrivant toutes les donnes qu'il m'avait demandes , 
et que je lui adressai au chteau de Vinzel le 1 1 novembre 1 83 1 . 

Je fis aussi part de ma dcouverte l'un de mes correspondants de 
l'tranger, M. le baron de Zach, qui habitait Paris, auquel j'crivis une 
lettre accompagne d'une petite carte cleste , la date du 2 2 octobre 1 83 1 ; 
lettre qui est sans doute aujourd'hui entre les mains de M. le baron de 
Lindenau, Dresde, lgataire de la bibliothque et des papiers de l'il- 
lustre dfunt. 

M. le baron de Zach , dont la bienveillance mon gard tait inpui- 
sable, m'crivit en rponse, le 4 novembre suivant, quoiqu'il ft alors 
trs malade, une lettre extrmement intressante, qui montre toute l'im- 
portance qu'il attachait cette dcouverte. 

Ds le mois d'aot i832 nous crmes devoir, M. Gautier et moi, saisir 
le moment o le Capricorne se montrait de nouveau le soir dans le voisi- 
nage du mridien pour explorer encore cette rgion ; et comme l'astre 
avait eu un mouvement rtrograde tout le temps o je le suivis l'anne 
prcdente, nous no dmes pas le chercher sur le prolongement de sa 
route primitive, mais en-de. Nous employmes, en gnral, des lunettes 
d'un faible grossissement , et les divers chercheurs de l'observatoire, dont 
l'un, qui est de Cauchoix, le mme dont j'ai parl au commencement de 
cette lettre, embrasse un champ de 7 avec un pouvoir arnpliatif linaire 
de 10; mais nos investigations plusieurs fois rptes, au lieu de nous con- 



(3n ) 

duire sur les traces de l'astre, ne servirent, en dfinitive, qu' constater 
sa non-visibilit. 

Faut-il ranger ce globe stellaire clans la classe de ceux dont l'appari- 
tion rare et spontane est venue de loin en loin surprendre les observa- 
teurs, et aurait-il peut-tre quelque analogie avec celui qu'on vit paratre 
tout--coup le ii novembre .1572, dans la constellation de Gassiope, 
lequel, au rapport de Tycho-Brab, aprs avoir brill du plus vif clat, 
changea de couleur, s'affaiblit peu peu, et, au bout de seize mois, dis- 
parut sans avoir sensiblement vari de position (1)? Ou bien tait-ce une 
comte qui, ayant pass son prihlie une grande distance du Soleil, 
s'loignait de cet astre et de la Terre en poursuivant sa trajectoire dans 
les profondeurs de l'espace? Cette dernire hypothse n'est gure admis- 
sible, parce qu'il serait bien trange qu'une comte, vue de la Terre, 
n'et paru parcourir sur la sphre cleste qu'un arc de i dans l'espace 
de 56 jours. Il semblerait plus probable que ce point imperceptible 
est une plante , qui dcrit autour du Soleil une orbite dont le rayon est 
considrable, ce qui expliquerait tout--la-fois la petitesse de l'arc par- 
couru, et comment la plante a pu rester rtrograde pendant 86 jours , 
qui ont d s'couler depuis le moment de son opposition, vers le 7 aot , 
jusqu' l'observation du 1" novembre. Si l'on admet la loi de progression 
des distances au Soleil, suivie approximativement par les autres plantes, 
et qui n'est qu'empirique, il faudrait que cette nouvelle plante ft une 
distance du Soleil peu prs double de celle d'Uranus , exprime par le 
chiffre 388, celle de la Terre au Soleil tant 10; ce qui donnerait environ 
243 ans pour la dure de sa rvolution. | 

anatomie. Lettre de M. Jacquemin , concernant le mode suivant lequel 
l'air pntre des poches pneumatiques de la cavit pectoro-abdominale 
de l'oiseau, dans les diverses pices de son squelette, et particulirement 
sur la situation des ouvertures par lesquelles ce fluide s'avance. 

...J'ai choisi pour exemple un bon volier vieux qui avait vcu en libert 
tel qu'un aigle ou un vautour. Tout l'air qui remplit les os de sa tte vient 
d'une mme source qui est la cavit du tympan. L'air arrive dans cette 
cavit par la trompe d'Eustache et il en sort par quatre pasages. hepre- 

(1) L'immobilit de l'toile de Tycho ; l'immobilit de celle observe plus tard dans 
le Serpentaire par Kepler , tablissent'entre ces astres et celui de M Wartmann , une 
diffrence manifeste et qu'il importe de ne pas perdre de vue. 

45.. 



(3i* ) 

mier est un groupe de trous situ la partie suprieure de cette cavit. 
En les traversant, l'air pntre dans Y occipital, dans la partie cailleuse 
du temporal, dans les paritaux, dans le frontal et enfin dans la lame 
verticale de l'ethmode. Tous ces os sont composs de deux lamelles, l'une 
externe et l'autre intorne, entre lesquelles se trouve du diplo dans les 
cellules duquel l'air circule. Le second est galement un groupe de trous 
plac dans la partie infrieure de la cavit du tympan ct de l'entre 
de l'antivestibulum. Il fournit de l'air au basilaire et au sphnode, qui 
communique avec Wethmoide. Le troisime est le trou de Galvani plac dans 
la paroi postrieure de i'antivestibulum ; il communique avec une cavit 
qui occupe l'espace compris entre les canaux demi circulaires; de cette 
cavit l'air pntre dans le rocher et les parties voisines. Tous les os que 
nous venons de citer communiquent l'un avec l'autre, et ceux d'un ct 
avec ceux de l'autre, de manire que l'air circule librement de cellules 
cellules dans toutes leurs parties. Le quatrime passage est celui qui est 
perc dans lesiphoneum. C'est un petit conduit, osseux cbez les bons vo- 
iiers adultes , membraneux chez les autres. Il est destin conduire l'air 
de la partie infrieure de la cavit du tympan dans la mchoire infrieure, 
en passant par le trou pneumatique situ sur la face suprieure de l'apo- 
physe interne de cette mchoire. Ce mme canal conduit aussi l'air clans 
les cellules places entre les muscles de l'articulation de la mchoire in- 
frieure et le long du muscle ptrygode interne et l'os jugal jusqu' l'apo- 
physe jugale du maxillaire suprieur, pour lui apporter de l'air qui y p- 
ntre par des trous percs dans sa face infrieure. De l, l'air s'avance 
jusque dans Y intermaxillaire. Le lacrymal reoit de l'air par communica- 
tion avec l'ethmode; Vos carr le reoit immdiatement de la caisse du 
tympan par son apophyse suprieure. L'os palatin, levomer, Vomode et le 
jugal , ne contiennent pas d'air; les deux lamelles qui les composent s'ap- 
pliquant immdiatement l'une contre l'autre, il n'y a pas de diplo entre 
elles qui puisse contenir l'air. Les os propres du nez ne sont pneumati- 
ques que dans leur apophyse frontale; l'air leur arrive par communication 
cellulaire avec le frontal. 

Les rsultats auxquels de nouvelles recherches sur la pneumaticit 
des os du tronc et des extrmits m'ont conduit, seront l'objet d'une se- 
conde lettre cpie je prendrai la libert d'adresser prochainement M. le 
Prsident. 

1 

.90v ibaibisq a 



( 3.3 ) 

mcanique. Expriences faites sur la Turbine hydraulique, tablie 
chez MM. J.-C. Davillier et compagnie , au Tissage mcanique a" la- 
vai, prs Gisors , dpartement de l'Eure , par B. Fourneyron (i). 

La turbine hydraulique, tablie chez MM. J.-C. Davillier et compa- 
gnie, Inval, prs de Gisors, a t commande pour mettre en mouve- 
ment un tissage mcanique de /|5o mtiers et leurs accessoires. 

Elle devait pouvoir tourner sous l'eau avec toute sa charge, de manire 
que pendant les temps de dbordenent de la rivire A'Epte, dont elle 
reoit l'eau lorsque le niveau d'aval s'lve A' un mtre environ au-dessus 
de l'tiage, l'tablissement d'Inval ne cesst pas de marcher. 

Elle fut monte et immdiatement mise en activit dans le mois de 
juin i834; mais au mois de fvrier suivant, le bel tablissement d'Inval 
fut incendi et dtruit de fond en comble; il n'en resta peu prs rien 
que la turbine , laquelle on n'a pas mme remarqu la moindre altra- 
tion de forme et de position. 

MM. Davillier viennent de reconstruire l'tablissement d'Inval. Avant 
qu'on le mt dfinitivement en marche, je dsirais faire, sur la turbine 
qui lui sert de moteur, des expriences plus compltes que n'avaient pu 
tre celles de i834- 

MM. Edouard et Henri Davillier, chefs de la maison de Gisors, ont 
bien voulu mettre ma disposition et la turbine et tous les moyens en 
leur pouvoir d'atteindre le but que je me proposais. Ils y ont mme con- 
couru par leur prsence et par celle de leur mcanicien , qui m'a constam- 
ment assist dans toutes les oprations. 

Avant de prsenter le tableau de nos expriences et de leurs rsultats, 
il n'est peut-tre pas inutile d'indiquer la manire dont elles ont t 
faites. 

Manire de mesurer la force. 

L'appareil dont nous avons fait usage pour mesurer la force dveloppe 
par la turbine, est le frein de M. de Prony. 

Construit pour servir mesurer la force de la turbine et de trois au- 

(i) Le ,rle que les turbines semblent appeles jouer prochainement dans l'in- 
dustrie ; l'importance des expriences de Gisors , tant cause de leur exactitude 
qu' raison de la grandeur des effets mesurs , nous ont fait solliciter de l'Acadmie 
la permission de substituer, cette fois, un simple extrait, la note tout entire 
de M. Fourneyron. 



(3i4) 

trs roues hydrauliques fonctionnant clans les divers tablissements de 
MM. Davillier, Gisors et aux environs, ce frein a les dimensions sui- 
vantes : 

Diamtre de la poulie en fonte, tourne exactement la partie que doivent 
serrer les mchoires en bois , i m ,3o8 

Largeur de la poulie ou de la surface frottante , o, fo 

Longueur du frein, ou distance du point o agit le poids l'axe de rotation , 3 , 979 

Pour dterminer la charge que reprsente le frein lui-mme , rap- 
porte l'extrmit du rayon ou m ,979 de Taxe, le frein, avec ses m- 
choires , a t fix sur un axe en forme de couteau, plac au point corres- 
pondant l'axe de rotation , et l'on a pes l'autre extrmit. 

Le poids ainsi trouv a t, dans toutes les expriences, ajout ceux 
qui ont t mis sur le plateau. La somme de ces deux poids a donn la 
charge l'extrmit du frein. 

Le frein n'aurait pu tre appliqu sur l'arbre mme de la turbine sans 
dcaler, et sans enlever une grande roue d'engrenage d'angle place son 
sommet. J'ai prfr , pour ne pas donner lieu ce travail , mesurer la force 
sur un second arbre, command par le premier, au moyen de deux roues 
d'angle; la premire, dont il vient d'tre parl, a 81 dents, et la seconde 
(le pignon) en a 54- 

L'arbre sur lequel la poulie du frein a t cale a donc son axe ho- 
rizontal. 

Il est vident que pour avoir le travail entier de la turbine, ou la force 
qu'elle dveloppe, mesure sur l'arbre mme, il faudrait ajouter la force 
indique par le frein : 

i. Le frottement de l'arbre horizontal sur des tourillons, rsultant 
non-seulement du poids de cet arbre et de tout ce qu'il porte, mais en- 
core de l'effort provenant de la pression exerce sur les dents pour en- 
lever la charge et de la pousse des engrenages ; 

a . Le frottement des engrenages; 

3. Le frottement de l'arbre vertical contre ses collets. 

Pour donner une ide de ce que peuvent tre ces rsistances , j'indi- 
querai les poids 

i. De l'arbre de couche en fonte 1 55o uio 8 r. 

>. 2. Des deux engrenages qu'il porte, un chaque extrmit' 1672 

j) 3. De la poulie et du frein , environ 1 100 

>. Poids support par l'arbre de couche, non compris le poids variable 
appliqu sur le plateau dans chaque exprience 432 



(3.5) 

J'ajouterai que le diamtre des collets est de o m ,2i6 et que le frotte- 
ment a lieu contre des coussinets de bronze. 

J'aurais pu rechercher par le calcul quelle a d tre la force absorbe 
par les rsistances dont il vient d'tre question, mais on sait la difficult 
du choix du coefficient du frottement qui se rapporte aux surfaces sur les- 
quelles on opre et les erreurs qui peuvent s'ensuivre. 

Il m'a sembl plus convenable d'exprimer sparment, d'abord la force 
telle qu'elle a t obtenue indpendamment des rsistances dues aux frot- 
tement des engrenages et des arbres qu'il a fallu mettre en mouvement 
et de prsenter ensuite dans une colonne particulire la force totale 
fournie par la roue, en tchant de dterminer, aussi bien que pos- 
sible, par l'exprience, la portion de force employe pour arriver jusqu'au 
frein . 

Voici le moyen qui m'a paru le plus propre faire connatre quel est, 
l'extrmit du frein, le poids qui reprsente l'effort faire pour vaincre 
la rsistance due aux frottements : 

Aprs avoir charg le plateau du frein, d'un poids gal celui qui a t 
employ dans l'une quelconque des expriences, j'ai fait serrer les m- 
choires assez fortement sur la poulie pour qu'il ft impossible celle- 
ci de tourner sans entraner avec elle et le frein et le poids , comme s'ils 
eussent t de la mme pice qu'elle. 

J'ai fait ouvrir la vanne de la turbine jusqu' ce que l'action de l'eau 
contre les courbes ft assez grande pour lever, mais trs lentement, le 
poids plac l'extrmit du frein. 

On pouvait rgler la vanne de manire que ce poids ne montt pas 
d'un dcimtre en plusieurs minutes. 

Je considrais alors l'action de l'eau comme faisant quilibre au poids 
employ. 

Cela fait, et le poids tant lev une certaine hauteur, sans rien 
changer la position de la vanne, j'ajoutais successivement ce poids un 
nombre de kilogrammes tel qu'il comment dterminer la descente du 
frein et entraner sous la mme lenteur avec laquelle l'ascension s'tait 
faite, l'arbre de couche et la turbine. 

Je supprimais ensuite le poids ainsi ajout, et l'action de l'eau levant, 
comme la premire fois, le poids primitivement employ, j'en concluais 
que le poids ajout pour rompre l'quilibre, devait tre prcisment celui 
qui reprsentait, sur le frein, l'effort faire pour surmonter les rsistances 
passives dont il a t fait mention. 



(3.6) 

Cet effort tant ainsi connu , en le multipliant par la vitesse de son 
point d'application pendant l'exprience o la mme charge (abstraction 
faite du poids qui a rompu l'quilibre) tait place sur le frein, on a, 
pour cette exprience , la force qui a d tre absorbe par les frotte- 
ments. 

Oii bien, si l'on ajoute la charge du frein le poids qui rompt l'qui- 
libre entre cette charge et l'action de l'eau convenablement rgle , la 
somme de ces deux poids, que l'on trouve la quatrime colonne du ta- 
bleau , tant multiplie par la vitesse du point d'application , indiquera le 
travail actif de la turbine , mesur sur l'arbre mme de celle-ci , travail que 
reprsentent la 8 e et la 9* colonne du tableau. 

>> Une srie de dix expriences faites pour diffrentes charges du frein 
a donn des rsultats d'aprs lesquels j'ai pu construire une courbe rgu- 
lire , en prenant pour abscisses les charges sur le frein et pour ordonnes 
les poids correspondants qu'il faut pour rompre l'quilibre. 

Au moyen de ce mode graphique d'interpolation , j'ai obtenu les poids 
qui reprsentent les frottements pour les charges comprises entre celles 
qui avaient t soumises l'exprience dont je viens de parler. 

C'est ainsi que les nombres de la 3 e colonne ont t trouvs. On y 
remarquera que les fractions de kilogramme ont t ngliges. 

I^a 5 e colonne est donne par l'observation. 

On obtient la 6 e en calculant l'expression -^g dans laquelle tt est le 
rapport de la circonfrence au diamtre, R le rayon du frein = 3 m ,979, 
P et n les nombres respectivement correspondants des 2 e et 5 colonnes. 

En divisant chacun des nombres de la 6 colonne par 7a (nombre de ki- 
logrammes levs 1 mtre par seconde qui reprsente la force d'un che- 
val-vapeur) , on forme la 7 e colonne. 

Si , dans l'expression ci-dessus '*_ , on prend les valeurs de P dans 

la 4 e colonne, au lieu de les prendre dans la seconde et si l'on fait le mme 
calcul que pour la 6 e , on formera la 8 e colonne. 

Pour obtenir la 9 e on a divis par j5 les nombres de la 8 e colonne. 

La dtermination des nombres de la 10 e et de la 1 i e colonne sera ex- 
plique dans ce qui va suivre. 

La 12 e colonne se forme en multipliant par 1000 le produit du volume 
dpens en une seconde par la hauteur de la chute. 

En divisant ces divers produits par 75 , on obtient les nombres de la i3 e 
colonne. 



(3. 7 ) 
Enfin les deux dernires colonnes se forment en divisant respectivement 
les nombres de la 6 e et de la 8% par ceux de la 1 1' qui se trouvent placs sur 
la mme ligne. 

Manire de mesurer la chute. 

Afin d'avoir, pour ainsi dire, d'un coup d'il la hauteur de la chute, 
deux flotteurs taient disposs de manire indiquer, chacun sur une 
chelle gradue, l'un la hauteur de l'eau en amont, l'autre celle de l'eau 
d'aval ; la distance d'un niveau l'autre est la chute relle. 

Modes de jaugeage du volume d'eau dpense dans les diverses 

expriences. 

Nous en avons employ deux. Le premier que permettaient l'extrme 
rgularit du canal d'amont et sa disposition , consistait attendre que le 
rgime ft bien tabli dans le canal, pour une ouverture de vanne donne. 
Alors , et sans que la turbine cesst de fonctionner avec la charge du 
frein, on fermait instantanment et d'un seul coup les quatre vannes de 
prise d'eau. 

L'eau continuant s'couler par la turbine, son niveau dans le canal 
commenait baisser de 2 ou 3 centimtres jusqu' un point fixe choisi 
au milieu de la longueur et de la largeur du canal. 

Aussitt que la surface de l'eau (qui coulait bien tranquillement) ar- 
rivait ce point, un signal tait donn ; je faisais partir ce signal l'aiguille 
d'une montre secondes fixes, je comptais haute voix le nombre de se- 
condes qui s'coulaient. 

Lorsque la surface de l'eau avait atteint un second point, fix o m ,o5 
ou o m ,io (selon l'ouverture de la vanne) au-dessous du premier, un second 
signal tait donn et le nombre de secondes que j'avais comptes jusqu' ce 
signal tait not. 

On continuait ainsi jusqu' ce que le niveau de l'eau se ft abaiss 
de o m ,5o et mme de o m ,7o; mais pour tre compltement dans les circons- 
tances au milieu desquelles les expriences au frein taient faites , je vri- 
fiais le jaugeage plusieurs fois et je ne prenais que le temps du premier 
abaissement au-dessous du premier point fixe. 

La surface du canal avait t pralablement mesure. Les murs latraux 
prsentent un talus de 3 de base pour 1 de hauteur, ce qui pour un 
abaissement de o m ,o5 ne fait que 2 { millimtres de diminution de largeur 

C.R. i83, \ tT Semestre. 4^ 



(3i8) 

de chaque cot, diminution dont je n'ai pas cru devoir tenir compte puisque 
la largeur la surface de l'eau tait de 6 m , , jo. 

Il est vident que le vide laiss par l'abaissement de l'eau , reprsente 
exactement le volume qui a pass par la turbine pendant la dure de l'abais- 
sement, et qu'en divisant le volume par le temps exprim en secondes, on a 
la dpense qui a rellement eu lieu pendant l'unit de temps. 

Maintenant que l'on connat cette dpense et la chute sous laquelle elle 
s'est faite, chute qui correspond sensiblement la hauteur moyenne entre 
le commencement et la fin de l'abaissement, on aura toutes les dpenses 
d'eau faites par la mme ouverture de vannes, sous diverses hauteurs de 
chute, en multipliant la dpense trouve par le rapport entre la racine 
carre de ces hauteurs et de celle sous laquelle cette dpense a eu 
lieu. 

Il a t facile de faire de cette manire les jaugeages dont le produit n'a 
pas excd de beaucoup 2 mtres cubes par seconde ; mais pour des vo- 
lumes plus considrables le temps d'abaissement n'tait pas assez long et la 
surface de l'eau assez tranquille pour que l'on pt avoir des rsultats 
aussi exacts que pour de moins grandes quantits. 

Je craignais d'ailleurs de causer quelque dommage aux vannes de prise 
d'eau en les fermant instantanment dans un courant dont la section tait 
de 8 mtres carrs environ et la vitesse de o ra ,5o par seconde. 

Pour mesurer les dpenses d'eau plus grandes que 2 ^ mtres cubes par 
seconde, je me suis servi d'un moulinet de Woltmann, construit dans les 
ateliers mmes de MM. Davillier. Mais afin de m'assurer du rapport des r- 
sultats obtenus par ce moyen ceux que les jaugeages prcdents m'ont 
donns, j'ai opr des deux manires sur le mme courant et j'ai trouv que 
les indications du moulinet taient plus fortes, dans un rapport qui a vari 
de 1:0,92 a 1:0,94. 

Je me contente de faire mention de cette circonstance sans changer 
dans le tableau les rsultats des jaugeages au moulinet de Woltmann , bien 
.que ces rsultats semblent pcher par excs, ce qui diminue le rapport de 
la force produite la dpense. 

On verra la neuvime colonne du tableau , que la force transmise 
par la turbine au premier arbre de couche a vari de 13,77 79 
chevaux-vapeur. Bien que la pression des mchoires contre la poulie dt 
tre norme pour enlever la charge correspondante cette dernire force 
de 79 chevaux nets, les expriences ont pu se faire avec la plus grande faci- 
lit, tant la machine marchait rgulirement et sans secousses. 





( 3. 9 ) 

Je suis assur qu'avec le frein qui a servi ces expriences, il serait 
possible de mesurer la force d'une machine de 120 chevaux et plus, si 
l'arbre qui recevrait la poulie avait la mme vitesse que le ntre. 

Depuis que la Socit d'Encouragement pour l'industrie nationale a 
couronn mon travail sur les turbines en me dcernant le prix de 
6000 francs qu'elle avait mis au concours pour ce sujet, indpendamment 
de la turbine d'Inval dont il s'agit ici, j'ai utilis au moyen de roues sem- 
blables un certain nombre de chutes de hauteurs trs diffrentes. 

Je cite comme une des plus remarquables, la turbine qui fonctionne, 
depuis l't de i834, dans l'une des filatures de coton de M. le baron 
D. d'Eicthal k Saint-Biaise dans la Fort Noire, grand duch de Bade. 

Cette roue, du poids de 5o kilogrammes, quoique toute en fonte et fer, 
est place sous une chute de 22 mtres. La force dont elle est capable, me- 
sure au frein et sur un second arbre, est de 56 chevaux-vapeur. 

Elle a remplac trois roues augets. 

Bientt encore une nouvelle turbine, que je fais construire en ce mo- 
ment , sera pose dans le mme tablissement de Saint-Biaise. 

Son poids, non compris l'arbre, ne sera que de i5 kilogrammes 
environ; 

Elle devra aussi procurer une force de 55 60 chevaux et fonctionner 
sous l'norme chute de 108 mtres de hauteur, que M. le baron 
D. d'Eichtal a eu le courage d'entreprendre et de terminer dans une cam- 
pagne , aprs l'exprience d'un an de sa premire turbine. 

Il ne reste pour la seconde, qu' poser la longue. conduite en fonte 
dont les tuyaux sont dj sur place et en partie prouvs l'huile de lin. 



. 










46.. 



( 3ao ) 
Tableau des expriences faites sur la Turbine tablie par B. Fourneyron chez MM. J.-Ch. 



NUMEROS 

des 
expriences. 



CHAKGE 

applique 

l'extrmit 

du frein. 



kilog. 

93 

io3 
n3 



4 


93 


5 


u3 


6 


i33 


7 


i43 


8 


i53 


9 


i63 


10 


i 7 3 


1 1 


i83 


12 


193 


i3 


2l3 


14 


223 


i5 


243 


16 


i83 


'7 


2o3 


18 


223 


'9 


223 


20 


263 


21 


3o3 


22 


293 


23 


3i8 


24 


343 


25 


3q3 


26 


3 9 3 



POIDS 
qui reprsente 

Ja rsistance 

occasione par les 

frottements, 

rapporte 

l'extrmit 

du frein. 



kilog. 

45 
46 

47 



45 

8 

5i 

52 

53 
54 
55 
56 

57 
58 

59 



55 

n 

58 



60 
62 



62 
63 

64 
65 
65 



CHARGE 

totale 

oppose la 

Turbine , 

rapporte 
l'extrmit 

(lu frein. 



kilog. 

i38 

i49 
100 



i38 
160 
i83 
'94 

2o5 

216 
227 
238 

2 49 
270 

281 
3 02 



a38 
260 
281 
281 



323 

365 



355 
38 1 
407 
458 
458 



NOMBRE 

de tours 

de la poulie 

du frein 

par minute. 



EFFET PRODUIT PAR LA TURBINE. 



NON COMPRIS LES FROTTEMENTS. 



en kilogram. 
levs 1 met. 
pir seconde. 



en force 

de clievaux- 

vapeur. 



COMPRIS LES FROTTEMENTS. 



en kilogram. 

levs 1 met. 

par seconde. 



en force 
de chevaux- 
vapeur. 



CHUTE 

avec laquelle 

la Turbine 

fonctionne. 



Premire srie, la vanne tant ouverte de o m ,09i. 



26,66 
27,00 
24,25 



io33 
n5g' 



i5,4o 

l5,22 



i533 
1676 
1616 



20,44 
22,35 
21 ,56 



1 142 
Deuxime srie, la vanne tant ouverte de o m ,i45. 



2 m o8 

non observe. 
2,20 



49 0O 

44,10 
40,00 
36,60 

35,25 
33,20 
3i ,5o 
3o,oo 
28,00 
24,25 
23,4o 
'97 



l8 99 


25,32 


2818 


37,57 


2076 


2 7> 6 9 


2 9 4o 


39,20 


2217 


29,56 


3o5o 


40,67 


2181 


29,08 


29 5 9 


39,45 


2205 


2 99 6 


3oi 1 


4o, i5 


3o,o6 


2988 


3 9 ,84 


2271 


30,27 


2 979 


39,73 


2288 


3o,5o 


2978 


3 9. b 7 


2252 


30,02 


2go5 


38, 7 3 


21 52 


28,70 


2728 


36,38 


2i56 


a8 >99 


2 74 


36,53 


99 5 


26,60 


2 479 


33, o5 



,,14 



a, 

2, 

2, 12 
2, 10 
2, I I 
2,09 

2 9 
2 ,08 
2,08 
2,07 
2,07 
2,07 



Troisime srie, la vanne tant ouverte de o m ,20o. 



36,77 
34,20 
3i ,00 
33,oo 



2804 
2893 
2880 
3o66 



3 7 , 38 
38,5 7 
38,4i 
40,88 



364, 
3705 
363o 
3864 



48,62 

49 4 
48,4o 
5i ,52 



98 
',9 6 



2,0} 
Quatrime srie, la vanne tant ouverte de o m ,3oo. 



44,20 

37,25 



4844 

47 3 



64,71 
62,71 



5 949 
5665 



79 32 

75,54 



'99 
>94 



Cinquime srie, la vanne tant ouverte de o m ,345. 



45,6o 
42, 5o 
39.00 
36,20 
34,61 



556 7 
563 1 
55 7 4 
5928 
568 



74.23 
75,08 
74,32 

79. 4 

75,57 



6,45 
6747 
6614 
6908 
6o5 



8 9,9 3 

09 9 6 
88,18 
92,1 1 
88,07 



'9 5 

!,9 6 

i,94 
',94 
1 



,88 



JY. B. Pendant toutes ces expriences la Turbine a 



(3,1 ) 
DavilUer et Compagnie _, au tissage mcanique d 'Inval , prs de Gisors, dpartement de l'Eure. 



VOLUME 
d'eau dpense 

par 

la Turbine en 
une seconde 



I ,02O 


1 ,o5o 



1,865 
i,85o 
1,846 
1,840 
.,84a 
1,83^ 
1 ,832 
i,83o 
i,83o 

1,826 

1,826 
1,826 



2, i5o 
2, 140 

2,Io5 

2, 180 



3,635 
3,6oo 



4, i5o 
4,i55 

4,140 

4 '4 
4,080 



FORCE 

MOTRICE DEPENSEE , 

exprime 



en Lilogram. 
levs 1 met 
par second*. 



2122 


23lO 



447 

39 5 9 
3gi3 
3864 
3887 
3829 
3829 
38o6 
38o6 
3 7 8o 
3 7 8o 
3 7 8o 



4 a5 7 
4 r 94 
4020 

4447 



234 
984 



8o 9 3 
8.44 

8o32 
8o32 
7670 



en force 
de chevaux- 
vapeur. 



28,29 


3o,8o 



53,96 

52 .79 
52,i 8 
5i ,52 
5i,82 
5i ,06 
5i ,06 
5o,75 
50,75 
5o,4o 
5o,4o 
5o,4o 



56,76 
55,93 
53, 61 
59,30 



96,45 
93,12 



107,90 
108, 58 
107,09 
107,09 
102,27 



APPORTS 

de l'efict produit 4 la force 

motrice dpense, l'effet 

produit tant mesur 



nir le premier 
arbre 
de couche. 



49 



0,49 



o,47 

0,52 

0,57 

o,56 
o,58 
o,5 9 
o,5 9 
o,bo 
o,5 9 
0,57 
o,58 
o,53 



0,66 
0,69 
0,72 
0,69 



0,67 
0,67 



0,69 
0,69 
0,69 
74 
74 



sur l'arbre' 

mme de la 

Turbine. 



0,72 



0,70 



0,70 

>74 
0,78 

77 
0,77 
0,78 
0,78 
0,78 
0,76 
0,72 

o,bb 



0,86 
0,88 
0,90 
0,87 



0,82 
0,81 



o,83 
o,83 
0,82 
o,86 
0,86 



OBSERVATIONS. 



Le volume d'eau dbite par l'ouverture de vanne de o m ,ogi, a t 
jaug en observant le temps que la surface de l'eau mettait s'abais- 
ser dans le canal , lorsque les vannes de prise d'eau taient fermes. 
La surface du bassin tant de a83 m <- c "-,8o, et l'abaissement de o m ,o5 
en 1 3 secondes et demie ; le volume par seconde = i mit ' cut -,o5 1 pour 
2 m , , ji de chute. 



Le volume d'eau dbite par l'ouverture de vanne de o m ,i45 a t 
jaug comme la i re srie. La surface de l'eau, dont l'tendue 
=sa83 mi:t - car -,8o, a baiss de o m ,io en i5 secondes et demie. 

On a donc : volume dpens par seconde, l m ,86pour a m ,o7 de 
chute. 



Mme mode de jaugeage que prcdemment. La surface de l'eau 
dont l'tendue = a83 mt ' c "-,8o,a baiss de o m ,io en i3 secondes et 
demie. 

Volume dpens par seconde =nm.cub. (1 a pour i m ,go de chute. 



Ls volumes d'eau dbite dans cette srie et la suivante ont t 
trouvs par des jaugeages faits au moyen du moulinet de Woltmann, 
lequel indique un volume plus fort que le mode prcdent, dans un 
rapport qui varie de i : 0,92 1 : 0,94 C'est pour cette raison que 
les rapports de l'effet produit la dpense, dans la 4 e et la 5 e srie, 
sont plus faibles que ceux de la 3 e , au lieu d'tre plus forts. On au- 
rait assez exactement la relation qui existerait entre ces divers rap- 
ports si le mode de jaugeage n'et pas chang , en divisant par o,g4 
tous les rapports ci-contre des 4 e et 5 e sries. 



constamment fonctionn baigne dans l'eau. 



( 3 22 ) 



isoire naturelle. Extrait d'une lettre de M. Gay M. de Blainville , 
date de Valdivia, le 5 juillet 1 835, concernant les habitudes des sang- 
sues au Chili, et la tendance que montrent les reptiles dans le mme 
pays , devenir vivipares. 

Ce qu'il y a de particulier, c'est qu'ici toutes les sangsues vivent 

aussi dans les bois et jamais dans l'eau; je ne puis faire une course, une 
herborisation , sans avoir les jambes maltraites par leurs piqres. Elles 
rampent sur les plantes, les troncs, montent mme sur les arbrisseaux, et 
ne s'approchent jamais des marais ou des rivires; la seule que le hasard 
m'ait fait dcouvrir dans ces endroits est une trs petite espce de bran- 
chiobolelle, qui a la singulire habitude de vivre dans la cavit pulmonaire 
de Xauricula Dombeii ; c'est en dissquant ce mollusque que j'ai eu occa- 
sion de la rencontrer. Dj dans les environ* de Santiago j'en avais dcou- 
vert une autre espce qui vit aussi sur les branchies, mais sur celles de 
l'crevisse. 

Un fait non moins intressant, et qui mrite sans doute votre atten- 
tion , c'est la tendance qu'ont , dans ces rgions australes , les reptiles 
devenir vivipares. Le plus grand nombre de ceux que j'ai dissqus m'ont 
fourni ce fait remarquable. Ainsi, non-seulement l'innocente couleuvre de 
Valdivia met au jour ses petits vivants, mais encore tous ces jolis igua- 
niens , voisins du genre leposoma de Spix , et qu' cause de leurs belles 
couleurs j'ai appel provisoirement chrysosaurus. Les espces que j'ai sou- 
mises cet examen , mme celles qui pondent Santiago , m'ont toutes , 
sans exception , signal ce phnomne; de sorte qu'il m'est permis de le 
gnraliser. Les batraciens m'ont aussi fourni certains exemples de ce 
genre, quoique en gnral ils soient "tous ovipares. Cependant un genre 
voisin des rhinella de Fitzinger, et dont plusieurs espces assez agrable- 
ment peintes font partie de mes collections, m'a constamment prouv 
que ce genre tait constamment vivipare, et venait par consquent aug- 
menter les preuves d'un fait d'autant plus remarquable que tous les exemples 
se trouvent runis dans un rayon de deux ou trois lieues seulement. 

histoire naturelle. Extrait d'une lettre de M. Robert M. de Blainville, 
date de la barre du Sngal, le 19 janvier i83(5, concernant une spirule. 

Je m'empresse de vous faire savoir que nous avons dj recueilli , 
M. Leclencher (chirurgien-major de la Recherche) et moi, la spirule que 
vous m'aviez recommande. 



(3*3) 

Ds que nous emes atteint les les Canaries, le calme nous permit de 
voir flcttter un grand nombre de coquilles appartenant ce mollusque. 
Nous nous mmes immdiatement pcher avec un filet d'tamine, et deux 
ou trois jours aprs avoir pris bon nombre d'animaux mous , de trs petits 
poissons, et de crustacs que nous n'avons pas nglig de conserver, 
M. Leclencher eut la satisfaction de saisir quatre ou cinq spirules, avec 
l'animal plus ou moins bien conserv, par a423' d latitude nord, et 
2022' de longitude ouest. Chaque individu conserve fort heureusement 
intact un ou plusieurs de ses organes, de manire que tous runis pour- 
ront donner l'animal probablement complet, qui est bien loin de ressem- 
bler aux figures que notrs possdons bord. J'ai dessin avec le pins de 
soin possible l'individu le mieux conserv. 

Nous avons reconnu galement que les physalies font leur proie 
habituelle des spirules, ce qui pourrait expliquer la grande raret de l'ani- 
mal entier, et la grande abondance de sa coquille vide. , 

physique du globe. Sur le dgagement du grisou ou hydrogne carbon, 

dans les mines de charbon de terre. 



Les Transactions de la Socit d'histoire naturelle de Northumberland, 
Durham et Newcastle sur Tyne , reues par l'Acadmie dans la dernire 
sance, renferment un mmoire dans lequel M. John Buddle , rend compte 
d'une observation laquelle, dans des vues d'humanit, nous croyons devoir 
donner une prompte publicit. Suivant le clbre ingnieur anglais, les 
chances de trouver des atmosphres explosibles dans les galeries des mines 
de charbon de terre sujettes au dgagement du grisou ou hydrogne 
carbur, sont fort grandes quand le baromtre est bas. Ces atmosphres 
offrent, dit-il, au contraire, des traces peine perceptibles du gaz in- 
flammable , lorsque le mercure, dans le mme instrument, est trs haut. 
La cause de cette fluctuation dans le dgagement du gaz est vi- 
dente, dit M. Buddle. Quand la pression de l'atmosphre est gale la 
force lastique du gaz carbon contenu dans les pores et dans les fissures 
du charbon , les deux fluides lastiques se balancent l'un l'autre. Mais 
si la densit de l'atmosphre diminue , l'quilibre est dtruit : la force 
lastique du gaz prend le dessus et il se dgage. J'observerai cependant 
que l'accroissement dans l'mission du gaz, prcde gnralement de 
quelques instants la chute du baromtre , sans doute cause de la dli- 
catefse de la balance. 

L'explosion qui, le 21 octobre 1821 , fit cinquante-deux victimes dans 



( 3a4 ) 
la mine de ffalls-end, arriva quand le baromtre marquait seulement 
28'""'"',8 anglais (o",73i). 

Nous n'avons pas l'intention de discuter ici la thorie des dgagements 
intermittents du gaz hydrogne qu'adopte M. Buddle; ainsi nous sommes 
dispenss de rechercher si la pression atmosphrique peut galement ap- 
porter quelques modifications dans l'activit de la ventilation des galeries 
souterraines. Notre but a seulement t de signaler l'attention des pro- 
pritaires de mines, une opinion laquelle la longue exprience de 
M. Buddle donne une importance relle. Cette opinion, en supposant que 
des observations ultrieures la confirment, fera connatre aux matres mi- 
neurs les jours o ils devront soumettre une surveillance plus active les 
malheureux ouvriers qui s'obstinent ne pas faire usage de la lampe de Davy. 

Me serai-je beaucoup cart de l'objet de cette note, si je rappelle que 
sur les ctes du royaume de Naples, les mariniers prtendent trouver des 
indices presque assurs des changements de temps , dans la hauteur et dans 
la vivacit des exhalaisons enflammes des les Lipari ? 

mtorologie. Quelques observations sur la formation de la grle ; par 
M. Lecoc , professeur d'histoire naturelle Clermont-Ferrand. 

. Un orage ravagea les environs de Glermont le 28 juillet i835. M. Lecoc 
a cherch quelle avait t sa marche ; il a fait sur ce mtore une enqute 
semblable celle que le vnrable M. Tessiera publie l'occasion du ter- 
rible orage de 1788. Celui du 28 juillet 1 835, dit M Lecoc, prit naissance 
sur l'Ocan vers les 10 heures du matin; la grle commena par ravager 
une partie de l'le d'Olron et particulirement les communes de Saint- 
Pierre et de Saint-George. Le nuage traversa ensuite de l'ouest l'est, le 
dpartement de la Charente-Infrieure o l'arrondissement de Maren- 
ns eut surtout souffrir. Les communes de Saint-Aynant , Saint-Jean- 
d'Angle, Saint-Simphorien , Saint-Sornin, Saint-Just, Arvers , etc. reu- 
rent des grlons dont la grosseur variait depuis celle d'une noisette 
jusqu' la grosseur d'une noix. 

Le nuage franchit la Charente sans rpandre de grle; du moins je n'ai 
pu obtenir aucun renseignement de la prfecture de ce dpartement ; 
mais dans la Haute-Vienne et prcisment vers les limites de la Charente, 
la grle tomba sur plusieurs points de l'arrondissement de Rochechouart. 
Del et en suivant une ligne parfaitement droite de l'ouest l'est, elle 
traversa le dpartement de la Haute-Vienne; midi elle arriva dans la 



( 325 ) 

Creuse, arrondissement de Bourganeuf. Les communes de Faux-Mazu- 
ras, Manzac, Soubrebord, Morterolle, Vidaillac, Saint-Hilaire, LaPouge 
et Saint-Georges furent plus ou moins frappes. L'orage continuant 
suivre la mme direction, atteignit l'arrondissement d'Aubusson et y causa 
de grands ravages. De midi deux heures , d'normes grlons tombrent 
dans les communes de Saint-Amand, Lupersat-Ars , Saint-Avi-le- Pauvre, 
Saint-Sulpice-les-Charnps, La Rochelle, Saint -Maixant, Saint-Ulpinien, 
Maynat, Beissat, Alleyrat, Saint-Silvain-Letrueq, Saint-Aynat, La Chaus- 
sade, Saint-Michel-de-Vesse, Chavanat , Malleret et Banise. A une heure 
et demie le nuage franchissait la limite occidentale du dpartement du 
Puy-de-Dme; un quart d'heure plus tard il versait sur les communes de 
Gelles, Proudines,Saint-Pierre-le-Chastel,Saint-OureetRoure d'normes 
grlons qui , en peu d'instants, couvrirent le sol d'une couche paisse de 
trois pouces. A deux heures , de vritables glaons tombaient sur la lave 
qui s'tend derrire le Puy-de-Dme et se brisaient sur les angles des ro- 
ches volcaniques. Bientt aprs le nuage doubla le Puy-de-Dme, dvasta 
la commune d'Arcines et, de deux heures un quart deux heures et demie, 
il alla terminer son dsastreux voyage sur Clermont et Montferrand. 
Ainsi, en quatre heures et demie, le nuage orageux parcourut un espace 
d'environ 90 lieues. * 

Il est bien digne de remarque que la grosseur des grlons alla sans cesse 
en augmentant pendant toute la dure du mtore. Dans la Charente-In- 
frieure, ces grlons taient presque sphriques et peu abondants. Leur 
nombre et leur volume s'taient dj notablement accrus dans la Haute- 
Vienne; mais c'est prs d'Aubusson qu'ils acquirent le grand dveloppe- 
ment et la forme ovode qu'on leur trouva aussi Clermont. 

Le nuage au sein duquel la grle s'laborait n'tait pas trs lev. On 
peut mme indiquer sa hauteur avec une certaine exactitude, puisqu'on 
sait que le grand Puy-de-Dme ne reut aucun grlon, tandis qu'il en 
tomba abondamment sur le petit, 1200 mtres. 

A Clermont, aprs l'orage, MM. Bouillet et Lecoc trouvrent sur des 
plantes du jardin botanique, de nombreux grlons intacts, gros comme 
des ufs de poule, et quelques-uns qui atteignaient le volume d'un -uf 
de dinde. Ils avaient tous une forme ellipsodale. Une multitude d'ai- 
guilles taient implantes vers les deux extrmits du grand, axe. Elles 
avaient 18 lignes et mme 2 pouces de long. Celles de ces aiguilles sur les- 
quelles la fusion n'avait pas fait trop de progrs, laissaient encore voir tks 
traces de prismes hexagones termins par des pyramides six faces. M.;L- 

47 



( 3a6 ) 

coc croit que les parties hrisses des grlons, taient leurs ples de rota- 
tion. Quelques grlons offraient des aiguilles, mme dans les rgions qua- 
toriales, mais elles y taient comparativement peu dveloppes. 

Le 2 aot, les environs de Clermont furent grls de nouveau. Cette 
fois, M. Lecoc se trouva dans les nuages mmes o s'engendrait le m- 
tore. Ses observations ne tendent rien moins qu' renverser de fond en 
comble la clbre explication de Volta. Nous accomplirons donc un de- 
voir en les donnant ici telles que l'auteur les a rdiges sur place, et sans y 
changer un seul mot. Si l'on se rappelle d'ailleurs que l'Acadmie a tout 
rcemment, et deux reprises diffrentes, choisi la thorie de la grle 
pour sujet de son grand prix de mathmatiques; que des physiciens trs 
habiles ne sont pas parvenus vaincre les difficults du problme, on ne 
s'tonnera pas de l'tendue que nous donnons cet extrait. 

Je partis de Clermont, dit M. Lecoc, six heures du matin, et je m'levai 
su rie plateau qui domine la ville l'ouest. Je cherchais les limites de la grle 
du 28 juillet, afin de dterminer, en suivant les contours du terrain ra- 
vag , la forme du nuage qui avait apport le mtore. J'arrivai 10 heures 
la base du Puy-de-Dme par un temps magnifique et par le soleil le 
plus ardent. 

Des nuages blancs s'tendaient sur le mont Dore, mais le Puy-de-Dme 
se dtaphait admirablement sur l'azur du ciel. Des ptres que je question- 
nais sur les effets de la grle du 28, m'engagrent regagner au plus vite 
le hameau de la Baraque, si je voulais viter l'orage, qui d'aprs eux ne 
pouvait manquer de venir bientt nous assaillir. L'espoir de voir avec d- 
tail une de ces magnifiques scnes dont l'atmosphre est le thtre, me 
dtermina au contraire atteindre le plus tt possible le sommet du Puy- 
de-Dme, et avant midi j'tais assis sur cette norme pyramide, promenant 
mes regards sur un immense horizon. Le vent d'ouest qui rgnait depuis le 
matin, amena bientt quelques nuages abaisse's qui passaient quelques 
mtres au-dessus de ma tte ; mais le soleil reparut encore. Je vis ensuite 
d'autres nuages se dtacher du mont Dore et arriver prs de moi chasss 
par un vent du sud assez violent que je ne ressentis cependant que vers 
une heure. En voyant ainsi des nuages volumineux marcher dans deux 
directions, je ne doutai pas un instant de la formation de la grle, et mes 
doutes se changrent bientt en ralit. 

Tant que les deux couches de nuages ne furent pas superposes, il n'y 
eut aucun signe de grle; seulement ceux qui venaient du sud et qui taient 
les moins e'ievs se runissaient par petits groupes qui semblaient se prci- 



(3*7) 

piter les uns sur les autres et formaient de gros nuages noirs , pais et pe- 
sants, que les vents ne dplaaient qu'avec peine. Ils se mouvaient cepen- 
dant vers le nord. Le dessous du nuage s'allongeait, offrant une norme 
protubrance; puis des torrents d'eau s'en chappaient, inondant des es- 
paces trs circonscrits. Ds qu'une grande quantit d'eau tait sortie du 
nuage, celui-ci, devenu plus lger, tait de nouveau emport par le vent et 
disparaissait l'horizon. Ce phnomne se renouvela plusieurs fois dans 
l'espace d'une heure; mais alors le vent d'ouest avait accumul une grande 
quantit de nuages qui formaient un large rideau tendu sons la vote du 
ciel. Le vent du sud poussait sous cette couche de vapeurs , de nouveaux 
nuages blancs qui arrivaient avec vitesse. Lvent devint violent et trs froid 
au sommet du Puy-de-Dme. La couche des nuages infrieurs n'tait pas 
uniforme comme la suprieure, mais compose d'normes flocons colors 
qui marchaient dans le mme sens des distances ingales et avec des vi- 
t-esses diffrentes. Des clairs trs vifs les illuminaient de temps en temps, 
et la foudre, sous forme de sillons de lumire, passait d'un flocon l'autre. 
Quelquefois mme un clair prolong semblait traverser au mme instant 
l'espace qui spare le Puy-de-Dme du mont Dore. Tous ces phnomnes se 
passaient dans la couche infrieure des vapeurs; jamais je ne vis l'tincelle 
lectrique traverser la couche d'air qui sparait les deux couches de nuages. 
Je voyais de loin la grle se prcipiter des nuages infrieurs et tomber sur 
le sol. Je la vis distinctement 5o mtres du sommet du Puy-de-Dme et 
en face de moi. Le nuage qui la laissait pancher avait les bords dentels 
et offrait dans ses bords mmes un mouvement de tourbillonnement qu'il 
est difficile de dcrire. Il semblait que chaque grlon ft chass par une 
rpulsion lectrique; les uns s'chappaient par-dessous , les autres en sor- 
taient par-dessus. Enfin ils partaient dans tous les sens, et seraient invi- 
tablement arrivs sur le so! dans une foule de directions, si le vent du sud, 
infrieur au vent d'ouest , ne les avait tous dirigs vers le nord. Aprs 5 
6 minutes de cette agitation extraordinaire laquelle les bords antrieurs 
des nuages semblaient seuls participer, la grle cessa, l'ordre se rtablit et 
le nuage grle qui n'avait pas cess de s'avancer trs vite, continua sa 
route vers le nord, laissant apercevoir dans le lointain quelques tranes 
de pluie qui arrivaient peine sur le sol et paraissaient plutt se dissoudre 
dans la couche infrieure de l'atmosphre. 

J'attendais une seconde scne comme celle laquelle je venais d'assis- 
ter, lorsqu'un clair immense illumina toute la couche infrieure du nuage 
dont un des bords touchait le sommet du Puy-de-Dme. Je crus tout d'un 

47- 



( 3a8 ) 

coup que j'tais plong dans une vive lumire, et je ressentis un malaise 
gnral qui n'avait peut-tre d'autre cause que la frayeur dont je fus saisi. 
Je descendis le Puy-de-Dme avec une grande vitesse, et craignant d'tre 
atteint par les grlons ou du moins d'tre inond par l'orage, je fus cher- 
cher un asile dans une grotte creuse dans la base du Puy-de-Cme et qui 
m'avait servi d'abri une autre fois. Le sommet du Puy-de-Dme tant cach 
dans le nuage orageux, il et t imprudent d'y rester plus long-temps. 

Aprs avoir remarqu la direction de l'orage et m'tre repos un ins- 
tant de ma fatigue et de ma frayeur, j'atteignis le Puy-de-Cme, magnifi- 
que observatoire qui me rapprochait encore des nuages. Il tait 2 heures 
et l'tat du ciel me faisait craindre de nouvelles averses que je voulais cher- 
cher viter. Je me- dirigeai alors vers le Puy-des-Goules, loign d'une 
petite lieue du sommet du Puy-de-Cme, et je m'levai sur ses flancs vers 
3 heures. Le ciel tait peu prs dans le mme tat; les deux couches de 
nuages existaient encore et le vent du sud trs froid soufflait avec force sur 
les flancs de la montagne : il amenait un nouveau nuage grle qui parais- 
sait trs charg et dans lequel je fus plong pendant environ 5 minutes. 
Les grlons taient nombreux et les plus gros atteignaient peine le vo- 
lume d'une noisette ; ils taient forms de couches concentriques plus ou 
moins transparentes, arrondies ou lgrement ovales : ils taient tous ani- 
ms d'une grande vitesse horizontale ; mais l'attraction de la montagne 
semblait les dvier un peu, et plusieurs tombrent sur ses flancs. Un grand 
nombre vint me frapper sans me faire le moindre mal, puis ils tombaient 
aussitt qu'ils m'avaient touch. La majeure partie du nuage passa au- 
dessus de ma tte, et j'entendis distinctement le sifflement des grlons, ou 
pluttun bruit confus form d'une infinit de bruits partiels que je ne pou- 
vais attribuer qu'au frottemenfde chaque grlon contre l'air. Le nuage qui 
passa au-dessus de ma tte et dans lequel la grle tait toute forme, ne la 
laissa chapper qu'une demi-lieue au-del du point o je me trouvais. Une 
petite portion cependant se rpandit sur le flanc nord de la montagne qui 
intercepta sa marche, et je pus recueillir dans un flacon un certain nombre 
de grlons. J'essayai l'eau par divers ractifs, et j'obtins un trouble trs sen 
sible avec le nitrate d'argent et le muriate de baryte. 

Tous les grlons taient anims d'un mouvement de rotation trs ra- 
pide, mais dans des sens diffrents, autant que j'ai pu en juger en exami- 
nant leur mouvement lors de leur chute sur la forme de mon chapeau 
que je leur prsentais aussi horizontalement que possible. Plusieurs au- 
tres nuages chargs de grle arrivrent encore du sud , et soit sur un point 



(3*9) 

soit sur l'autre, il grla sans interruption depuis une heure jusqu' quatre 
sur toute la chane du pays depuis le mont Dore jusqu'au-del de Riom 
et de Volvic. 

Entre 4 et 5 heures la grle cessa, les- nuages ne formaient plu* qu'une 
seule couche; mais ils prsentaient souvent le phnomne que j'avais ob- 
serv le matin, c'est--dire qu'ils se groupaient, puis versaient la lueur 
des clairs une norme quantit d'eau. Le vent du sud avait cess, celui 
d'ouest soufflait seul et chassait ces trombes effrayantes. 

mtorologie. Extrait du Journal du brick le Candide (de Manille), 

command par Ml Gabriel Lafond , concernant des aurores observes 

dans l'hmisphre austral (i). 

Le i4 janvier 1 83 1 , tant par la latitude 4'5 sud, et par fa longitude 
du centre de la Nouvelle-Hollande, nous vmes une aurore australe. Les 
aurores vues dans l'hmisphre nord ayant t appeles borales par les 
savants, il est naturel de donner le nom d'australes celles vues dans l'h- 
misphre sud. Le sicle dernier, il y a eu de grandes discussions sur ces 
phnomnes et sur leur cause 

Le 1.4 janvier, dans la position o se trouvait le navire, le soleil s'tait 
couch 7 heures 3o minutes; mais la nuit se fit seulement g heures, 
et mme, long- temps aprs, une grande clart existait l'horizon, et 
quelques degrs au-dessus, dans la partie de l'Q. S. O. et S. 0. O. ; l'am- 
plitude vraie tant ce jour de 3o sud. A n heures, cette clart diminua 
considrablement, et minuit l'obscurit tait presque complte, le soleil 
se trouvant alors vis--vis la partie la plus sud du globe, par rapport 
nous. A minuit et demi, des rayons de lumire parurent dans la partie du 
N. E.; ils commenaient 3o au-dessus de l'horizon , et se dirigeaient vers 
notre znith. A une heure, ces rayons devinrent beaucoup plus lumineux 
et plus brillants, et s'tendirent davantage vers le nord. A deux heures, ils 
taient dans leur plus grand clat, et embrassaient toute la partie du ciel 
comprise entre le N. N. E. et le N. O. du compas, depuis io au-dessus de 
l'horizon jusqu' io ou j 5 au-del de notre znith. 

(i) Les mtorologistes ont dj recueilli un bon nombre de descriptions d'aurores 
polaires observes dans l'hmisphre sud ; mais, si notre mmoire ne nous Uompe pas;, 
personne avant M.. Lafond n'avait vu ces lueurs atmosphriques au nord du znith, par 
la faible latitude de .\5". Sans aimiter, pour le moment, notre remarque plus d'im- 
portance qu'il ne f;iu_t, nous cfiron,s [u' l'poque des observations de M. Lafond, l'ai- 
guille aimante ti'rzontare des variations diurnes de l'Observatoire de Paris, avait 
une marche trs ir-v.'-ulire. 



( 33o ) 

Le temps tait clair, le ciel dgarni de nuages, et le vent frais, de la 
partie du S. O. Les rayons de cette lumire taient forms par un brouil- 
lard ou ds nuages unis, un peu opaques;* elle tait plus vive et plus 
forte dans les endroits o le brouillard semblait le plus pais; l elle avait 
une couleur rose obscur, qui venait se fondre dans les intervalles, un 
blanc et un jaune ple. 

Ces rayons vacillaient parfois, et l'on pouvait alors croire entendre un 
bruissement, qui n'tait cependant que l'effet de la vue de ce mouvement 
sur l'imagination. Dans d'autres instants, ces rayons se mouvaient plus 
lentement, et ressemblaient aux ondulations d'une mer profonde; enfin, 
pour donner une ide juste de ce spectacle par une comparaison qui, quoi- 
que vraie, peut paratre peu digne d'un effet si majestueux et si grandiose, 
que l'on se figure un vase rempli d'eau, plac dans une cour forme par 
de hautes murailles; si le soleil, dans un beau jour, claire la partie de la 
cour o est plac le vase, son image est alors rflchie par l'eau qu'il con- 
tient, sur la muraille qui est l'ombre. Si vous remuez le vase, le 
liquide, mis en mouvement, rflchira successivement les rayons du so- 
leil dans toute sorte de directions. 

La clart que ces rayons rpandaient tait assez vive pour qu'on pt 
lire avec facilit une impression trs petite. Pour m'en convaincre, je fis 
apporter un volume in-8 de Firmin Didot , et mes officiers et moi nous 
nous passmes le livre plusieurs fois, et nous en lmes tous sans peine 
quelques lignes. 

A trois heures du matin, ces rayons lumineux disparurent peu peu, 
et ils furent remplacs par la clart du jour naissant, qui commenait dj 
paratre dans toute la partie de l'E. S. E. 

Le i5 et le 16, nous vmes ces mmes aurores, mais elles ne durrent 
pas aussi long-temps, et ne furent pas aussi brillantes que le premier jour. 

mtorologie. Marche de l'aiguille aimante , sur la cte occidentale de 

V Amrique du sud. 

M. Gay, transmet de Valdivia, M. Arago, quelques dtails sur la per- 
turbation que l'aiguille aimante prouva l'poque du terrible tremble- 
ment de terre de fvrier. Cette perturbation ne s'est pas renouvele pendant 
les nombreuses secousses, fort petites il est vrai, qu'on a ressenties depuis. 
M. Gay annonce l'envoi prochain d'une anne entire d'observations de 
variations diurnes de l'aiguille aimante horizontale. Suivant lui le ph- 



( 33. ) 

nomne n'a pas tout--fait la mme marche qu'en Europe. Au lieu, 
dit-il, de deux mouvements journaliers de va et vient, j'en ai toujours 
obtenu trois : un le matin l'est, l'autre au milieu de la journe 
l'ouest, et l'autre le soir encore l'est, ce dernier mouvement tant le 
complment de celui du matin ; les heures des maxima et des minima dif- 
frent un peu suivant les saisons, mais les anomalies sont tellement rares 
que je regarde le triple mouvement comme permanent dans ces con- 
tres. La grande chane des Cordilires serait-elle la cause principale de 
cette constante irrgularit? C'est ce que je ne puis croire et ce que 
- nanmoins je compte vrifier dans un voyage que je ferai Mendoza. 

MEMOIRES PRSENTS. 

chirurgie. Nouvelles remarques sur la cautrisation du canal de l'urtre ; 

par M. Nicod. 

( Les commissaires nomms dans la dernire sance pour le mmoire de 
M. Leroy d'tiolles, prendront connaissance del lettre de M. Nicod.) 

hygine. Essai sur les fabriques de poudres fulminantes ; par 

M. A. Chevallier. 

( Ce mmoire est destin au concours Montyon.) 

anatoikie. Recherches d' anatomie pathologique sur une forme particulire 
de dilatation et d'hypertrophie du cur; par M. Beau. 

(Pour le concours Montyon. ) 

mdecine. Mmoire anonyme sur les fivres continues. 
(Envoy pour le prix propos par l'Acadmie.) 

chirurgie. Mmoire sur l'orthopdie ; par M. Reybau. 
(Pice de concours pour le prix propos.) 



(' 33; ) 



LECTURES. 



tratologie. Sur le cas tratologique de Syra, vnement de 1 834 ^annonc 
comme une naissance par vomissement et attribu un trs jeune garon 
appel l'enfant mre ; par M. Geoffroy-Satnt-Hiltre. 

Le mmoire de M. Geoffroy-Saint-Hilaire n'ayant t lu qu'en partie, 
faute de temps, nous ne pourrons en publier l'analyse que dans le prochain 
numro du Compte rendu. 

L'Acadmie se forme en comit secret 4 heures. A. 






. 






( 333 ) 

BULLETIN BIB1IOGRAPHIQOT. 

L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres: 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences ; 
i836,n 12, in-4*. 

Expdition scientifique de More;par M. le baron Bory de Saint- Vjhcent; 
38 e livraison, in-folio. 

Histoire des Vgtaux jossiles , ou Recherches botaniques et gologiques; 
par M. Ad. Brongniart; io* livraison, in-4*. 

Histoire naturelle des Iles Canaries ; par MM. Webb et Berthelot; page 
i 24, in-4 et une livraison de l'atlas. 

Proceedings ofthe gological Society ofLondon ; n 41 4 2 > in-8. 

Tables of Continental lineal and square measures; by M. F.-S.-B. 
Woolhousej Londres, i836, in-8. 

Flora Batava; 104 e livraison , in-4". 

Archives mdicales de Strasbourg, par une socit de mdecins , n 8 ' 11 
et 12 ; Strasbourg, in-8*. 

Recherches sur les mouvements du cur; par M. Beau; brochure in-8*. 
(Pour le concours de Mdecine .et de Chirurgie de la fondation Montyon. ) 

Trait pratique de la Syphilis; par M. le baron P. Boyer; i vol. in-8. 
(Pour le concours de Mdecine et de Chirurgie de la fondation Montyon.) 

Flore Rochefortine } ou Description des Plantes qui croissent spontan- 
ment aux environs de Rochefort ; par M. Lesson; Rochefort, in-8. 

Essai sur l'Histoire naturelle de la Normandie ; par M. Cheskon; in-8, 
1 partie. 

Notice historique sur les Eaux minrales d'Uriage; par M. Chevallier; 
Paris, 1 836, in-8". 

Leons de Chimie lmentaire; par M. Girardin; 1 5* leon, in- 12. 

Essai sur la Culture, la Chimie et le Commerce des garances de 
Vaucluse; par M. Bastet; feuilles 7 11, in-8*, Orange. 

Essai sur l'Agriculture dans ses rapports gnraux ; par M. Berthevin; 
1" et 2 e livraison, in-8, Soissons. 

Trait de Mdecine pratique; par MM. Piorry, Lhritier, Fossone, 
Rameai x et Thibert ; in-8". 

Bulletin, de la Socit industrielle de l'arrondissement de Saint-tienne; 
i5* anne, 2' livraison de i835, in-8*. 

C. R. i836. i er Semettre. 48 



(334) 

Antiquits Gauloises et Gallo-Romaines de l'arrondissement de Mantes 
(Seine-et-Oise); par M. Cassan; Mantes, i835, in-8*. (Pour le concours 
de Statistique. ) 

Gazette mdicale de Paris; tome 4, n* i3, i836, in-4*. 

Gazette des Hpitaux; n" 35 37, tome 10, in-4. 

Journal de Sant; n* i35. 

cho du Monde savant; n* 12 ; in-4". 

Prospectus d'un Voyage au Levant et autour de la Mditerrane; 

in-4 . 











A 1 > - 



1 














COMPTE RENDU 

. DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



- It l OOl , ii 



SANCE DU LUNDI 4 AVRIL 1836. 
PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



CORRESPONDANCE. 

M. le Ministre des Affaires trangres transmet un ouvrage de M. James 
Barlow sur le Magntisme terrestre {voyez le Bulletin bibliographique), 
ouvrage qui lui a t adress par M. le baron Deffaudis, Ministre de 
France au Mexique, et dont l'auteur, jeune anglais attach au Consulat 
gnral de S. M. Britannique Mexico , fait hommage l'Acadmie. 

M. le Ministre plnipotentiaire de Prusse rclame, au nom de l'auteur, 
M. Bauer, le Modle et la description d'une Table godsique, pices 
prsentes l'Acadmie dans la sance du 1 1 mars i833 , et renvoyes ds 
lors l'examen de MM. Mathieu et Puissant. Ces deux Acadmiciens sont 
pris, en consquence , de vouloir bien donner leur avis ce sujet dans la 
sance prochaine. 

Une lettre de notre confrre, M. de Silvestre, secrtaire perptuel de 
la Socit royale et centrale d'Agriculture, annonce que cette Socit doit 
tenir sa sance publique annuelle le i o de ce mois. MM. les Membres e 
l'Acadmie sont invits assister cette sance. 

Notre confrre, M. Auguste de Saint- Hilaire, que l'tat de sa sant tient, 
depuis un certain temps, loign de l'Acadmie, crit qu'il a presque 

C. R. i836, i*' Semestre. 49 



( 336 ) <q mt/y"! 

termin un mmoire sur les Mjrsines et les Sapotes, o il aborde 
plusieurs des points les plus dlicats de l'organographie. Je dsire, ajoute- 
t-il , que mes confrres sachent qu'au milieu de la triste vie de malade que 
je suis forc de mener, je me suis cependant, depuis quelque temps, 
beaucoup occup des tudes qui m'ont conduit l'Acadmie. 

chirurgie. M. Nicocl prsente une vessie double , ou, plus exactement, 
une vessie sur le sommet de laquelle se trouve un grand dveloppement 
rgulier. Cette cavit singulire avait une ouverture de 7 8 lignes de 
diamtre, et contenait une matire muqueuse gristre, si paisse que 
l'urine ne la dlayait pas. M. JSicod annonce pour une sance pro- 
chaine , des tableaux statistiques sur les maladies de la vessie. 

botanique. M. de Paravey prsente un supplment sa prcdente 
communication concernant les diverses espces de rhubarbes qui sont d- 
crites dans le Pen tsao, ou Botanique mdicale de la Chine. Ce supplment 
est renvoy la Commission qui est dj charge d'examiner le premier 
mmoire de M. de Paravey. ( Foyez ci-devant, page 286.) 

mdecine. M. Stromeyer adresse un trait sur la paralysie des muscles 
de l'inspiration {voyez le Bulletin bibliographique). L'objet principal 
de cet ouvrage est de prouver que la dviation latrale du rachis est 
une affection idiopathique des muscles de l'inspiration, par laquelle 
ces organes perdent en partie, surtout du ct de la concavit de l'in- 
curvation , le pouvoir de cooprer l'acte de l'inspiration tout en conti- 
nuant, nanmoins , se prter des mouvements volontaires. 

Cet tat se reconnat, ajoute l'auteur, l'aide de la pression abdominale, 
moyen diagnostique dj recommand par Bichat, quoique dans d'autres 
vues pratiques. 

mdecine. M.Piorry prsente une analyse des ouvrages qu'il a prc- 
demment adresss pour le concours aux prix de mdecine et de chirurgie 
fonds par M. de Montyon. Les parties de ces ouvrages sur lesquelles il 
appelle plus particulirement l'attention de l'Acadmie sont, i une nou- 
velle nomenclature mdicale laquelle il donne le nom d'organo-ipatho- 
lgique; et 2 des recherches sur l'tat du sang dans les maladies, sur les 
effets de l'abstinence des boissons dans les catharres, sur l'asphyxie pro- 
duite par le refoulement du diaphragme, enfin sur un tat particulier du 
sang qu'il attribue la prsence du pus. 



( 33; ) 
mdecine. M. James adresse de nouveau, pour le concours Montyon 
de cette anne , sonprocd de vaccination l'aide de grains; et il annonce 
avoir perfectionn l'instrument destin pratiquer l'insertion de ces 
grains sous 1 piderme. 

L'Acadmie reoit plusieurs pices relatives aux diffrents prix qu'elle 
doit distribuer cette anne : 

i. Un mmoire concernant la question qu'elle a propose sur les alt- 
rations des organes dans les maladies dites fivres continues ; 

a". Un mmoire de M. Houzelot , sur un nouveau moyen de contention 
dans les cas de fracture du corps de l'os maxillaire infrieur, pour le con- 
cours Montyon (mdecine et chirurgie); 

3. Un mmoire de M. Lembert, intitul : Mthode endermique, pour le 
mme concours; 

4. Un mmoire de M. Valat, sur un appareil de sauvetage pour les ou- 
vriers mineurs, blesss ou asphyxis ( concours relatif l'amlioration du 
sort des ouvriers livrs des professions insalubres); 

5. Enfin, un mmoire de M. Bourjot, sur cette proposition que chez 
les oiseaux l'organe de l'olfaction est descendu une trs faible valeur 
physiologique (concours de physiologie exprimentale). 

m 

MMOIRES PRSENTS. 

- 

tratologie. ! Note sur le vomissement d'un foetus par un jeune grec ; 

par M. Lesatjvage. 

(Commissaires, MM. Dumril, Flourens et Breshet.) 

L'auteur de cette Note cherche prouver que, dans toutes les obser- 
vations connues d'inclusion abdominale, le ftus tait enferm dans un 
kyste, et ce kyste, situ vers un mme point de l'abdomen, entre l'intestin 
colon et l'estomac; en sorte que, dans un cas, la cloison kjsto-colite tant 
perfore par suite d'une inflammation ulcreuse, les dbris du ftus ont t 
rendus par les selles (cas du jeune Bissieu de Verneuil); et que, dans 
l'autre cas, la cloison kysto-stomacale tant perfore par suite d'une pa- 

49- 



( 338 ) 

reille inflammation, les restes du foetus ont t rendus par le vomissement 
(cas du jeune grec dont il est actuellement question). 

orthopdie. Note sur l'lvation du Bassin du ct lux dans les 
luxations du fmur en haut et en dehors ;par M. Jules Gurin. 

Jusqu'ici , dit M. Gurin , personne n'avait remarqu que dans les 
luxations du fmur en haut et en dehors il y a toujours une lvation du 
bassin du ct lux, lvation proportionne au degr d'tendue parcouru 
par la tte du fmur sur la surface externe de l'os iliaque. Ce fait est 
constant, et la cause en est facile saisir. 

a En remontant sur la face externe de l'ilium, l'extrmit suprieure 
du fmur entrane avec elle les tendons runis des psoas et iliaques qui s'in- 
srent au petit trochanter. Ceux-ci retenus contre la partie infrieure du 
bord antrieur de l'ilium sur lequel ils se rflchissent comme sur une 
poulie, soulvent le bassin, ne pouvant se prter l'excs d'tendue qu'ils 
seraient obligs de mesurer entre leurs deux points d'insertion, sans cette 
lvation du bassin. On peut trouver la preuve matrielle et exprimentale 
de ce fait sur tous les bassins prsentant des luxations anciennes du fmur 
en haut et en dehors. Ils offrent tous en effet une lvation du ct lux 
et laissent voir, la base de l'pine iliaque antro-infrieure, une dpression 
en forme de gouttire plus ou moins profonde et creuse par la pression 
des tendons runis des psoas et iliaques. 

Les principatoVconsquences de ce fait sont les suivantes. 

v i. Dans toutes les luxations du fmur en haut et en dehors, le 
raccourcissement du membre lux est d en grande partie l'lvation 
du bassin. 

a. Le bassin est d'autant plus lev que la luxation est plus complte. 

a 3*. Dans les luxations doubles , anciennes ou congniales , la cam- 
brure des lombes et l'lvation du bassin en avant sont la consquence de 
la double ascension des attaches infrieures des psoas sur la face externe 
de l'ilium. 

4. Dans les luxations du fmur autres que les luxations en haut et en 
dehors le bassin offre toujours une disposition relative aux nouveaux rap- 
ports qu'acquirent les deux insertions des psoas. Ainsi , dans la luxation 
en avant et en haut o l'insertion infrieure est rapproche de la sup- 
rieure, le bassin est attir en haut du ct sain, et par son abaissement du 
ct oppos diminue ou efface compltement en apparence le raccourcis- 
sement du membre lux. 



5. Dans la coxalgie o l'on avait dj not l'influence de l'lvation 
et de l'abaissement du bassin comme pouvant induire en erreur sur l'al- 
longement ou le raccourcissement rel du membre , c'est encore l'action 
des muscles psoas que sont dus ces deux phnomnes. Dans la premire 
priode de cette maladie, la douleur faisant incliner le tronc du sujet du 
ct malade , place les psoas dans le relchement et dtermine l'abaisse- 
ment du bassin de ce ct; tandis que par la raison contraire , il se trouve 
attir en haut du ct oppos. Dans la seconde priode de cette maladie 
o il y a luxation ou subluxation et cessation de la douleur, toutes les 
causes se runissent pour produire Ulvation du bassin du ct malade. 

6. Il existe, aprs la rduction de la plupart des luxations anciennes 
du fmur et mme aprs la gurison des coxalgies, quoique les membres 
soient parfaitement gaux en longueur et les surfaces articulaires com- 
pltement en rapport, il existe, dis-je , une claudication conscutive qui 
est due la persistance de l'lvation du bassin aprs la rduction ou la 
gurison du ct malade. 

7. Enfin il existe une claudication congniale ou acquise dans la- 
quelle il y a un raccourcissement apparent, quoique les deux membres 
soient exactement de mme longueur et les surfaces articulaires parfai- 
tement en rapport; cette espce de claudication non dcrite jusqu'ici par 
les auteurs est due une lvation du bassin du ct qui parat le plus 
court. 

mcanique applique. Nouvelle roue hydraulique ; par M. Geoffroy. 

( Commissaires, MM. Poinsot, Navier, Poncelet. ) 

chimie applique. Note sur les moyens de matriser les incendies ; 

par M. Gaudw. 

(Commissaires, MM. Dumas, Double, Robiquet.) 

On avait propos ds long-temps d'imprgner le bois d'une dissolution 
d'alun , ou de tout autre sel analogue , pour le rendre incombustible; mais 
soit que la prcaution ft insuffisante , soit qu'il part plus coteux de la 
prendre que de s'en abstenir, ce procd n'est pas employ , que je sache. 
J'ignorais cependant qu'on et tent d'teindre les incendies par un moyen 
analogue au mien ; et certes , si j'avais connu la critique qu'en a faite le c- 
lbre chimiste Rerzlius , je n'aurais peut-tre donn aucune suite mes 



( 34o ) 

ides ; mais quand j'ai lu son opinion , je savais dj quoi m'en tenir, et 
je vis de suite que l'inefficacit du procd n'avait t qu'apparente , et 
qu'elle avait t produite seulement par la nature des sels employs. 

Car il n'y a, mon avis, que lechlorurede calcium (anciennement mu- 
riate de chaux.) qui runisse lui seul l'abondance et le bas prix , la fusibi- 
lit et la solubilit la plus prompte et la plus persistante, la dcomposition 
la plus difficile; et par consquent, vis--vis du bois en ignition, l'adh- 
rence et la pntration la plus intime : toutes qualits prcieuses, si ce n'est 
indispensables pour l'objet en vue. 

Inject, en solution mdiocrement concentre , sur les charbons les 
plus ardents, il les couvre l'instant d'une couche vitreuse qui arrte la 
combustion sur tous les points de sa surface : ce qui est vident ds que 
l'on souffle pour animer le feu; les points touchs par le liquide salin se 
dessinent en traits du noir le plus complet sur les parties intactes qui n'en 
brlent au contraire que plus vivement. Avec quelque attention , on ne les 
perd mme jamais de vue, n'tant dissimuls que momentanment par la 
facult qu'ont tous les corps de devenir lumineux quand ils sont plongs 
dans un fluide fortement chauff. 

Tout autre sel que le chlorure de calcium ( l'exception peut-tre de 
certains borates ou silicates, dont l'emploi serait insparable de mille in- 
convnients), tout autre sel, dis-je, borne son action couvrir le charbon 
d'une corce poreuse qui ne tarde pas se volatiliser ou se dissiper en 
poussire; tandis qu'un charbon incandescent, imprgn du liquide en 
question , se comporte dsormais absolument comme du coke, exigeant ds- 
lors pour brler beaucoup de temps, et d'tre aliment d'air brlant, s'- 
teignant comme une scorie ds qu'il est sorti du foyer, surtout si on le 
place dans un courant d'air quelconque. 

Si mme il continue brler, au milieu du foyer le plus ardent , cela 
ne tient qu'aux pores ou crevasses provenant des gaz dgags, par la seule 
influence de la chaleur ambiante, et qui seraient certainement bouchs par 
de nouvelles aspersions. .... 

Le chlorure de calcium rsiste singulirement la flamme du chalu- 
meau, sur le charbon et sur le platine; et quant son action sur le bois et 
les mtaux, elle serait, je pense, plutt conservatrice que destructive; de 
sorte que les pompes pourraient n'en souffrir pas plus que les vaisseaux, si 
l'on imprgnait la surface de ceux-ci de la dissolution saline quand l'in- 
cendie serait craindre. C'est d'ailleurs un sel trs neutre qui ne ferait au- 
cun mal aux pompiers; car je m'en suis mis dans les yeux, en dissolution 



(34. ) 

concentre, sans ressentir plus de cuisson que si je venais de plonger dans 
l'eau de mer. 

d Je n'aurais pas os entretenir l'Acadmie d'un procd aussi simple, 
sans la grande importance du sujet, et si, tout rcemment encore, je ne 
m'tais aperu , en m'occupant d'un tout autre objet, que les choses les 
plus communes sont presque toujours ngliges, quoiqu'elles soient sou- 
vent les plus efficaces. 

On ne pourra, dit en terminant M. Gaudin, avoir entire confiance en 
ce procd qu'aprs avoir russi en grand, et qu'autant qu'on montrerait, 
par exemple, que l'incendie d'un bcher, qui ne peut tre teint par le jeu 
simultan de dix pompes, ayant un jet d'un certain calibre (restreint si l'on 
veut pour moins de dpense), que cet incendie, dis-je, est promptement 
teint par une seule pompe du mme jet , alimente par une dissolution de 
chlorure de calcium. Pour cela l'intervention du gouvernement serait n- 
cessaire, et c'est prcisment pourquoi j'adresse cette lettre l'Acadmie , 
afin qu'elle en fasse ce qu'elle jugera convenable dans l'intrt gnral. 

analyse mathmatique. Notes de M. Cauchy sur l'optique , adresses 

M. Libri. 

PREMIRE NOTE. 

Suivant les principes que j'ai dvelopps dans le mmoire sur la Dis- 
persion, les mouvements de l'ther pour un rayon simple d'une couleur 
donne, se trouvent gnralement reprsents par les formules (a/J) du se- 
cond paragraphe de ce mmoire. Lorsque dans ces mmes formules, les 
drives du premier ordre des dplacements molculaires , VP> disparais- 
sent , c'est--dire lorsque les coefficients de ces drives se rduisent 
zro, on obtient les formules (25), et par suite les formules (34), (35), du 
mme paragraphe. La dernire de ces formules ou l'quation (35) est une 

quation du 3 e degr en s*, qui sert dterminer le rapport s= -^ 

si 

ou bien encore la vitesse de propagation A=y= f (T tant la dure 

d'une vibration, et /= ^ l'paisseur d'une onde plane) en fonction de K. 

et des cosinus a, b, c des angles forms par la perpendiculaire au plan de 
l'onde avec les axes coordonns. Or, de cette quation du 3 e degr en s*.. 
je dduis trs -simplement une seconde quation de mme degr qui doit 



(340 

tre vrifie en mme temps que la premire , toute les fois que deux ra- 
cines de la premire deviennent gales entre elles; ce qui permet de d- 
terminer avec une grande facilit les deux axes optiques, c'est--dire les 
directions que doit prendre le rayon ordinaire pour se confondre avec le 
rayon extraordinaire dans un milieu doublement rfringent. Les racines 
de la nouvelle quation du 3* degr sont, comme celles de la premire, 
reprsentes par des fonctions des quantits K, a, b, c. Or il suffit d'admettre 
que ces fonctions deviennent indpendantes de a, b, c et de rduire en 
outre leurs premiers termes les dveloppements des inconnues en sries 
ordonnes suivant les puissances ascendantes de R, pour obtenir des for- 
mules entirement semblables celles que j'ai donnes dans la 5 i e livraison 
des anciens exercices, et par consquent pour retrouver les thormes de 
Fresnel sur la double rfraction, sur la surface des ondes, etc. Toutefois 
il y a une remarque essentielle faire, et que je vais indiquer. 

Lorsque le plan de l'onde concide avec l'un des plans principaux dans 
un systme de molcules qui offre trois axes d'lasticit rectangulaire, la 
vitesse de propagation d'un rayon polaris paralllement l'un des axes 
peut tre (voir la 51 e livraison, pag. 69 et 70) la racine carre de l'une 
quelconque des six quantits reprsentes par 

R + H, P + I, Q + G, 
Q + I, R + G, P -I- H. 

j D'aprs les formules de Fresnel , ces six quantits se rduiraient 
trois, les vitesses de propagation de deux rayons polariss perpendiculair 
rement au mme axe tant toujours gales. Or cela peut arriver de deux 
manires, sans que P, Q, R s'vanouissent, et cela arrivera effectivement 
i si les conditions 

G = o, H = o, I = o, 

tant remplies, les vibrations des molcules s'effectuent dans les plans 
gnralement nomms plans de polarisation, puisque alors on aura 
P + I = P + H=P, etc.; 2* si, G , H, I n'tant pas nulles, et les vitesses 
des molcules tant perpendiculaires aux plans de polarisation, on a, entre 
les quantits P, Q,.. G,., les quations de condition 

R + H = Q + f, P + I = R + G, q+g = P + H, 

dont les deux premires entranent la troisime. D'ailleurs il suit des prin- 
cipes exposs dans ma dernire lettre que les quantits G, H, I, c'est-- 
dire les pressions relatives l'tat naturel, ne s'vanouissent pas dans le 



( 343 ) 

vide. On doit donc prfrer la seconde hypothse la premire que j'avais 
dveloppe dans la 5i livraison des exercices; et l'on doit prendre, dans 
cette livraison, pour quation de la surface des ondes la formule (240), qui, 
en vertu des conditions nonces en dernier lieu, peut elle-mme acqurir 
la forme de l'quation (218) ou (219). Ainsi Fresnel a eu raison de dire, 
non -seulement que les vibrations des molcules thres sont gnrale- 
ment comprises dans les plans des ondes, mais encore que les plans de 
polarisation sont perpendiculaires aux directions des vitesses ou des -d- 
placements molculaires. 

J'arrive au reste cette dernire conclusion d'une autre manire, en 
tablissant les lois de la rflexion et de la rfraction l'aide d'une nouvelle 
mthode qui sera dveloppe dans mon mmoire. En nommant t l'angle 
d'incidence, t' l'angle de rfraction, I , I /5 V les intensits de la lumire dans 
les rayons incident, rflchi et rfract, enfin i, i t , i' les angles forms 
avec le plan d'incidence par les plans de polarisation des rayons incident , 
rflchi et rfract , je trouve 

Icosi \,coii t I'cosi' 

sin (r -f- t) sin (r t') 2 stn t cos t ' 

... r T - 

Isini I, sin 1, I MB* 



sin(r -f- t') cos(t -f- t') sin (t r) cos (t -J- r*) asin/cosT* 

SECONDE NOTE. 

Le temps ne m'ayant pas permis de dvelopper les deux formules pla- 
ces la fin de ma dernire lettre, je m'empresse de vous adresser ce 
sujet quelques claircissements, que je vous prie de vouloir bien encore 
transmettre de ma part l'Acadmie. 

Considrons la rflexion et la rfraction qui s'oprent dans la lumire 
polarise rectilignement la surface de sparation de deux milieux dont 
aucun n'est doublement rfringent. Soient I, I,, I' les dplacements abso- 
lus et maxima, ou bien encore les plus grandes vitesses des molcules de 
l'ther dans les rayons incident, rflchi et rfract. Soient pareillement 
f, i t , i' les angles que forment avec le plan d'incidence les directions sui- 
vant lesquelles s'effectuent les dplacements dont il s'agit, ou, en d'autres 
termes, les directions des vitesses des molcules. Enfin , dsignons par 
t, r r t' les angles d'incidence, de rflexion et de rfraction. La nouvelle 
mthode par laquelle j'tablis les lois de la rflexion et de la rfraction me 
fournit, i. les quations connues sinT y = sin r, cos t = cos t, 

sinr . , , . . 

: r '= constante, a. les deux formules 

C.R. 1836, i" Semestre. 5o 



(344) 

,. I sin * I'sin i. Sfsin;'. 

(i) ,- = ==: 1 

sin(T-t-|r) sin (r r') siu it 

, \ 1 cos i I,cosr, 61'cost' 

(2) z=z - ' sr ' 

sin(r-f-r')cos(r r') sin(r r') cos(t -f- r) ' sin 2r ' 

9 dsignant une quantit qui pourrait dpendre elle-mme des angles r, t', 
mais que je trouve gale l'indice de rfraction, en sorte qu'on a 

(3) 9 = g* 

V J SUIT 

Il est bon d'observer que les plus grandes vitesses des molcules d'ther 
reprsentes dans les formules (1) et (2) par 1,1,, I', ou plutt leurs car- 
rs 1% I y \ I'* peuvent servir de mesure l'intensit de la lumire dans les^ 
rayons incident, rflchi et rfract. Ajoutons que si l'on dsignait par 
1, ij , i' les angles forms par le plan d'incidence non plus avec les directions 
suivant lesquelles les molcules se dplacent, mais avec les plans que l'on 
nomme plans de polarisation , et qui sont perpendiculaires ces mmes 
directions, il faudrait, dans les quations (1) et (2), changer l'un contre 
l'autre le sinus et le cosinus de chacun des angles t, ij, f ; ce qui rduirait 
ces quations la forme sous laquelle elles sont prsentes dans ma der- 
nire lettre. 

La mthode par laquelle je parviens aux quations (1) et (2) est appli- 
cable non-seulement la thorie de la lumire, mais encore un grand 
nombre de questions de physique mathmatique. Elle ne m'oblige plus 
a supposer, comme je l'avais fait dans un article du Bulletin cls Sciences, 
que la densit de Fther est la mme dans tous les milieux. Mes nouvelles 
recherches donnent lieu de croire que cette densit varie en gnral , quand 
on passe d'un milieu un autre. Au reste, les quations (1) et (2) ne dif- 
frent de celles que j'ai donnes dans l'article cit que par la valeur de 9 

qui dans ces formules se rduisait non au rapport constant -: ; , mais au 

i, . sin t' 

rapport inverse -. . 

rr SUIT 

On tire des quations (1) et (2) 

(fl frff "; tejj sin' i + aggzO ces- />, ( 5VeoU-=-^^cot,-, 
V,' ' l_sin 2 (r-fr) ^tang* (t+O J ' COS(r r ) 

(6 ) r = sin>2 y rrin'/+-2L->, (7)^^= JL_ -cou. 

V ' fSin'Cr+OL COS 2 (r-T)J ' W COs(r r) 

En se rappelant que les angles reprsents dans les quations prcdentes 
par i, L n i' sont les complments de ceux que forment avec le plan d'in- 



( 345) 

cidence, les plans de polarisation des rayons incident, rflchi et rfract , 
on reconnatra immdiatement que les formules (4), (5) concident avec 
celles qu'a donnes Fresnel pour dterminer l'intensit de la lumire rfl- 
chie , ainsi que le mouvement de son plan de polarisation, et la formule (7) 
avec celle qu'a donne M. Brewster pour dterminer le mouvement du 
plan de polarisation de la lumire rfracte. Il rsulte en outre des for- 
mules (1), (a) et (5) que dans le fluide thr les vibrations perpendicu- 
laires au plan d'incidence sont transformes par la rflexion en d'autres vi- 
brations de mme espce, mais diriges en sens contraire, tandis que les 
vibrations parallles au plan d'incidence, sont transformes en d'autres 
.vibrations diriges, au moment o la rflexion s'opre, tantt dans le 
mme sens, tantt en sens contraire, suivant que la somme des angles 
d'incidence et de rfraction est infrieure ou suprieure un angle droit. 
Quand cette somme devient prcisment gale un droit, c'est--dire 
lorsque le rayon incident est perpendiculaire au rayon rfract, les vibra- 
tions sont toujours perpendiculaires au plan d'incidence dans le rayon 
rflchi , ou en d'autres termes, la lumire rflchie est tout entire pola- 
rise dans ce plan, comme l'a trouv M. Brewster. 

L'intensit de la lumire rflchie, ou la quantit 1* dtermine par la 
formule (4) , dpend des angles t, t' lis entre eux par l'quation (3) , et 
atteint son maximum lorsque le produit cos t cos t' s'vanouit , c'est--dire 
lorsque l'un des angles t, t' devient droit. Alors les formules (4), (5) 

donnent 

(8) V,=V, (9) COt*' = cot/; 

par consquent la lumire rflchie a la mme intensit que la lumire 
incidente, et se trouve polarise dans le mme plan. On dit, pour cette 
raison, qu'il y a rflexion totale. Cela peut d'ailleurs arriver de deux 
manires, savoir : i* quand le second milieu tant plus rfringent que le 
premier, le rayon incident forme un angle infiniment petit avec la sur- 
face de sparation des deux milieux; a quand le second milieu tant moins 
rfringent que le premier, la mme surface forme un angle infiniment 
petit, non plus avec le rayon incident, mais avec le rayon rfract. 

La formule (G) dtermine l'intensit I' 1 de la lumire rfracte. C'est la 
seule des quatre quations que les formules (1) et (2) peuvent fournir, 
dont la comparaison avec l'exprience reste encore faire, puisque les 
quations (4), (5), (7) s'accordent avec les observations des physiciens. 
D'ailleurs, on conclut aisment de cette formule que l'intensit de la lu- 
mire rfracte atteint son maximum lorsque le produit sin t cos t' s'- 

5o.. 



(346) 

vanouit. Cela peut arriver de deux manires, savoir : i lorsque le second 
milieu tant plus rfringent que le premier, on a r = o ; 2 lorsque le 

second milieu tant moins rfringent que le premier, on a t'= -. Dans le 

premier cas, les quations (6) et (7) se rduisent aux. formules connues 

dont la premire a t donne par M. Young et par M. Poisson. Dans ce 
cas, o le rayon incident est perpendiculaire la surface de spara- 
tion des deux milieux , la lumire rfracte est polarise dans le mme 
plan que la lumire incidente; mais elle a une intensit moindre, puisque 
surpasse l'unit. Dans le second cas, on trouve 

fia) l" = h(^i + c ^i)v, (,3) cotfe?- 1 - 1 '. 
\ fr / sinr 

Dans ce cas, o le rayon incident rencontre la surface de sparation des 
deux milieux sous l'angle de rflexion totale, la lumire rfracte n'est 
plus polarise dans le mme plan que la lumire incidente; et son inten- 
sit, divise par celle de la lumire incidente, donne pour quotient un 

nombre renferm entre les deux limites h et & dont la seconde surpasse 

la premire, puisque < 1. Ce nombre atteint sa limite infrieure h, ou 

h 
sa limite suprieure -z-, suivant que la lumire incidente est polarise dans 

le plan d'incidence, ou perpendiculairement ce- plan. La moyenne entre 
ces deux limites ou le produit 



04) o +*) = * ( + ). 



exprime le rapport des intensits de la lumire rfracte et de la lumire 
incidente, lorsque cette dernire est de la lumire naturelle. 

Pour des valeurs de t trs voisines de l'angle de rflexion totale , c'est- 
-dire lorsque le rayon incident ou rfract devient sensiblement parallle 
la surface de sparation des deux milieux , la lumire rflchie est enti- 
rement sembtable la lumire incidente, et offre sensiblement la mme 
intensit. C'est l ce qu'on exprime en disant que le rayon incident, au lieu 
d'prouver, comme dans toute autre hypothse, une rflexion partielle, 
est rflchi en totalit. Il semblerait que , dans le mme cas , l'intensit 
de la lumire rfracte devrait toujours tre sensiblement nulle, et que 
cette intensit devrait s'affaiblir par degrs, tandis que r s'approcherait 



( m ) 

indfiniment de l'angle de rflexion totale. C'est effectivement ce qui arrive 
lorsque le second milieu est plus rfringent que le premier. Mais si le 
second milieu est moins rfringent que le premier, par exemple, si la lu- 
mire passe du verre ou du diamant dans l'air ou dans le vide, alors dans 
le voisinage de la rflexion totale , on obtiendra non-seulement une lu- 
mire rflchie dont l'intensit sera sensiblement gale celle de la lumire 
incidente, mais encore une lumire rfracte dont l'intensit deviendra au 
moins quatre fois plus considrable. Le rapport des intensits de la lumire 
rfracte et de la lumire incidente, pourra mme, si les vibrations des mo- 
lcules thres sont parallles au plan d'incidence, atteindre la limite 4> 

et par consquent les nombres g, 3o , ou mme 35, si la lumire sort du 
verre ordinaire , du diamant, ou d'une substance aussi rfringente que le 
chromate de plomb , pour passer dans l'air ou dans le vide. 

La prodigieuse multiplication de la lumire dont il est ici question sup- 
pose que l'on compare, par exemple, le rayon mergent d'un cristal celui 
qui traverse le mme cristal. Si , le cristal tant termin par deux faces 
planes, la lumire les traversait l'une aprs l'autre, on devrait distinguer 
trois rayons, savoir : le rayon incident, le rayon rfract, et le rayon 
mergent. Alors, en supposant les deux faces parallles, et nommant I",i" 
ce que deviennent 1, /' pour le rayon mergent, on tirerait des formules 
(i) et (V) 

(.5) I='.inr gina :;' in ; r, I,m,(,6) IW= . rrlSJsg IcosiV 
V ' Sin^T + f') ' v * sin s (t+t ) cos a (t r') ' 

et par suite 

(17) 1 " = ( sm' 1 + ttJI 1 , (i8)cott= r-coii. 

' Sin 4 (r,-f-T) \ COS a (r T )/ cos" 1 (t t) 

M. Brewster, qui a donn la formule (18), l'a vrifie par l'exprience, 
et l'on peut ajouter que des observations, qui seraient d'accord avec l'une 
des formules (i5), (16), (17), entraneraient la vrification de la for- 
mule (6). 

La valeur de I"* donne par la formule (17) devient un maximum, 

lorsqu'on a 1 = 0, r-f-T'= -. Alors le rayon incident est polaris perpen- 

diculairement au plan d'incidence, le rayon rflchi disparait, et ls 
formules (17), (18) donnent 

(19) r=r, ( 2 o) i' = i=o; 

par suite, le rayon mergent est lui-mme polaris perpendiculairement 



( 348 ) 

au plan d'mergence, et offre la mme intensit de lumire que le rayon 
incident. Ainsi, lorsque les deux faces d'un cristal sont parallles, l'inten- 
sit de la lumire mergente a pour limite suprieure l'intensit de la 
lumire incidente, et n'atteint cette limite que dans le cas o il n'y a plus 
de lumire rflchie. 

I1 en sera autrement si les faces du cristal cessent d'tre parallles. 
Alors, il est vrai, l'intensit de la lumire rfracte sera infrieure l'in- 
tensit de la lumire reue par la premire face du cristal, mme sous 
l'incidence perpendiculaire; et, si dans ce dernier cas, on prend l'intensit 
del lumire incidente pour unit, l'intensit de la lumire rfracte sera 

reprsente par le rapport _7 .. qui se rduira en particulier pour le verre 

0,64, pour le diamant 0,28 , pour le chromate de plomb 0,2 5. Mais si 
le rayon mergent est sensiblement parallle la seconde face, et polaris 
ainsi que les rayons incident et rfract perpendiculairement au plan 
d'mergence, l'intensit de la lumire mergente sera l'un des produits 
que l'on obtiendra en multipliant les trois nombres qui prcdent par 
ceux que nous avons trouvs plus haut. Cette intensit sera donc de 5,8 
pour le verre ordinaire, de 8,6 pour le diamant, et de g environ pour le 
chromate de plomb, si l'on fait abstraction de la proprit qu'a cette der- 
nire substance d'tre doublement rfringente. Les trois derniers nombres 
devraient tre rduits l\,i , 4,6 et 4;9 si le rayon incident tait de la 
lumire naturelle. 

Des principes ci-dessus dvelopps il rsulte que, si deux faces non 
parallles d'un cristal sont traverses par un rayon de lumire, d'abord 
incident, puis rfract, puis mergent, le rayon mergent s'teindra tou- 
jours lorsque le rayon incident formera un angle infiniment petit avec la 
face d'entre, de manire prouver sur cette surface une rflexion totale; 
mais, qu'au contraire, si le rayon rfract rencontre la face de sortie trs 
peu prs sous l'angle de rflexion totale, et de manire que le rayon mer- 
gent forme un angle infiniment petit avec le plan de cette face, le dernier 
rayon, loin de s'teindre, pourra, dans certains cas, acqurir une trs 
grande intensit. Ayant communiqu, le 20 mars dernier, cette consquence 
de mes formules M. Kessler, professeur de physique, je lui proposai de 
la vrifier par l'observation. Il colla du papier noir sur les triangles rec- 
tangles qui servaient de bases un prisme de verre, et sur les jleux plus 
petites des trois faces latrales, aprs avoir perc d'un trou d'pingle le 
papier qui devait recouvrir une des surfaces latrales; et nous reconnmes 



( 34y ) 
que l'image d'une bougie tait transmise travers le prisme avec une 
grande intensit dans le cas mme o le rayon mergent devenait sensible- 
ment parallle la face de sortie. J'ai observ depuis que le rayon mer- 
gent s'teint graduellement quand le rayon incident forme un angle de plus 
en plus petit avec la face d'entre. Je ne connais pas d'auteur qui ait parl 
de cette exprience, que tout le monde peut rpter avec la plus grande 
facilit. 

Dans lespbnomnesd'interfrence, de lalumireajoutedelalumire 
produit l'obscurit. Ici, au contraire, un rayon rflchi en totalit est de 
plus transmis avec accroissement de lumire; ce qui est un nouvel argu- 
ment contre le systme de l'mission. 

Les faits que je viens d'exposer me paraissent une nouvelle confirmation 
de la thorie dveloppe dans mon Mmoire sur la Dispersion , et donnent 
l'explication d'un phnomne bien connu, savoir: du grand clat que pr- 
sentent sous certains aspects les corps dous d'une puissance rfractive 
considrable, et de ce qu'on nomme les feux du diamant. 

On ne doit pas oublier que, dans les applications numriques, nous 
avons pris ici pour mesure de l'intensit de la lumire le carr de la plus 
grande vitesse des molcules thres. Si l'on prenait pour mesure de 
l'intensit de la lumire cette vitesse elle-mme, les nombres obtenus 
devraient tre remplacs par leurs racines quarres. Mais les intensits 
maxirna et minima ne cesseraient pas de correspondre aux directions que 
donnent les formules trouves ci-dessus , et, par suite, les phnomnes que 
nous avons signals continueraient de subsister conformment l'obser- 
vation. 

anatomie compare. Note de M. Duvernoy explicative de la thorie qu'il 
a donne , dans son dernier mmoire sur la langue, des mouvements de 
la langue du camlon. {Voyez page 187, pour le Mmoire de M. Du- 
vernoy, et page 228 pour celui de M. Dumril.) 

J'ai lu avec attention l'extrait publi dans les Comptes Rendus de la 
Note que M. Dumril a communique l'Acadmie sur la langue du 
camlon, l'occasion de mon mmoire sur la langue et particulirement 
de ma thorie sur les mouvements de ce singulier organe, dans le camlon , 
thorie que M. Dumril rejette. 

Sans vouloir engager une polmique avec mon savant confrre, en 
faisant la fois violence mon caractre et mes sentiments, je dois ce- 



( 35o ) 

pendant rpondre par les observations suivantes, uniquement dans le but 
que nous avons tous les deux de parvenir la dcouverte des vrits qui 
seules peuvent avancer la science. 

i. La vessie membraneuse, et non parois solides, qui est attache 
au larynx, ne tient pas du tout l'hyode, ainsi que je l'ai imprim dans le 
tome IV, part, i de la 2' dition des Leons d' Anatomie compare. 

a\ Dans les mouvements de protraction de la langue, l'hyode et 
toute la langue se sparent du larynx et de cette poche; de sorte que ces 
deux derniers organes sont tout--fait indpendants de ces mouvements, 
au contraire de ce qui a lieu gnralement, et sans doute pour les rendre 
plus libres et plus tendues. 

3. D'aprs mes recherches, cette vessie qui se gonfle lorsque l'on souffle 
dans le larynx , fait ainsi partie de l'organe de la voix, comme le sac hyo- 
thyrodien de plusieurs singes; mais elle n'a aucune communication avec 
le tube de la langue. 

4- Ce tube n'a de mme aucune communication avec les voies a- 
riennes. 

t> 5. Il est form extrieurement par la continuation de la membrane 
muqueuse de la bouche, et doubl intrieurement par une membrane s- 
reuse, formant un sac ferm de toutes parts. Celte disposition est constante 
dans l'conomie animale, toutes les fois que les mouvements qu'exercent 
certains organes internes, auraient pu enflammer leur surface, par l'effet 
des frottements qui en rsultent. Les mouvements rapides de dploiement 
et de reploiement de la langue du camlon sur la tige de l'hyode , en- 
tranaient cette ncessit organique. 

6. L'anatomie de la langue du camlon et celle de ses voies ariennes, 
m'a dtourn de l'ide que j'avais eue galement, et d'aprs laquelle j'ai 
aussi dirig mes recherches, que les mouvements extraordinaires de cet 
organe pourraient tre produits par une sorte d'insufflation et d'aspiration 
alternatives de l'air des poumons. 

7 . Restaient les thories d'une rection sanguine , celle d'une rection 
nerveuse, ou bien l'action musculaire. 

8. Quant l'rection sanguine, adopte par M. Houston, je prouve en- 
core par l'inspection anatomique, et par ce que nous savons de cette sort* 
d'rection , qu'on ne peut l'admettre ici. 

9 . Nous ne connaissons rien de semblable une rection purement 
nerveuse dans l'conomie animale. Cette supposition d'une turgescence 
rapide et considrable par l'afflux d'un fluide impondrable, serait d'ail- 



(35, ) 

leurs suivie d'un affaissement. Dans cette hypothse on aurait encore besoin 
de l'action musculaire, du moins pour la rtraction. 

i o. C'est donc cette action musculaire et cette action seule qu'il 
faut avoir recours, mon avis, pour expliquer le phnomne vital en 
question. 

Dans mon premier mmoire sur la langue, lu dj en 1 8o4 la Socit 
prs la Facult de Mdecine de Paris, mmoire dont M. Dumril a bien 
voulu donner un extrait dans le Bulletin de cette Socit, et dont il a paru 
un extrait plus dtaill, avec planche, dans celui de la Socit philoma- 
tiquede cette mme anne i8o/^,fai dcrit, le premier, en dtail, le mca- 
nisme de cette action (i). Ma description montre qu'il y a dans l'arrange- 
ment des muscles de la langue et de l'hyode, et dans la forme de celui-ci 
et ses rapports , des modifications du plan gnral qui expliquent ces mou- 
vements. 

n. Dans le travail actuel, j'ai rectifi ou complt les descriptions 
anatomiques de mon premier mmoire. Il en est rsult pour moi la con- 
viction que les mouvements extraordinaires de la langue du camlon 
taient dus, comme je l'avais annonc depuis si long-temps , uniquement 
Faction musculaire. 

La protraction de la langue est un jet produit par les muscles protrac- 
teurs de l'hyode, et par l'impulsion communique par ce dernier au gros 
bout de la langue. La disposition des muscles rtracteurs ordinaires de la 
langue, les hyoglosses, et l'lasticit des parties distendues, en dtermi- 
nent la rtraction. 

12. Cette explication est fonde sur des faits positifs , sur la descrip- 
tion d'un arrangement organique facile constater ou rectifier, s'il y a 
lieu. 







L'Acadmie se forme en comit secret 4 heures. 

La sance est kve 5 heures. F. 



(i) Ce mme travail que j'avais insr dans les Leons d'analomie compare y mais aussi 
par extrait, n'a t imprim en entier qu'en i83o dans les Mmoires de la Socit 
d'Histoire naturelle de Strasbourg , tome I. 



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C. R. i836. " Semestre. 5l 



( 35 2 ) 

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres : 


Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences; 

i836, n i3. 

Histoire anatomique et physiologique d'un organe de nature vasculaire , 
dcouvert dans les ctacs ; par M. Breschet; in-4 . 

A new Theory , accounting for the dip ofthe magnetic Needle Being an 
analysis of terrestrial magnetism; by James Barlow; New-Yorck, 
i835, in-8. 

Records oj gnerai Science; by Robert D. Thomson; mars i836, 
in-8*, London. 

Trait de la paralysie des muscles de l'inspiration; par M. Stromeyer; 
un vol. in-8, Hanovre, i836. (En allemand.) 

Histoire et Mmoires de l'Acadmie Royale des Sciences , Inscriptions 
et Belles-Lettres de Toulouse , anne i834; Toulouse, i835, in-8. 

Annales, de la Socit Royale des Sciences , Belles-Lettres et Arts 
d'Orlans; tome 14 , n os 1 et 2, in-8. 

Sur le Dessin linaire en relief, et l'usage en chirurgie dufd de fer et 
du coton; par M. Mathias Mayor; Paris, in-8. (Rserv pour le concours 
Montyon. ) 

Essai sur la Gravelle et la Pierre; par M. Sgalas; 1* partie, Paris, 
1 836, in-8'. 

Des Fivres intermittentes et continues ; par M. Raymond Faure; Paris, 

i833, in 8. 
Iconographie du Rgne animal de M. le baron Cuvier ; par M. F.-E. 

Gurin; 4* livraison, in-8. 

Dictionnaire historique et iconographique de toutes les Oprations et des 
Instruments de la Chirurgie ; par M. Colombat, de l'Isre; 3' livraison, in-8. 

Chasse et Pche des gros Animaux, principalement des Baleines et 
autres Ctacs; par M. Giffard; Dieppe, i835, in-8. (M. Dupin est 
charg de rendre un compte verbal de cet ouvrage.) 

Chardons Nancens , ou Prodrome d'un catalogue de plantes de la Lor- 
raine ; premier fascicule ; par M. Hcjssenot; Nancy; i836, in-8*. 

Suite des Rflexions inspires un mdecin de province , au sujet du 



( 353 ) 

rapport de la commission nomme pour prsenter l'Acadmie Royale de 
Mdecine un projet de rorganisation mdicale; in-4. 

tat systmatique du Cabinet de modles de l'Institut de La Haye; par 
M. J.-G. Heyhe. (Concours Montyon.) 

Copie du Rpertoire des Maladies qui ont t traites dans l'Etablis- 
sement orthopdique de Schweningen et de Haag, et des cures qui y ont 
t opres ; par J.-G. Heyne; Bonn., i835, in-folio, en allemand. 
(Pour le concours Montyon.) 

Rapport historique, scientifique et biographique sur la position politique 
de l'Inventeur du nouveau systme de Traitement orthopdique , ou sur 
le rapport de ce Systme avec la Politique; par J.-G. Heyne; Bonn., 
in-4., en allemand. (Pour le concours Montyon.) 

Copie d'un Rapport au roi de Bavire sur les moyens de diminuer le 
nombre des Maladies ; par J.-G. Heyne, in-4*. , en allemand. (Pour le 
concours Montyon.) 

Annales de Chimie et de Physique; par MM. Gay-Lussac et Arago; 
tome 60; dcembre 1 855 et tome 61 , janvier i835; in-8 



Journal de Mathmatiques pures et appliques } ou Recueil mensuel de 
mmoires sur les diverses parties des mathmatiques; publi par M. J. 
Liouvillej janvier, fvrier, mars et avril i836, in-4*. 

Journal de Vaccine et de Maladies des enfants ; par M. L.-M. James; 
7* anne, janvier, fvrier et mars i836, in-8. (Rserv pour le concours 
Montyon. ) 

Bibliothque universelle de Genve; nouvelle srie, 1" anne, janvier 
i836,in-8\ 

Annales de la Socit Royale d'Horticulture de Paris ; tome 18, io3* li- 
vraison, in-8. 

Bulletin gnral de Thrapeutique mdicale et chirurgicale; par 
M. Miquel ; tome 10, 6 livraison, in-8*. 

Gazette mdicale de Paris, n i4- 

Gazette des Hpitaux; n 3g et 40. 

cho du Monde savant; n* 1 3. 

Journal de Sant , n 1 36. 

Acadmie Royale des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen. > 
Programme pour 1837. 
















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COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI 11 AVRIL 1836. 
PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 






CORRESPONDANCE . 

M. Major, de Lausanne, retire le mmoire sur le cathtrisme qu'il 
avait adress pour le concours Montyon. Il en prsentera prochainement 
une seconde dition augmente de la rponse toutes les critiques dont ce 
travail a t l'objet. 

M. de Larroque , pour se conformer l'une des dispositions du pro- 
gramme des prix de la fondation Montyon , crit que dans le mmoire qu'il 
a envoy , il s'est propos d'tablir : que l'inflammation des glandes de 
Peyer et des follicules de Brunner, ne sont pas la cause de la fivre typhode; 
que cette inflammation est l'effet de l'action que les liquides rpandus 
dans l'intestin exercent sur la muqueuse; que ces deux opinions peuvent 
se prouver par l'anatomie pathologique et par la thrapeutique. 

M. Sollier adresse la description d'un appareil l'aide duquel , dit-il , 
les personnes paralyses des membres infrieurs pourraient marcher. 

M. Geoffroy envoie un supplment son premier mmoire sur une nou- 
velle roue hydraulique. 

M. Borchart, ingnieur , crit que le principe indiqu par M. Geoffroy, 

C. R. i836. 1" Semestre. 5a 



( 356 ) 
savoir, l'introduction de l'eau dans les roues hydrauliques par le centre 
de ces roues, est compris dans un brevet d'invention dont la demande a 
t faite le 23 mars dernier par M. Wronski. 

M. Lesauvage demande retirer les deux mmoires qu'il avait pr- 
sents sur les frres Siamois et sur le vomissement d'un ftus par un 
jeune grec. 

M Chevreul dpose un paquet cachet qui sera conserv aux archives 
de l'Acadmie. 

gographie. Cartes hydrographiques. 

Dans cette sance l'Acadmie a reu du Dpt gnral de la Marine , 
une partie du quatrime volume de la collection magnifique (/e Pilote 
franais ) qui s'excute et se publie sous la direction de M. Beautemps- 
Beaupr. Voici les titres de toutes les pices dont se compose cet envoi : 

i. Carte particulire des ctes de France ( le Brhat et roches environ- 
nantes, rivire de Pontrieux, anse de Paimpol, plateau des roches Dou- 
vres, plateau de Barnouic). 
a. Carte particulire des ctes de France (le Brhat et roches environ- 
nantes, rivire de Pontrieux, partie de la baie de Saint-Brieuc). 
3. Carte particulire des ctes de France (partie comprise entre Pontrieux 

et le cap Frhel, baie de Saint-Brieuc). 
4. Plan de la rade de Pontrieux et des roches de Saint-Quay. 
5. Carte particulire des ctes de France (baie occidentale des les Chausey 

et plateau des Minquiers). 
6. Carte particulire des ctes de France (haie du Mont-Saint-Michel , rade 

de Cancale, environs de Grandville, les Chausey). 
7. Plan de la rade de Cancale et de ses environs. 
8*. Plan des les Chausey. 
9. Plan du sound de Chausey. (Demi-feuille.) 

io. Carte particulire des ctes de France (partie comprise entre Bricque- 
villeet Geffosse, passage de la Droute, entre les roches septentrionales 
de Chausey et les Boeufs, roches orientales des Minquiers, roches sud- 
est de Jersey), 
iV Carte partictdire des ctes de France (passage de la Droute, depuis 
le rocher Snquet jusqu'aux roches de Portbail, chausse des Bufs, ro- 
ches orientales de Jersey, plateau des crhou). 

m 



( 35 7 ) 

i a . Carte particulire des ctes de France ( passage de la Droute), depuis 
Portbail jusqu' Dielette, comprenant le plateau des crhou). 

i3. Carte particulire des ctes de France (partie comprise entre les ports 
de Dielette et d'Omonville, raz Blanchart, le d'Aurigny, les Casquets). 

i4. Observations de mares qui ont t faites pendant la dure des tra- 
vaux de la campagne hydrographique de 1829, Br- 
hat, Saint-Malo, Granville et Jersey. . . 10 tableaux. 

i5. de i83o, Bfhat, Lzardieux et Erqui. 4 

6. de 1 83 1, Brhat, Granville et Chausey. 6 

1 7*. de 1 83a , Chausey, aux crhou, Die- 
lette, Goury, Jersey, monville, Cher- 
bourg et Barfleur. : 1 3 

i8. de 1 833, Jersey, A urigny, Omonville, 
Cherbourg, Barfleur, La Hogue et Port- 
en-Bessin i4 

physique terrestre. Variations annuelles dans la temprature de la 
terre diffrentes profondeurs. 

M. Quetelet, directeur de l'Observatoire de Bruxelles , a tabli r- 
cemment dans cette ville un systme d'observations analogues celles 
qui se font Paris depuis un grand nombre d'annes. Dans la note 
dpose aujourd'hui sur le bureau de l'Acadmie , M. Quetelet fait con- 
natre, pour 1 834 et i835 , les variations totales de temprature qui ont t 
indiques par des thermomtres diversement enfoncs. Tout le monde re- 
marquera combien ces variations diminuent rapidement quand la pro- 
fondeur augmente. 


Excs du maximum sur le minimum de 
temprature annuels , d'aprs l'observation. 



eruiuiiiGirc. .. 


1854. 




1838. 


o , 58 pieds de profondeur. 


i344 cen 'ig r - 


12 10 centigr 


i,38 


12,56 




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11,00 




10, 38 


3,o8 


10,78 




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6,oo 


7,53 




7,00 


I2,O0 . 


4,66 




4,33 


2/{,00 


1 ,3o 





i,5i 



1 

5a.. 



( 358 ) 

physique du globe. Effets des dfrichements. 

M. Rivire annonce avoir remarqu qua l'poque o le Bocage , dans 
la Vende, tait couvert de bois, l'eau nuisait beaucoup la culture 
et aux communications ; que depuis les nombreux dfrichements qui 
datent de 1808, les champs de bl, au contraire, rclament souvent en 
vain le bienfait de la pluie. A Bourbon-Vende , les fontaines et les 
puits ne donnent quelquefois qu'une eau trs peu abondante. 

Avant 1821, poursuit M. Bivire, la Provence, et'principalement le d- 
partement du Var, taient sillonns de nombreux ruisseaux; on y ren- 
contrait beaucoup de sources, de fontaines. En 1821, les oliviers qui 
formaient des espces de forts par leur multiplicit, furent gels ; en 1822 
on commena couper tous ces arbres jusqu' la racine; le pays fut 
dnud; ds ce moment les sources tarirent et l'agriculture devint lan- 
guissante. 

chimie. Note sur l'efficacit de la magnsie considre comme principe 
unique de l'hydraulicit de certaines chaux; par M. Vicat, correspon- 
dant de l'Acadmie. 

Le i** fvrier 18 19, un an aprs la publication de mes premiers essais 
sur les chaux hydrauliques et les mortiers, j'eus l'honneur de lire l'A- 
cadmie un mmoire supplmentaire, dans lequel j'examinais l'action de 
la chaux grasse sur la silice, l'alurnine et l'oxide de fer, pris sparment, et 
o je faisais voir la possibilit de transformer gnralement toutes les 
argiles en pouzzolanes de bonne qualit. 

Je concluais alors de diverses expriences que la silice jouit de la fa- 
cult hydraulisante , qu'on me passe l'expression, i l'tat d'hydrate, 
2 aprs calcination jusqu'au rouge; 3 et enfin telle que la donnent les ar- 
giles convenablement calcines et non cuites, traites par l'acide sulfurique 
bouillant; tandis qu'au contraire elle ne manifeste aucune nergie lors- 
qu'elle provient du quartz rduit mcaniquement en poudre aussi impal- 
pable que possible. 

m Quant l'alumine, les mmes expriences prouvaient que soit en gele, 
soit calcine, son action hydraulisante reste peu prs nulle, et qu'il en 
est de mme du fer oxiqj divers degrs. 

Telles taient les notions de cette poque, lorsque trois ans aprs un 
de nos clbres chimistes, M. Berthier, publia dans le Journal des Mines 



( 35 9 ) 
les analyses de diverses pierres chaux et ciments, ainsi que plusieurs 
expriences synthtiques sur l'hydraulicit des mlanges ci-aprs, prala- 
blement soumis la cuisson, savoir : craie et quartz pulvris, craie et 
silice glatineuse, craie et alumine, craie et oxide de fer, craie et oxide 
de manganse; craie, silice et alumine; craie, silice et magnsie, et enfin 
craie, silice et oxide de fer. Ces expriences confirmrent ce que j'avais dit 
dj du quartz pil , de la silice en gele , de l'alumine et du fer oxid ; 
mais elles apprirent de plus que la magnsie peut remplacer trs avanta- 
geusement l'alumine dans les chaux hydrauliques ordinaires base 
d'argile. M. Berthier crut pouvoir conclure d'ailleurs de l'examen de deux 
espces de chaux provenant de calcaires magnsiens dpourvus de silice, 
que la magnsie secle n'apasplus d 'efficacit que l'alumine pour rendre 
les chaux hydrauliques, d'o il rsultait que le silice devait en tre le prin- 
cipe essentiel dans tous les cas. 

J'ai long-temps partag cette dernire opinion ; je dclare aujourd'hui 
qu'elle n'est pas exacte, car.il est vrai de dire que la magnsie toute seule, 
peut, lorsqu'elle intervient en proportions suffisantes, rendre hydrauliques 
des chaux parfaitement pures. Je ne m'expliquerai pas encore sur le degr 
d'nergie de ces nouvelles espces de chaux; j'affirme pour le moment 
qu'elles sont prises sous l'eau , du 6 m * au 8 m " jour et qu'elles continuent 
durcir la manire des chaux hydrauliques ordinaires ; quand mes exp- 
riences seront plus avances je pourrai en dire davantage. 

Je ferai observer en attendant que les proportions de magnsie prise 
et pese aprs cal ci nation , doivent tre de 3o 4o pour 4o de chaux pure 
galement anhydre (i). Les calcaires naturels essays ou cits par M. Ber- 
thier , ne tenaient que de 20 26 de magnsie pour 78 60 de chaux , et 
c'est probablement de ce dfaut de proportions que proviennent les rsul- 
tats ngatifs obtenus. 

L'observation qui fait le sujet de cette note n'est pas sans importance, 
car s'il est sans exemple qu'on ait trouv des pierres chaux hydrauliques 
dans les formations calcaires infrieures au lyas, c'est parce qu'on n'a pas 
mme t tent d'essayer les dolomies des tages infrieurs. Il devient 
vraisemblable maintenant qu'on pourrait le faire avec quelques chances de 
succs. 

(1) Il est sous-entendu que le mlange doit tre soumis la cuisson. 

; 



( 36o ) 

physique terrestre. Seconde lettre de M. de Freycnet M. Arago, sur 
les eaux thermales cCAix en Provence nommes les bains de Sextius. 

Depuis la dernire lettre que je vous ai crite, je n'ai cess d'observer 
tous les jours le dbit et la temprature des deux principales sources d'eau 
chaude d'Aix : celes des bains Sextius et des Bagniers. Aucune diminution 
n s'est fait encore remarquer clans le produit de ces sources, et je n'ai vu 
non plus aucune variation notable dans leur temprature. 

Je ne m'tonne point de cette lenteur; car s'il est vrai, comme l'his- 
toire nous l'assure , que les eaux de Barret mettent vingt-deux jours se 
rendre aux bains Sextius, ce ne peut tre qu' la fin du mois tout au plus, 
que les phnomnes que j'attends pourront tre sensibles. 

Dans la caisse d'eau minrale que je vous ai adresse, se trouvent deux 
chantillons d'une substance qu'un habile pharmacien de cette ville. 
M. Icard, a obtenue en faisant vaporer une certaine quantit de ces eaux. 
Il dsire qu'une note explicative qu'il a rdige, soit galement mise sous 
les yeux de l'Acadmie, et vous la trouverez ci-jointe. 

On remarque sur le point o surgissent les eaux des bains Sextius , et 
sur la surface extrieure de la maonnerie du bassin qui environne la 
source, deux sortes de dpts provenant du suintement des eaux; ils sont 
identiques peut-tre quant au fond, mais ils s'offrent l'il, l'un sous 
une couleur blanche , l'autre sous une couleur gristre. J'en ai ramass 
des fragments que je vais vous adresser par la diligence. 

Dans les instants de libert que me laissent mes observations, je 
cherche runir des tmoignages et d'autres renseignements qui puissent 
clairer la question dont je m'occupe. 

L'ouvrage du docteur Bobert sur les eaux minrales d'Aix, m'a fourni 
des nombres qui, combins avec ceux que j'ai obtenus moi-mme, et avec 
d'autres qui sont galement dus des observateurs dignes de foi, m'ont 
permis d'tablir des comparaisons qui ne me semblent pas sans intrt. 

M. Bobert, page i3o, de l'ouvrage cit, annonce que la temprature 
des bains Sextius est de 38 B.=s35,oo centigr., etc.; page i47'q ue cette 
mme temprature est de 29 iR. = 36,87 centigr. Il tait naturel que 
j'crivisse cet habile mdecin , pour avoir l'explication de ces assertions 
contradictoires. 

Sa rponse m'apprend que la temprature 35", 00 centigr. a t ob- 
tenue en avril 181 1 , par la commission charge par l'Acadmie de Mar- 
seille de faire l'analyse des eaux minrales du dpartement des Bouches- 



( 36. ) 
du-Rhne; et que la seconde 36,87 centigr. lut observe par lui-mme 
le ia juin 181a. 

Une note qui m'a t remise sur les lieux par M. le fermier des bain 
me fait connatre qu'un mdecin qui, en juin 1 834, prenait des bains dans 
son tablissement, fit une remarque sur une singularit qui existait dans 
les bains Sextius, singularit dont je ne parlerai pas maintenant, mais dont 
il rsulte que la temprature de l'eau dans sa baignoire tait alors de 
28 R. = 35,oo. centigr. J'ai appris par exprience que la diffrence de 
temprature entre les eaux de la source des bains Sextius, et celles des 
baignoires est de i ,87O centigr. Je dois donc avoir par l'observation cite 
36,87 centigr. pour la temprature de la source en juin i834, rsultat qui 
se rapporte avec ce qu'indique ailleurs M. Robert. Or le mois de juin est 
en gnral un des mois les plus secs de l'anne, et i834 fut surtout remar- 
quable par la longueur et l'excs de la scheresse qui dsola toute la Pro- 
vence. Par suite de cette scheresse et un mois avant l'poque de l'obser- 
vation prcdente, c'est--dire en mai i834, le bassin de Barret, ainsi qu'il 
rsulte des tmoignages que j'ai runis, tait entirement sec, et cet 
instant aussi la masse des eaux aux bains Sextius se trouvait considra- 
blement diminue. 

Il me parait vident par ce qui prcde , que lorsque les eaux du bassin 
de Barret sont taries en totalit, la temprature des bains Sextius est no- 
tablement plus forte que dans les circonstances ordinaires. Mes propres 
observations m'indiquent pour la fin de janvier i836, une temprature de 
ces eaux, gale 34 u ,i56 centigr.; les fontaines taient alors trs abon- 
dantes , et les eaux du bassin de Barret n'avaient que ao%o57 centigr. de 
temprature. 

u J'imagine que pendant leur trajet pour se rendre aux bains Sextius 
par des voies souterraines inconnues , ces dernires eaux se mlangent avec 
d'autres plus chaudes qu'elles, et que c'est de ce mlange que provient la 
temprature qu'on remarque dans les temps ordinaires aux bains Sextius. 

v II est vrai que lorsqu'en 1706 les eaux de Barret furent dvies par 
des fouilles souterraines dans le torrent de la Touesse, les bains Sextius se 
trouvrent presque taris; mais c'est qu'ici les mines avaient t perces 
bien au-dessous du niveau actuel de ce bassin, et qu'on dut couper ainsi 
la fois les eaux chaudes et les eaux froides. Je reviendrai plus longuement 
ailleurs sur ce point important de critique ; pour l'instant je n'ai pour ob- 
jet que de vous faire pressentir ce qu'il me parat qu'on peut dduire des do- 
cuments que je possde. 



(36, ) 

Le fait que les eaux chaudes se mlent avec les eaux froides avant d'ar- 
river aux bains Sextius, est mis hors de doute par un mmoire de M. Gen- 
sollen, o il est dit que lorsqu'on travaillait en 1706 au creusement 
ncessaire pour runir les eaux de Barret qu'on voulait conduire la ville , 
les ouvriers trouvaient devant eux des eaux froides et par-derrire des eaux 
chaudes. Or, c'est aussi un fait d'exprience qu' Aix, pendant les sche- 
resses , ce sont les eaux froides qui tarissent d'abord, et que les eaux chaudes 
diminuent ensuite de volume, mais sans tarir. 

Il me semble qu'on peut dduire de ce qui prcde, qu'un puisement 
mme complet du bassin de Barret, par un moyen mcanique quelconque, 
ne pourrait conduire qu' la mme conclusion que je viens de tirer. 

Veuillez, je vous prie, soumettre ces vues l'Acadmie, et me trans- 
mettre ses ordres. 

histoire naturelle. Lettre de M. Robert sur les spirules , sur le lamentin 
du Sngal et sur l'existence . dans cette mme rgion de F Afrique , de 
l'hyne tachete. 

Dans le deuxime voyage que j'ai eu l'avantage de faire sur la corvette 
de l'tat la Recherche, commande par M. le capitaine Trhouart, parmi 
les objets d'histoire naturelle que j'ai .recueillis pour le Musum , nous 
avons, ainsi que M. de Blainville a dj eu l'attention d'en informer l'Aca- 
dmie, pch, M. Leclenchet et moi, le 12 janvier dernier, par 24*28' de 
latitude nord, et 20 22' de longitude occidentale, ou entre les Canaries et 
le cap Blanc, cinq spirules australes (S Peronii) avec l'animal plus ou 
moins bien conserv. Je vais avoir l'honneur de vous soumettre ce qu'elles 
m'ont paru offrir de plus remarquable, en attendant que je puisse faire 
un mmoire sur ce sujet au retour de la campagne d'Islande que je vais 
entreprendre de nouveau avec M. Gaimard. 

i. Indpendamment des deux lobes latraux qui, dans la figure de 
Y Encyclopdie mthodique, terminent le corps de l'animal en arrire, on 
distingue parfaitement , partir de ce point correspondant un sillon , 
chez les cinq individus en question, deux expansions natatoires qui ach- 
vent de garnir la partie postrieure de la spirule, de manire lui donner 
dans cette rgion la forme d'un bouton. Ainsi enchsse, la coquille n'est 
plus nu que dans une faible tendue, et sur deux points diamtralement 
opposs, et encore est-il facile d'entrevoir qu'elle doit tre entirement 
recouverte par un prolongement de manteau, qui forme une espce de 



( 363 ) 

bourrelet sur la limite des deux espaces ovales par o la coquille se 
fait jour. 

a . Un des cinq individus conservait encore un il, qui est trs gros 
relativement au volume de l'animal, mais il faut noter aussi que cet or- 
gane se trouvait presque entirement dnud. 

3. Les yeux reposent dans des espces de cavits orbitaires formes 
par une pice cartilagineuse. 

4- Sous le cou, on remarque l'ouverture de l'entonnoir ordinaire chez 
les cphalopodes. 

Malheureusement le reste de la tte manque , et il n'y a plus de traces 
des bras. ^ 

Quoi qu'il en soit, on ne peut s'empcher de reconnatre que ce mol- 
lusque se rapproche singulirement du calmar spiole (loligo sepiola). 

5. Le manteau, les expansions natatoires, l'entonnoir, etc., sont d'une 
couleur blanc jauntre ou caf au lait, pointills de brun. 

Les spirules et les dessins que j'essayai d'en faire , aussitt qu'elles 
furent sorties de la mer, sont dposs sur le bureau de l'Acadmie. 

J'ajouterai, pour chercher expliquer l'tat de la coquille, qu'on trouve 
le plus souvent intacte, ainsi que sa grande abondance la surface de la 
mer dans les parages que j'ai visits, que l'animal qui se tient sans doute 
une certaine profondeur dans l'eau quand il est vivant, m'a paru servir 
de proie ordinaire aux physalies, entre les tentacules desquelles un des 
cinq chantillons a t pris. 

En terminant cette note, je crois devoir signaler quelques particu- 
larits dans le squelette d'un lamentin du Sngal de 9 pieds de longueur, 
que j'ai recueilli galement pour le Musum. 

1 . Tandis que l'axis est compltement soud la troisime cervicale , 
l'arc postrieur des cinquime et sixime cervicales n'est pas entirement 
ferm sur la ligne mdiane, principalement la cinquime, qui prsente un 
cartement de 8 9 lignes. 

a". A partir de la douzime vertbre lombaire, toutes les autres, au 
nombre de treize, prsentent l'indice d'une runion incomplte, ou d'une 
espce de spina bifida dans le corps de la vertbre. 

On compte dans le squelette dix-sept paires de ctes, sept vertbres 
cervicales, dont deux soudes ensemble, seize dorsales et vingt-cinq lom- 
baires. 

Il n'y a dans le squelette aucune trace des os du bassin. 

Enfin, parmi les peaux d'animaux que j'ai observes Saint-Louis, 

C. R. i836. i Semntre. 53 



( 364 ) 

provenant du haut Sngal , il s'en est trouv une appartenant l'hyne 
tachete, animal qui n'avait t indiqu jusqu' prsent que dans le midi 
de l'Afrique. 

optique mathmatique. Lettre de M. Cauchy M. ampre, sur l'expli- 
cation de divers phnomnes de la lumire dans le systme des 
ondes. 

Les formules gnrales auxquelles je suis parvenu dans mes nouvelles 
recherches sur la thorie de la lumire, ne fournissent pas seulement les 
lois de la propagation de la lumire dans le vide et dans les divers milieux 
transparents, comme je vous le disais dans mes lettres du 12 et du 19 f- 
vrier, ou les lois de la rflexion et de la rfraction la surface des corps 
transparents, telles qu'elles se trouvent nonces dans les deux lettres que 
j'ai adresses M. Libri le 19 et le 28 mars. Elles s'appliquent aussi la 
propagation de la lumire dans la partie d'un corps opaque, voisine de la 
surface, et la rflexion de la lumire par un corps de cette espce. On 
sait d'ailleurs que, si la lumire passe d'un milieu plus rfringent dans un 
autre qui le soit moins, ce dernier deviendra opaque l'gard des rayons 
qui rencontreront sa surface sous un angle tel que le complment t, c'est- 
-dire l'angle d'incidence devienne suprieur une extrme limite qu'on 
nomme l'angle de rflexion totale. Dans ma dernire lettre M. Libri, j'ai 
remarqu la prodigieuse (1) multiplication de la lumire qui a lieu au mo- 
ment o l'angle t est sur le point d'atteindre cette limite, et j'ai donn les 
formules qui, lorsque le rayon incident est polaris en ligne droite, d- 
terminent l'intensit de la lumire rfracte aussi bien que l'intensit de la 
lumire rflchie avec les mouvements des plans de polarisation. Mais ces 
formules, dont trois concident avec celles de MM. Fresnel e{, Brewster , 
ainsi que les lois qui en drivent et qui subsistent avec de lgres modifica- 
tions dans leur nonc, lorsque la polarisation devient elliptique ou cir- 
culaire, se rapportent uniquement au cas o le milieu rfringent ne fait 
pas l'gard du rayon incident la fonction d'un corps opaque, c'est- 
-dire (quand le second milieu est moins rfringent que le premier) 



(1) Cette multiplication de lumire a e'gatement lieu, mais un plus faible degr, 
quand on considre un rayon qui, aprs tre entr dans un prisme de verre perpendi- 
culairement une premire face, est rflchi en totalit par une seconde face, et sort 
du prisme perpendiculairement une troisime; ce qu'on pouvait dj conclure des for- 
mules de MM. Young , Poisson et Fresnel. 



( 365 ) 

au cas o l'angle d'incidence est infrieur l'angle de rflexion totale. Les 
rsultats que j'ai obtenus dans le cas contraire me paraissent assez int- 
ressants pour que vous me pardonniez de vous crire encore ce sujet, en 
vous priant de communiquer ma lettre l'Acadmie. 

Supposons qu'un rayon polaris tombe sur la surface de sparation 
de deux milieux dont le premier soit le plus rfringent, et que l'angle 
d'incidence devienne suprieur l'angle de rflexion totale. Si l'on nomme 

t l'angle d'incidence, -7 le rapport qui existait entre le sinus d'incidence 
et le sinus de rfraction avant que le rayon rfract dispart, enfin ^=tf 

rr 

et T = , , les paisseurs qu'une onde lumineuse acquiert dans le premier 
et dans le second milieu ; on aura 

(\ _ K. * 

l) 6 = |^ = j, 

et , si l'on pose d'ailleurs 

(2) b = tsmr t (3) a=\/b>i, , 

l'intensit de la lumire dans le second milieu , la distance x de la surface 
de sparation, sera proportionnelle l'exponentielle ngative e~ aKx . Si r 
se rduit l'angle de rflexion totale, on aura 



sinr=-, b=i, a=o, e aK - x = i, 



et la lumire rfracte aura une grande intensit. Mais, si t crot partir 
de la limite qu'on vient de rappeler , la lumire rfracte s'teindra une 
distance comparable l'paisseur V des ondes que peut transmettre le se- 
cond milieu, et d'autant moindre que a sera plus grand. Si l'on sup- 



7T 



pose t = - , a atteindra sa limite suprieure \/6 a i. Ajoutons que la 
quantit b, dtermine par la formule (a) remplace ici le sinus de rfrac- 
tion avec lequel elle concide, lorsqu'on a sinr=-. Considrons mainte- 
nant la lumire rflchie. 

Le rayon incident que nous supposons polaris en ligne droite , suivant 
une direction quelconque, peut tre remplac par le systme de deux 
rayons polariss angles droits, l'un dans le plan d'incidence, l'autre per- 
pendiculairement ce plan. Nous nommerons ces derniers, rayons com- 
posants. Or, aprs la rflexion, chacun de ces deux rayons conservera 

53.. 



(' 366 ) 

l'intensit qui lui est propre, et si de plus l'angle t se rduit l'angle de 
rflexion totale , la marche des ondulations dans chacun d'eux sera la mme 
avant et aprs la rflexion. Mais, si r devient suprieur l'angle de r- 
flexion totale, alors dans chacun des rayons composants, la rflexion d- 
placera toutes les ondulations et transportera chacune d'elles en avant 
une certaine distance qui atteindra sa limite suprieure, et deviendra 

quivalente une demi-paisseur d'onde ou ^-, quand on aura sinr= i, 

c'est--dire quand le rayon incident formera un angle infiniment petit 
avec la surface de sparation des deux milieux. Si sin t demeure compris 

entre les limites \ et i , la distance dont il s'agit ne sera plus gnralement 
la mme dans les deux rayons composants. Alors, en dsignant cette dis- 
tance par pour le rayon polaris perpendiculairement au plan d'in- 
cidence et par ^ pour le rayon polaris paralllement ce plan , on 
trouvera 

(4; 

et par suite 
(6) 

puis, en dsignant par nar l'angle de polarisation totale d'un rayon qui su- 
birait une rflexion partielle , et posant en consquence 

(7) tangw = g-, 
on tirera de l'quation (6) 

H y ft -f- t 

(8) sin- = COS 2sr sin , 

1 ' 2 2 

et des formules (4) , (5) jointes aux quations (2) et ^3) 

sm^- cos- cos sin- tan S~ 

22 22 2 

(9) cost = ,sin'r= , tang'r= ~~ 

sin- sin- tang - 

22 2 

Il rsulte de la formule (8) que la diffrence de marche des deux rayons 
composants , ou la quantit 

(10) (L ^ JL > 



tang^ = 


8 * (5) tangi = 

COST 2 

tang^= 'tangl; 


i a 

8 cost 



(36 7 ) 

atteint son maximum , quand la somme fi -+- v , qui varie entre les li- 
mites o, aTr, atteint sa valeur moyenne tt , c'est--dire quand on a 

(il) fc + y = t. 

Alors, les formules (4) donnent 

(12) tang^ = 9, tang^ = ^, a =. cst; 

par consquent 



X 



3) *>-, ><;; 

et comme, en vertu de la formule (i i), on doit avoir encore 
(4) n < ? 

la formule (8) , rduite 

(i5) sin- = cos si, 

entrane la suivante 

(l6) fi t = TT 4"", 

de laquelle on tire, en la combinant avec l'quation (7), 
(17) 8 = cot ir - ( f - =-^ 

4 

Enfin , de la premire des quations (9) combine avec les formules (1 1) et 
(i5), on tirera 

(8) C08 a T = cos 1-a. 

Il suit de la condition (14) qu'aprs une seule rflexion, la diffrence de 
marcbe des deux rayons ou l'expression (10), ne peut jamais atteindre la 
demi-paisseur d'une onde ou la longueur d'une demi-ondulation : pour 
qu'elle pt atteindre un quart d'ondulation , il faudrait que la valeur 

maximum de fi y ft gale ou suprieure - ; et par suite , en vertu 

de l'quation (17), la valeur de devrait alors tre gale ou suprieure 
celle que dtermine la formule 

(>9) = cotg = 2,4142... 

En admettant cette dernire valeur de 6, on tirerait des formules (16) 



( 368 ) 
et (18) 

(20) n- = ^, cost=cos fy}=2 , t = 32 46' (ancienne division). 

Alors, en supposant les intensits des rayons composants gales entre 
elles, ou, ce qui revient au mme, en supposant le rayon primitif po- 
laris 45 degrs du plan d'incidence, on obtiendrait, aprs une seule 
rflexion sous l'angle de 32 46', la polarisation circulaire. Or la valeur 
de 9 donne par la formule (19) est peu prs celle qui convient aux 
diamants les moins rfringents. Donc , pour obtenir aprs une seule r- 
flexion totale la polarisation circulaire, il faut employer un corps dont 
l'indice de rfraction soit gal ou suprieur celui du diamant. Si Ton 
emploie des corps dous d'une puissance rfractive moins considrable , 
deux rflexions totales sous un certain angle pourront produire la pola- 
risation circulaire, pourvu que l'indice de rfraction soit gal ou suprieur 
la valeur de fl que fournit l'quation (17) quand on y pose 

fA v j. Or, on tire alors des formules (17) et (18) 

(21) S = cot^ = 1,4966... (22) r=5l47'. 

La valeur prcdente de est un peu plus faible que celle qui convient au 
verre ordinaire. Par consquent , deux rflexions sur la surface du verre 
ou d'un milieu plus rfringent, pourront produire la polarisation circu- 
laire, si dans ces deux rflexions les surfaces rflchissantes sont paral- 
lles, et si de plus l'angle t a une valeur dtermine qui, pour le verre , 
doit tre peu diffrente de 5 a degrs. 

En gnral , si l'on fait subir un rayon polaris une suite de r- 
flexions totales sur diverses surfaces toutes perpendiculaires au plan d'in- 
cidence , qui sera aussi le plan des rflexions successives , et si , aprs 
avoir dtermin pour la premire surface les valeurs des angles ft, v, 
l'aide des formules (4), (5) , on nomme jtt', /,/*", v",. . . ce que devien- 
nent les angles jx, v , dans la seconde, la troisime ,. . . rflexion , la diff- 
rence de marche entre les deux rayons composants, sera en dfinitive 
reprsente par le rapport 

(23) r + r' + r'. .. (> + /+>'...) _ + ,.' + ,.' (> + / + ,"..,) 1 

Si ce rapport est nul ou multiple de -, c'est--dire, en d'autres termes, 

2 .... 



(36 9 ) 
si la somme 

(H) t*+e'+r'>-. (' + '' + +..) 

se rduit zro ou un multiple de 7T, le systme des deux rayons com- 
posants produira dfinitivement un rayon rflchi semblable au rayon 

incident. Si la somme (24) est le produit de - par un nombre impair, et si 

de plus le rayon incident est polaris 45 degrs du plan d'incidence, le 
rayon rflchi sera polaris circulairement. Dans tout autre cas , ce rayon 
offrira la polarisation elliptique, c'est--dire que la courbe dcrite dans ce 
rayon par chaque molcule d'ther, sera une ellipse. Si toutes les surfaces 
rflchissantes sont parallles et de mme nature, si de plus toutes les 
rflexions s'effectuent sous le mme angle, alors, en nommant n le nom- 
bre des rflexions, on rduira la quantit (24) au produit 

(a5) n{t*v). 

Ce dernier produit dpend de l'angle -r, et atteint son maximum pour la 
valeur de t dtermine par la formule ( 1 8). Ce maximum pour le verre est 
environ 

4 

Donc, si l'on emploie le verre ordinaire, il faudra faire subir au rayon 
incident au moins deux rflexions totales pour produire la polarisation 
circulaire, et au inoins deux nouvelles rflexions pour la dtruire. De 
plus, pour que la polarisation circulaire soit produite par les deux pre- 
mires rflexions, il faudra non-seulement que l'angle d'incidence soit de 
oa degrs environ , mais encore que le rayon incident soit polaris 
45 degrs du plan d'incidence; et alors, aprs quatre rflexions, le rayon 
rflchi sera polaris lui-mme 45 degrs du plan d'incidence, mais de 
l'autre ct de ce plan. Huit rflexions totales sous l'incidence de 52 degrs , 
ramneraient le plan de polarisation du mme ct. Si le rayon inci- 
dent tait polaris non plus 45 degrs du plan d'incidence, mais dans un 
plan quelconque, quatre rflexions totales sous un angle de 5a degrs 
offriraient encore un rayon rflchi semblable au rayon incident, et les 
plans de polarisation des rayons extrmes, incident et rflchi, forme- 
raient encore des angles gaux avec le plan d'incidence , mais seraient situs 
de deux cts diffrents par rapport ce dernier. Au reste , on pourrait 
produire le mme effet avec cinq, six... rflexions totales, en changeant la 



(3 7 o) 

valeur de l'angle d'incidence; et l'on pourrait pareillement obtenir la pola- 
risation circulaire l'aide de trois, quatre... rflexions totales. Si , pour 
fixer les ides, on veut la produire l'aide de trois rflexions totales, sous 
la mme incidence, on dterminera les angles \t, v l'aide de la formule 
(8) jointe la suivante : 

(27) n = g=3, 

puis l'angle t l'aide de l'une des formules (9). Si l'on emploie un verre 
dont l'indice de rfraction soit 6= i,52, on trouvera successivement 

or = 33 20' 3o", sin -_! = o,65368... t^ = 9 o d =b 49 10' 5o", et 

par suite /* = 5 5, 49', <*"> v = 20, 49', 1 o", ou bien p, = 1 54, 1 o', 5 o", 
v = i24 io'5o". Cela pos, la dernire des formules (9) donnera 
t = 42*24', ou T=692i'4o". Ainsi, la polarisation circulaire pourra 
tre obtenue l'aide de trois rflexions totales, opres dans l'un de ces 
deux derniers angles, dont la demi-somme est peu prs l'angle sous 
lequel le mme genre de polarisation rsulte de deux rflexions seulement. 
Au reste, tous les rsultats qu'on vient d'noncer sont conformes aux cal- 
culs et aux expriences de Fresnel. Il y a plus : si l'on limine les quantits 

a, b, C entre les formules (2), (3), (4) et (5), on en tirera, en posant 

fA, >-=eJ\ 

v ' (' -|- 1 ) sin* t 1 

Or cette dernire quation est prcisment celle que Fresnel a obtenue, 
en cherchant, dit-il, ce que l'analyse voulait indiquer par les formes, en 
partie imaginaires , que prennent dans le cas de la rflexion totale les 
coefficients de vitesses absolues dtermines dans l'hypothse de la r- 
flexion partielle. Cette mme quation , que Fresnel a confirme par 
diverses expriences, et en faveur de laquelle, suivant l'expression de cet 
illustre physicien, s'levaient dj des probabilits thoriques , est, comme 
on le voit, une consquence ncessaire des formules que nous avons 
tablies. 

Lorsque deux rflexions successives s'oprent sous le mme angle, et 
que les deux plans d'incidence sont perpendiculaires entre eux, on a vi- 
demment /Jtf=v, v'~fJL, fA + p'-r (v + c') = o. Donc alors le rayon r- 
flchi devient, aprs la seconde rflexion, semblable au rayon incident. 

L'analyse dont j'ai fait usage dmontre encore que les valeurs de [a. et 



(3 7 i ) 
de v resteraient les mmes, si le rayon primitif, au lieu d'tre polaris 
rectilignement, offrait la polarisation circulaire ou elliptique. 

En terminant cet expos, je ferai une observation relative une asser- 
tion mise dans ma dernire lettre M. Libri, savoir que les vibrations 
perpendiculaires au plan d'incidence sont transformes, par la rflexion, 
en d'autres vibrations de mme espce , mais diriges en sens con- 
traire, etc. Cela doit s'entendre du cas o le second milieu tant plus r- 
fringent que le premier, on a t > t', ainsi qu'on le reconnatra sans peine 
en jetant les yeux sur les formules (1) et (2) de la lettre dont il s'agit. Au 
reste, toutes les consquences que l'on peut dduire de ces deux formules 
relativement aux signes, s'accordent avec les conclusions tires des for- 
mules de MM. Young, Poisson, Fresnel,... et avec l'explication qu'ils ont 
donne du phnomne des anneaux colors. J'ai avanc dans la mme lettre 
que l'intensit de la lumire, transmise travers un prisme, atteignait son 
maximum , lorsque le rayon mergent tait polaris perpendiculairement 
au plan d'mergence. Une exprience que j'ai faite avec M. Hessler, pro- 
fesseur de physique, a confirm l'exactitude de cette proposition. 

mdecine. Lettre de M. Fiard sur le virus vaccin. 
(Commissaires, MM. Huzard, Magendie, Double et Breschet.) 

M. Fiard annonce que le cow-pox vient d'tre trouv sur le pis d'une 
vache aux environs de Paris ( Passy ); que les expriences comparatives 
faites avec le cow-pox et l'ancien vaccin , montrent d'une manire vidente 
la dgnration du virus de la vache quand, dans le long intervalle de 
38 ans, il a t conserv et entretenu par des transmissions successives sur 
l'homme. 

M. Fiard croit que le cow-pox est trs commun aux environs de Paris. 
Suivant lui, la maladie a deux priodes tranches. La premire, dit-il , 
dont la dure n'est pas longue, se manifeste par une ou deux grosses 
pustules, larges comme des pices de cinq sous; elles ont essentiellement 
la vertu contagieuse. A ces pustules succde une ruption nombreuse de 
boutons plus petits, plus semblables au vaccin ordinaire ancien; mais 
ils sont privs de virulence. 

M. Fiard espre pouvoir, prochainement, prsenter X ruption primitive 
aux commissaires de l'Acadmie. 

M. Dutrochet croit qu'il ne faut pas trop se hter de regarder les pus- 

C. R. |830, i Semestre. 54 



(3 7 * ) 
tules rcemment observes par divers mdecins, comme le vritable 
cow'pox. 

Les vaches , dit-il , sont sujettes une maladie ruptive assez semblable 
la petite vrole, dont le sige est sur le pis, mais qui n'est point le 
cocv-pox. J'ai observ cette maladie des vaches en Touraine. Le virus, 
recueilli sur ces pustules, fut inocul par un mdecin aux bras de deux 
enfants qui n'avaient point eu la petite vrole. Dans la nuit qui suivit 
le jour de cette inoculation , les deux enfants eurent une fivre violente 
accompagne de vomissements. Ce fut l que se termina l'effet de cette 
inoculation; il ne se dveloppa point de boutons. 

MM. Dumril et Double , sans nier l'exactitude de l'observation de 
M. Dutrochet, dclarent qu'ils ont toute raison de croire que les pustules 
observes rcemment Passy taient le cocv-pox. 

M. Fiard, au surplus , annonait dj dans sa lettre que, lui aussi, 
avait observ avant 1 83 1 , sur des pis de vaches , une ruption fort sem- 
blable la vaccine; mais que l'impossibilit de transmettre le vaccin avec 
l'humeur de ces pustules, lui avait fait dsigner ce genre d'ruption par le 
nom de fausse picotte. 

chirurgie. --- Gurison des hernies. 


M. Bonnet, chirurgien en chef (dsign) de l'Htel-Dieu de Lyon, 

crit qu'il gurit radicalement les hernies, en piquant des pingles prs 
de l'anneau, travers les enveloppes herniaires, et en les disposant de 
manire qu'elles maintiennent les parois du sac en contact , jusqu' ce 
que l'inflammation adhsive se soit dveloppe. 

chirurgie. Traitement des calculs urinaires par l'lectricit voltaque. 

M. Bonnet rend compte des essais auxquels il s'est livr, sur la disso- 
lution des calculs l'aide de l'lectricit voltaque. Il a inject pendant 
plusieurs jours de suite jusqu' 6 onces de nitrate de potasse dans la 
vessie d'un chien, sans que l'animal part ressentir aucune douleur. Sur 
une jument, il a obtenu par la pile et dans l'espace d'une heure, la 
dissolution de 8 grains d'un phosphate triple qui avait t pralable- 
ment pes. 










(3 7 3) 
physique applique. Prservation des mtaux. 



Tout le monde connat l'ingnieux procd que sir H. Davy avait pro- 
pos pour prserver de l'oxidation le doublage en cuivre des navires. 
M. Ed. Davy vient d'en faire une application heureuse la conservation 
des boues des ports de Kingstown et de Portsmouth. Le mme chimiste a 
cherch s'il ne serait pas possible d'empcher galement l'oxidation du 
cuivre , du bronze , de l'acier, etc. , conservs dans l'air, en mettant de pe- 
tites plaques de zinc en contact avec ces mtaux. L'exprience n'a pas 
russi. M. Born, capitaine d'artillerie, qui avait publi une note ce sujet 
ds le mois de juillet i835, crit aujourd'hui l'Acadmie pour faire re- 
marquer combien la question est importante, mme en ne l'envisageant 
que dans ses rapports avec les services militaires. L'artillerie de terre 
et la marine avaient nagure un approvisionnement de 7 731 000 pro- 
jectiles , reprsentant une valeur de plus de 26 000 000 de francs. 
M. Born estime qu'aprs 20 ans d'exposition en plein air, une pile de 
boulets est presque compltement hors de service; or si l'on se rap- 
pelle' que la valeur d'un projectile vendu comme fonte, n'est gure que 
le tiers du prix d'achat, on reconnatra avec M. Born que la recherche 
des moyens de conserver les mtaux en plein air, mrite toute l'atten- 
tion des chimistes et des physiciens. 

M. Dumas propose d'essayer de substituer un enduit de caoutchouc 
la peinture ordinaire l'huile, qui n'a pas t adopte parce qu'elle 
s'caille et se dtruit trs vite par le frottement. 



mtorologie. Formation du givre. 

M. Fournet a remarqu que la forme des longs cristaux de givre qui 
restent quelquefois suspendus aux branches des arbres, varie suivant la 
nature des circonstances atmosphriques. 

Quand la temprature s'est abaisse graduellement, les lames dgivre 
sont recouvertes de stries formant entre elles des angles dont les sommets 
se trouvent tourns vers la branche laquelle la lame est- suspendue. 
Lorsque, au contraire, le froid se manifeste brusquement et avec une 
grande intensit, les stries des lames cristallines affectent une position, in- 
verse;: ls ouvertures ds angles qu'elles forment sont alors tournes vers 
la branche. 

La neige se compose aussi, assez. souvent, d'toiles branchues. ayant des 
stries angles ouverts, ou rentrants- Ces fermes inverses de la neige sont- 

54.. 



(3 7 4) 
elles comme les formes du givre, dtermines par la manire dont le froid 
se manifeste dans les hautes rgions de l'atmosphre ? 

mtorologie. toi le s filantes. 

Aprs ce que nous avons rapport dans plusieurs numros du Compte 
Rendu, concernant les toiles filantes qui se montrent ordinairement vers 
1 s milieu de novembre , on ne 's'tonnera pas du soin scrupuleux que nous 
mettons tenir note de toute les apparitions de ces phnomnes. 

M. Fournet crit qu'en 1812, dans la premire moiti de novembre 
(M. Fournet ne se rappelle pas la date prcise), tant, cinq heures du 
matin en diligence sur la route de Coblentz Bonn, il vit une quantit 
considrable d'toiles filantes qui se mouvaient dans toutes les directions 
comme les fuses d'un feu d'artifice. Peu d'instants se passaient sans 
qu'on n'en vt paratre, tantt ici, tantt l et souvent plusieurs la 
fois. Le phnomne ne cessa qu'avec le jour. 

ornithologie. De V ordre suivant lequel les plumes sont disposes sur le 
corps de l'oiseau ; par M. Jacquemin. 

J'ai pris pour exemple la corneille... 

Il n'y a gure que la moiti de la superficie du corps de cet oi- 

sean qui donne attache des plumes ; le reste n'est garni que de duvet 
quelquefois trs rare. A l'exception de celles de l'aile et de la queue , toutes 
les plumes sont disposes par bandes, que j'appelle bandes d'insertion. 

La face suprieure du corps prsente une bande d'insertion qui rgne 
tout le long de la ligne mdiane depuis les narines jusqu' la glande 
anale; je la nomme bande d'insertion dorsale. Sa partie cervicale recouvre 
tout le dessus de la tte; sur le cou, elle se rtrcit considrablement, et 
forme un ruban d'une largeur gale, qui se prolonge assez avant sur le 
dos. Arrive entre la partie postrieure des deux omoplates, elle se bi- 
furque , laisse un espace dnu de plumes entre ses deux branches sur la 
ligne mdiane, puis se runit au niveau du bassin pour se terminer. en 
forme de triangle, en avant de la glande anale. Quoique cette bande n'oc- 
cupe qu'une partie de la face suprieure du corps, les plumes qui la 
composent, en se couchant obliquement sur les ctes, recouvrent nan- 
moins tout le dessus du corps. 

Paralllement cette grande bande d'insertion dorsale , on en voit 
quatre autres. Les deux antrieures, une pour chaque aile, sont places 



(3 7 5) 

un peu au-dessous de l'paule; elles se dirigent transversalement d'avant 
en arrire sur le bras, depuis le commencement de la membrane ant- 
rieure de l'aile jusqu' sa membrane postrieure , o elles se terminent 
chacune par quatre cinq fortes plumes. Je les appelle bande d'insertion 
numrale. Les plumes auxquelles elles donnent naissance recouvrent toute 
l'paule et les flancs en formant un faisceau , qu'on remarque dans l'angle 
qui resuite de la reunion du bras avec le corps. 

Deux autres bandes analogues , une pour chaque ct , se dirigent 
transversalement d'avant en arrire, sur la face suprieure de la cuisse 
peu de distance de son articulation. Elles sont beaucoup plus petites que 
les humrales. Je les nomme bandes d insertion fmorale; leurs plumes re- 
couvrent la lace externe de la cuisse et les parties latrales du bassin. 

. Les pennes caudales sont implantes sur une ligne en fer cheval ; leur 
nombre est de douze. Cinq sur chaque ct sont insres obliquement sur 
un mme plan; les deux internes qui forment la paire mdiane ou coxi- 
gienne se trouvent sur un plan plus lev; elles sont attaches immdia- 
tement sur les deux cts de l'extrmit suprieure de la dernire et sin- 
gulire vertbre caudale. Il n'existe sur cette face suprieure de la queue 
qu'une seule srie de couvertures appliques immdiatement sur les pennes; 
L'aile prsente beaucoup plus de dtails. Le dessus de la membrane an- 
trieure est couvert de fortes plumes diriges vers l'extrmit de l'aile, et qui 
rayonnent en mme temps' vers les bords. Les couvertures 'des pennes cons- 
tituent deux sries qui commencent toutes' deux dans l'angle form par la 
runion du bras avec le corps sur la surface postrieure de l'humrus. La 
premire srie se compose de sept plumes pour le bras, de douze pour l'a- 
vant-bras, places trs rgulirement sur la ligne mdiane de sa face ex- 
terne tout proche de l'insertion des pennes; et enfin de neuf^ovs la main , 
dont souvent trois ou quatre manquent. La seconde s'applique immdiate- 
ment sur les pennes; elle se compose de sept plumes pour le bras, places 
entre les sept de la premire srie; de douze , pour Tavant-b ras, couches 
obliquement sur les douze pennes de cette rgion, et insres sur la face in- 
terne de leur point d'insertion. Elles sont plus longues que celles de la srie 
prcdente, et diriges plus obliquement vers la pointe de l'aile. Enfin , il y 
a, pour cette seconde srie, dix plumes sur la main, places entre les" 
pennes digitales dont elles suivent la direction et la longueur. 

Le pouce porte trois pennes qui forment l'aile btarde des ornitholo- 
gistes. Elles sont courtes et couvertes d'une seule srie de couvertures com- 
poses de trois plumes. 



(3 7 6) 

gographie physique. Source ad sommet d'une montagne des Asturies. 

M. Borjr de Saint-Vincent dpose une notice clans laquelle M. Durieu , 
son correspondant, rend compte du voyage difficile qu'il vient dfaire 
travers le royaume des Asturies. La partie botanique du mmoire peut tre 
considre comme le commentaire de ce passage d'une lettre que M. Bory 
crivait son ami il y a un an. Vous trouverez dans les Asturies la v- 
gtation bretonne modifie par la latitude. Nous avons aussi remarqu 
dans le travail de M. Durieu , un fait important de gographie physique. 
Nous le rapporterons sans rien changer aux expressions de l'auteur. 

Une belle source s'chappe du point culminant du pic de la Sarrantina ; 
or comme ce pic n'est domin par aucune sommit environnante , il faut 
ncessairement que l'autre branche du siphon aille bien loin vers l'est 
recueillir dans les flancs des montagnes neiges perptuelles et beaucoup 
plus leves, l'eau qui vient jaillir l'extrmit de la branche la plus 
courte et qu'un hasard extraordinaire ou une cause naturelle hors del por- 
te de mes connaissances, a fait monter jusqu' la cme d'un pic aigu. 

hygine. -~ Sur les moyens de pntrer dans les lieux remplis de vapeurs 

mphytiques. 

M, Paulin,, lieutenant-colonel dessapeurs-pompiers.de Paris, adresse 
pour tre joint au mmoire qu'il destine au concours Montyon, sur les 
arts insalubres, copie d'une pice qui vient de lui tre envoye par le 
comit des. fortifications , et qui prouve, dit-il, qu!au moyen de son 
appareil modifi, l'assig pourra toujours, aprs l'explosion d'un 
fourneau de mine, tabli, soit par l'assigeant, soit par lui, rentrer 
immdiatement dans. la galerie pour reconnatre, les effets produits par 
la poudre, recommencer le travail , et prvenir, ainsi, l'.assigeant dans 
ses travaux de contre-mines; tandis que sans appareil il faudrait atr 
tendre que la galerie ft dsinfecte; encore ne pourrait-on pas, ajoute 
M. Paulin, viter les effets des exhalaisons qui auraient lieu sous le 
nez des hommes occups remuer de la terre imprgne de vapeurs 
sulfureuses. 






( 377 ) 

MEMOIRES PRESENTES. 

agriculture. De la greffe du mrier blanc sur le mrier des Philippines ; 

par M. Bonafous, correspondant de l'acadmie. . 

. , . ' ''. ) i . 

Pour avancer de plusieurs annes la croissance du mrier commun ; pour 

le multiplier plus rapidement, l'auteur a pens qu'il fallait faire concourir 

le mrier des Philippines sa propagation. Ainsi, au lieu de multiplier le 

mrier blanc parla voie trop lente des semis ou par celle des boutures, 

laquelle il se prte difficilement, M. Bonafous greffe ce mrier d'abord 

sur les boutures du mrier des Philippines d'une anne , recpes un ou 

deux pouces , au-dessus du sol, et en second lieu sur les tiges retranches 

de ces mmes boutures et coupes par morceaux de 7 8 pouces qu'il 

plante immdiatement aprs les avoir greffes. Il obtient ainsi dans une 

anne, des tiges de cinq six pieds de longueur, sur trois quatre pouces 

de circonfrence. 

chimie. Du sulfure de carbone; par M. J.-P. Couer&e. 
(Commissaires, MM. Chevreul, Dumas, Robiquet.) 

Le mmoire de M. Couerbe est la premire partie d'un travail tendu 
qui sera successivement soumis l'examen de l'Acadmie. 

LECTURES. 

analyse mathmatique. Note sur lu loi des grands nombres; par 

M. Porssoif. 

Dans le prambule que j'ai lu il y a quelques mois l'Acadmie (1), 
de l'ouvrage sur la Probabilit des Jugements criminels dont je m'occupe 
actuellement, j'ai considr la loi des grands nombres comme un fait que 
nous observons dans les choses de toutes natures. Les exemples varis que 
j'en ai cits ne pouvaient laisser aucun doute sur sa gnralit et son exac- 
titude; mais vu sou importance, il tait ncessaire d'en dcouvrir le prin* 



(1) Comptes rendus hebdomatfires, torche l", page 4^3. 






( 3 7 8 ) 
cipe , et de la dmontrer directement. J'y suis en effet parvenu , ainsi 
qu'on le verra dans cet ouvrage, dont l'impression va bientt commencer; 
et l'objet principal de cette note est d'annoncer ce rsultat qui me semble 
devoir intresser les gomtres. 

On ne doit pas confondre cette loi gnrale avec le beau thorme 
d Jacques Bernouilli, qui en mdita, comme on sait, la dmonstra- 
tion pendant vingt annes. D'aprs ce thorme, les vnements arrivent 
trs peu prs, dans une longue srie d'preuves, proportionnellement 
leurs probabilits respectives ; mais on ne doit pas perdre de vue qu'il 
suppose que ce,s chances demeurent constantes; or, au contraire, les 
chances des phnomnes physiques et des choses morales, varient pres- 
que toujours continuellement sans aucune rgularit, et souvent dans une 
grande tendue; cependant, une observation constante nous montre que 
pour chaque nature d'vnements, le rapport du nombre de fois qu'ils ar- 
rivent.au nombre total des preuves est sensiblement invariable, quand 
ces nombres sont trs grands, de sorte que ce rapport parat converger 
mesure que ces nombres augmentent encore davantage, vers une gran- 
deur spciale qu'il atteindrait si les preuves pouvaient tre prolonges 
l'infini. C'est aussi ce que la thorie dmontre rigoureusement, sans faire 
aucune hypothse sur la loi de yariation des chances, et indpendamment 
de la nature des choses, morales ou physiques. Quand on considre l'irr- 
gularit des chances et leurs variations plus ou moins grandes pendant une 
longue srie d'observations , la constance des rapports observs entre les 
grands nombres pour chaque sorte d'vnements , peut paratre une chose 
surprenante que l'on est tent d'attribuer quelque cause gnrale et sans 
cesse agissante ; mais la thorie fait voir que cette permanence est l'tat 
naturel des choses , qui se maintient de lui-mme sans le secours d'au- 
cune cause trangre, et qui, au contraire, aurait besoin pour changer, 
de l'intervention d'une pareille cause. On peut comparer cet tat au repos 
des corps qui subsiste en vertu de la seule inertie de la matire, tant 
qu'aucune cause trangre ne vient le troubler. 

Pour donner, par un exemple simple, une ide prcise de la dif- 
frence qui existe entre la loi des grands nombres et le thorme de 
Jacques Bernouilli, je suppose que l'on projette 2000 fois de suite, 
une mme pice de 5 francs, et que l'une des faces arrive 1100 fois 
et l'autre goo fois; la chance inconnue, priori, de l'arrive de 'l'une ou 
l'autre de ces deux faces, est ici invariable, puisqu'elle dpend de la 
constitution physique de la pice qui ne change pas pendant les preuves ; 



(3 7 9) 
il suffit donc du thorme cit pour en conclure que cette chance est 
peu prs fj pour l'une des faces et pour l'autre}, et pour en con- 
clure que si l'on rpte ces preuves encore un trs grand nombre de 
fois avec la mme pice, la premire face arrivera trs peu prs ~ 
de ce nombre de fois, et la seconde . Mais si l'on projette suc- 
cessivement 2000 pices de 5 francs diffrentes , la chance de chacune 
des deux faces ne sera sans doute pas la mme pour toutes ces faces , 
et le thorme de Jacques Bernouilli ne pourra plus s'appliquer; nan- 
moins, si l'une des faces arrive, pour fixer les ides, 1200 fois et l'autre 
800, on conclura de la loi des grands nombres que dans une nouvelle s- 
rie d'un trs grand nombre d'preuves , faites avec des pices de 5 francs 
de la mme fabrication que les premires et la mme effigie, ces deux 
faces arriveront encore des nombres de fois qui seront entre eux fort 
peu prs comme 12 et 8. 

Cet exemple matriel est une image de ce qui se passe dans les 
choses morales, considres indpendamment de la nature de leurs causes , 
et seulement quant leurs effls. Dans les jugements criminels, par exem- 
ple, la condamnation et l'acquittement de l'accus ont des chances qui va- 
rient d'un procs un autre, de mme que les chances des deux faces des 
pices de 5 francs , changent d'une pice une autre. Or, cela n'empche 
pas que dans des nombres trs grands de procs, le rapport entre le nom- 
bre des acquittements et celui des condamnations ne soit peu prs inva- 
riable, aussi bien que le rapport entre les nombres d'arrives des deux faces 
de pices diffrentes. Ainsi, pendant six annes conscutives que la l- 
gislation sur le jury n'a pas chang en France , le nombre des acquitte- 
ments a t annuellement o,3g, terme moyen, du nombre des accuss : une 
seule fois il s'est lev o,4o, et une seule fois il s'est abaiss o>,38. Il 
a chang ensuite avec la lgislation. En Belgique, depuis le rtablisse- 
ment du jury vers le milieu de i83i, ce rapport a t 0,4 1, o,4o>, 0^9, 
pour les trois annes i83a, i833, 1 834- Auparavant, il tait moindre 
de plus de moiti, et ne s'levait qu' environ 0,18. Les tribunaux crimi- 
nels qui jugeaient sans l'intervention des jurs, taient composs de cinq 
juges, et pouvaient condamner la simple majorit de trois contre deux. 
Sur dix accuss , ils en condamnaient huit, au lieu de six que le jury con- 
damne aujourd'hui. On peut consulter sur ce point les Comptes gnraux 
de t administration de la justice criminelle en Belgique , rcemment publi.' 
par le gouvernement de ce royaume. 

' 

C. K. 186 , I er SemcUrt. 55 



( 38o ) 

Aprs la communication de M. Poisson qu'on vient de lire, une dis- 
cussion s'est leve dans le sein de l'Acadmie, au snjet des applica- 
tions du calcul des probabilits des questions du monde moral. 
MM. Poinsot , Dupin, Navier, ont successivement pris la parole. Voici le 
rsum succinct des opinions nonces par ces trois acadmiciens. 

>y Le calcul des probabilits dans les choses morales, telles que les 
jugements des tribunaux , ou les votes des assembles , parat M. Poinsot 
une fausse application de la science mathmatique; il pense qu'on n'en 
peut tirer aucune consquence qui puisse servir perfectionner les 
dcisions des hommes. Suivant M. Laplace lui-mme, la thorie des 
probabilits tient des considrations si dlicates, quil n'est pas surprenant 
quavec les mmes donnes deux personnes trouvent des rsultats diffrents, 
surtout dans les questions trs compliques ; d'o M. Poinsot pourrait 
conclure que la thorie des probabilits est si dlicate qu'il est trs 
probable que les gomtres se trompent souvent dans cette analyse; 
de sorte qu'aprs avoir calcul la probabilit de l'erreur dans une cer- 
taine chose, il faudrait calculer la probabilit de Terreur dans son 
calcul. Cette ide seule d'un calcul applicable des choses o se m- 
lent les lumires imparfaites, l'ignorance et les passions des hommes, 
pouvait faire une illusion dangereuse pour quelques esprits, et c'tait 
surtout cette considration qui avait dtermin M. Poinsot prendre 
un moment la parole sur une question si peu gomtrique. 

Observations de M. Charles Dupin. Notre confrre M. Poisson semble 
nous assurer qu'en runissant un trs grand nombre de jugements par ju- 
rs, les disproportions qu'on peut remarquer sur de petits nombres entre 
les acquittements et les condamnations, diminuent et s'effacent, pour 
ainsi dire , indpendamment de toutes circonstances sociales. 

A cet gard je fais une premire observation : elle est relative aux diff- 
rences normes entre les acquittements et les condamnations par les jurys 
actuels et par les jurys du tribunal rvolutionnaire. 

Oui, Messieurs, peine trouveriez-vous pour moyenne des acquit- 
tements de ce tribunal, 5 contre ioo; tandis que nos tribunaux actuels pr- 
sentent, d'aprs les nombres mmes rapports par notre savant confrre, 
39, [\o et 4' acquittements contre 61 , 60 et 5a, condamnations. 

Mais ce qu'il y a de plus remarquable et de plus dplorable, c'est que 
les acquittements, qui , daus le principe du tribunal rvolutionnaire, taient 



(38. ) 

dans une proportion beaucoup moins petite, diminuent mesure que le 
nombre des jugements augmente, quoique les chances de composition du 
jury restent les mmes. 

M. Poisson rpond qu'il a considr ce cas; qu'il a trouv pour la pro- 
portion des acquittements aux condamnations sur un trs grand nombre 
de jugements deux racines d'une quation : la premire qui convient aux 
temps et aux cas ordinaires , la seconde qui convient aux temps et aux 
cas extraordinaires , tels que le temps de la terreur et le cas du tribunal 
rvolutionnaire. 

Je ferai remarquer l'Acadmie qu'entre les cas d'extrme terreur 
et ceux d'une scurit parfaite, l'tat social , dans ses phases, nous offre 
successivement tous ies degrs intermdiaires d'inscurit et d'inti- 
midation. 

Voil donc une vaste srie de causes qui tendent changer trs 
notablement la proportion des acquittements aux condamnations, quel que 
soit le nombre des accuss de chaque poque. 

Eucore une autre observation. Il est des administrations ombrageuses 
et susceptibles, qui se font un systme dmultiplier les mises en accusation. 
Eh bien! toutes les fois qu'il n'y a pas terreur exerce par le pouvoir, le 
jury ragit en sens contraire; non-seulement il innocente les culpabilits 
lgres, mais par analogie il rpugne condamner les dlits graves. Ainsi, 
dans ce cas encore, plus le nombre des jugements s'accrot, et plus la pro- 
portion des acquittements aux condamnations devient considrable. La 
disproportion peut mme aller si loin que l'administration recourre 
des lois d'exception pour retirer au jury des causes d'une certaine na- 
ture, et pour changer les proportions du vote et ses conditions de se- 
cret ou de publicit. 

Comment , je le rpte , au milieu de chances si variables et de cir- 
constances si puissantes , comment peut-on esprer d'arriver des pro- 
portions limites, qu'on pourra regarder avec quelque fruit comme des 
moyens termes prendre pour base de raisonnements quelconques ? enfin 
lorsque de larges sries de cas particuliers pourront s'carter trs consi- 
drablement de cette limite, quoi serviront ces termes moyens, et quelles 
consquences applicables peut-on esprer d'en dduire ? 

M. Poisson nous a fait remarquer que, dans le midi de la France, la 
proportion des acquittements aux condamnations est certainement moin- 
dre que dans le nord. 

j Par consquent, s'il oprait distinctement sur les deux parties du 

55.. 



( 382 ) 

royaume , il arriverait pour de trs grands nombres des proportions li- 
mites qui diffreraient trs sensiblement, quoique la composition et le 
mode d'oprer du jury soient identiques dans les deux parties de la France. 
Et s'il prend la France entire, il va Irouver une troisime propor- 
tion limite qui ne reprsentera ni le nord ni le midi, mais un moyen 
terme idal : certes, telle n'est pas l'ide qu'on peut se former d'un terme 
final vers lequel gravitent les solutions de tous les jurys d'un pays. 

M. Navier demande prsenter quelques remarques relativement 
la distinction que l'on a sembl tablir entre les faits naturels, dont on 
regarderait les uns comme tant assujetfis des lois invariables, et les 
autres comme tant entirement fortuits et accidentels, et par suite 
comme ne pouvant donner lieu des investigations fondes sur des m- 
thodes rigoureuses. M. Navier pense que les faits de toute espce sur 
lesquels peuvent porter nos observations, et mme les faits politiques 
ou judiciaires dans lesquels interviennent les passions et les intrts 
humains , dpendent galement de lois dtermines et suhsistantes , 
fondes sur la nature de l'homme. Ce principe tant admis, on en con- 
clura ncessairement que l'observation attentive et rgulire des faits 
peut donner des lumires sur des vnements venir, en mettant en 
vidence les effets des lois dont il s'agit, et conduire tablir des r- 
sultats auxquels on pourra accorder un certain degr de confiance, dont 
le calcul des probabilits a surtout pour objet de donner la mesure. La 
plupart des objections que quelques personnes prsentent contre ce 
calcul, tiennent d'ailleurs ce quelles supposent que l'on prtend par 
son moyen tre en tat d'assigner que tel ou tel vnement aura lieu ; 
tandis que les rsultats auxquels le calcul des probabilits conduit, ne 
consistent jamais que dans l'valuation des diverses probabilits qui ap- 
partiennent respectivement plusieurs vnements prvus , et dont la 
possibilit est admise. 

tratologie. - Explications au sujet de l'embryon de Sjra; par 
M. Geoffroy-Saint -Hillaire. 

Le vomissement d'un embryon par un jeune garon est un fait unique 
dans les annales de la science, et tellement paradoxal que les deux enqutes 
elles-mmes, qui furent faites avec tant de soin Syra et Nauplie, en 



( 383 ) 

i834 (>) ne suffisent peut-tre pas lever tous les doutes. M. Geoffroy- 
Saint-Hilaire a donc pens qu'il importait de soumettre le fait une discus- 
sion nouvelle , et de l'clairer des lumires que peuvent fournir, soit sa com- 
paraison avec les faits qui ont avec lui le plus d'affinit, soit surtout la 
dissection de l'embryon de Syra, que M. le docteur Ardon, mdecin fran- 
ais , tabli en Grce , a fait parvenir depuis peu M. Geoffroy. 

En attendant les rsultats de la dissection dlicate laquelle est pr- 
sentement soumise la pice anatomique envoye de Syra , et par laquelle 
sa vritable nature ne peut manquer d'tre dvoile avec toute certitude, 
M. Geoffroy-Saint-Hilaire runit et compare, dans son mmoire, un assez 
grand nombre de faits qui , sans tre semblables an cas de Syra , puisqu'il 
n'y a eu vomissement dans aucun d'eux , ont du moins avec lui des ana- 
logies plus ou moins proebaines. 

Ces faits sont de deux ordres. Les uns sont tous ces exemples d'inclusion 
d'un embryon dans un autre sujet , souvent dans un sujet mle, que les au- 
teurs ont tour tour compris sous les nom de duplicit monstrueuse par in- 
clusion, d' intraftation, de grossesse congniale, etc., et dont l'exacte con- 
naissance est surtout due Himly, Hergenroether, M. Ollivier et 
M. Dupuytren. Le rapport tendu et devenu clbre, qui fut fait, en 180/4, 
par ce dernier la Facult de Mdecine, sur le cas prsent par le jeune 
Bissieu, est l'un des travaux qui ont le plus contribu fixer l'attention des 
physiologistes sur la monstruosit par inclusion. Le cas du jeune Bissieu 
est aussi l'un de ceux qui offrent le plus d'analogie avec le fait de Syra ; car 
il s'tait tabli une communication entre le kyste abdominal renfermant 
l'embryon accessoire , et le canal alimentaire du sujet principal, ainsi que 
put le faire souponner pendant la vie la rjection anale de cheveux et de 
quelques autres dbris de l'embryon inclus, et comme il fut dmontr 
aprs la mort par une autopsie faite avec beaucoup de soin. 

M. Geoffroy-Saint-Hilaire , aprs avoir rappel succinctement ces cas 
d'inclusion , dj depuis long-temps admis dans la science , fait connatre un 
autre ordre de faits presque entirement ngligs jusqu' prsent par les 
auteurs. Ceux-ci se rapportent, non plus l'inclusion d'un embryon dans un 
autre sujet, mais la coexistence dans le mme uf de deux sujets: l'un 
trs petit , comprim, atrophi et comme cras par l'autre; celui-ci de vo- 
lume et de conformation ordinaires. La liaison des faits de ce second ordre 
avec les premiers est facile apercevoir, l'inclusion d'un foetus dans un autre 



(i) Voyez page 146 le Compte rendu de la sance du 8 fvrier i836 



( 384) 

supposant ncessairement pour premire condition une trs grande inga- 
lit dans le volume des deux frres. 

Ce fut en 1828, dans un voyage que M. Geoffroy fit dans le midi de la 
France, que son attention se fixa pour la premire fois sur ces embryons 
atrophis que l'on trouve quelquefois dans l'utrus avec un sujet norma- 
lement dvelopp. On lui donna cette poque un ftus humain, dess- 
ch , comprim, arrt au volume d'un embryon de quatre mois, mais qui 
parut M. Geoffroy devoir ces apparences la compression que lui aurait 
fait subir son frre jumeau, normalement dvelopp , et n au terme ordi- 
naire de la gestation. M. Geoffroy pensa que si de tels cas taient trs rares 
dans les annales de la science, ils pouvaient ne pas l'tre autant dans la na- 
ture, et il pria madame Legrand , sage-femme en chef de la Maternit, de 
donner plus d'attention qu'on ne le fait communment aux annexes du 
foetus, presque toujours dtruites sans examen et au moment mme de la 
naissance. Les prvisions de M. Geoffroy n'ont pas t trompes ; car l'exa- 
men auquel madame Legrand a bien voulu se livrer sur son invitation , 
lui a fait trouver jusqu' six exemples de cette remarquable coexistence de 
deux jumeaux , l'un ayant parcouru rgulirement toutes les pbases de son 
volution; l'autre dessch, comprim, arrt dans l'une des premires 
priodes de son dveloppement. 

, Ces faits ne sont pas seulement intressants par l'application qui peut 
en tre faite la difficile question de la monstruosit par inclusion. Ils ten- 
dent prouver que si les naissances doubles sont rares dans l'espce hu- 
maine, les doubles conceptions le sont beaucoup moins, mais qu'il arrive 
dans certains casa l'un des deux jumeaux d'tre touff par l'autre, et r- 
duit un si petit volume que le plus souvent, au moment de la parturition, 
il passe inaperu avec le placenta et les autres annexes du ftus. 

L'Acadmie se forme en comit secret 4 heures un quart. A. 







( 385 ) 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres t 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de V Acadmie des Sciences ; 
i836, n* 14, in-4'. 

Dix-huit Cartes faisant partie du quatrime volume du Pilote Fran- 
ais ; publies par le Dpt gnral des Cartes et Plans de la Marine. 

Note sur laPlantation des Mriers blancs faite en 1601 ;parM. Hricart 
de Thdry ; in-8. 

Extrait du rapport sur le Concours pour des ouvrages, des mmoires 
et des observations pratiques de Mdecine vtrinaire; par M. Huzard prej 
brochure in-8. (Extrait des Mmoires de la Socit d'Agriculture.) 

Septime Notice sur les Plantes rares cultives dans le Jardin de Genve,- 
par MM. Aug. Pyr et Alp. de Candolle; in-4". 

Instructiois for making and registering meteorological observations in 
southern AJrica;by J. Hersckel; in-8. 

Leons de Chimie lmentaire ; par M. Girardin ; 16 1 8* leon , in- 1 2. 

Descriptive and illustrated Catalogue of the physiologieal sries of com- 
parative anatomy contained in the Musum of the Collge of Surgeons ; 
vol. 3, partie \ n \ Londres, in-4 . 

Gomtrie sans axiomes , 5 e dition; par M. T. Perronet Tompson; tra- 
duit de l'anglais par M. Van Tejjac; in-8. 

Voyage dans l'Inde; par M. V. Jacquemont; y* livraison , in-4*. 

Suites Buffbn. Insectes ; tome 1" , et 1 " et 2 e livraison de planches. 
(M. Dumril rendra un compte verbal de ce volume.) 

Bulletin de la Socit industrielle d'Angers; n 2, 7* anne , in-8. 

Mmoires de la Socit royale des Sciences , Belles-Lettres et Arts de 
Nancy ; 1 833 1 834 ; in-8. 

Annales de la Socit d'Agriculture , Arts et Commerce du dpartemen 
de la Charente; tome 1 8 , n" i". 

Archives gnrales de Mdecine; Journal complmentaire ; tome 10 
a* srie , in-8*. 

Extrait des Annales de la Socit entomologique de France; tome 4> 
i835, in-8. 

The Athenum Journal; n 43g > in-4'. 



(386 ) 

Annales maritimes et coloniales; par MM. Bajot et Pojrr; n3, 21' 
anne, mars i856, in-8*. 

Socit d'Agriculture, Sciences et Arts de Meaux ; publication de jan- 
vier i854 mai i835, in-8". 

Mmorial encyclopdique et progressif des Connaissances humaines ; 
6 e anne, n # 63,in-8. 

Journal de Chimie mdicale, de Pharmacie et de Toxicologie ; n* 4 , 
tome 2, i856, in-8. 

Gazette mdicale de Paris; tome 4, n c i5, i856, in-4 . 

Gazette des Hpitaux; n" 43 et 44, tome 10, in-4 . 

Journal de Sant; n i3y. 

cho du Monde savant; n ,b 14 et i5; in-4- 

La France industrielle; 3* anne, n 1". 






1 





COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



* - 






SANCE DU LUNDI 18 AVRIL 1836. 
PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



CORRESPONDANCE. 

M. Dubreuil se dclare l'auteur du paquet cachet anonyme, adress 
dans la sance prcdente. Conformment aux usages de l'Acadmie , 
M. Dubreuil sera invit envoyer un second paquet cachet et sign , qui 
restera joint au premier jusqu' ce qu'il soit procd leur ouverture. 

M. de Brire crit relativement aux malheurs qui peuvent rsulter des 
inhumations trop prcipites. Il dsirerait que le dlai de quarante-huit 
heures, qui, dit-il, a lieu en Angleterre et en Bavire, ft adopt en 
France, avec les prcautions sanitaires requises, et qu'il n'y ft fait d'ex- 
ception que pour les cas o le mdecin charg d'inspecter les corps 
dciderait que ce dlai doit tre abrg. 

M. Verdot demande retirer un mmoire qu'il a prsent en 1 834 S0l,s 
ce titre : Systme du monde ; et il adresse en mme temps un nouveau 
mmoire sur le Ganga-cata de Provence. (Voyez ci-aprs l'article des M~ 
moires prsents. ) 

M. Coquand signale plusieurs rsultats des recherches de M. le docteur 
Bassi sur la muscardine, maladie qui attaque les vers soie. 

C. R. i836. i Semestre. 56 







( 388 ) n 

M. Frville prsente un instrument de trigonomtrie , invent par feu 
son pre. MM. Lacroix et Mathieu sont pris d'examiner cet instrument. 

mdecine. Lettre de M. Jcnod concernant l'emploi de la crosote contre 

la phtisie pulmonaire. 

(Commissaires, MM. Dumril, Magendie, Double.) 

Voici le procd propos par M. Junod, pour l'emploi de la crosote. 

Il place un petit flacon, bouch l'meri, et contenant de la cro- 
sote, prs du lit du malade. L'odeur qui s'exhale de ce flacon, mme sans 
ter le bouchon, est assez forte pour remplir les intentions du mdecin, 
dans les cas o il veut mnager l'irritabilit des poumons; et, lorsque 
l'intensit de la vapeur doit tre augmente, il suffit d'augmenter pro- 
gressivement la dose de la crosote. 

orthopdie. Lettre de M. Humbert sur les difformits de la taille. 
( Commission pour la question propose sur l'orthopdie. ) 

M. Humbert commence par rappeler que la base du traitement mca- 
nique adopt par la plupart des orthopdistes, contre les difformits de la 
taille, a long- temps repos sur l'extension opre aux extrmits de la 
colonne. Il affirme ensuite que les pressions latrales ou verticales l'axe 
de la colonne, moyen trs prfrable, dit-il, l'extension , sont mises en 
pratique par lui depuis la fondation de son tablissement de Morley; et il 
rclame la priorit d'invention de celte mthode. 

orthopdie. Lettre de M. Jules Guerw sur une nouvelle mthode de 
traiter les pieds-bots chez les enfants. 

( Commission pour la question propose sur l'orthopdie. ) 

Cette mthode consiste dans l'emploi du pltre coul , en remplace- 
ment de toute espce d'appareil contentif. 

Les membres qui sont le sige de la difformit, dit M. Jules Gurih, 
ayant t pralablement enduits d'un corps gras et recouverts d'une bande 
de flanelle roule, sont assujettis et suspendus sur des fils transversaux, 
dans une gouttire en bois. Je soumets ensuite les pieds des tirages Iat- 
raux directement opposs, qui ont pour but et pour rsultat de produire 
une torsion et un renversement dans un sens contraire la torsion et au 



(38 9 ) 

renversement existants. Je coule ensuite du pltre autour du membre, qui 
est maintenu fixement jusqu' ce que le pltre soit solidifi. Aussitt que 
celui-ci est pass l'tat de solidification complte , j'enlve Je membre de 
la gouttire et je dgrossis l'enveloppe avec un couteau, de manire ne 
laisser qu'une corce de 3 4 lignes de pltre autour de la jambe et du 
pied. Ce pansement est renouvel une fois tous les huit jours. 

M. Jules Gurin rend compte des rsultats qu'il a obtenus de l'em- 
ploi de cette mthode sur deux enfants jumeaux, gs de cinq mois, et 
offrant chacun un double pied-bot. Aprs sept applications du pltre 
coul, renouveles sept jours de distance, les pieds ont repris, dit-il, 

leur conformation normale. 

i 

chirurgie. Lettre de M. Sgalas sur une cure spontane de la pierre 

par la sortie naturelle du corps tranger ( fait qui lui a t communiqu 

par M. le docteur Bernard, de Saint-Chamond). 
i 

Une femme de soixante ans tait depuis long-temps sujette des 
ardeurs d'urine et divers autres symptmes de calcul dans la vessie, 
quand , aprs des douleurs vives et des efforts trs grands d'excrtion , 
elle rendit par l'urtre , naturellement , sans le secours d'aucun agent 
mcanique, la pierre que je joins ici. 

C'est un corps ovode, irrgulier, de 2 pouces et demi de longueur; 
de 1 pouce et demi d'paisseur, et d' peu prs 1 pouce trois quarts de 
largeur. 

Rugueux et d'une couleur blanchtre dans la plus grande partie 
de sa surface, il est lisse et jauntre sa grosse extrmit. Prs de cette 
extrmit, et la limite de la partie rugueuse, se trouve un enfoncement 
circulaire, une sorte de collet. 

Cette pierre pesait, l'poque o elle a t expulse, en 1816, 
3 onces et demie; aujourd'hui, elle ne pse plus que 3 onces 3 gros et 
demi. La dessiccation lui a fait perdre de son poids, et probablement aussi 
de son Volume. 

Sa sortie n'avait donn lieu aucune dchirure apparente de l'urtre; 
mais elle fut suivie, ainsi que cela s'est vu presque toujours en pareil 
cas, d'une infirmit bien pnible, d'une incontinence d'urine; celle-ci a 
dur jusqu' la mort, arrive deux annes plus tard. 



' v 

56.. 







( 3go) 

anatomie. Lettre de M. Bazin sur la structure des bronches pulmonaires . 

(Voy. page 284.) 

(Commissaires, MM. Magendie, de Blainville, Flourens.) 

M. Bazin prsente deux prparations du poumon humain dont les 
bronches sont injectes au mercure. 

L'une de ces prparations, celle qui n'est injecte qu'au mercure, a 
t faite sur un poumon d'adulte , l'autre, o l'artre pulmonaire est in- 
jecte en bleu, et la veine en jaune, appartient un poumon d'enfant. 

Je joins , dit M. Bazin, ces prparations deux planches : sur l'une on 
voit i un ramuscule bronchique du poumon humain, grossi d'environ 
20 diamtres , o l'on aperoit trs clairement les dernires divisions dites 
vsicules pulmonaires. La mme planche prsente une seconde figure 
o deux ou trois terminaisons bronchiques, ou vsicules, sont vues avec un 
grossissement de 1 ao diamtres environ. On y voit trs bien les anastomoses 
de l'artre avec la veine pulmonaire. 

La seconde planche offre la peinture trs exacte de plusieurs prpa- 
rations du poumon des oiseaux : i du Falco tinniculus; 1 du Phasianus 
gallus; 3 de l'Anas anser ; 4 et 5 du Colomba livia. 

Je possde des prparations de plusieurs carnassiers et de plusieurs ru- 
minants : elles prouvent que le symphatique et le pneumo-gastrique 
se distribuent indistinctement aux bronches et aux vaisseaux pulmo- 
naires. 



M. Bory de Saint-Vincent prsente la 39' et dernire livraison du 
Grand Ouvrage sur la More, qui a t ainsi termin en quatre annes r- 
volues. Il communique en mme temps la partie de l'introduction de cet 
ouvrage qui a rapport la part que l'Institut a prise dans l'expdition 
scientifique. 

botanique. Mmoire sur les Myrsines , les Sapotes et les embryons pa- 
rallles au plan de T ombilic ; par M. Auguste de Saint-Hilaire. {Voyez 
page 335.) 

L'auteur de ce mmoire, rempli de faits et de considrations qui ne sont 
pas susceptibles d'analyse, tablit les affinits qui lient, d'une part, les myr- 
sines aux primulaces , opinion qu'il avait autrefois mise et qui a t re- 



(39 ) 
produite et dveloppe par divers botanistes, et, de l'autre, les myrsines 
aux sapotes. Ce dernier point de vue est celui qu'il lui importait le plus de 
dmontrer, et il le fait par des exemples nombreux et des considrations 
que fournit la structure des tamines et de l'ovaire. L'auteur discute les af- 
finits des genres dont les caractres ambigus rendent douteuse la place 
qu'ils doivent occuper dans l'une ou l'autre famille. . 

La position de l'embryon dans la graine fait la seconde partie du m- 
moire, dans laquelleM. Auguste de Saint-Hilaire s'attache dmontrer l'im- 
portance de cette considration dans les familles dont il s'agit. Cette partie 
du mmoire de M. Auguste de Saint-Hilaire renferme, en outre, de nom- 
breuses considrations sur diverses plantes appartenant aux familles voi- 
sines des myrsines etprimulaces. 

tratologie. Note remise par M. Geoffroy Saint-Hilaire , et ayant 

pour titre : 

Mon dernier mot sur l'embryon de Syra. 

J'avais accept, commission ou mission qui me vint de physiologistes 
trangers, de chercher claircir la question, jusque alors trs embrouille, 
du vomissement prtendu d'un ftus Syra. On donnait ce fait l'ori- 
gine d'un cas d'inclusion abdominale, dont maintenant on raconte beau- 
coup d'exemples, et la plupart tenant du prodige. 

Ainsi l'on avait admis dans la science (Schurigt, auteur de l'observa- 
tion, en ^So) le rcit de dbris d'un ftus qui s'taient fait jour tout 
travers le plein d'un des cts du bas-vrrtre. Mais toutefois, il n'avait 
encore jamais t question du rejet d'un frre par la bouche de son frre. 

C'est cette nouvelle qui se rpandit Syra en i83/j- Elle fut donne, 
affirme, trs circonstancie, et atteste par les tmoignages de deux en- 
qutes solennelles. Ce devenait, sous l'enseignement des principes les plus 
avrs du calcul des probabilits, un fait certain ; deux remarques contre- 
disaient, les rgles de la physiologie rclamaient, et jamais un fait extra- 
ordinaire et unique n'entrane tout d'abord une conviction unanime. La 
physique non plus ne comprend rien des pierres qui tombent du ciel; 
mais c'est dj depuis si long-temps que l'on croit des pluies de pierre, 
que la frquence de ces redites sauve les apparences. 

Nous n'en sommes point l au sujet du vomissement d'un frre par 
son frre. Je le rpte : ce serait un fait unique. 

Je craignais de m'engager dans un ordre d'impossibilits dont il faut 



(3g 2 } 

viter l'clat dans la marche austre des sciences. Aux pressantes invita- 
tions que je recevais de m'expliquer sur ce grand sujet d'moi physiolo- 
gique, j'ai rpondu : Envoyez-moi les pices dont on argue. J'ai fait mieux : 
comme leur premire inspection aucune forme n'tait nettement des- 
sine, j'ai fait mouler ces pices avant de les examiner et de les dtruire, 
pour les mieux apprcier. 

Cette tude faite en conscience , et l'aide d'anatomistes du plus grand 
mrite, je ne vois rien en elle qui puisse autoriser les prtentions leves 
sur les lieux de la scne. Il n'y a ni certitude, ni lgitime authenticit dans 
les allgations mises en avant; et mon avis est qu'il faut s'abstenir d'ins- 
crire ce prtendu vomissement d'un frre par son frre dans les fastes de 
la science. 

Nous ne voyons l qu'une rnovation bien des gards, qu'une nou- 
velle dition de l'historiette de la dent d'or. Il est fcheux qu'une explica- 
tion qu'on en a donne si l'improviste, et sans avoir attendu l'indication 
d'un rcit pralable, doive demeurer inscrite dans un des Comptes rendus 
de l'Acadmie. A l'aide de cette garantie acadmique, c'est une thorie 
se glisser inaperue dans la science. 

Au surplus, je ne regrette point le temps que j'ai employ dbrouil- 
ler les mystres de la communication venue de Syra. Les efforts d'esprit 
auxquels j'ai d recourir pour accorder tant de donnes , qu'enfin je tiens 
pour inconciliables , m'ont fait rflchir aux dissonances organiques ra- 
contes dans les monographies des cas d'inclusion abdominale. Je les crois 
prsentement susceptibles d'tre rallies et embrasses dans un travail 
d'ensemble. On a beaucoup pfl du fait clbr par Dupuytren, de la 
mort de Bissieu , frapp aux approches de son ge de pubert par suite 
du dveloppement de son jumeau inclus. 

Je reprendrai ce sujet. 









(3 9 3) 



MEMOIRES PRESENTES. 

mcanique applique. Esquisse d'un systme hydraulique de mouvement 
sur les chemins de fer ; par M. Taurwus. 

(Commissaires, MM. Navier, Poncelet, Sguier. ) 

mcanique applique. Moteur d au calorique introduit non dans de la 
vapeur, mais bien dans de l'air ; par M. Bbrdin. 



( Commissaires, MM. Poisson , Dulong, Navier, Savart. ) 



Tableau-Image des nouveaux poids , mesures et monnaies ; parM. Pillon. 
t 

(Commissaires, MM. de Prony, Girard. ) 

zoologie. Monographie des Gangas, spcialement du Ganga-cata de Pro- 
vence, ou Pigeon-ttras de la Crau rendu domestique ; par M. Ver dot. 

( Commissaires, MM. de Blainville, Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire.) 

Dans ce mmoire, qui a prs de deux cents pages d'tendue, l'auteur 
donne l'histoire et la description des deux sexes de l'espce du ganga-cata 
et de tous ses ges, en commenant par l'uf; il fait connatre ce qui con- 
cerne la domesticit de cet oiseau et la manire d'en faire la chasse ; il ta- 
blit ses rapports avec les genres voisins, etc. Six planches lithographies re- 
prsentent : la premire, le sternum du pigeon sauvage ; la seconde, celui 
du ganga-cata ; la troisime, le dveloppement de l'ossification du sternum 
de ce dernier oiseau; la quatrime, le sternum de la perdrix grise ; la cin- 
quime, l'esquisse d'une cabane portative pour faire la chasse aux gangas; 
et la sixime , un plan gomtrique o sont marques les positions les plus 
favorables pour faire la chasse au ganga-cata dans le terroir de la ville 
d'Eguyres et de ses environs. 

L'auteur a t dtermin, par le rsultat de ses recherches, classer les 
gangas entre les pigeons et les gallinacs , sous le nom de pigeons-ttras , 
dnomination qui, dit-il, indique trs bien le rang qu'ils doivent occuper 
dans le rgne animal. 

. 



( 394 ) 



RAPPORTS. 

analyse mathmatique. Rapport sur une Note de M. Liocviixe. relative 
au calcul des perturbations des plantes. 

(Commissaires, MM. Mathieu, Damoiseau et Poisson.) 

Dans le calcul des perturbations des plantes qui proviennent de leurs 
actions mutuelles , lorsque l'on nglige les carrs et les produits de leurs 
masses , les formules connues de la variation des constantes arbitraires r- 
duisent la question au dveloppement d'une certaine fonction en srie de 
sinus et de cosinus des multiples des moyens mouvements de la plante 
trouble et de la plante perturbatrice. L'un de nous a indiqu pour le 
calcul numrique des coefficients de cette srie, une mthode particulire 
que M. Hansen de Gotha a suivie dans sa pice sur les perturbations de 
Jupiter et de Saturne , couronne par l'Acadmie de Berlin. Mais chacun 
de ces coefficients tant exprim, dans cette mthode, par une intgrale 
double , le calcul en est extrmement pnible , et M. Liouville est parvenu 
le simplifier beaucoup en faisant connatre un moyen, qui avait chapp 
jusqu'ici , de rduire une intgrale simple la valeur approche de l'in- 
tgrale double. Ce moyen est fond sur les proprits des coefficients et 
des arguments de la srie , qui sont exposes dans le livre II de la Mca- 
nique cleste. L'auteur montre qu'on peut faire porter l'intgration sur une 
partie seulement de l'argument de chaque terme, en ngligeant les termes 
dont les arguments sont des multiples de celui-l; ce qui conduit une 
approximation d'autant plus grande que la diffrence des multiples des 
deux moyens mouvements est plus considrable dans l'argument du ternie 
dont il s'agit. La mthode de M. Liouville, telle qu'il l'avait d'abord pr- 
sente, n'aurait plus eu aucun avantage dans le cas o cette diffrence est 
nuUe ; mais, dans un supplment sa premire Note , il fait voir comment 
cette mthode peut tre tendue ce cas particulier. 

Nous pensons qu'elle sera principalement utile pour le calcul des 
ingalits longues priodes; et, comme application, nous indiquons 
l'auteur, ou aux astronomes qui voudront employer son procd , l'inga- 
lit que M. Airy a signale dans le mouvement de la Terre, qui provient 
de l'action de Vnus, dont l'argument est treize fois le moyen mouvement 
de cette plante moins huit fois celui de la Terre, et dont la priode com- 
prend environ 220 annes. 



( 3 9 5 5 

La Note de M. Liouville et le supplment qu'il y a joint , sont trs di- 
gnes des suffrages de l'Acadmie : nous lui proposons de l'approuver, et 
d'en ordonner l'impression dans les Mmoires des Savans trangers. 

Ces conclusions sont adoptes. 

LECTURES. 

*tALY8E mathmatique. Note sur le calcul des probabilits; par 

M. Poisson. 

Je demande l'Acadmie la permission d'exposer brivement quel- 
ques remarques propres fixer les ides sur la discussion qui s'est leve 
dans son sein la dernire sance, relativement aux rsultats du calcul 
des probabilits. 

Aucune partie des mathmatiques n'a plus de certitude que ce calcul ; 
ses rgles sont dmontres aussi .rigoureusement que les proprits des 
nombres; et je n'ai pas connaissance que des gomtres se soient tromps 
en les appliquant. Si je diffre avec Laplace eu ce qui concerne les dci- 
sions des jurs, c'est que je suis parti de donnes diffrentes, et que le 
problme qu'il a rsolu n'est pas rellement le mme que celui dont je me 
suis occup. Le sens que l'on parat attacher la phrase souligne dans le 
Compte rendu de la dernire sance, serait le contraire de sa pense (i). Per- 
sonne n'avait plus que lui une ide arrte sur l'utilit du calcul des pro- 
babilits dans un grand nombre de questions relatives des choses phy- 
siques, morales ou d'administration publique, ou physiques et morales 
la fois, comme les erreurs des observations v qui dpendent de la construc- 
tion de l'instrument et de l'aptitude de l'observateur. Si son opinion n'- 
tait pas gnralement connue, je pourrais en citer de nombreux exemples 
extraits de ses ouvrages: en parlant d'un calcul, mme approximatif, sur 
la probabilit des tmoignages, il dit (a) qu'il est toujours prfrable aux 
.raisonnements les plus spcieux; l'occasion des dcisions des jurs, il 
dit encore (3) Je vais essayer d'appliquer le calcul ce sujet ; persuad 
qu'il est toujours le meilleur guide, lorsqu'il s'appuie sur les donnes que 



<0 Essai philosophique sur les Probabilits, page ia. 
(a) Ibidem, page i38. 
(3) Ibidem, page 169. 

C.R. i836, l" Semestre. $"] 



(3 9 6) 

le bon sens nous suggre; etc. , etc. C'est Jacques Bernouilli qui a donn le 
premier aux applications du calcul des probabilits l'importance qu'elles 
mritent, au moyen du thorme dont la science lui est redevable; aupa- 
ravant , ce calcul n'avait t employ qu' la dtermination des chances 
dans les diffrents jeux de hasard. Condorcet, que l'on a cit, a crit 
son ouvrage dans des vues d'une utilit pratique, et sur l'invitation du 
ministre Turgot , dont le nom sera toujours une autorit dans les matires 
d'administration publique. 

Sans doute Laplace s'est montr un homme de gnie dans la m- 
canique cleste ; c'est lui qui a fait preuve de la sagacit la plus pn- 
trante pour dcouvrir les causes des phnomnes; et c'est ainsi qu'il a 
trouv la cause de l'acclration du mouvement de la Lune et celle des 
grandes ingalits de Saturne et de Jupiter, qu'Euer et Lagrange avaient 
cherches infructueusement. Mais on peut dire que c'est encore plutt 
dans le calcul des probabilits qu'il a t un grand gomtre; car ce sont 
les nombreuses applications qu'il a faites de ce calcul qui ont donn 
naissance au calcul aux diffrences finies partielles, sa mthode pour la 
rduction de certaines intgrales en sries, et ce qu'il a nomm la 
thorie des /onctions gnratrices. Un des plus beaux ouvrages de La- 
grange, son Mmoire de 1775, a aussi pour occasion, et en partie pour 
objet, le calcul des probabilits. Croyons donc qu'un sujet qui a fix l'at- 
tention de pareils hommes est digne de la ntre; et tchons, si cela nous 
est possible, d'ajouter quelque chose ce qu'ils ont trouv dans une ma- 
tire aussi difficile et aussi intressante. 

L'invariabilit des rapports entre les trs grands nombres d'vne- 
ments d'une mme nature, tant que leurs causes gnrales restent les 
mmes, est maintenant dmontre priori. J'avoue que j'attache une 
grande importance cette dmonstration; mais, importante ou non , en- 
core faut-il la connatre pour juger si elle est exacte. Toutefois, en atten- 
dant qu'elle ait t publie dans l'ouvrage dont je m'occupe actuelle- 
ment, un grand nombre d'exemples de toutes natures peut suffire pour 
mettre hors de doute la constance de ces rapports , soit dans les choses 
physiques, soit dans les choses morales : et, en effet, on ne conoit pas 
quelle diffrence il pourrait exister cet gard entre ces deux sortes de 
choses, puisqu'il ne s'agit point ici de la nature mme des causes, mais 
seulement des chances connues ou inconnues qu'elles donnent aux vne- 
ments , et qui sont quelquefois encore plus variables et plus irrgulires 
pour les choses physiques que pour les choses morales. Ainsi , dans mon 

/ 



travail sur la proportion des naissances annuelles des deux sexes (i) , je 
m'tais appuy sur les rsultats de dix annes d'observations, pendant les- 
quelles cette proportion n'avait pas vari d'un demi-centime de sa valeur 
moyenne. Depuis la publication de ce mmoire sept nouvelles annes 
d'observations ont t ajoutes aux premires, et la proportion dont il 
s'agit n'a pas non plus vari d'un demi-centime. Cependant, cette pro- 
portion varie beaucoup dans les diffrents mnages, et par consquent 
aussi la cause inconnue qui rend, dans l'espce humaine, les naissances 
masculines prpondrantes; elle varie aussi beaucoup d'un dparte- 
ment un autre, et pour un mme dpartement, d'une anne la- 
suivante; et il y a mme quelquefois un ou deux dpartements o le 
nombre des naissances fminines d'une anne excde celui des nais- 
sances masculines (a). Je ferai remarquer que cette diffrence tant peu 
considrable, il faut un trs grand nombre d'observations pour la d- 
terminer, et que le calcul des probabilits est indispensable pour montrer 
qu'elle n'est point l'effet du hasard, mais qu'elle a trs probablement une 
cause spciale, en vertu de laquelle la mme diffrence se reproduira 
constamment par la suite. Dans les choses morales, la mme permanence 
des rapports entre les grands nombres s'observe galement ; et cet gard 
l'exemple le plus frappant est celui que j'ai cit dj plusieurs fois, du rap- 
port trs peu prs constant entre les nombres des condamnations pro- 
nonces annuellement en France par les jurs, et le nombre total des 
accuss: pendant six annes conscutives que la lgislation sur le jury n'a 
pas chang, ce rapport n'a pas non plus vari sensiblement , et il s'est aussi 
retrouv trs peu prs le mme en Belgique, comme il rsulte du compte 
rendu de l'administration de la justice clans ce royaume, qui a t publi 
par le gouvernement. Ce rapport a chang avec les diverses lgislations sur 
le jury qui se sont succdes dans notre pays; et ces changements prsen- 
tent une circonstance bien digne de remarque et bien propre montrer 
la liaison des effets les plus varis leurs causes gnrales. Avant i83i, le 
jury pouvait condamner une majorit d'au moins sept voix contre cinq, 
et la proportion des condamnations s'levait 0,61 ; quand la dcision 
tait rendue cette majorit minima, il tait oblig de le dire; et l'on 
sait de cette manire que la proportion des condamnations prononces 
la majorit de sept voix contre cinq, tait 0,07; en retranchant cette 



(1) Mmoires de l'acadmie, tome IX. 

(a) Voyez sur ce point V Annuaire du Bureau des Longitudes de chaque anne. 

5 7 .: 



(398) 

fraction de 0,61 , il reste o,54 pour la proportion des condamnations 
prononces huit voix au moins contre quatre. Or, en i83i, la loi a 
exig pour la condamnation la majorit d'au moins huit voix contre 
quatre, au lieu de celle de sept voix contre cinq, et le rapport du nombre 
des condamnations celui des accuss s'est effectivement abaiss o,54" 
la diffrence ne se trouve que dans les millimes, dont j'ai fait abstrac- 
tion dans ces citations. 

Ce rapport peut aussi changer par l'influence d'autres causes gn- 
rales. A Paris, il est un peu plus grand que dans le reste de la France; ce 
qui peut tenir ce que le nombre des accusations annuelles est pro- 
portionnellement plus considrable que dans la France entire; circons- 
tance qui rend aussi le danger des acquittements plus grand. Le rap- 
port dont il s'agit n'est pas non plus le mme pour les accuss des deux 
sexes, ni pour tous les genres de crimes. Quand on aura runi un plus 
grand nombre d'observations , on pourra dterminer ses valeurs trs pro- 
bables, en ayant gard ces diverses circonstances, et pour les diffrentes 
parties de notre pays. Jusque-l, on est oblig de se contenter d'une va- 
leur moyenne de ce rapport pour la France entire, qui n'en est pas 
moins une quantit constante, comme cela rsulte de l'exprience et de la 
thorie, et qu'il est toujours utile de connatre. 

Parmi les nombreux rsultats du calcul des probabilits, les uns peu- 
vent tre confirms par l'exprience, et l'ont t constamment; les autres , 
par leur nature, ne sont susceptibles d'aucune vrification; ce qui n'em- 
pche pas qu'ils ne mritent la mme confiance, puisqu'ils drivent des 
mmes principes et sont dmontrs par les mmes raisonnements. Ce cal- 
cul a d'ailleurs cela de commun avec les autres parties des mathmati- 
ques. Ainsi, par exemple, le dernier retour de la comte de Halley a t 
d'abord calcul et ensuite observ directement, et l'observation a confirm, 
d'une manire remarquable, le rsultat du calcul; mais si quelque astro- 
nome, en suivant les mmes mthodes, et en calculant galement bien, 
s'avisait aujourd'hui de dterminer l'poque de son prochain retour, qui 
aura lieu vers 1910, il serait raisonnable de croire avec la mme con- 
fiance ce rsultat futur, quoique assurment personne de nous ne puisse 
esprer de le vrifier. 

Aprs la lecture de cette note, M. Poinsot prend la parole, et s'lve 
avec une nouvelle force contre cette doctrine d'un calcul applicable aux 
choses -morales. Je sais trs bien, dit-il, que le calcul des probabilits, 



(399) 
considr en lui-mme, est aussi exact que l'arithmtique; et cela mme 
est de pure dfinition, puisque la probabilit de chaque chose y est regar- 
de comme un nombre. Je conois encore que ce calcul s'applique assez 
naturellement aux jeux de hasard, aux loteries, aux rentes viagres, aux 
assurances, ete, en un mot toutes les questions o l'on peut faire une 
numration exacte de divers cas qui sont , ou qu'on suppose galement 
possibles. Il n'y a l rien qui ne soit conforme aux indications naturelles 
du bon sens. Mais ce qui rpugne l'esprit , c'est l'application de ce calcul 
aux choses de l'ordre moral. C'est, par exemple, de reprsenter par un 
nombre la vracit d'un tmoin ; d'assimiler ainsi des hommes autant de 
ds, dont chacun a plusieurs faces, les unes pour l'erreur, les autres pour 
la vrit; de traiter de mme d'autres qualits morales, et d'en faire autant 
de fractions numriques', qu'on soumet ensuite un calcul souvent trs 
long et trs compliqu; et d'oser, au bout de ces calculs, o les nora- 
bres ne rpondent qu' de telles hypothses, tirer quelque consquence 
qui puisse dterminer un homme sens porter un jugement dans une 
affaire criminelle, ou seulement prendre une dcision, ou donner 
un conseil sur une chose de quelque importance. Voil ce qui me parat 
une sorte d'aberration de l'esprit, une fausse application de la science, 
et qui ne serait propre qu' la discrditer, 

M. Poisson rpond que les premires rgles du calcul des probabilits 
seulement sont presque videntes, et que l'objet de ce calcul est de 
ramener, par des raisonnements certains, ces cas simples, les cas les 
plus compliqus; que le thorme de Jacques Brnouilli, qui parat si 
simple et si naturel, est cependant fort difficile dmontrer (i), et que 
son illustre auteur y a employ vingt annes de mditations; que le 
calcul, loin d'altrer les premiers aperus du bon sens, ne manque ja- 
mais de les confirmer quand ils sont exacts, et qu'il les rectifie toujours 
lorsqu'ils contenaient quelque illusion; que dans des cas, mme fort 
simples, le bon sens ne suffirait pas pour dterminer la probabilit des 
vnements; qu'au jeu de croix et pile, par exemple, il y a videmment 
un contre un parier pour l'arrive de l'une ou l'autre des deux faces 
de la pice dans une premire preuve, mais que dans deux preuves 
conscutives, il y a plus d'un contre un parier pour la similitude des 
rsultats , ce que le calcul seul peut nous apprendre; et qu'enfin il rpte- 

(-) Trait lmentaire du Calcul de* Probabilits de M. Lacroix , page 53. 



(4oo ) 

que s'il s'est tromp, ee n'est pas par des considrations gnrales qu'on 
doit l'en convaincre, c'est en montrant, d'une manire prcise, o est la 
faute de son calcul et de son raisonnement, et leur discordance avec les 
observations. 

L'Acadmie se forme en comit secret 4 heures un quart. 

Il est dcid que, dsormais, les sances s'ouvriront par la lecture des 
Rapports et des Mmoires des Membres de l'Acadmie, et qu'elles finiront 
par la lecture de la Correspondance. 

Il est dcid, en outre, que, dornavant, le Compte Rendu de chaque 
sance sera publi le dimanche matin. 

La sance est leve 5 heures. F. 












,>'-'*- siVrxv !-; % 



(4oi ) 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

1 

L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences; 
i836, n i5. 

Expdition scientifique de More;5cf livraison, in-folio. 

Nouvelles Annales des Voyages et des Sciences gographiques ; pai 
MM. Eyiuks, dk Humboldt, Larenaudike et \alckenaer; mars i836,in-8. 

The naiural Historj of animalcules; by Andrew Pritchard; Londres, 
i834, in-8*. 

De la Mthode endermique d'aprs une suite d'expriences pour cons- 
tater son efficacit ; par M. A.-L. Richter; Berlin, i835,in-8 b , en alle- 
mand. (Rserv pour le concours Montyom) 

De Spirituosis e tuberibus solwii confectis } Disserta tio ; G. Krauss- 
in-4 , Berlin. 

De pemphigo neonatonun , Dissertatio ; a G. Krauss. 

Voyage dans V Amrique mridionale par M. d'Orbigny; h* livraison 
in-4. ' " 

Rapport fait au nom du Comit d Agriculture ; par M. Huzard fils 
brochure in- 8. 

Rapport fait la Socit d' Encouragement pour l'Industrie nationale 
sur une Notice de M. Mathieu de Dombasle ; par M. Paye 3 in-4 . 

Mmoire sur quelques Acphales d'eau douce du Sngal; parM. Rang 
in-4 . 

La Vaccine soumise aux simples lumires de la raison; par M. Marc 
in-8. (Ouvrage rserv pour le concours Montyon.) 

Monographie des Ctoines et Genres voisins; par MM. Gory et Perche- 
ron; io et 11 e livraison, in-8. 

La Chirurgie d'Hippocrate extraite de ses aphorismes; par M. Guerbois- 
in-8. 

Lettre adresse MM. les Membres de l'Acadmie des Sciences; par 
M. Baudelocque neveu;, brochure in-8. 

Trait sur V Hydrophobie, ou la Rage; par M. Boisson; in-4, 834- 
(Ouvrage rserv pour le concours Montyon.) 

Maladie de l'utrus, d'aprs les Leons de clinique de AL Lisfranc; par 
M. Patjly; im8. 



( 402 ) 

'Bulletin gnral de Thrapeutique mdicale et chirurgicale ; par 
M. Miquel ; 5 e anne, 7 "livraison, in-8. 

Journalde Pharmacie et des Sciences accessoires ; n 4, 22 e anne , in-8*. 

Bulletin clinique de M. Fossone ; n 12, in-8. 

Journal hebdomadaire des Progrs des Sciences mdicales; n 16. 

La France industrielle ; 3 e anne, in~4. 

Astronomische Nachrichten; n" 3o5, in-4". 

Nouvelles Annales du Musum d'Histoire naturelle; tome 4 > 4' livrai- 
son , in-4. 

Actes de la Socit Linnenne de Bordeaux ; tome 18, 1" livraison.; 
in-8'. 

Gazette mdicale de Paris , n 16. 

Gazette des Hpitaux; n os 44~*"46 < 

Journal de Sant, n 1 38. 

Echo du Monde savant ; n' i5 et 16. 



COMPTE RENDU 

DES SANCES 



DE L'ACADEMIE DES SCIENCES. 



mm$9am 







SANCE DU LUNDI 25 AVRIL 1836. 

PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 







MMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. 

cniMiE. Recherches sur la nature de l'thal, qui prouvent que c'est un 
corps analogue l'alcool; par MM. J. Dumas et Pligot. 

Les expriences de M. Chevreul sur le blanc de baleine et les pro- 
duits de sa saponification ont fait voir qu'il se spare, pendant que celle-ci 
s'effectue, une matire de nature neutre qu'il a dsigne sous le nom 
d'thal. La composition de ce corps lui a paru telle qu'on peut le repr- 
senter par de l'hydrogne bicarbon et de l'eau, comme l'ther et l'alcool, 
ce qu'il a voulu rappeler en lui imposant le nom 'thal, qui est form des 
premires syllabes runies des noms de ces deux derniers corps. En exa- 
minant les circonstances de la production de l'thal, et en admettant que sa 
formation avait lieu comme celle de l'alcool qui se rgnre quand on d- 
compose un ther salin par les alcalis, nous avons t conduits y soup- 
onner l'existence d'un carbure d'hydrogne isomrique avec l'hydrogne 
bicarbon et le mthylne, mais tout diffrent de ces deux corps, par le 
mode de condensation de ses lments. 

Pour vrifier cette conjecture, nous nous sommes procur de l'thal 

C. R. 1836 , if Semestre. 58 



rx/ryi (404) 

pur qui nous a paru tout semblable celui que M. Chevreul a tudi, et 
qui nous a offert la composition suivante : 

o,33o matire donnent o,4a3 eau et o,g45 acide carbonique, c'est-- 
dire : 



.83 



Carbone 79.2 

Hydrogne 4.2 

Oxigne 6.6 



100. o 



ce qui s'accorde parfaitement avec l'analyse de M. Chevreul et avec la for- 
mule suivante : 4 

C 3 ' 1224.2 79-6 

H 3 212.5 i3.8 

100. o 6.6 



i536. 



100.0 



Pour rendre cette formule comparable celle de l'alcool, il faut vi- 
demment la doubler afin qu'elle renferme deux atomes d'oxigne , ce qui 
la transforme en 

C*H"0% 

ou bien en la formule rationnelle suivante , 

C 8 *H 6 *-f-H'0\ 

Cela pos, nous devions obtenir, en traitant l'thal par des agents conve- 
nables , le carbure d'hydrogne C 4 H 64 correspondant l'hydrogne bicar- 
bon et le monohydrate C H R Si -f- H*0 qui correspond l'ther ordinaire. 
\ Il tait peu probable qu'on pt, au moyen de l'acide sulfurique, sparer 
le carbure d'hydrogne dont il s'agit; en effet, l'acide sulfurique, comme 
on l'avait prvu, charbonne les produits ds qu'on essaie de distiller un 
mlange d'thal avec cet acide , soit qu'on le prenne l'tat anhydre , 
soit qu'on le prenne l'tat hydrat. 

Nous avons donc cherch un corps avide d'eau et peu oxidant, et nous 
avons trouv dans l'acide phosphorique une matire minemment conve- 
nable nos vues et propre , sans aucun doute, rendre les plus grands 
services dans ce genre d'expriences. 

En distillant plusieurs reprises l'thal avec de l'acide phosphorique 
pur et rduit en poudre, puis, avec de l'acide phosphorique anhydre, on 




( 4o5 ) 
obtient un produit dont voici la composition : 

o.353 matire ont donn o,453 eau et 1,100 acide carbonique. Soit 

Carbone 86.2 

Hydrogne.... r4- 2 

100.4 

ce qui s'accorde avec la formule suivante : 

C 6 * 2448.4 85. 9 

h 64 4 oo, M' 1 

2848.4 " 100.0 

d'o rsulte, comme nous l'avions prvu, l'existence incontestable d'un 
carbure d'hydrogne isomrique avec le gaz olfiant , mais dans un tat de 
condensation bien diffrent. 

C'est ce nouveau corps que nous dsignons sous le nom de ctne, 
emprunt aux termes bien connus de sperma ceti et de ctine qui sont 
passs dans la langue des chimistes. 

Le ctne est liquide, incolore, huileux et tachant le papier. II bout 
275 et distille sans altration; il est insoluble dans l'eau, trs soluble 
dans l'alcool et l'ther, et sans raction sur les papiers ; il n'a pas de saveur 
propre ; enflamm, il brle la manire des huiles grasses, avec une flamme 
blanche et trs pure. 

La nature de ce corps et l'ensemble de ses proprits nous font penser 
qu'il conviendrait l'horlogerie fine, en lui fournissant un corps gras non 
volatil aux tempratures atmosphriques, non conglable et inaltrable 
l'air. 

Quoique l'acide phosphorique nous et fourni le carbure d'hydrogne 
que nous cherchions, nous n'aurions pas regard la nature de l'thal comme 
tant connue , si nous n'avions pu nous appuyer sur des phnomnes d'un 
autre ordre. En effet, l'acide phosphorique pouvait la rigueur avoir d- 
termin la formation de l'eau, au lieu de se borner sparer de l'eau toute 
forme. Nous avons donc cherch nous procurer la combinaison du c- 
tne correspondante l'ther ; mais nous n'avons pu parvenir l'isoler, 
quoique nous l'ayons forme, commeon va le voir, en obtenant le compos 
correspondant l'acide sulfo-vinique. 

La prparation de ce corps est trs facile; mais sa purification nous et 
fort embarrasss si nous n'eussions t guids par une thorie qui n'a pas 
tromp notre confiance. 

58.. 



( 4o6 ) 

L'thal, mis en contacta froid avec l'acide sulfurique ordinaire, n'agit 
pas sur lui ; mais , en chauffant au bain marie et agitant trs souvent la 
masse, les deux corps se combinent, et il se forme de l'acide sulfo-ctique. 
Nous l'avons surtout tudi en combinaison avec la potasse , ce qui donne 
un sel neutre en paillettes nacres d'une blancheur parfaite, renfermant : 

Sulfate de potasse .... 24 . o 

Acide sulfurique 1 1 . 7 

Carbone.... 53.1 

Hydrogne 9.1 

Oxigne a.i 

100. o 
ce qui conduit la formule 

SO 5 , KO + SO 3 , C< H 6 * -f- H0, 

qui nous a donn les rsultats suivants : * 

64 at. de carbone 2448 53.7 

66 at. d'hydrogne.... 4 12 9- 

1 at. de suif, dpotas. 1090 23. 9 

1 at. d'acide sulfuriq.. 5oi 11.0 

1 at. d'oxigne 100 2.4 

455i 100. o 

Quand on mle dans une cornue, peu prs volumes gaux d'thal et 
de perchlorure de phosphore, l'un et l'autre en fragments, il s'tablit 
bientt une raction vive : les deux corps fondent, s'chauffent, une bul- 
lition se manifeste , et il se dgage une grande quantit d'acide chlorhy- 
drique. En chauffant ensuite la cornue , on obtient du proto-chlorure de 
phosphore, puis du perchlorure, puis enfin du chlorhydrate de ctne, qui 
devrait contenir 

C 6 + 2448 74.1 

H 66 412 12.4 

Ch* 442 i3.5 

33o2 100. o 

et dans lequel on a trouv 

Carbone 7^.67 

Hydrogne 12.32 

Chlore i3-. 70 

99% 



( 4<>7 ) 

M. Chevreul a fait l'analyse du blanc de baleine, qu'il a trouv com- 
jpos de 

Carbone 8i.6 

Hydrogne. ... 12.8 

, Oxigne 5.6 

100.0 

Si l'on disait que cette composition se reprsente par 

472 at. de carbone.... i8o58 81.2 

445 at. d'hydrogne. .. 2781 12. 5 

14 at. d'oxigne 1400 6.3 

22239 100.0 



i 



on tonnerait beaucoup sans doute les chimistes habitus la simplicit 
des formules inorganiques et mme ceux qui s'occupent de l'analyse orga- 
nique. Quand on en vient faire usage de telles formules, il faut plus d'une 
dmonstration de leur vrit, et la composition lmentaire, qui seule ne 
suffit jamais pour donner la formule rationnelle des corps, a si peu d'im- 
portance en pareil cas, que l'on pourrait trouver vingt formules plus 
simples que celle qui prcde , et s'accordant aussi bien ou mieux qu'elle, 
avec la composition lmentaire du blanc de baleine. 

Ce n'est pas non plus , htons-nous de le dire , sur la composition l- 
mentaire de ce produit que notre formule repose , mais bien sur les con- 
sidrations suivantes tires des prcieuses expriences auxquelles M. Che- 
vreul s'est livr sur la saponification. 

Le blanc de baleine serait , d'aprs nous , un ther double acide ou , 
en d'autres termes , un compos de margarate et d'olate de ctne qui 
aurait pour formule , 

2 at. acide margarique 6768 

1 at. acide olique 6587 

3 at. ce'tne 1 8544 

3 at. eau . 337 

22236 

D'o l'on peut conclure facilement, et en nous bornant aux preuves 
les plus dcisives, que le blanc de baleine fournirait par sa saponifica- 
tion, de l'thal et des acides oleique et margarique hydrats, sans autre 
produit, et dans les rapports suivants : 



^ 



( 4o8) 

ioo parties i 4 >^ ethal 

de blanc de baleine > 60,9 d'acides fusibles 45 | 3i ,6 acide margarique 
forment j et contenant d'aprs cela j 29,3 acide olique 

101 ,5 

tandis qu'on a par le calcul fond ]sur la formule trs simple que nous 
avons admise plus haut, les nombres presque semblables qui suivent : 



100 parties j 4 1 6 e'thal 

de f fit .n d'aria rnnt,n a t J 3l 4 ide margar. 

blanc de baleine 



61 ,9 d'acide contenant f V adde mar 8 ar - 

j 3 o,5 acide olique. 



On essaierait vainement de reprsenter ces nombres par une formule 
diffrente de celle que nous avons choisie, et il faut bien accepter comme 
un fait dmontr l'existence d'une combinaison renfermant o,3i atomes, 
savoir, 472 atomes de carbone, 445 d'hydrogne et 14 atomes d'oxigne; 
rapports bizarres qui seraient le dsespoir des chimistes, si la thorie des 
thers n'en donnait la cl. 

physique du globe. Nouvelle lettre de M. de Freycinet M. Arago, 
concernant les bains de Sextius. 

Depuis la lettre que je vous ai crite , en date du 24 mars , j'ai con- 
tinu tudier le dbit des principales sources d'eaux thermales de la 
ville d'Aix, ainsi que leur temprature, afin de savoir si quelque effet 
provenant de la drivation partielle que j'avais opre Barret, devien- 
drait sensible; mais aucune intermittence ne s'est fait sentir pendant vingt- 
cinq jours d'observation, et la teinture que j'avais jete dans le mme bas- 
sin n'a point encore t aperue. 

J'ai fait aujourd'hui ma dernire srie d'observations thermomtriques 
aux bains Sextius; ces eaux prouvent depuis quelques jours ne augmen- 
tation de temprature non douteuse; ce qui me confirme dans l'opinion 
que j'ai conue que les eaux chaudes ont, Aix du moins, leur tempra- 
ture d't et leur temprature d'hiver. Ce phnomne est ici d'autant plus 
marqu que les fortes pluies qui ont rgn pendant le mois de mars , ont 
considrablement fait augmenter le volume de ces eaux. D'aprs une ob- 
servation d'avant-hier, je me suis assur que le niveau des eaux, dans le 
bassin de Barret, avait hauss de prs d'un mtre, et qu'une augmenta- 
tion gale avait eu lieu dans un puits chaud des environs. 

Une personne respectable m'a assur qu' une poque de scheresse peu 
loigne, les eaux du puits que je viens de citer s' tant presque entire- 



(4o 9 ) 
ment assches, des ouvriers furent appels pour en baisser le fond, et 
que, pendant cette opration, ils aperurent l'eau chaude qui suintait par 
des fissures entre deux bancs de roches. 

Je suis descendu dans ce puits , et j'ai dtach un chantillon de la 
roche dont il s'agit, que je vous envoie dans la mme bote qui contient 
les chantillons que je vous ai prcdemment annoncs du dpt des eaux 
recueillies aux bains Sextius. 

Le voisinage o je suis de Groulx , dans les Basses-Alpes , m'a engag 
y faire une petite excursion. On a imprim et rpt souvent que la 
temprature des eaux thermales de ce nom allait 3a Raum. =40 centig., 
et que cette temprature tait constante. J'ai trouv le contraire. La 
moyenne de six sries d'observations , faites avec trois thermomtres diff- 
rents , m'a donn 34%977 centig. , qui diffre de la temprature annonce 
d'environ 5 centig. 

Je n'ai nulle raison de douter que cette temprature, dans la saison 
des bains, ne soit de beaucoup plus leve et n'atteigne mme le degr que 
l'on annonce. Ce fait, au reste, me parat s'accorder avec ce que j'ai re- 
marqu aux bains Sextius , et prouver que les eaux thermales de Groulx 
ont aussi, comme celles d'Aix, leur temprature d't et leur temprature 
d'hiver. 

a On voit surnager, la surface des eaux de Groulx, une matire flo- 
conneuse blanchtre, d'un aspect glatineux, dont je vous envoie deux 
chantillons ; l'un a t ramass dans les baignoires , le second sur les pa- 
rois du bassin o coulent les eaux, en sortant de la source. 

Depuis mon retour Aix , j'ai donn quelque attention l'examen 
des sources d'eaux froides distinctes ou vierges qui surgissent tant dans la 
ville qu' une petite distance aux environs. Un nivellement gnral de 
toutes ces nappes d'eau et de celles des eaux chaudes, mettra mme d'ap- 
prcier l'influence qu'elles peuvent avoir les unes sur les autres. 

in mie applique. Note surunecouleurpurpurine employe dans la peinture 
par impression sur les faences fines ; par M. Alexandre Brongniart. 

Les faenciers anglais ornent depuis plusieurs annes leur belle faence 
fine, dite Iron-Stone, avec des dessins imprims en une couleur d'un 
rouge purpurin trs agrable , qu'ils nomment pink-colour. 

Les fabricants ont tenu cache la composition de cette couleur : on n'a 
pu imprimer en rose purpurin les faences fines faites en France, qu'en 
F-achetant en Angleterre. 



(4<o) 

M. de Brtigny, fabricant de porcelaine tendre et de faence fine 
Tournay, m'en ayant donn une certaine quantit, j'ai pri M. Malaguti, 
attach la manufacture royale de Svres pour y faire les analyses et les 
recherches utiles au progrs des arts cramiques , d'analyser et de refaire 
cette couleur. 

Les rsultats de son analyse ont fait connatre que le pink-colour tait 
essentiellement compos. 

environ. 

d'acide stannique 78 

de chaux. 1 5 

de silice 3 4 

d'alumine 2 

d'oxide de chrome o , 5 mil. 

de chromate de chaux ou de potasse > 0,2 -, 

En rduisant ces matires ce qui est essentiel la composition de 
la couleur, savoir : 

Acide stannique 1 00 

Craie 34 

Oxide de chrome ii j 

et Silice 5 

et en les combinant ensemble par une forte calcina lion, on obtenait une 
couleur au moins aussi belle que le pink-colour anglais. 

La ralit de l'analyse et l'efficacit de la synthse ont t prouves par 
l'emploi qu'on a fait de cette couleur dans la belle fabrique de faence 
fine, dite porcelaine opaque, de M. Louis Lebuf, Montereau. Je mets 
sous les yeux de l'Acadmie la pice dcore avec le pink-colour de Svres, 
en comparaison avec celles qui ont t colores avec le pink-colour anglais. 

L'objet industriel de la manufacture de Svres tait rempli, mais il s'en 
prsentait un autre entirement scientifique , c'tait d'tablir la thorie 
assez remarquable de cette coloration en rouge purpurin, donne par 
l'oxide de chrome une haute temprature. Les recherches de M. Malaguti 
l'ont conduit non-seulement expliquer ce phnomne, mais trouver 
une autre couleur purpurine susceptible d'tre employe avec facilit dans 
la peinture l'huile, et qui, semblable la laque, a cependant une fixit 
que ne peut prsenter une couleur tire du rgne animal. 

M. Malaguti nomme cette couleur, dont je prsente un chantillon, 
laque minrale; ses recherches sont consignes dans son mmoire, que je 
remets sur le bureau de l'Acadmie , en demandant qu'il soit renvoy 
l'examen (Tune commission. 



(4") 

NOMINATIONS 

M. le Ministre du Commerce et des Travaux publics invite l'Acadmie 
vouloir bien, conformment aux dispositions du dcret du 25 aot 1804, 
dsigner les trois membres qui devront prendre part l'examen des pices 
de concours de MM. les lves des Ponts-et-Cbausses. 

L'Acadmie procde par voie de scrutin cette lection. MM. Dupin , 
Girard et Puissant runissent la majorit absolue des suffrages. 

MMOIRES LUS. 

abhtomie pathologique. Considrations d'anatomie gnrale sur les al- 
tratipns du cerveau dans la folie ; par M. Scipjon Pinel. 

(Commissaires, MM. Dumril, Magendie, Serres.) 

Dans un premier mmoire soumis l'Acadmie , l'auteur avait dcrit 
l'tat du cerveau pendant l'exaltation furieuse et en gnral pendant l'tat 
aigu de la folie; dans son nouveau travail, il s'attacbe plus particulirement 
faire connatre les lsions que prsente l'organe lorsque la maladie est 
passe l'tat chronique, et celles qui accompagnent la manie priodique, 
affection qu'on peut considrer comme tenant le milieu entre les cr- 
bries aigus et les crbries chroniques. 

MMOIRES PRSENTS. 

mcanique applique. Lettre de M. Lf.cour sur un appareil qu'il nomme 
aspirateur-dvorateur de la fume. 

(Commissaires, MM. Arago, Poncelet, Sguier.) 

Cet appareil, suivant l'auteur, peut servir non-seulement consumer la 
fume qui s'chappe des fourneaux o l'on emploie le charbon de terre , 
mais aussi dtruire des vapeurs dltres, soit qu'elles se rpandent dans 
l'atmosphre, comme cela a lieu dans divers tablissements, rangs pour 
cette raison parmi les tablissements insalubres , soit qu'elles occupent des 
lieux situs au-dessous du sol, comme certains puits, les fosses d'ai- 
sances, etc. M. Lecour annonce que son appareil peut aspirer les liquides 

C. R. 1836. i' r Semestre. 5o, 



( 4* ) 

aussi bien que les gaz , et qu'ainsi il peut servir successivement comme 
machine de dsinfection et comme machine d'puisement.** 

M. Lecour demande que l'Acadmie veuille bien charger quelques-uns 
de ses membres d'assister aux expriences en grand qu'il se propose de 
faire avec cet appareil la fonderie de Grenelle, chez M. Daveloui. MM. les 
commissaires eux-mmes fixeront le jour et l'heure. 

mcanique. Nouvelle note sur l'air chaud considr comme un moteur 
plus conomique que la vapeur d*eau; par M. Burdin , ingnieur en chef 
des mines. 

(Commissaires, MM. Poisson, Dulong, Navier, Savart.) 

L'ide de substituer l'air chaud la vapeur n'est pas nouvelle ; mais les 
discussions thoriques auxquelles on l'avait jusqu'ici soumise, ne permet- 
taient pas d'en esprer quelque avantage sous le rapport conomique. Com- 
ment se fait-il maintenant, qu'en partant des mmes donnes que ses pr- 
dcesseurs , l'auteur du mmoire parvienne , des rsultats tout opposs ? 
M. Burdin ne s"tonne pas de cette discordance. Suivant lui , elle tient prin- 
cipalement ce qu'on n'avait pas song souffler dans l'appareil d'chauf- 
fement, de l'air pralablement comprim. Un emploi mieux calcul de la 
dtente entrerait aussi pour une petite part dans les effets attendus. Ces 
effets, voici comment M. Burdin les value en chiffres. 

Si de l'air o de temprature et 4 atmosphres de pression , par 
exemple, est chass au moyen d'une pompe foulante dans un cylindre en 
tle, soigneusement garni l'intrieur de briques ou autres matires peu 
conductrices de la chaleur, et renfermant un foyer recouvert d'une tranche 
de charbon assez paisse pour convertir la moiti de l'oxigne de l'air en 
acide carbonique, et pas assez pour donner lieu une trop grande quan- 
tit d'oxide de carbone, l'air dont il s'agit, vu son calorique spcifique, 
devra alors prendre une temprature de i5i8,7. 

Ne portons cette dernire temprature qu' 800*. L'air traversant le 
foyer n'en quadruplera pas moins de volume, sans diminuer de pression, 
et consquemment il pourra, l'aide de deux pistons sous lesquels il se 
rendra tour tour, produire un travail bien suprieur celui qu'aura 
exig son introduction. 

En calculant par l'intgration , et autres moyens connus, i le moteur 
thoriquement ncessaire la pompe foulante qui chasse l'air froid dans. 



(43) 

le foyer, a* le moteur que fournit ce mme air aprs son chauffement, 
l'auteur du projet de machine dont il s'agit, trouve qu'aprs avoir dpens 
une force reprsente par 14020 kilog. levs un mtre, pour refouler 
dans le foyer un mtre cube d'air ordinaire, il retire de l'action directe de 
cet air comprim au fur et mesure de sa dilatation et de sa dtente jus- 
qu' la pression atmosphrique, deux effets ou quantits de travail, sa- 
voir, (3ogoo -f- 26100 )*" Xm = 570000 k "* m . 

Rduisant moiti, cause de l'abaissement de temprature, l'effet 
26ioo*" x d la dtente de l'air chaud ( rduction plus consid- 
rable que celle qui est indique par les formules relatives cet objet), et 
retranchant l'un de l'autre les effets prcdents, on a 30900-!-^ 14020 
= 4395o 14020 = 2gcfo mxm pour la quantit de travail produite 
dans cette occasion par le de kilog. de combustible qu'aura brl la 
moiti de l'oxigne du mtre cube d'air dont on vient de parler, dans 
son passage travers le foyer. 

Ngligeant encore ici un effet trs considrable qu'on pourrait obtenir 
en refroidissant ou condensant l'air dilat par de l'eau basse temprature 
ou autre moyen, de manire faire alors redescendre le piston par l'effet 
de la pression atmosphrique, on voit thoriquement parlant qu'un kilog. 
de charbon produira, clans ce cas, 20 X 29930 = 5986oo*" Xm , c'est-- 
dire 6 7 fois 9oooo M(Xm ou 6 7 fois le travail rel des meilleures 
machines vapeur de Woolf connues jusqu' prsent. 

Sans doute, l'aide de la vapeur (qui serait produite avec la mme quan- 
tit de calorique ou avec les 190,3 units de chaleur introduites dans le m- 
tre cube d'air ci-dessus), qu'on ferait agir sous un piston dans un cylindre 
vide d'air, d'abord directement, puis l'aide de sa dtente pousse jusqu' 
un nombre presque infini de fois son volume primitif, on arriverait par 
le calcul un moteur ou quantit de travail gale au logarithme d'une 
quantit presque infinie; mais si l'on reste dans le possible, le rel ou 
l'excutable , techniquement parlant, c'est--dire si l'on compare l'effet du 
mtre cube d'air chaud dont il vient d'tre question, avec l'effet tho- 
rique i373o*" Xm , qu'on obtiendrait en rduisant en vapeur i45.4 de 
temprature, une quantit ^11^2. = 0,293 kilog. d'eau o correspondante 
( la pression et la temprature dont il s'agit) un volume o m, "*v4, on 
trouvera pour l'action directe, la dtente, jusqu' 4 fois le volume, et la 
condensation parfaite, 43oo*" XM , 3662* ilxm et 5 r ]68'' i ' Xm . Le rapport de 
l'effet de l'air celui de la vapeur sera donc celui de 29930 ; i3j3o 
ou 2,3 1 1 environ. 

59.. 



( 4i4 ) 

Si la machine vapeur est sans condensation , comme celle des voi- 
tures locomotives, ce rapport devient 29930 : i373o 5768 ou bien 
29930 : 7960 ou 3,77 : (la dtente de la vapeur, comme on voit, tant 
suppose avoir lieu sans perte de calorique et suivant la loi de Mariotte). 

Voil les rapports de force quantits gales de chaleur absolue ; mais 
si l'on remarque que, dans l'appareil air chaud, le calorique dgag parle 
combustible, est entirement employ l'effet utile, tandis que, sous les 
chaudires des machines vapeur, une moiti au moins de la chaleur s'- 
chappe par la chemine ou ne remplit pas sa destination ; si l'on observe, 
en outre, que peut-tre le charbon pourra tre avantageusement remplac 
par du bois sec, dont les vapeurs aqueuses, par compensation du froid 
qu'elles produisent, augmenteront la tension de l'air chauffer , on en 
conclura qu'en vitant les provisions d'eau et autres embarras des pompes 
feu actuelles ; qu'en diminuant leurs dangers d'explosion et autres in- 
convnients , on doit esprer dans cette occasion une conomie de six 
neuf fois le combustible consomm par ces dernires machines, suivant 
qu'elles condensent ou ne condensent pas la vapeur. 

Sans doute l'air introduit sous le foyer dpensera une force plus con- 
sidrable que celle calcule plus haut, cause de la chaleur dveloppe 
par la compression; mais, comme cette chaleur ira en trs grande partie 
se joindre celle de la combustion , il y aura une espce de compen- 
sation. 

On peut , dans l'tat actuel de la science, concevoir des doutes sur le 
calorique spcifique de l'air 8oo" et quatre atmosphres de pression ; 
sur le coefficient de sa dilatation par la chaleur, et particulirement sur 
le froid produit par sa dtente; mais il n'est pas probable que nous soyons 
assez loigns de la vrit dans cette occasion , pour voir s'crouler les 
avantages prcdemment calculs. 

Quant aux cylindres ou vases de l'appareil destins loger d'une ma- 
nire continue ou discontinue de l'air 8oo; quant aux deux pistons, 
surtout, destins recevoir tour tour l'action de cet air, l'auteur espre 
pouvoir employer deux cloches cylindriques renverses susceptibles de 
monter et de descendre autour de deux autres cloches immobiles d'un 
diamtre un peu moindre. 

De fortes bandes annulaires de toile, toujours recouvertes d'eau jus- 
qu' la hauteur de la cloche intrieure immobile, devront rgner tout au- 
tour de ces cylindres ou les lier ensemble vers leurs bases respectives. On 
voit que l'air chaud , au moment de son arrive entre les deux cloches, 



(4i5) 

soulvera celle qui est mobile, laquelle se mouvra un peu, la manire du 
piston de la pompe dite des prtres, la bande annulaire et flexible de plu- 
sieurs paisseurs de toiles, continuant alors fermer la communication 
avec l'extrieur pendant toute l'tendue de la course. 

Au reste, en cas de non -succs des clocbes ci- dessus, rien n'empchera 
d'employer des pistons recouverts, du ct o arrivera l'air chaud, d'une 
tranche d'eau surmonte d'un flotteur plus ou moins pais et peu conduc- 
teur du calorique. 

,'>.. 
xATiSTiQUE minkalogique et gologique. Essai d'une Statistique min- 

ralogique et gologique du dpartement de la Mayenne; par M. Bi,a- 
vier, ingnieur des mines rsidant au Mans. 

(Commissaires, MM. Beudant, Berthier, lie de Beaumont.) 

Ce travail est divis en trois parties. 

La premire prsente un aperu gnral de la constitution physique du 
dpartement; 

La seconde le dcritsous le double rapport minralogique et gognosti que; 

La troisime est consacre la statistique minrale. 

Dans cette troisime partie, l'auteur fait connatre avec dtail les bran- 
ches de l'industrie minrale exploites dans le dpartement, leur dvelop- 
pement actuel et leurs ressources, ainsi que leur influence sur la richesse 
du pays. 

Enfin, dans un appendice, l'auteur a prsent, sous forme de tableau, 
les donnes de statistique qui se rapportent au dveloppement des forces 
mcaniques autres que les forces animales mises en action par l'industrie 
dpartementale. 

En jetant les yeux sur la carte trs dtaille qui accompagne le m- 
moire de M. Blavier, on voit qu' l'exception des terrains volcaniques, 
qui ne montrent aucuns de leurs ternies dans le dpartement de la 
Mayenne, toutes les grandes classes de la srie gologique y sont repr- 
sentes, quoique d'ailleurs elles soient loin d'y occuper une gale tendue. 
Ainsi, tandis que le terrain primitif occupe en majeure partie l'arrondisse- 
ment de Mayenne, dont il ne dpasse gure les limites, et que le terrain 
de transition couvre de couches de nature diverse presque tout le surplus 
de la superficie du dpartement, le terrain secondaire a pour unique 
reprsentant un petit dpt houiller de deux kilomtres carrs environ de 
superficie, qui est l'objet d'une exploitation dans la commune de Saint- 



( i ) 

Pierre Lacour. Quant aux terrains tertiaires, ils se rduisent, pour ainsi 
dire, un dpt qui recouvre plusieurs plateaux levs, et se compose de 
sables ordinairement ferrugineux, de grs siliceux ou ferrugineux et d'ar- 
gile. C'est ce dpt qui recle la plupart des mines de fer qu'on travaille 
dans le pays; il y faut joindre cependant quelques petits bassins isols 
de conglomrats marins, et quelques dpts peu importants de marne 
calcaire et de meulire. 

M. Blavier dcrit fort en dtail ces diffrents terrains; mais il a aupa- 
ravant fait connatre toutes les roches que prsente ce dpartement , qui , 
depuis plusieurs annes, est pour lui l'objet d'une exploration non inter- 
rompue. Il prsente enfin un grand nombre de donnes statistiques sur 
les mines et carrires qui sont l'objet d'exploitations plus bu moins im- 
portantes, sur les usines qu'elles alimentent, les ouvriers qu'elles em- 
ploient, etc. Il s'arrte, en particulier, sur une industrie qui, depuis quel- 
ques annes, a pris dans la Mayenne un grand dveloppement par suite 
de l'exploitation , d'ailleurs assez peu lucrative , de la petite houillre de 
Saint-Pierre Lacour; c'est la fabrication de la chaux dont les produits 
principalement employs comme engrais , sont d'anne en anne plus 
recherchs par les cultivateurs. 

analyse mathmatique. Supplment au mmoire sur le degr de la trans- 
forme rationnelle d'une quation irrationnelle donne; par M. Voizot. 

(Renvoy la commission nomme pour le premier mmoire. ) 

Le thorme prsent par M. Voizot dans son mmoire du 29 f- 
vrier i836, se rapportait au cas o les radicaux sont combins par voie 
d'addition et de soustraction. La nouvelle note a pour objet de l'tendre 
au cas o les radicaux sont combins par multiplication , division , forma- 
tion de puissances ou extraction de racines. 

arts graphiques. Dessin linaire en relie/. 

M. Major, de Lausanne, adresse une note manuscrite destine servir 
de supplment son mmoire sur le dessin linaire en relief. Il s'at- 
tache faire ressortir tous les avantages qu'aurait ce dessin (qui con- 
siste tracer les contours de l'objet qu'on veut figurer, l'aide d'un fil 
mtallique auquel les doigts donnent la forme convenable) sur le dessin 



( 47 ) 
ordinaire qui exige un plan on tout autre surface pour recevoir la trace 
lu crayon avec lequel on marque les contours du corps figurer. 

La nouvelle note est renvoye la commission nomme pour le con- 
cours auquel tait dj prsent le premier ouvrage de M. Mayor. 

M. R. fLenry, architecte Boulogne -sur-Mer, adresse un mmoire 
ayant pour titre : Considrations gnrales sur l'tablissement des chemins 
de fer, et demande que cet ouvrage soit admis au concours pour plu- 
sieurs des prix fonds par M. de Montyon. 

Suivant M. Henry on pourrait, en combinant convenablement les lignes 
de chemins de fer et les lignes de paquebots vapeur, faire en un mois le 
voyage d'Edimbourg Bombay en passant par Paris. Aujourd'hui le trajet 
prend six fois plus d temps, expose le voyageur des dangers de plu- 
sieurs sortes, et surtout des privations qui peuvent altrer sa sant; l'au- 
teur pense en consquence que son projet pourrait tre assimil aux inven- 
tions qui ont pour rsultat de rendre un art ou un mtier moins insalubre, 
les deux autres prix auxquels M. Henry pense avoir acquis des titres par 
la publication de sa brochure n'tant pas dcerns par l'Acadmie des 
Sciences , nous n'avons pas nous en occuper ici. 

M. A. Ador demande que l'Acadmie nomme des commissaires pour 
assister aux expriences relatives une invention qu'il dsigne sous le 
nom de poste atmosphrique , expriences qui seront faites au jardin de 
Tivoli, le 28 avril, deux heures. 

MM. Navier et Sguier sont pris d'assister cet essai et d'en rendre 
compte l'Acadmie. 

M. Gabriel Pelletan demande que le mmoire sur la spcialit des nerfs 
des sens qu'il a prsent l'Acadmie dans la sance du 1 1 janvier, soit 
admis au concours pour le prix de physiologie. 



(4,8) 



CORRESPONDANCE. 

physique. Nouvelles expriences de M. Matteucci sur les affaiblissements 
que certains courants lectriques prouvent en traversant des "couches li- 
quides ou des diaphragmes solides. 

Lorsque deux fils, partant des deux ples d'une pile peu nergique, 
aboutissent aux deux extrmits d'un canal troit rempli d'un liquide peu 
conducteur, l'intensit du courant dvelopp peut tre rendue plus grande 
de plusieurs manires. Elle crot mesure que le nombre des couples de 
la pile augmente, ou bien mesure que la longueur de la colonne liquide 
diminue, ou bien encore mesure que ce liquide devient plus conducteur. 

Un diaphragme mtallique plac dans le liquide sur la route que suit le 
courant, affaiblit celui-ci dans tous les cas, mais dans des proportions dif- 
frentes, suivant son intensit. Ainsi M. de la Rive a fait voir que l'affaiblis- 
sement d l'interposition d'un diaphragme, est proportionnellement 
d'autant moindre que le courant primitif est plus nergique, en tant du 
moins que l'accroissement d'nergie provient de la pile elle-mme. 

Le fait observ par M. Matteucci consiste en ce que l'affaiblissement 
d'intensit occasion par le diaphragme est, au contraire, d'autant plus grand 
que le courant primitif est plus intense, si laissant la pile compose d'un 
nombre constant de couples, on fait varier l'nergie du courant par le seul 
raccourcissement de la colonne liquide, ou par un accroissement dans sa 
conductibilit. 

La pile de M. Matteucci tait une colonne de disques souds ( l'auteur 
n'en indique pas la nature) charge avec de l'eau sale : le liquide du ca- 
nal, tantt de l'eau de puits, tantt de l'eau lgrement acidule avec 
de l'acide sulfurique; le diaphragme, une lame de platine. 

Ces donnes sont ncessaires rapporter, car ce que l'on sait de l'in- 
fluence variable des diaphragmes, suivant l'origine du courant, oblige ne 
rien gnraliser qu'avec beaucoup de circonspection. 

M. Matteucci rapporte quelques expriences dont il rsulte que l'in- 
tensit du courant augmente avec la largeur de la colonne liquide qui le 
transmet. Cela est exact jusqu' une certaine limite d'largissement; mais 
le fait tait connu , ce qu'il nous parat. 



(4>9 ) 
physique. Note concernant les effets prsums d'une dcharge lectri- 
que sur la croissance d'un peuplier. (Extrait d'une lettre adresse 
M. Mathieu par M. Baric de la Haye, ancien officier de la garde imp- 
riale et membre du conseil gnral du dpartement d'Indre-et-Loire.) 

L'anne dernire , au mois de juillet, la foudre tomba sur un des peu- 
pliers qui composent mon avenue; quelques branches furent casses au 
sommet. Le fluide lectrique suivit le tronc du haut en bas la partie 
nord, sans endommager l'corce, s'enfona au pied dans le sol, dont 
elle souleva deux grosses mottes de terre d' peu prs un pied cube cha- 
cune. Ce peuplier avait alors un pied de circonfrence; aujourd'hui il en a 

deux, tandis que ses voisins ont conserv la mme grosseur L'arbre 

grossit si rapidement, que je viens de remarquer sur l'corce une crevasse 
par o la sve s'coule en abondance. 

anatomie. Lettre de M. Jacqdemin sur la distribution des canaux ariens 
dans les diverses parties du squelette des oiseaux. 

Dans une premire lettre sur le mme sujet (sance du 28 mars), 
M. Jacquemin n'avait considr la distribution des conduits ariens que 
dans les parties osseuses de la tte; aujourd'hui il poursuit le mme sys- 
tme dans tous les autres os du squelette. 

Tous les os qui constituent l'paule, tels que V humrus , Y omoplate, 
la fourchette et la clavicule coracode ont leurs trous pneumatiques 
groups autour de leur extrmit scapulaire. Ils reoivent tous l'air de la 
poche sous- scapulaire. Le cubitus et le radius se chargent d'air par des 
trous souvent trs nombreux situs leur extrmit suprieure. L'air 
parvient l'articulation du coude par deux voies diffrentes, l'une se 
fait par la communication des cellules du tissu cellulaire de cette arti- 
culation avec celles de l'articulation scapulaire entre les muscles du bras, 
l'autre se fait par la cavit interne de l'humrus et les trous qui existent 
son extrmit infrieure. Les mailles du tissu cellulaire de l'articulation 
du carpe sont galement remplies d'air qui leur arrive par communication 
avec les cellules de l'articulation du coude, et par l'intermdiaire de la 
cavit interne des os de l'avant-bras qui prsentent de mme que l'hu- 
mrus des trous ariens leur extrmit infrieure. Les os du carpe et 
du mtacarpe reoivent l'air du tissu cellulaire qui les entoure par des 
trous dont la position n'est pas toujours fixe. Chaque phalange digitale 

C.R. l836, i Semestre. 6 



C 4*0 ) 

prsente un trou arien souvent trs dvelopp et reoit l'air de ce mme 
tissu cellulaire. 

La mme disposition se retrouve pour les extrmits infrieures , les 
trous pneumatiques y sont distribus exactement de la mme manire et 
l'air leur arrive par un mcanisme entirement semblable. Chez les vieux 
et bons voliers, toutes les pices osseuses sont remplies d'air jusqu' la 
dernire phalange ; ce fluide leur parvient par la poche pneumatique sous- 
fmorale, place dans les deux parties latrales du bassin. 

Les vertbres cervicales prsentent des trous pneumatiques petits et 
nombreux placs dans le canal que forment latralement les apophyses 
transverses de ces vertbres. La poche pectorale envoie un prolongement 
qui longe ce canal dans toute son tendue et fournit de l'air chacune 
des vertbres. Les trous pour les vertbres pectorales et dorsales, sont 
placs de mme sur les faces latrales de ces vertbres; mais l'air leur 
est fourni par la poche pectorale pour les premires et par les deux 
poches sous-costales pour les autres ; ces dernires poches fournissent 
aussi de l'air aux ctes par des trous nombreux percs leur face in- 
terne. La poche sacre occupe une grande partie de la cavit interne 
du bassin , elle est applique immdiatement sur les os qui le composent 
et auxquels elle fournit de l'air. Les trous pneumatiques pour Yileum sont 
situs sur la face interne et antrieure du bassin, de chaque ct de la 
colonne vertbrale dans le point de son renflement; ce mme os prsente 
aussi des trous ariens derrire et en haut de l'articulation de la tte du 
fmur dans l'intrieur du bassin. Uischion et le pubis reoivent l'air par 
communication avec l'ileum. Le pubis cependant prsente quelquefois 
des trous trs grands son extrmit antrieure et interne. 

L'air des vertbres lombaires et coccygiennes est fourni par des pro- 
longements, un antrieur et un postrieur que forment la poche sacre; 
les trous sont placs comme d'ordinaire sur les cts du corps de ces 
vertbres. La dernire vertbre coccjgienne prsente en outre quelquefois , 
un trs grand trou sa face infrieure; enfin, le sternum reoit abon- 
damment de l'air de la poche sternale place sa face interne. Les trous 
qui le percent sont nombreux et situs le long de sa ligne mdiane : on 
en remarque toujours deux trs considrables placs vers son extrmit 
antrieure. 

La poche sternale fournit aussi de l'air aux apophyses sternales des 
ctes au moyen de trous situs leur extrmit infrieure. 





( 4>i ) 

chimie. annonce de l'isolement du fluor; par M. B\tjdrimont. 

J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint un flacon contenant du fluor, 
corps simple que j'ai isol depuis plus de deux ans. Je n'ai point alors 
publi le procd par lequel je l'avais obtenu parce qu'il ne le donnait 
que mlang avec une grande quantit d'oxigne ; mais j'en ai consign 
les principales proprits dans l'ar.ticle analyse au Dictionnaire de Phy- 
sique gnrale, p. io,5. J'en joins un extrait imprim cette lettre. Cette 
publication a t faite au mois de dcembre i834 (1). 

Depuis, j'ai obtenu du fluor par un autre procd, et ses proprits 
sont toujours les mmes : c'est un gaz color en brun jauntre , possdant 
une odeur analogue celles du chlore et du sucre brl; il n'attaque 
point le verre, il dcolore l'indigo et se combine directement avec l'or. 

Le fluor a t obtenu la premire fois en faisant passer du fluorure 
de bore sur du minium chauff jusqu'au rouge, et le recueillant dans un 
vase sec, comme on le fait pour le chlore. 

Je l'obtiens actuellement en traitant simplement dans une fiole de 
verre un mlange de fluorure de calcium et de bi-oxide de manganse par 
l'acide sulfurique, mais , ainsi obtenu , il est ml avec de la vapeur d'a- 
cide fluorbydrique et du gaz fluosilicique , qui ne s'opposent pourtant 
point ce que l'on puisse en observer les principales proprits. 

orthopdie. Observations de M. Meixet sur une assertion de M. J. Gurin, 
relative la nouvelle mthode de traiter les pieds bots chez les enfants. 

. Dans la lettre o il faisait connatre sa nouvelle mthode, M. Gurin 
annonait qu'il avait obtenu dans cinquante jours sur des enfants gs 
de cinq mois, une gurison complte; gurison qui, suivant lui, n'aurait 
pu tre obtenue en moins d'un an par les autres mthodes. C'est contre 
cette assertion que rclame M. Mellet. Tous les chirurgiens, dit-il, sa- 
vent que chez des enfants de l'ge de ceux qui ont t traits par M. Gurin, 
on obtient par la mthode de Venel des gurisons bien compltes dans 
cinq six semaines ou deux mois. Je le prouverais au besoin par ce qui 
se passe depuis vingt-deux ans dans l'tablissement orthopdique que je 
dirige; les faits ont t publis dans mes ouvrages, et ils ont t mis 

(i) Voici le passage auquel M. Baudrimont fait allusion : 

Le fluor est gazeux, brun jauntre trs fonc; son odeur a beaucoup d'analogie 
avec celle du chlore et avec celle du sucre brl; il est sans action sur le verre. 

60.. 



U" ) 

hors de cloute par un rapport fait en i833 l'Acadmie royale de M- 
decine, rapport qui atteste que parmi les malades traits sous les yeux de 
la commission de l'Acadmie, plusieurs ont t guris en deux et trois 
mois, et qu'un petit garon de dix mois, avec deux pieds-bots, dont un 
trs difforme, a t guri en trente-sept jours, d 

mdecine. Expulsion spontane de calculs urinaires; tableau des cas 
les plus remarquables consigns dans les ouvrages spciaux ou les 
recueils scientifiques ; par M. Civiale. 

A l'occasion d'une communication ce sujet , faite par M. Sega/as 
dans la prcdente sance , M. Civiale crit pour faire remarquer que de 
pareils cas sont trs frquemment rappels dans les annales de la science. 
Ce serait , dit-il , un travail long et ingrat que de les rechercher tous ; 
mais j'ai cru utile de runir les plus remarquables , surtout ceux pour 
lesquels on a eu soin de joindre aux dtails sur la forme , les dimensions , 
le poids ou le volume du calcul, des renseignements sur les suites qu'a en- 
tranes son expulsion. Un tableau joint ma lettre en offre quarante-sept , 
les uns emprunts des crivains dignes de foi, et les autres observs de 
nos jours. On y voit figurer des calculs de 4i 6 et jusqu' \i onces, et 
dont le volume gale quelquefois celui d'un uf d'oie. Ces faits, auxquels 
j'en pourrais joindre d'autres d'un ordre tout diffrent, attestent la facilit 
avec laquelle le canal de l'urtre s'largit quand il se trouve soumis une 
dilatation lente et gradue. De tout temps , mais surtout au commencement 
du sicle dernier , les chirurgiens ont tir de l l'induction qu'avant de 
recourir aucune opration proprement dite, il fallait chercher imiter 
ce que la nature fait si souvent d'elle-mme, et la mthode de dilater 
l'urtre des sujets atteints de la pierre, la plus ancienne de toutes suivant 
l'ordre des dates, compte encore parmi ses partisans quelques-uns des 
chirurgiens les plus distingus de l'poque actuelle. 

Ce n'est pas seulement chez la femme qu'on a observ ces sorties sponta- 
nes de calculs; les hommes aussi rendent souvent de fort grosses pierres. 
Je viens d'en voir sortir une qui avait 9 lignes de long sur 6 de large, et 
la plupart des auteurs en citent des cas assez extraordinaires pour qu'on 
ait cru quelquefois pouvoir les relguer parmi les contes. Cependant l'ob- 
servation s'est renouvele si souvent , que le doute n'est plus permis cet 
gard.... 

Parmi les faits consigns dans le tableau annex la lettre de M. Civiale, 



( m ) 

il en est un qui avait t dj rapport clans un de ses ouvrages (Parallle , 
page 79); le calcul expuls spontanment tait gros comme une petite 
noix, de forme ovale et rugueux. A ct de ces observations viennent se 
placer celles de Sennert (lib. III, part. 8, sect. 1, cap. 2); et de Colot 
(pag. 289). Dans le premier cas le calcul tait gros comme un uf de 
poule ; dans le second , gros comme un uf d'oie. Dans les trois la gurison 
fut complte. 

Dans le nombre des cas qui ont t suivis d'incontinence d'urine, on 
remarque celui qui est rapport dans les phmrides des Curieux de 
la nature (dc. Il" Ann. 5 e obs. 198). Le calcul de forme ronde pesait 
12 onces 1 gros. Lecat (II e Recueil, p. 102) en cite trois dont le moindre 
pesait 2 onces \\ et le plus fort 5 onces 6 gros; mais il ne dit pas quelles 
furent les consquences. Des quarante-sept observations consignes dans 
le tableau , une seule semble indiquer que la mort a suivi de prs l'expul- 
sion. Dans une autre rapporte par Bancal (Manuel de la Lithotritie , p. 1 68), 
il y eut formation d'une fistule urtro-vsicale. 



Halos. Dans les instructions rdiges pour le voyage de la Bonite', 
l'Acadmie engageait les officiers de cette expdition s'assurer , au moyen 
des instruments trs prcis qui leur ont t confis, si les halos qui se 
prsenteraient leur observation, taient toujpurs rigoureusement cir- 
culaires et si l'astre occupait exactement le centre de la courbe. On a 
prtendu en effet , qu'il n'en tait pas toujours ainsi , mais comme on est 
trs expos se tromper en pareil cas quand on observe l'il nu , les 
faits qu'on cite ont besoin d'tre vrifis dans des circonstances qui car- 
tent toutes les causes d'illusion. 

Les lves du cours de physique au collge de Cahors ont eu connais- 
sance de cette partie des instructions de l'Acadmie , et un halo ayant t 
vu dans leur ville le 26 mars et les deux jours suivants, ils ont cherch 
dterminer la forme de l'anneau intrieur. Faute d'un bon instrument ils 
n'ont pu mesurer avec prcision le diamtre vertical et le diamtre hori- 
zontal de cette couronne, mais ils se sont tous accords reconnatre que 
la figure n'tait point elliptique, qu'elle tait parfaitement circulaire. 

M. Moncey adresse une prtendue solution du problme de la qua- 
drature du cercle. 

A 4 heures , l'Acadmie se forme en comit secret. A. 



(4*4 ) 

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences; 
i836,n 16. 

Coup d'oeil impartial sur l'Etat de gypte , compar sa situation 
antrieure ; par M, Jomard, membre de l'Institut. 

Recherches anatomiques et physiologiques sur l'organe de l'audition 
chez les oiseaux; par M. Breschet; brochure in-8, avec un atlas in-4*. 

Academia dei Georgqfili. Rapporto dlie Corrispondenze dell'anno 
i835 , scritto da Leopoldo Pelli-Fabbroni; Firenze, i836, in-8. 

Sur le Projet de loi relatif au sucre de betterave ; par M. Huzard fils; 
brochure in-8. 

Histoire naturelle des Iles Canaries; par MM. Webb. et Berthelot ; 
6' livraison , in-4. 

Description des Coquilles fossiles des environs de Paris; par M. Deshayes ; 
livraison 21 4^> i n_ 4*- 

Bryologie d' Europe , publie en monographies ; par MM. Bruch et W.-P. 
Schimper; i r? livraison, Paris, i836, in-8. 

Recherches sur les Organismes infrieurs; par M. DujARDnsj in-8. 
(M. Bory de Saint- Vincent est charg de rendre un compte verbal de cet 
ouvrage.) 

Notice sur le monument Champollion, lev Figeac ; par M. le baron 
Chaubruc de Crazanne; brochure in-12. 

De l'Efficacit particulirement et du Mode d'action des eaux thermales 
de Vichy ; par M. Ch. Petit; brochure in-8. 

Lettre M. de Monglave; par M. Beltrami ; in~4. 

Bibliothque universelle de Genve; nouvelle srie, n 2; in-8*. 

Journal hebdomadaire des Progrs des Sciences mdicales; nr, in-8. 

Gazette mdicale de Paris; n c 17. 

Gazette des Hpitaux; a" 47 48 et 49- 

Journal de Sant; n* 1 3c>. 

Echo du Monde savant; n" 16 et 17. 

La France industrielle ; 3 e anne, n 3. 



COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI 2 MAI 1856. 

PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



MMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. 

zoologie. Extrait dune lettre de M. Marion de Proc M. de Blain- 
ville, sur un jeune orang-outang apport vivant de Sumatra Nantes. 
(Communiqu par M. de Blainville.) 

Je me suis transport hier chez le capitaine Van Iseghem , et ce 
n'est pas sans un vif intrt que j'y ai contempl, pendant plus d'une 
demi-heure, le jeune orang-outang mle qu'il a rapport de Sumatra, et 
dont vous avez envie de faire l'acquisition pour le Jardin du Roi. 

Je dis l'orang-outang, parce qu'il ne m'est pas permis de douter que ce 
n'en soit un. Du reste, vous en jugerez vous-mme en dernier ressort, 
d'aprs quelques indications que je vais vous fournir. 

Son front est trs lev et bomb dans la ligne mdiane , de manire 
simuler assez bien le front de certains hommes. Il est tout fait dpourvu 
de longs poils, ainsi que le reste de la face, sauf les cts des joues o de 
longs poils roux simulent trs bien des favoris. 

Son nez ne fait point de saillie ; ses yeux ont une expression d'intelli- 

C. R. 1836. I er Semestre. 6l 



( 4a6 ) 

gence et de douceur remarquables; les paupires sont garnies de longs cils; 
son museau n'est nullement prominent, mais ses lvres sont trs mobiles, 
et peuvent s'allonger de deux pouces environ. Les oreilles sont bien bor- 
des, et ressembleraient celles de l'homme si elles taient pourvues du 
lobule qui caractrise ces dernires. 

La face est d'une couleur ardoise, dont l'intensit va en se dgradant 
du centre la circonfrence. >' ' B? ' Z*-M.M.\i.J 

Il n'a point de callosits aux fesses; il ne porte aucun vestige de queue, 
et il a l'anus un peu prominent. 

Les pouces sont trs petits comparativement aux autres doigts, dans 
les mains de devant comme dans celles de derrire. 

Tout le corps, l'exception de la face et des parties antrieure et lat- 
rales du col, est couvert de longs poils roux; et ceux de la tte se portant 
d'arrire en avant sur le iront, font exactement l'effet d'une perruque. 

Les dents offrent l'apparence de celles de l'homme, si ce n'est que les 
canines sont relativement plus allonges que chez celui-ci , et qu'elles se lo- 
gent, lorsque la bouche se ferme, dans un espace vide, situ, pour la m- 
choire infrieure, derrire les canines, et, pour la mchoire suprieure, 
en dedans. 

Cet animal , dont l'ge peut tre suppos de neuf mois environ , n'a 
encore que quatre molaires de chaque ct la mchoire infrieure, et 
deux la mchoire suprieure. 

Sa taille est d'environ deux pieds six pouces, dans la station debout. 

Du sommet de la tte l'anus , on trouve une longueur de dix-huit 
pouces. 

La cuisse, la jambe et la main des extrmits abdominales ont chacune 
six pouces de longueur. 

Dans les membres thorachiques , le bras a huit pouces, l'avant-bras 
sept pouces et demi , et la main six pouces. 

J'ai t frapp de la lenteur des mouvements de l'orang-outang, la- 
quelle contraste avec la turbulence des autres singes. J'ai t plus frapp 
encore de son air calme et rflchi, de sa sociabilit apparente, et de je 
ne sais quoi d'humain rpandu sur sa physionomie. 

Il est de la plus grande douceur, et recherche les caresses mme des 
trangers. 

Vous pourrez juger du degr de son intelligence par les deux faits sui- 
vants, lesquels se sont passs sous mes yeux. 

Son matre lui donnant manger d'une certaine distance, il descendit 






( 4*7 ) 
de la chaise sur laquelle il tait assis, la prit deux mains, la porta auprs 
de celle de son matre , et se plaa de nouveau sur cette chaise , dans la 
position qu'il venait de quitter. 

Voulant ouvrir une porte qui communiquait dans une autre pice, il 
porta une chaise auprs de cette porte, monta dessus, et saisit le bouton 
de la serrure, en lui imprimant un mouvement de rotation semblable 
celui qu'il avait vu faire pour l'ouvrir. 

Cet animal est omnivore dans toute la force du terme, et trs facile 
nourrir. Il est trs propre , et parat jouir d'une bonne sant. 

M. Van Iseghem possde un fragment de la peau de la mre de ce 
jeune singe. Cette peau prouve que l'animal auquel elle appartenait avait 
au moins deux pieds de long de la nuque l'anus. On a dit M. Van 
Iseghem que cette mre avait cinq pieds de haut. 

optique mathmatique. Deuxime lettre de M. Cauchjr M. Libri, sur la 

thorie de la lumire. 

a Dans ma dernire lettre, j'ai indiqu les rsultats que fournissent les 
formules gnrales auxquelles je suis parvenu , quand on les applique au 
phnomne connu sous le nom de rflexion totale, c'est--dire au cas o 
le second milieu, quoique transparent, remplit la fonction d'un corps 
opaque. Je vais aujourd'hui vous entretenir un instant de ce qui arrive 
lorsque le second milieu est constamment opaque sous toutes les inci- 
dences , et en particulier lorsque la lumire se trouve rflchie par un 
mtal. Si l'on fait tomber sur la surface d'un mtal un rayon simple dou 
de la polarisation rectiligne , ou circulaire, ou mme elliptique, ce 
rayon pourra toujours tre dcompos en deux autres polariss en ligne 
droite, l'un perpendiculairement au plan d'incidence, l'autre parall- 
lement ce plan. Or, je trouve que, dans chaque rayon composant , la 
rflexion fait varier l'intensit de la lumire suivant un rapport qui 
dpend de l'angle d'incidence, et qui gnralement n'est pas le mme 
pour les deux rayons. De plus, la rflexion transporte les ondulations 
lumineuses en avant ou en arrire, une certaine distance qui dpend 
encore de l'angle d'incidence. Si l'on reprsente cette distance, pour le 
premier rayon composant, par ^; pour le second, par j, /= ^ tant 
l'paisseur d'une onde, la diffrence de marche entre les deux rayons 
composants, aprs une premire rflexion , sera reprsente par 

K 

6l.. 



( 4^8 ) 
Aprs n rflexions opres sous le mme angle , elle deviendra 



n 



k 

Je trouve d'ailleurs qu'aprs une seule rflexion sous l'angle d'inci- 
dence t, la diffrence de marche est d'une demi- ondulation, si t=o, et 

d'une ondulation entire, si t = -. Donc, en ne tenant pas compte des 

multiples de la circonfrence dans la valeur de l'angle jx v, on peut 
considrer la valeur numrique de cet angle comme variant entre les 
limites tt et zro. Lorsque /Jt, v atteint la moyenne entre ces deux 

limites ou - , on obtient ce que M. Brewster appelle la polarisation 

elliptique, et 

2 , 4 , 6, 8 in 

rflexions semblables ramnent le rayon polaris son tat primitif. 
Alors, si le rayon incident tait polaris en ligne droite, le dernier rayon 
rflchi sera lui-mme polaris rectilignement. Mais son plan de polari- 
sation formera avec le plan de rflexion un angle T dont la tangente sera 
gale, au signe prs, la puissance in du quotient qu'on obtient en 
divisant l'un par l'autre les rapports suivant lesquels la premire rflexion 
lait varier, dans chaque rayon composant, les plus grandes vitesses des 
molcules. Donc, tandis que le nombre des rflexions crotra en pro- 
gression arithmtique, les valeurs de tangT varieront en progression 
gomtrique; et comme, pour les diffrens mtaux, on trouve gn- 
ralement T < 7 ou 45, la lumire pour de grandes valeurs de n finira 

par tre compltement polarise dans le plan d'incidence. On dduit 
encore de mes formules gnrales tin grand nombre de consquences 
que je dvelopperai plus en dtail dans une seconde lettre, et qui s'ac- 
cordent aussi bien que les prcdentes avec les rsultats obtenus par 
M. Brewster. 

godsie. Nouvelle dtermination de la longueur de l'arc de mridien 
compris entre Montjouy et Formentera , dvoilant l'inexactitude de 
celle dont il est fait mention dans la Base du Systme mtrique dcimal; 
par M. Poissant. 

La triangulation gnrale de la France, essentiellement lie aux 
triangles de la mridienne de Dunkerque, et rattache sept bases qui 



(4*9) 

ont t mesures par le mme procd et avec toute la prcision qu'exi- 
geait leur importance, a offert le moyen de comparer derechef les bases 
de Melun et de Perpignan spares l'une de l'aUtre par un long rseau 
compos de triangles tous trs bien conditionns , et dont quelques-uns 
remplacent avantageusement ceux de la mridienne de Dunkerque, dans 
l'espace compris entre Fort- Sainte -Croix et Bourges. Or, on sait que 
cette nouvelle comparaison, loin de confirmer l'accord si connu, et pro- 
bablement fortuit, de ces deux bases, a rvl au contraire une assez 
forte discordance, puisque la base de Perpignan conclue de celle de 
Melun diffre de i m ,82 de sa mesure effective. {Nouvelle Description go- 
mtrique de la France, tome I, pag. 47 2 -) Cette discordance inattendue, 
sur laquelle on ne peut maintenant lever aucun doute, met dans la 
ncessit de corriger la longueur de l'arc du mridien obtenue par 
Delambre, et employe concurremment avec celle de l'arc l'quateur 
dans le calcul de la longueur du mtre , bien que cette unit fondamen- 
tale de nos mesures soit dfinitivement fixs 3 pieds 1 1 lignes ~^-^ 
de l'ancienne toise de fer de l'Acadmie, prise i3 du thermomtre de 
Raumur. Mais cette correction doit-elle tre faite l'arc entier, dont 
les limites sont Greenwich et Fbrmentera , ou suffit-il de l'appliquer 
l'une de ses parties? 

D'abord la portion de cet arc comprise entre Greenwich et le Panthon , 
et trouve de i5oi86',7, n'est susceptible d'aucune modification; caries 
triangles du major Roy, joints ceux de la mridienne de Delambre , 
prouvent que les bases de Melun et d'Angleterre s'accordent trs bien 
entre elles. Quant la portion de cette mme mridienne renferme entre 
les parallles du Panthon et de Montjouy, il est indubitable qu'elle doit 
tre corrige proportionnellement la moiti de la discordance des bases 
de Melun et de Perpignan, lorsqu'on adopte la rectification qui rsulte 
de la triangulation du royaume, et qui a gnralement tabli plus d'har- 
monie entre les autres bases. 

Reste la partie comprise entre les parallles de Montjouy et de For- 
mentera, dtermine au moyen des triangles mesurs par deux de nos 
savants confrres, MM. Biot et Arago , et lis au ct Mont-Serrat- Matas , 
dont la longueur a t directement dduite de la base de Perpignan. Or, 
aucune base de vrification n'ayant t mesure en Espagne , l'on est 
oblig d'admettre pour la longueur de cette troisime partie de la mri- 
dienne celle que procure le rseau de triangles consign dans le vol. IV 
de la Base du Systme mtrique, et sur laquelle il n'existe qu'une incer- 



( 43o ) 

titude de 8 m , en plus ou en moins, selon une formule de probabilit de 
Laplace. 

Tous les calculs que Delambre a effectus pour rectifier son arc de 
mridien, depuis Dunkerque jusqu' Montjouy, sont dvelopps dans 
le vol. III de la Base du Systme mtrique; ainsi, il est trs facile d'en 
reconnatre l'exactitude; mais il n'en est pas de mme l'gard de la 
rectification de l'arc compris entre Montjouy et Formentera , puisque 
l'ouvrage dans lequel cette opration numrique devrait naturellement 
se trouver n'en fait aucune mention. 

Pour ne pas employer ici un rsultat qu'il est impossible de vrifier 
immdiatement, j'ai donn, par forme de supplment, dans le vol. II 
de la Nouvelle Description gomtrique de la France, prt tre livr 
l'impression , les positions gographiques de tous les sommets des triangles 
de la mridienne de Dunkerque, qui s'tendent sur le territoire espagnol; 
parce qu'il m'a ensuite t facile d'valuer exactement la longueur de 
l'arc de mridien dont il est question. Ce supplment a d'ailleurs le double 
avantage de montrer comment la France et la Pninsule sont rattaches 
godsiquement l'une l'autre, et de ne laisser rien dsirer sur les 
grandes oprations trigonomtriques de nos astronomes et de nos ing- 
nieurs, qui ont concouru avec tant de succs au perfectionnement de la 
gographie de ces deux contres. C'est en oprant de la sorte que j'ai 
reconnu que la longueur dont il s'agit, rapporte la p. 545 du vol. III 
de la Base du Systme mtrique dcimal, et adopte avec confiance par 
tous les savants , est trop faible de prs de 57 toises. En voici la preuve. 

D'aprs le tableau des latitudes godsiques mentionnes ci-dessus, on 
a les diffrences de latitude suivantes exprimes en secondes centsimales 
et centimes de seconde : 

Du Mont-Matas Montjouy i6i7",32 

Du Mont-Matas la Morella 236i ,48 

De Montjouy la Morella - 744 "6 

De la Morella a aaint-Jean 1007,00 

De Saint-Jean Montsia 5576, 16 

De Montsia Desierto 5868, 72 

De Desierto Montgo 1 .4248,00 

De Montgo Formentera 1 568, 04 

De Montjouy Formentera 2.9972,63 



Autrement : 







(43i ) 

De Montjouy la Morella 744' >'6 

De la Morella Montagut + 1 224 >8g 

De Montagut Llebcria 34g2 , 00 

De Lleberia Montsia 53 16, 47 

De Montsia Ares i63g,4i 

D'Ares Espadan 6222,99 

D'Espadan Montgo t .2214,78 

De Montgo Formentera i568,o4 

De Montjouy Formentera -T^^S 

Ci-dessus - 2,9972,63 

Milieu <P = 2-997 2 >79 5 



I D'un autre ct, 

Latitude ge'ode'sique de Montjouy = 45 G 95gg",3o 

Latitude idem de Formentera = 4 2 9826,24 

Del, somme, ou <D = 88.9225,54 

2 * == 177.8451. 

Ces lments tant trouvs, l'arc A de mridien dont l'amplitude 
est <p, et qui appartient l'ellipsode sur lequel les triangles sont projets 



5 



s'obtiendra au moyen de la formule connue 

A = Vcp V sin <p cos $ + V" sin 2<p cos 2$ . . . 

dans laquelle les coefficients sont des sries dveloppes jusqu' la qua- 
trime puissance de l'excentricit. En passant aux logarithmes, on a, en 
valeur du mtre, 

log V=x5.oooo3i3; log ' = 4.4912209; log "=1.49242; 

mais, pour avoir sur-le-champ A en toises, on ajoutera chacun des 
termes le log. const. 9. 71 01 800. Tout calcul fait, l'on obtient exacte- 
ment A= i53662',75 

Selon Delambre i556o5 ,80 

Diffrence. . . 56',q5 

Cette diffrence n'est certainement qu'une erreur de calcul dont j'ignore 
la source, mais qu'on ne doit attribuer ni ce clbre astronome, ni ses 
savants continuateurs. En effet M. Biot s'exprime ainsi , p. 37 de l'intro- 
duction au quatrime volume de la Base du systme mtrique. Lorsque 
les observations eurent t remises au Bureau des Longitudes, une com- 
mission fut charge de les examiner et de les calculer. Le rsultat de ce 



( 43a ) 

travail , compar aux observations de M. Delambre Dunkerque, donna 
une valeur du mtre presque exactement gale celle que ls lois fran- 
aises ont fixe d'aprs les dernires dterminations. La diffrence est 
au-dessous d'un dix-millime de ligne : elle ne produirait que quatre 
diximes de mtre, environ 176 lignes, sur la longueur de l'arc terrestre 
compris entre les parallles de Dunkerque et de Formentera. 

Quoi qu'il en soit de cette assertion, il est vident que la nouvelle va- 
leur de A trouve ci-dessus , et dont je crois pouvoir garantir l'exactitude, 
conduit une consquence diffrente de celle qu'a tire la commission du 
Bureau des Longitudes. 

Passons maintenant la correction de la partie moyenne de l'arc du 
mridien. Cette partie, qui s'tend du Panthon au parallle de Mont- 
jouy, est, selon Delambre, de 426638',8, et c'est aussi ce que donne la for- 
mule ci-dessus, comme je m'en suis assur : elle s'accrot de 33',2 lorsqu'on 
a gard la discordance des bases de Melun et de Perpignan, signale 
p. 47 2 de la Nouvelle description gomtrique de la France; ainsi l'on a 
A' = 426672',o. 

Enfin, le troisime arc partiel compris entre Greenwich et le Panthon 
est, sans aucune correction A"=i5oi86',7 

Partant, l'arc entier A + A'-f-A* = 73o52i',5, 

longueur qui excde de o,o',2 celle que Delambre a publie, et qui, tant 
combine avec l'arc l'quateur, donne pour le quart du mridien ter- 
restre suppos elliptique, 5 1 31576'; puis, pour l'aplatissement, j~. 

Ainsi, en admettant les deux corrections que je viens d'indiquer, la lon- 
gueur du mtre, provenant des mesures de France et du Prou, serait 

de 3" o" n*,368 

Mais sa longueur lgale est de 3 o 11 ,296 

donc la diffrence. = o ,072 

Telle est la consquence la plus rigoureuse qui puisse ressortir de la v- 
rification actuelle. Il est d'ailleurs trs remarquable qu'en ne considrant 
que l'arc compris entre Dunkerque etMontjouy, et prenant toujours pour 
unit le rayon de l'quateur, l'aplatissement de l'ellipsode terrestre qu'on 
croyait tre de -^ , est au contraire de -^ , c'est--dire le mme que celui 
que donnent les ingalits lunaires en latitude et en longitude, dont la loi a 
t dcouverte par l'auteur de la Mcanique cleste. Cette identit, qui ne 
saurait tre l'effet du hasard, rsulte nonrseulement de l'excellence des 



( 433 ) 

thories astronomiques, mais encore de ce que les deux arcs compars ont 
t mesurs avec une prcision extrme, et qu'ils se trouvent dans les 
circonstances les plus favorables la dtermination de la figure de la Terre. 

MEMOIRES LUS. 

mdecins. De l'extraction des calculs de la vessie, par M. DFXEA.u/ee. 
( Commissaires , MM. Larrey , Roux , Sguier. ) 

Le mmoire de M. Deleau a pour objet l'exposition d'un moyen que 
l'auteur considre comme propre diminuer ou faire disparatre les in- 
convnients qui rsultent pour les malades soumis l'opration de lalitho- 
tritie ; i du contact immdiat des instruments ou des fragments de calculs 
contre les parois internes des voies urinaires; 2 de la possibilit de laisser 
aprs l'opration dans la cavit vsicale quelque fragment qui deviendrait 
le noyau d'un nouveau calcul. 

Le moyen propos par M. Deleau consiste introduire , l'aide d'un ap- 
pareil particulier, un sac flexible qui enveloppe compltement, et l'instru- 
ment lithotriteur, quel que soit celui qu'on emploie , et la pierre sur la- 
quelle il doit agir. 

Description de l'appareil. Dans une canule de deux lignes et demie de 
diamtre, si l'on veut attaquer un calcul au-dessous d'un pouce, de trois li- 
gnes un quart si l'on rencontre une pierre de douze vingt-quatre lignes, 
on introduit une poche faite de peau d'anguille, un porte-poche d'acier croui 
et une pince trois branches. La canule a neuf pouces de longueur, elle est 
droite ou courbe son extrmit vsicale; dans ce second cas, elle porte 
un il sur sa face convexe. l'aide d'un mandrin obturateur de cet il , 
on obtient un cathter explorateur. La poche est longue de trois pouces; 
elle est munie d'un canal proportionn en longueur et en diamtre l'ge 
du sujet qui doit tre opr. 

Le bord libre de la poche porte trois goussets et peut facilement se 
fermer et s'ouvrir l'aide d'un simple cordon mont coulisse. 

Le porte-poche n'est autre chose qu'une canule trois branches; 
c'est dans son intrieur qu'on trouve place pour la pince qui saisit les cal- 
culs; cette pince ne diffre de celle, dite servante, du docteur Heurteloup, 
que par ses mors recourbs et sa canule d'une seule dimension. 

C. R. i836. I er Semestre. 62 



( 434) 



MEMOIRES PRESENTES. 

maladies des vers a soie. Recherches sur la Muscardine; par M. Ag. 

Bassi , de Lodi. 

(Commissions pour les prix de Mdecine et de Physiologie.) 

La maladie, qui a t l'objet des recherches de M. Bassi, a reu en 
franais le nom de Muscardine cause de la ressemblance que prsente le 
ver qu'elle a fait mourir avec une espce de pastille allonge trs connue 
en Provence. 

La muscardine attaque le ver soie dans tous ses ges et tous ses tats. 
Quoique plusieurs jours s'coulent entre son invasion et sa terminaison , 
qui est toujours fatale, elle ne se manifeste, pour ainsi dire, par aucun 
signe extrieur, et sauf dans les pidmies les plus violentes, le ver qui en 
est atteint meurt en conservant sa couleur naturelle, son volume et toutes 
les apparences de la sant. 

A peine, cependant, le corps est-il priv de mouvement, que de moel- 
leux et de flasque qu'il tait, il devient consistant, et peu peu il acquiert 
assez de duret pour tre cassant. Souvent, pendant que ce changement 
s'opre, il y a altration de la couleur, ordinairement en une teinte pour- 
pre, quelquefois en un bleu fonc. 

Il ne parat pas que ce soit la rduction l'tat d'esclavage qui ait rendu 
le ver soie sujet la muscardine, puisqu'il n'est pas trs rare de rencon- 
trer des larves d'autres lpidoptres vivant en pleine libert , qui en sont 
galement atteintes. D'ailleurs la maladie ne semble pas tre du nombre de 
celles qui peuvent natre sous l'influence du mauvais rgime auquel les vers 
sont quelquefois soumis dans les magnaneries. M. Bassi a en vain essay de 
la faire se dvelopper chez ces animaux, en les plaant dans les circons- 
tances les plus dfavorables; il n'est parvenu la faire natre, chez un in- 
dividu sain, que par voie de contagion, c'est--dire par voie de communi- 
cation directe ou indirecte avec un autre individu prcdemment atteint du 
mme mal. 

Avant de parler des circonstances suivant lesquelles a lieu cette propa- 
gation, il convient de faire remarquer que le ver, mort de la muscardine, 
se couvre habituellement, au bout de peu de temps, d'une efflorescence 
semblable de la neige. Cependant, si le cadavre est plac dans une atmos- 



( 435) 

phre d'une extrme scheresse , cet enduit farineux ne se montre pas; il ne 
se montre pas non plus chez les individus qui succombent ce qu'on ap- 
pelle la muscardine btarde ou noircissure. 

Tant que cette efflorescence ne s'est pas montre , la propagation de la 
maladie n'a pas lieu par le simple contact extrieur. Mais si l'on entame 
largement la peau d'un individu rcemment mort de la muscardine ou prs 
d'en mourir, et qu'ensuite , avec l'instrument mouill par le liquide int- 
rieur, on touche ou, ce qui est plus sr, on pique la peau d'un individu 
sain , on lui communiquera la maladie. 

L 'efflorescence blanche , en effet, comme l'a reconnu M. Bassi, n'est que 
la partie extrieure d'une multitude innombrable de petits champignons, 
lesquels, avant la mort de l'animal, existaient dj sous ses tguments et 
s'y accroissaient ses dpens, sans pouvoir d'ailleurs se faire jour au- 
dehors, en raison de la rsistance que leur offrait la peau; ils ne peuvent 
percer l'enveloppe cutane que lorsqu'elle est dj ramollie par un com- 
mencement de putrfaction. Leur fructification suit de prs leur apparition 
l'extrieur, et les germes innombrables qui se rpandent sur les corps 
voisins ou se dispersent dans l'atmosphre, vont au loin porter la maladie. 
Les germes, attachs des corps solides, peuvent conserver long- 
temps la facult de se reproduire et de faire natre la muscardine chez les. 
vers soie sur le corps desquels ils seraient ports. M. Bassi pense qu'en 
les plaant dans des circonstances convenables , ils conserveront prs de 
trois ans leur activit contagieuse. 

D'une anne l'autre ils se conservent aisment , et l'introduction 
d'oeufs provenant d'une magnanerie infecte dans une magnanerie qui n'- 
tait pas encore atteinte de la maladie, pourra l'y faire apparatre; non que 
le ver soit malade dans l'uf mme, mais parce qu'une fois clos il pourra se 
coller sa peau quelques-uns des germes qui taient rests attachs la sur- 
face extrieure de la coque. M. Bassi, du reste, se croit fond conclure 
de ses expriences qu'on peut loigner cette cause d'infection en soumet- 
tant les ufs suspects certaines lotions qui, faites en temps convenable, 
ne nuisent point l'embryon. 

Si l'on agite sur l'eau un ver mort de la muscardine, et dj couvert de 
l'enduit farineux, cet enduit se dtache en partie, flotte la surface, et 
peut y rester ainsi assez long-temps sans perdre son action nuisible. Si l'on 
plonge l'animal avec assez de prcaution pour que les germes ne se dta- 
chent point et restent submergs, ils se conservent sans altration pen- 
dant plusieurs jours, tandis que le ver pourrit promptement. 

6a.. 



(436 ) 

Les expriences microscopiques faites plus rcemment par M. Bal- 
samo, professeur d'histoire naturelle au lyce de Milan, ont confirm les 
ides de M. Bassi sur la nature de la muscardine. Cet observateur a reconnu 
que l'efflorescence blanche , qui se montre la surface du ver mort 
depuis quelque temps r est due en effet au dveloppement d'une multitude 
de plantes cryptogames : ces plantes lui ont paru appartenir au genre bo- 
trytis. L'espce dont il s'agit ici, le B. Bassiana offre suivant lui les carac- 
tres suivants : floccis densis, albis, erectis, ramosis; ramis sporidiferis 
sporuilis subovatis. 

De nombreuses observations l'ont conduit reconnatre : 

i. Que cette mucidine ne se voit jamais que sur des vers morts de la 
muscardine; qu'elle ne se rencontre jamais parmi les diverses espces de 
moisissures qui se dveloppent sur des vers desschs artificiellement ; 
qu'on peut la reproduire sur tel individu qu'on choisira, en lui communi- 
quant les germes pris sur un ver affect de muscardine; 

2. Que la peau du ver attaqu de la maladie est parfaitement saine, 
et que les lments morbifiques gisent dans un pigmentum sous-cutan, 
qui peut augmenter de volume, et envahir presque toutes les parties int- 
rieures du ver et de la nymphe; <fr 

3. Que ce pigmentum offre un amas de petits grains semblables aux 
spores de la moisissure, lesquels, dans des circonstances favorables, s'al- 
longent en filaments qui portent des germes capables de reproduire le 
vritable Botrjtis Bassiana. 

A cette occasion , M. Dumril communique une observation qui , 
dit -il, a quelque analogie avec ce fait, c'est que souvent, aprs 
les pluies d'automne, on trouve attaches contre les murs un grand 
nombre de mouches mortes, tales, bien conserves et excessivement 
gonfles dans la rgion de l'abdomen , dont le corps se trouve couvert 
d'une poussire blanche, trs fine. 

En examinant la loupe cette poussire et la matire qui remplit le 
ventre, il est facile de reconnatre que c'est une vritable moisissure 
dveloppe constamment de la mme manire , et qui peut-tre a t 
galement la cause de la mort de ces insectes , comme les trysiphs font 
prir les plantes qu'elles attaquent. 









( 43 7 ) 

mdecinb. Excision au moyen d'instruments introduits par l'urtre, d'une 
tumeur situe au col de la vessie; par M. Le Roy , d'tiolle. 

( Renvoi la Commission charge d'examiner les travaux du mme auteur 
sur les maladies de la prostate, etc.) 

M. Le Roy commence par rappeler que, dans un mmoire prsent, il y 
a huit ans, l'Acadmie, il soutenait que la plupart des rtentions d'urine 
attribues une paralysie de la vessie dpendent de tumeurs situes au col 
de cet organe, tumeurs qui peuvent tre lies, crases, arraches , sans 
faire d'incision la vessie ellemme et en agissant par l'urtre. 

Aujourd'hui , ajoute-t-il , des faits nombreux ont prouv les bons effets 
du systme de la dpression de la tumeur; quant aux exemples de liga- 
ture, de trituration et d'excision, ils sont jusqu'ici peu nombreux C'est 

pour ce motif que j'ai l'honneur de placer sous les yeux de l'Acadmie une 
tumeur du volume d'une petite noix excise au moyen d'instruments 
introduits dans l'urtre, sans aucun accident ou symptme fcheux. 

statistique. Mouvement de la population en France; Note par 

M. F. Demonferrand. 

(Commission pour le concours au prix de Statistique. ) 

Dans une note adresse l'Acadmie le 9 novembre i835, j'ai donn 
le moyen d'apprcier la probabilit des rsultats moyens dduits des feuilles 
de mouvement de la population en- France ; il consistait dduire de ces 
feuilles le nombre des jeunes gens qui devaient tre ports sur les listes 
de recensement pour la classe de i834 J'ai donn ces nombres pour 61 
dpartements; aujourd'hui ayant reu du ministre de la guerre les r- 
sultats du recrutement pour cette classe, je puis comparer mes prdic- 
tions avec les faits observs. Le tableau ci-joint renferme cette comparaison 
qui donne une erreur totale de ', La discussion dont le tableau est ac- 
compagn tablit que soit en cartant les dpartements qui donnent d'- 
normes diffrences, soit en corrigeant les rsultats d'une cause d'erreur que 
je signale, on peut ramener les rsultats l'approximation de j^, que j'a- 
vais obtenue pour la population de Seine- et- Oise, dans un travail prli- 
minaire. 

Je n'ai jamais espr pouvoir tirer ds documents actuels une plus 
grande approximation et je la crois suprieure celle de tous les travaux 
antrieurs sur le mme sujet; 



(438) 

Je prie l'Acadmie de vouloir bien rserver l'ensemble des mmoires 
que je lui ai soumis jusqu' ce jour pour le concours de Statistique. 

Liste de recensement. Tableau comparatif des nombres observs et des 

nombres calculs. 

RECRUTEMENT. CLASSE DE 1854. 



DPARTEMENTS. 



Aisne 

Alpes (Basses-).. . 
Alpes (Hautes-) . . 

Ardche 

Aude 

Aveyron 

Bouch.-du-Rhne, 

Calvados 

Charente. ....... 

Charente-Infe'r. . . 

Corrze 

Creuse 

Dordogne 

Eure 

Eure-et-Loir 

Gard 

Garonne (Haute-). 

Gironde 

Hrault 

Indre 

Indre-et-Loire. . . 

Isre 

Jura 

Loir-et-Cher. . . . 

Loire 

Loire (Haute-). . . 
Loire-Infrieure. . 

Loiret 

Lot 

Lot-et-Garonne. . 
Lozre 



NOHBP.ES 

calculs. 



3 994 

I 122 

i335 
35 2 4 

364o 
283 7 
4854 
34i i 
3g3g 

2 787 
3o52 

4760 
4o5 7 
3o53 
354, 
332i 
4 9 38 
3234 
2606 
2670 

f74 

3323 
2543 
4182 
2945 
54i 1 
33i6 
36 



2492 
r5,i 



L 



NOMBRES 

observs. 



4g6i 
i,3o 
i3g3 
353o 
256 1 
3583 
3127 
4770 
3578 
445o 
3o32 
3o52 
4747 

4229 

3i 7 3 
3451 
4082 
4 9 55 
34,6 

2741 
3 7 4 
6024 
3346 

25o 

4284 

3o83 

5200 

3335 
2711 
2791 
i5i 7 



608 

58 

6 

-l 1 
+ 5 7 

290 

+ 84 

167 
5n 
245 
o 

-f. i3 

172 

120 

+ 9 6 
761 

242 
135 
-5o4 

i5o 

23 

107 

T02 1 
138 
+21 1 

-275 

~ 2 99 

+ 54 



DEPARTEMENTS. 



Manche 

Marne 

Marne (Haute-) . . 

Mayenne 

Meurthe 

Meuse 

Morbihan 

Moselle 

Nivre 

Nord 

Oise 

Orne 

Pas-de-Calais. . . . 

Pyrnes (Haut.-). 

Pyrnes-Orient. . 

Rhin ( Bas-) 

Rhin (Haut-) 

Sane-et-Loire. . . 

Sarthe 

Seine-Infrieure. 
Seine-et-Marne. . 
Seine-et-Oise. . . 
Svres (Deux-). . 

Tarn 

Tarn-et-Garonne 

Var 

Vienne 

Vienne (Haute-) 

Vosges 

Yonne 



NOMBRES 

calculs. 



5707 
2961 
1976 
38,9 
371 1 
26a4 

4835 
4341 
3o45 
941 3 
38og 
4486 
6664 

23l4 

i665 
6732 
33i5 
5688 
53 10 
6668 
2823 
38i5 
2888 
3538 

99 
33og 

2964 

27,9 

35 79 

3542 



NOMBRES 

observs. 



Totaux. . . .223524 



6398 691 

2926 

2068 

3 947 
4090 

2703 

4,35 

3724 

3322 

9208 
4026 

49 6 7 
6525 

2423 

1645 

5335 

3825 

%$ 
5 00g 

6483 

3i56 

434. 

35 7 6 

3507 

2084 

3255 

28ro 

2 974 
383 7 
3685 



23n83 



-f 35 

3 79 
~ 3 9 
-f- 100 
-r-6i 7 

277 

-f- 205 

220 

48l 

+ '3g 
10g 
20 
-f'3g7 

5io 

106 
+ 241 
+ i85 

333 

5 2 6 

688 

3i 

5 



+ 



+ 



i 

145 
255 
258 
143 



7659 



Les diffrences entre le calcul et l'observation dpendent de deux cau- 
ses, les migrations et l'imperfection des feuilles. La premire a d'autant 
moins d'influence, que Ton opre sur un plus grand nombre de dparte- 
ments; la seconde est celle dont je me propose d'assigner la limite. 



(43 9 ) 

L'erreur totale pour 6 r dpartements s'lve 7659 sur a3i i83 ou ~. 
Les erreurs partielles sont au-dessous de cette valeur pour 24 dparte- 
ments, comprises entre et -^ pour 17. Les plus fortes discordances sont 
les suivantes : 

Alpes ( Basses-) i 

Rhin (Bas-) f 

Aisne j 

Serres ( Deux-) > | 

Garonne (Haute-) J 

Indre-et-Loire 1 , 

Moselle i 6 

On peut remarquer que le calcul est presque toujours au-dessous de 
l'observation, dans /p. dpartements contre 1 8 o l'on trouve le contraire. La 
rptition frquente de ce fait suppose une cause gnrale dont il dpend : 
il est facile de la dcouvrir. La loi accorde un dlai de trois jours pour 
dclarer la naissance d'un enfant; lorsque l'enfant meurt dans le dlai 
lgal , et qu'il n'appartient pas une famille riche , on le considre comme 
mort-n; en consquence , on inscrit son dcs sans dresser son acte de 
naissance, de l un nombre de jeunes morts, trop grand comparativement 
aux naissances. 

Les grandes erreurs que l'on trouve pour quelques dpartements 
pourraient faire souponner l'exactitude des documents qui les concer- 
nent, moins qu'elles ne soient expliques par le mouvement extrieur. 
Cependant, comme elles se trouvent considrablement rduites par l'in- 
fluence des erreurs contraires , que la diffrence totale serait encore 
moindre sur la totalit de la France, je conserverai ces documents sans 
correction. Dans un travail prliminaire, j'avais trouv la population du 
dpartement de Seine-et-Oise en erreur de jj, il rsulte de la discussion 
prcdente que l'on peut assigner cette mme limite aux rsultats obtenus 
pour toute la France par le recrutement de l'arme. 

Il est impossible d'obtenir des rsultats plus exacts dans l'tat actuel 
des documents statistiques; le temps, quelques instructions administra- 
tives, une discussion immdiate des feuilles lorsqu'elles parviennent au 
ministre , amneront des amliorations graduelles. On ne pourrait anti- 
ciper sur l'effet du temps que par la rvision des archives des prfectures 
dans les dpartements qui ont offert de fortes anomalies. 



( 44o ) 

mdecine. Note sur une ruption pustuleuse peu connue, survenant dans 
les maladies compliques d'adjnamie gnrale , et spcialement dans la 
fivre typhode ; par M. Chasswat. 

(Commissaires, MM. Serres, Double et Breschet.) 

mdecine. Nouvel instrument pour la destruction des rtrcissements de 
l'urtre , propos par M. Desru elles. 

(Commissaires, MM. Larrey, Roux et Breschet.) 

Dans la lettre qui accompagne l'envoi de son mmoire, M. Desruelles dit 
qu'il a trouve l'ide de cet instrument, auquel il donne le nom de porte- 
rpe, dans les uvres d'Ambroise Par. 

mdecine. Travail sur les uvres d'Hippocrate ; par M. Lesage. 
(Prsent pour le concours Montyon.) 

M. Lesage adresse une traduction franaise de toutes les uvres d'Hip- 
pocrate (moins la huitime section qui est trangre la mdecine), ou 
plutt une suite de traits sur les diverses branches de la mdecine, com- 
poss uniquement de passages emprunts aux crits d'Hippocrate. 

Ce manuscrit forme deux gros volumes in-folio. 



CORRESPONDANCE. 

agronomie. Examen chimique de la banane et de la sve du bananier, 
suivi de considrations sur sa culture et ses usages; parM. Boussingaclt. 

Des diverses espces de bananier que l'on cultive aujourd'hui dans les 
contres chaudes de l'Amrique, une au moins , le musa paradis ica des bo- 
tanistes (platano harton des habitans des colonies espagnoles ) , parat tre 
originaire de ce pays. Cette espce , dont la culture est pour toute la partie 
intertropicale du Nouveau-Monde aussi importante que l'est celle du bl 
pour les rgions tempres de l'ancien continent, a t plus particulire- 
ment l'objet des recherches de M. Boussingault. 



c m ) 

Examen du fruit. 

La banane, parvenue l'tat de maturit, se dtache facilement de 
son enveloppe. Elle a la consistance d'une poire mre , sa saveur est sucre 
et trs lgrement acide. 

La banane contient : 

i. Du sucre; 

a". De la gomme; 
_ _ . , ,. 
3. Delacide manque; 
' . _ . . ... * 
4 . De 1 acide galhque; 

5. Une matire vgto-animale coagulable par la chaleur; 

6. De l'acide pectique; 

7. De la fibre ligneuse. 

Sve du Bananier. 

La sve du bananier possde la proprit de tacher le linge, bien qu'elle 
soit incolore et d'une limpidit parfaite. La matire colorante , qui est d'un 
gris fauve, adhre trs fortement aux tissus de lin ou de coton. A sa sortie 
de la plante , la sve du bananier est limpide comme de l'eau; c'est alors 
qu'elle peut colorer les tissus. Expose l'air, elle se trouble et laisse dpo- 
ser des flocons d'un rose sale; aprs la formation de ce dpt, elle n'est 
plus apte colorer les tissus. C'est l'action de l'oxigne qu'est due l'appa- 
rition de la matire rosace, car en introduisant la sve sous une cloche 
place sur le mercure, le dpt n'a pas lieu, moins qu'on n'y fasse ar- 
river quelques bulles d'air. La sve du bananier renferme : 
i . u tannin; 

a\ De l'acide gallique; 

3. De 1 acide actique; 

4- Du chlorure de sodium; 

5 e . Des sels de chaux, de potasse et d'alumine. 

Usages de la Banane. 

La banane verte offre une chair blanche et sans saveur ; une goutte de 
teinture d'iode y fait une tache bleue. Dans cet tat elle contient donc de 
l'amidon. La banane verte est cuite sous la cendre jusqu' prendre une 
couleur dore : dans cet tat elle remplace trs bien le pain ; dans un tat 
plus avanc de maturit , elle se cuit dans l'eau avec la viande, et offre une 
saveur qui se rapproche de celle de la chtaigne. Tout--fait mre , on la 

C. R. i836, i Semestre. 63 



J 



(44* ) 
mange crue ou on la fait cuire dans la graisse. Dans la province de Neyba, 
on prpare pour l'exportation une conserve de bananes mres nomme 
platanos curados, en desschant des tranches de ce fruit au soleil. La ba- 
nane, ainsi prpare, se fonce en couleur et devient extrmement sucre. 

Culture du bananier. 

On peut cultiver le bananier dans tous les endroits compris entre les 
tropiques, et qui sont peu levs au-dessus du niveau de la mer. 

En recherchant la limite de hauteur o l'on cesse de cultiver le bana- 
nier dans les Cordilires, j'arrive aux rsultats suivants : 



Hauteur. 


Temp. 


moy. 


. 


Niveau de la mer. 


27 28 


centig. 


culture trs avantageuse. 


1000 mtres. 


24 




culture avantageuse. 


i5oo 


21 




culture peu avantageuse. 


2000 


18 19 




le fruit mrit difficilement. 


a3oo 


16 




le fruit ne mrit plus. 


?.5oo 


i5 




on ne cultive plus le bananier 



Comme on le pense bien , la chaleur n'est pas l'unique agent qui soit 
ncessaire la russite du bananier. Il faut un terrain abondant en humus, 
trs humide sans tre marcageux. Ainsi malgr une temprature trs favo- 
rable (27 centig.), cette plante ne vient pas Payta o la terre est sa- 
blonneuse, et o il ne pleut jamais. Elle ne russit pas beaucoup mieux au 
Choco o la pluie est presque continuelle. Le bananier prospre au 
contraire d'une manire tonnante dans la valle du Cauca, bien que 
cette valle n'ait qu'une temprature moyenne de a4,4 j mais sur les bords 
du Cauca, les pluies, quoique trs abondantes, sont priodiques, et, comme 
cela arrive dans la rgion intertropicale, elles tombent en grande partie la 
nuit, de sorte que le jour l'action solaire s'exerce presque sans interruption. 

Durant la saison sche, lorsque pendant des mois entiers le ciel con- 
serve sa puret, et que pas une goutte de pluie ne vient humecter la 
terre , le sol qui entoure le bananier est nanmoins toujours humide ; 
chaque matin on croirait qu'il a t arros pendant la nuit. Cet effet est pro- 
duit par le rayonnement nocturne des feuilles vers les espaces clestes. 
Ainsi que je l'ai souvent constat, les feuilles du bananier, dont l'tendue en 
surface est considrable , se refroidissent toujours pendant les nuits toi- 
les, de o,5 3i 5 au-dessous de la temprature de l'air ambiant. Une fois 
refroidies, elles condensent une partie de la vapeur aqueuse contenue 
dans l'atmosphre, et versent l'eau au pied de la plante. 



( 443 ) 

Ce phnomne est gnral; c'est par le rayonnement nocturne des 
feuilles vers l'espace qu'il faut expliquer l'origine de ces singulires sources 
d'eau douce que l'on rencontre le long de la cte du Choco. A Tumaco , 
l'eau se ramasse dans des petits puits que l'on creuse dans le sable au mi- 
lieu des bouquets pars de cocotiers. Ces puits sont bientt puiss ; mais, 
si la nuit est belle et l'air calme, le lendemain on les trouve remplis. Pen- 
dant l'obscurit, on entend l'eau ruisseler des feuilles refroidies. 

Le sol le plus propre recevoir le bananier est celui qui , une ri- 
chesse considrable en humus, joint un fond argilo-siliceux. 

La terre dans laquelle vgtent les bananiers de la ferme de Cucuru- 
sap, contient , dessche 200', les matires suivantes : 

i , Humus et dtritus de vge'taux o. i5 

2. Argile colore par l'oxide de fer 0.5? 

3. Sable fin quartzeux 0.12 

4. Gros graviers quartzeux et porphyriques 0.14 

5 - Cakaire - 01 

6. Sels solubles et perte , 0.01 

r 

1 .00 

Le bananier se plante par boutures. On tablit ordinairement un plant 
de bananier un peu avant la saison des pluies. Les drageons sont plants 
de manire ce que quatre pieds occupent les quatre coins d'un carr 
ayant environ trois mtres de ct. J'en ai cependant vu qui taient plants 
deux mtres. 

Il s'coule ordinairement de sept onze mois, aprs l'enterrage du 
drageon , avant que la tige la plus avance dveloppe son rgime ou grappe. 
Pour parvenir sa maturit , le rgime exige deux mois environ , de sorte 
que la premire rcolte se fait neuf ou treize mois aprs la plantation. 

Dans une culture bien dirige et en tat de prosprit, on peut comp- 
ter sur trois rcoltes par an pour chaque touffe de bananiers. 

Quant la quantit de fruits qu'un plant de bananiers peut fournir, 
elle est telle, que les personnes qui s'occupent d'agriculture en Europe y 
croiront difficilement. 

Je rapporterai les rsultats obtenus sous mes yeux , en 1 828 , dans une 
plantation situe sur les bords du Cauca, temprature moyenne 25,5. 

La superficie en culture avait 3,800 mtres carrs. Elle contenait 
i,t 20 pieds de bananiers. La dpense pour le service de cette plantation 
s'est leve a,i38 fr. 4o c. D'aprs les comptes du majordome, on a r- 

63.. 



(444) 

colt 3,8oo rgimes de bananes , du poids moyen de 20 kilog. ; soit 
764,00 kilog. On en dduit que 100 mtres carrs cultivs en bananiers 
ont produit plus de 2,5oo kilog. de matire alimentaire. Une mme sur- 
face de terrain , cultiv en bl sous le climat del France, aurait produit 
environ 20 kilog. ; cultiv en pomme de terre, on aurait 5o 60 kilog. 
A poids gaux, je crois que le froment est beaucoup plus nutritif que la 
banane ; mais je pense aussi que la banane est une nourriture bien autre- 
ment substantielle que la pomme de terre. Dans un prochain mmoire , je 
traiterai de la nature chimique et de la culture du cacao. 

M. Al. Donn adresse un paquet cachet : l'Acadmie en accepte le 
dpt. 

M. Armand Frre de Montizon rappelle que, par une lettre du 8 juil- 
let i833, signe Armand F. M., il a communiqu ses ides sur les 
moyens de rsoudre la pierre dans la vessie par une action galvano- 
chimique. Il pense avoir acquis ainsi des titres la priorit pour ce 
genre d'essais, qu'il poursuit encore aujourd'hui. 

La sance est leve 5 heures . F. 



(445) 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 



BULLETIN BIBLIUURAI'IIIOUE. 

L'Acadmie a reu dans cette sance les ouvrages dont voici les titres : 

Comptes rendus hebdomadaires des sances de l'Acadmie des Sciences; 
i856, n i5. 

Account of ihe dissection of a young Rorqual; by M. Knox; bro- 
chure in-8. 

Untersuchungen iber die thorie der quadratischen Formen; von Lejeune 
Dirichlet ; in-4*- 

Species gnral et iconographique des Coquilles vivantes ; par M. L.-C. 
Kiener; 16 livraison in~4. 

Essai d'une Description gnrale de la Vende , publi par M. Rivire ; 
Paris, i836, in-4. 

Journal de Mathmatiques pures et appliques ; par M. J. Liou ville; 
mai i836, in-4*- 

Des Cavernes, de leur Origine et de leur Mode dformation , par M. Th. 
Virlet; brochure in-8". 

Cours complet d'Agriculture, sous la direction de M. Vivien; io e vo- 
lume et io e livraison de planches, in-8*. 

Rapport sur le Cholra-Morbus asiatique qui a rgn dans le midi de la 
France en i835; par MM. Dubrueil et Rech; Montpellier, i835, in-8. 

De la Muscardine {Maladie des vers soie); de son principe et de sa 
marche, etc.; par M. le comte J. Barb; Paris, i836, in-8. (Concours 
Montyon.) 

Correspondance des Elves brevets de l'Ecole des Mineurs de Saint- 
tienne; n i , in-8*. 

Note sur une grossesse double parvenue terme , durant laquelle l'un des 
jumeaux a pri au sixime mois , sans que le dveloppement normal de 
l'autre ait t arrt ; par M. Dovernoy; in-8*. 

Trait de Mdecine pratique; par MM. Piorry, Lhritier, Fossone, 
Rameaux et Thibert; i5 avril i836, in-8. 

Journal hebdomadaire des Progrs des Sciences mdicales; n' 18, in 8*. 

Gazette mdicale de Paris, n 18. 

Gazette des Hpitaux; n 08 5o 52. 

Echo du Monde savant; n 1 7. 

Rapport sur les Travaux scientifiques de M. Duponchel; in-8*. 



(446) 





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COMPTE RENDU 

DES SANCES 

DE L'ACADMIE DES SCIENCES. 



SANCE DU LUNDI 9 MAI 1836. 
PRSIDENCE DE M. Ch. DUPIN. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADMIE. 

- 

mdecine. M. Magendie prsente l'Acadmie un jeune officier polo- 
nais qui, la bataille d'Ostrolenka , ayant t renvers lorsqu'il chargeait 
sur une batterie russe tirant boulets , resta une demi-heure priv de sen- 
timent, et se trouva en revenant lui entirement sourd, entirement 
muet, et priv de cette partie du sens du got qui sige dans la langue. 

Plusieurs modes de traitements furent inutilement essays Vienne et 
Trieste. Ce jeune homme tant venu Paris rclamer les conseils de 
M. Magendie, celui-ci crut convenable d'appliquer directement un cou- 
rant lectrique sur le nerf du tympan l'aide d'une pile auge et d'ai- 
guilles de platine. Aprs deux ou trois applications de ce moyen , le got 
reparut , ce qui semble prouver que le nerf du tympan est une division de 
la cinquime paire, et non une branche de la septime; aprs huit ou 
dix applications, le jeune polonais, tant le soir au jardin du Luxem- 
bourg, entendit le bruit du tambour qui battait la retraite. 

On peut juger de sa joie, lui qui, quelques jours auparavant, n'entendait 
pas mme le bruit du coup de fusil qu'il tirait tant la chasse, et qui tait 

C. R. i836. i Semettrt. 64 



(448) 
au contraire plong depuis cinq ans dans un silence absolu. Progressi- 
vement, et sous l'influence du courant galvanique, ce jeune homme a re- 
trouv compltement l'oue. Aujourd'hui il entend et comprend la parole 
sans qu'il soit ncessaire d'lever la voix, surtout quand on lui parle sa 
Propre langue. 

M. Magendie va maintenant chercher rendre la parole ce jeune 
homme en appliquant directement les courants lectriques aux nerfs qui 
prsident la production de la voix. 

A la suite de cette communication , M. Roux prend la parole. 

Rien ne saurait affaiblir, dit-il, l'intrt et l'importance du cas dont 
M. Magendie vient de donner connaissance l'Acadmie : mais qu'il me soit 
permis de rapporter des faits de deux sortes, dont les uns sont contraires 
la manire de voir vers laquelle il incline relativement l'origine de la 
corde du tympan , les autres au contraire fortifient ce qu'il a dit de la puis- 
sance des courants galvaniques contre les paralysies, quand ils sont dirigs 
immdiatement sur le systme nerveux. 

Des anatomistes modernes, ont dout que la corde du tympan vnt, 
comme on l'a prtendu depuis si long-temps, du nerf facial ou de la por- 
tion dure de l'ancienne septime paire, et pensent qu'elle appartient au 
nerf de la cinquime paire. Un fait pathologique , dont j'ai t moi-mme 
le sujet, ne dposerait-il pas contre cette vue anatomique? Il y a une dou- 
zaine d'annes environ qu'aprs nombre d'autres affections rhumatismales, 
j'eus droite une affection passagre du nerf facial , qui produisit la para- 
lysie de tous les muscles de la face, auxquels ce nerf transmet le principe 
du mouvement. Le cours entier de cette affection fut de trois semaines ou 
un mois. Pendant tout le temps qu'elle dura , j'prouvai avec l'hmiplgie 
faciale deux symptmes pnibles : d'une part , une sensibilit exquise de 
l'organe de l'oue, ou du moins une disposition de la membrane du tym- 
pan tre douloureusement branle par des sons un peu forts; d'autre 
part, une sensation continuelle et vraiment importune de saveur cuivreuse 
dans tout le ct , et dans le seul ct de la langue correspondant au nerf 
facial affect. J'avais conu ces deux symptmes , comme je les conois 
encore maintenant , par la prsence de la corde du tympan derrire la 
membrane du tympan, et par sa communication avec le nerf lingual, et 
j'admettais que ce filet nerveux tire son origine du nerf facial, puisqu'il 
partageait l'affection de ce dernier. 

Pour ce qui est, continue M. Roux, de l'application du galvanisme 



(44 9 ) 

ou de l'lectricit sur les nerfs immdiatement , dans le traitement des 
paralysies, je suis pleinement de l'avis de M. Magendie ; j'ai mme fait 
plus qu'il n'a fait : j'ai plong des aiguilles acupuncture dans la 
moelle pinire , et trait de cette manire par le galvanisme, des pa- 
raplgies, ou paralysies compltes des deux membres abdominaux. 
Bien qu' la rgion dorsale et la rgion lombaire les lames osseuses 
qui compltent en arrire le canal vertbral ne soient spares d'une ver- 
tbre une autre que par de bien petits intervalles , et que dans certains 
points mme elles soient comme imbriques; bien encore qu'elles soient 
unies entre elles par des corps fibreux d'une paisseur et d'une densit 
remarquables, on peut nanmoins, sans de trop grandes difficults, faire 
pntrer une longue aiguille par l'un de ces intervalles jusqu' la moelle 
pinire. La premire fois que j'ai eu la pense de comprendre cet organe 
dans un cercle galvanique, c'tait pour une jeune fille chez laquelle une 
paraplgie complte du mouvement avait t produite par cette affection 
de la colonne vertbrale qu'on nomme gibbosit, ou maladie de Pott. La 
paralysie avait persist aprs la gurison de la maladie principale : la jeune 
fille tait gisante et compltement immobile dans son lit depuis un an ou 
quinze mois. Elle fut galvanise une vingtaine de fois toujours de la mme 
manire , toujours avec acupuncture pralable du prolongement rachidien 
au bas de la rgion dorsale. Ds les premires galvanisations, il y eut retour 
du mouvement dans les orteils, puis mouvement du pied en totalit, puis 
del jambe, puis de la cuisse dans son articulation avec le bassin : bientt 
la jeune fille put changer toute seule de position dans son lit ; plus tard on 
l'en fit sortir; elle marcha avec des bquilles, que plus tard elle abandonna. 
Elle a recouvr le parfait usage de ses membres; elle a pu rentrer dans la 
vie commune. 

Enhardi par ce rsultat , j'ai eu recours au mme moyen et la mme 
manire d'employer le galvanisme dans des cas de paraplgie traumatique, 
c'est--dire de paralysie des membres infrieurs conscutive une lsion 
physique de la moelle pinire, comme la commotion , la contusion de 
cette moelle, sa compression par du sang panch dans le canal rachi- 
dien par des pices d'os enfoncs, accidents si frquents dans des chutes 
d'un lieu lev, ou la suite de coups violents sur la rgion dorsale, ou sur 
les rgions lombaire ou sacre de la colonne pinire. J'ai dj obtenu 
quelques succs qu'il n'est pas besoin de faire connatre en dtail l'Aca- 
dmie. 

- 

64.. 



(45o ) 

godsie. Note de MM. Arago et Biot, sur un Mmoire de M. Puissant, 
lu l'Acadmie dans sa dernire sance, et insr au Compte Rendu. 

L'objet de ce Mmoire est d'tablir que la distance des parallles de 
Montjouy et de Formentera, qui rsulte de nos triangles d'Espagne , est 
plus grande de 57 toises qu'on ne l'avait jusqu' prsent suppos. A cette 
occasion, M. Puissant, citant un passage de l'ouvrage o nous avons 
consign nos observations, M. Biot, dit-il, s'exprime ainsi, page 27: 
Lorsque les observations eurent t remises au Bureau des Longitudes, 
)> une Commission fut charge de les examiner et de les calculer. Le 
rsultat de ce travail, compar aux observations de Delambre Dun- 
kerque , donna une valeur du mtre presque exactement gale celle 
que les lois franaises ont fixe d'aprs les dernires dterminations. 
La diffrence est au-dessous d'un dix-millime de ligne ; elle ne produirait 
que quatre diximes de mtre, environ 176 lignes, sur la longueur de 
l'arc terrestre compris entre les parallles de Dunkerque et de For- 
mentera. 

Sur quoi M. Puissant ajoute : Quoi qu'il en soit de cette assertion, il 
est vident que la nouvelle valeur de l'arc trouv.ee ci-dessus, conduit 
une consquence trs diffrente de celle qu'a tire la Commission du 
Bureau des Longitudes. 

Dans une page prcdente, M. Puissant se plaint que nous n'ayons pas 
insr le calcul de l'arc d'Espagne dans notre ouvrage, o, dit-il, cette 
opration numrique aurait d naturellement se trouver. 

D'abord , quant l'assertion que notre honorable confrre parat rvo- 
quer en doute, elle est textuellement tire du rapport de la Commission 
qui fut en effet charge d'examiner les oprations d'Espagne et d'en cal- 
culer les rsultats. L'un de nous deux, M. Arago, tait alors occup 
mesurer un arc de parallle entre Formentera et Mayorque. L'autre, 
quoique de retour Paris , ne pouvait faire partie d'une Commission 
charge d'examiner des observations auxquelles il avait coopr. Les Com- 
missaires furent MM. Bouvard, Mathieu et Burckhardt. Tous les triangles, 
ainsi que la latitude de la station australe, furent calculs sparment par 
chacun d'eux, sur nos observations, d'aprs les mthodes de Delambre; et 
Burckhardt en fit le rapport gnral le i er juin 1 808. Le Bureau dcida que 
ce rapport serait insr dans la Connaissance des Tems de 181 o, qui 
s'imprimait cette anne mme : et il s'y trouve , en effet , page 485. Si notre 



(45. ) 

honorable confrre veut consulter ce document officiel, il pourra vrifier 
l'exactitude de notre citation. 

C'est mme l qu'il devra recourir pour tablir la longueur attribue 
jusqu' prsent l'arc du mridien qui traverse nos triangles d'Espagne. 
Delambre n'a fait que l'adopter telle que l'avaient trouve les trois Com- 
missaires, comme on le voit par un calcul fort simple que nous donnons 
ici en note(*). Cette dtermination, comme nous l'avons dit, tait fonde 
sur sa mthode mme, et elle rsultait galement des trois calculs. Or, les 
personnes qui connaissent cette mthode, savent qu'elle donne lieu des 
dcompositions de triangles sphriques qui peuvent s'effectuer et se calculer 
de plusieurs manires; de sorte que des calculateurs, indpendants les uns 
des autres, doivent tre naturellement conduits de combinaisons diverses 
dont la varit donne plus de force la concordance des rsultats. Aujour- 
d'hui, en appliquant ce mme rseau de triangles une autre mthode 
de calcul qui lui est propre, et une formule approche qu'il en dduit, 
M. Puissant trouve une augmentation de 57 toises sur l'arc du mridien 
qui traverse notre triangulation. L'erreur est-elle du ct des trois calcu- 
lateurs, ou rsulte-t-elle de la nouvelle formule? c'est ce que M. Arago et 

(*) Longueur totale de l'arc me'ridien , compris entre le signal de Dunkerque et celui 
de Formentera, cxprime'e en parties du mtre le'gal, selon la dtermination adopte'e par 
la Commission du Bureau des Longitudes (Connaissance des Tems pour 1810, 
page 486) .......... i374438 m ,72 

Valeur du mtre lgal en toises . . . , o,5i3o74 

En multipliant le nombre de mtres par ce facteur, on a : 

Longueur totale de l'arc en toises . 7o5 1 88* 77 

C'est la valeur adopte'e par Delambre , Base du Systme mtrique, 
tom. III, page 298. 

Dans ce mme volume, page 89, Delambre donne la longueur de l'arc 
mridien compris entre Dunkerque et Montjouy , et cette valeur, con- 
forme une toise prs celle qu'on trouve dans la Mcanique Cleste, 
tom. II , page i^\, est 55i583 T 6 

En la soustrayant de la longueur totale de l'arc adopte par la Com- 
mission , on aura la longueur de l'arc partiel compris entre Monjouy et 
Formentera; elle sera i536o5 T i7 

Cette valuation a t adopte par M. Laplace dans l'Exposition du Systme du 
Monde, 5' dition, page 62, 

C'est aussi le nombre cit par M. Puissant dans son Mmoire. Mais il repose sur les 
calculs concordants des trois Commissaires du Bureau des Longitudes, et non pas sur l'au- 
torit de Delambre seul. 



(450 

moi n'avons pas rsoudre , tant trangers au calcul contest. Mais il faut 
lui attribuer la triple autorit dont il drive, et non pas, comme M. Puis- 
sant, le faire reposer sur celle de Delambre, qui n'y a point pris part. Si 
les trois personnes, qui ont fait sparment le calcul, ont pu se tromper 
toutes d'une mme quantit, ne se pourrait-il pas aussi que, dans ce cas, la 
formule approche de M. Puissant ne ft pas assez exacte ? C'est un simple 
doute que nous mettons. M. Puissant s'est assur qu'entre le Panthon 
et Montjouy elle donne le mme rsultat que la mthode de Delambre. 
Mais les triangles qui enveloppent cet arc ont peu d'tendue, comme 
ayant t observs avec des signaux de jour, au lieu que nos triangles 
d'Espagne sont d'un tout autre ordre. Par exemple, celui l'aide duquel 
nous avons joint l'Espagne aux les Balares, a pour base toute la longueur 
du royaume de Valence; et son grand ct, qui s'tend sur la mer, a plus 
de 82555 toises. En outre, notre chane de triangles longeant les ctes de 
Valence et de Catalogne, s'loigne notablement du mridien pour venir le 
rejoindre nos dernires stations d'Ivice et de Formentera. La runion de 
ces circonstances ne rendrait-elle pas moins exactes les projections des 
triangles sur l'ellipsode oscillateur dont M. Puissant fait usage., et qu'il 
dtermine par sa formule approche ? C'est un point qui , peut-tre , 
mrite qu'on l'claircisse avant de prononcer affirmativement sur les 
rsultats ainsi obtenus. 

M. Puissant juge que nous aurions d, M. Arago et moi, donner le 
calcul numrique de l'arc du mridien qui traverse les triangles d'Espagne , 
dans le volume que nous avons publi. Notre opinion a t diffrente, et 
nous en avons dit les motifs dans le court avant-propos plac en tte de 
notre ouvrage. A l'poque o celui-ci fut termin, en 1821, nous allions 
partir, M. Arago et moi , pour robserver, avec une Commission anglaise, 
la latitude de Dunkerque, sur laquelle on avait quelques doutes, qui, 
heureusement, ne se sont pas raliss. On devait ensuite revoir la jonction 
des ctes de France et d'Angleterre; ce que M. Arago et M. Mathieu ont 
galement effectu en socit avec les observateurs anglais. La latitude de 
Formentera, limite australe de l'arc, n'avait t observe que d'un seul 
ct du znith. Un de nous est all la reprendre en 1825 ; et quoiqu'il n'ait 
pas encore publi l'ensemble de ses rsultats, il s'est assur qu'ils n'offri- 
ront pas de diffrence notable avec la premire dtermination. Nous avions 
mme encore fait des prparatifs pour mesurer une base sur l'arc d'Espagne 
dans l'Albufera , projet que les vnements politiques sont venus inter- 
rompre. Tout cela nous a dtermins donner, dans le volume qui a paru, 



( 453 ) 

les observations pures et simples de nos triangles d'Espagne, avec celles 
de la latitude et du pendule qui les accompagnent, remettant un autre 
volume le calcul de l'arc du mridien et de la longueur thorique du mtre 
qui s'en dduiront. Ce volume , qui sera le V e de la Base du Systme m- 
trique, renfermera, en outre, les nombreuses observations de toute nature, 
l'aide desquelles on a dtermin de nouveau la latitude de Dunkerque; 
la nouvelle dtermination de la latitude de Formentera, par des observa- 
tions faites des deux cts du znith, tant de nuit que de jour; la mesure 
de l'arc du parallle compris entre Formentera et Majorque, avec les 
azimuths observs ses deux extrmits, pour fixer l'ellipsode osculateur 
dans cette portion australe de l'arc mridien ; enfin , la nouvelle triangu- 
lation destine rattacher les oprations godsiques d'Angleterre et de 
France, pour pouvoir faire remonter l'arc au nord jusqu' l'Observatoire 
de Greenwich, dont la latitude est bien connue. C'est de l'ensemble de ces 
documents perfectionns que nous croirons pouvoir dduire les corrections 
thoriques qpe la valeur lgale du mtre devra exiger, pour concorder avec 
les mesures godsiques. Lorsque nous reprendrons cette rdaction , nous 
examinerons scrupuleusement les mthodes que nous devons employer 
pour le calcul de nos triangles ; et de quelque ct que soit l'erreur des 
valuations actuelles, nous ne manquerons pas de la signaler. 






Observations de M. Puissant. Dans la note que MM. Biot et Aragd 
viennent de communiquer l'Acadmie, pour rpondre celle que j'ai 
lue dans la sance dernire, nos honorables confrres annoncent qu'ils 
examineront plus tard la formule approximative dont j'ai fait usage pour 
rectifier l'arc de mridien depuis Montjouy jusqu' Formentera , et c'est 
alors qu'ils verront si elle est suffisante dans la circonstance actuelle. Je 
me permettrai de faire observer que la vritable question n'est pas l ; elle 
est, au contraire, dans l'exacte valuation des diffrences de latitude des 
sommets des triangles : or, j'affirme derechef que je ne me suis point 
tromp cet gard. D'ailleurs, tes gomtres pourront s'en assurer lors- 
que mon Mmoire aura reu de la publicit; mais, en attendant, ils au- 
ront une connaissance plus intime de ma mthode de rectification par la 
nouvelle note que je me propose de lire trs prochainement l'Acadmie. # 









A 



( 454 ) 

palontologie. Prtendues empreintes de pieds d'un quadrupde dans le 
grs bigarr de Hildburgliausen , en Saxe; communication par M. de 
Blainville. 

Dans le cours de l'anne dernire, M. de Humboldt d'abord, et 
M. Link ensuite, ont entretenu l'Acadmie au sujet de plaques ou dalles 
de grs, des environs deHildburghausen en Saxe, appartenant gologique- 
ment au grs bigarr ou nouveau grs rouge, la surface infrieure des- 
quelles on a remarqu un nombre considrable de figures en relief assez 
rgulires et rgulirement disposes, pour que plusieurs naturalistes alle- 
mands aient pu les regarder comme les rsultats de pas d'animaux quadru- 
pdes del famille des quadrumanes ou singes, suivant les uns, de celle 
de didelphes pdimanes ou sarigues, suivant les autres, comme MM. Wieg- 
mann et Humboldt, et mme de salamandres gigantesques, d'aprs MM. de 
Munster et Link. L'administration du Musum d'Histoire naturelle, dans le 
but d'claircir une question aussi intressante en palontologie et dont on 
a dj tir des consquences si contradictoires ce que l'on admet assez 
gnralement aujourd'hui comme rsultat de l'tat actuel de nos connais- 
sances sur l'histoire de la succession des tres organiss la surface de la 
terre , s'est empresse de faire l'acquisition d'un grand et beau morceau de 
ce grs la surface duquel existent trois sries de ces prtendues impres- 
sions traduites en plate-bosse et lies entre elles par une rticulation plus 
ou moins serre. Au premier examen qu'il en a fait, M. de Blainville croit 
s'tre assur que ces figures en relief ne doivent en aucune manire tre 
attribues des empreintes qu'auraient laisses les pieds d'un animal qua- 
drupde quelconque marchant sur un sol susceptible de les recevoir et de 
les garder assez long-temps pour qu'ensuite elles aient pu tre remplies 
par une matire plus ou moins molle et capable de se solidifier. Il pense 
au contraire que ce sont indubitablement des traces de vgtaux analogues 
sans doute ceux que l'on a dj rencontrs plusieurs fois dans le grs 
rouge, et considrs comme des prles gigantesques, ou des rhyzomes de 
quelques acorus ou mme des tiges sarmenteuses plus ou moins rticules 
et anastomoses , ce qu'il ne lui appartient pas de dcider. Quant aux raisons 
l'appui de son opinion que ce ne sont certainement pas des empreintes 
de pieds d'animaux quadrupdes, M. de Blainville se propose de les sou- 
mettre au jugement de l'Acadmie, dans une de ses sances prochaines, 
aussitt qU'il aura pu faire excuter des dessins rigoureusement exacts du 



( 455 ) 

bel chantillon arriv dernirement au Musum, comparativement avec 
des figures d'empreintes des pattes d'un singe, d'une sarigue et d'une 
salamandre. 

optique mathmatique. Troisime et quatrime lettre de M. Cauchy 
M. Libbi , sur la thorie de la lumire. 

Gomme une des plus graves objections que l'on ait faites contre la 
thorie des ondulations de l'ther, se tirait de l'existence des ombres et de 
la proprit qu'ont les crans d'arrter la marche des vibrations lumineu- 
ses, je dsirais beaucoup arriver dduire de mes formules gnrales , 
les lois relatives aux deux phnomnes des ombres et de la diffraction ; mais , 
pour y parvenir, il fallait surmonter quelques difficults d'analyse. J'y ai 
enfin russi, et pour reprsenter les mouvements de l'ther, lorsque la 
lumire est en partie intercepte par un cran, j'ai trouv des formules 
dont je veux un instant vous entretenir. 

Considrons, pour fixer les ides, le cas o le corps clairant est assez 
loign pour que les ondes spbriques qui se propagent autour de ce corps 
soient devenues sensiblement planes. Prenons pour axe des x la direction 
du rayon lumineux, et pour axe des ^, une droite parallle aux vibrations 
molculaires de l'ther. Nommons x le dplacement d'une molcule mesur 

paralllement l'axe des j-, I la valeur maximum de x, l=-ir l'paisseur 

d'une onde lumineuse et I = la dure d'une vibration ; enfin concevons 

que, dans le plan des zy, perpendiculaire l'axe des x, la lumire soit in- 
tercepte par un cran, du ct des j-- ngatives. Si le rayon lumineux, 
que nous supposerons dirig dans le sens des x positives, est un rayon 
simple, son quation, pour des valeurs ngatives de x sera de la 
forme 

(i) j-=Icos(K.r st + a), 

A dsignant une quantit constante. Or je trouve que, du ct des x posi- 
tives, la valeur de y pourra tre dveloppe en une srie, et qu'en rdui- 
sant cette srie son premier terme, on aura 

(2) * * w y _oo cos (K * + * p '~ z + * t)d *- * 

C. R. 186 , i" Semestre. 65 



(456 ) 

D'ailleurs, le nombre K. tant trs considrable, la valeur de y donne par 
la formule (2) se rduira sensiblement zro, pour des valeurs finies et 
ngatives de l'ordonne'e y, tandis que, pour des valeurs finies et positives 
de la mme ordonne, la formule (2) concidera sensiblement avec la for- 
mule (1). Donc la partie de l'espace situe au-del du plan de l'cran, sera 
dans l'ombre du ct o l'cran se trouve, c'est--dire derrire l'cran, 
et continuera d'tre claire du ct oppos , comme si l'cran n'existait 
pas. On devra seulement excepter les points de l'espace, correspondants 
de trs petites valeurs dey, et pour lesquels le dplacement/ dpendra 
des deux coordonnes x, /aussi bien que du temps t. Pour ces derniers 
points, la formule (2) reproduit les lois de la diffraction, telles que Fres- 
nel les a donnes, et l'on peut simplifier l'tude de ces lois, en transformant 
le second membre de l'quation (2) l'aide des formules que j'ai donnes 
dans plusieurs mmoires. 

J'ai dt plus haut que les ondes qui se propagent autour d'un corps 
clairant sont gnralement sphriques. Effectivement il rsulte du calcul 
qu'un rayon simple peut se propager dans l'ther sous la forme d'ondes 
sphriques ou cylindriques, ou planes. On peut obtenir ces diverses formes 
en supposant qu' l'origine du mouvement l'ther est mis en vibration ou 
en un seul point, ou dans tous les points d'un mme axe, ou dans tous les 
points d'un mme plan ; et les deux premires hypothses fournissent les 
mmes rsultats que la troisime une grande distance du point clairant 
ou de l'axe qui le remplace. J'ajouterai que, dans les deux premires hypo- 
thses les vibrations molculaires sont, pour un rayon simple, diriges 
suivant les lments de circonfrences de cercles parallles tracs sur la 
surface de l'onde, et que ces vibrations sont semblables entre elles, et iso- 
chrones pour tous les points d'une mme circonfrence. 



Dans celle de mes lettres qui avait pour objet les lois de la rfraction et 
de la rflexion la surface des corps transparents , je remarquai que, des 
quatre quations comprises dans les formules auxquelles j'tais* parvenu, 
trois taient dj vrifies et conformes toutes les observations connues. 
Or il se trouve heureusement que la quatrime quation, la seule dont la 
comparaison avec l'exprience restt encore faire , est vrifie son tour 
par le phnomne des anneaux colors. En effet, concevons que la surface 
extrieure ou intrieure d'une lame d'air ou d'un corps transparent quel- 
conque, en rflchissant un rayon polaris paralllement ou perpendicu- 



U5 7 ) 
lairement au plan d'incidence , fasse varier les plus grandes valeurs des d- 
placements molculaires dans le rapport de i 0, et nommons 0', 0", ce 
que devient le rapport 0, quand on suppose le rayon non plus rflchi , 
mais rfract, et passant de l'extrieur l'intrieur de la lame ou de l'in- 
trieur l'extrieur. Soit d'ailleurs I le dplacement absolu et maximum 
d'une molcule d'ther dans le rayon incident. Si l'paisseur de la plaque 
est un multiple de l'paisseur des ondes lumineuses, les diverses rflexions , 
en nombre infini , qui seront produites, l'une par la surface extrieure, les 
autres par la surface intrieure de la lame mince, ramneront vers l'il de 
l'observateur une infinit de rayons, et de la composition de ces rayons 
natra un rayon rsultant dans lequel le dplacement maximum aura pour 
mesure , comme on sait, le produit 

el(,_ '"-*'"_ etc.) =I (i ^^r)- 

Pour que ce produit s'vanouisse, et que, dans le phnomne des an- 
neaux colors, la tache obscure du centre prsente le noir fonc, il faudra 
que l'on ait 

(l) '"=!. 

Or cette condition sera effectivement remplie, si l'on adopte, pour l'in- 
tensit de la lumire rfracte , la valeur que donnent les formules ci-des- 
sus mentionnes. II y a plus, la condition (i) fournit immdiatement les 
deux quations inscrites sous les n oa i5 et 16 dans ma lettre sur la rfrac- 
tion et la rflexion que produisent les corps transparents; car, si l'on 
nomme t l'angle d'incidence , et t' l'angle de rfraction, on aura 

r sin (,-/) -]. ^, _ pin (r-.QcosCr + /) -! 

Lsin (t + r' ) J ' "" Lsin (* + O cos (r r ) J ' 

suivant que le rayon incident sera polaris paralllement ou perpendicu- 
lairement au plan d'incidence, et l'on tirera de la formule (i), dans le 
premier cas , 

, . sin 2r.sin 2r 

= -r 7T, 

sro'(r + r')' 

dans le second cas, 

, ., sin 2r . sin 2r 

sin 2 (r -p- r').COS* (r t')' 

Au reste, j'ai aussi obtenu des formules gnrales pour la rflexion qui 
s'opre la surface des corps opaques, particulirement des mtaux, et 
ces formules s'accordent parfaitement avec l'exprience , comme je vous 

65.. 



( 458) 

l'expliquerai plus en dtail, lorsque le temps dont je pourrai disposer, 
me permettra d'entrer ce sujet dans quelques dveloppements. 

Si l'cran par lequel on suppose la lumire intercepte dans le plan 
des yz ne laissait passer les rayons lumineux que dans l'intervalle com- 
pris entre les limites _y =y ,y=zj l , en sorte que l'observateur plac du 
ct des x positives, ret la lumire par une ouverture dont la largeur 
ft jr, jr 01 la formule (2) (de la lettre prcdente) devrait tre rem- 
place par la suivante 

.A (r-r.) 






{d) j-=(-)I J cos (ta: -f A M -. -f- **\d*. 

Vax 

L'quation (d) elle-mme fournit seulement une valeur approche dejr, 
et se dduit de formules gnrales et rigoureuses qui reprsentent le 
rayon diffract, quelle que soit la direction du rayon incident, et quelles 
que soient les directions des vibrations molculaires dans ce mme rayon. 
Ces formules, en donnant les lois de la diffraction , montrent, par exem- 
ple, que si le rayon incident est polaris dans un certain plan, le rayon 
diffract restera toujours polaris dans ce mme plan. 

astronomie. Note de M. Plana sur la page i35 du premier- volume de 

sa Thorie de la Lune. 

L'expression de R laquelle je suis arriv dans cette page, donne 
R = o, soit l'gard des termes multiplis par m*, soit l'gard des ter- 
mes multiplis par /', qui affectent l'argument igt ict. En calculant 
cette valeur de R, j'ai omis les termes de l'ordre du carr de eT<sr et eT0, 
parce qu'ils se dtruisent. En effet, la fonction cos [imt 1 2(1 c)t 2r<w] 
donne en la dveloppant 

cos [imt'2 ( 1 c) i] +2ttr sin {-anii (i c) i] 2 (/o-) 1 cos [imt' 2 ( 1 c) i]. 

Or, en prenant 

[JM* = -rr 1 sin (igt^ct) sin [imt 2 (1 c) /] , 

(m+c i)(g c) 

on contracte l'obligation de prendre 

fl>aHjfifr c0s[>m ,_ 2 ( ., _ c) q 

\-i . m+ci 

=- -/ sin (zgticl) cos[am< 2 (1 c) *]; 

(m + ci){g~-c) 

..C0 



(45 9 ) 
ce qui donne 

cos \mt 2 ( i c) t 2^W] ss cos [mj' 2 (1 c) t] 



-*4PL*V . ; , 

sin (2g-/ 2c/)cos [m^M/]. 



(+* i)(r J 



La considration du second terme de cette expression tant inutile 
l'objet actuel, on peut rduire la fonction cos[awf' 2(1 c)t aJW] 
ces deux termes : 

cos [2m*' 2 (1 c) t 2^r]=cos[2m/' a(i c)*]+2JWsin \2n1t' 2(1 c) i], 

et regarder la fonction JW comme compose des seuls termes obtenus par 
la premire approximation. 

Voil pourquoi j'ai tabli cette quation dans la page 1 33. Mais en 
excutant le produit 

m'L (e-f/te)* 2^0- sin \2rnt 2 (1 c) i], 

j'ai employ, par mprise, la valeur de JW qui appartient la seconde ap^ 
proximation, au lieu de prendre 

1 m'L . . , . , TM'Py 1 . , 

isr = s sin [2/Mf 2 (1 c)t] sm (2gt 2Ct); 

m-f-c i g c 

c'est--dire le rsultat de cette premire approximation. 
En redressant cette faute de calcul , je trouve 

m 2 L (e-4-^e)' 2^-sin [zmt' 2 ( 1 c) *] ' 
4PL'wi 6 eV 



(rn+c i) (g- c) 
2PL a m 6 ey 



sin [2m*' 2 (1 c)i] sin [2gt ici amt^-a (1 c) ./] 

-- COS [2gl 2Ct 2mt-{ zmt?]. 



(m-f-c r) (gc) 

En substituant ce rsultat celui qu'on voit dans la page 1 33 , on 
aura 

N (m+c 1) (g c) t -f-cos [2g 1 * 2ct 2tnt-f- Um\l 

Par un motif tout- -fait semblable il faut, dans la page i34, rempla- 
cer la valeur d 

2L'm' (yyY <W sin [2m*' -f 2 (ig) i] , 
par celle-ci, 

2 __ . sin [2mr 2(1 g)i\ sin [2e/ 2ci4-2mt 2(1 #) /] 

(m+g- i)(g c) bJ T 5 ' J 

2PL' 3 m 6 eV r yn 

=r : -cos[2S-f 2Ct-\-2mt 2ml j. 



(46o ) 
Alors , on a 

T . , . . a, aPL' s m s e s y 2 f cos [agi ici 2W<+2']1 

Lm'y J cos (zmt 26)= i } u ,, J , 

(Tw+g- i)(g c) l+cos[2gl icl+iml wnt\) 

et par consquent 

R = ( 1 -| 1 Pw'e'y cos (zg 2c) t 

\ g c / 

z.PL'./nVy f r ,, ,1 






jCOS [2g 2C<-(-27t 2OT/ / ]4"C0S[2g-/ 2C< 2TO/-f- 2W1 ''] f 



au lieu de la valeur de R pose dans la page i35. 
Actuellement, si l'on fait ici t =t l , on aura 



_ 2TO 6 p e y f L a L 

SX = 



/ La L " l , x '35 , , , , 

\ >cos (igt ict) = m J ey cos(2g- zc)t. 

g c im-J-c i m+g 1 ) v 32 

De sorte que cette valeur de R ne donne pas R = o l'gard des ter- 
mes multiplis par m 3 . 

Dans le numro 1 1 des Comptes rendus hebdomadaires des sances de 
l'acadmie des Sciences pour l'anne i836, M. de Pontcoulant obtient 
pour R une valeur o les coefficients numriques de 

PL'mVy' +PL' , 7M 6 e y 

(m+ci) (gc) ' (m+gi) (g._c) ' 

sont gaux Vunit, tandis que moi je trouve le nombre deux. Il parat 
que M. de Pontcoulant omet la partie 

(A) . . H -- cos {igt zct) { L cqf (2ml' 2* 2.1*)\J cos (iml' 28 7.M) 1 

qui entre dans son expression de R. Et cependant il suffit de dve- 
lopper cos (im? im ia>), cos (imt? 2O a^fl), pour avoir les termes 
qui doublent son coefficient numrique. En effet, on a alors, au lieu de 
la fonction (A), 

(A')..+ - JL-cos {igl 2c/)jLT*sin[2w<' 2(1 c)i\ L7*sin [>mi%-2(i g)t] J. 

Donc en faisant 

<^ = sin [2m(-2 (1 c)/]; W= -^ sin \imt 2 (1 #)<], 

?w^c 1 m -f-g' 1 

la fonction (A') donnera 



( 46. ) 

L'P.jra 6 eV ( y-, , r 

, -i cos |2/i '2Ct4-7.mt iml ]4-cos [ist 2ct zmt-l 2ml] } 

(gc)(m+ci){ " j lo > 

; -^ J COS [2^ ac<-4-2m 2OTf']-+-COS [ 2 g./ 2 Ci 2m* + 2TOi'] >. 

te OO+ff 01 J 

En ajoutant cette partie la valeur de R trouve par M. de Pontcou- 
lant, on la fait concider avec celle que je viens de trouver. 

- 

RAPPORTS. 






chimie. Rapport sur un mmoire de M. le docteur Pallas, intitul : 
Nouvelles recherches sur le sucre et le parenchyme de la tige de mais. 

(Commissaires, MM. Deyeux, Biot et Robiquet rapporteur.) 

Dans un premier mmoire adress en i834 l'Acadmie des Sciences , 
M. le docteur Pallas annonce tre parvenu extraire de la tige de mas de 
petites quantits de sucre cristallis , en tout semblable celui que fournit 
Varundo saccharifera , et il fait concevoir l'esprance d'obtenir, en oprant 
sur une plus grande chelle et l'aide des meilleurs procds mis en usage 
aujourd'hui , une quantit assez notable de sucre pour que l'exploitation 
en devienne avantageuse. L'Acadmie, sur la proposition qui lui en fut faite 
par la commission charge d'examiner ce mmoire, engagea l'auteur 
poursuivre ses expriences et leur donner tout le soin exig par leur 
importance. M. le docteur Pallas, pour rpondre au dsir de l'Acadmie, 
s'est livr de nouvelles recherches, et il a envoy vers la fin de i835, un 
deuxime mmoire avec quelques chantillons assez minimes de sucre 
brut, de mlasse et de papier d'emballage fait avec le rsidu de la 
plante (1). 

M. Pallas, dans ce deuxime mmoire, fait connatre avec dtailles nou- 
velles expriences qu'il a entreprises et qui confirment pleinement ce qu'il 
avait annonc d'abord. Charg conjointement avec MM. Deyeux et Biot de 
rendre compte de ce mmoire, je viens exposer les rsultats auxquels 
M. Pallas dit tre parvenu et qui peuvent se rsumer ainsi. 



(1). Ces chantillons de sucre ont suffi cependant vos commissaires pour constater 
l'identit avec le sucre de cannes, et M. Biot a bien voulu les soumettre devant nous 
aux preuves de la polarisation et il en a consign les intressants rsultats dans une 
note qui se trouve annexe ce rapport. 






( 46a ) 

i*. La tige du mas ne contient avant la floraison que peu ou point 
de sucre. 

a. A l'poque de la floraison , on peut dj extraire de cette plante des 
traces de sucre cristallis. 

3*. Cette mme tige exploite de 20 a5 jours aprs la floraison et lors- 
que le grain est encore lactescent, renferme prs de 1 pour cent de sucre 
cristallisable. 

4- Plus tard encore, c'est--dire lorsque la graine est compltement 
mre et qu'elle n'a plus besoin que de scher pour tre rcolte , la tige , 
qui est encore verdtre cette poque, fournit 2 pour cent de sucre brut 
et 4 pour cent de mlasse riche et d'un trs bon got. 

n 5. Enfin le rsidu parenchyraateux dont on a extrait la matire sucre, 
peut tre employ la nourriture des bestiaux ou servir la fabrication 
d'un papier d'emballage qu'on peut valuer 5 fr. les 5o kilogr. 

Ainsi, selon M. Pallas, la question scientifique serait tout--fait rsolue,et 
la prsence du sucre cristallisable dans la tige de mas ne saurait tre r- 
voque en doute. Il ne resterait donc plus que la question industrielle 
examiner , pour savoir si rellement on peut tirer des avantages de cette 
exploitation faite en grande. 

Nous devons faire remarquer que bon nombre d'auteurs se sont occups 
avant M. Pallas de cette mme recherche, et il ne manque point de les 
citer lui-mme; mais il fait observer qu'ils n'taient parvenus, pour la 
plupart, qu' obtenir des sirops d'une saveur sucre plus ou moins 
franche, mais dpourvus de sucre cristallisable. Cependant il ajoute, 
d'aprs Parmentier, que Bonrepos est cit dans la Florede Toulouse en 1 783 
u 4? comme ayant extrait du mas une assez grande quantit de sucre 
cristallis pour en faire un pain d'un gros volume; mais Parmentier, dit 
M. Pallas , ne donna aucun dtail sur le procd suivi par l'auteur et il d- 
clara mme, d'aprs ses propres expriences, que le sucre contenu dans le 
mas n'tait pas susceptible de cristalliser; ce qui remettait tout en question. 

Le docteur Nairhold, de Gralz, en Basse-Styrie, est aussi du nombre 
de ceux que signale M. Pallas comme ayant extrait du sucre cristallis de 
la tige de mas, galement rcolte aprs la maturit du fruit; mais le pro- 
cd indiqu par cet auteur tait compliqu et d'une difficile excution. 
Nous devons ajouter que le professeur Burger parat avoir fait des exp- 
riences trs prcises cet gard, car on trouve, dans le Bulletin de phar- 
macie pour 18 1 1, un article extrait de la Revue britannique, o l'on 
trouve d'utiles renseignements cet gard. 



( 463 ) 

Ainsi la prsence du sucre cristallisable dans le suc de la tige de mas 
a t dmontre par plusieurs auteurs, et M. Pallas est loin de le contes- 
ter; mais il pense tre parvenu rendre cette extraction plus facile et plus 
avantageuse en se servant de procds plus simples et mieux entendus; et 
surtout en ne rcoltant la plante qu' l'poque o le fruit est arriv com- 
plte maturit, poque qui, selon M. Pallas, concide heureusement avec 
celle o le sucre cristallisable est en plus grande proportion dans la tige. 
C'est principalement sur ce point que M. Pallas tablit tout le mrite de ses 
observations et de sa mthode ; en effet , le docteur INairhold est le seul qui 
ait conseill, comme M, Pallas, de prendre la tige aprs la maturit du fruit; 
les autres , et plus particulirement le professeur Burger, disent positive- 
ment qu' cette poque le sucre cristallisable est presque entirement dis- 
paru ; voici comment il s'explique cet gard , dans le mmoire dj cit. 

Dans toutes les priodes de la croissance du mas, le suc exprim des 
tiges de cette plante est doux; mais avant l'poque de la floraison, cette 
saveur est sensiblement herbace; c'est lorsque la plante a pris tout son 
accroissement, et que la fleur est forme, que le suc se trouve en plus 
grande abondance, le plus doux, sans saveur trangre. Quand ensuite 
le grain se forme, la plus grande partie de la matire sucre disparat; et 
lorsque les pis sont mrs, le suc des tiges, moins abondant, est devenu 
moins sucr , plus salin. Plus loin, le mme auteur ajoute : Il semble, 
au premier aspect, qu'il soit plus avantageux de recueillir d'abord la 
graine mre, et d'employer ensuite les tiges pour faire le sirop; mais 
des expriences comparatives prouvent le contraire, car les tiges cueillies 
au moment de la floraison fournissent trois fois plus d'un suc plus sucr 
que celles qui ont port le grain jusque aprs sa maturit. M. Burger 
donne un tableau comparatif du produit brut par les deux mthodes. 
Enfin, dans un autre passage, M. Burger dit que pour obtenir beaucoup 
de sucre bien cristallisable, et-le moins ml de mucilage, il faut semer 
le mas dans un terrain sec, lger, bien expos au soleil , et aisment 
pntrable par ses rayons. 

D'un autre ct, l'un des membres de cette Acadmie, M. Biot, a 
dmontr (i), par les expriences dlicates de la polarisation circulaire, 
que dans les gramines, partir de la fcondation, le sucre passait de la 
tige dans l'pi pour servir d'aliment au fruit. 

v On le voit donc, ce point de controverse mrite toute l';ittentioii de 

(i)Me'm oire lu l'Acadmie des Sciences le i" juillet i833. 

C. R. i836. i er Semestre. 66 



( 464) 

ceux qui voudraient rpter ces expriences, et ils auront examiner si 
la saccharification ne marche pas plus rapidement dans telle localit que 
dans telle autre, comme on serait tent de le croire d'aprs la divergence 
des opinions; et, ft-il certain , comme le prtend M.Burger,que la culture 
du mas serait encore avantageuse, alors mme qu'elle ne serait entreprise 
que dans l'unique intention d'obtenir du sucre; il n'en est pas moins vi- 
dent que le succs serait bien moins douteux , si l'on pouvait galement 
rcolter le grain, comme l'affirme M. Pallas". 

Ainsi, vos commissaires pensent que M. Pallas a fait une chose bonne 
et utile en dmontrant de nouveau qu'on peut extraire de la tige de mas , 
et par des procds qu'il a simplifis, du sucre cristallisable, sans que cela 
nuise, du moins pour certaines localits, la rcolte du grain ; ils estiment 
aussi que le travail de M. Pallas mrite les encouragements de l'Acadmie, 
et que ce chimiste doit tre invit le publier, afin que ses expriences 
puissent tre rptes sur plusieurs points de la France, et qu'on sache 
dfinitivement si les rsultats qu'il a obtenus sont constants en tous lieux, 
et s'ils offrent assez d'avantages pour mriter l'exploitation. 

Examen comparatif du sucre de mais et du sucre de betterave , soumis aux 
preuves de la polarisation circulaire ; par M. Biot. 

Deux des chantillons envoys l'Acadmie par M. Pallas, ont t sou- 
mis aux preuves de la polarisation, afin de constater la nature du sucre 
qu'ils renfermaient. 

Le premier que nous appellerons pour abrger n i, tait indiqu comme 
extrait du mas avant la maturit des grains, mais, sans doute, aprs leur 
formation. Il paraissait, l'tat brut, de couleur trs brune; et sa solu- 
tion dans l'eau aurait t trop peu transparente pour tre observe imm- 
diatement. Nous l'avons dcolor par filtration travers du charbon animal; 
alors il a dvi vers la droite les plans de polarisation des rayons lumineux. 
En ajoutant la dissolution environ de son volume d'acide sulfurique 
limpide, et portant le tout une temprature d'environ 6o cent., le sens 
de la dviation s'est interverti; elle a pass gauche; et sa nouvelle valeur 
s'est trouve tre un peu moindre que -^ de ce qu'elle tait prcdemment. 
Le sens et la proportion de cette inversion, conviennent du sucre de 
cannes presque pur. 

L'chantillon n 2 tait indiqu comme ayant subi l'opration du terrage 
par l'alcool. Il tait de couleur jauntre ; et sa solution , quoique fortement 
colore, a pu tre observe immdiatement. C'est pourquoi nous l'avons 



( 465 ) 

soumise des preuves un peu plus dlicates , dans lesquelles nous l'avons 
trait comparativement avec du sucre de betteraves terr, peu prs de 
mme nuance, provenant de la fabrique de M. Lemaire , Contres, 
dpartement du Cher. Nous plaons ici , en regard , les tableaux des rsultats 
obtenus, et nous comparons ceux-ci la table des rotations du sucre de 
cannes pur, imprime dans le tome XT1I des Mmoires de l'Acadmie, 
page 12 5. 



Sucre n" i envoy par M. P allas. 

Poids du sucre employ. . . i8*,i32 
Eau distille 1 47 >8o,3 

La dissolution est passe dans un filtre 
de papier pesant 2,o62-. Le filtrage est 
trs lent et difficile, comme s'il tait re- 
tard par le mlange d'une matire vis- 
queuse; et la dissolution filtre elle-mme, 
outre sa forte coloration , n'offre pas une 
parfaite limpidit. Le filtre bien lav et 
sch ensuite, se trouve peser 2f,io,5, ce 
qui donne os, i32 pour le poids des ma- 
tires trangres non solubles. Ceci re- 
tranch de ip/, 1 32, donne le poids total 

du sucre dissous i8*,oo 

et la proportion de ce sucre 
dans l'unit de poids de la so- 
lution -3 -. 5-5 ou 0,1 o85 

18+147,893 

la densit de la solution obser- 
ve s'est trouve tre 1 ,04372 

et dj on peut voir dans le tableau cit 
qu'elle convient exactement une solution 
de sucre de cannes o la proportion de ce 

sucre serait 0,1 0744- 

La dissolution a t observe dans un 
tube dont la longueur tait 265 mm ,65. Elle 
y paraissait d'un rouge orang ; elle agis- 
sait sur la lumire polarise, et dviait ses 
plans de polarisation vers la droite d'une 
quantit qui, sous cette paisseur, tait 
i8,44, sans qu'on y pt distinguer des 
variations de couleur bien distinctes dans 
les divers azimuths. La teinte fonce de 
cette solution teignait trop de lumire 
pour qu'il fl possible de l'observer tra- 



Sucre de betteraves terr. 

- 

Poids du sucre employ . . . 3o*,65o 
Eau distille 173,270 

La dissolution est passe dans un filtre 
de papier pesant 2*, 1 55. Le filtrage est ais, 
rapide , et la solution filtre est complte- 
ment limpide , quoique colore. Le filtre, 
bien lav et sch ensuite , se trouve peser 
2?,25o, ce qui donne 0^,095 pour le poids 
des matires trangres non solubles. Ceci 
retranch de 3o^,2o, donne le poids rel 

du sucre employ 3o*,527 

et la proportion de ce sucre dans 
l'unit de poids de la solution 

3o*,527 

lui ; 5 ou.. o,i4Q7q 

3o* 3 527 -+-173,70 ^ iri 

la densit de la solution obser- 
ve a t, 1 , 061 74 

et l'on peut voir par le tableau cit qu'elle 
convient exactement une solution de 
sucre de cannes o la proportion de ce 
sucre serait o, 14948- 

La dissolution a t observe dans un 
tube dont la longueur tait 264""",65. Elle 
y paraissait d'un rouge clair; mais sa lim- 
pidit permettait de l'observer travers le 
verre rouge d'preuve. La dviation dter- 
mine ainsi s'est trouve tre 22,78 vers 
la droite ; et consquemment, travers un 
tube de i6omillim., elle se serait rduite 

220,78 " 264 ,65 U l3 772', d'aprs la loi 
de proportionnalit. Or, en effet, la table 
de rotations donne i4,o58 pour la dvia- 
tion qui convient une solution de sucre 
de cannes pur, o la proportion du sucre 

66.. 



( 466) 



vers un-verre rouge ; mais on amne les r- 
sultats au mme terme en rduisant la d- 
viation observe dans la proportion des 
rotations du rouge orang et du rouge 
transmis par le verre d'preuve , propor- 

tion qui est ^ ou trs peu prs . 
1 2048 r ' 10 

La dviation observe se trouve ainsi ra- 
baisse i6 ,5g6 pour une paisseur de 
265""", 65 ; de sorte que, dans un tube de 
160 millimtres, longueur pour laquelle la 
table de rotations est calcule, elle serait 

proportionnellement i6",596. -- fi - ou 

9,9957. Or, en effet, la table indique 
io, 01 pour la dviation produite par une 
solution de sucre de cannes pur, o la 
proportion du sucre est o,io85. 



serait 0,14979. La diffrence exacte de ces 
rsultats ne pourrait tre constate que par 
des observations plus nombreuses que nous 
n'en avons pu faire , et sur des tubes*plus 
longs que ceux que la coloration des solu- 
tions nous a contraints d'employer. 



Il restait essayer l'influence n'es acides sur ces deux espces de sucre. 
Nous rapportons le tableau des rsultats sous la mme forme que prc- 
demment. 



Pour cela , on a pris de la solution n 2 

un volume gal 5o cent. cub. 

on y a joint acide sulfurique 
pur 66 3 

Volume total. ... 53 

0n a port le mlange la temprature 
de 65 au moyen d'un bain marie, puis on 
l'a laiss refroidir et on l'a observ dans un 
tube de 372 n " n ,65 ; il y paraissait d'un 
rouge fonc. L'action dviante sur la lu- 
mire polarise s'est alors trouve inter- 
vertie, et s'est exerce vers la gaucbe. La 
dviation observe immdiatement a t 

53 
de 5. Il faut la multiplier par 5- pour la 

ramener au volume primitif , ce qui 
la porte 5, 186; mais il faut en re- 
trancher =- pour ramener la rotation 

39 r 
la longueur primitive 265 m ,65, ce qui la 
rduit 5,o53. La couleur dans le tube 
tant d'un rouge trs fonc, on n'a pas pu 



On a pris de la solution du sucre de bet- 
terave prsentement observ un volume 

gal 60 cent. cub. 

On y a ajout , 

Acide sulfurique pur 66" . 5 
Somme 65 

Le mlange a t port 65, au moyeu 

d'un bain marie. Refroidi , on l'a observ 

dans un tube dont la longueur tait 269,65 ; 

la dviation tait intervertie et porte 

gaucbe Vue travers le verre rouge , elle 

s'est trouve de 7,47- H ^ aut ^ a multiplier 

65 . 1 

par *- ou y ajouter , pour la ramener 

au volume primitif dans celte mme pais- 
seur , ce qui la porte 8, 1 1 2 ; puis il faut 

1 ii- 264,65 

la multiplier encore par -/* fi _ , ou en re- 
trancher g- pour la ramener a l'paisseur 
primitive , ce qui la rduit dfinitivement 



( 46 7 ) 

l'observer travers le verre rouge. Main- 8, 091. Maintenant , si l'on prend la 10- 

tenant si l'on prend la rotation primitive, tation primitive 22,^8, et qu'on la mul- 

laquelle tait, rduite au rouge, i6 ,5i6, et 4 1 ta . 

n c tiplie par , le produit 9 , 112 exprimera 

qu'on la multiplie par , le produit 6,64 , . . ti -, 

n r r 10 r la rotation intervertie qu aurait prsente 

exprimera la rotation intervertie qui aurait une dissolution de sucre de cannes pur; 
t produite dans une solution pareille de d'o l'on voit qu'ici encore un raffinage 
sucre de cannes pur; d'o l'on voit que . ultrieur serait ncessaire pour atteindre 
celui-ci devait probablement contenir l'galit : ce qu'il tait ais de prvoir 
quelque peu de matire d'une nature dif- d'ailleurs , puisque l'chantillon employ 
f